Te Deum : les paroles, le latin, la traduction

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te deum paroles
Sommaire
  1. En bref
  2. Te Deum paroles : le texte en français
  3. Te Deum laudamus : le texte latin en entier
  4. Te Deum signification : ce que le titre veut dire
  5. Quand chante-t-on le Te Deum
  6. L'indulgence du Te Deum au 31 décembre
  7. Qui a écrit le Te Deum
  8. Le Te Deum que les États ont fait chanter
  9. Questions fréquentes
  10. Le texte en main, et de quoi le porter
  11. Sources

Vous cherchez les paroles du Te Deum, et vous trouvez deux textes français qui n'ont ni la même longueur ni le même début ? Vous voulez le latin en entier, et vous tombez sur une captation de Charpentier ? Vous avez entendu dire qu'une indulgence est attachée à son chant le 31 décembre, sans savoir à quelles conditions ?

Le Te Deum est une hymne d'action de grâce, et la liturgie en fait le chant privilégié des remerciements extraordinaires. Vous trouverez ici son texte en entier : les 48 vers du latin, et les deux traductions françaises que publie l'Église, celle de la liturgie des Heures et la traduction traditionnelle au vouvoiement. Elles ne finissent pas au même endroit, et nous avons trouvé la règle qui l'explique au lieu de choisir l'une des deux au hasard. Vous aurez aussi le détail exact de l'indulgence du 31 décembre, lu dans le texte latin du Manuel des indulgences, parce que la condition de lieu qui la commande est presque toujours omise.

En bref

  • Le Te Deum est une hymne de louange et d'action de grâce, pas une prière de demande, même si son dernier tiers enchaîne des supplications tirées des psaumes.
  • Le latin compte 48 vers, le texte liturgique français en compte 34, et ce n'est pas une coupe arbitraire : la Présentation générale de la liturgie des Heures autorise au n. 68 à omettre la fin de l'hymne, du verset « Sauve ton peuple » jusqu'au bout.
  • Sa place ordinaire est la fin de l'office des lectures, les dimanches hors Carême, dans les octaves de Pâques et de Noël, aux solennités et aux fêtes. On ne le dit pas aux mémoires ni aux féries.
  • Le 31 décembre, l'Église le chante pour l'année écoulée, et une indulgence plénière y est attachée, à condition d'assister au chant ou à la récitation solennelle dans une église ou un oratoire.
  • L'attribution à saint Ambroise et à saint Augustin est une légende : le lexique liturgique de la Conférence des évêques de France emploie le mot, et donne la composition à Nicetas, évêque de Remesiana.

Te Deum paroles : le texte en français

Deux traductions françaises circulent, et les deux sont publiées par l'Église. Ce n'est donc pas une question de bonne ou de mauvaise version : ce sont deux usages différents, et l'une est volontairement plus courte que l'autre.

Le texte liturgique, celui de la liturgie des Heures

C'est la traduction que vous entendrez si vous assistez à un office des lectures ou à un Te Deum du 31 décembre dans une paroisse française. Elle est publiée par le lexique de Liturgie et Sacrements, le site du Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, et elle porte la mention de copyright de l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones.

À toi Dieu, notre louange !
Nous t'acclamons, tu es Seigneur !
À toi Père éternel,
L'hymne de l'univers.

Devant toi se prosternent les archanges,
les anges et les esprits des cieux ;
ils te rendent grâce ;
ils adorent et ils chantent :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,
Dieu de l'univers ;
le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

C'est toi que les Apôtres glorifient,
toi que proclament les prophètes,
toi dont témoignent les martyrs ;
c'est toi que par le monde entier
l'Église annonce et reconnaît.

Dieu, nous t'adorons :
Père infiniment saint,
Fils éternel et bien-aimé,
Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant,
le Seigneur de la gloire,
tu n'as pas craint de prendre chair
dans le corps d'une vierge
pour libérer l'humanité captive.

Par ta victoire sur la mort,
tu as ouvert à tout croyant
les portes du Royaume ;
tu règnes à la droite du Père ;
tu viendras pour le jugement.

Montre-toi le défenseur et l'ami
des hommes sauvés par ton sang :
prends-les avec tous les saints
dans ta joie et dans ta lumière.

Le texte s'arrête là, sur « dans ta joie et dans ta lumière ». Retenez cette dernière ligne : c'est elle qui explique tout le reste de cette section.

