Saint Antoine le Grand : 17 janvier, père des moines
Sommaire
- En bref
- La fête de saint Antoine le Grand : le 17 janvier
- Pourquoi 2 saints Antoine, et comment ne plus les confondre
- Le père des moines : une phrase d'Évangile, et tout change
- Quels sont les attributs de saint Antoine le Grand
- Porter un signe quand la médaille n'existe pas
- Questions fréquentes
- Un saint pour ce qui se décide en une phrase
- Sources
Vous cherchez la date de sa fête, et vous tombez sur une biographie. Vous voulez savoir à quoi on le reconnaît, et personne ne vous explique ce cochon à ses pieds. Et surtout, vous n'êtes pas sûr de parler du bon saint Antoine, parce qu'il y en a deux et que l'autre occupe toute la place.
Voici les trois réponses, tout de suite. Sa fête est le 17 janvier, en mémoire obligatoire au calendrier romain. On le reconnaît à un bâton en forme de T, le tau, et à un cochon portant une clochette au cou, et ces deux signes ont chacun une raison précise. Et non, ce n'est pas celui des objets perdus : celui du 17 janvier est le père des moines d'Égypte, mort en 356, pendant que l'autre est un franciscain du XIIIe siècle fêté le 13 juin.
Nous vous donnons aussi un fait que nous n'avons trouvé sur aucune page de cette recherche. En 2027, le 17 janvier tombe un dimanche, et sa mémoire n'est pas célébrée du tout. Ce n'est pas une opinion : le calendrier romain officiel des diocèses de France l'écrit noir sur blanc, et la liturgie du jour servie par l'AELF ne contient pas une seule fois le mot « Antoine ».
En bref
- Fête le 17 janvier, mémoire obligatoire au calendrier romain, sous le nom liturgique de « saint Antoine, abbé ».
- En 2027, le 17 janvier est un dimanche : l'ORDO écrit « On omet la mémoire », et l'AELF sert le 2e dimanche du Temps Ordinaire. Sa fête sautera donc cette année là.
- Ce n'est pas saint Antoine de Padoue, celui des objets perdus, fêté le 13 juin. Celui du 17 janvier est le père des moines d'Égypte, mort en 356.
- Ses deux attributs sont le tau et le cochon : le bâton des ermites en forme de T, et le porc élevé par l'ordre hospitalier des Antonins pour soigner l'ergotisme, appelé depuis « le feu de saint Antoine ».
- Il est patron des animaux : le jour de sa fête liturgique, on bénit les étables et les animaux domestiques.
La fête de saint Antoine le Grand : le 17 janvier
Le calendrier romain pour les diocèses de France, l'ORDO, inscrit saint Antoine au 17 janvier sous son nom liturgique : « S. Antoine, abbé ». Pas « le Grand », pas « l'ermite », pas « d'Égypte » : abbé. C'est déjà une information utile, parce que c'est sous ce nom là qu'il figure dans un missel ou sur une feuille de messe.
En face de cette ligne, l'ORDO écrit un mot : « Mémoire ». Et ce mot change tout, pour une raison que sa propre règle liminaire donne en note de bas de page : quand on n'indique pas le degré de célébration, il s'agit d'une mémoire facultative. Autrement dit, le degré n'est écrit que lorsqu'il y a quelque chose à préciser. Un saint dont la ligne porte le mot « Mémoire » est donc en mémoire obligatoire : elle se célèbre, elle ne se choisit pas.
