La chasuble : le vêtement du prêtre et ses couleurs
Sommaire
- Qu'est-ce que la chasuble du prêtre
- Comment s'appellent les vêtements des prêtres
- Chasuble prêtre couleur : le tableau des couleurs liturgiques
- À savoir : trois idées fausses sur les couleurs
- Matières et confection : ce que la règle demande
- Chasuble prêtre ancienne : l'histoire d'une forme, de la paenula à aujourd'hui
- Chasuble prêtre prix : ce qui fait le coût, et pourquoi nous n'en vendons pas
- Questions fréquentes
- Un vêtement qui se lit, et des bijoux qui se portent
- Sources
Vous avez vu le prêtre changer de couleur d'un dimanche à l'autre et vous vous demandez ce que décide cette couleur. Vous cherchez le nom exact du vêtement qu'il porte par-dessus les autres, et celui de ce qu'il y a dessous. Ou bien vous voulez simplement savoir pourquoi, ce dimanche-là, l'ornement était rose.
La chasuble est le vêtement propre au prêtre qui célèbre la messe, et sa couleur n'est pas un choix personnel : elle est fixée par le Missel romain, temps liturgique par temps liturgique et fête par fête. C'est pour cela qu'elle change d'un dimanche à l'autre, et pour cela aussi que le code est le même dans toute l'Église latine, à quelques permissions près que nous détaillons plus bas.
Vous trouverez ici ce qu'est exactement ce vêtement, qui le porte et à quel moment, sa place parmi l'aube, l'étole et la dalmatique, le tableau complet des couleurs liturgiques avec leurs fêtes et leur sens, les matières autorisées, et l'histoire de la forme depuis le manteau de pluie des Romains.
En bref
- La chasuble est le vêtement propre au prêtre qui célèbre la messe. Elle se porte par-dessus l'aube et l'étole, et le prêtre la reçoit le jour de son ordination, après l'onction des mains.
- Le mot vient du latin casula, formé sur casa, « maison » : le vêtement enveloppait entièrement celui qui le portait, comme une maisonnette ou une tente.
- Six couleurs sont prévues par le Missel romain : le blanc, le rouge, le vert, le violet, le noir et le rose. Le texte distingue nettement celles qu'« on emploie » de celles qu'« on peut employer » là où c'est la coutume.
- L'or n'est pas une septième couleur du calendrier : les jours les plus solennels, on peut employer des ornements de fête particulièrement beaux, même s'ils ne sont pas de la couleur du jour.
- Nous ne vendons pas de chasubles, ni aucun ornement liturgique. Cet article explique un vêtement, il ne vous vend rien.
Qu'est-ce que la chasuble du prêtre
Un manteau ample, sans manches, qu'on enfile par la tête
La définition la plus courte est celle du glossaire de la Conférence des évêques de France : « sorte de manteau ample, sans manches », portée par le prêtre pour la célébration de la messe, et dont la couleur dépend du temps liturgique ou des circonstances. Il n'y a ni boutonnage, ni ceinture, ni fermeture : la chasuble se passe par la tête et retombe devant et derrière.
Le nom le dit. En latin, casula est un diminutif de casa, la maison. Le lexique du service national de la pastorale liturgique explique que le vêtement, qui enveloppait complètement celui qui le portait, « évoquait une maisonnette ou une tente ». C'est une image de couverture, pas de parure.
Qui la porte, et quand
La règle est dans la Présentation générale du Missel romain, le texte qui fixe la manière de célébrer la messe dans l'Église latine. Elle est nette : « le vêtement propre au prêtre célébrant, pour la messe et les autres actions sacrées en lien direct avec la messe, est la chasuble » (n. 337). Évêques et prêtres la portent, le diacre non : lui a la dalmatique.
Quand plusieurs prêtres célèbrent ensemble, la chasuble n'est pas forcément portée par tous. Le lexique liturgique précise que, lors d'une concélébration, « le célébrant principal, au moins, la porte ». Les autres peuvent rester en aube et étole.
Hors de la messe, ce n'est pas la chasuble qui est prévue mais le pluvial, plus connu sous le nom de chape : le Missel le réserve aux processions et aux autres actions liturgiques, « selon les rubriques propres à chaque rite » (n. 341). Si vous voulez savoir ce que le prêtre a sous les yeux pendant ce temps-là, nous avons détaillé le livre de la messe dans notre article sur l'usage du missel.
