L'Ascension : signification, date et jour férié

Mis à jour le 30 min de lecture

ascension
Sommaire
  1. En bref
  2. Quelle est la signification de l'Ascension ?
  3. Qu'est-ce que Jésus a fait entre Pâques et l'Ascension ?
  4. Ascension ou Assomption : lever la confusion
  5. Quelle est la différence entre la Pentecôte et l'Ascension ?
  6. Ascension date : la règle, pas une date
  7. Le rang, la couleur et les lectures de la fête
  8. Pourquoi le jour de l'Ascension est-il férié ?
  9. « Il est assis à la droite du Père » : la suite de la phrase
  10. Les neuf jours entre l'Ascension et la Pentecôte
  11. Ascension signification spirituelle : le Christ n'est pas parti
  12. Porter un signe, quand la fête n'en a pas
  13. Questions fréquentes
  14. Quarante jours, puis neuf : une fête qui ouvre au lieu de clore
  15. Sources

Vous cherchez ce que l'Église fête exactement le jeudi de l'Ascension, et vous tombez d'abord sur un mot qui sert à tout : on parle d'ascension pour un ballon, pour une montagne, pour une carrière. Vous vous demandez aussi si ce n'est pas la même chose que l'Assomption, pourquoi la date bouge tous les ans, et pourquoi un pays qui ne se dit plus guère chrétien s'arrête un jeudi de mai.

Voici les trois réponses tout de suite. L'Ascension célèbre le retour du Christ ressuscité auprès du Père, au quarantième jour après Pâques, et c'est pour cela qu'elle tombe toujours un jeudi. Ce n'est pas l'Assomption, qui est celle de Marie, le 15 août. Et si elle est férié en France, c'est que le droit du travail la range parmi les fêtes légales, tandis que le droit de l'Église la range parmi les fêtes de précepte : deux listes différentes, qui se recoupent ici.

Nous donnons le récit dans la traduction liturgique, mot pour mot, parce que c'est lui qui tranche la plupart des questions. Puis la règle de date, le rang et la couleur de la fête, la raison du jour férié, le mécanisme qui fait qu'ailleurs la fête tombe un dimanche, et les neuf jours qui suivent. Et nous ne vous donnerons aucune date en dur, seulement la règle qui permet de la retrouver n'importe quelle année.

En bref

  • L'Ascension célèbre le retour du Christ auprès du Père, au quarantième jour après Pâques. Le Catéchisme parle d'un « événement à la fois historique et transcendant » (n. 660).
  • Elle tombe toujours un jeudi, parce que Pâques tombe toujours un dimanche et que le quarantième jour d'un décompte qui commence au dimanche de Pâques est un jeudi.
  • Ce n'est pas l'Assomption : l'Ascension est celle du Christ, l'Assomption celle de Marie, le 15 août. Et ce n'est pas la Pentecôte, qui vient dix jours plus tard.
  • C'est une solennité, et sa couleur est le blanc, comme tout le temps pascal.
  • Deux récits la racontent : Actes 1, 1-11 et Luc 24, 50-53. Aucun des deux ne décrit le ciel.
  • Entre l'Ascension et la Pentecôte, il reste neuf jours, et c'est de là que vient la forme même de la neuvaine.

Quelle est la signification de l'Ascension ?

Le mot dit déjà quelque chose. Le Service national de la pastorale liturgique rappelle qu'en latin, ascensio, « action de monter », vient du verbe ascendere (ad-scandere), « monter vers ». Ce n'est donc pas un départ, c'est un mouvement vers quelqu'un. Vers le Père.

Le Catéchisme formule la chose en une ligne qui vaut toutes les paraphrases : « L'ascension du Christ marque l'entrée définitive de l'humanité de Jésus dans le domaine céleste de Dieu d'où il reviendra, mais qui entre-temps le cache aux yeux des hommes » (n. 665). Retenez les deux moitiés de cette phrase, parce que la plupart des malentendus viennent de ce qu'on n'en garde qu'une. L'Ascension n'est pas la disparition du Christ. C'est le moment où son humanité entre dans la gloire, et où cette gloire cesse d'être visible.