La preuve se lit à quatre jours d'intervalle, sur la même page. Le 13 janvier 2027, l'ORDO écrit « Vert. De la Férie », puis « Ou bien, blanc : S. Hilaire, évêque et docteur de l'Église », et rien en marge. Ce « ou bien », sans degré en regard, est la forme typographique de la mémoire facultative. Au 17 janvier, il n'y a pas de « ou bien », et il y a le mot « Mémoire ».
| Date | Ce que l'ORDO écrit | Degré en marge | Ce que cela veut dire |
|---|---|---|---|
| 13 janvier | « Ou bien, blanc : S. Hilaire, évêque et docteur de l'Église » | rien | Mémoire facultative |
| 17 janvier | « S. Antoine, abbé », ornement blanc | « Mémoire » | Mémoire obligatoire |
| 20 janvier | « Ou bien, rouge : S. Fabien, pape et martyr » | rien | Mémoire facultative |
Le Martyrologe romain, le livre officiel qui recense les saints jour par jour, confirme le degré par ses premiers mots. Sa notice du 17 janvier commence exactement comme ceci : « Mémoire de saint Antoine, abbé. » Deux documents d'Église indépendants, le même verdict.
En 2027, le 17 janvier tombe un dimanche, et sa mémoire est omise
Voici le fait qui n'apparaît nulle part ailleurs, et qui compte si vous préparez une messe, une prière de famille ou une fête de prénom. Le 17 janvier 2027 est un dimanche. Et sur une mémoire, un dimanche gagne.
L'ORDO ne le laisse pas deviner, il l'imprime. À la date du 17 janvier, il écrit d'abord « 2e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE », puis, entre parenthèses, cette phrase : « S. Antoine, abbé. On omet la mémoire. » Les parenthèses sont le signe, et la mention « (Mémoire) » reste en marge, elle aussi entre parenthèses : le degré existe toujours, la célébration non.
Nous l'avons vérifié par un second chemin, sur la page de la messe du 17 janvier 2027 de l'AELF, qui publie la traduction liturgique officielle pour les pays francophones. Elle sert : « 2ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine II du Psautier), Année B ». Le mot « Antoine » n'y apparaît pas une seule fois, ni dans le calendrier romain, ni dans le calendrier propre de la France. Ce jour là, liturgiquement, il n'y a pas de saint Antoine.
Ce n'est pas une anomalie, et ce n'est pas une mise à l'écart. C'est la mécanique normale du calendrier, et elle revient souvent : dans cette seule année liturgique, l'ORDO écrit « On omet la mémoire » vingt sept fois. Janvier 2027 en concentre trois d'affilée, sur trois dimanches qui se suivent.
| Dimanche 2027 | Mémoire effacée | Ce que l'Église célèbre à la place |
|---|---|---|
| 17 janvier | S. Antoine, abbé | 2e dimanche du Temps Ordinaire |
| 24 janvier | S. François de Sales, évêque et docteur de l'Église | 3e dimanche du Temps Ordinaire |
| 31 janvier | S. Jean Bosco, prêtre | 4e dimanche du Temps Ordinaire |
L'ORDO explique pourquoi dans ses préliminaires, et la formule vaut d'être lue : pour les dimanches du temps ordinaire, « ce n'est qu'exceptionnellement qu'on pourra prendre le texte d'une autre messe ». Le dimanche n'est pas une case du calendrier parmi d'autres, c'est le jour du Seigneur, et il ne se cède pas à un saint. Si cette hiérarchie des jours vous intrigue, nous avons détaillé le découpage complet dans notre calendrier des saints, mois par mois.
Pour vos autres années, le repère est simple. En 2026, le 17 janvier était un samedi, et l'AELF servait bien « S. Antoine, Abbé, Mémoire » avec les lectures de la férie. En 2028, le 17 janvier tombe un lundi, donc une férie du temps ordinaire, et rien ne s'oppose alors à la mémoire. Seules les années où le 17 l'emporte sur un dimanche posent la question.
Ce que l'Église lit ce dimanche là, et la coïncidence vaut d'être dite
Si sa mémoire saute, les textes du jour restent, et ils sont consultables à l'avance. L'ORDO et l'AELF donnent les mêmes : première lecture 1 S 3, 3b-10.19, psaume 39 (40), deuxième lecture 1 Co 6, 13c-15a.17-20, Évangile Jn 1, 35-42.
