Comment dessiner une crèche de Noël : 9 étapes

Mis à jour le 24 min de lecture

comment dessiner une creche
Sommaire
  1. Les deux formes de base : un rectangle et un toit en V couché
  2. La mangeoire, le seul passage qui compte vraiment
  3. Les neuf étapes, dans l'ordre
  4. Faisons les finitions de notre dessin
  5. Colorions notre dessin
  6. Les erreurs fréquentes, et le correctif de chacune
  7. Les variantes, et le détail qui décide de chacune
  8. À savoir : deux détails que presque personne ne dit
  9. Questions fréquentes
  10. Un dessin à encadrer, un signe à porter
  11. Sources

En bref

  • Une crèche de Noël se dessine en neuf étapes, avec un crayon, une gomme et une feuille : un trait de sol, un rectangle pour l'étable, un toit en appentis, puis la mangeoire et six figures.
  • Tout le dessin se joue sur la mangeoire, et elle se trace avant les personnages, pas après. Elle se place au centre exact de l'étable, et c'est elle qui donne leur place aux six autres figures.
  • L'Enfant est couché dans la mangeoire, jamais dans les bras de sa mère. C'est ce que dit le seul récit de la naissance, et c'est ce qui distingue une crèche d'une Vierge à l'Enfant.
  • La perspective se règle avec un seul point de fuite, et le toit en appentis existe pour cela : un seul pan incliné, c'est un seul trait à mettre juste.
  • Deux détails changent votre dessin et presque aucun tutoriel ne les donne : les Rois mages ne s'ajoutent qu'à l'approche de l'Épiphanie, et le bœuf et l'âne ne viennent pas des Évangiles mais d'une relecture d'un verset d'Isaïe.

Pour dessiner une crèche de Noël, tracez un trait horizontal au tiers bas de la feuille, posez dessus un rectangle large pour l'étable, coiffez-le d'un toit en appentis d'un seul pan qui dépasse de chaque côté, puis dessinez la mangeoire au centre exact sous la forme d'un trapèze ouvert vers le haut. Couchez l'Enfant dedans, encadrez-la de Marie et de Joseph penchés vers elle, ajoutez les deux têtes du bœuf et de l'âne derrière, les bergers sur le côté, et terminez par l'étoile et l'ange au-dessus du toit. Neuf étapes, aucun matériel particulier, et une seule difficulté réelle, que nous traitons en détail plus bas.

Ce tutoriel appartient à la même série que comment dessiner une église, comment dessiner un ange et comment dessiner une colombe : même méthode, des formes de base d'abord, les détails ensuite, et une seule chose à réussir.

Les deux formes de base : un rectangle et un toit en V couché

Une crèche n'est pas un bâtiment compliqué, et c'est la bonne nouvelle de ce dessin. Deux formes suffisent à poser la scène entière.

La première est un rectangle large, nettement plus large que haut, posé sur un trait horizontal qui sert de sol. Visez deux fois plus large que haut. Un rectangle trop haut donne une maison, et une maison ne se lit pas comme une étable.

La seconde est le toit, et il n'est pas un triangle. C'est un appentis, c'est-à-dire un seul pan incliné, qui descend d'un côté et dépasse du rectangle à droite et à gauche. Un toit à deux pans vous obligerait à régler deux inclinaisons symétriques, et la symétrie est précisément ce que personne ne réussit à main levée. Avec un seul pan, vous n'avez qu'un trait à mettre juste.

Ces deux formes se tracent légèrement, du bout du crayon. Tout le reste va se poser dessus, et vous allez les gommer en partie.

La perspective simple : un seul point, et jamais deux

Beaucoup de dessins de crèche échouent ici, et pas sur les personnages. Choisissez un seul point de fuite, placez-le hors de la feuille, et faites-y converger toutes les lignes de profondeur : le bord du toit, la ligne du sol de l'étable, les planches du fond. Un seul point tient toute la construction.

Le point se place à hauteur du trait de sol, décalé sur le côté, ce qui donne une étable vue légèrement de biais. Vous voyez alors le pignon et un pan de mur, et c'est ce léger biais qui crée le volume. Une étable vue parfaitement de face reste plate, quoi que vous mettiez dedans.

