L'Avent : sens, dates et couronne des 4 bougies
Sommaire
- Quelle est la signification de l'Avent ?
- Quand débute la période de l'Avent ?
- Quels sont les 4 temps de l'Avent ?
- L'Avent n'est pas un carême de Noël
- Le violet de l'Avent, et le rose du troisième dimanche
- La couronne de l'Avent : signification et bougies
- Est-ce que le calendrier de l'Avent est religieux ?
- Les fêtes qui tombent pendant l'Avent
- Vivre l'Avent chez soi, sans en faire un Noël avant l'heure
- Offrir un signe qui reste après le 25
- Quatre semaines pour attendre, et non pour patienter
- Questions fréquentes
- Sources
Pourquoi l'Avent ne tombe-t-il pas à la même date chaque année ? Faut-il jeûner comme en Carême ? Et ces quatre bougies, faut-il les allumer toutes en même temps ? Trois questions simples, et des réponses qui circulent fausses presque partout.
Voici la réponse courte : l'Avent est un temps d'attente, pas une avant-fête de Noël. Il commence aux premières vêpres du dimanche qui tombe le 30 novembre ou qui en est le plus proche, ce qui le place toujours entre le 27 novembre et le 3 décembre, il compte quatre dimanches, il dure entre 22 et 28 jours selon les années, et ce n'est pas un carême de Noël : l'Église ne le compte pas parmi ses temps de pénitence. Nous vous donnons ici la règle plutôt qu'une date qui périme, le tableau des années à venir, la progression des quatre dimanches, la couronne et le sens réel de ses bougies, le violet et le rose du troisième dimanche, et les sept antiennes qui forment le seul compte à rebours que la liturgie connaisse.
En bref
- Avent vient du latin adventus, qui signifie venue, avènement. Le temps célèbre une triple venue : la naissance à Bethléem, la venue du Christ dans les cœurs, son retour à la fin des temps.
- La date n'est pas fixe mais la règle, elle, l'est : le dimanche qui tombe le 30 novembre ou le plus proche de cette date. Soit une fenêtre du 27 novembre au 3 décembre, jamais ailleurs.
- Ce n'est pas un carême de Noël. Le droit de l'Église nomme ses temps de pénitence, ce sont les vendredis de l'année et le Carême. L'Avent n'y est pas. Aucun jeûne n'y est prescrit.
- Le violet est bien le même qu'en Carême, et c'est de là que vient la confusion. Mais l'Alléluia, supprimé en Carême, est conservé pendant tout l'Avent.
- Le calendrier de l'Avent du commerce n'a pas d'origine liturgique. La couronne, elle, en a une place reconnue, et elle est d'abord domestique.
Quelle est la signification de l'Avent ?
Le mot vient du latin adventus, « venue », « avènement ». Il ne désigne pas une attente vague mais une arrivée annoncée, celle d'un hôte que l'on sait venir. L'Avent ouvre l'année liturgique : quand le reste du monde est au 1er décembre, l'Église est, elle, au premier jour de son année.
Le texte qui le définit officiellement sont les Normes universelles de l'Année liturgique, et elles lui reconnaissent une double caractéristique : « c'est à la fois un temps de préparation aux solennités de la Nativité, où l'on commémore le premier avènement du Fils de Dieu parmi les hommes, et un temps où, par ce mémorial, les âmes se tournent vers l'attente du second avènement du Christ à la fin des temps ». Et elles concluent par la phrase qui devrait être affichée dans toutes les sacristies : « Pour ces deux raisons, le temps de l'Avent se présente comme un temps de pieuse et joyeuse attente. »
Retenez ce mot : joyeuse. Il est dans le texte officiel, il n'est pas un adoucissement de notre part, et il commande tout le reste.
Quel est le synonyme d'Avent ?
Il n'y en a pas d'exact, et c'est le signe qu'il s'agit d'un mot technique. Les approchants sont « avènement » et « venue », qui traduisent le latin adventus dont il est issu. Les expressions « temps de l'Avent » et « quatre semaines avant Noël » désignent la même période, mais « avant-Noël » ou « pré-Noël » n'en sont pas des synonymes : ils disent un compte à rebours, là où l'Avent dit une attente. La nuance n'est pas de la coquetterie de vocabulaire, elle est tout le sujet de cet article.
Quel est le symbole de l'Avent ?
C'est la lumière qui croît. Le Directoire sur la piété populaire présente l'Avent comme un temps d'attente, de conversion et d'« espérance joyeuse », et il explique que les cierges de la couronne symbolisent « la lumière des prophéties qui tout au long de l'histoire illuminèrent la nuit de l'attente du peuple de Dieu ». D'où la couronne, dont une bougie de plus s'allume chaque dimanche. Le symbole n'est pas un décompte, c'est une progression. Ce n'est pas la même chose : on ne compte pas ce qui reste, on regarde ce qui augmente.