Le prêtre la reçoit à son ordination
Ce n'est pas un détail de vestiaire. Le lexique liturgique rappelle que le prêtre reçoit la chasuble au cours de la cérémonie de son ordination, après l'onction des mains : le vêtement est remis avec le ministère, il n'est pas acheté avec un équipement. C'est l'un des gestes visibles du sacrement de l'ordre, l'un des sept sacrements de l'Église catholique.
Le même lexique en donne la portée en une phrase, qu'il vaut mieux citer que résumer : « revêtu de la chasuble, le prêtre endosse le Christ, en la personne de qui il agit ». Le vêtement ne met pas en valeur celui qui le porte, il le recouvre. C'est exactement l'inverse d'un habit de fonction.
Comment s'appellent les vêtements des prêtres
Ce qu'il y a dessous : l'amict et l'aube
Le Missel romain décrit un empilement, et chaque pièce a un nom. Le vêtement de base est l'aube, commune à tous les ministres ordonnés et institués, de tout degré, serrée autour des reins par un cordon (n. 336). Si l'aube ne recouvre pas l'habit ordinaire autour du cou, on met avant elle un amict, un rectangle de tissu blanc.
Le texte ajoute une précision qui a son importance pour comprendre la hiérarchie des pièces : on ne peut pas remplacer l'aube par le surplis lorsqu'on doit revêtir la chasuble. Les acolytes, les lecteurs et les autres ministres laïcs, eux, peuvent porter l'aube ou un autre vêtement approuvé par la Conférence des évêques (n. 339).
L'étole, le signe de l'ordre reçu
Entre l'aube et la chasuble vient l'étole, une bande d'étoffe de la couleur du jour. La manière de la porter distingue le prêtre du diacre, et c'est un repère simple à vérifier des yeux. Le Missel est explicite : le prêtre « porte l'étole autour du cou et la laisse pendre devant la poitrine », le diacre « la porte en sautoir, en travers de la poitrine, de l'épaule gauche au côté droit du corps » (n. 340).
La dalmatique du diacre, la chape hors de la messe
La dalmatique est à la chasuble ce que le diacre est au prêtre : le vêtement propre à son ministère, revêtu lui aussi par-dessus l'aube et l'étole (n. 338). Elle peut être omise en cas de nécessité ou pour un moindre degré de solennité.
Si l'on résume l'ordre d'habillage, du plus près du corps au plus visible : amict, aube et cordon, puis étole, puis chasuble pour le prêtre ou dalmatique pour le diacre, et chape pour les offices hors de la messe. Le Missel donne la raison de tout cet appareil au numéro 335 : la diversité des vêtements liturgiques doit être « le signe de la fonction propre à chaque ministre », et il convient qu'ils soient bénis avant de servir pour la liturgie.
Chasuble prêtre couleur : le tableau des couleurs liturgiques
La liste officielle se trouve au numéro 346 du Missel romain. Sa particularité est qu'elle ne met pas toutes les couleurs sur le même plan : certaines sont prescrites, d'autres seulement permises. Nous avons repris la formulation exacte du texte, verbe par verbe, parce que c'est elle qui porte la nuance.