La traduction traditionnelle, au vouvoiement

Celle-ci est plus longue, et elle va jusqu'au bout du latin. Elle est publiée par l'Église catholique en France dans son recueil de prières, et c'est celle que portent la plupart des livres de piété anciens.

Nous vous louons, ô Dieu !
Nous vous bénissons, Seigneur.
Toute la terre vous adore,
ô Père éternel !

Tous les Anges, les Cieux
et toutes les Puissances.
Les Chérubins et les Séraphins
s'écrient sans cesse devant vous :
« Saint, Saint, Saint est le Seigneur,
le Dieu des armées.
Les cieux et la terre sont plein
de la majesté de votre gloire. »

L'illustre chœur des Apôtres,
La vénérable multitude des Prophètes,
L'éclatante armée des Martyrs célèbrent vos louanges.
L'Église sainte publie vos grandeurs
Dans toute l'étendue de l'univers,
Ô Père dont la majesté est infinie !
Elle adore également votre Fils unique et véritable ;
Et le Saint-Esprit consolateur.

Ô Christ ! Vous êtes le Roi de gloire.
Vous êtes le Fils éternel du Père.
Pour sauver les hommes et revêtir notre nature,
vous n'avez pas dédaigné le sein d'une Vierge.
Vous avez brisé l'aiguillon de la mort,
Vous avez ouvert aux fidèles le royaume des cieux.
Vous êtes assis à la droite de Dieu
Dans la gloire du Père.
Nous croyons que vous viendrez juger le monde.

Nous vous supplions donc de secourir vos serviteurs,
rachetés de votre Sang précieux.
Mettez-nous au nombre de vos Saints,
Pour jouir avec eux de la gloire éternelle.

Sauvez votre peuple, Seigneur,
Et versez vos bénédictions sur votre héritage.
Conduisez vos enfants
Et élevez-les jusque dans l'éternité bienheureuse.
Chaque jour nous vous bénissons ;
Nous louons votre nom à jamais,
Et nous le louerons dans les siècles des siècles.
Daignez, Seigneur, en ce jour,
Nous préserver du péché.
Ayez pitié de nous, Seigneur,
Ayez pitié de nous.
Que votre miséricorde, Seigneur, se répande sur nous,
Selon l'espérance que nous avons mise en vous.
C'est en vous, Seigneur, que j'ai espéré,
Je ne serai pas confondu à jamais.

Une troisième version française existe, celle que publie Vatican News sur sa page de prière. Elle va aussi jusqu'au bout, et elle commence par « Dieu, notre louange ! Seigneur, nous te glorifions ». Nous ne la reproduisons pas ici : elle ne diffère de la précédente que par le tutoiement et par le choix des mots, pas par l'étendue du texte.

Pourquoi le français liturgique est plus court, et de combien exactement

Vous l'avez vu : le premier texte s'arrête sur « dans ta joie et dans ta lumière », le second continue pendant une quinzaine de lignes. Ce n'est ni une coupe éditoriale ni un oubli, c'est une permission écrite dans le livre liturgique.

La Présentation générale de la Liturgie des Heures, le texte officiel qui règle la manière de célébrer l'office, dit au n. 68 : « La dernière partie de cette hymne, du verset "Sauve ton peuple" jusqu'à la fin, peut être omise à volonté. »

Prenez maintenant le latin du lexique liturgique et comptez. Il fait 48 vers. Le vers n. 34 est « Salvum fac populum tuum, Domine », c'est-à-dire exactement « Sauve ton peuple, Seigneur ». La partie que la liturgie autorise à omettre va donc du vers 34 au vers 48, soit quinze vers. Et le texte liturgique français s'arrête précisément sur le vers 33, « Aeterna fac cum sanctis tuis in gloria numerari », qu'il rend par « prends-les avec tous les saints dans ta joie et dans ta lumière ».

Autrement dit, la traduction publiée par le site liturgique français ne donne pas une hymne tronquée : elle donne la forme brève que la règle prévoit, et elle s'arrête au vers exact où la règle le permet. Si vous cherchiez laquelle des deux est la bonne, la réponse est que les deux le sont, et que l'une est la forme longue, l'autre la forme brève.

Te Deum laudamus : le texte latin en entier

Le latin est le texte d'origine, et c'est lui que l'on chante encore dans les offices solennels. Le voici tel que le sert le lexique de Liturgie et Sacrements, dans sa numérotation de 48 vers.