Quand débute la période de l'Avent ?
Voici la règle exacte, et elle vaut mieux qu'une date : l'Avent commence aux premières vêpres du dimanche qui tombe le 30 novembre, ou qui est le plus proche de ce jour, et il se termine avant les premières vêpres de la Nativité du Seigneur. C'est la formulation des Normes universelles, au mot près.
Vous entendrez souvent une autre formule, « le quatrième dimanche avant Noël ». Elle n'est pas fausse : les deux règles donnent toujours le même dimanche, nous l'avons vérifié année par année. La première est simplement celle du texte officiel.
Conséquence pratique : le premier dimanche de l'Avent ne peut tomber qu'entre le 27 novembre et le 3 décembre. Il n'existe aucune année où il tombe ailleurs.
Le tableau des dates, pour ne plus avoir à chercher
Les trois dates qui intéressent vraiment : l'ouverture, le dimanche de Gaudete où le rose est permis, et le quatrième dimanche, celui qui précède immédiatement Noël.
| Année | 1er dimanche de l'Avent | Gaudete (3e dimanche) | 4e dimanche |
|---|---|---|---|
| 2026 | 29 novembre | 13 décembre | 20 décembre |
| 2027 | 28 novembre | 12 décembre | 19 décembre |
| 2028 | 3 décembre | 17 décembre | 24 décembre |
| 2029 | 2 décembre | 16 décembre | 23 décembre |
| 2030 | 1er décembre | 15 décembre | 22 décembre |
| 2031 | 30 novembre | 14 décembre | 21 décembre |
| 2032 | 28 novembre | 12 décembre | 19 décembre |
| 2033 | 27 novembre | 11 décembre | 18 décembre |
Regardez la ligne 2028 : le quatrième dimanche de l'Avent tombe le 24 décembre. Ce jour-là, on célèbre le matin le dimanche de l'Avent, et le soir la Nativité commence. La quatrième semaine se réduit à quelques heures. Ce n'est pas une anomalie, c'est la mécanique normale du calendrier.
Pourquoi la date change-t-elle chaque année ?
Parce que Noël est fixé à une date, le 25 décembre, mais que l'Avent est fixé à un jour de la semaine, le dimanche. Un repère de date et un repère de jour ne peuvent pas coïncider deux années de suite, puisque le 25 décembre se décale d'un jour de semaine chaque année, et de deux après une année bissextile.
D'où une durée variable : l'Avent dure entre 22 et 28 jours. Nous l'avons calculé sur toutes les années du siècle. Retenez ce chiffre, nous allons nous en servir dans deux sections : l'Avent n'atteint jamais 40 jours, et c'est le premier argument contre l'idée qu'il serait un carême.
Quels sont les 4 temps de l'Avent ?
Quatre dimanches, et ils ne disent pas la même chose. En comparant les lectures des trois années du lectionnaire, le Service national de la pastorale liturgique dégage une progression constante, que voici.
- Premier dimanche : le réveil. Le ton est celui de la veille et de la fin des temps. On ne commence pas l'Avent par la crèche, on le commence par « Veillez ». Beaucoup de fidèles s'en étonnent chaque année.
- Deuxième dimanche : Jean-Baptiste. L'appel du premier dimanche devient un agir. « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche », cité par le Directoire, est la voix de ce dimanche.
- Troisième dimanche : la joie, et un nom. C'est Gaudete. La liturgie cesse de parler d'une attente et désigne celui qu'on attend.
- Quatrième dimanche : Marie. Dans la proximité de Noël, les textes annoncent qui est cet enfant. La présence de la Vierge y est centrale.
Les trois figures qui traversent tout l'Avent sont d'ailleurs toujours les mêmes : Isaïe, Jean-Baptiste et la Vierge Marie, un prophète, un précurseur et une mère. C'est chez Isaïe que se trouve le verset le plus associé à ce temps : « Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu'elle appellera Emmanuel », soit « Dieu-avec-nous », au chapitre 7 verset 14, dans la traduction liturgique officielle.
Le 17 décembre, l'Avent change de régime
Voilà une chose que presque personne ne sait, et qui change la façon de vivre la fin du mois. Jusqu'au 16 décembre, la liturgie regarde surtout le retour du Christ à la fin des temps. À partir du 17, elle se tourne directement vers la Nativité. Ce n'est plus la même semaine. Les textes changent, les antiennes changent, et ce basculement est inscrit dans les livres.
Si vous avez l'impression que l'Avent « ne parle pas de Noël », vous avez raison, et pour les deux premiers tiers c'est voulu. La préparation proche tient en huit jours.
