Comment dessiner un vitrail : 8 étapes et le plomb
Sommaire
- Le réseau de plomb, la clé de tout le dessin
- Les 8 étapes, dans l'ordre
- La lancette et la rosace : les deux formats
- Les couleurs, et pourquoi le bleu de Chartres
- Les erreurs fréquentes, et le correctif de chacune
- Dessin vitrail facile : les modèles et les variantes
- À savoir : la palette d'un vitrail est décrite dans un texte
- Questions fréquentes
- Un dessin à encadrer, un signe à porter
- Sources
En bref
- Un vitrail se dessine en huit étapes, dans l'ordre inverse d'un dessin ordinaire : le réseau de plomb se trace en premier, la couleur ne vient qu'après.
- Le plomb n'est pas une finition, il est dans la définition du mot : des pièces de verre « enchâssées dans des cadres de plomb ».
- La règle qui résume tout : aucune ligne ne reste ouverte. Chaque surface est une case fermée, remplie à plat, sans ombre ni dégradé.
- Deux formats, qui ne se tracent pas pareil : la lancette, haute et étroite, et la rosace, qui se construit au compas en six, huit ou douze parts.
- Le bleu domine, et il a un nom : le bleu de Chartres, un bleu au cobalt mis au point vers 1140 sur le chantier de Saint-Denis.
Pour dessiner un vitrail, commencez par le réseau de plomb et non par le motif : tracez le contour de la baie, posez les deux ou trois barres horizontales, puis découpez l'intérieur en cases entièrement fermées. Repassez ce réseau au feutre noir, d'un trait d'épaisseur constante. Ne coloriez qu'ensuite, une seule couleur par case, étalée à plat, sans aucune ombre. Huit étapes, et une seule idée à retenir : vous ne dessinez pas une image, vous dessinez d'abord la grille qui la portera.
Vous avez peut-être déjà obtenu un joli dessin colorié qui ne ressemblait pas à un vitrail. Ce n'est pas un problème de main : presque tous les tutoriels traitent le plomb comme un contour qu'on repasse à la fin, alors que c'est lui qui sépare un vitrail d'un coloriage. Il vous faut une feuille, un crayon, une gomme, une règle, un compas, un feutre noir à pointe large (2 à 3 mm) et des crayons de couleur. Ce tutoriel convient à un enfant du catéchisme accompagné comme à un adulte.
Le réseau de plomb, la clé de tout le dessin
Voici la section à lire deux fois. Le glossaire de l'Église catholique en France définit le vitrail comme une « composition translucide faite de pièces de verre, en général colorées, enchâssées dans des cadres de plomb ». Le plomb est donc dans la définition, pas dans les finitions.
Pourquoi il se dessine en premier et non en dernier
Dans un vitrail réel, le verrier découpe des morceaux de verre et les tient ensemble avec des baguettes de plomb. Le plomb n'est pas une bordure posée autour des couleurs : c'est le squelette, et chaque morceau de verre existe parce que le plomb lui a réservé une place.
Si vous dessinez le motif d'abord et le plomb ensuite, vous obtiendrez un contour approximatif autour d'un dessin déjà fait, et cela se voit. Tracez la grille d'abord et le motif apparaîtra dedans, parce que c'est elle qui le découpe. C'est l'inverse de notre tutoriel sur la colombe ou de celui sur l'ange, où le contour vient en premier et le reste s'ajoute dessus.
La règle unique : aucune ligne ne reste ouverte
Toute la méthode tient là. Chaque trait de plomb doit partir d'un autre trait et arriver sur un autre trait. Un trait qui s'arrête au milieu d'une surface est impossible dans un vitrail, puisqu'un morceau de verre ne peut pas être coupé à moitié.
Le contrôle est simple : à la fin, votre feuille doit être découpée en cases fermées, comme une carte de départements. Posez le doigt sur une case et suivez son contour. Vous devez revenir à votre point de départ sans jamais quitter un trait noir. Sinon, il manque un plomb.
Un trait constant, pas une seule ombre, et des cases découpables
Trois habitudes de dessin à laisser de côté. D'abord le trait qui s'épaissit pour donner du modelé : un plomb a la même largeur sur toute sa longueur, et c'est pour cela qu'on le repasse au feutre et non au crayon, le feutre impose l'épaisseur là où le crayon la fait varier.