Ce qui se joue n'est pas un changement de lieu, c'est un changement de régime de présence. Le Catéchisme le dit en comparant la gloire du Ressuscité pendant les quarante jours et celle du Christ « exalté à la droite du Père » : « L'événement à la fois historique et transcendant de l'Ascension marque la transition de l'une à l'autre » (n. 660). Pendant quarante jours, le Christ est là, reconnaissable, il mange et il parle ; après l'Ascension, il n'est plus là de cette façon, et il est présent d'une autre.

Où la Bible relate-t-elle l'Ascension de Jésus ?

Deux textes, et il vaut la peine de les lire tous les deux, parce qu'ils ne racontent pas la même chose. Le récit principal est au début des Actes des Apôtres, chapitre 1, versets 1 à 11 : c'est celui que la liturgie proclame en première lecture le jour de la fête. Le second est à la toute fin de l'Évangile de Luc, chapitre 24, versets 50 à 53, et il est beaucoup plus bref.

Le texte des Actes, dans la traduction liturgique, dit ceci au verset 9 : « Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s'éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. » Puis, aux versets 10 et 11 : « Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : "Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d'auprès de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel." »

Chez Luc, la scène se passe à Béthanie et elle tient en deux versets : « Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit. Or, tandis qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et il était emporté au ciel » (Lc 24, 50-51). Les Apôtres se prosternent, puis ils « retournèrent à Jérusalem, en grande joie ».

Un troisième texte est plus discret et c'est pourtant celui que la liturgie du jour lit en évangile : la finale de Marc. « Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu » (Mc 16, 19). C'est la phrase que le Catéchisme place en tête de son article sur l'Ascension (n. 659).

Ce que les textes ne disent pas

Il faut le dire aussi nettement, parce que l'imagerie a pris beaucoup de place : aucun des trois récits ne décrit le ciel, ne donne d'altitude, ne mesure une durée de montée. Ce que les textes nomment, c'est une nuée qui soustrait aux yeux, une séparation, une bénédiction. Le reste appartient à la peinture et à la sculpture, et c'est très bien ainsi, mais ce n'est pas le texte.

Une autre absence mérite d'être relevée. Luc, à la fin de son évangile, ne compte pas les quarante jours. Son récit enchaîne les événements sans les dater. Ce sont les Actes, du même auteur, qui donnent le chiffre. Le Service national de la pastorale liturgique le note d'ailleurs à propos des évangiles de Marc et de Luc lus les années B et C : ils ont « le souci de rattacher le retour de Jésus vers son Père à l'événement pascal, en présentant la Résurrection et l'ascension comme un mouvement unique qui emporte le Seigneur dans la gloire ». Autrement dit, la chronologie n'est pas leur objet.

Qu'est-ce que Jésus a fait entre Pâques et l'Ascension ?

Le texte des Actes répond directement, au verset 3 : « C'est à eux qu'il s'est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu. » Deux choses, donc : il se montre vivant, et il enseigne.

Le Catéchisme ajoute une nuance qui change la lecture de toute cette période. Pendant ces quarante jours, « sa gloire reste encore voilée sous les traits d'une humanité ordinaire » (n. 659). C'est pour cela que le Ressuscité peut n'être pas reconnu tout de suite, marcher avec deux disciples sur une route, manger du poisson grillé. Son corps est déjà glorifié, mais cela ne se voit pas.

Le même chapitre des Actes rapporte deux autres gestes, et ils comptent pour la suite. Le Christ ordonne aux Apôtres de ne pas quitter Jérusalem, mais « d'y attendre que s'accomplisse la promesse du Père » (v. 4). Et il nomme cette promesse : « Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre » (v. 8). L'Ascension n'est donc pas une fin de parcours : c'est une consigne d'attente et un envoi.

Pourquoi quarante jours, et pas un autre chiffre

Le chiffre n'est pas une mesure de calendrier, c'est une manière biblique de dire un certain genre de temps. Le Service national de la pastorale liturgique relie les quarante jours d'Actes 1, 3 « à la symbolique de la quarantaine, laps de temps convenant aux grandes expériences de Dieu », et renvoie à trois passages : Exode 24, 18, Premier livre des Rois 19, 8, et Matthieu 4, 2. Moïse sur la montagne, Élie en marche vers l'Horeb, le Christ au désert.

Vous retrouvez le même chiffre ailleurs dans l'année liturgique, et pour la même raison. Les quarante jours du Carême rappellent les quarante jours du Christ au désert. Ce n'est pas une coïncidence de comptage, c'est un langage.