L'Avent n'est pas un carême de Noël
C'est l'idée reçue la plus répandue sur ce temps, et elle a une bonne raison d'exister : le violet de l'Avent est exactement le même que celui du Carême, et dans les deux temps le Gloria se tait. Deux signes visibles et audibles, identiques. Beaucoup en concluent logiquement que l'Avent serait un petit Carême.
Ce n'est pas le cas, et cela se vérifie sur trois textes.
Premier texte, le droit de l'Église. Le Code de droit canonique ne laisse pas la question ouverte : « Les jours et temps de pénitence pour l'Église tout entière sont chaque vendredi de toute l'année et le temps du Carême ». C'est une énumération complète, elle nomme deux choses, et l'Avent n'en fait pas partie. Le canon suivant précise que l'abstinence et le jeûne ne sont prescrits que deux jours dans l'année, le Mercredi des Cendres et le Vendredi saint. Il n'existe donc aucun jeûne d'Avent dans le droit de l'Église.
Deuxième texte, le Missel. Les Normes universelles qualifient l'Avent de « temps de pieuse et joyeuse attente ». Le Service national de la pastorale liturgique le relève sans détour : les prières et les préfaces de l'Avent soulignent l'attente et ne parlent pas de pénitence. Il n'y a plus, dans l'Avent d'aujourd'hui, de note pénitentielle hormis la couleur violette et l'absence du Gloria.
Troisième texte, et c'est le plus parlant, la Présentation générale du Missel romain. Elle règle le sort de l'Alléluia en une phrase : « L'Alléluia est chanté en tout temps en dehors du Carême ». Pendant le Carême, on le remplace. Pendant l'Avent, on le garde. Si l'Avent était un carême, l'Alléluia se tairait, et il ne se tait pas.
Le tableau qui tranche
| Avent | Carême | |
|---|---|---|
| Durée | 22 à 28 jours | 40 jours |
| Couleur | Violet | Violet |
| Rose permis | 3e dimanche, Gaudete | 4e dimanche, Laetare |
| Gloria | Omis le dimanche | Omis le dimanche |
| Alléluia | Conservé | Remplacé |
| Temps de pénitence au sens du droit | Non | Oui |
| Jours de jeûne prescrits | Aucun | Le Mercredi des Cendres |
| Qualification officielle | Pieuse et joyeuse attente | Temps de pénitence |
Si le Carême vous intéresse pour lui-même, nous l'avons traité à part, dates et piliers compris, dans notre article sur le Carême. Nous ne refaisons pas ici ce qui y est déjà dit.
D'où vient alors cette idée de carême de Noël ?
D'une histoire réelle, et c'est ce qui la rend tenace. Il a bel et bien existé un carême avant Noël. Deux conciles, celui de Tours en 563 et celui de Mâcon en 581, attestent une période de pénitence préparatoire à Noël, d'environ quarante jours, allant du 11 novembre, fête de saint Martin, jusqu'à Noël, avec jeûne les lundis, mercredis et vendredis. Le fait est rapporté par le Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, cité par le Service national de la pastorale liturgique.
Plus tôt encore, en Gaule et en Espagne, une préparation ascétique de trois semaines aux fêtes de Noël et de l'Épiphanie semble avoir été liée à la préparation au baptême administré à l'Épiphanie. L'Avent garde des traces de ces usages, il n'en garde pas la discipline.
Autrement dit, l'idée reçue n'est pas une invention : c'est une discipline périmée qu'on continue de citer. Ce qui subsiste, et qui est encouragé, c'est la confession : l'ordo liturgique français note qu'une célébration communautaire de la pénitence peut être d'un grand profit pendant l'Avent, particulièrement dans la semaine qui précède Noël. Si vous ne savez pas comment vous y prendre, nous l'expliquons pas à pas dans notre guide de la confession. Se confesser pendant l'Avent, oui. Jeûner parce que ce serait obligatoire, non.
Le violet de l'Avent, et le rose du troisième dimanche
La règle des couleurs tient en deux lignes de la Présentation générale du Missel romain, au numéro 346. Première ligne : « On emploie le violet aux temps de l'Avent et du Carême. » Seconde ligne, celle qu'on cite mal : « On peut employer le rose, là où c'est l'usage, au troisième dimanche de l'Avent (Gaudete) et au quatrième dimanche de Carême (Laetare). »
Notez les deux précautions du texte : « on peut » et « là où c'est l'usage ». Le rose n'est pas obligatoire, et son absence dans votre paroisse n'est pas un manquement. C'est une faculté, laissée à la coutume du lieu.
