Prière à sainte Lucie, patronne des aveugles
Sommaire
- La prière à sainte Lucie, telle qu'une paroisse la publie
- Qui était Lucie de Syracuse
- Prière à sainte Lucie pour les yeux : d'où vient ce patronage
- Le 13 décembre, le dicton, et les jours les plus courts
- La Lucia suédoise : d'où vient vraiment la couronne de bougies
- L'« œil de sainte Lucie » : ce que c'est, et ce que ce n'est pas
- Comment prier sainte Lucie, concrètement
- Une médaille de sainte Lucie : ce que nous avons, et ce que nous n'avons pas
- Ce qu'on demande vraiment à sainte Lucie
- Questions fréquentes
- Sources
En bref
- Lucie de Syracuse est morte décapitée le 13 décembre 304, sous la persécution de Dioclétien. Son culte est attesté à Syracuse dès le IVe siècle.
- Son nom vient de lux, la lumière, et c'est de là que vient tout le reste : son patronage des yeux, sa fête au cœur de l'Avent, la Lucia suédoise et sa couronne de bougies.
- ⚠️ L'épisode des yeux arrachés et présentés sur un plateau n'est dans aucun des deux récits que l'Église sert aujourd'hui en français, alors que les deux détaillent pourtant chaque supplice. C'est une couche tardive de la légende, et l'iconographie qui en découle reste belle.
- Elle est l'une des sept femmes nommées dans le canon romain, la plus ancienne prière eucharistique du rite latin. Peu de saintes peuvent en dire autant.
- Le texte d'une prière publiée par une paroisse est reproduit intégralement plus bas. Nous ne proposons pas de médaille de sainte Lucie.
Vous cherchez une prière à sainte Lucie, probablement pour les yeux, pour une opération qui approche ou pour quelqu'un dont la vue baisse. Vous vous demandez si l'histoire des yeux arrachés est vraie. Et vous avez peut-être croisé la fête suédoise, ces jeunes filles couronnées de bougies, sans comprendre le lien avec une martyre sicilienne.
Les trois réponses sont ici, vérifiées sur les textes. Vous trouverez d'abord le texte complet d'une prière publiée par une paroisse, de quoi la garder ou l'imprimer. Puis la réponse honnête à la question des yeux, qui n'enlève rien à sa figure : les deux récits que l'Église sert aujourd'hui en français racontent le bordel, les bœufs, le bûcher et l'épée, et aucun des deux ne parle d'yeux arrachés.
La prière à sainte Lucie, telle qu'une paroisse la publie
Le texte que nous donnons vient du feuillet de messe du 13 décembre 2017 de la chapelle Sainte-Lucie d'Ajaccio, paroisse Saint-Roch, diocèse de Corse. Le feuillet indique sa provenance : « d'après une prière de Dom Guéranger dans L'année liturgique ». Nous le reproduisons sans le retoucher.
Prière à sainte Lucie de Syracuse
Sainte Lucie, vierge et martyre du Christ, daignez nous accepter sous votre puissant patronage. Le nom que vous avez reçu signifie Lumière : soyez notre flambeau dans les ténèbres de ce monde. Ô Lampe toujours brillante de la splendeur de la virginité et rayonnante de la gloire du martyre, illuminez nos yeux ! Guérissez notre regard des blessures de la concupiscence, afin qu'il puisse s'élever jusqu'à la Lumière éternelle. Obtenez que notre œil purifié reconnaisse, dans l'Enfant qui va naître, Dieu Lui-même qui s'est fait Homme pour nous. Répandez sur la Corse, comme sur la Sicile qui vous a donné la naissance sur Terre et au Ciel, vos bénédictions particulières. Faites-y revenir l'intégrité de la foi, la pureté des mœurs, la prospérité temporelle, et la guérison de tant de maux ! Amen.
Deux remarques pour que vous sachiez ce que vous priez. La mention de la Corse est locale : si vous reprenez le texte ailleurs, nommez votre région ou votre famille à cet endroit, c'est l'usage normal pour une prière de paroisse. Et la demande centrale n'est pas « rendez-moi la vue », c'est « illuminez nos yeux » puis « guérissez notre regard ». La guérison physique n'est pas exclue, elle n'est simplement pas le sujet principal du texte.