Ensuite l'ombre. Un morceau de verre est d'une seule couleur, de bord à bord. Pas de dégradé dans une case, pas de hachures, pas de zone plus sombre pour arrondir un visage. Le relief vient du plomb : ajoutez un trait noir pour séparer un pli du tissu voisin.
Enfin la contrainte du verrier, qui vaut aussi sur le papier : chaque case doit pouvoir être découpée dans une plaque de verre plate. Évitez les pointes très fines, qui casseraient, et les échancrures profondes en croissant, qu'aucune lame ne taille d'un seul geste. Une case juste est large, à peu près convexe, et pas plus petite qu'un timbre.
Les 8 étapes, dans l'ordre
Crayon léger de l'étape 1 à 5, feutre à l'étape 6, couleur à l'étape 7. L'ordre compte plus que la main.
- Le cadre de la baie. Tracez à la règle la forme extérieure de la fenêtre, lancette ou rosace (voir plus bas), en laissant un centimètre de marge.
- Les barres horizontales. Deux ou trois lignes droites qui traversent toute la baie. Dans un vitrail réel, ce sont les barres de fer qui portent le poids, et elles découpent la fenêtre en registres superposés. Trois traits de règle, beaucoup de crédibilité.
- Le découpage en registres. Décidez ce que contient chaque registre, une scène, un personnage, un motif. Notez-le au crayon sans dessiner.
- Le motif, en silhouette seule. Esquissez la forme générale de chaque sujet, sans un seul détail intérieur. Un personnage est un ovale et un U, comme dans notre tutoriel sur le prêtre.
- Le réseau complet. C'est l'étape longue. Reliez chaque silhouette au cadre et aux barres par des plombs, puis découpez les fonds en cases. Le fond n'est jamais une grande surface vide : il se divise en losanges ou en quadrillage, et c'est ce fourmillement qui fait lire le vitrail de loin.
- Le passage au feutre. Repassez tout le réseau, un geste par trait. Vérifiez case par case qu'aucune ligne ne reste ouverte, puis gommez le crayon.
- La couleur, à plat. Une couleur par case, uniforme. Les bleus d'abord, qui donnent la dominante, puis les rouges, puis le reste.
- Les blancs volontaires. Laissez des cases claires là où la lumière doit passer, autour des visages et en haut de la baie. Ce sont elles qui donnent la transparence, et c'est la dernière étape parce qu'elle se décide en regardant l'ensemble.
La lancette et la rosace : les deux formats
Choisissez votre format avant de dessiner, il décide de toute la composition.
La lancette : haute, étroite, terminée en pointe
C'est le format le plus courant et le plus facile : une baie beaucoup plus haute que large, fermée en haut par un arc en pointe. Montez deux verticales parallèles, puis fermez-les par deux arcs de cercle qui se croisent au sommet.
L'arc en pointe appartient au gothique ; une fenêtre romane est fermée par un demi-cercle et elle est nettement plus petite. Ce détail dit l'époque de l'édifice, traitée dans notre article sur les différents styles d'église. Si vous ajoutez le vitrail à une petite église dessinée d'après notre tutoriel sur l'église, l'arc arrondi sera plus juste que la pointe. Composition la plus sûre pour un débutant : trois registres séparés par deux barres, un personnage debout dans chacun, un fond en losanges.
Comment dessiner une rosace au compas
La rosace est le format spectaculaire, et le plus mécanique à construire. Le glossaire de l'Église catholique en France la définit en une ligne, « vitrail circulaire de grande taille situé au-dessus d'un portail », ce qui vous donne la forme et l'endroit où elle va.
Tout repose sur une propriété du compas : en gardant exactement le même écartement et en promenant la pointe sur le cercle que vous venez de tracer, vous retombez six fois sur ce cercle, très précisément.
- Tracez un grand cercle, sans toucher à l'écartement.
- Posez la pointe sur le cercle, marquez un arc de chaque côté, déplacez la pointe sur une marque et recommencez. Vous avez six points régulièrement espacés.
- Reliez ces six points au centre : six parts égales. C'est la rosace à six pétales, celle qu'on apprend à tracer en CM1 et CM2.