Regardez les deux titres que l'AELF leur donne. La première lecture s'appelle « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » : c'est l'appel du jeune Samuel, réveillé trois fois dans la nuit par une voix qu'il ne reconnaît pas. Et l'Évangile s'appelle « Ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui » : c'est l'appel des premiers disciples, qui suivent Jésus sans savoir où ils vont.
Deux récits de vocation, le jour où disparaît du calendrier l'homme dont toute l'histoire tient en un appel entendu par hasard dans une église. C'est une coïncidence de calendrier, pas un signe, et nous ne vous raconterons pas le contraire : le lectionnaire dominical de l'année B tombe là, c'est tout. Mais pour une prière de famille un 17 janvier 2027, ces deux textes font très bien l'affaire.
Pourquoi 2 saints Antoine, et comment ne plus les confondre
C'est la question que Google pose le plus souvent sur ce nom, et elle est légitime : deux saints Antoine coexistent, séparés par neuf siècles, deux continents et deux dévotions qui n'ont aucun rapport. Celui que presque tout le monde connaît est le second.
| Antoine le Grand | Antoine de Padoue | |
|---|---|---|
| Fête | 17 janvier | 13 juin |
| Nom liturgique | S. Antoine, abbé | S. Antoine de Padoue, prêtre et docteur de l'Église |
| Époque et lieu | Égypte, mort en 356 | Né à Lisbonne vers 1195, mort près de Padoue le 13 juin 1231 |
| Ce qu'il est | Ermite, puis père des moines | Franciscain, prédicateur, docteur de l'Église depuis 1946 |
| Ce qu'on lui demande | Les animaux, les maladies de peau, le combat intérieur | Retrouver les objets perdus, depuis le XVIIe siècle |
| Comment on le reconnaît | Bâton en T, cochon à la clochette, barbe de vieillard | Habit franciscain, Enfant Jésus dans les bras, parfois un lys |
Le moyen mnémotechnique le plus simple est le calendrier : janvier pour l'Égyptien, juin pour l'Italien. Le second moyen est l'image : s'il y a un animal, c'est celui du 17 janvier ; s'il y a un enfant dans les bras, c'est celui du 13 juin. Si c'est bien le prédicateur italien que vous cherchiez, tout est dans notre article sur saint Antoine de Padoue et les objets perdus.
Une précision honnête au passage, parce qu'elle circule beaucoup. Antoine le Grand n'est pas le patron des voyageurs : celui que la tradition désigne pour la route et les trajets est saint Christophe, dont le nom même, Christophoros, veut dire « porte-Christ ». Les deux patronages sont régulièrement attribués au mauvais saint sur les pages marchandes.
Le père des moines : une phrase d'Évangile, et tout change
Son histoire ne commence pas dans un désert, elle commence dans une église, un jour ordinaire, pendant la lecture. Antoine était un jeune propriétaire terrien riche de Haute-Égypte, orphelin de ses deux parents, et la question de son salut le tourmentait. Il entre dans une église, et il entend l'Évangile du jeune homme riche.
La phrase qu'il entend, dans la traduction liturgique officielle de l'AELF, est celle-ci : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. » Elle se trouve au chapitre 19 de l'Évangile selon saint Matthieu.
Et voici ce qui fait de cette scène l'une des plus belles de l'histoire des saints. Dans l'Évangile, le jeune homme riche à qui cette phrase est adressée s'en va. Le verset suivant le dit sans ménagement : « À ces mots, le jeune homme s'en alla tout triste, car il avait de grands biens. » Antoine, lui, entend la même phrase, comprend qu'elle lui est adressée ce jour même, et fait ce que l'autre n'a pas fait : il distribue sa fortune aux pauvres. Il est, en quelque sorte, la réponse que l'Évangile n'avait pas reçue.
Une seconde lecture l'avait préparé, et les notices d'Église la mentionnent toujours : le récit de la première communauté chrétienne, aux Actes des Apôtres, où les croyants n'avaient « qu'un seul cœur et une seule âme » et où « personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun ». Il a vécu la seconde en obéissant à la première.
