Doré, plaqué or ou vermeil : les vraies différences

Mis à jour le 9 min de lecture

Bague croix dorée posée sur fond clair, illustrant la finition dorée d'un bijou chrétien
Sommaire
  1. Trois mots, trois réalités
  2. Ce que la loi impose, en un tableau
  3. Pourquoi « doré » n'est pas un défaut
  4. Combien de temps une dorure tient-elle vraiment
  5. Le cas du bijou religieux, qui ne se porte pas comme un autre
  6. Le bijou que l'on offre pour durer
  7. Les gestes qui doublent la durée de vie d'une dorure
  8. Lire une fiche produit sans se tromper
  9. Alors, que choisir

En bref

  • « Doré », « plaqué or » et « vermeil » ne sont pas trois façons de dire la même chose : ce sont trois mentions encadrées par la loi française, et elles ne recouvrent pas la même épaisseur d'or.
  • Le plaqué or exige au moins 3 microns d'or, le vermeil au moins 5 microns d'or à 750 millièmes sur de l'argent massif. En dessous, la mention légale est « doré ».
  • Un bijou doré n'est pas un bijou raté : c'est une finition qui se dit honnêtement, et qui tient très bien si on la porte en la ménageant.
  • Ce qui use une dorure, ce n'est pas le temps, c'est le frottement, la sueur, les parfums et l'eau chlorée.
  • Sur un bijou religieux porté chaque jour sous un col, la vraie question n'est pas l'épaisseur annoncée, c'est le nombre d'heures de frottement.

Vous regardez deux colliers croix qui se ressemblent. L'un est annoncé « doré », l'autre « plaqué or », et il coûte le double. Vous vous demandez si la différence est réelle ou si c'est un mot de vendeur.

La différence est réelle, et elle est écrite dans la loi. En France, un fabricant n'a pas le droit d'écrire « plaqué or » sur un bijou qui ne porte pas au moins trois microns d'or. S'il en met moins, il doit écrire « doré ». Les deux mots décrivent le même geste — déposer de l'or sur un autre métal — mais pas la même quantité d'or.

Cet article vous donne les seuils exacts, leur source, et surtout ce qu'ils changent pour un bijou que l'on porte tous les jours.

Trois mots, trois réalités

Doré

« Doré » est la mention honnête quand la couche d'or est trop fine pour prétendre à une appellation réglementée. La dorure est déposée par électrolyse ou par un procédé sous vide, souvent sur de l'acier inoxydable ou du laiton. L'épaisseur se compte en fractions de micron.

C'est la finition la plus répandue dans la bijouterie accessible, et c'est aussi celle qui souffre le plus des raccourcis de langage : beaucoup de sites écrivent « plaqué or » pour un bijou simplement doré. La mention exacte est un premier indice de sérieux.

Plaqué or

L'appellation est verrouillée par deux textes. L'article L832-7 du Code de commerce pose la règle de composition : « Seuls peuvent bénéficier des appellations "plaqué", "doublé" ou "métal argenté" les ouvrages recouverts de métal précieux dont le titre est supérieur ou égal à 500 millièmes. » Le décret du 16 juillet 1984 fixe l'épaisseur : 3 microns pour les ouvrages en or, 5 microns pour l'horlogerie.

Trois microns, c'est trois millièmes de millimètre. Cela paraît dérisoire, et pourtant l'écart avec une dorure classique se compte en années d'usage.

Vermeil

Le vermeil est le seul des trois à imposer aussi la nature du métal en dessous. L'article L832-8 est explicite : « Seuls peuvent bénéficier de l'appellation "Vermeil" les ouvrages en argent à un titre légal recouverts d'une couche d'or dont le titre est supérieur ou égal à 750 millièmes. » Le décret ajoute que la couche d'or « doit atteindre 5 microns ».

Autrement dit : de l'argent massif dessous, de l'or à 18 carats dessus, et cinq microns d'épaisseur. C'est ce qui explique son prix, et sa durée de vie.

