Médaille de saint Benoît : signification des lettres
Sommaire
- Que signifie la médaille de saint Benoît ?
- Les lettres de la médaille de saint Benoît, une par une
- Médaille Saint Benoît protection : ce que l'Église dit, et ce qu'elle refuse
- Médaille Saint Benoît exorcisme : l'exorcisme porte sur la médaille, pas sur vous
- Comment bénir une médaille de saint Benoît
- Comment porter la médaille de Saint Benoît
- D'où vient la médaille, et qui était saint Benoît
- Où trouver la médaille de saint Benoît
- Questions fréquentes
- Une prière qu'on peut porter sur soi
- Sources
En bref
- Ce n'est pas un porte-bonheur : la médaille de saint Benoît est une prière gravée dans le métal, et cette prière est un refus adressé au mal.
- Sur les bras de la croix, C S S M L et N D S M D donnent Crux sacra sit mihi lux, non draco sit mihi dux : que la sainte croix soit ma lumière, que le dragon ne soit pas mon guide.
- Les quatorze lettres du pourtour forment deux vers rimés : Vade retro Satana, nunquam suade mihi vana, sunt mala quae libas, ipse venena bibas.
- Aucune médaille n'est « plus puissante » qu'une autre : l'Église ne classe pas les objets de piété, et attendre l'effet d'un signe sacré sans les dispositions intérieures qu'il exige, c'est de la superstition (Catéchisme, § 2111).
- Nous n'expédions jamais de médaille bénite : la vente éteint l'indulgence attachée à l'objet. Vous l'achetez, puis vous la faites bénir en paroisse.
Vous avez une médaille entre les mains, couverte de lettres que personne autour de vous ne sait lire. Est-ce un code ? Faut-il la faire bénir ? Et cette réputation de protection, jusqu'où va-t-elle ?
Voici la réponse en une phrase : chaque lettre est l'initiale d'un mot latin, abrégé faute de place, et l'ensemble forme deux formules médiévales, une affirmation de confiance dans la croix et un ordre donné au démon de s'éloigner. Rien n'y agit tout seul. À la fin de cette page, vous saurez traduire votre médaille lettre par lettre, distinguer un modèle authentique d'une imitation décorative, et vous saurez aussi, sans détour, où l'Église arrête la protection et où elle parle de superstition.
Que signifie la médaille de saint Benoît ?
La médaille se lit comme un livre ouvert à deux pages : une face est un portrait, l'autre est un texte. C'est la seconde qui intrigue, et c'est elle qui porte presque tout le sens.
Le revers : une croix et vingt-huit lettres
Au revers, la croix occupe toute la surface. Elle est chargée de lettres réparties en trois endroits : quatre dans les angles, cinq sur le bras vertical, cinq sur le bras horizontal. Autour du bord court une quatrième inscription de quatorze lettres, et au sommet, au-dessus de la croix, un mot écrit en clair : PAX. Rien n'est décoratif, rien n'est ésotérique : ce sont des abréviations, et Rome elle-même en a publié le sens.
L'avers : Benoît, la Règle, la coupe et le corbeau
À l'avers, saint Benoît se tient debout, de face. Il tient la croix dans la main droite et sa Règle pour les monastères dans la main gauche. Sur un socle à sa droite, la coupe empoisonnée brisée au signe de la croix ; sur un socle à sa gauche, un corbeau emportant un pain empoisonné envoyé par un ennemi jaloux. Les deux scènes viennent du récit de sa vie écrit par saint Grégoire le Grand.
Au-dessus des socles, l'inscription Crux s. patris Benedicti, en clair cette fois. Au pourtour, Eius in obitu nostro praesentia muniamur, « puissions-nous être fortifiés par sa présence à l'heure de notre mort ». Sous les pieds du saint, ex SM Casino MDCCCLXXX. Cette prière du pourtour dit l'essentiel de la dévotion à Benoît, et elle n'a rien à voir avec la chance : on lui demande d'être là à l'heure de la mort.
