La prière du soir : les textes, et dans quel ordre
Sommaire
- En bref
- Prière du soir catholique avant de dormir : le déroulé en 5 minutes
- Les textes de la prière du soir, en entier
- Belle prière du soir : le cantique de Syméon (Luc 2, 29-32)
- Prière du soir Psaume 91 : pourquoi l'Église l'appelle le psaume 90
- Les Complies, la prière du soir de l'Église
- L'examen de conscience du soir
- Prier le soir avec un objet, et ce que nous ne vendons pas
- Questions fréquentes
- Dire la même chose chaque soir, et porter ce qu'on dit
- Sources
Vous cherchez une prière à dire ce soir, maintenant, et pas un commentaire sur la prière du soir ? Vous aimeriez savoir si l'Église propose un texte précis pour le coucher, ou si chacun improvise ? Vous avez entendu parler du psaume 91 du soir et vous ne le trouvez pas dans votre bible paroissiale ?
L'Église ne vous demande pas d'inventer : elle a une prière du soir, elle s'appelle les Complies, et c'est la dernière prière du jour. Vous trouverez ici les textes entiers, recopiés sur la source qui les sert et non de mémoire : le Notre Père, le Je vous salue Marie, l'acte de contrition, la prière à l'ange gardien, et le cantique de Syméon que l'office met dans votre bouche juste avant de dormir. Vous trouverez aussi deux choses que personne ne vous donne : le psaume assigné à chaque soir de la semaine, et un déroulé qui tient vraiment en cinq minutes.
En bref
- La prière du soir de l'Église s'appelle les Complies, et sa définition officielle est claire : « la dernière prière du jour, à faire avant le repos de la nuit, même après minuit le cas échéant » (Présentation générale de la Liturgie des Heures, n° 84).
- Son texte évangélique est le cantique de Syméon, Luc 2, 29-32 : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole. »
- Le psaume change chaque soir, selon un cycle d'une semaine identique toute l'année : psaume 90 le dimanche, 85 le lundi, 142 le mardi, 30 et 129 le mercredi, 15 le jeudi, 87 le vendredi, 4 et 133 le samedi. Le tableau est plus bas.
- Le fameux « psaume 91 du soir » est le psaume 90 dans les livres liturgiques français : c'est le même texte, deux numérotations. Il n'y a rien à chercher d'autre.
- Un examen de conscience du soir n'est pas une confession : la liturgie le place en ouverture des Complies, et la Présentation générale se contente de dire qu'« il est louable » de le faire (n° 86).
Prière du soir catholique avant de dormir : le déroulé en 5 minutes
Commençons par ce que vous êtes venu chercher : un ordre. Cinq minutes suffisent, à condition de savoir quoi mettre dedans. Le déroulé ci-dessous n'est pas une invention : il reprend les pièces que l'Église place aux Complies, dans un format tenable un soir de semaine, après le dîner, quand la journée a déjà tout pris.
| Temps | Ce que vous faites | Durée |
|---|---|---|
| 1. Ouvrir | Le signe de croix, et le silence le temps de trois respirations | 15 s |
| 2. Merci | Nommer trois choses précises de la journée. Trois, pas « tout » | 1 min |
| 3. Relire | Reparcourir les heures du jour, sans faire de liste comptable | 1 min 30 |
| 4. Pardon | L'acte de contrition, ou une phrase de vous | 30 s |
| 5. Un texte | Le Notre Père, ou le Je vous salue Marie, ou le cantique de Syméon | 1 min |
| 6. Confier la nuit | La prière à l'ange gardien, et le signe de croix | 45 s |
Si vous ne retenez qu'une chose de ce tableau, retenez l'ordre du 2 et du 3 : le merci vient avant la relecture. Ce n'est pas un détail de confort. L'examen quotidien de saint Ignace commence par rendre grâce des bienfaits reçus, et c'est seulement ensuite qu'il regarde les fautes. Nous en détaillons les cinq points dans notre article sur le discernement de saint Ignace de Loyola, et nous ne les refaisons pas ici. Si vous commencez par vos fautes, vous obtenez un inventaire de culpabilité. Si vous commencez par le merci, vous obtenez une relecture.