Ce que la loi impose, en un tableau

Mention Métal support Titre de l'or Épaisseur minimale
Doré libre non encadré aucun seuil légal
Plaqué or libre ≥ 500 millièmes 3 microns
Vermeil argent à titre légal ≥ 750 millièmes 5 microns
Métal argenté libre ≥ 500 millièmes (argent) 10 microns

Les titres légaux de l'argent, eux, sont au nombre de trois : 999, 925 et 800 millièmes. C'est pourquoi vous lisez « argent 925 » et jamais « argent 900 ».

Pourquoi « doré » n'est pas un défaut

Un bijou doré correctement fabriqué sur une base d'acier inoxydable a deux qualités que le plaqué or sur laiton n'a pas toujours : il ne verdit pas la peau, et si la dorure s'atténue, ce qui apparaît dessous reste un métal stable et neutre.

C'est l'inverse d'un plaqué or posé sur un alliage bon marché : l'or tient plus longtemps, mais le jour où il cède, le métal exposé s'oxyde et peut marquer la peau.

La bonne question n'est donc pas « doré ou plaqué ? » mais « doré sur quoi ? ». Une dorure sur acier inoxydable 316L vieillit mieux qu'un plaquage sur un support médiocre.

Combien de temps une dorure tient-elle vraiment

Aucune marque sérieuse ne peut donner une durée en années, parce que la durée ne dépend pas du bijou seul. Elle dépend de quatre facteurs, par ordre d'importance.

Le frottement. C'est de loin le premier. Une bague frotte contre tout ce que la main touche ; un pendentif ne frotte que contre un col. À épaisseur égale, une bague dorée s'use plusieurs fois plus vite qu'un pendentif doré.

La sueur. Elle est légèrement acide et sa composition varie d'une personne à l'autre. Deux personnes portant le même collier n'obtiennent pas le même résultat au bout d'un an, et cela n'a rien à voir avec le soin qu'elles en prennent.

Les produits. Parfum, laque, crème, gel hydroalcoolique : tout ce qui contient de l'alcool attaque la couche superficielle. Le réflexe qui change tout est de mettre le bijou en dernier, après s'être habillé et parfumé.

L'eau chlorée et l'eau de mer. Le chlore est le seul facteur qui peut abîmer une dorure en une seule exposition prolongée.

Le cas du bijou religieux, qui ne se porte pas comme un autre

Les guides de bijouterie raisonnent sur un bijou que l'on met le matin et que l'on retire le soir. Une croix de baptême ou une médaille de saint patron se portent autrement : en permanence, sous le vêtement, pendant des années. Cela change deux choses.

D'abord, le contact avec la peau est continu, donc l'exposition à la sueur l'est aussi. C'est le régime le plus exigeant pour une dorure.

Ensuite, le frottement est constant mais doux : le pendentif bouge contre le tissu, rarement contre une surface dure. En pratique, une médaille portée jour et nuit sous un col s'use souvent moins vite qu'une bague portée seulement en journée.

La conséquence pratique : pour un bijou de dévotion porté au quotidien, la chaîne s'use avant le pendentif. C'est elle qu'il faut surveiller, et c'est elle qu'on remplace, pas la médaille.

Le bijou que l'on offre pour durer

Un cadeau de baptême ou de première communion pose une question différente : l'objet doit traverser l'enfance, parfois être transmis. Trois principes tiennent.

Un bijou destiné à être gardé longtemps mais peu porté (rangé après la cérémonie, ressorti aux occasions) ne subit presque aucune usure : la finition compte peu, c'est la qualité du dessin et du métal support qui décide.

Un bijou destiné à être porté tous les jours par un enfant subit tout l'inverse. Là, l'argent massif ou l'acier inoxydable rendent plus de services qu'une dorure, parce qu'ils ne peuvent pas s'user en surface : leur couleur est celle de leur masse. Le choix entre les deux est détaillé dans notre comparatif acier ou argent pour un bijou porté tous les jours.

Un bijou destiné à être transmis gagne à être en argent 925 : il se re-polit indéfiniment, là où une dorure ne se rattrape qu'en repassant chez un doreur.

Les gestes qui doublent la durée de vie d'une dorure

Ils sont peu nombreux et ils suffisent.