La Thébaïde et non Nitrie : une divergence à signaler
Sur le lieu de sa retraite, deux textes d'Église ne disent pas la même chose, et ils sont sur la même page. Le corps de la notice de Nominis, le site du sanctoral de l'Église en France, écrit qu'il se retire « dans le désert de Nitrie », en Basse-Égypte. Mais le Martyrologe romain, reproduit juste en dessous sur cette même notice, écrit qu'il « se retira dans la solitude de la Thébaïde en Égypte ».
Nous retenons la Thébaïde, pour deux raisons. La première est de principe : le Martyrologe romain est le livre officiel, il fait foi sur le corps d'une notice. La seconde est interne au texte lui-même : la notice ouvre en situant Antoine en Haute-Égypte, et la Thébaïde est précisément la Haute-Égypte, quand Nitrie est à l'autre bout du pays. C'est la propre première phrase de la notice qui tranche contre sa quatrième.
Le reste du Martyrologe tient en quatre faits qu'on peut écrire sans hésiter : il soutient les confesseurs de la foi pendant la persécution de Dioclétien, il aide saint Athanase contre les ariens, il a tellement de disciples qu'on l'appelle le père des moines, et il meurt en 356. Les notices françaises ajoutent qu'il s'éteint à cent cinq ans, après être descendu à Alexandrie soutenir la foi dans les controverses publiques. Un ermite qui quitte son désert pour aller défendre le concile de Nicée en ville : ce n'est pas l'image qu'on se fait d'un solitaire.
Ermite, anachorète, cénobite : les trois mots qu'on confond
Antoine est à cheval sur deux formes de vie, et c'est justement ce qui en fait le père des moines plutôt qu'un ermite de plus. Le glossaire officiel de l'Église catholique en France donne les trois définitions, et elles s'éclairent l'une l'autre.
| Mot | Ce qu'il désigne | Antoine |
|---|---|---|
| Ermite | Du latin eremus, le désert. Religieux retiré dans un lieu désert, qui voue sa vie à la louange de Dieu dans le silence et la solitude | Oui, pendant plus de vingt ans |
| Anachorète | Synonyme d'ermite. Celui qui choisit la solitude, la prière et les renoncements, à l'image du Christ se retirant au désert | Oui, c'est le même état sous un autre nom |
| Cénobite | Moine vivant en communauté, par différence avec l'ermite qui vit à l'écart | Pas lui, mais c'est lui qui organise la vie de ses disciples |
Ce qu'Antoine invente n'est ni l'un ni l'autre, c'est le passage de l'un à l'autre. Les notices d'Église le disent d'une formule exacte : pour les disciples venus le rejoindre, il organise une vie monastique en même temps qu'érémitique. C'est pour cela qu'on l'appelle le père des moines, et pas le premier ermite. Le vocabulaire complet de la vie religieuse, du moine au frère et à la sœur, est détaillé dans notre article sur les différences entre moine, frère et religieuse, et la carte des grandes familles dans notre guide des ordres religieux catholiques.
Une nuance de titre, pour être précis. Antoine est le père des moines ; saint Benoît, deux siècles plus tard, est le père du monachisme en Occident. Les deux formules sont celles de l'Église catholique en France, et elles ne désignent pas la même chose : le premier ouvre la voie en Égypte, le second lui donne une règle écrite qui tiendra quinze siècles en Europe.
La Vie d'Antoine, et ce qu'elle a déclenché chez saint Augustin
Le plus étonnant dans son héritage n'est pas son désert, c'est son livre. Dans sa catéchèse du 20 juin 2007 sur saint Athanase, Benoît XVI raconte que l'évêque d'Alexandrie, exilé et vivant avec les moines du désert, a écrit la Vie d'Antoine peu après la mort du saint. Il l'appelle « le best seller de la littérature chrétienne antique ».