Le décor n'est pas dans l'Évangile, et c'est une liberté

Un point qui soulage avant de commencer. Le seul récit de la naissance ne décrit ni étable, ni grotte, ni bâtiment d'aucune sorte. L'évangile selon saint Luc, au chapitre 2, dit simplement qu'elle « l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune ». Une mangeoire, et une absence de place. Rien d'autre sur le lieu.

L'étable et la grotte sont donc deux traditions de représentation, toutes deux reçues. La notice de Liturgie & Sacrements décrit la crèche comme une scène posée « dans une étable ou une grotte », et la lettre du pape François sur la crèche parle de la grotte tout en notant que les décors de ruines « remplacent la grotte de Bethléem ». Vous pouvez choisir l'une ou l'autre sans vous tromper, et nous donnons la variante grotte plus bas.

La mangeoire, le seul passage qui compte vraiment

Voici la partie à lire deux fois. Dans les tutoriels de crèche, on commence presque toujours par les personnages, et c'est l'erreur qui condamne le dessin avant la troisième minute.

La mangeoire se trace avant toutes les figures, au centre exact de l'étable, et c'est elle qui leur donne leur place. Elle n'est pas un accessoire posé à la fin dans un espace resté libre : elle est le point vers lequel tout converge. Une crèche est une composition radiale, et son centre est un objet, pas un visage.

La raison n'est pas décorative. Dans le récit, la mangeoire est le signe donné aux bergers : « vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » (verset 12), et c'est bien ainsi qu'ils le trouvent au verset 16. Le mot crèche lui-même ne veut pas dire autre chose : il désigne la mangeoire avant de désigner la scène.

La forme : un trapèze ouvert vers le haut, et deux pieds croisés

Dessinez un trapèze dont le petit côté est en bas et le grand côté en haut, donc une auge qui s'évase vers le ciel. Ajoutez deux pieds en X sous le trapèze, ce qui la surélève du sol. Une mangeoire posée à plat sur le sol se lit comme une caisse, et c'est la surélévation qui la rend lisible.

Pour la paille, ne dessinez pas des brins. Tracez une touffe de traits courts qui débordent du bord supérieur, serrés au milieu et plus clairs aux extrémités. Trois ou quatre traits qui dépassent franchement valent mieux que quarante traits égaux.

L'Enfant au centre, et dans la mangeoire

L'Enfant se dessine couché dans la mangeoire, emmailloté, et jamais dans les bras de sa mère. C'est la règle qui sépare une crèche d'une Vierge à l'Enfant, qui est un autre sujet et un autre dessin. Dès que vous le mettez dans les bras de Marie, la mangeoire devient inutile et la composition entière s'affaisse.

Techniquement, c'est une forme très simple : un ovale allongé pour le corps emmailloté, un cercle plus petit pour la tête, qui dépasse du bord de l'auge. Deux traits en diagonale sur l'ovale suffisent à faire lire les langes. N'essayez pas les bras ni les jambes, ils sont enveloppés.

Un mot sur le moment, qui intéresse quiconque dessine une crèche en décembre. La lettre du pape François est précise : « Le cœur de la crèche commence à battre quand, à Noël, nous y déposons le santon de l'Enfant Jésus ». Dans une crèche de santons, la mangeoire reste donc vide jusqu'au 25 décembre. Si vous dessinez une crèche pendant l'Avent, une mangeoire vide avec la paille déjà en place est un choix juste, et non un oubli.

Marie et Joseph : l'une contemple, l'autre protège

Les deux se dessinent comme deux ogives, c'est-à-dire deux formes allongées et arrondies en haut, qui encadrent la mangeoire à droite et à gauche. Inclinez les deux ogives vers la mangeoire, de dix à quinze degrés, et la scène se tient toute seule. Deux silhouettes verticales et parallèles donnent deux passants, pas des parents.

Les attitudes ne s'inventent pas, elles sont décrites. La lettre sur la crèche dit de Marie qu'elle est « une mère qui contemple son enfant et le montre à ceux qui viennent le voir » : vous avez là deux gestes à rendre, le regard baissé vers l'auge, et une main ouverte tournée vers l'extérieur du dessin. Pour Joseph, le même texte note qu'il est « généralement représenté avec un bâton à la main, et parfois même tenant une lampe ». Le bâton de Joseph est le détail qui le rend immédiatement reconnaissable, et il a l'avantage d'être une ligne droite, donc facile.