Gaudete est le premier mot latin de l'introït de ce dimanche, et il signifie « réjouissez-vous ». Le Dictionnaire de Liturgie de Dom Robert Le Gall le décrit comme une pause au milieu de l'Avent et une anticipation de la joie de Noël. Pour mieux le marquer, on peut non seulement sortir les ornements roses, mais aussi jouer de l'orgue et fleurir l'église. Ce qui suppose, et c'est exact, que pendant le reste de l'Avent la musique et les fleurs restent sobres.
Voilà le vrai régime de l'Avent, et il n'a rien à voir avec une privation : une sobriété de la décoration, pas une pénitence du corps. Si le sujet des ornements vous intéresse, nous avons détaillé le vêtement liturgique et ses couleurs dans notre article sur la chasuble.
La couronne de l'Avent : signification et bougies
C'est l'objet le plus visible de ce temps, et le seul que le Saint-Siège commente explicitement. Le Directoire sur la piété populaire lui consacre son numéro 98 : quatre cierges disposés sur une couronne de rameaux toujours verts, devenue « le symbole de l'Avent dans les maisons des chrétiens ». On allume un cierge de plus chaque dimanche, jusqu'à Noël.
Le sens que le texte lui donne est double : raviver la mémoire des différentes étapes de l'histoire du salut antérieures au Christ, et symboliser la lumière des prophéties qui éclairaient la nuit de l'attente du peuple de Dieu. La couronne ne compte pas les jours, elle raconte une histoire.
Un point que les ordos français tiennent à rappeler : la couronne de l'Avent est d'origine domestique, et les pasteurs sont invités à le redire aux fidèles, en précisant qu'ils trouveraient grand profit à accomplir ce rite à la maison. Sa place première est donc chez vous, pas au chœur. Si vous voulez lui donner un cadre, nous expliquons comment aménager un coin de prière dans notre guide de l'autel domestique.
Quand allumer les 4 bougies de l'Avent ?
Une de plus à chaque dimanche, et on ne les éteint pas entre-temps au sens où l'on ne revient pas en arrière : le premier dimanche, une bougie ; le deuxième, les deux premières ; le troisième, trois ; le quatrième, les quatre. Le geste se fait le dimanche, puisque c'est le dimanche qui structure l'Avent, et non le 1er décembre.
C'est la différence de fond avec le calendrier du commerce : l'un suit les dimanches de la liturgie, l'autre suit les cases d'un mois civil. Dans les familles, l'usage est d'allumer au repas du soir ou au moment de la prière, avec un mot de l'Écriture. Si vous cherchez une forme pour ce moment, notre article sur la prière du soir en donne plusieurs.
Les quatre bougies ont-elles chacune un sens ?
Ici, il faut être honnête, parce que les deux réponses qui circulent ne viennent pas du même endroit.
Le Saint-Siège ne donne pas de sens particulier à chaque cierge : il donne un sens à l'ensemble, la lumière des prophéties et les étapes de l'histoire du salut. Une tradition française répandue, relayée par l'Église catholique en France, attribue en revanche un thème à chaque dimanche : la première bougie pour le pardon à Adam et Ève, la deuxième pour la foi des patriarches en la Terre promise, la troisième pour la joie de David célébrant l'Alliance, la quatrième pour l'enseignement des prophètes annonçant un règne de paix et de justice.
Les deux lectures sont compatibles, et la seconde est une belle pédagogie. Mais elle est présentée comme « une tradition », pas comme la signification officielle, et nous préférons vous le dire plutôt que de vous servir la liste comme une règle. Si quelqu'un vous donne une autre répartition, il n'a pas forcément tort non plus.
D'où vient cette couronne ?
D'Allemagne, et plus tard qu'on ne le croit en France. L'historienne Nadine Cretin, dans l'étude publiée par le Service national de la pastorale liturgique, retrace le parcours : les couronnes de l'Avent sont adoptées d'abord en Allemagne orientale au XVIe siècle, puis dans les milieux luthériens et catholiques de toute l'Allemagne. Elles semblent avoir été inspirées de la couronne de sainte Lucie, figure suédoise de la lumière fêtée le 13 décembre, au moment du solstice d'hiver. Nous consacrons un article à cette sainte de l'Avent, sainte Lucie et sa prière.
En France, la couronne n'apparaît timidement que dans le premier tiers du XXe siècle, longtemps gênée par son association aux rites funéraires, et elle ne se répand que dans la seconde moitié du siècle. Si votre grand-mère n'en avait pas, ce n'est pas qu'elle était moins pieuse : l'objet n'était pas encore arrivé chez elle.
Dernière précision utile, et elle évite une confusion courante : la même étude distingue la couronne de l'Avent, horizontale, posée sur un meuble ou suspendue, qui porte les quatre bougies et symbolise la croissance de la lumière, de la couronne de Noël, verticale, accrochée à la porte, d'origine anglo-saxonne, qui symbolise l'hospitalité. Ce ne sont pas deux variantes du même objet, ce sont deux objets.