Ascension ou Assomption : lever la confusion

C'est la question la plus posée autour de cette fête, et elle revient dans les suggestions de Google sous à peu près toutes les formes possibles. La réponse courte : l'Ascension est celle du Christ, l'Assomption est celle de Marie. Les deux mots se ressemblent parce qu'ils décrivent tous les deux une entrée dans la gloire du ciel, et ils viennent pourtant de deux verbes latins différents.

Ascendere veut dire « monter vers », et il a donné « Ascension ». Assumere veut dire « prendre à soi », et il a donné « Assomption ». L'Église catholique en France résume la différence en disant de l'Assomption que Marie « a été assumée corps et âme dans la gloire de Dieu », et qu'il « lui arrive à elle par une grâce spéciale ce qui doit nous arriver à nous tous ». Le Catéchisme, de son côté, appelle l'Assomption « une participation singulière à la Résurrection de son Fils » (n. 966).

Là où il faut être précis, parce qu'on lit souvent l'inverse : la différence ne se voit pas dans la grammaire des versets. Dans la traduction liturgique, trois des quatre passages sur l'Ascension emploient un passif, « il fut enlevé au ciel » (Ac 1, 2), « il était emporté au ciel » (Lc 24, 51), « fut enlevé au ciel » (Mc 16, 19), et seul Actes 1, 9 emploie un actif, « il s'éleva ». Ce n'est donc pas un contraste de verbes qui porte la distinction. C'est la doctrine, et elle tient dans une phrase du Catéchisme : « Personne n'est jamais monté aux cieux sinon le Fils de l'Homme qui est descendu des cieux » (n. 661, citant Jean 3, 13). Le même paragraphe précise que « laissée à ses forces naturelles, l'humanité n'a pas accès à la "Maison du Père" », et que « le Christ seul a pu ouvrir cet accès à l'homme ». Marie entre par la porte que le Christ a ouverte. Le Christ est cette porte.

Le tableau des trois fêtes qu'on mélange

Fête De qui Quand Le mot vient de
Ascension du Christ 40e jour après Pâques, un jeudi, date mobile ascendere, monter vers
Pentecôte don de l'Esprit aux Apôtres 50e jour après Pâques, un dimanche, date mobile du grec, cinquantième
Assomption de la Vierge Marie le 15 août, date fixe assumere, prendre à soi

Un repère simple pour ne plus hésiter : si la date bouge, ce n'est pas l'Assomption. L'Assomption est au 15 août tous les ans. L'Ascension et la Pentecôte dépendent de Pâques, donc elles se déplacent. Le calendrier des saints ne les contient pas, pour cette raison exactement.

Quelle est la différence entre la Pentecôte et l'Ascension ?

Ce sont deux fêtes distinctes, séparées de dix jours, et elles ne célèbrent pas le même événement. L'Ascension est le départ visible du Christ ; la Pentecôte est la venue de l'Esprit qu'il avait promis. L'une ouvre une attente, l'autre la comble.

Le lien entre les deux est explicite dans le texte lui-même. Avant de s'élever, le Christ annonce l'Esprit (Ac 1, 5 et 1, 8) et ordonne d'attendre à Jérusalem (Ac 1, 4). La Pentecôte est la réponse à cette consigne. C'est pourquoi la liturgie traite les jours qui séparent les deux fêtes comme un seul mouvement : l'ORDO de la Conférence des évêques de France note, juste après le jour de l'Ascension, que « les jours qui suivent sont une préparation à la Pentecôte, qui clôturera le temps pascal », et prescrit qu'à l'Office du soir « on prend tous les jours une hymne au Saint Esprit ».

Si c'est l'Esprit Saint lui-même qui vous intéresse, son action et ses dons, c'est l'objet de notre article sur le rôle de l'Esprit Saint dans la vie chrétienne. L'Ascension n'en est que la veille.

Ascension date : la règle, pas une date

Nous ne donnerons pas de date en dur, et c'est volontaire : elle serait fausse l'année suivante. Voici la règle, qui ne périme pas.

  1. On part de Pâques, qui tombe le premier dimanche suivant la pleine lune après l'équinoxe de printemps. C'est la règle fixée au concile de Nicée, et c'est elle qui fait bouger toute la suite. Nous l'avons détaillée dans notre article sur le cadeau de Pâques religieux.
  2. On compte quarante jours en comptant le dimanche de Pâques comme premier jour. Le quarantième jour est l'Ascension.
  3. On compte cinquante jours de la même façon pour la Pentecôte.