Pour le voile de Marie et sa chute, qui est le vrai point dur de sa silhouette, nous l'avons traité pas à pas dans comment dessiner la Vierge Marie.

Le bœuf et l'âne : derrière la mangeoire, et pas devant

Deux animaux, et deux têtes suffisent. Placez-les derrière la mangeoire, de part et d'autre, museau penché vers l'auge. C'est leur position traditionnelle et c'est aussi la plus simple à dessiner, puisque vous n'avez à traiter ni les pattes ni le corps.

Pour les distinguer d'un seul trait, jouez sur les oreilles : longues et droites pour l'âne, courtes et écartées pour le bœuf, avec deux cornes qui partent vers le haut. Le museau du bœuf est carré, celui de l'âne est plus fin et plus allongé. C'est tout ce dont vous avez besoin, et c'est ce que regarde quiconque voit votre dessin.

Mis devant la mangeoire, les deux animaux masquent l'Enfant et cassent la convergence que vous venez de construire. C'est l'erreur la plus fréquente après celle de l'Enfant dans les bras.

Les bergers, l'ange et l'étoile : les trois cercles autour

Pensez la scène en trois cercles concentriques autour de la mangeoire. Au premier cercle, Marie, Joseph et les deux animaux, tous tournés vers l'auge. Au deuxième, les bergers et leurs moutons, sur le côté et en marche. Au troisième, l'ange et l'étoile, au-dessus du toit et hors de l'étable. Cette répartition vous dispense de réfléchir à chaque figure séparément.

Les bergers sont les premiers avertis dans le texte, où ils « vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux ». Dessinez-les donc dehors, au bord du cadre, un bâton à la main, en mouvement vers l'étable. Deux suffisent, et un seul mouton à leurs pieds suffit aussi : un mouton se résume à un nuage posé sur quatre traits, avec une petite tête noire.

L'ange se place en haut, et sa seule difficulté est le point d'attache de ses ailes, que nous avons détaillé dans comment dessiner un ange : elles partent des omoplates, jamais du cou ni des bras. L'étoile se dessine à quatre branches inégales, la branche basse nettement plus longue que les trois autres, pour qu'elle semble tomber sur le toit. Une étoile à cinq branches égales, comme celle des drapeaux, ne fonctionne pas ici, elle ne désigne rien.

Les neuf étapes, dans l'ordre

Voici la séquence complète, à suivre telle quelle. Chaque étape ne fait qu'une chose, et aucune ne revient sur la précédente.

  1. Le sol. Un seul trait horizontal, au tiers bas de la feuille.
  2. L'étable. Un rectangle deux fois plus large que haut, posé sur le trait.
  3. Le toit. Un seul pan incliné, qui dépasse du rectangle à droite et à gauche.
  4. La mangeoire. Un trapèze ouvert vers le haut, deux pieds en X, au centre exact.
  5. L'Enfant. Un ovale emmailloté dans l'auge, un cercle pour la tête qui dépasse du bord.
  6. Marie et Joseph. Deux ogives qui encadrent l'auge, inclinées vers elle, un bâton pour Joseph.
  7. Le bœuf et l'âne. Deux têtes derrière la mangeoire, oreilles longues pour l'âne, cornes pour le bœuf.
  8. Les bergers. Deux silhouettes au bord du cadre, un bâton, un mouton à leurs pieds.
  9. L'étoile et l'ange. Au-dessus du toit, hors de l'étable, branche basse allongée vers la mangeoire.

Si vous ne retenez qu'une chose de cette liste, retenez son ordre. Les étapes 1 à 4 construisent, les étapes 5 à 9 remplissent. Inverser les deux moitiés est la cause de presque tous les ratés.

Faisons les finitions de notre dessin

Les finitions sont le moment où le dessin gagne ou perd, et elles tiennent en quatre gestes.

