La Toussaint : sens, origine et objets de mémoire

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La Toussaint : sens, origine et objets de mémoire
Sommaire
  1. Ce que signifie la Toussaint
  2. L'histoire de la Toussaint
  3. Toussaint et jour des défunts : deux fêtes, deux dates
  4. Que dit la Bible de la Toussaint
  5. Toussaint et Halloween : ce qui les distingue
  6. Le chrysanthème : un symbole né d'une guerre, pas d'une liturgie
  7. Les objets de mémoire, et ce qu'ils ne sont pas
  8. Comment vivre la Toussaint concrètement
  9. Questions fréquentes
  10. Un signe pour se souvenir

En bref

  • La Toussaint, le 1er novembre, est la fête de tous les saints, ceux qui sont canonisés comme ceux dont personne ne connaît le nom.
  • Elle rappelle que la sainteté n'est pas réservée à une élite : tous y sont appelés, par des chemins très différents.
  • Ce n'est pas la fête des morts. La Commémoration des fidèles défunts, c'est le lendemain, le 2 novembre.
  • La date du 1er novembre a été fixée en 835 ; la fête, elle, remonte au IVe siècle en Orient.
  • Côté objets, la tradition retient la médaille du saint patron, le chapelet prié pour un défunt et la croix gardée en souvenir. Rien de tout cela n'est un porte-bonheur.

On vous a dit que la Toussaint était la fête des morts, et pourtant l'Église parle de fête joyeuse ? Vous vous demandez pourquoi tout le monde va au cimetière le 1er novembre alors que le jour des défunts est le 2 ? La Toussaint est la solennité du 1er novembre par laquelle l'Église catholique honore tous les saints, connus et inconnus. Elle célèbre la sainteté accomplie, pas le deuil. Le jour consacré aux défunts est distinct : c'est le 2 novembre, la Commémoration des fidèles défunts. La confusion vient du calendrier civil français, où seul le 1er novembre est férié. Cet article vous donne le sens de la fête, son histoire, la différence avec le 2 novembre, et ce que la tradition retient comme objets de mémoire.

Ce que signifie la Toussaint

La fête de tous les saints, connus et inconnus

Le nom dit exactement ce qu'il désigne : Toussaint, tous les saints. Chaque 1er novembre, l'Église honore la foule de ceux qui ont témoigné du Christ. Une partie d'entre eux ont été reconnus au terme d'une procédure de canonisation et nous sont donnés en modèles. Mais l'Église sait bien que beaucoup d'autres ont vécu la même fidélité sans que personne ne l'ait jamais inscrit nulle part. C'est pour eux aussi que la fête existe, et c'est ce qui la rend différente de l'anniversaire d'un saint particulier.

Un appel adressé à tout le monde

Le second sens de la fête est plus exigeant : elle rappelle que tous les hommes sont appelés à la sainteté, par des chemins différents, parfois surprenants. La sainteté n'est pas une voie réservée à une élite spirituelle. C'est ce que Jean-Paul II a rendu visible en béatifiant et canonisant des figures aussi éloignées les unes des autres que le père Maximilien Kolbe, Edith Stein, Padre Pio ou Mère Teresa. Des vies qui n'ont rien en commun, sauf la direction.

Une fête joyeuse, pas une journée de deuil

C'est le point qui surprend le plus. La liturgie du 1er novembre est une liturgie de joie : on y célèbre ce qui est déjà accompli, la vie avec Dieu de ceux qui sont arrivés au bout du chemin. Le recueillement au cimetière, les fleurs, la prière pour ses morts appartiennent au 2 novembre. Dans les faits, les deux se mélangent parce que la plupart des familles se déplacent le jour férié, et l'Église s'en accommode sans en faire un problème.

L'histoire de la Toussaint

Des martyrs trop nombreux pour être fêtés un par un

Dès le IVe siècle, l'Église syrienne consacre un jour à fêter tous les martyrs : leur nombre était devenu tel qu'une commémoration individuelle n'était plus possible. C'est l'origine directe de la fête. La logique est simple et pratique avant d'être théologique : quand on ne peut plus nommer, on rassemble.

Le Panthéon consacré à tous les saints

Trois siècles plus tard, dans son effort pour christianiser les traditions romaines, le pape Boniface IV transforme le Panthéon, temple dédié à tous les dieux, en une église consacrée à tous les saints. L'usage se répand alors en Occident, mais chaque Église locale garde sa propre date.

