Qu'est-ce qu'un ange ? Nature de l'ange chrétien
Sommaire
- Qu'est-ce qu'un ange ? La définition en une phrase
- C'est quoi un ange selon la Bible ? Ce que le texte montre
- Comment sont les anges ? Les cinq traits de leur nature
- Où vivent les anges ? Le ciel, et les guillemets du Catéchisme
- Quels sont les anges connus ?
- C'est quoi un ange gardien ?
- C'est quoi un ange déchu ?
- Ce qu'un ange n'est pas
- Porter le signe d'une présence
- Questions fréquentes
- Un mot précis, et un signe qui le porte
- Sources
En bref
- Un ange est un pur esprit créé par Dieu. Le mot « ange » ne dit pas ce qu'il est, il dit ce qu'il fait : saint Augustin l'a formulé en une phrase, et le Catéchisme la reprend au numéro 329.
- Sa nature tient en cinq traits, et le Catéchisme les donne presque tous dans un seul numéro : créé, purement spirituel, doué d'intelligence et de volonté, personnel, immortel. Nous les posons dans un tableau avec leur référence.
- L'existence des anges n'est pas une image pieuse, c'est une vérité de foi (numéro 328). Ce n'est donc ni une métaphore du bien, ni une façon de parler.
- Un ange n'est ni un angelot d'église, ni un proche décédé, ni un numéro. La foi catholique distingue trois créatures : la spirituelle, la corporelle, et l'homme qui tient des deux.
- Ce que les anges font, c'est l'objet de notre article sur le rôle des anges. À quoi ils ressemblent, c'est celui sur l'apparence des anges selon la Bible. Celui-ci répond à la question d'avant : ce qu'ils sont.
Vous entendez parler des anges depuis l'enfance et vous réalisez que vous ne sauriez pas dire en une phrase ce qu'ils sont ? Vous vous demandez si un ange est une créature à part entière ou une façon imagée de parler de la protection de Dieu ? Vous cherchez à savoir ce que l'Église enseigne précisément, parce que tout ce que vous trouvez sur le sujet mélange la Bible, les tableaux de la Renaissance et des listes de noms qui ne viennent de nulle part ?
La réponse tient en une phrase, et elle est signée : un ange est un pur esprit chargé de transmettre les messages de Dieu ou d'agir en son nom. C'est la définition du Dictionnaire de l'Académie française, et elle recoupe exactement celle de l'Église. Tout le reste en découle, y compris ce qui surprend : si le mot désigne une mission, alors il ne désigne pas une espèce, et c'est pour cela qu'un archange est un ange et qu'un démon en est un aussi. La nature, elle, est bien distincte de la nôtre, et c'est pour cela qu'un défunt n'en devient jamais un. Vous trouverez ici l'étymologie du mot, les cinq traits de la nature angélique avec le numéro du Catéchisme qui les porte, la réponse de l'Église sur le lieu où vivent les anges, les seuls anges que l'Écriture nomme, et un tableau de tout ce qu'on cherche sous le mot « ange » sans que ce soit un ange.
Qu'est-ce qu'un ange ? La définition en une phrase
Commençons par le dictionnaire, parce qu'il a le mérite de trancher en une ligne. Le Dictionnaire de l'Académie française, dans sa neuvième édition, classe le mot au domaine de la religion et donne : « Pur esprit chargé de transmettre les messages de Dieu ou d'agir en son nom. »
Relisez-la lentement, parce que tout y est déjà. Pur esprit : c'est la nature. Chargé de : c'est la mission. Transmettre les messages de Dieu ou agir en son nom : c'est le contenu de la mission, et il y a bien deux versants, le message et l'action. Une définition de onze mots qui ne laisse rien dehors.
L'Église, elle, ne commence pas par définir. Elle commence par affirmer. Le Catéchisme de l'Église catholique, qui traite des anges aux numéros 325 à 336, ouvre par le numéro 328 : « L'existence des êtres spirituels, non corporels, que l'Écriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi. » Et il ajoute une phrase qui vaut d'être citée telle quelle : « Le témoignage de l'Écriture est aussi net que l'unanimité de la Tradition. »
Ce n'est donc pas une option de dévotion, ni un ornement de langage : c'est rangé parmi les vérités que la foi affirme. Et le Symbole de Nicée-Constantinople le dit déjà à sa façon, rappelle le Catéchisme au numéro 325, quand il professe un Dieu créateur « de l'univers visible et invisible ». Les anges sont l'invisible de cette phrase.