Pourquoi l'Ascension tombe toujours un jeudi

Le calcul est mécanique et il ne souffre pas d'exception. Pâques est toujours un dimanche. Si le dimanche de Pâques est le premier jour, le quarantième jour arrive trente-neuf jours plus tard. Trente-neuf divisé par sept laisse un reste de quatre : quatre jours après un dimanche, vous êtes un jeudi. L'Ascension est donc toujours un jeudi, par construction, et la Pentecôte toujours un dimanche puisque quarante-neuf est un multiple de sept.

C'est aussi ce qui donne, entre les deux, un nombre de jours constant. Du quarante-et-unième au quarante-neuvième jour, il y a exactement neuf jours. Nous y revenons plus bas, parce que ces neuf jours ont une descendance.

Le rang, la couleur et les lectures de la fête

Voici ce qu'un lecteur ne trouve nulle part sur la première page de Google, et qui tient en un tableau. Les éléments ci-dessous sont relevés dans l'ORDO publié par le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle pour l'année liturgique 2026-2027 (année B), aux pages 51 et 52.

Élément Ce que l'ORDO indique
Rang Solennité
Couleur liturgique Blanc
Ordinaire de la messe Gloria, Credo et préface propre
Première lecture Actes 1, 1-11
Psaume 46 (47)
Deuxième lecture Éphésiens 4, 1-13, ou la forme brève 4, 1-7.11-13
Évangile Marc 16, 15-20 (année B)
Jours suivants « Une préparation à la Pentecôte », hymne au Saint Esprit chaque soir

Le blanc de l'Ascension

La couleur de l'Ascension est le blanc, et ce n'est pas une couleur propre à cette fête : c'est celle de tout le temps pascal. Le Missel romain, au numéro 346, prescrit le blanc pour le temps pascal et le temps de Noël, pour les célébrations du Seigneur qui ne sont pas celles de sa Passion, pour la Vierge Marie, les Anges et les saints qui ne sont pas martyrs. Nous avons détaillé ce tableau des couleurs, verbe par verbe, dans notre article sur la chasuble et ses couleurs.

Le repère est utile dans une église : si vous voyez du blanc un jeudi de mai, et que les fleurs sont encore celles de Pâques, vous êtes à l'Ascension. Le rouge, lui, attend la Pentecôte.

Le psaume du jour, et une précision de numérotation

Le psaume chanté à l'Ascension est le psaume 46 dans la numérotation de la traduction liturgique, que vous trouverez parfois noté « 47 » selon la numérotation hébraïque. Les deux chiffres désignent le même texte, et l'ORDO les donne d'ailleurs côte à côte sous la forme « 46 (47) ». Son verset 6 explique pourquoi ce psaume a été choisi : « Dieu s'élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. »

Pourquoi le jour de l'Ascension est-il férié ?

Il faut distinguer deux listes qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre, et qui se recoupent ici. La première est celle de l'Église. Le Code de Droit Canonique, au canon 1246 § 1, énumère les jours de fête de précepte, et l'Ascension y figure, aux côtés de Noël, de l'Épiphanie, du Saint-Sacrement, des grandes fêtes mariales, de saint Joseph, des saints Pierre et Paul et de tous les Saints. Être fête de précepte veut dire que les fidèles sont tenus de participer à la messe ce jour-là, et qu'ils « s'abstiendront de ces travaux et de ces affaires qui empêchent le culte dû à Dieu ».

La seconde liste est celle de la loi française, et elle est indépendante de la première. L'Ascension figure au tableau des fêtes légales du cas général publié par Service Public, un jeudi. C'est ce statut de fête légale, et lui seul, qui fait que les écoles et la plupart des entreprises sont fermées.

La question qui vient ensuite est celle de l'origine historique de cette présence dans la loi civile. Nous ne l'affirmerons pas ici, parce que nous n'avons pas de source de premier rang sous les yeux pour la détailler, et qu'un article qui invente une filiation juridique rend un mauvais service. Ce que nous pouvons dire sans risque : la liste française des fêtes légales comporte plusieurs fêtes chrétiennes, et l'Ascension en fait partie.