Le 1er novembre, fixé en 835

La date commune du 1er novembre est fixée en 835. Elle vaut pour l'Église catholique latine. Dans l'Église byzantine, la fête de tous les saints se célèbre à une autre date : le dimanche qui suit la Pentecôte. Deux traditions, une même intention. La célébration liturgique commence aux vêpres du 31 octobre au soir et se termine à la fin du 1er novembre.

Toussaint et jour des défunts : deux fêtes, deux dates

Voici la distinction en clair, parce que c'est la question la plus posée sur le sujet.

Toussaint Commémoration des fidèles défunts
Date 1er novembre 2 novembre
Qui est célébré Tous les saints, connus et inconnus Tous les défunts, sans distinction
Registre Joie, action de grâce Prière, souvenir, espérance
Statut liturgique Solennité Commémoration
Jour férié en France Oui Non

L'idée d'une journée de prière pour les défunts dans le prolongement de la Toussaint apparaît avant le Xe siècle. L'enchaînement est cohérent : le 1er novembre on célèbre dans l'allégresse ceux qui sont arrivés, le lendemain on prie pour tous ceux qui sont morts. L'Évangile de la messe du 2 novembre reprend d'ailleurs cette promesse : « je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite tous au dernier jour » (Jean 6, 39).

Que dit la Bible de la Toussaint

Il faut être honnête : le mot Toussaint n'existe pas dans la Bible, et aucun texte n'institue cette fête. Ce qui est biblique, c'est ce qu'elle célèbre. Le texte le plus souvent lu ce jour-là est la vision de l'Apocalypse : « une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une multitude de toutes nations, tribus, peuples et langues » (Apocalypse 7, 9). C'est exactement l'image de la Toussaint : une foule sans nom, trop nombreuse pour être comptée. L'autre lecture de la fête est celle des Béatitudes (Matthieu 5, 1-12), qui décrivent le chemin plutôt que l'arrivée. Sur la question, souvent posée, de la prière adressée aux saints, nous l'avons traitée à part dans notre article sur le fait de prier les saints et Marie.

Toussaint et Halloween : ce qui les distingue

Les deux dates se touchent, et le nom anglais d'Halloween vient bien de la veille de la Toussaint. Mais l'intention n'a rien à voir. La Toussaint célèbre des vies accomplies et regarde vers l'espérance ; Halloween, dans sa forme actuelle, est une fête de divertissement construite autour de la peur et du déguisement. Il n'y a pas lieu d'en faire une bataille : simplement, ce ne sont pas deux versions de la même chose, et il est utile de le dire aux enfants quand la question tombe le 31 octobre au soir.

Le chrysanthème : un symbole né d'une guerre, pas d'une liturgie

C'est le symbole que tout le monde associe à la Toussaint, et il n'a rien de religieux. Son usage remonte à 1919 : pour le premier anniversaire de l'armistice, les Français sont appelés à fleurir les tombes des soldats tombés au front. ⚠️ Les sources divergent sur l'auteur de cet appel, attribué selon les cas à Raymond Poincaré ou à Georges Clemenceau : nous n'avons pas trouvé de source officielle qui tranche, et nous préférons le dire plutôt que choisir au hasard comme le font la plupart des pages sur le sujet.

Ce qui est constant, en revanche, c'est la raison du choix de la fleur : le chrysanthème fleurit tard dans l'année et résiste au gel, ce qui en fait l'une des rares plantes présentables sur une tombe début novembre. L'usage, né pour les soldats du 11 novembre, s'est ensuite étendu à tous les défunts, et il a glissé du 2 novembre au 1er, c'est-à-dire de la fête des morts vers celle de tous les saints. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles les deux fêtes se confondent aujourd'hui dans l'esprit du public.

Les objets de mémoire, et ce qu'ils ne sont pas

La médaille du saint patron

C'est l'objet le plus lié à la Toussaint, puisque la fête célèbre les saints. Porter la médaille de son saint patron, ou l'offrir à un filleul, c'est se rattacher à une figure précise, pas se procurer une garantie. Une médaille rappelle une prière et une compagnie ; elle ne protège pas d'elle-même. Si vous cherchez quelle figure correspond à un prénom ou à une histoire familiale, nos médailles couvrent les dévotions les plus courantes, de sainte Thérèse de Lisieux à saint Michel archange.