Gommez d'abord les traits de construction : les lignes de fuite, le rectangle là où le toit le recouvre, les ovales des personnages à l'endroit où les vêtements les remplacent. Ces traits ont servi, ils n'ont plus de raison d'être visibles.

Appuyez ensuite sur les contours extérieurs seulement : la ligne du toit, le bord de la mangeoire, la silhouette extérieure de Marie et de Joseph. Les détails intérieurs restent clairs. Ce contraste entre un contour appuyé et un intérieur léger est ce qui donne de la présence à un dessin au crayon, bien plus que l'ajout de détails.

Ajoutez les planches du fond de l'étable, trois ou quatre traits verticaux irréguliers, jamais régulièrement espacés. Et terminez par les ombres : une seule zone sombre, sous la mangeoire, plus un léger gris sous le toit du côté opposé à l'étoile. Une seule source de lumière, et elle vient de l'étoile ou de la mangeoire.

Colorions notre dessin

La crèche est une scène de nuit, et c'est ce qui décide de toutes vos couleurs. La lettre sur la crèche le dit d'entrée, en invitant à se représenter « le contexte du ciel étoilé dans l'obscurité et dans le silence de la nuit ».

Faites donc un fond sombre, bleu nuit ou gris profond, et laissez le centre du dessin clair. C'est le contraste qui fait la lumière, pas le jaune. Si vous coloriez tout le ciel en bleu clair, la scène devient un dessin de ferme en plein jour.

Pour les figures, les conventions sont simples : une tunique rouge sous un manteau bleu pour Marie, du brun et de l'ocre pour Joseph et les bergers, du blanc et de l'or pour l'ange. La paille et la lumière de la mangeoire portent le même jaune chaud, ce qui relie le centre du dessin. Le bœuf se fait brun-roux, l'âne gris avec un museau clair.

Pour l'étoile, ne coloriez pas l'étoile elle-même en jaune vif sur un ciel foncé : laissez le papier blanc à l'endroit de l'étoile, et foncez le ciel autour. Le blanc du papier est toujours plus lumineux qu'un crayon jaune.

Les erreurs fréquentes, et le correctif de chacune

Les huit ratés que l'on voit revenir, et comment les reprendre sans tout refaire.

L'erreur Ce qu'elle produit Le correctif
L'Enfant dans les bras de Marie Ce n'est plus une crèche mais une Vierge à l'Enfant Couchez-le dans la mangeoire, et c'est le geste qui règle tout le reste
Les personnages dessinés avant la mangeoire Plus de place au centre, l'auge finit dans un coin Reprenez à l'étape 4, la mangeoire vient toujours en premier
Un toit à deux pans symétriques Deux inclinaisons à égaliser, et une maison plutôt qu'une étable Un seul pan, qui dépasse des deux côtés
Deux points de fuite L'étable gondole, les murs partent dans deux directions Un seul point, hors de la feuille, à hauteur du trait de sol
Le bœuf et l'âne devant la mangeoire Ils masquent l'Enfant, le centre disparaît Derrière l'auge, museau penché vers elle
Des silhouettes verticales et parallèles Marie et Joseph ont l'air de passants Inclinez les deux ogives de dix à quinze degrés vers l'auge
Une étoile à cinq branches égales Elle décore, elle ne désigne plus rien Quatre branches inégales, la branche basse allongée vers la mangeoire
Un ciel clair et uniforme La scène de nuit devient une scène de ferme Fond sombre, centre laissé clair, étoile en réserve de papier blanc

Les variantes, et le détail qui décide de chacune

Quatre façons de refaire ce dessin, chacune tenant à un seul changement.

Dessin de crèche facile pour enfant : la méthode des trois boîtes

Pour un enfant, la perspective est le vrai obstacle, et elle se supprime. Travaillez entièrement de face, sans aucune ligne de fuite, et réduisez la scène à trois boîtes : un grand rectangle pour l'étable, un petit trapèze pour la mangeoire, et un rectangle couché pour l'Enfant. Les personnages deviennent des triangles surmontés d'un cercle, ce qui marche très bien et se colorie facilement.

Un conseil de catéchèse plutôt que de dessin : faites tracer d'abord la mangeoire vide, et laissez l'enfant y poser l'Enfant en dernier. L'ordre du dessin raconte alors quelque chose, et c'est ce qui reste.

