Rois mages dans la Bible : ni trois, ni rois
Sommaire
- Ce que Matthieu 2 dit, mot pour mot
- Alors pourquoi la tradition en a fait des rois
- Que signifie le mot Épiphanie
- Or, encens et myrrhe : ce que les présents veulent dire
- L'étoile des mages
- La date de l'Épiphanie : le 6 janvier, ou le dimanche
- La galette des rois et la fève
- 20 * C + M + B + 26 : la craie bénie sur le linteau
- Les reliques des mages à Cologne
- Questions fréquentes
- Ce qu'il faut retenir, et ce qu'on peut en faire
- Sources
En bref
- Matthieu 2 ne dit jamais qu'ils sont trois. Le texte liturgique ne contient pas une seule fois le mot « trois ». Le nombre vient des trois présents, pas des personnes.
- Matthieu 2 ne les appelle jamais rois. Le mot « roi » apparaît quatre fois dans le chapitre : trois fois pour Hérode, une fois pour le titre donné à l'enfant. Jamais pour les mages.
- Gaspard, Melchior et Balthazar ne figurent dans aucun verset. Ces noms viennent de la tradition. Le Catéchisme lui-même, quand il traite l'Épiphanie, écrit « mages » entre guillemets et ne cite aucun nom.
- Épiphanie veut dire manifestation. Du grec epiphaneia, apparition. La fête ne célèbre pas d'abord des visiteurs, elle célèbre Dieu qui se montre aux nations.
- Le 6 janvier reste la date de la fête, mais en France elle est reportée au dimanche entre le 2 et le 8 janvier. Cet usage français est documenté depuis 1802.
Vous avez chanté « Les rois mages » toute votre enfance et vous voudriez savoir où leurs noms sont écrits dans la Bible ? Vous cherchez le verset qui dit qu'ils étaient trois, et vous ne le trouvez pas ? Vous vous demandez pourquoi votre paroisse fête l'Épiphanie un dimanche alors que le calendrier imprime le 6 janvier ?
Voici la réponse en une phrase : l'Évangile de Matthieu parle de « mages venus d'Orient », sans dire combien ils sont, sans les appeler rois et sans leur donner de nom. Tout le reste, le nombre, les couronnes, Gaspard, Melchior et Balthazar, vient de la tradition chrétienne, et cette tradition a ses raisons.
Nous reprenons le chapitre verset par verset dans la traduction liturgique officielle, celle que vous entendez à la messe. Vous saurez exactement ce que le texte dit, ce qu'il ne dit pas, et d'où viennent les ajouts. Vous repartirez aussi avec la règle de la date, le sens des trois présents, l'histoire de la craie bénie sur les portes et celle des reliques de Cologne. Rien d'inventé, rien de forcé : les faits, et l'aveu franc quand une source manque.
Ce que Matthieu 2 dit, mot pour mot
Un seul évangile raconte cette visite. Marc, Luc et Jean n'en parlent pas. Chez Matthieu, elle occupe douze versets au début du chapitre 2, et ces douze versets sont la totalité de la matière biblique disponible sur les mages. Tout ce qui n'y est pas vient d'ailleurs.
Voici le point de départ, dans la traduction liturgique officielle du chapitre : « Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem. »
Des mages, et le mot a un sens
Le texte dit « des mages ». Il ne dit pas des savants, ni des astrologues, ni des sages, ni des rois : il garde un mot technique venu de l'Orient, que la traduction liturgique ne cherche pas à lisser. Le Catéchisme de l'Église catholique est si prudent sur ce terme qu'il le met entre guillemets. Quand il traite l'Épiphanie, il écrit que la fête « célèbre l'adoration de Jésus par des "mages" venus d'Orient », et il précise aussitôt ce que l'Église lit dans cette figure : des représentants des religions païennes environnantes, et « les prémices des nations qui accueillent la Bonne Nouvelle du salut ».
Autrement dit, ce qui compte dans le récit n'est pas leur métier ni leur rang social. C'est qu'ils viennent du dehors. Ce sont les premiers non-juifs à se prosterner devant le Christ, et c'est pour cela que l'Église appelle l'Épiphanie une fête missionnaire.