Pourquoi cette prière parle de Noël
« Obtenez que notre œil purifié reconnaisse, dans l'Enfant qui va naître, Dieu Lui-même. » Cette phrase n'est pas un ornement. La fête de sainte Lucie tombe le 13 décembre, en plein Avent, à la période où les jours sont les plus courts de l'année. Prier une sainte de la lumière à ce moment précis, en attendant Noël, n'est pas une coïncidence de calendrier : c'est tout le ressort de sa dévotion.
Le feuillet d'Ajaccio le confirme par l'évangile lu ce jour-là, celui des dix jeunes filles et de leurs lampes. Et le Martyrologe romain, cité par Nominis, le dit en une phrase magnifique : « Tant qu'elle vécut, elle garda sa lampe allumée pour aller au-devant de l'Époux et, conduite à la mort pour le Christ, elle mérita d'entrer avec lui dans la salle des noces et de posséder la lumière qui n'a pas de fin. » Si vous préparez cette période, notre article sur ce que font les chrétiens le jour de Noël prolonge le sujet.
Qui était Lucie de Syracuse
Une phrase de Nominis résume mieux que n'importe quelle biographie ce qu'on peut en dire : « Son nom même évoque la lumière, mais sa vie reste dans l'ombre. »
Ce qui est solide : elle est vierge et martyre à Syracuse, en Sicile, victime de la persécution de Dioclétien en 304. Son culte y est attesté dès le IVe siècle et s'est répandu dans tout l'Occident. Ses reliques, d'abord vénérées à Syracuse, ont été transportées à Constantinople, puis à Venise, où elles reposent aujourd'hui. Saint Thomas d'Aquin parle d'elle à deux reprises dans la Somme théologique.
Pour le récit, Vatican News ouvre son article par un avertissement qu'il faut lire avant tout le reste : « Ce sont les actes du martyre, les traditions, les récits populaires et les légendes qui racontent son histoire. » Voici ce récit, tel qu'il le donne. Lucie naît à la fin du IIIe siècle dans une famille aisée de Syracuse, perd son père enfant et est élevée par sa mère, Eutichia. Elle veut se consacrer à Dieu, mais sa mère la promet à un jeune homme non chrétien. En 301, mère et fille vont à Catane prier sur la tombe de sainte Agathe pour obtenir une guérison, et l'obtiennent. Lucie décide alors de vendre sa dot et de la distribuer aux pauvres.
Le fiancé la dénonce au préfet Pascasius comme chrétienne. Elle refuse de sacrifier aux dieux. On ordonne de la conduire au lieu de prostitution : les soldats ne parviennent pas à la pousser, les bœufs ne parviennent pas à la traîner. On la met au bûcher : les flammes ne la brûlent pas. « Fou furieux, Pascasio décide de la faire périr par l'épée. Elle est alors décapitée le 13 décembre 304. » Sa réponse au juge, que le feuillet d'Ajaccio reprend sur sa première page, tient en une ligne : « Ceux qui vivent dans la piété et la chasteté sont les temples du Saint-Esprit. »
La preuve la plus solide de son culte : le canon romain
Voilà le fait qui devrait figurer en tête de tous les articles sur sainte Lucie, et qui n'y figure jamais. Elle est nommée dans le canon romain, la prière eucharistique I, la plus ancienne du rite latin.
Le texte, dans la nouvelle traduction du Missel romain, dit : « admets-nous dans la communauté des saints Apôtres et Martyrs, avec Jean Baptiste, Étienne, Matthias et Barnabé, [Ignace, Alexandre, Marcellin et Pierre, Félicité et Perpétue, Agathe, Lucie, Agnès, Cécile, Anastasie,] et tous les saints. » Les crochets signalent que le prêtre peut abréger cette liste, mais le nom y est.
Mesurez ce que cela veut dire. Sur les dizaines de milliers de saints du calendrier, sept femmes seulement sont nommées à cet endroit de la messe, et Lucie en fait partie avec Agathe, à qui elle était allée demander une guérison. Une sainte dont la vie est mal documentée mais dont le nom est entré dans le canon : c'est le signe d'un culte très ancien et très populaire, bien avant que les légendes ne s'ajoutent.