Ange signification : le mot dit la fonction, pas la nature
C'est le point qui éclaire tout le reste du sujet, et c'est aussi celui qu'on saute presque partout. Au numéro 329, le Catéchisme ne répond pas lui-même à la question « qui sont-ils ? » : il cite saint Augustin.
« Ange désigne la fonction, non pas la nature. Tu demandes comment s'appelle cette nature ? Esprit. Tu demandes la fonction ? Ange ; d'après ce qu'il est, c'est un esprit, d'après ce qu'il fait, c'est un ange. »
Autrement dit, « ange » est un nom de métier. La créature s'appelle esprit, le métier s'appelle ange. Et le mot français garde la trace de ce métier dans son étymologie : l'Académie le fait venir, par l'intermédiaire du latin chrétien angelus, du grec chrétien aggelos, qui signifie « messager de Dieu, ange », et qui en grec classique voulait simplement dire « messager ». Le mot est attesté en français dès le onzième siècle, sous la forme angele.
Trois conséquences suivent, et elles règlent à elles seules la moitié des questions qu'on se pose sur les anges. Un archange n'est pas une autre espèce de créature, c'est un esprit chargé d'une mission d'une autre portée, et nous le détaillons dans notre article sur ce qu'est un archange. Un démon n'est pas le contraire d'un ange, c'est un ange qui a refusé sa mission. Et un ange ne cesse pas d'être un esprit quand il n'est envoyé à personne : sa nature ne dépend pas de son emploi.
« Tu es un ange » : ce que l'expression a gardé du mot
C'est une recherche fréquente, et la réponse est plus intéressante qu'on ne croit. L'Académie française range cet emploi au sens figuré du mot : est un ange celui qui est « doté de toutes les perfections esthétiques ou morales, exemplaire dans l'exercice des vertus », et par extension le mot devient un terme d'affection, avec cet exemple en toutes lettres dans le dictionnaire : « Merci, tu es un ange. »
Quand vous dites « tu es un ange » à quelqu'un qui vient de vous rendre service, vous êtes plus près du sens d'origine que vous ne le pensez. Vous ne lui dites pas qu'il est beau comme une statue, vous lui dites qu'il a rendu un service sans se mettre en avant. C'est exactement la fonction angélique : porter quelque chose de la part d'un autre. Le français a gardé le métier et oublié la créature.
La même entrée du dictionnaire recense d'autres tours passés dans la langue courante : être aux anges, rire aux anges, un ange passe, qui veut faire l'ange fait la bête. Et une expression dont nous reparlerons plus bas, parce qu'elle répond à une vraie question : « discuter sur le sexe des anges ».
C'est quoi un ange selon la Bible ? Ce que le texte montre
Il faut dire d'emblée une chose qui surprend et qui est vérifiable : la Bible ne définit jamais ce qu'est un ange. Elle ne s'arrête pas pour expliquer. Elle les montre à l'œuvre, de la première page à la dernière, et c'est à l'intérieur de ces récits qu'on apprend ce qu'ils sont. Les définitions sont venues après, quand l'Église a mis en ordre ce que le texte laissait voir.
Le passage qui approche le plus d'une définition est dans la Lettre aux Hébreux. Au chapitre 1, la traduction officielle liturgique servie par l'AELF pour la Lettre aux Hébreux donne deux phrases qui vont ensemble. Au verset 7 : « Il fait de ses anges des esprits, et de ses serviteurs des flammes ardentes. » Et au verset 14, sous forme de question, parce que l'auteur est en train de démontrer que le Christ est bien supérieur aux anges :
« Les anges ne sont-ils pas tous des esprits chargés d'une fonction, envoyés pour le service de ceux qui doivent avoir en héritage le salut ? »
Esprits, chargés d'une fonction, envoyés en service, et envoyés pour nous. Vous avez là, dans un seul verset, la nature, la mission, l'envoi et le destinataire. C'est le verset à retenir si vous n'en retenez qu'un.