Les lettres de la médaille de saint Benoît, une par une
Voici le tableau complet. Le développement de chaque groupe n'est pas une interprétation de boutique : il figure dans le décret romain du 23 décembre 1741, qui liste les lettres et le mot latin correspondant à chacune, et que Dom Guéranger reproduit intégralement.
| Sigle | Emplacement | Latin | Français |
|---|---|---|---|
| C S P B | Dans les quatre angles de la croix | Crux Sancti Patris Benedicti | La croix de notre saint père Benoît |
| C S S M L | Sur le bras vertical | Crux Sacra Sit Mihi Lux | Que la sainte croix soit ma lumière |
| N D S M D | Sur le bras horizontal | Non Draco Sit Mihi Dux | Que le dragon ne soit pas mon guide |
| V R S N S M V | Au pourtour, première moitié | Vade Retro Satana, Nunquam Suade Mihi Vana | Retire-toi Satan, ne viens pas me conseiller tes vanités |
| S M Q L I V B | Au pourtour, seconde moitié | Sunt Mala Quae Libas, Ipse Venena Bibas | Le breuvage que tu verses est le mal, bois toi-même tes poisons |
| PAX | Au sommet, au-dessus de la croix | Pax | La paix, devise bénédictine depuis des siècles |
C S S M L et N D S M D : deux souhaits, pas deux pouvoirs
Réunis, les deux bras forment un seul vers : Crux sacra sit mihi lux, non draco sit mihi dux. Et la grammaire dit exactement le contraire de ce qu'on prête à la médaille. Ce ne sont pas des affirmations de puissance mais deux souhaits au subjonctif : sit, « qu'elle soit ». Celui qui la porte demande une lumière et refuse un guide. Il ne constate pas une protection acquise, il la demande.
Le dragon est l'image du démon reprise de l'Apocalypse, celui que combat saint Michel archange. Deux lectures circulent pour le N de N D S M D : Non ou Nunquam. Le décret de 1741 écrit « Non draco sit mihi dux », l'Ordre de saint Benoît écrit aujourd'hui « Nunquam draco sit mihi dux ». Les deux sont anciennes, les deux commencent par un N, et le sens ne change pas : jamais, en aucun cas, le dragon ne sera mon guide.
V R S N S M V et S M Q L I V B : le refus adressé au tentateur
Les quatorze lettres du pourtour développent deux vers rimés que la tradition met dans la bouche de Benoît : le premier lors d'une tentation dont il triomphe par le signe de la croix, le second au moment où on lui présente une coupe empoisonnée, qu'il brise du même signe.
Notez bien à qui l'on parle, car c'est ce que presque toutes les pages du web manquent. On ne demande rien à la médaille, et rien à Benoît : on s'adresse au tentateur, et on lui dit non. C'est une prière de refus, pas une formule d'obtention. Cette seule nuance écarte la moitié des malentendus sur cet objet.
PAX, et le IHS des modèles anciens
Au sommet du revers, PAX surmonte la croix sur la médaille frappée depuis 1880. Sur les modèles plus anciens, c'est le monogramme IHS, pour le nom de Jésus, qui ouvre l'inscription du pourtour : Dom Guéranger décrit ainsi la médaille de son temps, dont le tour présente « d'abord le saint nom de Jésus », puis les quatorze lettres. Les deux formes sont légitimes, et aucune n'est une contrefaçon de l'autre.
Médaille Saint Benoît protection : ce que l'Église dit, et ce qu'elle refuse
Il faut y aller franchement, parce que c'est la vraie question derrière la recherche. Non, la médaille de saint Benoît ne protège pas automatiquement. Le Catéchisme est direct : « Attacher à la seule matérialité des prières ou des signes sacramentels leur efficacité, en dehors de dispositions intérieures qu'ils exigent, c'est tomber dans la superstition » (§ 2111). Le paragraphe précédent range la superstition parmi ce que proscrit le premier commandement, comme « un excès pervers de religion ».