1. Te Deum laudamus:
2. te Dominum confitemur.
3. Te aeternum patrem,
4. omnis terra veneratur.

5. Tibi omnes angeli,
6. tibi caeli et universae potestates:
7. tibi cherubim et seraphim,
8. incessabili voce proclamant:
9. « Sanctus, Sanctus, Sanctus
10. Dominus Deus Sabaoth.
11. Pleni sunt caeli et terra
12. maiestatis gloriae tuae. »

13. Te gloriosus Apostolorum chorus,
14. te prophetarum laudabilis numerus,
15. te martyrum candidatus laudat exercitus.
16. Te per orbem terrarum
17. sancta confitetur Ecclesia,
18. Patrem immensae maiestatis;
19. venerandum tuum verum et unicum Filium;
20. Sanctum quoque Paraclitum Spiritum.

21. Tu rex gloriae, Christe.
22. Tu Patris sempiternus es Filius.
23. Tu, ad liberandum suscepturus hominem,
24. non horruisti Virginis uterum.
25. Tu, devicto mortis aculeo,
26. aperuisti credentibus regna caelorum.
27. Tu ad dexteram Dei sedes,
28. in gloria Patris.
29. Iudex crederis esse venturus.

30. Te ergo quaesumus, tuis famulis subveni,
31. quos pretioso sanguine redemisti.
32. Aeterna fac
33. cum sanctis tuis in gloria numerari.

34. Salvum fac populum tuum, Domine,
35. et benedic hereditati tuae.
36. Et rege eos,
37. et extolle illos usque in aeternum.
38. Per singulos dies benedicimus te;
39. et laudamus nomen tuum in saeculum,
40. et in saeculum saeculi.
41. Dignare, Domine, die isto
42. sine peccato nos custodire.
43. Miserere nostri, Domine,
44. miserere nostri.
45. Fiat misericordia tua, Domine, super nos,
46. quemadmodum speravimus in te.
47. In te, Domine, speravi:
48. non confundar in aeternum.

Te Deum latin PDF : où trouver le texte pour le chanter

Les recherches « Te Deum latin PDF » et « Te Deum laudamus paroles PDF » reviennent sans cesse, et il y a une bonne réponse, qui n'est pas un site de paroles. Les livrets liturgiques publiés par le Saint-Siège donnent le latin avec ses accents toniques, ce qui est précisément ce dont on a besoin pour chanter et non pour lire.

Le livret des premières vêpres de Marie Mère de Dieu du 31 décembre 2024, en ligne sur vatican.va dans la rubrique des livrets liturgiques, imprime ainsi « Te Deum laudámus : te Dóminum confitémur », accents compris, avec l'alternance notée vers par vers. Le livret de la messe avec ordination épiscopale célébrée par le pape François à Saint-Jean-de-Latran le 9 novembre 2015 fait de même, et il indique qui chante quoi : le canteur donne le premier vers, la schola le deuxième, l'assemblée le troisième, et ainsi de suite. Le Te Deum ne se chante pas d'un bloc, il s'alterne.

Si c'est la mélodie qui vous intéresse plus que le texte, l'hymne appartient au répertoire grégorien, et nous expliquons ailleurs la différence entre le plain-chant et le chant grégorien, un article où le Te Deum est cité aux côtés du Salve Regina, du Veni Creator et du Dies irae.

Te Deum signification : ce que le titre veut dire

Que signifie le mot « deum »

« Deum » est l'accusatif latin de « Deus », Dieu : c'est le complément d'objet du verbe, pas le sujet. Le titre de l'hymne est fait de ses deux premiers mots, et la phrase complète est « Te Deum laudamus ». Le Dictionnaire de l'Académie française, dans sa 9e édition, la traduit par « Toi qui es Dieu nous te louons » et date l'entrée du mot en français du XIVe siècle. Il note aussi la prononciation reçue, « tédéome », et le fait que le nom est invariable au pluriel.

La traduction mot à mot donne donc « Nous te louons, Dieu », et vous reconnaissez là le premier vers des deux versions françaises citées plus haut.

Une hymne d'action de grâce, et pas une prière de demande

C'est le point que la plupart des pages manquent, et il décide de l'usage qu'on fait du texte. Le Te Deum ne demande rien pendant ses vingt-neuf premiers vers : il loue, il confesse la foi, il énumère ceux qui louent avec nous. Le lexique liturgique le classe pour cette raison comme « le chant privilégié des actions de grâces extraordinaires ».