Est-ce qu'on travaille le jeudi de l'Ascension ?

En règle générale non, parce que l'Ascension est un jour férié dans le cas général. Mais un jour férié n'est pas automatiquement un jour chômé pour tout le monde : Service Public rappelle que les fêtes légales « peuvent être chômées ou travaillées et rémunérées à des conditions qui varient selon le cas », et que les modalités dépendent des conventions et accords applicables. Les secteurs qui tournent le dimanche tournent aussi à l'Ascension.

Deux conséquences pratiques, puisque beaucoup cherchent précisément cela. Le jeudi de l'Ascension ouvre très souvent un pont, le vendredi suivant n'étant pas férié mais fréquemment posé. Et les commerces ne sont pas tous fermés : l'ouverture un jour férié relève des règles du secteur, pas d'une interdiction générale.

Quel pays fête l'Ascension, et pourquoi pas toujours un jeudi

C'est ici que beaucoup de pages se trompent, en affirmant que l'Ascension est « partout un jeudi ». Le mécanisme qui autorise le déplacement est écrit noir sur blanc dans le droit de l'Église, au canon 1246 § 2 : « Cependant, la conférence des Évêques peut, avec l'approbation préalable du Saint-Siège, supprimer certaines fêtes de précepte ou les reporter au dimanche. »

Ce n'est pas une théorie. L'ORDO de la Conférence des évêques de France prévoit explicitement les deux cas de figure dans ses pages : il donne les lectures « dans les pays où l'Ascension est transférée au dimanche », et il indique, au septième dimanche de Pâques, « ou solennité de l'Ascension (suivant les pays) ». Autrement dit, le même livre liturgique sert les deux usages, et la fête tombe au jeudi en France.

Nous ne donnerons pas de liste de pays, parce qu'elle dépend de décisions de conférences épiscopales qui peuvent évoluer, et qu'une liste recopiée vieillit mal. Si vous voyagez à cette période, la règle sûre est de regarder le calendrier liturgique du diocèse où vous serez.

« Il est assis à la droite du Père » : la suite de la phrase

L'Ascension est l'un des rares événements de la vie du Christ que vous récitez chaque dimanche sans toujours y prendre garde. Les deux symboles de foi la mentionnent, et ils l'accolent immédiatement à autre chose. Le Symbole des Apôtres dit : « est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant ». Le Symbole de Nicée-Constantinople dit : « il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père ». Nous avons donné les deux textes en entier dans notre article sur le Credo.

La formule mérite d'être expliquée, parce qu'elle est souvent lue comme une image de trône. Le Catéchisme cite saint Jean Damascène pour la préciser : « Par droite du Père nous entendons la gloire et l'honneur de la divinité, où celui qui existait comme Fils de Dieu avant tous les siècles comme Dieu et consubstantiel au Père, s'est assis corporellement après qu'il s'est incarné et que sa chair a été glorifiée » (n. 663). Ce n'est donc pas un emplacement, c'est un état : la gloire même de Dieu, désormais partagée par une chair humaine.

Le paragraphe suivant ajoute la portée de ce geste. « La session à la droite du Père signifie l'inauguration du règne du Messie » (n. 664), accomplissement de la vision du prophète Daniel sur le Fils de l'homme, et c'est à partir de ce moment que « les apôtres sont devenus les témoins du "Règne qui n'aura pas de fin" ». Autrement dit, l'Ascension n'installe pas le Christ à l'écart du monde : elle inaugure son règne.

Et le retour : ce que les deux hommes en blanc annoncent

Il y a une seconde moitié à la parole des deux hommes en vêtements blancs, et elle est régulièrement coupée. Après avoir demandé « pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? », ils ajoutent : « Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d'auprès de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel » (Ac 1, 11).

Le Catéchisme reprend exactement ce renvoi dans sa définition de la fête : le Christ entre dans le domaine céleste de Dieu « d'où il reviendra » (n. 665, citant Ac 1, 11). L'Église catholique en France formule la même chose en disant qu'à l'Ascension il s'agit d'attendre deux choses promises par Jésus, « le don de son Esprit, qui se réalise à la Pentecôte, et son retour en gloire, pour conclure l'histoire des hommes, ce qu'on appelle la Parousie ».