Le Directoire sur la piété populaire vise le geste nommément. Dans sa liste des expressions corporelles de la piété, il cite « le fait de s'agenouiller et de se prosterner, de porter des médailles et des insignes », puis avertit : « Sans cette dimension d'intériorité, les gestes symboliques risquent de devenir des coutumes vides de sens et, dans le pire des cas, de dégénérer en superstition » (§ 15). Plus loin, à propos de la médaille miraculeuse, il élargit la règle à tout objet de culte : elle « ne doit pas être considérée comme un talisman, ce qui conduirait les fidèles à une vaine crédulité » (§ 206).
L'Ordre de saint Benoît le dit de son côté, sans contorsion : « nous rejetons toute utilisation d'objets religieux comme s'ils étaient de simples amulettes ou avaient un quelconque pouvoir magique pour nous apporter chance ou meilleure santé. Telle n'est pas l'attitude chrétienne. »
Médaille de Saint Benoît bienfaits : ce qui est réellement attaché à l'objet
Ce que l'Église attache à la médaille est précis, vérifiable, et plus modeste que les promesses qu'on lit ailleurs. Elle est un sacramental, pas un sacrement : les sacramentaux ne confèrent pas la grâce à la manière des sacrements, mais par la prière de l'Église ils préparent à la recevoir et disposent à y coopérer (Catéchisme, § 1670). Le mot juste est disposent. Une médaille dispose, elle ne fait pas à votre place.
S'y ajoute, lorsqu'elle est dûment bénie et utilisée avec dévotion, une indulgence partielle, prévue par l'Enchiridion Indulgentiarum. C'est tout, et c'est déjà beaucoup. Cela ne dévalue pas la dévotion : cela la remet à l'endroit.
À savoir : il n'existe pas de « médaille la plus puissante »
C'est une question très posée, et la réponse honnête est qu'elle n'a pas d'objet. L'Enchiridion Indulgentiarum énumère quatre objets de piété dont l'usage recueilli, une fois l'objet dûment béni, ouvre une indulgence : le crucifix ou la croix, le chapelet, le scapulaire, la médaille (N. 15). Aucune hiérarchie entre eux, et aucune médaille citée au-dessus d'une autre. Le régime est identique quelle que soit la dévotion représentée. Classer les médailles par puissance, c'est précisément attribuer « une importance en quelque sorte magique » à une pratique légitime, ce que le Catéchisme nomme superstition (§ 2111). Ce que l'on peut dire sans se tromper, en revanche, c'est que la médaille jubilaire de 1880 est la plus diffusée de toutes celles frappées en l'honneur de saint Benoît : l'Ordre de saint Benoît l'écrit lui-même. Mais une large diffusion dit la faveur des fidèles, pas une puissance supérieure.
Médaille Saint Benoît exorcisme : l'exorcisme porte sur la médaille, pas sur vous
Le mot revient souvent, et il est exact : les lettres du pourtour sont bien, selon l'Ordre de saint Benoît, « les initiales d'une prière latine d'exorcisme contre Satan ». Mais il faut tenir la distinction que presque personne ne fait.
Dans la formule de bénédiction approuvée en 1741, le prêtre prononce d'abord un exorcisme, et cet exorcisme s'adresse aux médailles elles-mêmes : Exorcizo vos, Numismata, « je vous exorcise, médailles ». Ce qui est exorcisé, c'est l'objet, pas la personne qui le portera. L'exorcisme majeur sur une personne est un rite tout autre, réservé, confié par l'évêque à un prêtre désigné pour cela. Une médaille n'est donc pas un instrument de délivrance que l'on manierait soi-même : c'est un objet béni, et une prière que l'on fait sienne.
Comment bénir une médaille de saint Benoît
La médaille se présente à un prêtre ou un diacre. Il n'est pas nécessaire que ce soit un bénédictin : la faculté, longtemps réservée, est aujourd'hui ouverte à tout prêtre et à tout diacre. Le plus simple est de la lui présenter à la fin de la messe.