Est-ce que le calendrier de l'Avent est religieux ?
Voici la seconde idée reçue, et la réponse est plus nuancée qu'un oui ou un non. Le temps de l'Avent est religieux. L'objet « calendrier de l'Avent », tel qu'on l'achète, n'a pas d'origine liturgique.
Ce qui se vérifie de deux manières. D'abord, le Directoire sur la piété populaire consacre dix numéros à l'Avent et y recense les formes de piété que l'Église reconnaît et encourage : la couronne de l'Avent, les processions de l'Avent, les Quatre-Temps d'hiver, les neuvaines de l'Immaculée Conception et de Noël, la crèche. Le calendrier à cases n'est pas dans cette liste. Ensuite, le même document n'a pas de mots tendres pour ce que la saison est devenue : il observe que « de nos jours, la préparation de Noël se réduit à l'organisation d'une opération commerciale, qui est faite de multiples propositions vides de sens ».
Cela ne veut pas dire qu'il faut jeter celui des enfants. Le calendrier est une coutume domestique, et une coutume domestique n'a pas besoin d'un décret pour être bonne : la couronne elle-même en est une. La question n'est pas la boîte, c'est ce qu'il y a derrière les cases. Vingt-quatre chocolats ne préparent rien. Vingt-quatre versets, ou un santon de plus chaque soir jusqu'à la crèche, préparent quelque chose. Le Directoire note d'ailleurs que la préparation de la crèche, à laquelle les enfants sont particulièrement associés, rend présent le mystère de Noël dans la famille.
Les antiennes Ô, le vrai compte à rebours de l'Avent
Et si vous cherchez un compte à rebours liturgique authentique, il existe, il est bien plus ancien que le calendrier, et il dure sept jours. Du 17 au 23 décembre, les vêpres de chaque soir sont solennisées par une grande antienne, chantée au Magnificat. Elles commencent toutes par l'interjection « Ô », d'où leur nom. L'Église romaine les chantait déjà avec solennité au temps de Charlemagne, et vers 830 Amalaire de Metz observait que ces « ô » marquent l'admiration et introduisent dans l'ordre de la vision plus que dans celui du récit.
Le Directoire va jusqu'à recommander d'inviter les fidèles à ces vêpres entre le 17 et le 23 décembre, estimant qu'elles constitueraient « une excellente neuvaine de Noël », à la fois pleinement liturgique et attentive à la piété populaire. Nous expliquons le principe de cette forme de prière dans notre article sur la neuvaine.
| Date | Antienne | Ce qu'elle appelle |
|---|---|---|
| 17 décembre | O Sapientia | Ô Sagesse, enseigne-nous le chemin de la prudence |
| 18 décembre | O Adonai | Ô Adonaï, chef de ton peuple Israël, viens nous délivrer |
| 19 décembre | O Radix Jesse | Ô Rameau de Jessé, délivre-nous, ne tarde plus |
| 20 décembre | O Clavis David | Ô Clé de David, arrache les captifs des ténèbres |
| 21 décembre | O Oriens | Ô Soleil de justice, illumine ceux qui sont dans les ténèbres |
| 22 décembre | O Rex Gentium | Ô Roi des nations |
| 23 décembre | O Emmanuel | Ô Emmanuel, notre Roi, viens nous sauver |
Une remarque de méthode, puisque beaucoup de sites écrivent « du 17 au 24 décembre » : les antiennes sont sept, du 17 au 23. Le 24 au soir, ce ne sont plus les vêpres de l'Avent qui se chantent mais les premières vêpres de la Nativité. L'Avent est déjà fini.
Dernier détail qui ferme la boucle : on chante ces antiennes au Magnificat, le cantique de Marie, pour marquer que le Sauveur attendu nous vient par elle. Nous avons donné le texte complet et le sens de ce cantique dans notre article sur le Magnificat.
Les fêtes qui tombent pendant l'Avent
L'Avent n'est pas un couloir vide entre la Toussaint et Noël. Trois rendez-vous y sont solidement installés, et ce sont eux qui donnent au mois sa texture.
Le 8 décembre, l'Immaculée Conception, et c'est la grande solennité mariale de ce temps. Le Directoire relève qu'elle est profondément ancrée dans la vie spirituelle des fidèles, et que son contenu, la préparation prochaine à la naissance de Jésus, s'harmonise avec les thèmes de l'Avent : la longue attente messianique, les prophéties, les symboles de l'Ancien Testament. La neuvaine qui la précède en est la principale expression populaire. C'est aussi la fête du titre que porte l'objet le plus demandé de notre catalogue, la médaille miraculeuse et son invocation « Ô Marie conçue sans péché ».
