Couronne d'épines : signification, Bible et relique

Mis à jour le 14 min de lecture

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Sommaire
  1. La signification de la couronne d'épines : une royauté tournée en dérision
  2. La couronne d'épines de Jésus : les versets bibliques
  3. Que symbolisent les épines dans la Bible
  4. Où se trouve actuellement la couronne d'épines
  5. À savoir : trois idées fausses sur la relique
  6. Porter la couronne d'épines : le symbole en bijou
  7. Questions fréquentes
  8. Choisissez un symbole qui a du sens

En bref

  • La couronne d'épines n'est pas d'abord un instrument de torture : c'est un faux diadème, posé pour tourner en dérision la royauté de Jésus, avec un faux manteau de pourpre et un roseau en guise de sceptre.
  • Trois Évangiles la rapportent : Matthieu 27, Marc 15 et Jean 19. Luc, lui, ne la mentionne pas.
  • Dans la Bible, l'épine est d'abord le signe du sol devenu hostile après la faute (Genèse 3, 18). À la Passion, le Christ la porte sur la tête.
  • La relique est conservée à Notre-Dame de Paris, sauvée de l'incendie du 15 avril 2019, et de retour dans la cathédrale depuis sa réouverture.
  • Ce n'est pas un cercle d'épines, mais un cercle de joncs tressés de 21 centimètres : les épines ont été dispersées en dons au fil des siècles.

Vous avez vu une couronne d'épines sur un crucifix, sur une image du Sacré-Cœur ou sur une bague, et vous vous demandez ce qu'elle veut dire exactement ? Vous cherchez les versets qui la rapportent, sans avoir à ouvrir quatre Évangiles ? Vous avez entendu que la vraie relique est à Paris, et vous voulez savoir si c'est encore le cas aujourd'hui ?

La couronne d'épines signifie une royauté bafouée : les soldats romains ne cherchaient pas à faire souffrir davantage un condamné, ils se moquaient d'un homme qu'on leur avait présenté comme roi. Le manteau de pourpre, le roseau et le salut moqueur « Salut, roi des Juifs ! » appartiennent à la même scène : c'est une parodie de couronnement. Nous reprenons ici les trois récits évangéliques mot pour mot, ce que l'épine signifie dans toute l'Écriture, et l'histoire de la relique conservée à Notre-Dame de Paris, avec ses chiffres exacts.

La signification de la couronne d'épines : une royauté tournée en dérision

Un faux manteau, un faux sceptre, une fausse couronne

Les trois éléments vont ensemble, et c'est ce qui donne la clé. Les soldats revêtent Jésus d'un manteau de pourpre, couleur impériale, lui posent sur la tête une couronne tressée d'épines, et lui mettent un roseau dans la main droite. Chaque pièce de ce costume imite une insigne royale, et chacune est une contrefaçon : la pourpre est un chiffon, le sceptre est un roseau, le diadème est un buisson.

La scène se termine par des génuflexions. Matthieu écrit : « pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient devant lui en disant : "Salut, roi des Juifs !" » (Matthieu 27, 29). Ce n'est pas un supplice ajouté au supplice, c'est une cérémonie à l'envers.

Pourquoi cette moquerie précisément

Parce que le motif de la condamnation était politique. Devant Pilate, Jésus avait répondu : « Ma royauté n'est pas de ce monde », puis « C'est toi-même qui dis que je suis roi ». Les soldats s'emparent du chef d'accusation et en font un jeu de garnison.

La dérision dit donc, sans le vouloir, la vérité qu'elle prétend ridiculiser. Jean pousse la scène jusqu'au bout : Jésus sort portant la couronne et le manteau, et Pilate déclare « Voici l'homme » (Jean 19, 5). Le même Pilate fera écrire sur la croix « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs », l'inscription que la tradition abrège en INRI. Nous en détaillons le sens et les quatre lettres dans notre article sur la signification d'INRI.

Ce que la couronne signifie pour celui qui la porte en bijou

Portée aujourd'hui, la couronne d'épines n'est pas un symbole de douleur pour elle-même. Elle dit que la royauté du Christ passe par l'humiliation, et non à côté d'elle. C'est le même mouvement que l'on retrouve dans l'image du Sacré-Cœur, où le cœur de Jésus est représenté ceint d'épines : le signe du mépris devient le signe de l'amour qui tient.