Il existe pour cette médaille une formule propre, en deux temps : un exorcisme des médailles, puis une prière de bénédiction qui demande, par l'intercession de saint Benoît, la santé de l'âme et du corps et la force de résister à la tentation. Le célébrant asperge ensuite les médailles d'eau bénite. Cette formule a été présentée au Saint-Siège par un abbé bénédictin et approuvée par le décret du 23 décembre 1741, sous Benoît XIV.
Pourquoi nous ne vendons jamais de médaille bénite
Un point d'honnêteté commerciale, et il nous coûte des ventes. Nous n'expédions jamais de médaille bénite. La norme 16 § 2 de l'Enchiridion Indulgentiarum pose que l'indulgence attachée à l'usage d'un objet de piété cesse dès lors que cet objet est détruit ou vendu. Un marchand a beau faire bénir son stock, l'acte de vente en annule l'effet : une « médaille déjà bénite » vendue en ligne est, au mieux, une maladresse.
La marche à suivre est donc simple : vous achetez la médaille, puis vous la faites bénir. Et si vous voulez l'offrir bénie, faites-la bénir avant de l'offrir : le don n'est pas une vente, l'indulgence suit l'objet. Dernière précision, rarement dite : une bénédiction ne s'use pas et ne se recharge pas. La faire rebénir à date fixe n'a aucun fondement.
Comment porter la médaille de Saint Benoît
Aucune règle liturgique ne fixe la manière de la porter. L'Ordre de saint Benoît l'écrit noir sur blanc : « Il n'y a pas de manière particulière prescrite pour porter ou garder la médaille de saint Benoît. » Ni côté imposé, ni longueur, ni obligation de la cacher.
L'usage le plus répandu reste la médaille portée au cou, et les mêmes questions se posent que pour une croix : nous les traitons dans notre guide sur comment porter une croix. Trois autres supports portent exactement la même médaille : le bracelet, les boucles d'oreilles, et la bague en chevalière, la forme la plus sobre pour un homme qui ne veut rien autour du cou. Elle se fixe aussi très bien à la croix d'un chapelet, comme le détaille notre article sur le fait de porter un chapelet autour du cou.
Sur le calibre, le critère utile n'est pas la discrétion mais la lisibilité : en dessous de 18 mm, la médaille passe inaperçue sous une chemise, mais ses sigles deviennent difficiles à déchiffrer. Au-delà de 25 mm, ils restent lisibles. Comme tout le sens est dans les lettres, la question mérite d'être posée avant d'acheter.
Véritable médaille de Saint Benoît : à quoi la reconnaître
À ses inscriptions, et à rien d'autre. Une médaille authentique porte les quatre groupes de lettres du revers : C S P B dans les angles, C S S M L sur le bras vertical, N D S M D sur le bras horizontal, V R S N S M V et S M Q L I V B au pourtour. Si un groupe manque, si les lettres sont incomplètes ou fantaisistes, vous avez un bijou qui ressemble à une médaille de saint Benoît, pas une médaille de saint Benoît.
Il n'existe en revanche aucun label officiel, aucun certificat, aucune marque déposée. La médaille jubilaire frappée au Mont-Cassin en 1880 d'après un dessin de l'abbaye de Beuron sert de référence au dessin, et les variantes légitimes sont innombrables. Méfiez-vous donc d'un vendeur qui promet une médaille « officielle » ou « certifiée » : cela n'existe pas.
Or 18 carats, argent ou acier : la matière ne change rien à la dévotion
Aucun texte ne prescrit de matière. Or, argent, plaqué et acier inoxydable se valent strictement du point de vue de la dévotion comme de la bénédiction. Le choix relève de la tenue dans le temps, de l'usage et du budget, jamais de la validité.