Le texte ne dit pas qu'ils sont trois
Lisez le chapitre entier : vous n'y trouverez aucun nombre. Ni trois, ni deux, ni douze. Le mot « trois » n'apparaît pas une seule fois dans les douze versets, et aucun autre chiffre ne vient le remplacer.
D'où vient alors le trois ? Des cadeaux. Le verset 11 énumère trois présents, « de l'or, de l'encens et de la myrrhe », et la tradition a fait correspondre un donateur à chaque don. Le raisonnement est compréhensible, il n'est simplement pas dans le texte. Un homme peut porter trois coffrets, dix hommes peuvent en porter trois aussi.
C'est aussi pourquoi la question « qui sont les 4 rois mages » revient si souvent : des récits plus tardifs ont ajouté un quatrième personnage. Du point de vue de l'Écriture, quatre n'est ni plus ni moins fondé que trois, puisque le texte ne compte pas.
Le texte ne les appelle jamais rois
Celui-là se vérifie en comptant. Le mot « roi » revient quatre fois dans le chapitre, et voici où : « au temps du roi Hérode le Grand » (v. 1), « où est le roi des Juifs qui vient de naître » (v. 2), « le roi Hérode fut bouleversé » (v. 3), « après avoir entendu le roi, ils partirent » (v. 9).
Trois occurrences désignent Hérode, la quatrième est le titre que les mages viennent reconnaître à l'enfant. Aucune ne s'applique aux visiteurs. Le seul roi de la scène est celui qui va faire tuer les enfants de Bethléem, et le seul autre roi nommé est le nouveau-né qu'il cherche.
Le renversement est voulu par Matthieu : des étrangers sans couronne reconnaissent un roi que le roi en place veut supprimer. Faire des mages des rois atténue justement ce contraste.
Gaspard, Melchior et Balthazar ne sont pas dans la Bible
Aucun des trois noms ne figure dans le chapitre. Pas une fois. Ces noms ne viennent pas de l'Écriture, ils viennent de la tradition chrétienne, et l'Église ne prétend pas le contraire.
Ce n'est pas un reproche fait à la tradition. Les fiches de bénédiction des maisons publiées par des paroisses françaises donnent les trois noms sans détour, sous la forme Gaspar ou Caspar, Melchior et Baltazar, et les utilisent depuis des siècles comme support de prière. Simplement, quand on vous demande « où est-ce écrit », la réponse honnête est : nulle part dans la Bible.
Le signe le plus clair reste celui du Magistère. Le Catéchisme traite l'Épiphanie dans un paragraphe entier, il cite Matthieu quatre fois, il cite le Livre des Nombres, l'Apocalypse, saint Léon le Grand, et il ne donne aucun nom, aucun nombre et aucun titre royal. Sur ce point, le texte officiel est plus sobre que la crèche de votre salon.
Et ils n'arrivent pas dans une étable
Celui-là surprend souvent, et il est dans le texte : « Ils entrèrent dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère. » Une maison, pas une étable, et un enfant, pas un nouveau-né. Le verset 16 va dans le même sens, puisque Hérode fait tuer les enfants « jusqu'à l'âge de deux ans », « d'après la date qu'il s'était fait préciser par les mages ».
La crèche réunit donc deux scènes que l'Évangile raconte séparément, la naissance chez Luc et la visite des mages chez Matthieu. Cela n'enlève rien à la crèche, qui est une catéchèse en volume et non un procès-verbal. Si vous voulez savoir ce que les chrétiens font du 25 décembre lui-même, nous l'avons détaillé dans ce que font les chrétiens le jour de Noël.
Alors pourquoi la tradition en a fait des rois
Parce que la liturgie lit Matthieu avec l'Ancien Testament dans l'autre main. Et dans l'Ancien Testament, il y a des rois qui apportent des présents.