Les deux hommes étaient amis, au point qu'Athanase reçut en héritage l'une des deux peaux de moutons laissées par Antoine, avec le manteau que l'évêque lui avait lui-même donné. Un ermite mort sans rien avait exactement deux choses à léguer, et il en a laissé une à son ami.
Et voici la conséquence que presque personne ne raconte. Le livre est traduit en latin deux fois presque immédiatement. Sa lecture, à Trèves, est au centre du récit de la conversion de deux fonctionnaires impériaux, que saint Augustin place dans ses Confessions, au livre VIII, 6, 15, comme les prémisses de sa propre conversion. Autrement dit : la vie d'un paysan copte illettré, racontée par un évêque en exil, a fait basculer l'homme qui allait devenir le plus grand théologien de l'Occident latin.
Athanase en avait conscience, et il l'écrit à la fin de son livre, dans la traduction que donne le Saint-Siège : « Ce n'est pas par ses écrits ni par une sagesse profane, ni en raison de quelque capacité qu'Antoine est connu, mais seulement pour sa piété envers Dieu. » Les notices françaises gardent de lui cette consigne à ses disciples, qui dit la même chose autrement : « Efforçons-nous de ne rien posséder que ce que nous emporterons avec nous dans le tombeau, c'est-à-dire la charité, la douceur et la justice. »
Quels sont les attributs de saint Antoine le Grand
C'est la deuxième question la plus posée sur lui, et elle a une bonne réponse, documentée par le Saint-Siège. Deux objets le désignent dans une église : un bâton en forme de T, et un cochon. Chacun a une histoire, et aucune des deux n'est une légende pieuse.
Le tau : un bâton d'ermite, pas une croix
Vatican News, dans sa notice du saint du jour du 17 janvier, l'écrit avec précision : on associe à saint Antoine « le bâton des ermites sous forme de T, le tau, dernière lettre de l'alphabet hébreu ».
Retenez bien la formulation, parce qu'elle corrige une erreur répandue. Dans son iconographie, le tau est d'abord un bâton, pas un bijou ni une croix de procession. C'est l'objet concret que tenait un ermite du désert, dont la poignée transversale dessine un T, et le hasard de cette forme rencontre la dernière lettre de l'alphabet hébreu, le tau, que la tradition chrétienne lit depuis longtemps comme une figure de la croix.
Le même signe a connu une seconde vie chez les franciscains, trois siècles avant qu'on parle de bijoux : saint François d'Assise le traçait comme signature, et il est resté l'emblème de sa famille religieuse. Nous avons détaillé ce point dans notre guide des différentes croix chrétiennes, où le tau figure parmi les formes reconnues.
Le cochon à la clochette : une histoire de médecine, pas de folklore
C'est l'attribut qui surprend, et son explication est purement pratique. Vatican News la donne en une phrase : Antoine est habituellement représenté avec, à côté de lui, un cochon portant une clochette au cou, parce que l'ancien ordre hospitalier des Antonins élevait des cochons, la graisse de ces animaux servant à soigner les malades frappés d'ergotisme.
Et la boucle se referme sur le nom de la maladie : cet ergotisme a ensuite été appelé « le feu de saint Antoine ». Un ordre hospitalier soignait sous son patronage, avec la graisse de ses porcs, un mal qui a pris son nom. Le cochon n'est donc pas un trait rustique ajouté par les sculpteurs de village : c'est l'enseigne d'un hôpital.
Cette association a laissé des traces matérielles un peu partout en France. La base Palissy du ministère de la Culture, qui recense le patrimoine mobilier protégé, porte des notices dont le titre officiel est littéralement « statue : Saint Antoine et son cochon ». Nous en avons vérifié deux, et une troisième intitulée « statue : saint Antoine abbé ». C'est un relevé, pas un recensement : les notices de cette base ne servent plus leur descriptif complet, nous n'en tirons donc que leurs titres.
Patron des animaux : la bénédiction des étables
De ce cochon découle un patronage bien réel, que le Saint-Siège rappelle chaque année. Vatican News écrit que le jour de sa fête liturgique, on bénit les étables et les animaux domestiques, et désigne Antoine comme patron des animaux à l'occasion de la Journée des éleveurs célébrée à la basilique Saint-Pierre.