Prière à sainte Lucie pour les yeux : d'où vient ce patronage
Nominis donne la liste, et elle est plus large qu'on ne le croit. Sainte Lucie est patronne des aveugles, des ophtalmologistes et opticiens, et des électriciens. Le dernier fait sourire, et il suit la même logique que les deux autres : tout part de la lumière.
Le mécanisme est simple. Son nom vient du latin lux. Une sainte qui porte le nom de la lumière devient, par un glissement naturel et très ancien, celle vers qui l'on se tourne quand la lumière manque, au sens physique comme au sens intérieur. Le patronage des yeux ne vient donc pas d'abord d'un épisode de sa vie, il vient de son nom. C'est exactement ce que dit la prière d'Ajaccio : « Le nom que vous avez reçu signifie Lumière : soyez notre flambeau. »
Les yeux sur un plateau : ce que les récits anciens ne disent pas
Soyons précis, parce que c'est la question que vous vous posez vraiment.
Vous avez forcément vu l'image : une jeune femme qui présente deux yeux sur une coupelle. On la trouve dans toute la Sicile, et dans beaucoup d'églises françaises. Le récit qui l'accompagne existe en plusieurs versions : elle se serait arraché les yeux elle-même pour décourager son prétendant, ou ses bourreaux les lui auraient arrachés, et la Vierge lui aurait rendu la vue.
Voici la mesure. Les deux récits que l'Église sert aujourd'hui en français ne mentionnent ni l'un ni l'autre. Vatican News détaille pourtant chaque supplice, le bordel, les bœufs, le bûcher, l'épée. Nominis va plus loin : il dresse la liste explicite des détails qu'il tient pour légendaires, « enfermée dans un lieu de prostitution », « attelée à deux bœufs pour l'écarteler », « mise sur un bûcher », et les yeux n'y sont même pas. Nominis ajoute le point décisif : « La rédaction de sa passion date du Ve voire du VIe siècle et beaucoup de détails y sont légendaires. » La passion elle-même est donc déjà postérieure de deux siècles aux faits, et l'épisode des yeux n'y figure pas.
Le service de référence Eurêkoi, de la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou, situe l'apparition de ce motif : il « n'apparaît pas avant le 14e siècle et illustre un aspect tardif de la légende », et il précise que La Légende dorée de Jacques de Voragine, qui est pourtant le grand diffuseur des récits légendaires sur elle, ne le rapporte pas. Le même service note que la plus ancienne représentation connue de sainte Lucie, une mosaïque du VIe siècle à l'église Saint-Apollinaire-le-Neuf de Ravenne, la montre sans aucun attribut.
Maintenant, la conclusion honnête, et elle n'est pas destructrice. L'image des yeux n'est pas une fraude, c'est une lecture. Des siècles de fidèles ont rendu visible, par cette image, le lien entre son nom et sa protection. Elle dit quelque chose de vrai, à savoir que Lucie est la sainte du regard, et elle le dit par un moyen qui n'est pas un procès-verbal. Priez devant cette image sans scrupule. Sachez simplement, si on vous raconte la scène comme un fait historique, qu'elle ne vient pas des actes anciens du martyre.
Le 13 décembre, le dicton, et les jours les plus courts
La fête est fixée au 13 décembre, en mémoire obligatoire au calendrier romain. Et elle a produit un dicton que Nominis enregistre tel quel : « A la Sainte Luce, les jours avancent du saut d'une puce. »
Le dicton dit une chose observable : c'est autour de cette date que l'on commence à sentir que les soirées cessent de raccourcir, bien avant le solstice. On l'explique traditionnellement par l'ancien calendrier, où le 13 décembre tombait plus près du solstice qu'aujourd'hui. Nous donnons cette explication comme une explication, pas comme une archive : aucune de nos sources d'Église ne la documente.
Nominis ajoute le décor nordique, et il est utile pour comprendre la suite : « A cette date, ce sont les longues nuits de l'hiver nordique. Nous connaissons aussi de longues nuits dans les doutes de notre foi. » Pour situer sa fête parmi les autres du mois, notre calendrier des saints donne le mois de décembre en entier.
La Lucia suédoise : d'où vient vraiment la couronne de bougies
C'est ce que vous êtes le plus nombreux à chercher, et c'est là que les récits en ligne sont les plus romancés. On lit partout que Lucie portait une couronne de bougies pour avoir les mains libres en apportant des vivres aux chrétiens cachés dans les catacombes. C'est une explication pieuse, rapportée par Eurêkoi au registre du « il est dit que », et elle n'a aucun rapport documentaire avec la fête suédoise.