Le psaume chanté à la messe de l'Épiphanie est le psaume 71 selon la numérotation liturgique, le 72 selon l'autre numérotation courante. Les versets retenus sont précisément les versets 10 et 11 : « Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande. Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront. »
Le mot roi n'est donc pas sorti de nulle part : il est dans le psaume de la fête, pas dans l'évangile de la fête. Le calendrier liturgique français, l'Ordo publié chaque année par la Conférence des évêques de France, indique bien ces versets 10 et 11 comme psaume du jour.
Le second texte est Isaïe 60, lu en première lecture : « Tous les gens de Saba viendront, apportant l'or et l'encens. » Notez ce détail, il est instructif : la prophétie annonce deux des trois présents, l'or et l'encens. La myrrhe n'y est pas. Elle est l'ajout propre à Matthieu, et nous verrons plus loin ce que la liturgie y lit.
Il faut retenir la mécanique, parce qu'elle explique presque tous les écarts entre la Bible et la crèche : la tradition n'a pas inventé, elle a superposé. Elle a lu Matthieu à travers le psaume, et des mages sont devenus des rois.
Que signifie le mot Épiphanie
Le mot est grec. Le Dictionnaire de liturgie publié par le service liturgique de la Conférence des évêques de France le décompose ainsi : epiphaneia, « apparition », du verbe epiphainein, « paraître ou briller sur ». En français d'Église, on traduit par manifestation.
Ce que la fête manifeste, le Catéchisme le dit en une ligne : l'Épiphanie est « la manifestation de Jésus comme Messie d'Israël, Fils de Dieu et Sauveur du monde ». Le sujet de la fête n'est donc pas la caravane, c'est Dieu qui se laisse voir.
Et il se laisse voir trois fois. La même source, comme le Catéchisme, rappelle que l'office du jour parle des trois mystères de l'Épiphanie comme n'en faisant qu'un seul : l'adoration des mages, le baptême de Jésus au Jourdain, et les noces de Cana. Le texte de référence ajoute une remarque honnête, que nous reprenons telle quelle : « il faut dire cependant que les Mages retiennent presque toute l'attention ».
Ce triple objet explique un fait souvent mal compris : en Orient, le 6 janvier est d'abord la fête du baptême du Christ, fête des lumières et fête de l'eau, bien plus qu'une célébration de l'enfance de Jésus. Le troisième mystère, Cana, est aussi le premier signe public du Christ, et nous l'avons replacé dans la série des miracles de Jésus.
Or, encens et myrrhe : ce que les présents veulent dire
Les trois présents sont nommés au verset 11, et ils sont la seule chose que le texte compte vraiment : « Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. »
La lecture traditionnelle de ces trois dons n'est pas une invention de blog. Elle est portée par une antienne de la liturgie de l'Épiphanie, que reprennent les fiches paroissiales de bénédiction des maisons : « ouvrant leurs trésors, ils offrirent des biens précieux : de l'or pour le grand Roi, de l'encens pour le vrai Dieu, de la myrrhe pour sa sépulture ».
| Présent | Ce que la liturgie y lit | Ce que c'est, concrètement |
|---|---|---|
| L'or | Le roi. Le métal du tribut et des couronnes, offert à celui que les mages viennent appeler roi des Juifs | Le métal précieux par excellence, déjà annoncé par Isaïe 60, 6 |
| L'encens | Le vrai Dieu. La résine qu'on brûle devant Dieu seul, donc une reconnaissance de divinité | Une résine aromatique brûlée en grains, encore utilisée à la messe |
| La myrrhe | La sépulture. Le parfum des corps embaumés, donc l'annonce d'une mort réelle | Une gomme-résine amère, employée pour les onctions et les ensevelissements |
Le troisième don est le plus dur, et c'est celui que les prophètes n'avaient pas annoncé. Isaïe promettait l'or et l'encens ; Matthieu ajoute la myrrhe. Dans le berceau, la liturgie met donc déjà un parfum d'ensevelissement, et la fête de la manifestation regarde la Passion.
Deux prolongements concrets si le sujet vous intéresse. Sur l'encens, son origine et le sens du geste dans la liturgie, tout est dans notre article sur l'encensoir d'église. Sur l'or, si vous vous demandez ce que veulent dire les mentions « doré », « plaqué or » et « vermeil » quand vous achetez un bijou, nous avons écrit le comparatif honnête : doré, plaqué or ou vermeil.