Si vous cherchiez un saint pour un animal malade ou pour une exploitation, vous l'avez trouvé, et il est au 17 janvier. Pour les années où ce jour tombe un dimanche, la bénédiction des animaux reste bien sûr possible : c'est la messe de la mémoire qui est omise, pas la coutume.
Porter un signe quand la médaille n'existe pas
Autant le dire franchement, puisque c'est ce que vous cherchez peut être. Nous n'avons pas de médaille de saint Antoine le Grand. Nous avons passé en revue nos 134 références en ligne : il n'y en a aucune, et nous n'allons pas vous en promettre une qui n'existe pas. Nous n'avons pas de tau non plus.
Ce que nous avons, et qui a du sens avec lui, tient en trois pistes honnêtes.
- La médaille de saint Benoît, parce qu'elle est l'héritière directe de ce qu'Antoine a ouvert. Benoît est le père du monachisme occidental, et sa médaille est le seul bijou monastique dont chaque lettre a un sens attesté. Nos cinq pièces à son nom sont dans la collection saint Benoît, et nous avons décodé ses inscriptions une par une dans notre article sur la signification des lettres de la médaille de saint Benoît.
- Une croix sobre, si c'est la forme en T qui vous attire. Nous n'avons pas de tau, mais nos croix latines et grecques sont dans nos bijoux croix, en acier inoxydable qui ne noircit pas.
- Une médaille de saint patron, si vous cherchiez simplement à offrir un signe pour un prénom ou une fête. Nos médailles de saints disponibles sont dans la collection médailles de saints.
Tout part en écrin, et une chaîne assortie est disponible pour les pendentifs. Sur l'origine, nous ne jouons pas sur les mots : nos pièces sont fabriquées en Chine, en acier inoxydable, et c'est la matière qui fait leur tenue dans le temps, pas un faux prestige.
Questions fréquentes
Quelle est la date de la fête de Saint Antoine le grand ?
Le 17 janvier, au calendrier romain comme au calendrier propre des diocèses de France, sous le nom liturgique de « saint Antoine, abbé », en mémoire obligatoire, ornement blanc. Attention à l'année : quand le 17 janvier tombe un dimanche, la mémoire est omise. C'est le cas en 2027, où l'ORDO écrit explicitement « S. Antoine, abbé. On omet la mémoire » et où l'AELF sert le 2e dimanche du Temps Ordinaire. En 2026, le 17 janvier était un samedi et la mémoire a bien été célébrée.
Pourquoi 2 saints Antoine ?
Parce qu'il s'agit de deux hommes différents, séparés de neuf siècles, qui portent le même prénom. Antoine le Grand est un ermite égyptien mort en 356, appelé père des moines, fêté le 17 janvier. Antoine de Padoue est un franciscain né à Lisbonne vers 1195 et mort près de Padoue le 13 juin 1231, docteur de l'Église depuis 1946, invoqué depuis le XVIIe siècle pour retrouver les objets perdus, fêté le 13 juin. Le calendrier suffit à les séparer : janvier pour l'Égyptien, juin pour l'Italien.
Quels sont les attributs de saint Antoine le Grand ?
Deux, et le Saint-Siège les documente tous les deux. Le premier est le tau, c'est à dire le bâton des ermites en forme de T, qui est aussi la dernière lettre de l'alphabet hébreu. Le second est un cochon portant une clochette au cou, hérité de l'ordre hospitalier des Antonins, qui élevait des porcs dont la graisse servait à soigner l'ergotisme. On le représente par ailleurs en vieillard barbu, ce qui se comprend : les notices d'Église le font mourir à cent cinq ans.
Pourquoi saint Antoine est-il représenté avec un cochon ?