Et voici la nuance, parce qu'elle est mesurable sur le texte servi. Les vers 1 à 29 ne contiennent aucune demande. La supplication commence au vers 30, « Te ergo quaesumus, tuis famulis subveni », « nous te supplions donc, secours tes serviteurs », et elle occupe les dix-neuf derniers vers, c'est-à-dire un peu moins de quarante pour cent de l'hymne. La structure est donc : d'abord la louange, ensuite seulement la demande. Et la partie que la liturgie autorise à omettre, les quinze derniers vers, est entièrement faite de ces appels empruntés aux psaumes.

Cela a une conséquence pratique. Si vous cherchez une prière pour obtenir quelque chose, ce n'est pas celle-là : le Te Deum se dit pour remercier d'un bienfait reçu, pas pour en solliciter un. Nous avons détaillé ailleurs les différentes formes de la prière chrétienne, et l'action de grâce y est une forme à part entière, distincte de la demande et de l'intercession.

Le « Saint, Saint, Saint » vient d'Isaïe

Au huitième vers, l'hymne cesse de parler de Dieu et se met à citer l'Écriture. Le « Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus Sabaoth » des vers 9 et 10 est le chant que le prophète Isaïe entend dans sa vision du Temple.

Le texte, dans la traduction liturgique, dit : « Ils se criaient l'un à l'autre : "Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l'univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire." » C'est Isaïe 6, 3, et le verset précédent précise que ceux qui crient sont des séraphins. L'Apocalypse reprend la même acclamation en 4, 8, dans la bouche des quatre Vivants : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur Dieu, le Souverain de l'univers, Celui qui était, qui est et qui vient. » Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie, publié par la Congrégation pour le culte divin en 2002, rattache explicitement le Sanctus du Te Deum à ces deux passages, à son numéro 159.

Notez au passage une petite précision que les pages de paroles laissent filer : le vers 7 nomme « cherubim et seraphim », les chérubins et les séraphins ensemble, alors qu'Isaïe 6 ne parle que de séraphins. L'hymne élargit la scène d'Isaïe à toute la cour céleste, et c'est voulu : les vers 5 à 8 convoquent les anges, les puissances des cieux, les chérubins et les séraphins avant de citer leur cri.

Quand chante-t-on le Te Deum

À l'office des lectures, et pas tous les jours

C'est sa place ordinaire, et elle est réglée au vers près. La Présentation générale de la Liturgie des Heures dit au n. 68 que l'hymne se dit « aux dimanches en dehors du Carême, aux jours dans les octaves de Pâques et de Noël, aux solennités et aux fêtes », après la seconde lecture et son répons, et « que l'on omet, en revanche, aux mémoires et aux féries ».

Quatre choses dans cette phrase méritent d'être retenues, parce qu'elles sont souvent résumées de travers :

  • Les dimanches de Carême sont exclus, ce que beaucoup de résumés omettent. Une hymne d'action de grâce n'a pas sa place dans le temps pénitentiel.
  • Les jours des octaves de Pâques et de Noël y ont droit, même en semaine.
  • Les mémoires n'y ont pas droit. Le n. 235 le répète pour les mémoires qui tombent un jour ordinaire : « On ne dit pas le A toi, Dieu "Te Deum". »
  • Les fêtes et les solennités propres d'un saint y ont droit, et le n. 228 précise qu'on le dit alors à la fin de l'office des lectures, avec l'oraison propre.

L'office des lectures est l'une des heures de la liturgie des Heures, la prière quotidienne de l'Église, à côté des laudes du matin et des vêpres du soir. C'est aussi dans cet office, mais à un autre moment, que se chante le cantique de Marie : nous donnons le texte du Magnificat, qui est aux vêpres, et celui du Salve Regina, qui conclut les complies.

Le Te Deum du 31 décembre, pour l'année écoulée

C'est l'usage le plus connu, et c'est un pieux exercice avant d'être une obligation. Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie lui consacre son numéro 114, intitulé « Le 31 décembre » : la fin de l'année civile conduit les fidèles à méditer sur le mystère du temps, et cette méditation produit deux mouvements, le regret des fautes et le désir de remercier. De ce second mouvement naît, dit le texte, « le chant du Te Deum, qui exprime la louange et l'action de grâces des fidèles pour tous les bienfaits obtenus de Dieu durant l'année qui va s'achever ».