L'étoile des mages
L'étoile apparaît trois fois dans le récit, et toujours comme un signe, jamais comme un phénomène expliqué. Au verset 2 : « Nous avons vu son étoile à l'orient. » Au verset 9 : « l'étoile qu'ils avaient vue à l'orient les précédait, jusqu'à ce qu'elle vienne s'arrêter au-dessus de l'endroit où se trouvait l'enfant ». Au verset 10 : « Quand ils virent l'étoile, ils se réjouirent d'une très grande joie. »
Le Catéchisme ne cherche pas à identifier un astre. Il renvoie à une prophétie : les mages cherchent en Israël, dit-il, « à la lumière messianique de l'étoile de David », en citant le Livre des Nombres. Le verset en question, Nombres 24, 17, annonce dans la traduction liturgique : « Un astre se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse, issu d'Israël. »
Pour la liturgie, l'étoile de l'Épiphanie est donc d'abord l'accomplissement d'un oracle, pas un objet d'astronomie. Les hypothèses scientifiques, conjonction de planètes, comète, nova, sont nombreuses et respectables, mais aucune ne fait l'objet d'un enseignement de l'Église, et nous n'en défendrons donc aucune ici.
La date de l'Épiphanie : le 6 janvier, ou le dimanche
La fête est fixée au 6 janvier, et elle l'est depuis l'Orient. La règle complète, telle que la formule la source liturgique officielle, est celle-ci : en Occident, l'Épiphanie est fixée au 6 janvier ou au dimanche situé entre le 2 et le 8 janvier. Le calendrier liturgique français la cite avec sa référence, les Normes universelles de l'année liturgique, et précise : « En France et dans la plupart des pays francophones, l'Épiphanie est célébrée le dimanche entre le 2 et le 8 janvier. »
La condition qui déclenche le report est simple : elle s'applique là où le 6 janvier n'est pas un jour de fête d'obligation, donc là où ce n'est pas un jour chômé. C'est le cas de la France, et le motif donné par l'Église est pastoral, « afin que le plus grand nombre des fidèles puissent la commémorer ».
Cet usage français a une date et un document. Le diocèse de Paris indique que l'Épiphanie est célébrée le dimanche en France depuis 1802, en citant l'Indult pour la réduction des fêtes du cardinal Caprara, qui écrit que la fête se célébrera désormais « par-tout le Dimanche ». Le Lectionnaire romain publié après le concile Vatican II la place au « Dimanche après le 1er janvier », avec cette note : « Dans les pays où le 6 janvier n'est pas fête de précepte ».
| Année | Le 6 janvier tombe un | Date célébrée en France |
|---|---|---|
| 2026 | mardi | dimanche 4 janvier |
| 2027 | mercredi | dimanche 3 janvier |
| 2028 | jeudi | dimanche 2 janvier |
Pour vérifier vous-même une année donnée, la règle suffit : prenez le dimanche qui tombe entre le 2 et le 8 janvier, il n'y en a qu'un. Une précision utile si vous suivez le calendrier de près : quand ce dimanche tombe le 7 ou le 8 janvier, la fête du Baptême du Seigneur, qui clôt le temps de Noël, est reportée au lundi suivant.
Et non, le 6 janvier n'est pas férié en France, ce qui est exactement la raison du report. Dans d'autres pays, la fête reste au 6 janvier et c'est un jour chômé : en Espagne, c'est même le jour où les enfants reçoivent leurs cadeaux.
La galette des rois et la fève
Voici ce qui est attesté par l'Église catholique en France, et nous nous en tenons là. La tradition veut que ce jour-là on partage un gâteau, le plus souvent une galette à la frangipane, dans lequel une fève est cachée. La galette est découpée, parfois avec une part de plus pour le pauvre ou l'étranger. Elle est ensuite distribuée par un enfant placé sous la table, ou les yeux fermés, qui nomme les convives au fur et à mesure. Celui qui trouve la fève devient roi, reçoit une couronne et choisit sa reine, ou l'inverse.