- Pour huit parts, tracez une croix au centre à la règle et partagez chaque quart en deux. Pour douze, placez le milieu des six arcs.
- Ajoutez deux ou trois cercles concentriques : ils découpent chaque part en plusieurs cases et donnent les couronnes successives d'une vraie rosace.
- Terminez par un oculus, un petit cercle central, qui reçoit le sujet principal.
Un mot sur le nombre de parts. Douze figure dans le texte même de la Jérusalem céleste, douze portes et douze pierres de fondation (Apocalypse 21, 19 à 21). Pour le dessin, retenez surtout qu'il se divise très bien, en six, en quatre et en trois.
Les couleurs, et pourquoi le bleu de Chartres
Une couleur saute aux yeux avant les autres sur un vitrail ancien, et ce n'est pas un hasard de goût.
Ce bleu très lumineux a un nom, le bleu de Chartres. D'après la plateforme Passerelles de la Bibliothèque nationale de France, il est mis au point dans les années 1140 sur le chantier de la basilique de Saint-Denis avant d'être employé à Chartres, et il s'obtient en incorporant du cobalt au verre, avec de l'antimoine, du cuivre et du fer. C'est le verre de Notre-Dame de la Belle Verrière. Au siècle suivant, la cendre de hêtre remplace le cobalt et les bleus deviennent plus sombres. La même source rappelle qu'à partir du douzième siècle le bleu est associé à la Vierge et au monde céleste, et que les premiers Capétiens adoptent l'azur et le lys.
Pour votre dessin, la conséquence est qu'il faut un bleu dominant et franc, pas un bleu pâle réparti à égalité avec le reste. Visez la moitié des cases en bleu, un quart en rouge, le reste partagé entre le jaune, le blanc et le vert. Le rouge posé contre le bleu, séparé par le plomb noir, est le contraste de base du vitrail ; le jaune et le blanc restent en petites quantités, pour la lumière, les auréoles et les visages.
Une finesse, si votre baie est située d'un côté précis d'un édifice. L'article du service national de pastorale liturgique, « L'art du vitrail, un chemin de lumière », note qu'à Chartres les vitraux du côté nord, « côté qui ne voit jamais le soleil », sont traités dans des tonalités plus foncées, qui appellent la pénitence. Assombrir une palette est donc une décision de sens, pas un accident.
Les erreurs fréquentes, et le correctif de chacune
Les huit défauts qui reviennent le plus, dans l'ordre de leur coût. Les quatre premiers sont des défauts de plomb.
| L'erreur | Ce qu'elle produit | Le correctif |
|---|---|---|
| Le motif dessiné avant le plomb | Un coloriage cerné de noir, pas un vitrail | Tracer le réseau d'abord, le motif apparaît dedans |
| Un plomb qui s'arrête au milieu d'une surface | Une case impossible à découper, l'œil bute dessus | Chaque trait part d'un trait et arrive sur un trait |
| Un plomb d'épaisseur variable | Un dessin au crayon, pas un réseau | Repasser au feutre à pointe large, un geste par trait |
| Un grand fond laissé en une seule pièce | Le dessin s'affaisse, il perd son grain | Découper le fond en losanges ou en quadrillage |
| Un dégradé ou des hachures dans une case | Le verre cesse d'avoir l'air du verre | Une couleur à plat par case, le relief vient du plomb |
| Les six couleurs de la trousse réparties à égalité | Un patchwork sans dominante | Moitié bleu, un quart rouge, le reste en petites parts |
| Des pointes très fines ou des échancrures profondes | Des pièces qu'aucun verrier ne pourrait tailler | Des cases larges et à peu près convexes |
| Aucune case claire gardée | Une surface opaque, la lumière ne traverse pas | Réserver des blancs autour des visages et en haut |
Dessin vitrail facile : les modèles et les variantes
Chaque variante change le motif, jamais l'ordre des étapes.
Modèle vitrail pour débutant : trois motifs qui pardonnent
Pour un premier vitrail, prenez un symbole plutôt qu'un personnage : il est géométrique et se découpe tout seul en cases. Les trois plus faciles sont la croix, dont les quatre branches donnent quatre fonds à remplir, le poisson, deux arcs croisés et une queue, et l'alpha et l'oméga, deux lettres larges qui tiennent dans un cercle. Ce dernier a un avantage de sens : les deux lettres sont dans le texte cité plus bas, « Moi, je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin » (Apocalypse 21, 6). Nous expliquons ces signes dans nos articles sur l'alpha et l'oméga, sur le poisson et l'Ichthus, et dans notre panorama des symboles chrétiens.