Le verset que le Catéchisme cite, et son piège de numérotation
L'autre texte décisif est un psaume, et nous le signalons avec sa difficulté parce que beaucoup de lecteurs s'y perdent. Le Catéchisme, au numéro 329, cite « Ps 103, 20 » pour dire que les anges sont « les ouvriers de sa parole, attentifs au son de sa parole ». Si vous ouvrez le psaume 103 de la traduction liturgique, vous tomberez sur un chant de la création qui parle de cèdres et de marmottes, et vous croirez à une erreur.
Il n'y en a pas : la traduction liturgique numérote ce psaume 102, et c'est bien le même verset. L'AELF le sert au psaume 102, verset 20, et la formule commune aux deux versions le prouve, « attentifs au son de sa parole » :
« Messagers du Seigneur, bénissez-le, invincibles porteurs de ses ordres, attentifs au son de sa parole ! »
Notez le premier mot de la traduction liturgique : « Messagers ». Là où le Catéchisme parle d'ouvriers de la parole, le texte liturgique nomme la fonction directement. Les deux disent la même chose, et la même chose que l'étymologie du mot.
Ce que les autres livres ajoutent, en passant
Le reste de ce que la Bible apprend sur la nature des anges se ramasse par petites touches, toujours au détour d'un récit. Ils sont là avant les hommes : au livre de Job, chapitre 38, verset 7, Dieu rappelle qu'au moment où il fondait la terre, « tous les fils de Dieu criaient d'allégresse ». Ils sont créés par le Christ et pour lui : la Lettre aux Colossiens, au chapitre 1, verset 16, que le Catéchisme cite au numéro 331, dit qu'en lui « tout fut créé, dans le ciel et sur la terre », les êtres visibles et invisibles, « Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations ». Ils sont tournés vers Dieu en permanence : en saint Matthieu, chapitre 18, verset 10, Jésus dit que « leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux ».
Et ils sont innombrables, ce qui est la seule indication de quantité que donne l'Écriture. Daniel, au chapitre 7, verset 10, voit que « des milliers de milliers le servaient, des myriades de myriades se tenaient devant lui ». La Lettre aux Hébreux, au chapitre 12, verset 22, parle de « myriades d'anges en fête ». Ni la Bible ni l'Église ne donnent de nombre d'anges, et toute page qui vous en donne un l'a inventé.
Pour les missions elles-mêmes, les annonces, les protections, les délivrances, nous les avons reprises une à une dans notre article sur le rôle des anges. Ce n'est pas le sujet de celui-ci.
Comment sont les anges ? Les cinq traits de leur nature
Voici le cœur de la réponse, et le Catéchisme la condense presque entièrement dans un seul numéro, le 330. Nous l'avons mise à plat, trait par trait, avec sa référence en face, pour que vous puissiez vérifier chaque ligne.
| Le trait | Ce que cela veut dire | La référence |
|---|---|---|
| Créé | Un ange n'a pas toujours existé et ne s'est pas fait lui-même. Dieu a créé « dès le commencement du temps » la créature spirituelle et la créature corporelle. | Catéchisme 327, citant le quatrième concile du Latran ; Colossiens 1, 16 |
| Purement spirituel | Pas de corps, donc pas de taille, pas de poids, pas de visage propre. « Il fait de ses anges des esprits. » | Catéchisme 328 et 330 ; Hébreux 1, 7 |
| Doué d'intelligence et de volonté | Un ange comprend, et il choisit. C'est ce qui donne du prix à sa fidélité, et c'est aussi ce qui a rendu la chute possible. | Catéchisme 330 et 392 |
| Personnel | Ce n'est ni une force, ni une énergie, ni un symbole : c'est quelqu'un. Le Catéchisme écrit « créatures personnelles ». | Catéchisme 330, qui renvoie à Pie XII |
| Immortel | Un ange ne meurt pas. Jésus le dit en passant, à propos de la résurrection : « ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges ». | Catéchisme 330 ; Luc 20, 36 |
Le même numéro 330 ajoute une comparaison, et c'est la seule hiérarchie que le Catéchisme pose entre les créatures sur ce point : les anges « dépassent en perfection toutes les créatures visibles ». Puis il résume tout, au numéro 350, en une phrase que vous pouvez garder comme définition de secours : « Les anges sont des créatures spirituelles qui glorifient Dieu sans cesse et qui servent ses desseins salvifiques envers les autres créatures. » Et il cite saint Thomas d'Aquin, qui dit la chose plus simplement encore : « Les anges concourent à tout ce qui est bon pour nous. »
Un ange a-t-il un corps, un sexe, un prénom ?