Rien de tout cela n'est un rite liturgique. C'est une coutume de famille greffée sur la fête, et les sources d'Église la présentent comme telle, sans lui donner de rang dans la célébration. La part réservée au pauvre est la seule qui porte une charge clairement chrétienne : elle fait de la galette un geste d'hospitalité.
Sur l'origine, soyons francs. Vous lirez presque partout que la galette descend des Saturnales romaines, où un roi du banquet était désigné par le sort. Nous ne l'affirmons pas : aucune des sources d'autorité que nous avons vérifiées pour cet article, ni la Conférence des évêques de France, ni le diocèse de Paris, ni la documentation liturgique, ne l'atteste. La filiation est plausible et souvent répétée, elle reste une hypothèse, et nous préférons vous dire ce que nous savons plutôt que ce qui se recopie.
Ailleurs, la fête prend d'autres formes que la galette, toujours selon la même source : à Venise, les gondoliers défilent déguisés en sorcières, et en Allemagne, des enfants déguisés en rois mages font du porte-à-porte pour bénir les maisons. Ce dernier usage nous amène à la tradition suivante, qui est beaucoup moins connue en France.
20 * C + M + B + 26 : la craie bénie sur le linteau
Si vous avez déjà vu cette suite de signes tracée à la craie au-dessus d'une porte d'entrée, vous avez vu une bénédiction de l'Épiphanie. La coutume est documentée par des fiches paroissiales françaises, par exemple dans le diocèse de Bayeux et Lisieux, qui la décrivent ainsi : après avoir aspergé les murs d'eau bénite, le prêtre inscrit sur le linteau de la porte principale, avec une craie bénie pour l'occasion, le millésime de l'année nouvelle entouré des initiales C, M et B.
Chaque élément compte, et les lettres ont deux lectures que la même fiche donne ensemble :
- Les chiffres encadrent l'année en cours, 20 au début et 26 à la fin pour l'année 2026.
- Les lettres sont les initiales des trois noms de la tradition, Caspar ou Gaspar, Melchior et Baltazar.
- Elles sont aussi l'abréviation d'une phrase latine, Christus mansionem benedicat, que la fiche traduit par « Que le Seigneur bénisse cette maison ».
- Les croix représentent la protection du Précieux Sang du Christ, et l'étoile placée au début rappelle l'étoile de Bethléem.
Le motif de cette inscription est domestique et très concret : elle est tracée au-dessus de la porte d'entrée afin que tous ceux qui entrent et sortent pendant l'année reçoivent la bénédiction de Dieu. C'est la fête de la manifestation ramenée à la taille d'une maison.
Si l'idée de faire bénir quelque chose vous parle, la logique est la même pour un objet porté : nous avons expliqué qui peut bénir, comment le demander et ce que cela change dans peut-on faire bénir un bijou, une croix ou un chapelet.
Les reliques des mages à Cologne
La cathédrale de Cologne abrite une châsse présentée comme contenant les reliques des mages, et c'est un pape qui l'a rappelé le plus simplement. À Cologne, le 18 août 2005, Benoît XVI a dit être venu se recueillir « quelques instants en prière devant le reliquaire des trois Rois Mages », et a ajouté cette phrase sur la ville : « La ville de Cologne ne serait pas ce qu'elle est sans les Rois Mages, qui ont tant de poids dans son histoire, dans sa culture et dans sa foi. »
Le même discours donne l'itinéraire : parties de Milan en 1164, les reliques ont été escortées par l'archevêque de Cologne, Reinald von Dassel, et ont franchi les Alpes. C'est ce transfert qui a fait de Cologne un des grands lieux de pèlerinage de l'Occident médiéval, et qui explique la place des mages dans l'identité de la ville.
Deux précautions d'honnêteté. Premièrement, l'Église ne se prononce pas sur l'authenticité matérielle de ces ossements, et nous ne le ferons pas davantage. Deuxièmement, la phrase du pape parle des « trois Rois Mages » : l'usage traditionnel est bien celui de l'Église, même quand le texte de l'Évangile, lui, ne compte ni ne couronne personne. Dire que le nombre et les titres ne sont pas bibliques n'est pas dire que la tradition serait illégitime. Ce sont deux registres, et le travail consiste à ne pas les confondre.