Mettre le bijou en dernier, après le parfum et la crème. Le retirer pour la douche, la piscine et la mer. L'essuyer avec un chiffon doux et sec après une journée de forte chaleur, pour retirer la sueur avant qu'elle ne sèche. Le ranger à plat, à l'abri de l'air, plutôt qu'en vrac avec d'autres bijoux qui le rayeront.

Et surtout : ne jamais frotter une dorure avec un chiffon à polir pour argent. Ces chiffons sont légèrement abrasifs — c'est leur principe — et sur une couche de quelques microns, ils enlèvent l'or au lieu de le raviver. Cette précaution est détaillée dans notre guide sur l'entretien d'un bijou en argent qui noircit, où la distinction entre les deux métaux est capitale.

Lire une fiche produit sans se tromper

Quatre réflexes permettent de savoir ce que l'on achète.

Cherchez le mot exact. « Doré » et « plaqué or » ne sont pas interchangeables. Un vendeur qui écrit « plaqué or » doit pouvoir justifier ses trois microns.

Cherchez le métal support. « Doré » seul ne dit rien. « Acier inoxydable doré » dit l'essentiel : ce qui est sous l'or est stable.

Méfiez-vous des microns absents. Un site qui revendique du plaqué or sans jamais donner d'épaisseur laisse une question ouverte.

Regardez si le vendeur assume le mot « doré ». C'est souvent le meilleur signe. Sur nos fiches, la finition est écrite telle qu'elle est : nos bijoux croix sont en acier inoxydable doré ou en argent 925, et la mention figure sur chaque page produit.

Alors, que choisir

Pour un port quotidien sous le vêtement, l'acier inoxydable doré est le meilleur rapport tenue-prix, à condition d'accepter que la dorure s'atténue avec les années.

Pour un bijou que l'on veut garder à vie ou transmettre, l'argent 925 est le choix juste : il se ternit, mais le ternissement se retire, alors qu'une dorure perdue ne revient pas.

Pour un cadeau de cérémonie destiné à être porté rarement, la finition importe peu : choisissez le dessin.

Nos colliers croix existent dans les deux matières, et nos médailles de saints également. Sur chaque fiche, la matière et la finition sont annoncées avant le prix — c'est la moindre des choses quand on vend un objet destiné à être porté toute une vie.

Questions fréquentes

Quelle différence entre doré et plaqué or ?
L'épaisseur d'or. « Plaqué or » exige au moins 3 microns d'or selon le décret du 16 juillet 1984. En dessous de ce seuil, la mention légale est « doré ». Les deux décrivent le même procédé, pas la même quantité d'or.
Le vermeil, c'est du plaqué or ?
Non. Le vermeil impose aussi le métal en dessous : de l'argent à un titre légal, recouvert d'or à 750 millièmes au minimum, sur 5 microns. Un plaqué or peut reposer sur n'importe quel métal.
Un bijou doré, ça tient combien de temps ?
Cela ne dépend pas d'une durée mais de l'usage. Le frottement est le premier facteur, devant la sueur, les parfums et l'eau chlorée. Une bague dorée s'use plusieurs fois plus vite qu'un pendentif doré porté sous un col.
Un bijou doré peut-il verdir la peau ?
Cela dépend du métal support, pas de la dorure. Sur de l'acier inoxydable, le métal exposé quand la dorure s'atténue reste stable et neutre. Sur un alliage bon marché, il peut s'oxyder et marquer la peau.
Peut-on nettoyer un bijou doré avec un chiffon à polir pour argent ?
Non. Ces chiffons sont légèrement abrasifs, c'est leur principe. Sur une couche de quelques microns, ils retirent l'or au lieu de le raviver. Un chiffon doux et sec suffit.

Doré ou argent : lequel pour votre usage ?

Trois questions pour savoir quelle matière convient à la façon dont vous porterez le bijou.

1/3 Vous le porterez…

    2/3 Ce bijou est…

      3/3 Ce qui vous gênerait le plus…

        Nos bijoux croix

        Acier inoxydable ou argent 925, livré dans son écrin.

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