Comment dessiner Jésus : 7 étapes et le nimbe crucifère

Mis à jour le 16 min de lecture

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Sommaire
  1. Le nimbe crucifère, le détail qui signe le dessin
  2. Les 7 étapes du visage, dans l'ordre
  3. Les trois scènes que l'on cherche, et le trait qui décide de chacune
  4. Les erreurs fréquentes, et le correctif de chacune
  5. À savoir : pourquoi tous les dessins de Jésus se ressemblent
  6. Questions fréquentes
  7. Un visage à dessiner, un signe à porter
  8. Sources

En bref

  • Jésus se dessine en sept étapes : un ovale, une croix d'axes, la masse des cheveux et de la barbe, le visage, le nimbe.
  • Un seul détail sépare un dessin de Jésus d'un dessin d'homme barbu : le nimbe crucifère, l'auréole marquée d'une croix, « caractéristique des représentations du Christ » selon l'Académie française.
  • L'erreur de proportion la plus fréquente : les yeux placés trop haut. Ils tombent à mi-hauteur de la tête, pas au tiers supérieur.
  • Cheveux longs et barbe courte se dessinent d'un seul contour, avant tout détail du visage. Une barbe ajoutée à la fin se voit toujours.
  • Trois scènes couvrent presque toutes les demandes, le Sacré-Cœur, le Bon Pasteur et le Christ en croix, et l'Évangile en donne lui-même le détail.

Pour dessiner Jésus, tracez un ovale pour la tête, partagez-le par une verticale et par une horizontale à mi-hauteur, puis posez d'un seul trait la masse des cheveux longs et de la barbe courte. Placez les yeux sur l'horizontale et jamais plus haut, le bas du nez à mi-chemin entre elle et le menton, et terminez par le nimbe crucifère : un disque derrière la tête, marqué d'une croix. Sept étapes, un crayon, une gomme, une vingtaine de minutes.

Vous avez peut-être déjà obtenu un homme barbu aux cheveux longs, correct et parfaitement anonyme. Ce n'est pas un défaut de main : il manque le signe. Si vous cherchez un décor à mettre derrière la figure, nous avons un tutoriel pour dessiner une église.

Le nimbe crucifère, le détail qui signe le dessin

Voici la section à lire deux fois, et c'est celle que les autres tutoriels sautent. Un nimbe, c'est l'auréole que les peintres posent autour de la tête des saints. Celui de Jésus n'est pas un nimbe comme les autres : il porte une croix. Le Dictionnaire de l'Académie française le définit en six mots, « nimbe crucifère, orné d'une croix, caractéristique des représentations du Christ », et sa huitième édition est plus ferme encore, « réservé à la représentation de Jésus-Christ ». Un personnage barbu avec un nimbe uni est un saint quelconque ; le même avec une croix dans son nimbe est le Christ, et lui seul.

Comment le tracer, et pourquoi il se rate toujours de la même façon

Le réflexe est de poser un anneau à plat au-dessus du crâne, comme un cerceau. Le nimbe n'est pas au-dessus de la tête, il est derrière : c'est un disque, donc de face un simple cercle dont la tête masque le centre. De trois quarts, il devient une ellipse très aplatie, inclinée dans le sens du visage.

Posez ensuite la croix, centrée sur le disque et non sur le visage. Comme le disque est derrière la tête, la branche basse disparaît et vous n'en dessinez que trois, une au-dessus du crâne et une de chaque côté, à la hauteur des oreilles. C'est une conséquence de la construction : si vos quatre branches sont visibles, votre nimbe est passé devant la tête.

Les 7 étapes du visage, dans l'ordre

Crayon léger de l'étape 1 à 5, trait appuyé ensuite, couleur à la fin. L'ordre compte plus que la main, et l'étape 3 est celle que presque tout le monde met en dernier.