Pour une raison médicale, pas folklorique. L'ancien ordre hospitalier des Antonins, placé sous son patronage, élevait des cochons parce que la graisse de ces animaux était utilisée pour soigner les malades atteints d'ergotisme, une intoxication qui provoquait des gangrènes. Cette maladie a d'ailleurs fini par s'appeler « le feu de saint Antoine ». Le cochon de l'image est donc l'enseigne d'un ordre soignant, et sa clochette le signe d'un animal autorisé à circuler.
Saint Antoine est-il le saint patron des animaux ?
Oui, et cela se vérifie dans les faits liturgiques, pas seulement dans la tradition orale. Vatican News écrit que le jour de sa fête on bénit les étables et les animaux domestiques, et présente Antoine comme patron des animaux à l'occasion de la Journée des éleveurs célébrée à la basilique Saint-Pierre, où des vaches, moutons, chèvres, chevaux et ânes reçoivent la bénédiction. En revanche, il n'est pas le patron des voyageurs : celui là est saint Christophe, et les deux sont souvent confondus.
Quelle est la prière de saint Antoine le grand ?
Il n'existe pas de prière fixe à saint Antoine le Grand dans les sources officielles de l'Église, et nous préférons vous le dire plutôt que d'en recopier une trouvée ailleurs. La prière de l'Église pour lui est l'oraison de sa mémoire, le 17 janvier, et c'est précisément elle qui n'est pas dite les années où le 17 tombe un dimanche. Ce que les notices d'Église transmettent, en revanche, ce sont ses mots à lui : « Efforçons-nous de ne rien posséder que ce que nous emporterons avec nous dans le tombeau, c'est-à-dire la charité, la douceur et la justice. Les épreuves nous sont, en fait, profitables. Supprimez la tentation et personne ne sera sauvé. »
Un saint pour ce qui se décide en une phrase
Vous aviez trois questions, elles sont réglées. Sa fête est le 17 janvier, en mémoire obligatoire, sauf les années où ce jour est un dimanche : en 2027, l'Église omet la mémoire et lit le 2e dimanche du Temps Ordinaire. On le reconnaît à son bâton en T, le tau, et à son cochon à clochette, qui vient d'un ordre hospitalier et d'une maladie qui porte son nom. Et ce n'est pas celui des objets perdus, qui est fêté le 13 juin.
Reste ce que son histoire laisse en dépôt, et c'est peu de chose : un homme riche entre dans une église, entend une phrase, et fait ce que le jeune homme de l'Évangile n'avait pas fait. Tout le reste, les monastères d'Orient et d'Occident, le livre d'Athanase, la conversion d'Augustin, découle de cette minute là. Si cette filiation monastique vous parle, notre collection saint Benoît et nos médailles de saints sont à découvrir, en acier inoxydable et livrées en écrin.
Sources
- ORDO 2026-2027, année B, calendrier romain pour les diocèses de France : la ligne du 17 janvier, « 2e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE » puis « (S. Antoine, abbé. On omet la mémoire.) » avec « (Mémoire) » en marge, la règle liminaire selon laquelle l'absence de degré indiqué signale une mémoire facultative, la règle sur les dimanches du temps ordinaire, les vingt sept mentions « On omet la mémoire » de l'année, et les lignes du 13 et du 20 janvier prises en comparaison.
- AELF, messe du 17 janvier 2027, calendrier romain : le libellé « 2ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine II du Psautier), Année B », les quatre lectures 1 S 3, 3b-10.19, psaume 39 (40), 1 Co 6, 13c-15a.17-20 et Jn 1, 35-42 avec leurs titres liturgiques, et l'absence totale du nom d'Antoine, vérifiée aussi sur le calendrier propre de la France.
- Vatican News, saint du jour du 17 janvier, saint Antoine abbé : le cochon à la clochette et l'ordre hospitalier des Antonins, la graisse employée contre l'ergotisme, le nom de « feu de saint Antoine », la bénédiction des étables et des animaux domestiques le jour de sa fête, le tau comme bâton des ermites en forme de T et dernière lettre de l'alphabet hébreu, l'orphelin de vingt ans, et la citation finale de la Vita Antonii.