Dessin de crèche stylisée : trois traits et une étoile

La version pour une carte ou un faire-part. Gardez trois éléments seulement : le toit en appentis réduit à deux traits, la mangeoire, et l'étoile. Les personnages se résument à trois arcs de cercle emboîtés, l'un pour Marie, l'un pour Joseph, le plus petit pour l'Enfant. Pas de visages, pas de mains, pas de décor.

Cette version fonctionne parce qu'elle garde la seule chose qui fait reconnaître une crèche : le centre bas occupé par une auge, et une lumière au-dessus. Tout le reste est facultatif, et c'est utile à savoir.

Dessiner la grotte plutôt que l'étable

La variante orientale, et elle est aussi légitime que l'étable. Remplacez le rectangle et le toit par une grande arche sombre, plus large que haute, avec un contour irrégulier. La mangeoire se place au même endroit, au centre exact, et tous les autres repères restent valables.

L'avantage de la grotte est visuel : son fond noir crée immédiatement le contraste de nuit que vous cherchiez au coloriage, sans aucun travail de dégradé. Son inconvénient est qu'elle enlève le toit, donc la ligne qui donnait de la perspective. Compensez avec un sol en pente légère.

Dessin de crèche à colorier : ce qui change dans le tracé

Si votre dessin est destiné à être colorié, par vous ou par un enfant, deux choses changent. Fermez toutes vos formes, sans laisser une seule ligne ouverte, et épaississez tous les contours au même poids. Les nuances d'appui que nous recommandions aux finitions ne servent plus à rien : ce sont les couleurs qui feront le relief.

Supprimez aussi les ombres au crayon et les traits de paille trop fins, qui deviennent des salissures sous un feutre. Cette logique de surfaces fermées est exactement celle du vitrail, que nous avons détaillée dans comment dessiner un vitrail.

À savoir : deux détails que presque personne ne dit

Ces deux points ne sont ni des anecdotes ni des polémiques. Ils changent concrètement ce que vous mettez dans votre dessin, et quand.

Les Rois mages n'arrivent qu'à l'Épiphanie

Dans une crèche de santons, les mages ne se posent pas le 25 décembre. La lettre du pape François sur la crèche est explicite : « Lorsque s'approche la fête de l'Épiphanie, nous ajoutons dans la crèche les trois santons des Rois Mages. » La notice de Liturgie & Sacrements va dans le même sens en notant que la crèche reste en place jusqu'à l'Épiphanie, et en Provence jusqu'à la Chandeleur, le 2 février.

Pour un dessin, la conséquence est simple et elle est un soulagement. Si vous dessinez votre crèche en décembre, vous pouvez légitimement ne pas mettre les mages, ou les placer au loin, en marche, hors de l'étable. C'est même la solution la plus juste, et elle vous épargne trois personnages richement vêtus, qui sont de loin les plus difficiles à dessiner de toute la scène.

Si vous les ajoutez, sachez que le chiffre trois vient de la tradition et des trois présents, pas du récit, qui ne donne aucun nombre. Nous avons détaillé ce point, les noms, et pourquoi des mages sont devenus des rois, dans l'Épiphanie.

Le bœuf et l'âne ne sont pas dans les Évangiles

Celui-là surprend, et il ne retire rien à la crèche. Les deux animaux ne figurent dans aucun des deux récits de la naissance. Nous l'avons vérifié sur le texte liturgique de Luc 2 : il y a une mangeoire, et aucun animal autour. Le Diocèse de Paris le dit en une phrase dans sa série de questions sur Noël : ni saint Luc ni saint Matthieu ne parlent d'âne et de bœuf.