Voici ce que dit le Nordiska museet, le musée national des cultures de Stockholm, qui conserve les archives de ces traditions. Nous le citons en clair, sans lien, parce qu'il ne fait pas partie de nos sources d'Église.
| Repère | Ce que le Nordiska museet documente |
|---|---|
| Jusqu'au XVIe siècle | Lucie figure comme jour de sainte au 13 décembre dans le calendrier catholique suédois, mais sans être particulièrement solennisée. Après la Réforme, la portée ecclésiale des saints disparaît en pratique |
| Société paysanne | La lucianatten, la nuit la plus longue de l'année, est associée aux dangers et aux êtres surnaturels. Par ressemblance sonore, le nom est parfois rapproché de Lucifer |
| 1764 | Plus ancienne attestation d'une Lucie vêtue de blanc venant au matin : à Horns, une demeure de la haute société du Västergötland. Elle porte des ailes d'ange et des chandeliers dans les mains |
| 1820 | Une des premières descriptions d'une Lucie vêtue de blanc avec une couronne de lumières concerne un valet de ferme, à Skinnskatteberg |
| 1848 | Plus ancienne image connue d'une Lucie : un dessin à l'encre aquarellé de Fritz von Dardel, « Lucedagen på Koberg » |
| Milieu du XIXe | L'usage se diffuse d'abord dans les villes universitaires, puis dans diverses organisations du pays |
| Années 1890 | Le musée de plein air de Skansen lance des célébrations de Lucie pour mettre en scène les « vieux usages ». La fête est alors encore assez inconnue de la plupart des Stockholmois |
| 1928 | Le journal Stockholms Dagblad organise un concours de Lucie. La gagnante est menée en cortège avec de la lumière électrique dans sa couronne. Le concept est repris par d'autres journaux |
| Années 1950 | Le cortège tel qu'on le connaît aujourd'hui devient courant |
Deux choses sautent aux yeux dans ce tableau. La fête suédoise telle que nous la voyons est récente : elle se stabilise au XXe siècle, et la couronne électrique de 1928 a fait plus pour sa diffusion que n'importe quelle légende. Et la robe blanche précède la couronne : en 1764, la Lucie de Horns tient ses bougies à la main.
Pour autant, le lien avec la sainte n'est pas inventé. Nominis l'affirme du côté de l'Église : le culte de Lucie « s'étendit jusqu'en Scandinavie, en particulier en Suède où la fête païenne de la lumière et des mauvais esprits qui luttent contre elle, a été remplacée par la fête de sainte Lucie ». Les deux récits se complètent plutôt qu'ils ne se contredisent : un nom de sainte posé très tôt sur une date critique de l'hiver nordique, puis une fête populaire qui s'est construite dessus pendant deux siècles.
L'« œil de sainte Lucie » : ce que c'est, et ce que ce n'est pas
Autant traiter cette question franchement, parce qu'elle est très cherchée et qu'elle n'a presque rien à voir avec ce qui précède.
L'« œil de sainte Lucie » est un petit objet porte-bonheur du pourtour méditerranéen, vendu comme amulette, qui emprunte le nom de la sainte. Ce n'est pas un objet de dévotion catholique. Aucune de nos sources d'Église ne le mentionne, ne lui attribue d'effet, ni ne le rattache au culte de Lucie. Nous ne le vendons pas et nous ne vous dirons pas ce qu'il « fait », parce que nous n'avons rien pour l'affirmer.
Ce que nous pouvons dire relève d'un autre registre, et c'est le Catéchisme de l'Église catholique qui le dit, au numéro 2111 : « La superstition est la déviation du sentiment religieux et des pratiques qu'il impose. Elle peut affecter aussi le culte que nous rendons au vrai Dieu, par exemple, lorsqu'on attribue une importance en quelque sorte magique à certaines pratiques, par ailleurs légitimes ou nécessaires. »
Lisez bien : la mise en garde porte même sur les pratiques légitimes. Ce qui fait la superstition n'est pas l'objet, c'est le pouvoir qu'on lui prête hors de la foi de celui qui prie. Une médaille bénie, portée par un croyant, n'est pas une amulette ; la même médaille attendue comme un talisman en devient une. C'est une distinction qui tient en une phrase et qui règle la plupart des questions qu'on nous pose. Si le fonctionnement de la prière aux saints vous paraît flou, nous l'avons traité sans détour : à quoi servent les saints et peut-on prier Marie.