Le même numéro signale que le premier mouvement, celui du regret, a produit l'autre usage du 31 décembre : l'exposition prolongée du Saint-Sacrement. Les deux vont souvent ensemble le même soir, et nous expliquons ailleurs comment se déroule concrètement une adoration eucharistique.

À Rome, le Te Deum est chanté à la basilique Saint-Pierre à l'issue des premières vêpres de la solennité de Marie Mère de Dieu, que le Pape préside. L'homélie du 31 décembre 2025, publiée sur vatican.va sous le titre « Premières Vêpres et Te Deum d'action de grâce pour l'année écoulée », le dit en toutes lettres : le Te Deum « va bientôt retentir dans cette basilique ». Les homélies des années précédentes portent le même intitulé.

Si vous cherchiez quelle prière dire pour entrer dans la nouvelle année, l'usage de l'Église appaire deux hymnes : le Te Deum le 31 décembre pour remercier de l'année qui s'achève, et le Veni Creator le 1er janvier pour implorer l'aide de Dieu sur celle qui commence. Les deux sont indulgenciées par la même concession du Manuel des indulgences, à deux alinéas de distance.

À la vigile pascale, et aux vigiles prolongées

La Présentation générale prévoit deux autres cas précis. Au n. 212, elle indique que la veillée pascale tient lieu d'office des lectures, et que ceux qui n'y ont pas assisté en réciteront au moins quatre lectures, après quoi « viennent ensuite l'hymne A toi Dieu "Te Deum" et l'oraison du jour ». Au n. 73, elle décrit la manière de prolonger la vigile du dimanche, des solennités et des fêtes : on ajoute les cantiques de l'appendice, puis on lit l'Évangile, puis on chante le Te Deum et on dit l'oraison.

À l'ordination d'un évêque

Le livret de la messe célébrée par le pape François à Saint-Jean-de-Latran le 9 novembre 2015, avec le rite d'ordination épiscopale, place le Te Deum dans les rites de conclusion, à un moment très précis : le nouvel évêque parcourt la nef de la basilique en bénissant les présents, et c'est pendant ce parcours que l'hymne est chantée. Nous le donnons parce que nous l'avons lu dans le livret, qui est un document liturgique daté, et non parce qu'une règle générale nous l'aurait appris.

L'indulgence du Te Deum au 31 décembre

Ce que dit exactement le Manuel des indulgences

Le recueil qui fait foi est l'Enchiridion Indulgentiarum de la Pénitencerie apostolique, dans sa quatrième édition, dont vatican.va sert le texte latin. Sa concession 26 § 1 accorde une indulgence plénière au fidèle qui, dans une église ou un oratoire, assiste avec dévotion au chant ou à la récitation solennelle, au 2°, « de l'hymne Te Deum, le dernier jour de l'année, pour rendre grâce à Dieu des bienfaits reçus au cours de l'année entière ».

L'index du même recueil le confirme dans sa liste des indulgences plénières accordées à des jours déterminés, où l'on lit l'entrée « Die 31 decembris », renvoyant à la concession 26 § 1, 2°.

Trois conditions sont écrites dans la concession elle-même, et elles sont celles que les pages de dévotion omettent le plus souvent :

  • Le lieu : « in ecclesia vel oratorio », dans une église ou un oratoire. Un Te Deum récité seul chez soi le 31 décembre au soir n'entre pas dans cette concession.
  • La solennité : « sollemni cantui vel recitationi », au chant ou à la récitation solennelle. C'est une célébration, pas une lecture privée.
  • La participation : « devote interfuerit », y avoir assisté avec dévotion.

Les trois conditions générales, et l'indulgence partielle le reste de l'année

À ces conditions propres s'ajoutent celles que la norme 20 § 1 exige pour toute indulgence plénière : la confession sacramentelle, la communion eucharistique, la prière aux intentions du Souverain Pontife, et l'exclusion de tout attachement au péché, même véniel. La norme 20 § 5 précise que la prière aux intentions du Pape est satisfaite par un Notre Père et un Je vous salue Marie, chacun restant libre de choisir une autre prière. Et la norme 20 § 4 prévoit le cas de celui qui ne remplit pas tout : l'indulgence est alors seulement partielle.