| Matière | Comportement au quotidien | Pour qui |
|---|---|---|
| Acier inoxydable | Ne rouille pas, ne noircit pas, supporte l'eau, la sueur et le port continu. Hypoallergénique. | Le port permanent, sans y penser. C'est la matière de toute notre gamme saint Benoît. |
| Argent 925 | Se ternit avec le temps, ce qui est normal et se rattrape au chiffon. À tenir loin du parfum et de l'eau prolongée. | Celui qui veut un métal précieux et accepte un peu d'entretien. |
| Or 18 carats | Ne s'altère pas, se transmet. Le prix suit, et le gramme d'or se compte. | Un cadeau de transmission, pour une vie entière. |
| Plaqué or | Couche d'or déposée sur un métal support, qui s'use aux points de frottement. | L'aspect doré à prix contenu, en sachant que ce n'est pas de l'or massif. |
Soyons clairs sur ce que nous proposons : nos cinq pièces saint Benoît sont en acier inoxydable, en finition dorée ou argentée, et nous ne vendons pas d'or 18 carats. La finition est une couleur, pas une matière, et nous ne l'écrirons jamais autrement. Le reste est dans notre guide d'entretien, et pour la bague, dans notre guide des tailles.
Médaille de Saint Benoît tatouage : le dessin n'est pas l'objet
La question revient souvent, et elle mérite une réponse nette plutôt qu'un silence gêné. Un tatouage reproduit le dessin, mais il n'est pas un sacramental : ce que l'Église indulgencie, c'est l'usage d'un objet béni, et un objet est par définition quelque chose qui peut être béni, transmis, perdu. Rien dans les textes n'assimile un tatouage à une médaille. Vous pouvez porter le dessin sur la peau par attachement à ce qu'il signifie ; vous ne pouvez pas en attendre ce qui est attaché à l'objet béni.
D'où vient la médaille, et qui était saint Benoît
1415, Metten : les lettres existaient déjà
En 1647, un procès de sorcellerie en Bavière conduit les magistrats à interroger les bénédictins de l'abbaye de Metten. On remarque, peintes sur les murs, des croix accompagnées de lettres dont plus personne ne connaît le sens. Les recherches font ressortir de la bibliothèque un manuscrit de 1415, un évangéliaire où un moine anonyme a dessiné Benoît tenant un bâton terminé par une croix, portant le vers Crux sacra sit mihi lux, et une banderole portant le Vade retro.
Autrement dit, et la distinction est rarement faite : les formules sont attestées au début du XVe siècle, l'objet diffusé est postérieur, et l'attribution des vers à Benoît lui-même relève de la tradition, pas du document. Cela vaut mieux qu'une belle histoire.
1741 et 1742 : Rome publie le sens des lettres
Au XVIIIe siècle, la médaille est dénoncée comme entachée de superstition, et le motif invoqué est précisément que le sens de ses lettres, « ne se devinant pas aisément, celles-ci devenaient par là même suspectes de quelque intention magique ». Rome répond de la seule manière honnête : en publiant leur sens.
Le décret de la Congrégation des Indulgences du 23 décembre 1741 approuve la formule de bénédiction propre à la médaille et énumère les lettres une par une, avec le mot latin de chacune. Benoît XIV confirme l'ensemble par un bref du 12 mars 1742, qui approuve la médaille telle qu'elle est, avec la croix, l'effigie de Benoît et les caractères qu'elle porte. C'est cette liste de 1741 que reproduit le tableau plus haut, et c'est elle qui reste la pièce de référence sur la lecture de la médaille.
1880 : la médaille jubilaire du Mont-Cassin
En 1880, pour le quatorzième centenaire de la naissance de Benoît, une médaille de conception nouvelle est frappée sous la supervision des moines du Mont-Cassin, d'après un dessin réalisé à l'archiabbaye Saint-Martin de Beuron, en Allemagne, à la demande du prieur. C'est la médaille jubilaire : l'Ordre de saint Benoît la donne pour plus répandue dans le monde chrétien que n'importe quelle autre frappée en l'honneur de Benoît, et c'est presque certainement celle que vous avez en main.
Benoît de Nursie, en quelques lignes
Benoît naît à Nursie, en Ombrie, vers 480. Envoyé étudier à Rome, il quitte la ville, vit en ermite à Subiaco, puis rassemble des disciples et fonde le monastère du Mont-Cassin, où il meurt. Il y écrit sa Règle, un texte de gouvernement bref et mesuré qui organise la journée d'une communauté entre prière, travail et lecture : c'est ce qui a fait sa fortune. Il a structuré l'essentiel du monachisme occidental, et vous en trouverez la descendance dans la plupart des ordres religieux catholiques. En 1964, par la lettre apostolique Pacis nuntius, Paul VI le proclame patron principal de toute l'Europe. Sa fête est au 11 juillet.