| Couleur | Quand on l'emploie (Missel romain, n. 346) | Ce qu'elle dit |
|---|---|---|
| Blanc | On emploie. Temps pascal et Temps de Noël ; célébrations du Seigneur qui ne sont pas celles de sa Passion ; la Vierge Marie, les Anges, les saints qui ne sont pas martyrs ; Tous les saints (1er novembre), saint Jean Baptiste (24 juin), saint Jean l'Évangéliste (27 décembre), la Chaire de saint Pierre (22 février), la Conversion de saint Paul (25 janvier) | La pureté, et plus encore la gloire divine et l'éclat de ce qui touche à Dieu. La couleur de la résurrection |
| Rouge | On emploie. Dimanche de la Passion et Vendredi saint ; dimanche de la Pentecôte ; célébrations de la Passion du Seigneur ; fêtes de la naissance au ciel des Apôtres et des Évangélistes ; célébrations de martyrs | Le sang ou le feu, selon la fête : le sang des martyrs et de la Passion, le feu de l'Esprit |
| Vert | On emploie. Offices et messes du Temps ordinaire | La couleur du temps qui dure, celui de la croissance et de l'attente, hors des grandes fêtes |
| Violet | On emploie aux temps de l'Avent et du Carême. On peut aussi le prendre pour les offices et les messes des défunts | Une tonalité pénitentielle, de préparation, sans être funèbre |
| Noir | On peut employer, aux messes des défunts, là où c'est la coutume | Le deuil, laissé à l'usage local et non imposé |
| Rose | On peut employer, là où c'est l'usage, au troisième dimanche de l'Avent (Gaudete) et au quatrième dimanche de Carême (Laetare) | Une éclaircie dans le violet : la joie annoncée avant la fête |
| Or et ornements de fête | On peut employer, aux jours les plus solennels, des vêtements festifs et particulièrement beaux, même s'ils ne sont pas de la couleur du jour | La solennité elle-même, qui peut l'emporter sur le code du jour |
Le Missel donne la raison de cette variété au numéro précédent, et elle n'est pas décorative : « la variété des couleurs pour les vêtements liturgiques vise à exprimer efficacement et visiblement ce qui caractérise les mystères de foi que l'on célèbre », et par suite le sens de la vie chrétienne qui progresse à travers le déroulement de l'année liturgique (n. 345).
Chasuble prêtre blanche : Pâques, Noël, la Vierge et les saints
Le blanc est la couleur dont le Missel donne la liste la plus longue, au numéro 346 : tout le Temps pascal et tout le Temps de Noël, les fêtes du Seigneur qui ne regardent pas sa Passion, et toutes les mémoires mariales. La règle des saints est précise et elle se retient facilement : blanc pour les saints qui ne sont pas martyrs, rouge pour ceux qui le sont. Le 1er novembre, jour de la Toussaint, est blanc, ce qui le distingue nettement du 2 novembre.
Sur le sens, la revue Célébrer du service national de la pastorale liturgique retient une lecture commune : le blanc « évoque la pureté, mais plus encore la gloire divine et l'éclat de tout ce qui touche à Dieu. C'est la couleur de la résurrection ». C'est aussi la couleur du vêtement de baptême, ce qui explique que l'aube, en dessous, soit blanche par étymologie, d'albus.
Chasuble rouge prêtre : la Passion, la Pentecôte, les martyrs
Le rouge est la couleur des deux extrêmes de l'année : la Passion et le feu de l'Esprit. Il est porté le dimanche des Rameaux et de la Passion, le Vendredi saint, le dimanche de la Pentecôte, aux fêtes des Apôtres et des Évangélistes et aux célébrations de martyrs. La même couleur dit donc le sang versé et le feu reçu, selon la fête. La source liturgique la résume d'une formule : la couleur « qui évoque le sang ou le feu ».
C'est à la Pentecôte que le second sens prend le dessus, le feu plutôt que le sang. Nous avons détaillé ce que l'Église fête ce jour-là dans notre article sur le rôle de l'Esprit Saint.
Le vert du Temps ordinaire
Le vert est la couleur que l'on voit le plus dans l'année, parce que le Temps ordinaire en est la plus longue période. Le Missel le dit en une ligne, sans symbolisme ajouté : on emploie le vert aux offices et aux messes du Temps ordinaire. Le texte normatif n'assigne aucune signification au vert, et nous ne lui en inventerons pas. Les lectures proposées par les liturgistes, la croissance du Royaume ou l'attente confiante, sont des interprétations reçues, pas une règle.
Le violet de l'Avent et du Carême, et le rose de Gaudete et Laetare
Le violet marque les deux temps de préparation, l'Avent avant Noël et le Carême avant Pâques. Le Missel ajoute qu'on peut aussi le prendre pour les offices et les messes des défunts, et le numéro 347 le prévoit encore pour les messes à caractère pénitentiel.
Deux dimanches par an, le violet peut virer au rose, et ce n'est pas une fantaisie : c'est écrit dans le Missel. Le troisième dimanche de l'Avent, dit Gaudete, et le quatrième dimanche de Carême, dit Laetare, portent une permission explicite, « là où c'est l'usage ». Les deux noms viennent du premier mot de l'antienne d'ouverture : « réjouissez-vous ». Si vous voyez du rose un dimanche de mars, vous savez maintenant où vous en êtes dans le calendrier.