Les trois questions reviennent sans cesse, et elles ont la même réponse, qui découle du deuxième trait du tableau. Un ange n'a pas de corps, donc la question du sexe ne se pose pas pour lui. Le français lui-même est net : l'Académie classe « ange » comme nom masculin, et n'enregistre pas de forme féminine dans sa neuvième édition. On n'écrit donc pas « une ange », même en parlant d'une figure ailée aux traits féminins sur un tableau ou sur une médaille.
L'Écriture ne dit rien d'autre, et elle le dit par comparaison. En saint Matthieu, chapitre 22, verset 30, Jésus répond à une question sur le mariage après la mort : « À la résurrection, en effet, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans le ciel. » C'est le mariage qui est comparé aux anges, pas l'inverse : le texte ne décrit pas les anges, il s'en sert comme point de repère connu de ses auditeurs.
Quant aux prénoms, ils sont rares et la liste est courte : nous y venons dans la section suivante. Et si l'expression consacrée vous revient en tête, elle est bien dans le dictionnaire de l'Académie, avec son sens exact : « discuter sur le sexe des anges » signifie « se livrer à des discussions ou à des polémiques inutiles au lieu de parer à une situation difficile ». L'histoire de la langue a tranché avant nous. Pour les ailes, les visages d'enfants et les trompettes, tout cela vient de l'art et non du texte, et nous l'avons démonté dans notre article sur l'apparence des anges selon la Bible.
Où vivent les anges ? Le ciel, et les guillemets du Catéchisme
La question est posée très souvent et la réponse de l'Église est précise, à condition de regarder d'abord ce que le mot « ciel » veut dire. Le Catéchisme consacre son numéro 326 à ce vocabulaire : dans l'Écriture, l'expression « ciel et terre » signifie tout ce qui existe ; « la terre », c'est le monde des hommes ; et le mot « ciel » peut désigner le firmament, mais aussi le lieu propre de Dieu, « notre Père aux cieux ». Vient alors la phrase qui répond directement à la question :
« Enfin, le mot "ciel" indique le "lieu" des créatures spirituelles (les anges) qui entourent Dieu. »
Remarquez les guillemets que le Catéchisme met lui-même autour du mot « lieu », et qui sont la vraie réponse. Un esprit sans corps n'occupe pas une place comme un corps occupe une chaise. Le texte emploie le mot faute de mieux, et il le signale. Dire que les anges sont au ciel, c'est dire qu'ils sont auprès de Dieu, et c'est tout ce que la foi affirme. Le verset de saint Matthieu cité plus haut va dans le même sens : leurs anges « dans les cieux » voient sans cesse la face du Père.
Le Catéchisme précise aussi, au numéro 327, d'où ils viennent, en citant la profession de foi du quatrième concile du Latran : Dieu « a tout ensemble, dès le commencement du temps, créé de rien l'une et l'autre créature, la spirituelle et la corporelle, c'est-à-dire les anges et le monde terrestre ; puis la créature humaine qui tient des deux, composée qu'elle est d'esprit et de corps ». Trois créatures, donc, et pas deux : les anges, le monde matériel, et l'homme qui tient des deux. Retenez cette phrase, nous nous en servirons plus bas.
Quels sont les anges connus ?
Ils sont trois, et c'est un chiffre qui étonne toujours au regard de la place que les anges occupent dans la Bible. L'Écriture ne donne le nom que de trois anges envoyés par Dieu : Michel, Gabriel et Raphaël. Tous les autres sont « l'ange du Seigneur », « un ange », « leurs anges », sans nom.
- Gabriel se présente lui-même en saint Luc, chapitre 1, verset 19 : « Je suis Gabriel et je me tiens en présence de Dieu. » C'est lui qui est envoyé à Nazareth, au verset 26 du même chapitre.