Prière du soir pour remercier Dieu : l'action de grâce vient en premier
L'action de grâce du soir se heurte toujours au même mur : on dit « merci pour cette journée » et on ne sent rien, parce qu'on n'a rien nommé. Le remède est mécanique : trois faits précis, datés dans la journée, avec des noms propres. Un coup de fil reçu, une difficulté qui n'a pas eu lieu, une phrase que quelqu'un vous a dite. Le Compendium du Catéchisme range la prière du matin et du soir parmi les rythmes que l'Église propose pour nourrir la prière continuelle, et il cite saint Grégoire de Nazianze : « Il faut se souvenir de Dieu plus souvent qu'on ne respire » (Compendium, question 567). Trois faits nommés valent mieux qu'une heure d'intentions vagues, et c'est exactement ce que ce rythme veut dire.
Prière du soir à faire quand il ne reste que deux minutes
Il y a des soirs où les cinq minutes n'existent pas. Dans ce cas, ne coupez pas le déroulé en morceaux, gardez-en trois gestes : un merci nommé, un pardon demandé, un texte dit en entier. C'est la structure même des Complies, en version minimale. Et si vous vous couchez à une heure indécente, sachez que la liturgie l'a prévu noir sur blanc : les Complies sont « la dernière prière du jour, à faire avant le repos de la nuit, même après minuit le cas échéant » (Présentation générale de la Liturgie des Heures, n° 84, citée par le service national de pastorale liturgique). L'office ne vous demande pas d'être couché à 22 h. Il vous demande de ne pas vous endormir sans l'avoir dit.
Si vous débutez complètement et que l'enchaînement vous paraît encore abstrait, notre guide pour débuter dans la prière pose le cadre général, moment et lieu compris.
Les textes de la prière du soir, en entier
Voici les quatre textes que vous pouvez dire ce soir sans rien chercher d'autre. Chacun est recopié sur la source qui le sert, ponctuation comprise, parce qu'une prière recopiée de site en site se déforme vite : nous avons relevé le Gloire au Père en trois versions différentes sur un même corpus avant de figer nos textes de référence. Pour savoir ce que chacune de ces prières est et d'où elle vient, nous l'avons traité à part dans les prières catholiques essentielles : cette page-ci ne s'occupe que du soir.
Le Notre Père, dans la traduction en vigueur depuis 2017
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen
Attention à l'avant-dernière ligne : depuis le 3 décembre 2017, le texte en usage en France dit « Et ne nous laisse pas entrer en tentation », et non plus « ne nous soumets pas à la tentation ». Si vous avez appris la prière avant cette date, c'est l'ancienne formule qui vous revient le soir, et c'est normal. Le signe le plus commode pour s'en souvenir : le Compendium du Catéchisme, publié en 2005, imprime encore l'ancienne version. Ce n'est donc pas lui qu'il faut consulter pour cette prière-là, mais les pages de prières de l'Église catholique en France.
Prière du soir à Marie : le Je vous salue Marie, et l'antienne mariale des Complies
Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen
Cette prière a une affinité particulière avec le soir, et elle est dans sa dernière ligne : « maintenant et à l'heure de notre mort ». Le sommeil est l'image la plus ordinaire de la mort, et c'est précisément ce que la liturgie travaille aux Complies. Ce n'est pas un hasard si l'office se termine par une antienne à la Vierge : à cette heure, on omet même la conclusion habituelle « Bénissons le Seigneur » pour enchaîner directement sur elle (Liturgie et Sacrements, la structure des Complies). Le Salve Regina et le Sous ta protection sont les plus connues de ces antiennes.
L'acte de contrition
Mon Dieu, j'ai un très grand regret de vous avoir offensé parce que vous êtes infiniment bon et que le péché vous déplaît. Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence.
C'est le texte que le Saint-Siège sert en français dans l'appendice du Compendium du Catéchisme. Une variante plus longue circule largement en France, qui ajoute « infiniment aimable » après « infiniment bon » : c'est celle que les prêtres soufflent le plus souvent au confessionnal, et nous la citons telle quelle dans notre article sur comment se confesser. Aucun texte du registre ne tranche entre les deux. Dites celle que vous connaissez, et ne vous laissez pas dire que l'autre est fausse.
Un point de vocabulaire utile le soir : l'acte de contrition n'est pas une absolution. Il exprime le regret ; le pardon sacramentel passe par le prêtre. Dire un acte de contrition tous les soirs ne remplace donc pas la confession, et ne prétend pas le faire.