Où trouver la médaille de saint Benoît
Les abbayes bénédictines en vendent à leur boutique, et c'est toujours une belle manière de s'en procurer une. Chez nous, la collection saint Benoît réunit cinq pièces qui portent la même médaille sur quatre supports, toutes en acier inoxydable et livrées en écrin.
C'est un cadeau d'engagement plus que d'attendrissement : elle convient mal à un nouveau-né, très bien à quelqu'un qui pose un acte. Les deux occasions les plus justes sont la confirmation, où le confirmand choisit lui-même le saint dont il prend le nom, et l'entrée d'un adulte dans l'Église. Si vous hésitez entre plusieurs dévotions, la collection des médailles de saints permet de comparer les figures, et notre comparatif croix, crucifix ou médaille aide à trancher sur la forme.
Questions fréquentes
Quelle est la signification de la médaille de Saint Benoît ?
Son revers porte une croix chargée de quatre groupes de lettres : C S P B dans les angles, pour Crux Sancti Patris Benedicti ; C S S M L et N D S M D sur les bras, pour Crux sacra sit mihi lux, non draco sit mihi dux ; V R S N S M V et S M Q L I V B au pourtour, pour Vade retro Satana, nunquam suade mihi vana, sunt mala quae libas, ipse venena bibas. Au sommet, PAX, la devise bénédictine. L'avers montre Benoît tenant la croix et sa Règle, entre la coupe empoisonnée et le corbeau. L'ensemble forme une demande de lumière et un refus adressé au tentateur.
Pourquoi porter la médaille de Saint Benoît ?
Parce qu'elle tient une prière en peu de place. La porter, c'est faire sienne une demande, que la croix soit ma lumière, et un refus, que le dragon ne soit pas mon guide. L'Ordre de saint Benoît résume son usage ainsi : par un port conscient et dévot, la médaille devient « une prière silencieuse constante et un rappel de notre dignité de disciples du Christ ». La porter pour s'attirer la chance, en revanche, serait exactement ce que le Catéchisme appelle superstition.
Quelle est la médaille la plus puissante ?
Aucune, et la question n'a pas d'objet du point de vue de l'Église. L'Enchiridion Indulgentiarum traite sur un pied d'égalité les quatre objets de piété indulgenciés, crucifix ou croix, chapelet, scapulaire et médaille, sans hiérarchie et sans citer de dévotion au-dessus d'une autre. Classer les médailles par puissance revient à leur attribuer une efficacité magique, ce que le Catéchisme range parmi les superstitions au § 2111. La médaille jubilaire de 1880 est bien la plus diffusée de toutes celles frappées en l'honneur de saint Benoît, mais cela dit la faveur des fidèles, pas une puissance supérieure.
Comment porter la médaille de Saint Benoît ?
Comme vous voulez : aucune manière n'est prescrite. L'Ordre de saint Benoît cite le port en pendentif sur une chaîne, la fixation au chapelet, la médaille gardée en poche ou dans un sac, placée dans une voiture ou dans une maison. Il n'y a ni côté imposé, ni longueur réglementaire, ni obligation de la cacher ou de la montrer. Le seul conseil pratique que nous ajoutons est de choisir un diamètre où les lettres restent lisibles, puisque tout le sens y est.
Quelles sont les vertus de la médaille de Saint Benoît ?
Ce qui lui est réellement attaché est précis : elle est un sacramental, qui par la prière de l'Église dispose à recevoir la grâce sans la produire (Catéchisme, § 1670), et son usage dévot, l'objet étant dûment béni, ouvre une indulgence partielle. Le reste, guérison promise, malchance écartée, protection automatique, ne lui appartient pas et relève de la superstition telle que la définit le § 2111.