Retenez donc que l'Ascension ouvre deux attentes, pas une seule : une attente courte, de neuf jours, qui se referme à la Pentecôte, et une attente longue, qui n'est pas encore refermée. C'est ce qui empêche de lire la fête comme un épilogue.

Les neuf jours entre l'Ascension et la Pentecôte

Nous avons laissé ces neuf jours en suspens plus haut. Ils ont une postérité que peu de gens soupçonnent : c'est de là que vient la forme de la neuvaine.

Le texte des Actes décrit ce que font les Apôtres pendant cet intervalle, après être redescendus du mont des Oliviers : « Tous, d'un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères » (Ac 1, 14). Neuf jours de prière dans l'attente de l'Esprit, avec Marie au milieu d'eux.

La liturgie a gardé la trace de cette attente, et nous l'avons citée plus haut : l'hymne au Saint Esprit prise chaque soir après l'Ascension. C'est la plus ancienne des neuvaines, et c'est la seule dont la durée ne soit pas un choix de dévotion mais un fait de calendrier. Si le sujet vous intéresse, nous avons consacré un article entier à ce qu'est une neuvaine et aux neuf jours, avec ce que les textes de l'Église en disent précisément.

Ascension signification spirituelle : le Christ n'est pas parti

C'est le sens pastoral de la fête, et il tient dans la question des deux hommes en vêtements blancs : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » (Ac 1, 11). La question n'est pas un reproche de curiosité. Elle dit que le bon mouvement n'est pas de fixer le ciel, mais de redescendre et de témoigner, comme le verset 8 vient de le demander.

Le Catéchisme donne trois raisons de ne pas lire l'Ascension comme une absence.

  • Le Christ y a fait entrer notre humanité, pas seulement la sienne. La Préface de l'Ascension, citée au numéro 661, le dit ainsi : « de sorte que nous, ses membres, nous ayons l'espérance de le rejoindre là où Lui, notre Tête et notre Principe, nous a précédés. » Le Service national de la pastorale liturgique reprend la même idée sous une autre formule de la Préface : il « a fait entrer notre nature avec sa faiblesse dans la gloire de Dieu ».
  • Il nous précède, il ne nous quitte pas. « Jésus-Christ, tête de l'Église, nous précède dans le Royaume glorieux du Père pour que nous, membres de son corps, vivions dans l'espérance d'être un jour éternellement avec lui » (n. 666).
  • Il intercède en permanence. « Jésus-Christ, étant entré une fois pour toutes dans le sanctuaire du ciel, intercède sans cesse pour nous comme le médiateur qui nous assure en permanence l'effusion de l'Esprit Saint » (n. 667).

Cette dernière phrase est la charnière de toute la fête. Ce que l'Ascension retire à la vue, elle le rend sous une autre forme : l'Esprit. Et c'est pour cela que la fête suivante est la Pentecôte, et non une fête de deuil.

Jeudi de l'Ascension : que faire de ce jour

La requête revient souvent, et le plus souvent elle cherche une sortie. Deux réponses honnêtes, dans l'ordre.

La première est la messe, puisque c'est une solennité et une fête de précepte. Les horaires de l'Ascension ne sont presque jamais ceux d'un jeudi ordinaire, et beaucoup de paroisses célèbrent aussi la veille au soir : le canon 1248 § 1 précise que satisfait au précepte « qui assiste à la Messe célébrée selon le rite catholique le jour de fête lui-même ou le soir du jour précédent ».

La seconde est de commencer les neuf jours. C'est le seul moment de l'année où une neuvaine se cale exactement sur le calendrier liturgique, sans avoir à compter à rebours depuis une fête. Elle commence au lendemain de l'Ascension et s'achève à la veille de la Pentecôte.

Et si c'est un jour de famille, c'est très bien aussi. Un jour férié qui ouvre un pont de printemps reste un jour férié, et l'Église n'a jamais demandé qu'on s'en excuse.

Porter un signe, quand la fête n'en a pas

Soyons francs, puisque c'est la règle de cette maison. L'Ascension n'est pas une fête à cadeau. Il n'y a pas d'objet attaché à ce jour comme le rameau l'est aux Rameaux ou le cierge à la Vigile pascale, il n'y a pas de tradition de présent, et il n'y a pas de sacrement célébré ce jour-là. Si vous cherchiez une idée de cadeau d'Ascension, la réponse honnête est qu'il n'y en a pas de traditionnelle, et nous n'allons pas en inventer une.