La prière à l'ange gardien
Ange de Dieu,
qui es mon gardien,
et à qui j'ai été confié par la Bonté divine,
éclaire-moi, défends-moi,
conduis-moi et dirige-moi. Amen.
Quatre verbes, une phrase, c'est la prière du soir la plus facile à transmettre à un enfant. Le Compendium la sert aussi en latin, et la version latine explique le rythme de la française : Ángele Dei, qui custos es mei, me, tibi commíssum pietáte supérna, illúmina, custódi, rege et gubérna. Amen. Elle se dit en dernier, juste avant d'éteindre, parce que c'est elle qui confie les heures où vous ne veillez plus. Sur ce que l'Église entend exactement par ange gardien, et ce qu'elle n'en dit pas, voyez notre article sur le rôle des anges.
Belle prière du soir : le cantique de Syméon (Luc 2, 29-32)
Si vous ne devez retenir qu'un texte de cette page, retenez celui-là. C'est le cantique évangélique des Complies, c'est-à-dire la prière que l'Église met dans votre bouche chaque soir de l'année, et c'est le seul texte du Nouveau Testament écrit par un vieillard qui s'en va content.
Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s'en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël.
Le contexte éclaire tout. Syméon est à Jérusalem, c'est « un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d'Israël », et il avait reçu de l'Esprit Saint l'annonce qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ. Quand Marie et Joseph présentent l'enfant au Temple, il le prend dans ses bras et prononce ces mots (Luc 2, 25-32 dans la traduction officielle liturgique). Aux Complies, le cantique est encadré par cette antienne, qui dit en une ligne tout le sens de la prière du soir : « Sauve-nous, Seigneur, quand nous veillons ; garde-nous quand nous dormons : nous veillerons avec le Christ, et nous reposerons en paix. »
À savoir : pourquoi ce cantique le soir, et pas le Magnificat
La Liturgie des Heures distribue les trois cantiques de saint Luc sur la journée. Le Benedictus, le cantique de Zacharie, est au matin, aux laudes. Le Magnificat, le cantique de Marie, est à l'office du soir proprement dit, les vêpres. Le cantique de Syméon, lui, est réservé aux Complies, après les vêpres, au seuil de la nuit. Les vêpres et les Complies sont donc deux offices différents, pas deux noms pour la même chose : les vêpres sont la prière du soir, les Complies la prière du coucher.
Prière du soir Psaume 91 : pourquoi l'Église l'appelle le psaume 90
C'est la question qui fait perdre le plus de temps, et la réponse tient en une phrase. Le psaume que l'on vous indique comme « psaume 91 du soir » est le psaume 90 dans les livres liturgiques catholiques français : c'est le même texte, deux systèmes de numérotation. La numérotation de la Bible hébraïque donne 91, celle de la tradition grecque et latine, que suit la liturgie, donne 90. Le décalage d'une unité court sur une bonne partie du psautier. Si vous ouvrez la traduction officielle liturgique au numéro 90, vous tombez bien sur le texte attendu, celui qui commence par « Quand je me tiens sous l'abri du Très-Haut ».
Et c'est le psaume du dimanche soir aux Complies. Voici les versets qui en font une prière de nuit :
Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit,
ni la flèche qui vole au grand jour,
ni la peste qui rôde dans le noir,
ni le fléau qui frappe à midi.Oui, le Seigneur est ton refuge ;
tu as fait du Très-Haut ta forteresse.
Le malheur ne pourra te toucher,
ni le danger, approcher de ta demeure :
il donne mission à ses anges
de te garder sur tous tes chemins.
Ce sont ces deux derniers vers qui ont fait la dévotion à l'ange gardien : l'Église les lit à la mémoire des saints anges gardiens, le 2 octobre, et leur suite dit « Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres » (psaume 90, versets 5-6 et 9-12). Vous comprenez du coup pourquoi la prière à l'ange gardien se dit le soir, et pourquoi ce psaume est tombé sur le dimanche : il dit exactement ce qu'on demande au moment de fermer les yeux.
Les Complies, la prière du soir de l'Église
Les Complies sont la dernière des heures de l'office, celle qui suit les vêpres et clôt la journée. Elles tiennent en sept pièces, toujours les mêmes :
- Introduction et acte pénitentiel
- Hymne
- Le psaume, ou les deux psaumes du soir
- Une parole très brève, et le répons
- Le cantique évangélique, celui de Syméon
- L'oraison, puis la bénédiction
- L'hymne, ou l'antienne, à la Vierge Marie
Le répons est le même tous les soirs de l'année, et il résume tout l'office à lui seul : « En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit » (psaume 30, 6). C'est la parole du Christ en croix. Les psaumes retenus pour cette heure ont d'ailleurs été « choisis de façon à stimuler surtout la confiance en Dieu », dit la Présentation générale au n° 88.