D'où viennent-ils alors ? D'une relecture d'un verset d'Isaïe, et l'attribution n'est pas une hypothèse de notre part, elle est donnée par Benoît XVI dans son homélie de la nuit de Noël 2006 : « Relisant Isaïe (1, 3), les Pères ont déduit que, près de la mangeoire de Bethléem, il y avait un bœuf et un âne. » Le verset, dans la traduction liturgique d'Isaïe au chapitre 1, dit ceci : « Le bœuf connaît son propriétaire, et l'âne, la crèche de son maître. Israël ne le connaît pas, mon peuple ne comprend pas. »

Remarquez le mot employé : le seul endroit du texte où la crèche apparaisse avec ces deux animaux, c'est ce verset, et il ne parle pas de la Nativité. La notice de Liturgie & Sacrements sur la crèche date leur apparition du IVe siècle et parle d'ailleurs d'« une prophétie d'Isaïe indépendante de la Nativité ».

Il ne s'agit donc pas de les retirer de votre dessin, et personne ne le demande. Le pape François rappelle qu'à Greccio, en 1223, saint François avait fait venir un vrai bœuf et un vrai âne, et il cite le vœu du saint : voir l'Enfant « couché dans un berceau sur la paille entre le bœuf et l'âne ». La tradition n'a pas inventé, elle a superposé un verset à un récit. Les Pères y lisaient d'ailleurs un sens précis, que Benoît XVI rapporte : les deux animaux figuraient les Juifs et les païens, donc l'humanité entière, autour de la même mangeoire. Le savoir ne gâche pas le dessin, il lui donne son sens.

Questions fréquentes

Quelle est la composition d'une crèche de Noël ?

La composition reçue est décrite par Liturgie & Sacrements : dans une étable ou une grotte, la Sainte Famille, c'est-à-dire l'Enfant Jésus, Marie et saint Joseph, entourée de l'âne et du bœuf, puis des bergers avec leurs moutons, et des Mages apportant leurs trésors. La lettre du pape François sur la crèche y ajoute le ciel étoilé, des ruines ou des paysages, des montagnes et des ruisseaux, des anges, l'étoile, et les mendiants et les pauvres. Pour dessiner, retenez-en sept figures et un décor : l'Enfant dans la mangeoire, Marie, Joseph, le bœuf, l'âne, les bergers et l'ange.

Quel est l'ordre des santons dans la crèche ?

Aucun texte liturgique ne fixe un plan de placement, mais l'usage et les documents d'Église donnent une logique très claire, celle des trois cercles. Au centre, la mangeoire avec l'Enfant. Au premier cercle, Marie et Joseph de part et d'autre, et le bœuf et l'âne derrière l'auge. Au deuxième cercle, les bergers et leurs moutons, qui arrivent de dehors. Au troisième, hors du bâtiment, l'ange et l'étoile au-dessus du toit, et les mages en approche lointaine. Pour un dessin, cet ordre est aussi l'ordre dans lequel il faut tracer.

Quand doit-on mettre le petit Jésus dans la crèche ?

À Noël, et la lettre apostolique du pape François sur la crèche le formule ainsi : « Le cœur de la crèche commence à battre quand, à Noël, nous y déposons le santon de l'Enfant Jésus. » Pendant l'Avent, la mangeoire reste donc vide, garnie de paille et prête. C'est également pourquoi un dessin de crèche réalisé avant Noël peut très légitimement montrer une auge vide : ce n'est pas un oubli, c'est l'état de la crèche à ce moment du calendrier.

Quels sont les animaux de la crèche ?

Le bœuf et l'âne derrière la mangeoire, et les moutons des bergers. Aucun des deux premiers ne figure dans les récits évangéliques de la naissance : ils viennent d'une relecture d'Isaïe au chapitre 1, verset 3, comme l'explique Benoît XVI dans son homélie de la nuit de Noël 2006, et ils apparaissent dans les représentations à partir du IVe siècle. Les moutons, en revanche, découlent directement du texte, qui place des bergers gardant leurs troupeaux dans les champs. Les crèches provençales y ajoutent d'autres bêtes de ferme, ce qui est un usage régional et non une règle.

Quel est l'animal le plus facile à dessiner ?

Dans une crèche, c'est le mouton, et de loin : un contour en forme de nuage, quatre petits traits pour les pattes, une tête sombre et deux oreilles tombantes. Il se réussit à la première tentative et il se répète sans peine, ce qui est pratique pour meubler le second plan. Viennent ensuite le bœuf et l'âne, à condition de ne dessiner que leur tête derrière la mangeoire, en les distinguant par les oreilles : longues et droites pour l'âne, courtes avec deux cornes pour le bœuf.