Ce que la fête ouvre, en revanche, est bien réel. Les neuf jours qui suivent l'Ascension mènent à la Pentecôte, et la Pentecôte est la fête de l'Esprit Saint. Or l'Esprit Saint, lui, a un sacrement et des signes : la Confirmation, et la colombe qui la représente. C'est le seul pont qui tienne entre cette fête et un objet, et il passe par la Pentecôte, pas par l'Ascension elle-même.

Si vous avez une confirmation au printemps, c'est donc le bon moment pour y penser, et pas pour la raison du calendrier commercial : nos bijoux de confirmation réunissent les pièces liées au don de l'Esprit. Pour un signe qui ne dépende d'aucune date, nos croix restent le signe pascal par excellence, celui que l'Ascension accomplit sans le remplacer. Et si vous cherchez une figure à porter plutôt qu'un symbole, nos médailles de saints couvrent les patronages les plus demandés. Toutes nos pièces sont en acier inoxydable ou en argent 925, d'origine chinoise assumée, et livrées dans un écrin.

Questions fréquentes

Quelle est la signification de l'Ascension ?

L'Ascension célèbre l'entrée du Christ ressuscité dans la gloire du Père, au quarantième jour après Pâques. Le Catéchisme la définit comme « l'entrée définitive de l'humanité de Jésus dans le domaine céleste de Dieu d'où il reviendra, mais qui entre-temps le cache aux yeux des hommes » (n. 665). Ce n'est pas un départ : c'est un changement de mode de présence, et il ouvre l'attente de l'Esprit.

Quelle est la différence entre la Pentecôte et l'Ascension ?

Dix jours les séparent et elles célèbrent deux événements différents. L'Ascension, au quarantième jour après Pâques, est le retour du Christ auprès du Père. La Pentecôte, au cinquantième jour, est la venue de l'Esprit Saint sur les Apôtres, que le Christ avait promise juste avant de s'élever (Ac 1, 5 et 1, 8). L'Ascension ouvre une attente, la Pentecôte la comble.

Quelle est la différence entre l'Assomption et l'Ascension ?

L'Ascension est celle du Christ, l'Assomption celle de la Vierge Marie. Les mots viennent de deux verbes latins différents, ascendere (« monter vers ») et assumere (« prendre à soi »). Doctrinalement, le Catéchisme rappelle que « personne n'est jamais monté aux cieux sinon le Fils de l'Homme qui est descendu des cieux » (n. 661) et présente l'Assomption comme « une participation singulière à la Résurrection de son Fils » (n. 966). Le repère pratique : l'Assomption est au 15 août tous les ans, l'Ascension est mobile.

Qu'est-ce que Jésus a fait entre Pâques et l'Ascension ?

Il s'est montré vivant et il a enseigné. Les Actes le disent au verset 3 du chapitre 1 : « pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu ». Le Catéchisme précise que pendant ce temps « sa gloire reste encore voilée sous les traits d'une humanité ordinaire » (n. 659), ce qui explique qu'il n'ait pas toujours été reconnu tout de suite. Il a aussi donné deux consignes : rester à Jérusalem, et attendre l'Esprit.

Où la Bible relate-t-elle l'Ascension de Jésus ?

Dans trois passages. Le récit développé est aux Actes des Apôtres 1, 1-11, avec la nuée et les deux hommes en vêtements blancs. Le second est à la fin de l'Évangile de Luc, 24, 50-53, à Béthanie, pendant une bénédiction. Le troisième est la finale de Marc, 16, 19, en une phrase : « Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu. » Aucun des trois ne décrit le ciel.

Pourquoi le jour de l'Ascension est-il férié ?

Parce que deux listes indépendantes le retiennent. Le Code de Droit Canonique, au canon 1246 § 1, range l'Ascension parmi les fêtes de précepte, ce qui oblige les fidèles à la messe. Et le droit français la range parmi les fêtes légales, ce qui ferme les écoles et la plupart des entreprises. C'est le second statut, civil, qui produit le jour non travaillé.

Quel pays fête l'Ascension ?