Dessin vitrail à imprimer et patron de vitrail gratuit
Un gabarit imprimé est une bonne idée, à une condition. La plupart des modèles vendus comme vitraux n'ont pas de réseau de plomb fermé, seulement un contour noir autour d'un dessin. Refaites le test de la case avant de colorier, et ajoutez vous-même les plombs manquants au feutre. Pour votre propre gabarit, tracez la baie une fois à la règle et au compas, photocopiez-la, et ne redessinez que l'intérieur.
Dessin vitrail moderne et dessin vitrail fleur
Le vitrail moderne est un autre parti, et il est plus facile : supprimez la figure, gardez des formes abstraites larges, autorisez-vous des cases très grandes et des plombs qui traversent la baie en diagonale. La dominante bleue n'est plus obligatoire, cinq valeurs d'un même bleu suffisent.
Pour un vitrail fleur, construisez-le comme une rosace : la fleur est une rosace, puisque les pétales se répartissent au compas exactement comme les parts. Six pétales depuis les six points, un cercle central pour le cœur, deux feuilles de part et d'autre de la tige.
Dessin vitrail facile pour un enfant du catéchisme
Réduisez le nombre de cases, une dizaine et pas cinquante, chacune grande comme une pièce de monnaie. Puis remplacez les crayons par du papier de soie collé derrière une feuille noire découpée : contre une vitre, l'enfant comprend d'un coup pourquoi le plomb est noir et la couleur à plat. La colombe est le motif à proposer juste après, elle tient dans l'oculus d'une rosace.
À savoir : la palette d'un vitrail est décrite dans un texte
Le service national de pastorale liturgique résume la chose en une phrase : les vitraux « reflètent la lumière divine pour faire de l'édifice un vaisseau de lumière, image de la Jérusalem céleste ». Or cette Jérusalem céleste est décrite, en couleurs, au chapitre 21 de l'Apocalypse.
| Ce que dit le texte | Ce que cela donne au dessin | Référence |
|---|---|---|
| « La ville est d'or pur, d'une pureté transparente » | De l'or qu'on traverse du regard, ce que seul le verre sait faire | Apocalypse 21, 18 |
| Douze pierres de fondation nommées une par une : jaspe, saphir, calcédoine, émeraude, sardoine, cornaline, chrysolithe, béryl, topaze, chrysoprase, hyacinthe, améthyste | Une palette déjà écrite, et les douze parts d'une rosace | Apocalypse 21, 19 et 20 |
| « Les douze portes sont douze perles, chaque porte faite d'une seule perle » | Le blanc nacré des cases claires | Apocalypse 21, 21 |
| « La ville n'a pas besoin du soleil ni de la lune pour l'éclairer, car la gloire de Dieu l'illumine : son luminaire, c'est l'Agneau » | Une lumière qui vient du fond, pas d'une source dans l'image | Apocalypse 21, 23 |
Le dernier verset est le plus utile à un dessinateur. Il explique pourquoi un vitrail ne comporte ni soleil, ni ombre portée, ni point de lumière : la lumière n'est pas dans l'image, elle la traverse. C'est aussi pour cela que l'Agneau revient si souvent dans les oculus. Pour ce que les vitraux racontent et à quoi ils servent dans l'édifice, nous avons un article entier, à quoi servent les vitraux dans les églises : il porte le sens, celui-ci porte la méthode.
Quant à la légitimité du geste, que des parents posent parfois avant un atelier de catéchisme, le Catéchisme y répond : l'iconographie chrétienne « transcrit par l'image le message évangélique que l'Écriture Sainte transmet par la parole » (numéro 1160), et le numéro 1162 cite saint Jean Damascène, « La beauté et la couleur des images stimulent ma prière ». Dessiner un vitrail n'est pas un passe-temps à côté de la foi, c'est la plus ancienne manière de l'enseigner aux yeux, comme l'explique notre article sur l'icône chrétienne.
Questions fréquentes
Comment puis-je créer mon propre vitrail ?