La couronne d'épines de Jésus : les versets bibliques

Trois récits, un seul épisode

Matthieu, Marc et Jean rapportent la couronne d'épines ; Luc ne la mentionne pas, ni au chapitre 22 ni au chapitre 23 de son Évangile, où il raconte en revanche qu'Hérode fit revêtir Jésus « d'un manteau de couleur éclatante » pour se moquer de lui (Luc 23, 11).

Les trois récits qui la rapportent ne retiennent pas exactement les mêmes détails. Les lire côte à côte évite de citer de mémoire un détail qui appartient à un autre Évangile.

Le tableau des trois récits, selon la traduction liturgique

Récit Le vêtement L'objet La parole Les gestes
Matthieu 27, 28-30 « un manteau rouge » « un roseau dans la main droite » « Salut, roi des Juifs ! » Ils s'agenouillent par moquerie, crachent, frappent la tête avec le roseau
Marc 15, 17-19 « de pourpre » un roseau, pour frapper « Salut, roi des Juifs ! » Ils frappent la tête, crachent, s'agenouillent « pour lui rendre hommage »
Jean 19, 2-5 « un manteau pourpre » aucun objet mentionné « Salut à toi, roi des Juifs ! » Ils le giflent ; Pilate le présente en disant « Voici l'homme »

Un détail mérite d'être relevé : seul Matthieu met le roseau dans la main de Jésus comme un sceptre. Chez Marc, le roseau ne sert qu'à frapper. C'est donc Matthieu qui donne la parodie de couronnement la plus complète.

Que symbolisent les épines dans la Bible

Genèse 3 : l'épine, signe d'un sol devenu hostile

L'épine apparaît très tôt dans l'Écriture, et pas comme un simple décor. Après la faute, il est dit à l'homme : « maudit soit le sol à cause de toi », puis « De lui-même, il te donnera épines et chardons » (Genèse 3, 17-18). L'épine est donc, dès le départ, ce que la terre produit toute seule quand l'homme ne la travaille plus en paix : le signe visible d'une rupture, et de la peine qui s'ensuit.

De la malédiction portée sur la tête

C'est là que la scène du prétoire prend sa profondeur, et c'est l'élément que la plupart des pages sur le sujet laissent de côté. Le Christ ne subit pas n'importe quel objet : il reçoit sur la tête, en guise de couronne, ce que la Genèse présentait comme le fruit du sol maudit. La tradition chrétienne lit la Passion comme la reprise, puis le renversement, de ce qui avait été perdu au commencement. L'épine ne change pas de nature, elle change de place : du sol, elle passe au front de celui qui vient porter la peine.

Les autres épines de l'Écriture, et un piège de citation

Deux autres passages reviennent souvent dans les discussions sur « les épines dans la Bible », et tous les deux appellent une précision de vocabulaire. Dans la parabole du semeur, la traduction liturgique officielle parle de « ronces » et non d'épines : « les ronces ont poussé et les ont étouffés » (Matthieu 13, 7). Et la fameuse « épine dans la chair » de saint Paul se lit « une écharde » dans cette même traduction (2 Corinthiens 12, 7).

La leçon est simple : avant de citer, il faut vérifier le mot exact dans la traduction que l'on utilise. C'est aussi vrai pour le contrepoint : l'Écriture connaît une autre couronne, « la couronne de gloire qui ne se flétrit pas » (1 Pierre 5, 4).

Où se trouve actuellement la couronne d'épines

De Jérusalem à Constantinople, puis à Paris

Le diocèse de Paris retrace le parcours de la relique. La vénération des instruments de la Passion est attestée à Jérusalem dès le IVe siècle par les récits de pèlerins. Entre le VIIe et le Xe siècle, ces reliques sont transférées à Constantinople, dans la chapelle des empereurs byzantins, pour les mettre à l'abri des pillages.

En 1238, Baudouin II de Courtenay, empereur latin de Byzance en grande difficulté financière, propose la Couronne au roi de France Louis IX. Le roi accepte et dédommage les banquiers vénitiens auprès desquels les régents de l'Empire l'avaient déjà mise en gage.