Le reste de l'année, le Te Deum garde une valeur indulgenciée plus modeste. La concession 26 § 2 accorde une indulgence partielle au fidèle qui récite avec dévotion une prière approuvée de supplication et d'action de grâce au début et à la fin du jour, en commençant et en achevant son travail, ou avant et après le repas, et elle cite le Te Deum parmi les exemples, aux côtés du Veni Creator et du Veni Sancte Spiritus.

Et ce qu'aucun bijou ne peut vous donner

Nous vendons des croix et des médailles, alors autant être net. Aucun objet, aucune croix, aucune médaille ne donne l'indulgence du 31 décembre : elle est attachée à un acte, assister au chant solennel de l'hymne dans une église, et à un état, celui que décrivent les conditions ci-dessus. Le Manuel des indulgences est d'ailleurs explicite sur les objets : sa norme 16 § 2 prévoit que l'indulgence attachée à un objet de piété cesse si l'objet est vendu. Un bijou peut vous rappeler une prière ; il ne la remplace pas et il ne la monnaie pas.

Qui a écrit le Te Deum

L'attribution à Ambroise et Augustin est une légende, et la source le dit

Vous l'avez peut-être lue partout : saint Ambroise et saint Augustin auraient improvisé l'hymne en alternance, le second sortant de la piscine baptismale, le premier inspiré par l'Esprit Saint. C'est un récit, pas une attribution établie, et le lexique liturgique de la Conférence des évêques de France emploie le mot « légende » pour le qualifier.

Son article explique l'origine du malentendu : la tradition ancienne appelle l'hymne « hymne ambrosienne », et ce surnom vient de la légende, non d'une paternité documentée. Le récit a laissé des traces dans le patrimoine, du reste : la base Palissy du ministère de la Culture décrit, dans une verrière hagiographique consacrée à la vie de saint Augustin, un panneau représentant « Saint Ambroise et saint Augustin converti, avec un phylactère évoquant le Te Deum ». La légende a donc été peinte, ce qui ne la rend pas vraie.

Nicetas de Remesiana, ce que la source dit et ce qu'elle ne dit pas

Le lexique liturgique attribue la composition à Nicetas, évêque de Remesiana, à la fin du IVe siècle ou au début du Ve. Il situe la ville en Dacie méditerranéenne. Un second article du même site, signé par un prêtre responsable de la pastorale liturgique et de la musique du diocèse de Belfort-Montbéliard, donne la même attribution en la résumant d'un mot : « cette composition de Nicetas, qui était évêque en Roumanie à la fin du IVe siècle ».

Soyons précis sur le statut de cette information : c'est l'attribution retenue par la source liturgique française que nous citons, et nous la donnons comme telle, pas comme un fait établi par un document du Ve siècle que nous aurions lu. Ce qui est certain, et c'est l'essentiel pour qui prie l'hymne, c'est que l'Église l'a transmise et qu'elle en a fait son chant d'action de grâce privilégié.

Lully, Charpentier, Haendel : ce sont des musiques, pas le texte

Il faut lever une confusion, parce qu'elle est la première cause de malentendu sur ce sujet. Quand on vous dit « le Te Deum de Charpentier », on parle d'une composition musicale écrite sur l'hymne, pas d'une version de l'hymne. Le Dictionnaire de l'Académie française le distingue nettement : après la définition liturgique, il ajoute « par extension, composition musicale sur laquelle on chante cette hymne », et donne pour exemples « les Te Deum de Lully, de Charpentier, de Haendel ».

Le texte est donc un, les musiques sont nombreuses. Si vous cherchiez les paroles et que vous êtes tombé sur un enregistrement d'orchestre, c'est cette distinction qui vous manquait.

Le Te Deum que les États ont fait chanter

Voilà ce qui rend cette hymne singulière parmi les prières chrétiennes. Le Te Deum est l'une des rares prières dont le chant a été organisé par des pouvoirs publics, pour marquer un événement national. Deux documents suffisent à l'attester, et nous nous en tenons à eux.