- Raphaël se nomme au livre de Tobie, chapitre 12, verset 15 : « Moi, je suis Raphaël, l'un des sept anges qui se tiennent ou se présentent devant la gloire du Seigneur. »
- Michel apparaît chez Daniel et dans l'Apocalypse, au chapitre 12, verset 7 : « Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon. »
L'Église les honore ensemble le 29 septembre, et elle fait mémoire des anges gardiens le 2 octobre. Le Catéchisme le note au numéro 335 : dans sa liturgie, l'Église se joint aux anges pour adorer Dieu, elle invoque leur assistance, et « elle fête plus particulièrement la mémoire de certains anges ».
Un quatrième nom existe pourtant dans le texte, et nous le signalons par honnêteté : l'Apocalypse, au chapitre 9, verset 11, parle de « l'ange de l'abîme » et donne son nom, « en hébreu Abaddôn et en grec Apollyôn », ce qui veut dire Destructeur. Ce n'est pas un ange envoyé par Dieu aux hommes, et c'est pourquoi on ne le compte pas avec les trois autres.
Le champ des noms et des listes est vaste, et il est traité ailleurs sur ce blog, chaque question à sa place : les noms des anges dans la Bible pour le relevé complet, qui sont les 7 archanges et les 7 anges de Dieu pour le chiffre sept et ce qu'il vaut, la liste des archanges et leurs fonctions pour les attributions, l'ange le plus puissant de la Bible pour la question du rang, qui est saint Michel archange pour le plus connu des trois, et les anges d'Ézéchiel pour les visions les plus étranges du corpus.
C'est quoi un ange gardien ?
C'est l'ange envisagé du côté de celui qui le reçoit. Le Catéchisme en traite au numéro 336, le dernier de la série sur les anges, et il choisit de le dire par une phrase de saint Basile plutôt que par une formule de son cru :
« Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie. »
Le même numéro encadre cette garde dans le temps, et la formule est belle : du début de l'existence au trépas, écrit le Catéchisme, « la vie humaine est entourée de leur garde et de leur intercession ». Les deux psaumes auxquels le Catéchisme renvoie à cet endroit sont faciles à retrouver dans la traduction liturgique, au psaume 90, verset 11, « il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins », et au psaume 33, verset 8, « L'ange du Seigneur campe à l'entour pour libérer ceux qui le craignent ».
Deux précisions utiles, parce qu'elles reviennent souvent. Vous ne connaîtrez pas le nom de votre ange gardien, et aucune méthode ne le donne : ni une date de naissance, ni un prénom, ni une couleur. Et un ange gardien n'agit pas de lui-même, il est envoyé. C'est pour cette raison que l'Église invoque leur assistance sans leur rendre le culte qui est dû à Dieu seul. Si vous voulez garder un signe de cette présence, nos bijoux d'ange gardien sont faits pour cela, et nous y revenons en fin d'article.
C'est quoi un ange déchu ?
C'est la question qui met la définition à l'épreuve, et elle la confirme. Un ange déchu est un ange, pleinement, avec la même nature que les autres. Ce qui a changé n'est pas sa nature, c'est son choix. L'Académie française enregistre d'ailleurs l'expression dans la même entrée que le reste, avec les « anges des ténèbres, qui refusèrent de se soumettre à la volonté divine ».
Le Catéchisme traite la chute des anges aux numéros 391 à 395, et il est net sur le point de départ : « L'Église enseigne qu'il a été d'abord un ange bon, fait par Dieu. » Il cite pour cela le quatrième concile du Latran, en 1215 : « Le diable et les autres démons ont certes été créés par Dieu naturellement bons, mais c'est eux qui se sont rendus mauvais. » Le numéro 392 décrit ce qu'a été cette chute : « le choix libre de ces esprits créés, qui ont radicalement et irrévocablement refusé Dieu et son Règne ». Et le numéro 393 explique pourquoi ce péché n'est pas pardonné : c'est le caractère irrévocable du choix, « et non un défaut de l'infinie miséricorde divine ».
L'Écriture dit la même chose en deux phrases brèves. La deuxième lettre de saint Pierre, au chapitre 2, verset 4, parle des « anges qui avaient péché ». La lettre de saint Jude, au verset 6, de ceux « qui n'ont pas gardé la dignité de leur rang, mais ont quitté la demeure qui était la leur ». Et l'Apocalypse, au chapitre 12, verset 9, nomme celui qui fut rejeté, « le grand Dragon, le Serpent des origines, celui qu'on nomme Diable et Satan ».