Le noir, l'or et le bleu : ce que la règle permet vraiment
Sur ces trois couleurs, toute la nuance tient à un verbe. Le Missel n'écrit pas qu'on emploie le noir aux funérailles : il écrit qu'« on peut employer le noir aux messes des défunts, là où c'est la coutume ». Le violet, lui, est explicitement prévu pour les offices et les messes des défunts : une paroisse qui l'emploie est aussi conforme qu'une paroisse qui garde le noir.
Pour l'or, la mécanique est différente. Le numéro 346 ne le nomme pas comme une couleur du calendrier : il autorise, aux jours les plus solennels, des ornements festifs et particulièrement beaux, même s'ils ne sont pas de la couleur du jour. La source liturgique du SNPLS décrit du reste l'or comme une couleur qui vient « suppléer le blanc, le rouge et le vert », et signale le bleu employé « en certains lieux, pour les fêtes de la Vierge Marie ». Ni l'or ni le bleu ne sont des couleurs prescrites : ce sont des usages admis.
Un dernier numéro évite les faux débats sur les messes particulières. Pour un mariage, un baptême ou une ordination, le Missel prévoit la couleur propre du rite, ou le blanc, ou la couleur de fête ; pour les messes pour intentions diverses, la couleur du jour ou du temps, ou le violet si elles ont un caractère pénitentiel (n. 347).
À savoir : trois idées fausses sur les couleurs
- « Le noir est la couleur des enterrements. » Il est permis là où c'est la coutume, pas prescrit. Le violet est explicitement prévu pour les messes des défunts.
- « Le prêtre choisit la couleur de sa chasuble. » Elle suit le jour, et la règle est la même dans toute l'Église latine. La marge d'appréciation porte sur les permissions du numéro 346, pas sur le code lui-même.
- « Les cinq couleurs viennent des premiers siècles. » Elles ont été fixées par Rome au XVIe siècle. Avant cela, l'éventail était large et variait d'un lieu à l'autre : du jaune pour l'Épiphanie, du brun pour les confesseurs, du gris cendré en temps pénitentiel dans le rite lyonnais.
Matières et confection : ce que la règle demande
Les tissus autorisés
Il n'existe pas de liste fermée de matières. Le Missel ouvre largement : outre les matières traditionnelles, on peut employer les fibres naturelles propres à chaque pays, ainsi que certaines fibres artificielles, « pourvu qu'elles conviennent à la dignité de l'action sacrée et de celui qui l'accomplit », la Conférence des évêques étant juge en ce domaine (n. 343). Le texte ne nomme donc aucun tissu : il pose un critère de convenance et laisse l'épiscopat juge.
Le numéro suivant pose un critère de goût qui est aussi un critère de coût, et il va à l'encontre de l'idée reçue selon laquelle une belle chasuble est une chasuble chargée : « la beauté et la noblesse du vêtement ne doit pas tenir à l'abondance des ornements surajoutés, mais à la matière employée et à la forme du vêtement » (n. 344). Le décor est permis, à condition qu'il indique un usage sacré.
Chasuble prêtre personnalisé : la pièce faite pour un lieu
La personnalisation existe, mais elle n'est pas d'abord une affaire de broderie au nom du prêtre. Dans le dossier du département d'Art sacré sur la paramentique, une cistercienne du monastère de la Merci-Dieu décrit sa manière de travailler : connaître le style architectural, la dimension de la nef, la couleur des vitraux, du sol, du mobilier, l'intensité de l'éclairage, « tout cela entrant en ligne de compte pour l'intensité et la couleur des décors de chasubles ».
Autrement dit, la pièce est pensée pour une église avant d'être pensée pour un homme, et son idéal est « un vêtement pour un lieu et à la taille de celui qui doit le porter ». C'est le même raisonnement que pour la lumière des vitraux : l'ornement se juge dans le volume où il sera vu, pas sur une table.
Des couturiers s'y sont prêtés. Le même dossier rappelle que Jean-Charles de Castelbajac a conçu, à la demande de Jean-Paul II, les chasubles portées par les évêques aux Journées mondiales de la jeunesse de 1997, celle du pape comprise.