Sur le papier, en huit étapes et le plomb en premier. Pour passer au volume sans matériel de verrier, découpez votre réseau dans une feuille noire (le plomb devient le papier qui reste) et collez derrière chaque case un morceau de papier de soie coloré. Contre une fenêtre, l'effet est celui recherché. Le vrai vitrail demande un atelier, une coupe du verre et un fer à souder.
Comment puis-je commencer à faire du vitrail ?
Par le dessin, parce qu'une pièce de verre ne se coupe qu'après un tracé grandeur réelle. Faites trois ou quatre dessins complets sur des motifs géométriques avant de chercher un stage : vous y apprendrez ce qui ne s'improvise pas devant une plaque de verre, découper une image en pièces découpables. L'atelier prend ensuite le relais pour la coupe, le plomb et la soudure.
Quelles sont les différentes techniques de vitrail ?
Le glossaire de l'Église catholique en France note que la technique du plomb « coexiste avec d'autres plus récentes ». Les familles principales : le vitrail traditionnel au plomb, la technique dite Tiffany, où les pièces sont cerclées de cuivre puis soudées, ce qui autorise des pièces plus petites et des volumes, la dalle de verre, des morceaux épais pris dans du ciment ou de la résine, et la peinture sur verre cuite au four, qui ajoute les détails à l'intérieur d'une pièce. Notre article sur les vitraux dans les églises détaille la gravure, la peinture et l'assemblage.
Quelle est la structure d'un vitrail ?
Trois niveaux emboîtés : la baie, l'ouverture de pierre qui donne la forme générale ; les barres de fer horizontales, qui portent le poids et découpent la baie en registres ; le réseau de plomb, qui tient chaque pièce et dessine en même temps le motif. C'est cet emboîtement qu'il faut reproduire dans l'ordre : la baie, les barres, puis le plomb.
Comment puis-je créer une rosace ?
Au compas, sans mesurer. Tracez un cercle, gardez l'écartement intact, promenez la pointe sur ce cercle et vous obtenez six points exacts. Reliez-les au centre pour six parts, ajoutez les milieux des arcs pour en avoir douze, puis deux ou trois cercles concentriques pour les couronnes et un petit cercle central pour l'oculus.
Comment puis-je dessiner sur du verre ?
Avec des marqueurs à peinture pour verre, en deux temps : le cerne d'abord, un relief noir qui imite le plomb et retient la couleur, le remplissage une fois le cerne sec. L'ordre est le même que sur le papier, et pour la même raison : la peinture liquide s'étale jusqu'à ce qu'un bord l'arrête. Glissez votre dessin sous le verre et suivez-le par transparence, cela évite de tracer à main levée sur une surface qui ne pardonne pas la gomme.
Un dessin à encadrer, un signe à porter
Vous savez maintenant où se gagne ce dessin : le réseau de plomb avant le motif, aucune ligne laissée ouverte, et une couleur à plat par case. Refaites l'exercice deux ou trois fois sur le même gabarit en ne changeant que l'intérieur : comme pour l'église et la colombe, le troisième essai est beaucoup plus juste que le premier, parce que la main a retenu l'ordre des étapes.
Vous savez aussi ce que les tutoriels ne disent pas : la lumière d'un vitrail ne se dessine pas, elle se réserve. Ce sont les cases laissées claires qui l'allument, et c'est pour cela que la dernière étape consiste à regarder l'ensemble plutôt qu'à ajouter quelque chose.
Si ce bleu vous plaît au-delà de la feuille, c'est celui de la Vierge depuis le douzième siècle, et nous le portons en bijou : découvrez nos bijoux Vierge Marie, dont une médaille Vierge Marie en acier inoxydable, une matière qui ne noircit pas. Si c'est la colombe de l'oculus que vous préférez, elle existe en collier colombe du Saint-Esprit, au cœur de nos bijoux du Saint-Esprit, et la croix de votre premier essai se retrouve dans nos bijoux croix. Chaque pièce est livrée dans son écrin, ce qui en fait un cadeau simple pour un baptême ou une première communion, au moment où l'on emmène un enfant regarder les vitraux de sa paroisse.
Sources
- Église catholique en France, glossaire, entrée « Vitrail » : « Composition translucide faite de pièces de verre, en général colorées, enchâssées dans des cadres de plomb », et la mention que cette technique « coexiste avec d'autres plus récentes ».