Le premier est le Dictionnaire de l'Académie française, qui choisit pour illustrer son article un exemple daté : « Un Te Deum fut chanté à Notre-Dame de Paris le 16 novembre 1918 pour célébrer la fin de la guerre. » Le même article note que le mot désigne aussi, par métonymie, la cérémonie elle-même, et donne cette tournure révélatrice : « Toutes les autorités furent conviées au Te Deum. » Le second est une photographie de la Section photographique de l'armée française, prise le 14 juillet 1916 à Salonique par l'opérateur René Prouho, conservée à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie et décrite dans la base Mémoire sous la référence APOR058148. Sa légende est sobre : « Salonique. Fête du 14 Juillet. Te Deum à l'occasion de la fête nationale. »

La base Joconde des musées de France conserve par ailleurs un dessin d'Alexandre Bida, vers 1861, exposé au Salon de 1861 et conservé au musée Condé de Chantilly sous le numéro d'inventaire DE 723, intitulé « Le Te Deum dans le champ de bataille de Rocroi (19 mai 1643) ». C'est une représentation du XIXe siècle d'une scène du XVIIe, et non un document de 1643 : elle dit ce que le XIXe siècle se représentait d'un Te Deum de victoire, ce qui est déjà une information.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un Te Deum ?

C'est une hymne latine de louange et d'action de grâce, dont le titre vient de ses deux premiers mots, « Te Deum laudamus », « Nous te louons, Dieu ». La liturgie des Heures la place à la fin de l'office des lectures, les dimanches hors Carême, dans les octaves de Pâques et de Noël, aux solennités et aux fêtes. Par extension, le mot désigne aussi la cérémonie au cours de laquelle l'hymne est chantée, notamment le Te Deum du 31 décembre pour l'année écoulée.

Quelles sont les paroles du « Te Deum » ?

Elles sont données en entier plus haut, dans les trois formes utiles : le latin en 48 vers, le texte liturgique français en 34 vers, et la traduction traditionnelle au vouvoiement en version longue. Le français commence par « À toi Dieu, notre louange ! Nous t'acclamons, tu es Seigneur ! » dans la version liturgique, et par « Nous vous louons, ô Dieu ! Nous vous bénissons, Seigneur » dans la version traditionnelle.

Quelle est la traduction du Te Deum ?

Il y en a plusieurs, et elles sont toutes publiées par l'Église, ce qui explique que vous en trouviez de longueurs différentes. La traduction liturgique, celle de l'office, s'arrête au vers 33 du latin parce que la Présentation générale de la Liturgie des Heures autorise au n. 68 à omettre la fin de l'hymne, du verset « Sauve ton peuple » jusqu'au bout. Les traductions de l'Église catholique en France et de Vatican News, elles, vont jusqu'au vers 48. Aucune n'est fautive : l'une est la forme brève, les autres la forme longue.

Qui a composé le Te Deum ?

Pour le texte, le lexique liturgique de la Conférence des évêques de France l'attribue à Nicetas, évêque de Remesiana, à la fin du IVe siècle ou au début du Ve. L'attribution à saint Ambroise et à saint Augustin est qualifiée de légende par cette même source, et c'est elle qui a valu à l'hymne son surnom d'« hymne ambrosienne ». Pour la musique, la question est autre : Lully, Charpentier et Haendel, entre beaucoup d'autres, ont écrit des Te Deum, c'est-à-dire des compositions sur ce texte.

Où puis-je trouver les paroles de « Te Deum laudamus » en PDF ?

La meilleure source gratuite n'est pas un site de paroles mais les livrets liturgiques du Saint-Siège, publiés en PDF sur vatican.va. Ils ont un avantage décisif sur les autres : ils impriment le latin avec ses accents toniques et indiquent l'alternance entre le canteur, la schola et l'assemblée, ce qu'il faut pour chanter et non seulement pour lire. Le livret des premières vêpres du 31 décembre 2024 et celui de l'ordination épiscopale du 9 novembre 2015 en contiennent chacun une version complète.

Quelle est la prière la plus puissante pour débloquer toutes les situations et enlever les blocages ?

La question revient souvent, et la réponse honnête va décevoir : la prière chrétienne n'est pas une technique, et le Te Deum est le plus mauvais candidat possible pour cet usage, parce qu'il ne demande presque rien. Ses vingt-neuf premiers vers ne contiennent aucune demande, et la supplication qui suit n'est ni ciblée ni conditionnelle : elle demande d'être compté parmi les saints. Si c'est une intention précise que vous portez, l'Église propose d'autres formes, que nous avons recensées dans notre page sur les prières catholiques essentielles. Le Te Deum, lui, se dit après, pour remercier.