Pourquoi la couronne d'épines est-elle en France

Le 10 août 1239, Louis IX accueille vingt-deux reliques à Villeneuve-l'Archevêque. Le 19 août, la procession arrive à Paris : le roi quitte ses atours royaux, endosse une simple tunique et porte la Couronne pieds nus jusqu'à Notre-Dame, aidé de son frère. Il fait ensuite édifier la Sainte-Chapelle comme reliquaire à la mesure de ces reliques.

À la Révolution, les reliques sont déposées à Saint-Denis, puis à la Bibliothèque nationale, dépouillées de leurs reliquaires. Après le Concordat de 1801, la Couronne est remise en 1804 à l'archevêque de Paris, qui l'affecte au trésor de la cathédrale le 10 août 1806. Sur le roi qui l'a fait venir, voir notre article : pourquoi Louis IX a été canonisé.

L'incendie du 15 avril 2019 et le sauvetage de la relique

Le soir de l'incendie, la Couronne a été sortie de la cathédrale avec le Saint-Sacrement. L'épisode a été largement rapporté par la presse, qui en attribue l'initiative aux sapeurs-pompiers de Paris et à leur aumônier, le père Jean-Marc Fournier. La relique a ensuite été placée sous protection publique le temps du chantier, puis présentée à la vénération hors de la cathédrale fermée, notamment le Vendredi saint 10 avril 2020 par l'archevêque de Paris.

Le reliquaire de la chapelle axiale, depuis la réouverture

Pour son retour, l'archevêque de Paris a commandé une châsse-reliquaire à l'artiste et architecte Sylvain Dubuisson, destinée, précise le diocèse de Paris, à la chapelle centrale de l'abside, derrière le chœur. D'après la Fondation Notre Dame, qui porte le Fonds Cathédrale de Paris, la Couronne a fait son retour solennel le 13 décembre 2024, et la châsse mesure 3,60 mètres de haut sur 2,60 mètres de large : structure en bois de cèdre, épines de bronze, et au centre une demi-sphère bleue entourée de douze cercles dorés pour les apôtres. Hors des ostensions, la relique est enfermée dans un coffre intégré à la base, en marbre, en forme de tombeau-autel.

Peut-on voir la couronne d'épines à Notre-Dame

Oui, et à jour régulier. Le diocèse de Paris annonce que chaque vendredi, la Couronne est présentée en ostension dans son reliquaire de 15h à 18h30, et que le premier vendredi du mois, elle est proposée à la vénération des fidèles dans la nef à partir de 15h. Les vendredis de Carême et le Vendredi saint font l'objet d'horaires particuliers. La relique est confiée aux chanoines du Chapitre et placée sous la garde statutaire des Chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

À savoir : trois idées fausses sur la relique

Ce n'est pas un cercle d'épines. Le diocèse de Paris la décrit comme « un cercle de joncs réunis en faisceaux et retenus par des fils d'or, d'un diamètre de 21 centimètres », sur lequel se trouvaient les épines. Celles-ci ont été dispersées au fil des siècles par les dons des empereurs de Byzance et des rois de France : on en compte soixante-dix, de même nature, qui s'en affirment originaires. Depuis 1896, le cercle est conservé dans un tube de cristal et d'or.

La plante n'est pas un mystère total. Le diocèse indique que la monture ajourée de 1896 figure une branche de zizyphus, ou Spina Christi, arbuste dont les épines ont servi à la fabrication de la couronne. À ne pas confondre avec la plante grasse vendue en jardinerie sous le nom commercial de « couronne d'épines », qui n'a aucun rapport avec la relique.

La question du prix est mal posée. Le roi qui l'a acquise est bien Louis IX, en 1238-1239, et les sources de l'Église parlent d'un dédommagement versé aux banquiers vénitiens, sans chiffre. Les montants qui circulent, souvent en livres tournois, ne figurent dans aucune des sources officielles que nous citons, et nous ne les reprenons pas. Aujourd'hui, la Couronne appartient au trésor de la cathédrale : elle n'a pas de prix parce qu'elle n'est pas à vendre.

Porter la couronne d'épines : le symbole en bijou

Une bague plutôt qu'un pendentif

La couronne d'épines a ceci de particulier qu'elle se prête mieux à l'anneau qu'au pendentif : c'est un cercle, et une bague est un cercle. Notre bague couronne d'épines reprend ce principe littéralement : trois brins d'acier tressés sur tout le tour, des vides entre les torsades, et de petites épines aux croisements, arrondies à la fabrication pour ne pas accrocher un pull. Elle existe en doré et en argenté, du FR 52 au FR 69, et elle est mixte.