  1. L'ovale de la tête. Un peu plus haut que large, dans le tiers supérieur de la feuille, et pas trop petit : il fixe l'échelle de tout le reste.
  2. La croix d'axes. Une verticale au milieu de l'ovale, une horizontale à mi-hauteur. Deux traits légers, à gommer plus tard, qui vous interdisent l'erreur la plus courante.
  3. Les cheveux et la barbe, d'un seul contour. Avant tout détail du visage. Raie au milieu du crâne, deux masses qui descendent derrière les épaules, barbe courte qui prolonge l'ovale de deux doigts. Le contour extérieur est une seule ligne continue, du sommet du crâne à la pointe de la barbe. Si elle s'interrompt, vous avez collé une barbe sur un visage.
  4. Les yeux, sur l'horizontale. Séparés par la largeur d'un œil, paupières peu ouvertes, regard droit. Posés au tiers supérieur, ils donnent un enfant ou une caricature.
  5. Le nez et la bouche. Le bas du nez à mi-chemin entre l'horizontale et le menton, la bouche au premier tiers sous le nez, à peine marquée puisque la moustache la couvre.
  6. Le cou, les épaules, la tunique. Un cou large, deux épaules droites, puis un U très ouvert, avec trois ou quatre plis en V groupés là où le tissu casse.
  7. Le nimbe crucifère. En dernier, parce qu'il se dessine derrière. Gommez enfin la croix d'axes et la partie de l'ovale couverte par les cheveux.

Pour la couleur, deux teintes suffisent : un brun pour les cheveux et la barbe, un ocre pâle pour le nimbe. Laissez le visage le plus clair de tout le dessin.

Les trois scènes que l'on cherche, et le trait qui décide de chacune

Au-delà du visage, les demandes se concentrent sur trois scènes. Les récits d'un miracle de Jésus ou d'une parabole en fournissent d'autres, mais ces trois-là reviennent toujours, et chacune tient à un seul détail. La quatrième ligne du tableau, le Pantocrator, n'est pas une demande du public : c'est le type fixé par l'Orient, et il est traité en fin d'article.

La scène La posture Le détail qui la signe
Le Sacré-Cœur De face, main droite qui bénit, main gauche qui désigne la poitrine Un cœur posé devant la poitrine, flamme au sommet, couronne d'épines autour, petite croix dessus
Le Bon Pasteur Debout, de trois quarts, une brebis en travers des épaules Les deux mains qui tiennent les pattes devant la poitrine, et un bâton
Le Christ en croix Bras en V très ouvert, tête inclinée L'écriteau au-dessus de la tête, la plaie au côté, un simple linge aux reins
Le Pantocrator Assis, de face, strictement symétrique Le Livre dans la main gauche, la main droite qui bénit

Sacré-Cœur dessin facile : le cœur n'est pas à l'échelle du corps

Dessinez la figure de face, puis le cœur, la flamme, la couronne, la croix, dans cet ordre. Deux pièges, tous deux de proportion. Le cœur se dessine comme un emblème posé devant la poitrine, nettement plus grand que nature, et centré : à l'échelle anatomique, il devient un détail illisible. Et la couronne d'épines qui l'enserre n'est pas un cercle mais une ellipse, puisque vous la voyez en perspective autour d'un volume.

Le sens des quatre éléments a son article, le Sacré-Cœur, dévotion, histoire et représentation, et celui de la couronne d'épines aussi. Un mot sur la plaie, parce qu'elle vient d'un verset : le Catéchisme parle du Cœur de Jésus « transpercé par nos péchés et pour notre salut », en renvoyant au coup de lance de Jean 19, 34.

Dessin Jésus sur la croix facile : trois détails donnés par l'Évangile

C'est la scène la plus demandée, et vous n'avez presque rien à inventer : le chapitre 19 de l'Évangile selon saint Jean décrit lui-même ce qu'il faut tracer.

L'écriteau, et il est au-dessus de la tête. « Pilate avait rédigé un écriteau qu'il fit placer sur la croix ; il était écrit : Jésus le Nazaréen, roi des Juifs » (Jean 19, 19), et le verset suivant ajoute qu'il était « écrit en hébreu, en latin et en grec », donc sur trois lignes si vous le détaillez. L'abréviation latine a son article, INRI, que signifie l'inscription au-dessus de la croix.

La tête inclinée, pas droite. « Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit » (Jean 19, 30). Dix à quinze degrés suffisent. Le texte ne dit pas de quel côté, et l'usage la penche vers la droite du spectateur.

La plaie au côté, et le texte ne dit pas lequel. « Un des soldats avec sa lance lui perça le côté » (Jean 19, 34). Ni le droit ni le gauche ne sont nommés : la convention la place à droite, vous n'êtes tenu à rien. Enfin, les soldats ont pris ses habits, dont « une tunique sans couture, tissée tout d'une pièce de haut en bas » (Jean 19, 23) : d'où le simple linge aux reins, le périzonium. La différence entre une croix nue et un crucifix est traitée dans croix de Jésus ou crucifix.

Dessiner le Bon Pasteur : la brebis se porte en travers des épaules

La figure vient d'une parole : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis » (Jean 10, 11). Le chapitre nomme la figure mais ne décrit aucune posture : le geste vient d'une autre page, la parabole de la brebis perdue, où le berger, quand il l'a retrouvée, « la prend sur ses épaules, tout joyeux » (Luc 15, 5).