Le 6 décembre, saint Nicolas, qui précède de peu le personnage que le commerce en a tiré, et dont nous donnons la prière et l'histoire dans notre article sur saint Nicolas.
Le 13 décembre, sainte Lucie, fête de la lumière, celle dont la couronne a probablement inspiré la nôtre. En 2026, elle tombe précisément le dimanche de Gaudete : la lumière et la joie le même jour.
Pour situer ces dates dans l'ensemble du cycle, nous tenons un calendrier des saints mois par mois. Et si vous vous demandez où s'arrête l'Avent et où commence la fête, nous décrivons le 25 décembre lui-même, messes et crèche comprises, dans que font les chrétiens le jour de Noël. Un mot sur l'amont, aussi : la Toussaint ferme le mois qui précède, et l'Avent s'ouvre quelques semaines après elle.
Vivre l'Avent chez soi, sans en faire un Noël avant l'heure
Tout ce qui précède se résume à une seule discipline, et elle est moins exigeante qu'un jeûne : ne pas consommer la fête avant la fête. Le sapin décoré, les chants de Noël et le repas de réveillon appartiennent au temps de Noël, qui commence le 24 au soir et dure jusqu'au dimanche après l'Épiphanie. L'Avent, lui, est l'attente.
Trois gestes suffisent à le tenir, et ils sont tous les trois recommandés par les textes que nous avons cités.
- La couronne, à la maison, allumée le dimanche. C'est l'usage que les pasteurs sont invités à encourager, et sa place est domestique.
- La crèche, montée progressivement, avec les enfants, l'Enfant posé seulement la nuit du 24. La coutume d'installer de petites crèches dans les maisons s'est répandue à partir du XIIIe siècle, sur l'exemple de celle que saint François d'Assise avait aménagée à Greccio en 1223.
- Un temps de prière court et quotidien, le soir de préférence, puisque c'est l'heure que la liturgie a elle-même choisie pour les grandes antiennes. Dom Guéranger en donnait la raison : c'est « sur le Soir du monde » que le Messie est venu.
Et une confession avant Noël, si vous le pouvez. Non par obligation, nous l'avons établi plus haut, mais parce que c'est le seul geste de pénitence que l'Avent recommande vraiment.
Offrir un signe qui reste après le 25
Il y a une raison simple pour laquelle l'Avent et le cadeau se rencontrent : c'est un temps de préparation, et préparer un cadeau en fait partie. Le Directoire ne s'en prend pas au fait d'offrir, il s'en prend aux « propositions vides de sens ». La question est donc la même que pour le calendrier : qu'est-ce qu'il y a derrière.
Un bijou chrétien répond bien à cette question, parce qu'il se porte après la fête. Une médaille, une croix ou un pendentif marial ne finissent pas dans un placard le 26 décembre.
- Pour marquer le 8 décembre ou offrir à une femme qui a une dévotion mariale, nos bijoux de la Vierge Marie, médaille miraculeuse comprise.
- Pour un patronage, un prénom ou une protection précise, nos médailles de saints.
- Pour un homme, un adolescent, ou quelqu'un qui préfère le signe le plus simple, nos colliers croix, et l'ensemble de nos bijoux croix si vous cherchez une bague ou un bracelet.
Un mot franc sur ce que vous achetez, parce que nous préférons le dire que le laisser deviner : notre cœur de gamme est en acier inoxydable, qui ne rouille pas et ne noircit pas, et nous proposons aussi de l'argent 925, plus noble et qui se ternit normalement avec le temps. Nos pièces sont fabriquées en Chine et nous l'assumons : ce qui fait leur valeur est le sens qu'elles portent et la tenue réelle du métal, pas une origine affichée pour faire prestige. Chaque commande part dans un écrin.
Pour le choix du bijou lui-même, destinataire par destinataire, et pour la question du délai avant le 25, nous avons écrit un guide complet : le cadeau chrétien de Noël. Nous ne le refaisons pas ici.
Quatre semaines pour attendre, et non pour patienter
Vous aviez trois questions en arrivant. La date ne bouge pas au hasard : c'est le dimanche le plus proche du 30 novembre, toujours entre le 27 novembre et le 3 décembre, et vous avez le tableau jusqu'en 2033. Le jeûne n'est pas requis : le droit de l'Église nomme ses temps de pénitence et l'Avent n'y figure pas, l'Alléluia qu'on continue de chanter en est la preuve sonore. Et les bougies s'allument une par dimanche, pas une par jour, parce que l'Avent se compte en dimanches et non en cases.