- Église catholique en France, glossaire, entrée « Rosace » : la définition complète en une ligne, « Vitrail circulaire de grande taille situé au-dessus d'un portail ».
- Liturgie & Sacrements, « L'art du vitrail, un chemin de lumière », par Bénédicte Bouley : les vitraux qui « reflètent la lumière divine pour faire de l'édifice un vaisseau de lumière, image de la Jérusalem céleste », et le côté nord de Chartres, « côté qui ne voit jamais le soleil », traité dans des tonalités plus foncées.
- AELF, Livre de l'Apocalypse, chapitre 21 : « la ville est d'or pur, d'une pureté transparente » (verset 18), les douze pierres de fondation nommées aux versets 19 et 20, les douze portes faites chacune d'une seule perle (verset 21), et au verset 23, « La ville n'a pas besoin du soleil ni de la lune pour l'éclairer, car la gloire de Dieu l'illumine : son luminaire, c'est l'Agneau ».
- Catéchisme de l'Église catholique, numéros 1159 à 1162 : l'iconographie chrétienne qui « transcrit par l'image le message évangélique que l'Écriture Sainte transmet par la parole » (1160), les images admises « peintes, en mosaïque ou de quelque autre matière appropriée » par Nicée II (1161), et saint Jean Damascène au numéro 1162, « La beauté et la couleur des images stimulent ma prière ».
Les faits sur le bleu de Chartres (mise au point dans les années 1140 sur le chantier de Saint-Denis, composition au cobalt, à l'antimoine, au cuivre et au fer, verre de Notre-Dame de la Belle Verrière, remplacement du cobalt par la cendre de hêtre au treizième siècle, association du bleu à la Vierge et au monde céleste à partir du douzième siècle) sont vérifiés sur la plateforme Passerelles de la Bibliothèque nationale de France, citée en clair faute d'être au registre des sources liables du blog. Les conventions de construction décrites ici (l'ordre des huit étapes, la règle de la ligne fermée, la contrainte de pièce découpable, la division au compas, la répartition des couleurs) relèvent de la méthode de dessin et non d'une source doctrinale : elles sont données comme des procédés à appliquer, pas comme des faits.
Nos sources
- Église catholique en France, glossaire, entrée « Vitrail » : la définition officielle, « Composition translucide faite de pièces de verre, en général colorées, enchâssées dans des cadres de plomb », qui place le plomb au cœur de la définition et non dans les finitions (nouvelle fenêtre) Église officielle, Conférence des évêques de France
- Église catholique en France, glossaire, entrée « Rosace » : la définition complète, « Vitrail circulaire de grande taille situé au-dessus d'un portail », qui donne la forme et l'emplacement (nouvelle fenêtre) Église officielle, Conférence des évêques de France
- Liturgie & Sacrements (SNPLS), « L'art du vitrail, un chemin de lumière », par Bénédicte Bouley : les vitraux « reflètent la lumière divine pour faire de l'édifice un vaisseau de lumière, image de la Jérusalem céleste », et le côté nord de Chartres, « côté qui ne voit jamais le soleil », traité dans des tonalités plus foncées (nouvelle fenêtre) Église officielle, service national de pastorale liturgique et sacramentelle
- AELF, Livre de l'Apocalypse, chapitre 21 : « la ville est d'or pur, d'une pureté transparente » (verset 18), les douze pierres de fondation nommées aux versets 19 et 20, les douze portes faites chacune d'une seule perle (verset 21), et au verset 23, « La ville n'a pas besoin du soleil ni de la lune pour l'éclairer, car la gloire de Dieu l'illumine : son luminaire, c'est l'Agneau » (nouvelle fenêtre) Écriture sainte, traduction liturgique
- Catéchisme de l'Église catholique, numéros 1159 à 1162, « Les saintes images » : l'iconographie qui « transcrit par l'image le message évangélique que l'Écriture Sainte transmet par la parole » (1160), les images admises « peintes, en mosaïque ou de quelque autre matière appropriée » par Nicée II (1161), et saint Jean Damascène cité au numéro 1162, « La beauté et la couleur des images stimulent ma prière » (nouvelle fenêtre) Magistère
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