Questions fréquentes
Quels sont les trois noms des rois mages ?
La tradition chrétienne les appelle Gaspard (ou Caspar), Melchior et Balthazar, et ces trois noms sont utilisés par des documents paroissiaux, notamment pour la bénédiction des maisons à la craie. Aucun des trois ne figure dans la Bible. Matthieu 2 parle uniquement de « mages venus d'Orient », et le Catéchisme de l'Église catholique, qui consacre un paragraphe entier à l'Épiphanie, n'en cite aucun.
Quels sont les 3 cadeaux des rois mages ?
Le verset 11 les nomme dans cet ordre : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Ce sont les seuls éléments que le texte compte vraiment, et c'est de là que vient le nombre trois appliqué aux personnes. Une antienne de la fête donne leur lecture traditionnelle : l'or pour le grand Roi, l'encens pour le vrai Dieu, la myrrhe pour sa sépulture.
Qui sont les 4 rois mages ?
L'Évangile ne donne aucun nombre, donc quatre n'a ni plus ni moins de fondement biblique que trois. Des récits postérieurs ont ajouté un quatrième personnage, arrivé trop tard ou retenu en route selon les versions. Ce sont des développements de la tradition littéraire, pas des versets, et nous ne leur attribuons ici aucune autorité.
Pourquoi l'Épiphanie le 6 janvier ?
Parce que la fête est venue d'Orient, où elle a été fixée à cette date, et qu'elle a été adoptée en Occident au cours des premiers siècles. Le 6 janvier reste la date de la solennité. Là où ce jour n'est pas une fête d'obligation, donc là où il n'est pas chômé, l'Église autorise son report au dimanche situé entre le 2 et le 8 janvier. En France, cet usage du dimanche est documenté depuis 1802.
Quelle est l'origine de la tradition de la galette des rois ?
Ce qui est attesté par l'Église catholique en France, c'est la coutume elle-même : un gâteau partagé ce jour-là, une fève cachée, une part parfois réservée au pauvre ou à l'étranger, un enfant sous la table qui nomme les convives, une couronne pour celui qui trouve la fève. La filiation avec les Saturnales romaines, que l'on lit partout, n'est attestée par aucune source d'Église que nous avons vérifiée, et nous la présentons donc comme une hypothèse et non comme un fait.
Quelle est l'étoile qui a guidée les rois mages ?
Le texte dit seulement « son étoile », vue à l'orient, qui précède les mages puis s'arrête au-dessus du lieu où se trouve l'enfant. Le Catéchisme n'identifie aucun astre : il lit cette étoile comme l'accomplissement de la prophétie de Nombres 24, 17, « un astre se lève, issu de Jacob ». Les hypothèses astronomiques existent, aucune ne relève de l'enseignement de l'Église.
Ce qu'il faut retenir, et ce qu'on peut en faire
Les deux promesses du début sont tenues. Le texte, d'abord : Matthieu 2 parle de mages venus d'Orient, sans dire combien ils sont, sans les appeler rois et sans leur donner de nom, et les quatre occurrences du mot roi dans le chapitre désignent Hérode ou l'enfant, jamais les visiteurs. La tradition, ensuite : le nombre vient des trois présents, les couronnes viennent du psaume 71 chanté à la messe du jour, les noms viennent d'un usage ancien que l'Église porte sans jamais prétendre qu'il soit biblique.
Reste le sens, et il est plus grand que le décor. Épiphanie veut dire manifestation. La fête célèbre Dieu qui se montre aux nations, et des étrangers qui se mettent en route sur un signe. C'est pour cela que l'Église en fait une fête missionnaire, et pour cela que la coutume de la craie sur le linteau, Christus mansionem benedicat, prolonge si bien la fête : ce qui s'est manifesté à Bethléem, on demande qu'il habite la maison.