Reste la promesse du début, qui est la seule chose à retenir si vous ne retenez rien d'autre : ce temps est qualifié par les textes officiels de « pieuse et joyeuse attente ». Ni une privation, ni une avant-fête. Une attente, et elle est joyeuse.
Si vous préparez un cadeau pour cette période, nous vous invitons à découvrir nos médailles de saints : un signe discret, qui se porte toute l'année et qui dira encore quelque chose au mois de mars.
Questions fréquentes
Quelle est la signification de l'Avent ?
Le mot vient du latin adventus, « venue », « avènement ». L'Avent est le temps qui précède Noël et qui ouvre l'année liturgique. Les Normes universelles de l'Année liturgique lui reconnaissent une double caractéristique : préparer les solennités de la Nativité, où l'on commémore la venue du Fils de Dieu parmi les hommes, et tourner les âmes vers l'attente de son second avènement à la fin des temps. Pour ces deux raisons, le même texte le définit comme un « temps de pieuse et joyeuse attente ».
Quand débute la période de l'Avent ?
Aux premières vêpres du dimanche qui tombe le 30 novembre, ou qui est le plus proche de ce jour. Le premier dimanche de l'Avent se situe donc toujours entre le 27 novembre et le 3 décembre. L'autre formulation courante, « le quatrième dimanche avant Noël », donne exactement le même dimanche. L'Avent se termine avant les premières vêpres de la Nativité, le 24 décembre au soir, et dure selon les années entre 22 et 28 jours.
Quels sont les 4 temps de l'Avent ?
Ce sont les quatre dimanches, et leur progression est constante d'une année sur l'autre. Le premier est un réveil, tourné vers la venue du Christ à la fin des temps. Le deuxième présente Jean-Baptiste et son appel à la conversion. Le troisième, dimanche de Gaudete, prend une tonalité de joie et nomme celui qu'on attend. Le quatrième, dans la proximité de Noël, annonce qui est cet enfant, avec Marie au centre. À partir du 17 décembre, la liturgie se tourne directement vers la Nativité.
Quel est le sens de la couronne de l'Avent ?
Quatre cierges sur une couronne de rameaux toujours verts, dont on allume un de plus chaque dimanche. Le Directoire sur la piété populaire lui donne deux sens : raviver la mémoire des étapes de l'histoire du salut antérieures au Christ, et symboliser la lumière des prophéties qui éclairaient la nuit de l'attente du peuple de Dieu. Elle est d'origine domestique, et sa place première est à la maison. Ne la confondez pas avec la couronne de Noël, verticale, accrochée à la porte, qui symbolise l'hospitalité.
Quand allumer les 4 bougies de l'Avent ?
Une de plus à chaque dimanche de l'Avent, et non une par jour. Le premier dimanche, une seule ; le deuxième, deux ; le troisième, trois ; le quatrième, les quatre. Le geste se fait le dimanche parce que c'est le dimanche qui structure ce temps, et non le 1er décembre. Dans les familles, l'usage est de l'accompagner d'un mot de l'Écriture et d'une courte prière, le plus souvent le soir.
Est-ce que le calendrier de l'Avent est religieux ?
Le temps de l'Avent est religieux, l'objet ne l'est pas d'origine. Le calendrier à cases n'apparaît pas parmi les formes de piété de l'Avent que le Directoire sur la piété populaire recense et encourage, lesquelles sont la couronne, les processions, les Quatre-Temps d'hiver, les neuvaines et la crèche. Le même document met en garde contre la réduction de la préparation de Noël à une opération commerciale. Rien n'interdit pour autant un calendrier familial : tout dépend de ce qu'il y a derrière les cases, un verset valant mieux qu'un chocolat.
Sources
- Normes universelles de l'Année liturgique et du calendrier, nn. 39-40, publiées par le diocèse de Rennes : la double caractéristique de l'Avent, sa qualification de « temps de pieuse et joyeuse attente », et la règle de date au mot près, des premières vêpres du dimanche qui tombe le 30 novembre ou en est le plus proche jusqu'avant les premières vêpres de la Nativité.
- Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 2001 : l'Avent comme temps d'attente, de conversion et d'espérance joyeuse (n. 96), la couronne de l'Avent et le sens de ses quatre cierges (n. 98), les processions et les Quatre-Temps d'hiver (nn. 99-100), la Vierge Marie dans l'Avent et l'Immaculée Conception (nn. 101-102), les Grandes Antiennes Ô aux vêpres du 17 au 23 décembre comme « excellente neuvaine de Noël » (n. 103), la crèche depuis Greccio en 1223 (n. 104), et la mise en garde contre la préparation de Noël réduite à une opération commerciale (n. 105).