D'où la seule chose à savoir. La brebis se dessine en travers des épaules et non dans les bras : tête et pattes avant d'un côté, pattes arrière de l'autre, les deux mains qui tiennent les pattes devant la poitrine. Dessinez la brebis d'abord, les bras ensuite : un bras tracé avant la masse qu'il soutient finit toujours trop court.

Les erreurs fréquentes, et le correctif de chacune

Les huit défauts qui reviennent le plus, dans l'ordre de leur coût. Les trois premiers suffisent à faire rater le dessin entier.

L'erreur Ce qu'elle produit Le correctif
Un nimbe uni, sans croix Un saint quelconque, ou un homme barbu La croix dans le nimbe, trois branches visibles
Les yeux posés au tiers supérieur Un enfant, ou une caricature Sur l'horizontale, à mi-hauteur exacte de la tête
Le nimbe en anneau posé à plat sur le crâne Un cerceau Un disque derrière la tête, donc un cercle dont la tête masque le centre
La barbe ajoutée à la fin, sur un visage terminé Une barbe collée Cheveux et barbe d'un seul contour, à l'étape 3
Une barbe longue et très fournie Un vieillard, ou un prophète Courte, prolongeant l'ovale de deux doigts
Un visage très détaillé et expressif Un portrait d'homme aux cheveux longs Traits réduits, regard droit, nez suggéré
Les bras du crucifié tracés à l'horizontale Un T rigide Un V très ouvert, les bras montant légèrement vers les clous
Le cœur du Sacré-Cœur à l'échelle anatomique Un détail illisible Un emblème, nettement plus grand que nature, posé devant la poitrine

À savoir : pourquoi tous les dessins de Jésus se ressemblent

Si cette figure se reconnaît en un coup d'œil alors que personne n'en a de portrait, c'est que ses traits ne sont pas tenus pour un choix d'artiste. Le Catéchisme fonde le droit de la dessiner sur l'Incarnation : « le visage humain de Jésus peut être dépeint » (numéro 476). Et voici la phrase décisive, au numéro 477 : « les particularités individuelles du corps du Christ expriment la personne divine du Fils de Dieu. Celui-ci a fait siens les traits de son corps humain au point que, dépeints sur une image sainte, ils peuvent être vénérés ». Des traits que l'on vénère ne se réinventent pas à chaque génération : ils se transmettent, et c'est ce que vous observez en feuilletant mille ans de peinture.

Deux repères, pour finir. Le nimbe est là dès les premiers siècles, l'Académie notant que « le visage du Christ est orné du nimbe sur les fresques des catacombes romaines », et le Bon Pasteur est de la même époque : la base Palissy du ministère de la Culture décrit un bas-relief du Bon Pasteur conservé à Notre-Dame-des-Victoires à Paris, et précise qu'il provient des catacombes de Rome. Plus tard, l'Orient fixe le type du Christ Pantocrator, « assis sur un trône de gloire, tenant le Livre des Saintes Ecritures dans la main gauche et de la main droite esquissant un geste de bénédiction » : deux instructions de dessin, données par la définition elle-même. Lire ces images a son article, l'icône chrétienne.

Questions fréquentes

Comment représenter Jésus ?

De trois façons, et le choix se fait avant de tracer. Par le visage seul, ovale et croix d'axes, cheveux longs, barbe courte, nimbe crucifère. Par une scène, et trois reviennent sans cesse, le Sacré-Cœur, le Bon Pasteur et le Christ en croix. Ou par un symbole, sans figure du tout, ce qui est le plus simple à dessiner. Dans les trois cas, le nimbe marqué d'une croix est ce qui rend la représentation reconnaissable.

Comment est le visage de Jésus ?

Aucun évangile ne le décrit, et c'est une bonne nouvelle pour qui dessine : vous ne copiez pas un portrait, vous reprenez une convention. Celle qui s'est imposée est stable, cheveux longs partagés au milieu, barbe courte, traits réguliers, regard droit. Dessinez donc sobre : un visage très expressif cesse d'être lu comme celui du Christ et redevient un portrait d'homme.

Comment fait-on la croix de Jésus ?

Une croix latine : une barre verticale et une barre horizontale plus courte, placée au tiers supérieur et non au milieu. Pour un crucifix, ajoutez le corps, bras en V très ouvert plutôt qu'à l'horizontale, tête inclinée de dix à quinze degrés, linge aux reins, plaie au côté, et l'écriteau au-dessus de la tête. Dessinez la croix d'abord, le corps ensuite : l'inverse donne des bras trop courts pour la traverse.