Qui sont les 11 santons ?

Il n'existe pas de liste officielle de onze santons, et c'est un point qu'il faut dire franchement : ni la lettre apostolique du pape François sur la crèche, ni la notice de Liturgie & Sacrements ne fixent le moindre nombre total. Le chiffre onze vient des coffrets vendus par les santonniers, qui réunissent le plus souvent l'Enfant, Marie, Joseph, le bœuf, l'âne, deux ou trois bergers, un mouton et les trois mages. Les santons dits de métier, le ravi, le tambourinaire, la poissonnière, relèvent de la tradition provençale et ne sont pas une obligation. Le seul nombre que le texte pontifical fixe est celui des mages, trois, et encore s'agit-il de la tradition et non du récit.

Un dessin à encadrer, un signe à porter

Vous avez maintenant les neuf étapes, l'ordre qui les rend efficaces, et la seule règle qui décide de tout : la mangeoire au centre d'abord, l'Enfant dedans, et les six autres figures tournées vers elle. Vous savez aussi deux choses que la plupart des tutoriels passent sous silence, et qui vous permettent de dessiner juste : les mages s'ajoutent à l'approche de l'Épiphanie, et le bœuf et l'âne viennent d'un verset d'Isaïe plutôt que des Évangiles.

Si cette série vous plaît, elle compte plusieurs autres sujets au même format, de l'église à la colombe. Et si vous vous demandez ce que les chrétiens font du 25 décembre lui-même, nous l'avons raconté dans que font les chrétiens le jour de Noël.

Un dessin se range dans un tiroir, et un signe se porte. Deux des figures que vous venez de tracer existent en bijou chez nous : la Vierge Marie penchée sur la mangeoire, et l'ange posté au-dessus du toit. Découvrez nos médailles de saints et nos bijoux Vierge Marie, en acier inoxydable qui ne noircit pas, livrés dans un écrin. Pour un enfant qui dessine sa première crèche au catéchisme, nos bijoux de baptême et nos bijoux de communion réunissent les pièces les plus simples, celles qui se transmettent.

Sources

  • AELF, Évangile selon saint Luc, chapitre 2 : le seul récit de la naissance. La mangeoire au verset 7, « elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune », reprise comme signe au verset 12 et retrouvée par les bergers au verset 16. Les bergers « qui vivaient dehors » au verset 8, l'ange du Seigneur au verset 9. Vérifié sur le texte servi : ni étable, ni grotte, ni bœuf, ni âne, ni étoile.
  • AELF, Livre d'Isaïe, chapitre 1 : le verset 3, « Le bœuf connaît son propriétaire, et l'âne, la crèche de son maître. Israël ne le connaît pas, mon peuple ne comprend pas. »
  • Pape François, lettre apostolique Admirabile signum (1er décembre 2019) : la nuit étoilée et les ruines au n. 4, les bergers et « les anges et l'étoile de Bethléem » au n. 5, Marie « qui contemple son enfant et le montre » et Joseph « représenté avec un bâton à la main, et parfois même tenant une lampe » au n. 7, l'Enfant déposé « à Noël » au n. 8, les mages ajoutés « lorsque s'approche la fête de l'Épiphanie » au n. 9, et Greccio en 1223 au n. 2.
  • Benoît XVI, homélie de la messe de la nuit de Noël, 24 décembre 2006 : l'attribution du bœuf et de l'âne à une relecture d'Isaïe 1, 3 par les Pères, et le sens qu'ils y lisaient.
  • Liturgie & Sacrements (SNPLS), « La crèche » : la composition reçue, l'apparition de l'âne et du bœuf au IVe siècle selon « une prophétie d'Isaïe indépendante de la Nativité », et la crèche laissée en place jusqu'à l'Épiphanie, et jusqu'à la Chandeleur en Provence.
  • Diocèse de Paris, série de questions sur Noël, « Y avait-il un âne et un bœuf ? » : « Ni saint Luc ni saint Matthieu ne parlent d'âne et de bœuf », et la tradition datée du IVe siècle. Cité sans lien, le corps portant déjà cinq liens d'autorité.

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