Acier inoxydable, et pourquoi cela compte ici

Une bague portée tous les jours prend l'eau, le savon et les chocs. L'acier inoxydable ne rouille pas et ne noircit pas, ce qui est exactement ce qu'il faut pour un anneau ajouré, où une patine grise s'installerait dans les creux du tressage. Si vous hésitez entre les matières, nous avons comparé l'acier et l'argent pour un bijou du quotidien. Pour les autres formes, nos bagues croix et nos médailles de saints couvrent le reste du répertoire.

Le tatouage couronne d'épines, et ce qu'un bijou fait de différent

La couronne d'épines est un motif de tatouage fréquent, le plus souvent autour du bras, du poignet ou du cœur, avec le même sens que celui décrit plus haut : une royauté qui passe par l'épreuve. La différence est qu'un bijou se retire, se transmet et se fait bénir, ce qu'une encre ne permet pas. Sur ce dernier point, nous avons écrit comment faire bénir un bijou.

Questions fréquentes

Quelle est la symbolique de la couronne d'épines ?

C'est le symbole d'une royauté tournée en dérision. Avec le manteau de pourpre et le roseau, elle forme une parodie de couronnement : les soldats imitent les insignes royaux en les contrefaisant. S'y ajoute la lecture biblique de l'épine, signe du sol devenu hostile après la faute (Genèse 3, 18), que le Christ reçoit sur la tête au moment de sa Passion.

Pourquoi Jésus avait une couronne d'épines ?

Parce qu'il avait été condamné comme prétendant à la royauté. Les soldats romains se sont saisis du chef d'accusation pour se moquer de lui, en lui posant sur la tête une couronne tressée d'épines et en lui lançant « Salut, roi des Juifs ! » (Matthieu 27, 29). L'intention première est la moquerie, pas la souffrance ajoutée.

Que symbolisent les épines dans la Bible ?

Dans la Genèse, les épines et les chardons sont ce que le sol donne de lui-même après la faute : le signe d'une rupture et de la peine du travail (Genèse 3, 18). Attention au vocabulaire : la traduction liturgique officielle parle de « ronces » dans la parabole du semeur, et d'une « écharde » pour saint Paul, pas d'épines.

Où se trouve actuellement la couronne d'épines ?

À Notre-Dame de Paris, où elle est conservée au trésor de la cathédrale depuis 1806. Sauvée de l'incendie du 15 avril 2019, elle est revenue dans la cathédrale pour sa réouverture et elle est présentée dans une châsse-reliquaire créée par Sylvain Dubuisson, destinée à la chapelle centrale de l'abside, derrière le chœur.

Quel Roi a acheté la couronne d'épines ?

Louis IX, le futur saint Louis. En 1238, l'empereur latin de Byzance Baudouin II lui propose la relique ; le roi accepte et dédommage les banquiers vénitiens qui la détenaient en gage. Il accueille les reliques en août 1239 et fait édifier la Sainte-Chapelle pour les abriter.

Quand peut-on voir la couronne d'épines ?

Le diocèse de Paris annonce une ostension chaque vendredi, de 15h à 18h30, dans le reliquaire ; le premier vendredi du mois, la Couronne est proposée à la vénération des fidèles dans la nef à partir de 15h. Les vendredis de Carême et le Vendredi saint suivent des horaires particuliers, à vérifier auprès de la cathédrale.

Choisissez un symbole qui a du sens

Vous savez maintenant ce que la couronne d'épines signifie vraiment : non pas une torture de plus, mais une royauté bafouée que la dérision finit par désigner, et une épine qui passe du sol maudit de la Genèse au front du Christ. Vous savez aussi où la relique se trouve, depuis quand, et à quelles conditions on peut la voir.

Si ce symbole vous parle, il existe en bijou, et il se porte sans ostentation. Découvrez notre bague couronne d'épines, en acier inoxydable, ou le reste de notre sélection dans nos médailles de saints et nos bijoux croix. Chaque pièce est livrée dans un écrin, ce qui en fait un cadeau possible pour un baptême, une confirmation ou un temps de Carême.

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