Comment prier sainte Lucie, concrètement
Trois façons de faire, aucune compliquée.
Le texte, tel quel. La prière d'Ajaccio citée plus haut est complète et attribuée. Pour une opération des yeux ou pour un proche qui perd la vue, c'est celle que nous recommanderions, en nommant la personne à l'endroit où le texte nomme la Corse.
Le 13 décembre. C'est sa mémoire au calendrier romain, et c'est le jour où une paroisse qui lui est dédiée célèbre sa fête. Si Lucie est votre prénom ou celui d'une personne à qui vous pensez, c'est la date naturelle pour une intention, une messe demandée ou un cadeau.
En neuvaine, si vous voulez tenir dans la durée. Une neuvaine est une prière répétée neuf jours de suite, et pour sainte Lucie elle se place naturellement du 5 au 13 décembre. Nous ne vous donnons pas de texte de neuvaine ici : ceux qui circulent en ligne ne sont pas publiés par des sources d'Église et nous ne les avons pas vérifiés. Rien ne vous empêche de reprendre la prière ci-dessus neuf jours de suite, c'est exactement ce qu'une neuvaine demande. Pour voir à quoi ressemble une neuvaine structurée, notre neuvaine à sainte Rita en donne le déroulé jour par jour.
Une dernière précision, sur une recherche fréquente. La « prière à sainte Lucie pour découvrir les choses cachées » revient souvent, et nous n'en avons trouvé aucun texte sur une source d'Église lors de nos recherches sur les diocèses francophones. Si vous cherchez un objet perdu, le saint que l'Église et l'usage désignent depuis des siècles est un autre : saint Antoine de Padoue. Lucie, elle, éclaire le regard, ce qui est une autre demande.
Une médaille de sainte Lucie : ce que nous avons, et ce que nous n'avons pas
Disons-le franchement : nous ne proposons pas de médaille de sainte Lucie. Nous ne vous enverrons donc pas vers un produit qui n'existe pas chez nous. Et si vous en cherchez une ailleurs, un conseil qui ne nous rapporte rien : regardez le métal avant le motif, parce qu'une médaille laitonnée dorée noircit en quelques mois de port quotidien, et qu'une médaille offerte pour une opération des yeux mérite de durer plus longtemps que la convalescence.
Trois pistes, chez nous, servent la même intention. Une médaille de saint, celle de la figure sous laquelle la personne est déjà placée : nos médailles de saints couvrent la Vierge, la Médaille Miraculeuse, saint Benoît, saint Michel et l'Esprit Saint, en acier inoxydable et en argent 925. Une croix, parce que c'est le signe du martyre qu'elle a accepté : nos bijoux croix vont du pendentif discret à la bague, dans un acier qui ne noircit pas. Et pour un baptême, souvent le premier cadeau offert à une petite Lucie, notre sélection baptême rassemble les pièces livrées en écrin.
L'objet n'agit pas de lui-même, nous venons de voir au numéro 2111 du Catéchisme pourquoi c'est important : il rappelle une demande, il ne l'exauce pas. Si vous souhaitez le faire bénir, c'est possible et c'est simple, nous expliquons comment dans notre article sur la bénédiction d'un bijou. Et pour qu'il dure assez longtemps pour servir de rappel, les gestes utiles sont dans notre guide d'entretien.
Ce qu'on demande vraiment à sainte Lucie
Vous avez maintenant un texte de prière attribué et daté, de quoi le garder pour le 13 décembre ou pour demain. Et vous avez la réponse honnête que vous cherchiez sur les yeux : l'épisode n'est pas dans les récits anciens, l'image qui en découle n'en reste pas moins juste, et personne ne vous demande de choisir entre les deux.