Quelle est la prière de la médaille de Saint Benoît ?
C'est la médaille elle-même. Les lettres du revers sont les initiales de deux prières latines, Crux sacra sit mihi lux, non draco sit mihi dux sur les bras de la croix, et Vade retro Satana, nunquam suade mihi vana, sunt mala quae libas, ipse venena bibas au pourtour. À l'avers s'y ajoute Eius in obitu nostro praesentia muniamur, « puissions-nous être fortifiés par sa présence à l'heure de notre mort ». Il existe par ailleurs une formule de bénédiction propre, en deux temps, mais elle est réservée au prêtre ou au diacre.
Une prière qu'on peut porter sur soi
La médaille de saint Benoît ne doit son autorité ni à son métal ni à son mystère, mais au fait qu'elle dit quelque chose de précis, et que ce quelque chose est un refus. Les lettres traduites, il ne reste rien d'occulte : une demande de lumière, un refus de guide, un ordre au tentateur. Vous savez maintenant lire la vôtre, et vous savez aussi reconnaître une imitation décorative d'un modèle qui porte réellement les quatre groupes.
Si vous cherchez la vôtre, la collection saint Benoît réunit nos cinq pièces, en acier inoxydable et livrées en écrin ; le collier saint Benoît reste le plus demandé pour un premier port, chaîne comprise. Découvrez-les sans vous presser, et rappelez-vous le geste qui compte une fois qu'elle est chez vous : la faire bénir.
Sources
- Ordre de saint Benoît, « La médaille de Saint Benoît » : description face par face de la médaille jubilaire de 1880, inscriptions latines et traductions, PAX au-dessus de la croix, frappe au Mont-Cassin d'après un dessin de Beuron, absence de manière prescrite de la porter, bénédiction par tout prêtre ou diacre, et refus explicite de l'usage comme amulette.
- Dom Prosper Guéranger, Essai sur l'origine, la signification et les privilèges de la médaille ou croix de saint Benoît (PDF, diocèse de Corse) : le décret de la Congrégation des Indulgences du 23 décembre 1741 reproduit intégralement, avec le développement lettre par lettre des sigles, le bref de Benoît XIV du 12 mars 1742, la dénonciation de la médaille comme superstitieuse et son motif, le manuscrit de Metten de 1415, l'affaire de 1647, et la formule de bénédiction en deux temps.
- Catéchisme de l'Église catholique, § 2110-2111 : la superstition comme « excès pervers de religion », et la condamnation de l'efficacité attachée à la seule matérialité d'un signe sacramentel.
- Directoire sur la piété populaire et la liturgie, § 15 et § 206 : le port de médailles cité nommément, le risque de dégénérer en superstition sans intériorité, et l'interdiction de tenir un objet de culte pour un talisman.
- Enchiridion Indulgentiarum, Normes 15 et 16 § 2 : les quatre objets de piété indulgenciés, sans hiérarchie entre eux, et l'extinction de l'indulgence lorsque l'objet est vendu.
Nos sources
- La médaille de Saint Benoît, Ordre de saint Benoît (osb.org) (nouvelle fenêtre) site de l'ordre bénédictin (rang ④)
- Dom Prosper Guéranger, Essai sur l'origine, la signification et les privilèges de la médaille ou croix de saint Benoît (nouvelle fenêtre) abbé bénédictin, PDF hébergé par le diocèse de Corse (rang ④)
- Catéchisme de l'Église catholique, § 2110-2111 (nouvelle fenêtre) magistère (rang ②)
- Directoire sur la piété populaire et la liturgie, § 15 et § 206 (nouvelle fenêtre) magistère (rang ②)
- Enchiridion Indulgentiarum, Normae de indulgentiis, N. 15 et N. 16 § 2 (nouvelle fenêtre) magistère (rang ②)
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Nos médailles de saint Benoît
La médaille, le collier, le bracelet et la bague, avec les lettres frappées au revers.
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Médaille Saint Benoît
Odilon
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Bracelet Saint Benoit
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Collier saint Benoit
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Boucles d'oreilles saint Benoit
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