Le texte en main, et de quoi le porter

Vous aviez deux questions en arrivant : quelles sont les vraies paroles, et laquelle des deux versions prendre. Vous avez les deux, avec la règle liturgique qui les départage, et vous savez désormais pourquoi la version de l'office est plus courte de quinze vers. Vous aviez peut-être aussi la question de l'indulgence du 31 décembre : vous en avez le texte latin, et les conditions de lieu et de solennité qu'on vous cache d'ordinaire.

Disons les choses franchement : un article sur une hymne de l'office ne vend rien, et nous n'allons pas faire semblant du contraire. Il n'existe pas de bijou du Te Deum, et nous n'en inventerons pas un. Si pourtant quelque chose dans ce texte vous donne envie d'un signe à porter, le vers 25 est celui qui parle le plus clair : « Tu, devicto mortis aculeo », « toi qui as brisé l'aiguillon de la mort ». C'est exactement ce que dit une croix. Vous trouverez les nôtres dans nos bijoux croix et nos colliers croix, en acier inoxydable ou en argent 925.

Les vers 13 à 15 nomment le chœur des Apôtres, la multitude des Prophètes et l'armée des Martyrs : si c'est cette compagnie des saints que vous voulez porter, nos médailles de saints sont là pour ça. Et le vers 20, « Sanctum quoque Paraclitum Spiritum », nomme l'Esprit consolateur, auquel répondent nos pièces à la colombe dans la collection Saint-Esprit. Tout est livré en écrin, et notre origine de fabrication est écrite sur chaque fiche produit.

Sources

  • Liturgie et Sacrements (SNPLS), lexique « Te Deum » : le texte latin en 48 vers et la traduction liturgique française © A.E.L.F., l'attribution à Nicetas évêque de Remesiana, la mention explicite de la « légende » ambrosienne, et la qualification de l'hymne comme « chant privilégié des actions de grâces extraordinaires ».
  • Présentation générale de la Liturgie des Heures : n. 68 pour les jours où l'hymne se dit, pour l'exclusion du Carême, des mémoires et des féries, et pour la permission d'omettre la fin du texte à partir de « Sauve ton peuple » ; n. 73 pour les vigiles prolongées ; n. 212 pour la vigile pascale ; n. 228 et n. 235 pour les fêtes de saints et les mémoires.
  • Église catholique en France, prière « Te Deum » : la traduction française traditionnelle au vouvoiement, en forme longue, qui rend le latin jusqu'au dernier vers.
  • Pénitencerie apostolique, Enchiridion Indulgentiarum, 4e édition : concession 26 § 1, 2° pour l'indulgence plénière du dernier jour de l'année et ses conditions de lieu et de solennité ; concession 26 § 2 pour l'indulgence partielle ; norme 20 § 1, § 4 et § 5 pour les conditions générales ; norme 16 § 2 pour l'objet de piété vendu ; index, entrée « Die 31 decembris ».
  • Dictionnaire de l'Académie française, 9e édition, « Te Deum » : l'étymologie et la date d'entrée en français, la prononciation, la définition liturgique, l'exemple du 16 novembre 1918 à Notre-Dame de Paris, l'emploi métonymique pour la cérémonie, et la distinction entre l'hymne et les compositions de Lully, de Charpentier et de Haendel.

Sont également citées en clair, sans lien, pour tenir le plafond de cinq liens d'autorité : le Directoire sur la piété populaire et la liturgie de la Congrégation pour le culte divin, 2002, n. 114 pour le Te Deum du 31 décembre et n. 159 pour l'origine biblique du Sanctus ; la traduction liturgique d'Isaïe 6, 3 et d'Apocalypse 4, 8 sur aelf.org ; l'homélie du 31 décembre 2025 sur vatican.va ; les livrets liturgiques du Saint-Siège du 31 décembre 2024 et du 9 novembre 2015 ; le second article de Liturgie et Sacrements sur l'hymne, signé Louis Groslambert ; les notices APOR058148 et 50520000794 de la Plateforme ouverte du patrimoine du ministère de la Culture.

Nos sources

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Porter le signe de la victoire

L'hymne proclame celui qui a brisé l'aiguillon de la mort et ouvert le Royaume aux croyants. Nous ne vendons ni indulgence ni objet béni, mais des croix et des crucifix en acier inoxydable ou en argent 925, livrés en écrin.

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