Le chapelet prié pour un défunt

Prier le chapelet pour quelqu'un qui est mort est une pratique ancienne et très simple : on offre la prière à son intention. C'est le geste le plus juste des premiers jours de novembre, plus que n'importe quel objet. Si vous ne l'avez jamais fait, notre guide expliquant comment prier le chapelet donne le déroulé complet, et les chapelets, du modèle de poche au classique en grains, sont chez Laudaris.

La croix gardée en souvenir

Beaucoup de familles conservent la croix ou la médaille d'un parent disparu, parfois portée ensuite par un enfant ou un petit-enfant. C'est sans doute la forme la plus vraie de l'objet de mémoire : elle n'a pas été achetée pour l'occasion, elle a été portée. Si rien n'a été transmis, une croix sobre choisie en pensant à quelqu'un remplit la même fonction. Nos croix chrétiennes se déclinent en acier inoxydable, qui ne noircit pas, et en argent 925, qui peut se ternir avec le temps et s'entretient au chiffon.

Ce qu'on ne fait pas

Un mot franc, parce que la demande existe. Une médaille n'est pas une amulette, un chapelet n'est pas un porte-bonheur, et aucune formule ne rend une prière « efficace ». La prière chrétienne est une relation, pas un mécanisme. Ce qui est demandé le 2 novembre, c'est de prier pour les morts, pas de leur parler par un objet. Nous préférons le dire, même si cela nous coûte des ventes.

Comment vivre la Toussaint concrètement

Trois gestes suffisent, et aucun ne coûte d'argent. Assister à la messe du 1er novembre, qui est une messe de fête. Aller au cimetière, fleurir une tombe, prier pour ceux qui y sont : c'est l'objet du 2 novembre, même si la visite se fait la veille. Et prendre le temps, en famille, de raconter aux enfants qui étaient ces personnes. Les histoires transmises tiennent souvent mieux que les objets.

Questions fréquentes

Quel est le sens de la fête de la Toussaint ?

C'est une célébration joyeuse qui honore tous les saints, canonisés ou anonymes, et qui rappelle que la sainteté est accessible à tous par des chemins variés. Les chrétiens y sont invités à s'inspirer de ces vies comme de modèles, pas à les vénérer comme des héros.

Quelle est la différence entre la Toussaint et le jour des morts ?

La Toussaint, le 1er novembre, célèbre les saints. La Commémoration des fidèles défunts, le 2 novembre, prie pour tous les morts. Ce sont deux célébrations distinctes. En France, seul le 1er novembre est férié, ce qui explique que la plupart des visites au cimetière se fassent ce jour-là.

Qu'est-ce que la Toussaint dans la Bible ?

La Toussaint n'est pas instituée par la Bible et le mot n'y figure pas. Les textes lus ce jour-là sont la vision de la foule immense en Apocalypse 7 et les Béatitudes en Matthieu 5. Ils décrivent ce que la fête célèbre : une multitude sauvée que personne ne peut dénombrer.

Quelle est l'origine de la Toussaint ?

Elle remonte au IVe siècle, quand l'Église syrienne consacre un jour à tous les martyrs devenus trop nombreux pour être fêtés séparément. Le pape Boniface IV consacre ensuite le Panthéon romain à tous les saints, et la date du 1er novembre est fixée en 835 pour l'Église latine.

Les protestants fêtent-ils la Toussaint ?

Les Églises issues de la Réforme ne pratiquent pas la vénération des saints comme l'Église catholique et n'ont donc pas de solennité équivalente. Certaines communautés marquent toutefois un dimanche de mémoire des défunts au début de novembre. Les Églises orientales, elles, célèbrent tous les saints le dimanche après la Pentecôte.

Un signe pour se souvenir

Vous avez maintenant les deux repères qui manquent le plus sur ce sujet : la Toussaint célèbre les saints dans la joie, le 2 novembre prie pour les défunts, et la fête rappelle que cet appel s'adresse à tout le monde. Si vous cherchez un objet qui accompagne ce temps, la médaille d'un saint patron, un chapelet ou une croix simple font le travail, à condition de savoir ce qu'ils sont : des rappels, pas des protections. Nos médailles de saints et nos croix latines sont livrées dans un écrin, avec 30 jours pour changer d'avis.

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