Une dernière phrase, et c'est la plus utile de la série, parce qu'elle remet les proportions en place. Au numéro 395, le Catéchisme écrit que la puissance de Satan n'est pas infinie : « Il n'est qu'une créature, puissante du fait qu'il est pur esprit, mais toujours une créature. » Un ange déchu reste donc du côté des créatures, exactement comme les autres. C'est ce rapport de forces que met en scène le combat de l'Apocalypse, et c'est le sujet de nos articles sur saint Michel archange et sur l'ange le plus puissant de la Bible.
Ce qu'un ange n'est pas
Il y a sur ce mot un encombrement rare, et c'est utile de le ranger une fois pour toutes. Voici ce qu'on cherche couramment sous le mot « ange », et ce que c'est réellement. Aucune des six lignes de ce tableau n'est un ange au sens de la foi catholique.
| Ce qu'on cherche | Ce que c'est réellement |
|---|---|
| Un angelot | Un mot d'art avant tout. L'Académie le définit comme un « petit ange », et ce que l'on désigne ainsi est une figure sculptée ou peinte, pas une créature décrite par un texte. Détail dans notre article sur l'apparence des anges. |
| L'angélus | Une prière, pas un ange, et l'Académie française lui consacre une entrée distincte : « Prière évoquant l'annonce de l'ange Gabriel à Marie. » |
| Un ange déchu | Un ange, vraiment, mais qui a refusé Dieu. C'est la seule ligne du tableau qui désigne bien une créature angélique, et nous venons de la traiter. |
| Les « 72 anges et leur fonction », les « 12 archanges », les anges associés à des nombres ou à des dates de naissance | Des listes que vous ne trouverez ni dans la Bible, ni dans le Catéchisme. Elles viennent de courants de spiritualité qui empruntent le vocabulaire chrétien sans en garder le contenu. Nous ne les reprenons pas : elles transforment des serviteurs de Dieu en forces qu'on active. |
| Un proche décédé devenu un ange | La foi catholique ne mélange pas les deux créatures. Le quatrième concile du Latran, cité plus haut, distingue la créature spirituelle, la créature corporelle, et l'homme qui tient des deux. Jésus dit des ressuscités qu'ils sont « semblables aux anges », pas qu'ils en deviennent. |
| « Angel shot », « angel number », les « anges » d'une émission de télévision | Des homonymes, sans aucun rapport avec le sujet de cette page. Ils encombrent la recherche, c'est tout. |
Nous ajoutons cette dernière précision pour la cinquième ligne, parce que c'est celle qui touche le plus de gens et qu'elle mérite d'être dite avec douceur : dire qu'un défunt n'est pas devenu un ange n'enlève rien à l'espérance chrétienne, au contraire. La foi ne promet pas aux hommes de changer d'espèce, elle leur promet la résurrection, qui est beaucoup plus. Et le Catéchisme, au numéro 336, ajoute que dès ici-bas la vie chrétienne participe « à la société bienheureuse des anges et des hommes, unis en Dieu ». Les deux créatures se rencontrent, elles ne se confondent pas.
Porter le signe d'une présence
Un mot sur nos bijoux, puisque c'est notre métier, et dans la ligne de tout ce qui précède. Un bijou n'appelle pas un ange et ne l'active pas. Il fait une chose, et il la fait bien : il rappelle, au creux d'une journée pleine, qu'on n'avance pas seul. C'est précisément ce que le mot « ange » veut dire.
Nos bijoux d'ange gardien rassemblent les pièces qui portent la figure de l'ange ou ses ailes : une médaille, un collier, une bague, des boucles d'oreilles. La médaille ange Céleste est travaillée en argent 925 et porte un chérubin en prière en relief, les mains jointes, sur un ovale au fond lisse ; son revers est poli et prêt à recevoir une gravure chez un bijoutier. Les bagues et le collier sont en acier inoxydable, une matière qui ne noircit pas et qui supporte l'eau et le quotidien. Nos pièces sont fabriquées en Chine et livrées dans un écrin, ce qui en fait un cadeau de naissance, de baptême, de communion ou de confirmation.