Chasuble prêtre ancienne : l'histoire d'une forme, de la paenula à aujourd'hui
Un manteau de pluie romain
Le vestiaire liturgique n'a pas été inventé pour la liturgie. Le dossier du SNPLS est catégorique sur ce point : il n'est pas le fruit d'une création, mais une adaptation aux fonctions sacrées du costume civil gréco-romain en usage dans l'Empire aux premiers siècles du christianisme. En 382, une loi des empereurs Gratien, Valentinien et Théodose fixe le nombre et la nature des vêtements concédés à chaque classe de la société, et l'Église retient pour ses ministres le costume de ville des sénateurs : une tunique de dessous, le colobus, et un vêtement de dessus, « la paenula ou byrrhus ».
La chasuble est de cette famille. C'était, dans le costume romain, « un manteau de forme circulaire (paenula ou casula) destiné à se garantir des intempéries, du froid en particulier », et ce manteau était commun aux hommes et aux femmes. On la retrouve sur les mosaïques chrétiennes. Longtemps elle fut le vêtement de tous les clercs, à Rome du moins, avant d'être réservée aux évêques et aux prêtres, tandis que la dalmatique devenait le vêtement propre des diacres.
Du XIIIe siècle à la « boîte à violon »
La suite est une histoire de poids. Les étoffes s'enrichissent, les décorations s'alourdissent, et l'on cherche à rendre les bras du célébrant utilisables. De l'Antiquité au XVIIe siècle, la chasuble subit des allégements successifs de tissu et passe par trois familles de formes : la forme romaine, la forme espagnole et la forme française, celle qui aboutit à la chasuble dite « en boîte à violon », dont le nom dit assez la silhouette.
Il faut le dire sans mépris pour ces pièces : la forme réduite a produit des chefs-d'œuvre. Le lexique liturgique le note, cette forme « a donné lieu à de nombreux chefs-d'œuvre dans le domaine de la broderie », et elle est encore utilisée dans quelques pays, dont l'Italie. Beaucoup de ces pièces dorment aujourd'hui dans les sacristies ou sont exposées dans les trésors d'églises, et le département d'Art sacré les décrit comme un patrimoine rare et précieux, souvent délaissé.
Le retour à l'ampleur primitive
Le mouvement s'est inversé au XXe siècle. Le lexique liturgique constate que « la chasuble a retrouvé maintenant sa forme et son ampleur primitives », après avoir été réduite à la boîte à violon des derniers siècles. C'est la raison pour laquelle une chasuble ancienne et une chasuble contemporaine peuvent ne pas se ressembler du tout, tout en étant le même vêtement.
Sur la forme, le Missel laisse d'ailleurs la main aux épiscopats : les Conférences des évêques peuvent définir et proposer au Siège apostolique les adaptations correspondant aux besoins et aux habitudes de chaque pays (n. 342).
Chasuble prêtre prix : ce qui fait le coût, et pourquoi nous n'en vendons pas
Disons-le d'emblée, parce que c'est la raison pour laquelle cette page ne cherche pas à vous vendre quoi que ce soit : nous sommes une bijouterie chrétienne, nous ne vendons pas de chasubles ni aucun ornement liturgique. Si vous en cherchez une, votre interlocuteur est une maison de paramentique, un atelier monastique ou un fournisseur d'ornements d'église, pas nous.
Pour l'ordre de grandeur, voici une mesure et son périmètre exact, afin que vous puissiez la juger. Le 2 octobre 2026, dans le catalogue de la boutique ARS SACRA, premier résultat de Google sur la requête, les 25 références affichées en première page de la catégorie des chasubles se répartissaient ainsi : 22 pièces à l'unité entre 145 et 941 euros, et 3 ensembles de quatre chasubles entre 661 et 1 095 euros. C'est un seul catalogue, une seule page, un seul jour : ce n'est pas le prix du marché, c'est un repère.
Ce qui fait l'écart est cohérent avec ce que demande le Missel. Une chasuble de série en fibre d'entretien facile, destinée à l'usage quotidien, n'a pas le même coût qu'une pièce taillée pour une église précise, tissée et brodée à la main. Le critère du numéro 344 déplace d'ailleurs la valeur là où elle coûte vraiment : la matière et la coupe, pas la quantité de décor ajouté. Et si votre sujet n'est pas le vêtement mais l'espace de la prière, nous avons écrit un guide pour aménager un coin de prière chez soi.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la chasuble du prêtre ?