Reste ce qui est certain, et c'est largement suffisant. Une jeune femme de Syracuse a été décapitée pour sa foi au début du IVe siècle. Son nom, qui veut dire lumière, est entré dans la prière eucharistique de l'Église et n'en est jamais sorti. Dix-sept siècles plus tard, dans un pays qu'elle n'a jamais connu, des enfants portent encore des bougies le jour de sa fête. On ne lui demande pas un pouvoir : on demande à celle qui a gardé sa lampe allumée de nous aider à voir clair. Si vous souhaitez garder un signe de cette demande sur vous, ou l'offrir à quelqu'un qui traverse une épreuve, découvrez nos médailles de saints.
Questions fréquentes
Quelle est la prière à sainte Lucie ?
La plus solide que nous ayons trouvée en français est reproduite intégralement au début de cet article. Elle vient du feuillet de messe du 13 décembre 2017 de la chapelle Sainte-Lucie d'Ajaccio, paroisse Saint-Roch, et le feuillet indique qu'elle est tirée d'une prière de Dom Guéranger dans L'année liturgique. Elle s'ouvre sur « Sainte Lucie, vierge et martyre du Christ, daignez nous accepter sous votre puissant patronage » et demande « illuminez nos yeux ! Guérissez notre regard des blessures de la concupiscence ». La mention de la Corse est locale : remplacez-la par votre région ou le nom de la personne pour qui vous priez.
Quelle est la prière à sainte Lucie pour découvrir les choses cachées ?
Nous n'en avons trouvé aucun texte sur une source d'Église, et c'est honnête de le dire plutôt que d'en recopier un sans provenance. Nos recherches ont porté sur les diocèses francophones et les sites officiels de l'Église, et aucun ne publie de prière à sainte Lucie sous ce titre. Deux pistes utiles pour autant. Si vous cherchez un objet perdu, le saint invoqué depuis des siècles est saint Antoine de Padoue, et nous lui avons consacré un article. Si la formule des « choses cachées » vous parle d'autre chose, d'une vérité qui ne se montre pas ou d'une décision à éclairer, alors la prière ci-dessus est exactement cela : elle demande un regard capable de voir ce qui est caché, et c'est précisément le sens de son patronage.
Quel est le pouvoir de l'œil de Sainte Lucie ?
Nous ne vous dirons pas qu'il en a un, parce que nous n'avons rien pour l'affirmer. L'« œil de sainte Lucie » est un porte-bonheur du pourtour méditerranéen qui emprunte le nom de la sainte : ce n'est pas un objet de dévotion catholique, et aucune des sources d'Église que nous avons consultées ne le mentionne ni ne lui attribue d'effet. Ce que l'Église dit, en revanche, est utile : le Catéchisme appelle superstition le fait d'« attribuer une importance en quelque sorte magique à certaines pratiques, par ailleurs légitimes ou nécessaires » (n. 2111). La mise en garde vaut même pour une médaille : ce n'est pas l'objet qui pose problème, c'est le pouvoir qu'on lui prête hors de la foi de celui qui le porte.
Quel est le dicton de la sainte Lucie ?
« A la Sainte Luce, les jours avancent du saut d'une puce », tel que l'enregistre Nominis, le calendrier de l'Église catholique en France. Il dit une chose que l'on observe : c'est vers cette date que les soirées cessent de raccourcir, bien avant le solstice. On l'explique traditionnellement par l'ancien calendrier, où le 13 décembre tombait plus près du solstice qu'aujourd'hui, mais nous donnons cette explication pour ce qu'elle est, une explication, aucune de nos sources d'Église ne la documentant.
Quelle est la légende de Sainte-Lucie ?
Il faut séparer deux couches. La première est sa passion, dont Nominis précise que « la rédaction date du Ve voire du VIe siècle et beaucoup de détails y sont légendaires » : elle raconte qu'enfermée dans un lieu de prostitution elle résista, qu'attelée à deux bœufs pour être écartelée ceux-ci ne purent bouger, et que les flammes du bûcher s'éloignèrent d'elle. Vatican News donne le même récit et conclut par sa décapitation, le 13 décembre 304. La seconde couche est plus tardive : c'est l'épisode des yeux arrachés et présentés sur un plateau, qui n'apparaît ni chez Nominis ni chez Vatican News, et que le service Eurêkoi de la Bibliothèque publique d'information situe après le XIVe siècle, en notant que La Légende dorée ne le rapporte pas.
Quelle est la tradition de la Sainte-Lucie ?