Si c'est saint Michel que vous cherchez, nous avons une seule pièce qui le représente nommément, une bague Saint Michel en acier inoxydable. Et pour les autres figures de la dévotion, nos médailles de saints rassemblent celles que nous proposons aujourd'hui.
Questions fréquentes
Quel est le rôle d'un ange ?
Porter les messages de Dieu et agir en son nom, ce qui se décline en annonces, en protections et en délivrances tout au long de l'Écriture. La Lettre aux Hébreux, au chapitre 1, verset 14, résume le mandat : les anges sont « des esprits chargés d'une fonction, envoyés pour le service de ceux qui doivent avoir en héritage le salut ». Nous avons consacré un article entier à cette question, mission par mission : voyez le rôle des anges.
C'est quoi un ange selon la Bible ?
Un esprit créé, envoyé par Dieu, et désigné par sa fonction plutôt que par sa nature. La Bible ne s'arrête jamais pour le définir, mais la Lettre aux Hébreux approche d'une définition en deux endroits du chapitre 1 : « Il fait de ses anges des esprits » au verset 7, et « des esprits chargés d'une fonction, envoyés pour le service de ceux qui doivent avoir en héritage le salut » au verset 14. Le psaume 102, au verset 20 de la traduction liturgique, les appelle directement « Messagers du Seigneur ».
Quelle est la signification de ange ?
Le mot vient du grec chrétien aggelos, « messager de Dieu », passé en français par le latin chrétien angelus et attesté dès le onzième siècle. Il désigne donc une fonction, pas une nature, et saint Augustin le formule dans la phrase que le Catéchisme cite au numéro 329 : « d'après ce qu'il est, c'est un esprit, d'après ce qu'il fait, c'est un ange ». Au sens figuré, l'Académie française enregistre aussi l'emploi affectueux, « tu es un ange », pour une personne exemplaire ou serviable.
Où vivent les anges ?
Auprès de Dieu, ce que l'Écriture appelle le ciel. Le Catéchisme le précise au numéro 326 : le mot « ciel » indique le « lieu » des créatures spirituelles, les anges, qui entourent Dieu, et il met lui-même le mot « lieu » entre guillemets, parce qu'un esprit sans corps n'occupe pas une place comme un corps. Jésus dit de même, en saint Matthieu 18, 10, que « leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux ».
Un mot précis, et un signe qui le porte
Vous arriviez avec deux questions : ce qu'est un ange, et ce que l'Église enseigne précisément à son sujet. Vous avez maintenant la définition de l'Académie française en onze mots, la phrase de saint Augustin qui explique pourquoi le mot désigne une mission et non une espèce, les cinq traits de la nature angélique avec le numéro du Catéchisme qui porte chacun, la réponse sur le ciel et sur ses guillemets, les trois seuls anges que l'Écriture nomme, et un tableau de tout ce qui se cache sous le mot sans en être. Ce sont des faits que vous pouvez aller vérifier, référence en main.
Et si vous voulez en garder quelque chose sur vous, ou l'offrir à une naissance, découvrez nos bijoux d'ange gardien en argent 925 et en acier inoxydable, livrés dans un écrin. Un signe discret pour ce que la foi affirme sans image : vous n'avancez pas seul.
Sources
- Catéchisme de l'Église catholique, numéros 325 à 336 et 350 à 352 : le mot « ciel » comme « lieu » des créatures spirituelles (326), la création de la créature spirituelle et de la créature corporelle d'après le quatrième concile du Latran (327), l'existence des anges comme vérité de foi (328), la formule de saint Augustin sur la fonction et la nature (329), les attributs de leur nature (330), le Christ centre du monde angélique (331), les mémoires liturgiques (335), la garde et la phrase de saint Basile (336), et le résumé du numéro 350 avec la citation de saint Thomas d'Aquin.
- Catéchisme de l'Église catholique, numéros 391 à 395, « La chute des anges » : Satan comme ange déchu d'abord créé bon et la citation du quatrième concile du Latran de 1215 (391), la chute comme choix libre et irrévocable d'esprits créés (392 et 393), et la puissance de Satan qui « n'est qu'une créature, puissante du fait qu'il est pur esprit » (395).
- AELF, Lettre aux Hébreux, chapitre 1 : « Il fait de ses anges des esprits, et de ses serviteurs des flammes ardentes » au verset 7, et « Les anges ne sont-ils pas tous des esprits chargés d'une fonction, envoyés pour le service de ceux qui doivent avoir en héritage le salut ? » au verset 14.