C'est le vêtement propre au prêtre qui célèbre la messe : un manteau ample, sans manches, qu'on enfile par la tête et qui se porte par-dessus l'aube et l'étole. Le Missel romain le désigne comme « le vêtement propre au prêtre célébrant, pour la messe et les autres actions sacrées en lien direct avec la messe » (n. 337). Sa couleur suit le temps liturgique ou la fête du jour.
Quelle est la signification de la chasuble pour les prêtres ?
Le nom donne la première clé : casula, « petite maison », parce que le vêtement enveloppe entièrement celui qui le porte. Le lexique liturgique en donne la seconde en une phrase : « revêtu de la chasuble, le prêtre endosse le Christ, en la personne de qui il agit ». Elle est remise au prêtre le jour de son ordination, après l'onction des mains : c'est le ministère qu'elle signifie, pas la personne.
Comment s'appellent les vêtements des prêtres ?
Dans l'ordre d'habillage : l'amict, un rectangle de tissu blanc posé sur les épaules quand l'aube ne couvre pas le col ; l'aube, la longue tunique blanche commune à tous les ministres, serrée par un cordon ; l'étole, la bande d'étoffe de la couleur du jour, portée autour du cou par le prêtre et en sautoir par le diacre ; la chasuble pour le prêtre, la dalmatique pour le diacre. Pour les processions et les autres actions liturgiques hors de la messe, il porte le pluvial, aussi appelé chape.
C'est quoi un chasuble ?
Le mot est féminin : on dit une chasuble. Il désigne le vêtement liturgique que le prêtre met par-dessus l'aube et l'étole pour célébrer la messe, de la couleur prévue pour le jour. Le glossaire de l'Église catholique en France le définit comme une « sorte de manteau ample, sans manches ». À ne pas confondre avec la chape, ou pluvial, que le prêtre porte aux processions et aux autres actions liturgiques hors de la messe, ni avec la dalmatique, qui est le vêtement du diacre.
Un vêtement qui se lit, et des bijoux qui se portent
Vous savez maintenant ce qu'est la chasuble, qui la porte et à quel moment, où elle se place parmi l'aube, l'étole et la dalmatique, et surtout ce que sa couleur veut dire. Vous savez aussi distinguer ce que le Missel prescrit de ce qu'il permet, ce qui est le seul moyen de ne pas se tromper sur le noir, le rose et l'or. Et vous avez l'origine de la forme, un manteau de pluie romain devenu, sans rupture, le vêtement de la messe.
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Sources
- Présentation générale du Missel Romain, chapitre VI, nn. 335 à 347 : la liste des vêtements liturgiques, leur ordre, et le texte intégral des couleurs au numéro 346, avec la distinction entre « on emploie » et « on peut employer ».
- Liturgie et Sacrements, lexique, « Chasuble » : l'étymologie casula et casa, la remise à l'ordination, le port en concélébration, la forme « boîte-à-violon » et le retour à l'ampleur primitive.
- Liturgie et Sacrements, « Couleurs liturgiques : le rouge et le blanc dans la liturgie » : la fixation des cinq couleurs par Rome au XVIe siècle, le statut du rose, du bleu et de l'or, les usages antérieurs, et la symbolique reçue du blanc et du rouge.
- Liturgie et Sacrements, « La paramentique, notion, sens liturgique, confection et conservation » : la loi de 382, la paenula, les trois formes historiques jusqu'à la boîte à violon, et la création contemporaine.
- Église catholique en France, glossaire, « Chasuble » : la définition officielle retenue par la Conférence des évêques de France.
Nos sources
- Présentation générale du Missel Romain, chapitre VI, nn. 335 à 347 (vatican.va, texte français) (nouvelle fenêtre) magistère
- Liturgie et Sacrements (service national de la pastorale liturgique et sacramentelle), lexique, « Chasuble » (nouvelle fenêtre) Église officielle, liturgie
- Liturgie et Sacrements, « Couleurs liturgiques : le rouge et le blanc dans la liturgie », par Bernard Maitte (revue Célébrer n° 405) (nouvelle fenêtre) Église officielle, liturgie
- Liturgie et Sacrements, « La paramentique, notion, sens liturgique, confection et conservation », par Maud Cassanet (département d'Art sacré du SNPLS) (nouvelle fenêtre) Église officielle, art sacré
- Église catholique en France, glossaire, « Chasuble » (nouvelle fenêtre) Église officielle, Conférence des évêques de France
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