Le psaume de chaque soir, du dimanche au samedi
Voilà ce que personne ne vous donne et qui change la pratique du tout au tout : le cycle des Complies tient sur une seule semaine, et il ne bouge pas d'un bout de l'année à l'autre. Vous n'avez donc que sept configurations à connaître. Le tableau ci-dessous a été relevé jour par jour sur l'office servi, puis recoupé sur la page du service national de pastorale liturgique.
| Soir | Psaume | Le vers qui donne le ton |
|---|---|---|
| Dimanche | Psaume 90 (le « 91 ») | « Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit » |
| Lundi | Psaume 85 | « Toi qui es bon et qui pardonnes, écoute ma prière » |
| Mardi | Psaume 142 | « Pour l'honneur de ton nom, Seigneur, fais-moi vivre » |
| Mercredi | Psaumes 30 (I) et 129 | « Dieu, ma forteresse et mon abri » |
| Jeudi | Psaume 15 | « Garde-moi, mon Dieu, mon refuge est en toi » |
| Vendredi | Psaume 87 | « Dans ma nuit, je crie vers toi, Seigneur » |
| Samedi | Psaumes 4 et 133 | « Sur nous, Seigneur, que s'illumine ton visage » |
Deux remarques qui servent, pour qui veut s'y mettre. Les psaumes 4, 90 et 133 sont les plus anciens de cette heure : la Règle de saint Benoît prescrivait déjà de répéter chaque jour « le 4, le 90 et le 133 », et les six autres ont été ajoutés après les réformes liturgiques du XXe siècle. Et le vendredi soir tombe le psaume 87, qui est, d'après le service national de pastorale liturgique, le seul du psautier à ne contenir aucune formule de louange : c'est la prière du soir de ceux qui n'ont rien à célébrer ce jour-là, et elle existe.
Prière du soir pour dormir : ce que demande vraiment l'oraison des Complies
On cherche souvent une prière pour trouver le sommeil, et l'office en propose une qui ne parle pas du sommeil. Les oraisons des Complies changent chaque soir, et elles nomment toutes la mort et la résurrection. Celle du vendredi soir demande « que la splendeur de la Résurrection nous illumine, pour que nous puissions échapper à l'ombre de la mort et parvenir à la lumière éternelle dans ton Royaume ». Celle du dimanche soir dit : « quand viendra pour nous le moment de mourir, que ton souffle de vie nous conduise en ta présence ».
Ce n'est pas lugubre, c'est la raison d'être de cette heure. S'endormir est un abandon : on cesse de tenir sa propre vie, et on ne décide pas de se réveiller. La liturgie prend cet abandon au sérieux et en fait une école de confiance. Et contre l'insomnie d'inquiétude, c'est plus efficace que n'importe quelle formule : on ne demande pas de dormir, on remet la nuit à quelqu'un.
L'examen de conscience du soir
C'est la pièce que tout le monde redoute et que presque personne ne situe correctement. Dans la liturgie, l'examen de conscience du soir est à l'ouverture des Complies, et il n'est pas obligatoire : la Présentation générale de la Liturgie des Heures dit seulement qu'« il est louable de faire un examen de conscience » (n° 86). Il peut se faire en silence. Il peut aussi prendre la forme d'un acte pénitentiel « en suivant les formules du Missel romain », et dans la pratique c'est le plus souvent le Je confesse à Dieu qui sert.
Trois choses que l'examen du soir n'est pas, et c'est là que la plupart des gens décrochent :
- Ce n'est pas une confession. Aucune absolution n'y est donnée. Il prépare la confession, il ne la remplace pas : les cinq étapes du sacrement sont détaillées dans notre article sur comment se confesser.
- Ce n'est pas un inventaire comptable. On reparcourt les heures du jour, les pensées, les paroles, les actions. On ne compte pas.
- Ce n'est pas un tribunal. La tradition ignatienne le fait commencer par l'action de grâces, pas par la faute, ce qui change entièrement la couleur de l'exercice. Nous en donnons les cinq points, avec leur référence, dans saint Ignace de Loyola : le discernement en pratique.