- Benoît XVI, catéchèse du 20 juin 2007 sur saint Athanase : la Vie d'Antoine écrite par Athanase peu après la mort du saint et qualifiée de best seller de la littérature chrétienne antique, les deux traductions latines immédiates, les deux peaux de moutons léguées et le manteau, la lecture du livre à Trèves au centre du récit de conversion des Confessions VIII, 6, 15, et la citation de la Vie d'Antoine 93, 5-6.
- Nominis, Église catholique en France, et le Martyrologe romain qu'il reproduit : « Mémoire de saint Antoine, abbé », la solitude de la Thébaïde, la persécution de Dioclétien, l'aide apportée à saint Athanase contre les ariens, le titre de père des moines, la mort en 356, puis dans le corps de la notice le propriétaire terrien de Haute-Égypte, l'Évangile du jeune homme riche entendu à l'église, la vie monastique organisée en même temps qu'érémitique, les controverses d'Alexandrie, les cent cinq ans, et la consigne sur la charité, la douceur et la justice.
Cités en clair, sans lien, le plafond de cinq liens d'autorité étant atteint : l'AELF pour le texte liturgique de Matthieu 19, 21 et 22 et pour les Actes des Apôtres 4, 32 ; l'Église catholique en France pour sa notice du saint du jour du 17 janvier et pour les définitions de son glossaire, ermite, anachorète, cénobite et monachisme, dont le titre de père du monachisme en Occident donné à saint Benoît ; Vatican News pour la Journée des éleveurs célébrée à la basilique Saint-Pierre et la bénédiction des animaux ; la base Palissy du ministère de la Culture, notices PM56005296, PM69001372 et PM23000386, pour les titres « statue : Saint Antoine et son cochon » et « statue : saint Antoine abbé ».
Nos sources
- ORDO 2026-2027 année B, 17 janvier : « 2e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE » puis « (S. Antoine, abbé. On omet la mémoire.) (Mémoire) », la règle liminaire sur le degré de célébration, et les 27 mémoires omises de l'année (nouvelle fenêtre) Église officielle, calendrier romain français
- Liturgie du 17 janvier 2027 : « 2ème dimanche du Temps Ordinaire, Année B », les lectures 1 S 3, 3b-10.19 et Jn 1, 35-42, et l'absence totale du nom d'Antoine (nouvelle fenêtre) AELF, traduction liturgique officielle
- Le tau comme bâton des ermites en forme de T, le cochon à la clochette et l'ordre hospitalier des Antonins, l'ergotisme appelé « feu de saint Antoine », la bénédiction des étables le jour de sa fête (nouvelle fenêtre) Saint-Siège, Vatican News
- La Vie d'Antoine écrite par saint Athanase, « best seller de la littérature chrétienne antique », les deux peaux de moutons léguées, et sa lecture à Trèves au centre du récit de conversion des Confessions VIII, 6, 15 (nouvelle fenêtre) Magistère, catéchèse de Benoît XVI du 20 juin 2007
- Martyrologe romain : « Mémoire de saint Antoine, abbé », la solitude de la Thébaïde, la persécution de Dioclétien, le soutien à saint Athanase contre les ariens, et la mort en 356 (nouvelle fenêtre) Église officielle, Nominis et le Martyrologe romain qu'il reproduit
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Nos médailles de saints
Nous n'avons pas de médaille de saint Antoine le Grand à vous proposer : nos 134 références ont été passées en revue, il n'y en a aucune. Voici les médailles et les croix que nous avons réellement, en acier inoxydable, livrées en écrin.
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Médaille ange
Céleste
64 €
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Collier Coeur Sacré
Marguerite
49 €
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Collier saint Benoit
Hildegarde
49 €
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Collier chapelet médaille miraculeuse
Reine
49 €
Nos médailles de saints
Les saints que nous avons en catalogue aujourd'hui.
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