Il y en a deux, et elles ne se confondent pas. La tradition d'Église est la mémoire du 13 décembre, en plein Avent, avec des prières et des neuvaines centrées sur la lumière et sur le regard : la Corse médiévale lui avait dédié vingt-neuf sanctuaires, et la Sicile la fête toujours. La tradition suédoise est autre chose : un cortège de jeunes filles vêtues de blanc, la première portant une couronne de bougies. Le Nordiska museet de Stockholm en documente la chronologie, et elle est plus récente qu'on ne le croit : la plus ancienne attestation d'une Lucie vêtue de blanc date de 1764 dans le Västergötland, le concours du journal Stockholms Dagblad en 1928 la fait entrer dans l'espace médiatique avec une couronne électrique, et le cortège tel qu'on le connaît ne devient courant que dans les années 1950.
Sources
- Prière à sainte Lucie de Syracuse, feuillet de messe du 13 décembre 2017, chapelle Sainte-Lucie d'Ajaccio, paroisse Saint-Roch, diocèse de Corse : le texte intégral de la prière, sa provenance d'après Dom Guéranger, les reliques à Venise et la réponse de Lucie à Pascasius.
- Sainte Lucie de Syracuse, Nominis (Église catholique en France) : la passion datée du Ve ou VIe siècle et la liste de ses détails légendaires, les patronages, le dicton, le Martyrologe romain, les reliques, l'extension du culte à la Scandinavie et les vingt-neuf sanctuaires de la Corse médiévale.
- Sainte Lucie, vierge et martyre de Syracuse, Vatican News : le récit détaillé du martyre, le pèlerinage à Catane sur la tombe de sainte Agathe, et la décapitation du 13 décembre 304.
- Nouvelle traduction du Missel romain, prière eucharistique I (canon romain), diocèse de Corse : le texte servi où sainte Lucie est nommée parmi les sept femmes de la liste des martyrs.
- Catéchisme de l'Église catholique, n. 2110-2111 : la définition de la superstition, et la mise en garde contre l'importance magique attribuée à des pratiques par ailleurs légitimes.
Sources citées en clair, sans lien, parce qu'elles ne figurent pas à notre registre de sources d'Église : « Pourquoi sainte Lucie est-elle représentée portant ses yeux sur un plateau ? », Eurêkoi, service de questions-réponses de la Bibliothèque publique d'information (Centre Pompidou), publié le 12 août 2016, pour l'iconographie et la datation du motif des yeux. Nordiska museet, Stockholm, notice « Lucia », pour la chronologie documentée de la fête suédoise.
Nos sources
- Prière à sainte Lucie de Syracuse, feuillet de messe du 13 décembre 2017, chapelle Sainte-Lucie, paroisse Saint-Roch d'Ajaccio, diocèse de Corse (nouvelle fenêtre) source d'Église (paroisse, diocèse de Corse)
- Sainte Lucie de Syracuse, Nominis (Église catholique en France) (nouvelle fenêtre) source d'Église
- Sainte Lucie, vierge et martyre de Syracuse, Vatican News (saint du jour du 13 décembre) (nouvelle fenêtre) source d'Église (Dicastère pour la communication)
- Nouvelle traduction du Missel romain, prière eucharistique I (canon romain), publiée par le diocèse de Corse (nouvelle fenêtre) liturgie (texte du Missel)
- Catéchisme de l'Église catholique, n. 2110-2111 (la superstition) (nouvelle fenêtre) magistère
Si vous relevez une erreur dans cette page, écrivez-nous : nous la corrigerons. Nous écrire
Porter un saint sur soi
Sainte Lucie ne figure pas à notre catalogue. Voici les dévotions que nous proposons aujourd'hui.
-
Médaille Saint Benoît
Odilon
39 €
-
Bracelet Saint Benoit
Mechtilde
44 €
-
Bague Saint Michel
Georges
44 €
-
Collier chapelet croix perles
Assunta
54 €
-
Médaille ange
Céleste
64 €
-
Collier saint Benoit
Hildegarde
49 €
-
Bague Vierge Marie
Anne
44 €
-
Bague Saint Benoit
Maur
44 €
Nos médailles de saints
Les saints que nous avons en catalogue aujourd'hui.
À lire ensuite