Quel est le symbole de Jésus ?

Il y en a plusieurs, et pour un dessin les plus utiles sont les plus simples : la croix, le monogramme grec en deux lettres croisées, le poisson des premiers chrétiens, l'agneau, le Bon Pasteur, le Sacré-Cœur. Et le nimbe crucifère, qui n'est pas un symbole de Jésus mais la marque qui dit qu'un personnage est Jésus, nuance qui change tout quand on dessine.

Comment faire le dessin ?

Toujours du général au particulier, et ici dans cet ordre : l'ovale, les axes, la masse des cheveux et de la barbe, les yeux, le nez et la bouche, le vêtement, le nimbe. La seule inversion de la règle générale est l'étape 3, la barbe et les cheveux avant le visage, parce qu'ils en fixent le cadre. Refaites trois fois la même figure plutôt que trois sujets différents : la troisième est toujours beaucoup plus juste.

Un visage à dessiner, un signe à porter

Vous savez maintenant où se gagne ce dessin : le nimbe crucifère tracé comme un disque derrière la tête, les yeux posés à mi-hauteur, la masse cheveux plus barbe faite d'un seul contour avant tout détail. Et vous savez ce que les tutoriels ne disent jamais : presque chaque détail des trois scènes vient d'un texte, l'écriteau et la tête inclinée de Jean 19, la brebis portée sur les épaules de Luc 15, le Livre et le geste de bénédiction de la définition du Pantocrator. Refaites l'exercice deux ou trois fois, comme pour l'ange et pour le prêtre de la même série.

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Sources

  • Catéchisme de l'Église catholique, numéros 476 à 478 : « Puisque le Verbe s'est fait chair en assumant une vraie humanité, le corps du Christ était délimité. A cause de cela, le visage humain de Jésus peut être dépeint » et la reconnaissance par le concile de Nicée de 787 (476) ; « les particularités individuelles du corps du Christ expriment la personne divine du Fils de Dieu. Celui-ci a fait siens les traits de son corps humain au point que, dépeints sur une image sainte, ils peuvent être vénérés » (477) ; le Cœur de Jésus « transpercé par nos péchés et pour notre salut », avec renvoi à Jean 19, 34 (478).
  • Dictionnaire de l'Académie française, 9e édition, article « nimbe » : « Nimbe crucifère, orné d'une croix, caractéristique des représentations du Christ », et « Le visage du Christ est orné du nimbe sur les fresques des catacombes romaines ». La 8e édition, servie sous le même mot, écrit « réservé à la représentation de Jésus-Christ ».
  • Église catholique en France, glossaire, Christ Pantocrator : « du grec pan, tout et kratos puissance », et la posture, « assis sur un trône de gloire, tenant le Livre des Saintes Ecritures dans la main gauche et de la main droite esquissant un geste de bénédiction ».
  • AELF, Évangile selon saint Jean, chapitre 19 : l'écriteau et son texte (19), les trois langues (20), les deux crucifiés de chaque côté (18), la tunique sans couture (23), la tête inclinée (30), le coup de lance au côté (34). Le verset 34 ne nomme aucun côté, vérifié sur le texte servi.
  • AELF, Évangile selon saint Jean, chapitre 10 : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis » (11). Le chapitre nomme la figure sans décrire de posture.

Deux références sont citées en clair, sans lien, le standard du blog plafonnant à cinq liens d'autorité par article : le verset de la brebis portée sur les épaules, lu sur le texte servi par l'AELF (Luc 15, 5, « Quand il l'a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux »), et la notice Palissy PM75000493 du ministère de la Culture, qui décrit un bas-relief du Bon Pasteur conservé à l'église Notre-Dame-des-Victoires à Paris, classé au titre objet le 20 février 1905, et porte la mention « Époque chrétienne primitive. Ce bas-relief provient des Catacombes de Rome ». Les conventions de proportion de ce tutoriel (les yeux à mi-hauteur du visage, le bas du nez à mi-chemin de l'horizontale et du menton, les plis en V groupés) relèvent de l'enseignement du dessin : elles sont données comme des méthodes, pas comme des faits. Les cheveux longs partagés au milieu, la barbe courte, le côté de la plaie et le côté vers lequel la tête s'incline sont présentés comme des conventions de l'histoire de l'art, explicitement distingués de ce que les textes attestent.

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