La tradition ignatienne de l'examen a d'ailleurs un nom qui en dit plus que « examen de conscience » : on l'appelle aussi la prière d'alliance. Le regard qu'on y porte sur sa journée n'est pas le sien, c'est celui de Dieu sur nous, et il porte autant sur les grâces reçues que sur les manques. C'est la raison pour laquelle dix minutes de relecture fatiguent moins qu'un quart d'heure de remords.
Prière du soir protection famille : ce qu'on peut demander, et comment
Demander la protection des siens avant de dormir est l'une des intentions les plus anciennes et les plus légitimes de cette heure. Deux manières de le faire, et aucune n'exige de formule particulière. La première est de nommer les personnes, une par une, à voix basse, dans le temps du merci et du pardon : les prénoms valent mieux que « ma famille ». La seconde est de prendre le psaume du dimanche soir, qui est écrit pour ça, et de le dire pour eux plutôt que pour vous.
Une précision honnête, parce qu'on lit beaucoup le contraire : aucune prière n'est un dispositif de sécurité, et l'Église n'en classe aucune par ordre de puissance. Ce que la prière du soir change, c'est la manière dont vous portez les vôtres, et l'habitude que prennent vos enfants s'ils vous entendent le faire. Si la prière en famille vous intéresse, un lieu aide beaucoup : voyez comment faire un coin de prière chez soi.
Prier le soir avec un objet, et ce que nous ne vendons pas
Le chapelet est le compagnon traditionnel de la prière du soir, pour une raison très concrète : les doigts tiennent le fil quand l'attention lâche, et le soir l'attention lâche. Une dizaine suffit ; la méditation des mystères est détaillée dans notre guide sur comment prier le chapelet.
Disons les choses franchement : nous ne vendons pas de chapelets à prier. Notre catalogue est un catalogue de bijoux, et les colliers de notre collection qui portent le mot chapelet sont des bijoux inspirés de sa forme, pas des objets de prière. Nous n'allons pas vous faire croire le contraire pour placer un produit.
Ce qui, en revanche, se rattache honnêtement à cette page, c'est la médaille. Le psaume du dimanche soir demande à Dieu de donner mission à ses anges de nous garder sur tous nos chemins, et c'est de ce verset que vient la dévotion à l'ange gardien : nos pièces ange gardien en acier inoxydable et en argent 925 disent cela, et rien de plus. Pour une médaille mariale, à mettre en regard du Je vous salue Marie du soir, voyez la collection Vierge Marie. Et pour celle ou celui qui préfère le signe le plus simple, nos bijoux croix font le même travail de rappel, sans un mot.
Questions fréquentes
Quelle est la prière du soir la plus puissante ?
L'Église ne range pas les prières par ordre de puissance, et aucun texte du Magistère ne désigne une prière du soir supérieure aux autres. La question vient des pages qui promettent des résultats, pas de la tradition. Ce que la tradition désigne, c'est une prière du soir officielle, les Complies, et un texte central à cette heure, le cantique de Syméon (Luc 2, 29-32). Si vous cherchez la plus forte, prenez la plus régulière : celle que vous direz encore dans six mois.
Comment dire merci à Dieu avant de dormir ?
En nommant trois faits précis de la journée plutôt qu'en remerciant « pour tout ». Un appel reçu, une inquiétude qui s'est dissipée, une phrase qu'on vous a dite : des faits datés, avec des noms. C'est ce que fait le premier point de l'examen quotidien de saint Ignace, qui commence par rendre grâce des bienfaits reçus avant de regarder quoi que ce soit d'autre. Comptez une minute, pas plus, et terminez par un Notre Père.
Quelle est la prière du soir traditionnelle catholique ?
Ce sont les Complies, la dernière heure de la Liturgie des Heures, définie comme « la dernière prière du jour, à faire avant le repos de la nuit, même après minuit le cas échéant ». Elles comportent un acte pénitentiel, une hymne, le psaume du jour, un répons unique (« En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit »), le cantique de Syméon, une oraison, une bénédiction et une antienne à la Vierge. À la maison, la version courte la plus répandue enchaîne un merci, un acte de contrition, un Notre Père ou un Je vous salue Marie, et la prière à l'ange gardien. Pour savoir ce que chacune de ces prières est et d'où elle vient, voyez les prières catholiques essentielles.
Quelle est la prière à Jésus avant de dormir ?