- Présentation générale du Missel romain : le Gloria chanté ou dit le dimanche en dehors de l'Avent et du Carême, aux solennités et aux fêtes (n. 53) ; l'Alléluia chanté en tout temps en dehors du Carême, et remplacé pendant le seul Carême (n. 62) ; le violet employé aux temps de l'Avent et du Carême, et le rose qu'on « peut employer, là où c'est l'usage », au troisième dimanche de l'Avent et au quatrième de Carême (n. 346).
- Code de droit canonique, canons 1249 à 1253, « Les jours de pénitence » : les jours et temps de pénitence pour l'Église tout entière sont chaque vendredi de toute l'année et le temps du Carême (can. 1250), l'abstinence et le jeûne n'étant prescrits que le Mercredi des Cendres et le Vendredi de la Passion (can. 1251). L'Avent n'est pas nommé.
- Monique Brulin, « Chanter le Magnificat : les antiennes Ô de l'Avent », Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle : les sept antiennes du 17 au 23 décembre avec leur texte latin et français, leur place au Magnificat des vêpres, l'usage attesté au temps de Charlemagne, l'observation d'Amalaire de Metz vers 830 et celle de Dom Guéranger sur l'heure des vêpres.
- Nadine Cretin, docteur en histoire, « Les couronnes de l'Avent : origine et signification », Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle : l'adoption des couronnes en Allemagne orientale au XVIe siècle puis dans les milieux luthériens et catholiques d'Allemagne, l'inspiration probable de la couronne de sainte Lucie fêtée le 13 décembre, la distinction entre couronne de l'Avent horizontale et couronne de Noël verticale anglo-saxonne, et l'arrivée tardive de l'objet en France au XXe siècle.
- Pierre Remise, « L'Avent est-il un temps de pénitence ? », Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle : la réponse tirée du Missel, l'absence de note pénitentielle hormis le violet et l'omission du Gloria, les préfaces et collectes citées, et le rappel des conciles de Tours (563) et de Mâcon (581) attestant un ancien carême de quarante jours du 11 novembre à Noël, d'après le Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie.
- Église catholique en France, entrée « Avent » du glossaire : l'étymologie adventus, l'ouverture au quatrième dimanche précédant Noël, la formule des trois venues « Il est venu, Il vient, Il reviendra », et la tradition qui attribue à chacune des quatre bougies un thème, Adam et Ève, les patriarches, David, les prophètes, présentée comme « une tradition » et non comme la signification officielle.
- Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, Ordo 2026-2027 : la consigne d'encourager dans les paroisses l'usage de la couronne de l'Avent, le rappel qu'elle est « d'origine domestique » et le profit à l'accomplir à la maison, et l'opportunité d'une célébration communautaire de la pénitence pendant l'Avent, particulièrement la semaine qui précède Noël.
Nos sources
- Normes universelles de l'Année liturgique et du calendrier, nn. 39-40, publiées par le diocèse de Rennes : la double caractéristique de l'Avent, sa définition comme « temps de pieuse et joyeuse attente », et la règle de date exacte, premières vêpres du dimanche qui tombe le 30 novembre ou qui en est le plus proche, jusqu'avant les premières vêpres de la Nativité (nouvelle fenêtre) Église officielle, texte liturgique de référence
- Congrégation pour le culte divin, Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2001) : l'Avent comme temps d'attente, de conversion et d'espérance (n. 96), la couronne de l'Avent et le sens de ses quatre cierges (n. 98), les Grandes Antiennes Ô aux vêpres du 17 au 23 décembre (n. 103), la crèche (n. 104) et la mise en garde contre la réduction de la préparation de Noël à une opération commerciale (n. 105) (nouvelle fenêtre) Magistère, Saint-Siège
- Présentation générale du Missel romain : le Gloria chanté le dimanche en dehors de l'Avent et du Carême (n. 53), l'Alléluia chanté en tout temps en dehors du Carême (n. 62), le violet employé aux temps de l'Avent et du Carême et le rose possible là où c'est l'usage au troisième dimanche de l'Avent (n. 346) (nouvelle fenêtre) Magistère, Saint-Siège
- Code de droit canonique, canons 1249 à 1253 : les jours et temps de pénitence pour l'Église tout entière sont chaque vendredi de l'année et le temps du Carême (can. 1250), l'abstinence et le jeûne étant prescrits le Mercredi des Cendres et le Vendredi saint (can. 1251). L'Avent n'y figure pas (nouvelle fenêtre) Magistère, droit de l'Église
- Monique Brulin, « Chanter le Magnificat : les antiennes Ô de l'Avent », Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle : les sept antiennes du 17 au 23 décembre, leur texte latin et français, leur place au Magnificat des vêpres, et l'observation d'Amalaire de Metz vers 830 (nouvelle fenêtre) Église officielle, Conférence des évêques de France
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