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Sources
- AELF, Évangile selon saint Matthieu, chapitre 2 : le texte liturgique officiel du récit. Des mages venus d'Orient (v. 1), le roi des Juifs qui vient de naître (v. 2), l'étoile qui précède (v. 9), la maison et l'enfant avec Marie sa mère (v. 11), l'or, l'encens et la myrrhe (v. 11), le retour par un autre chemin (v. 12). Ni nombre, ni titre royal, ni nom.
- Catéchisme de l'Église catholique, n. 528 : l'Épiphanie comme manifestation de Jésus Messie, Fils de Dieu et Sauveur du monde, l'adoration par des « mages » venus d'Orient, le renvoi à l'étoile messianique de Nombres 24, 17, et les trois mystères du jour.
- Liturgie et Sacrements, Conférence des évêques de France, entrée « Épiphanie » : l'étymologie grecque, la fête venue d'Orient et fixée au 6 janvier, le report au dimanche situé entre le 2 et le 8 janvier, et les trois mystères n'en faisant qu'un.
- Diocèse de Paris, « Épiphanie » : la célébration au dimanche en France depuis 1802, l'Indult pour la réduction des fêtes du cardinal Caprara, et la note du Lectionnaire romain sur les pays où le 6 janvier n'est pas fête de précepte.
- Benoît XVI, discours à la cathédrale de Cologne, 18 août 2005 : la prière devant le reliquaire des trois Rois Mages, et les reliques parties de Milan en 1164, escortées par l'archevêque Reinald von Dassel.
Deux sources supplémentaires sont citées en clair dans l'article, sans lien : l'Ordo 2026-2027 publié par la Conférence des évêques de France, pour le psaume 71 (72), 10-11 à la messe de l'Épiphanie, la règle du dimanche entre le 2 et le 8 janvier et le report du Baptême du Seigneur ; et la fiche « La bénédiction des maisons à l'Épiphanie » publiée par une paroisse du diocèse de Bayeux et Lisieux, pour l'antienne des trois présents et pour le détail de l'inscription à la craie.
Nos sources
- AELF, Évangile selon saint Matthieu, chapitre 2 : des mages venus d'Orient arrivent à Jérusalem (v. 1), ils cherchent le roi des Juifs qui vient de naître (v. 2), l'étoile les précède (v. 9), ils entrent dans la maison et voient l'enfant avec Marie sa mère (v. 11), ils offrent l'or, l'encens et la myrrhe (v. 11), ils repartent par un autre chemin (v. 12). Le texte ne donne ni nombre, ni titre royal, ni nom (nouvelle fenêtre) Écriture sainte, traduction liturgique
- Catéchisme de l'Église catholique, n. 528 : l'Épiphanie est la manifestation de Jésus comme Messie d'Israël, Fils de Dieu et Sauveur du monde ; elle célèbre l'adoration de Jésus par des mages venus d'Orient, le mot mages étant mis entre guillemets et aucun nom n'étant cité ; elle est lue avec le Baptême au Jourdain et les noces de Cana (nouvelle fenêtre) Magistère
- Liturgie et Sacrements (CEF), entrée Épiphanie du Dictionnaire de liturgie de Dom Robert Le Gall : étymologie grecque epiphaneia, apparition ; fête venue d'Orient et fixée au 6 janvier ; en Occident fixée au 6 janvier ou au dimanche situé entre le 2 et le 8 janvier ; les trois mystères du jour n'en font qu'un (nouvelle fenêtre) Église officielle, Conférence des évêques de France
- Diocèse de Paris, page Épiphanie : en France l'Épiphanie est célébrée le dimanche depuis 1802, selon l'Indult pour la réduction des fêtes du cardinal Caprara, et le Lectionnaire romain la place au dimanche après le 1er janvier dans les pays où le 6 janvier n'est pas fête de précepte (nouvelle fenêtre) Église officielle, diocèse de Paris
- Benoît XVI, discours à la cathédrale de Cologne, 18 août 2005 : le pape se recueille devant le reliquaire des trois Rois Mages, et rappelle que les reliques sont parties de Milan en 1164, escortées par l'archevêque de Cologne Reinald von Dassel, et ont franchi les Alpes (nouvelle fenêtre) Magistère, Saint-Siège
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