La plus ajustée au coucher est le répons des Complies, qui est une parole du Christ en croix reprise à son adresse : « En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit » (psaume 30, 6). Elle tient en une ligne et peut se répéter lentement jusqu'au sommeil. Vient ensuite le Notre Père, qui est la seule prière que Jésus ait enseignée lui-même, et que l'examen ignatien place justement en conclusion du soir.
Dire la même chose chaque soir, et porter ce qu'on dit
Vous aviez deux besoins en arrivant ici : des textes à dire ce soir, et un ordre pour les enchaîner. Vous avez les quatre textes en entier, recopiés sur les sources qui les servent, le cantique que l'Église met dans votre bouche au seuil de la nuit, le psaume assigné à chacun des sept soirs, et un déroulé de cinq minutes dont vous pouvez retirer des morceaux les soirs où il n'en reste que deux. Rien d'ésotérique, rien d'inventé, et aucune promesse de résultat.
Il reste une chose que les textes ne font pas : se rappeler à vous. C'est le seul rôle que nous donnons à un objet, et nous n'en revendiquons pas d'autre. Une médaille de l'ange gardien au cou d'un enfant, c'est le psaume 90 rendu palpable à l'heure du coucher. Découvrez nos médailles de saints, en acier inoxydable qui ne noircit pas ou en argent 925, livrées en écrin, et nos bijoux croix pour qui préfère le signe nu.
Sources
- AELF, Évangile selon saint Luc, chapitre 2 : le texte du cantique de Syméon aux versets 29 à 32, et son contexte aux versets 25 à 28, dans la traduction officielle liturgique. Recoupé sur la réponse de l'API de l'office des Complies, qui sert le même texte.
- AELF, psaume 90 : le texte intégral du psaume du dimanche soir, dont les versets 5 et 6 sur les terreurs de la nuit et les versets 11 et 12 sur la mission donnée aux anges. C'est le psaume que les numérotations hébraïques appellent 91.
- Liturgie et Sacrements, « Les Complies : dernière prière du jour » : la définition de la Présentation générale de la Liturgie des Heures n° 84, le psaume 4 du samedi et le psaume 90 du dimanche comme psaumes anciens de cette heure, les six psaumes ajoutés jour par jour, le cas du psaume 87 et le répons unique de l'office.
- Liturgie et Sacrements, « Les complies, une structure originale » : la structure en sept éléments, la Présentation générale n° 86 sur l'examen de conscience et l'acte pénitentiel, le n° 88 sur le choix des psaumes, la Règle de saint Benoît sur les psaumes 4, 90 et 133, et l'omission du « Bénissons le Seigneur » au profit de l'antienne mariale.
- Saint-Siège, Compendium du Catéchisme de l'Église catholique : la question 567 sur les rythmes de prière proposés par l'Église, dont les prières du matin et du soir, avec la citation de saint Grégoire de Nazianze, et l'appendice des prières communes, qui sert en français l'Ange de Dieu, son latin Angele Dei et l'acte de contrition.
- Cités en clair, par respect du plafond de cinq sources liées : les pages de prières de l'Église catholique en France, pour le Notre Père en vigueur depuis le 3 décembre 2017 et le Je vous salue Marie ; et la page « Mémoire des saints anges gardiens, le 2 octobre » de Liturgie et Sacrements, pour le rattachement du 2 octobre aux versets 11 et 12 du psaume 90.
Nos sources
- AELF, Évangile selon saint Luc, chapitre 2 (nouvelle fenêtre) Bible, traduction officielle liturgique
- AELF, psaume 90 (nouvelle fenêtre) Bible, traduction officielle liturgique
- Liturgie et Sacrements (SNPLS, CEF), « Les Complies : dernière prière du jour » (nouvelle fenêtre) Église officielle (service national de pastorale liturgique)
- Liturgie et Sacrements (SNPLS, CEF), « Les complies, une structure originale » (nouvelle fenêtre) Église officielle (service national de pastorale liturgique)
- Saint-Siège, Compendium du Catéchisme de l'Église catholique (2005) (nouvelle fenêtre) Magistère
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Ce que l'on garde au creux de la main le soir
Le psaume du dimanche soir demande à Dieu de donner mission à ses anges de nous garder sur tous nos chemins. C'est de là que vient la médaille de l'ange gardien, et c'est le seul pont honnête entre cette page et notre catalogue.
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