- AELF, psaume 102, verset 20 : « Messagers du Seigneur, bénissez-le, invincibles porteurs de ses ordres, attentifs au son de sa parole ! ». C'est le verset que le Catéchisme cite au numéro 329 sous la référence 103, 20 : la traduction liturgique numérote ce psaume 102, et la formule commune aux deux versions permet de le vérifier.
- Dictionnaire de l'Académie française, 9e édition, entrée « ange » : nom masculin ; étymologie par le latin chrétien angelus et le grec chrétien aggelos, « messager de Dieu » ; définition « Pur esprit chargé de transmettre les messages de Dieu ou d'agir en son nom » ; les anges des ténèbres et l'ange déchu ; les emplois figurés « tu es un ange » et « discuter sur le sexe des anges ».
Plusieurs textes sont cités en clair dans l'article sans lien sortant, le standard de ce blog plafonnant à cinq liens d'autorité par page. Tous sont publiés sur aelf.org, dans la traduction officielle liturgique : Luc 20, 36 et Matthieu 22, 30 pour l'immortalité et la comparaison sur le mariage, Matthieu 18, 10 pour les anges qui voient la face du Père, les psaumes 90, 11 et 33, 8 pour la garde, Job 38, 7 et Colossiens 1, 16 pour la création, Daniel 7, 10 et Hébreux 12, 22 pour le nombre, Luc 1, 19 et 1, 26, Tobie 12, 15 et Apocalypse 12, 7 pour les trois anges nommés, Apocalypse 9, 11 pour Abaddôn, et 2 Pierre 2, 4, Jude 6 et Apocalypse 12, 9 pour la chute. Les entrées « angelot » et « angélus » du Dictionnaire de l'Académie française sont citées de la même façon.
Nos sources
- Catéchisme de l'Église catholique, numéros 325 à 336 et 350 à 352, « Le ciel et la terre » : le mot « ciel » comme lieu des créatures spirituelles (326), la création de la créature spirituelle et de la créature corporelle selon le IVe concile du Latran (327), l'existence des anges comme vérité de foi (328), la formule de saint Augustin sur la fonction et la nature (329), les quatre attributs de leur nature (330), le Christ centre du monde angélique (331), les mémoires liturgiques (335), la garde et l'intercession avec la phrase de saint Basile (336) (nouvelle fenêtre) Magistère (rang ②)
- Catéchisme de l'Église catholique, numéros 391 à 395, « La chute des anges » : Satan comme ange déchu d'abord créé bon (391, citant le IVe concile du Latran de 1215), la chute comme choix libre et irrévocable d'esprits créés (392 et 393), et la puissance de Satan qui « n'est qu'une créature, puissante du fait qu'il est pur esprit » (395) (nouvelle fenêtre) Magistère (rang ②)
- AELF, Lettre aux Hébreux, chapitre 1 : « Il fait de ses anges des esprits, et de ses serviteurs des flammes ardentes » (verset 7) et « Les anges ne sont-ils pas tous des esprits chargés d'une fonction, envoyés pour le service de ceux qui doivent avoir en héritage le salut ? » (verset 14) (nouvelle fenêtre) Écriture sainte, traduction officielle liturgique (rang ①)
- AELF, Psaume 102, verset 20 : « Messagers du Seigneur, bénissez-le, invincibles porteurs de ses ordres, attentifs au son de sa parole ! ». C'est le verset que le Catéchisme cite au numéro 329 sous le numéro 103, 20 : la traduction liturgique numérote ce psaume 102 (nouvelle fenêtre) Écriture sainte, traduction officielle liturgique (rang ①)
- Dictionnaire de l'Académie française, 9e édition, entrée « ange » : nom masculin ; étymologie (xie siècle, angele, emprunté par l'intermédiaire du latin chrétien angelus, du grec chrétien aggelos, « messager de Dieu, ange ») ; définition « Pur esprit chargé de transmettre les messages de Dieu ou d'agir en son nom » ; les emplois figurés « tu es un ange » et « discuter sur le sexe des anges » (nouvelle fenêtre) Académie française (rang ⑤, question de langue)
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