La fête est universelle, mais le jour où elle est célébrée varie. Le canon 1246 § 2 permet à une conférence des évêques, avec l'approbation du Saint-Siège, de reporter une fête de précepte au dimanche. L'ORDO de la Conférence des évêques de France prévoit d'ailleurs les lectures « dans les pays où l'Ascension est transférée au dimanche ». En France, elle reste au jeudi. Pour un autre pays, le plus sûr est de consulter le calendrier liturgique du diocèse concerné.

Quarante jours, puis neuf : une fête qui ouvre au lieu de clore

Vous avez maintenant les deux choses promises en tête d'article. La règle qui vous donnera la date n'importe quelle année : quarante jours à partir du dimanche de Pâques inclus, ce qui tombe toujours un jeudi. Et la différence avec l'Assomption, qui n'est pas une nuance de vocabulaire mais une affirmation de foi : le Christ ouvre l'accès, Marie et nous y entrons.

Reste le plus important, et c'est la phrase du Catéchisme que nous citerions si nous ne devions en garder qu'une : ce que l'Ascension soustrait aux yeux, elle le rend autrement, par « l'effusion de l'Esprit Saint » (n. 667). Les neuf jours qui suivent la fête existent pour cela : non pour regretter une présence, mais pour attendre celle qui vient.

Si vous accompagnez quelqu'un vers la Confirmation ce printemps, les signes de l'Esprit sont du côté de la Pentecôte : découvrez nos bijoux de confirmation, livrés dans un écrin.

Sources

  • AELF, Livre des Actes des Apôtres, chapitre 1 : le récit de référence, dont « jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel » (v. 2), les quarante jours d'apparitions (v. 3), la consigne de rester à Jérusalem (v. 4), la promesse de l'Esprit (v. 5 et 8), « il s'éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux » (v. 9), les deux hommes en vêtements blancs (v. 10-11) et les Apôtres « assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus » (v. 14).
  • AELF, Évangile selon saint Luc, chapitre 24 : le second récit, Béthanie, la bénédiction les mains levées et « il se sépara d'eux et il était emporté au ciel » (v. 50-51), puis le retour à Jérusalem « en grande joie » (v. 52-53).
  • Catéchisme de l'Église catholique, article 6, nn. 659 à 667 : la gloire voilée pendant les quarante jours (n. 659), « l'événement à la fois historique et transcendant » (n. 660), « personne n'est jamais monté aux cieux sinon le Fils de l'Homme » et la Préface de l'Ascension (n. 661), et les trois formules du résumé (nn. 665 à 667).
  • Code de Droit Canonique, cann. 1246 à 1248 : l'Ascension parmi les fêtes de précepte (can. 1246 § 1), la possibilité de report au dimanche par la conférence des évêques avec l'approbation du Saint-Siège (can. 1246 § 2), et la messe de la veille au soir (can. 1248 § 1).
  • Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, « L'Ascension du Christ » : l'étymologie ascensio et ascendere, les quarante jours rattachés à « la symbolique de la quarantaine » avec les trois renvois scripturaires, et la Préface qui « a fait entrer notre nature avec sa faiblesse dans la gloire de Dieu ».

Sont également cités, sans lien : l'ORDO 2026/2027 année B publié par le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, pages 51 et 52, pour le rang de solennité, la mention « Blanc. Gloria, Credo et préface propre », les lectures du jour, le psaume 46 (47), la note sur les jours de préparation à la Pentecôte et les deux mentions du report au dimanche ; Service Public (Direction de l'information légale et administrative), « Jours fériés et ponts dans le secteur privé », pour la présence de l'Ascension au tableau des fêtes légales ; le Missel romain, n. 346, pour l'emploi du blanc au temps pascal ; et l'Église catholique en France, « Assomption de Marie, Ascension du Christ, quelles différences ? », pour la formule « assumée corps et âme dans la gloire de Dieu ».

Nos sources

Si vous relevez une erreur dans cette page, écrivez-nous : nous la corrigerons. Nous écrire

Nos bijoux de confirmation

L'Ascension n'est pas une fête à cadeau, et nous le disons franchement plus bas. Mais elle ouvre les neuf jours qui mènent au don de l'Esprit, et c'est la Confirmation qui le scelle. Voici nos pièces de confirmation, en acier inoxydable ou en argent 925, livrées dans un écrin.

Tout voir

Nos pièces à offrir

Chaque pièce est livrée dans son écrin, prête à être offerte.

Tout voir

Partager cet article