Comment dessiner une colombe : 8 étapes et le rameau

Mis à jour le 25 min de lecture

comment dessiner une colombe
Sommaire
  1. Les deux formes de base : un ovale et un cercle
  2. L'axe du corps, la décision qui fait tout le dessin
  3. Dessinez facilement la tête et le bec
  4. Apprenez à dessiner la queue en éventail
  5. Les ailes, et pourquoi elles ne partent pas du dos
  6. Les pattes, ou comment ne pas les dessiner
  7. Dessinons le rameau d'olivier
  8. Faisons les finitions de notre dessin
  9. Colorions notre dessin
  10. Les variantes : paix, Saint-Esprit, baptême du Christ
  11. Les erreurs fréquentes, et le correctif de chacune
  12. À savoir : ce que la colombe veut dire, en quatre lignes
  13. Questions fréquentes
  14. Un dessin à encadrer, un signe à porter
  15. Sources

En bref

  • Une colombe se dessine en huit étapes, avec un crayon, une gomme et une feuille : un ovale incliné pour le corps, un petit cercle pour la tête, deux ailes et une queue en éventail.
  • Tout se joue sur l'inclinaison de l'ovale du corps, et presque personne ne le dit. Nez vers le haut, votre colombe s'envole. Nez vers le bas, elle descend, et c'est la colombe du Saint-Esprit.
  • Deux détails trahissent un dessin de colombe plus sûrement que tout le reste : un bec trop long, qui donne un moineau, et une queue en pointe, qui donne une hirondelle. La queue d'une colombe s'ouvre en éventail.
  • L'aile part du haut du corps, pas du dos : chez un oiseau, l'aile est le membre antérieur, contrairement à celle d'un ange qui s'ajoute dans le dos.
  • Le rameau que la colombe tient au bec est un rameau d'olivier, feuilles étroites et opposées deux par deux, jamais du laurier (Genèse 8, 11).

Pour dessiner une colombe, tracez un ovale incliné à trente degrés pour le corps, posez un petit cercle devant lui pour la tête, puis ajoutez un bec très court, une queue en éventail large d'un tiers de la longueur totale, et deux ailes déployées dont chacune mesure presque la longueur de l'oiseau. Terminez par l'oeil, le rameau d'olivier et le gommage des traits de construction. Huit étapes, aucun matériel particulier, et une seule vraie décision à prendre au tout début : le sens dans lequel penche le corps.

Vous avez peut-être déjà essayé et obtenu quelque chose entre le pigeon et la mouette. C'est le résultat normal, et ce n'est pas un problème de main : c'est que la plupart des tutoriels font commencer par la tête et le bec, alors que la ressemblance se gagne sur deux choses dont ils ne parlent pas, l'inclinaison du corps et la forme de la queue. Prenez une feuille, un crayon à papier bien taillé, une gomme, et des crayons de couleur pour la dernière étape. Ce tutoriel convient à un enfant du catéchisme accompagné comme à un adulte qui veut un résultat crédible.

Les deux formes de base : un ovale et un cercle

Tracez un ovale allongé, environ deux fois plus long que haut, dans la moitié supérieure de la feuille. C'est le corps, et il contient déjà la poitrine, le dos et les épaules.

Devant lui, posez un petit cercle pour la tête. Il doit être petit : la tête d'une colombe ne fait qu'un cinquième environ de la longueur totale de l'oiseau, bec compris. Faites-le chevaucher l'ovale sur un tiers de son diamètre, de façon à ce qu'il n'y ait aucun cou visible. C'est ce chevauchement qui donne l'allure ramassée de la colombe ; un cou dessiné en deux traits parallèles donne immédiatement un canard ou une oie.

À ce stade, votre dessin ressemble à une quille couchée surmontée d'une bille. C'est le bon point de départ, exactement comme la petite maison du départ de notre tutoriel sur comment dessiner une église : tout ce qui suit consiste à poser sur ces deux formes les quatre signes qui font lire une colombe, le bec court, la queue en éventail, les ailes et l'oeil.

L'axe du corps, la décision qui fait tout le dessin

Voici l'étape que les tutoriels sautent, et c'est celle qui porte le résultat. Avant d'ajouter quoi que ce soit, décidez de l'inclinaison de l'ovale, puis tracez légèrement l'axe qui le traverse dans sa longueur. Vous le gommerez à la fin.

Un ovale posé à l'horizontale donne un oiseau arrêté, quelle que soit la qualité de vos ailes. Inclinez-le de trente degrés environ, tête vers le haut, et le même dessin décolle. Inclinez-le de trente degrés tête vers le bas, et vous obtenez une colombe qui descend, qui est la position de toute l'imagerie du Saint-Esprit.

Ce n'est pas un détail d'atelier, c'est fidèle aux textes. Les quatre évangiles rapportent la scène du baptême du Christ, et les quatre emploient le même verbe de mouvement : l'Esprit « descend ». Chez saint Matthieu, « il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui » (Matthieu 3, 16). Chez saint Marc, « l'Esprit descendre sur lui comme une colombe » (Marc 1, 10). Chez saint Luc, « descendit sur Jésus » (Luc 3, 22). Et chez saint Jean, Jean le Baptiste témoigne avoir vu « l'Esprit descendre du ciel comme une colombe » (Jean 1, 32). La colombe chrétienne n'est pas un oiseau qui s'envole, c'est un oiseau qui arrive. Tracez votre axe en conséquence.

Posez aussi, à ce moment, une horizontale légère au tiers avant de l'ovale : c'est la ligne d'attache des ailes, et c'est elle qui garantira leur symétrie.

Dessinez facilement la tête et le bec

Le bec est le premier piège, et il se rate toujours dans le même sens, par excès de longueur.

Un bec de colombe est très court, à peine un quart du diamètre de la tête, légèrement conique et à peine courbé vers le bas en bout. Tracez-le en deux petits traits qui se rejoignent, pas plus. Un bec long et pointu donne un moineau ou une hirondelle ; un bec crochu donne un rapace ; un bec large et plat donne un canard. Le bec court est, à lui seul, la moitié de la ressemblance.

Ajoutez un très léger renflement à la base du bec, sur le dessus : c'est la cire, la petite peau claire que portent les pigeons et les colombes. Deux millimètres de courbe suffisent, et ce détail que personne ne dessine est précisément celui qui fait dire « c'est une colombe » plutôt que « c'est un oiseau blanc ».

Pour le front, gardez la courbe du cercle sans l'aplatir. Une colombe a un front bombé et un crâne rond, là où un moineau a un crâne plat.

Apprenez à dessiner la queue en éventail

Deuxième piège, et le plus coûteux après le bec. La queue d'une colombe n'est jamais en pointe ni fourchue : elle est large, et son bout est droit ou légèrement arrondi. Une queue fourchue donne une hirondelle, et c'est l'erreur la plus fréquente de tous les dessins de colombe.

Dans le prolongement de l'axe du corps, tracez deux traits qui s'écartent en partant de l'arrière de l'ovale, puis fermez-les par une ligne droite ou très légèrement convexe. La queue doit mesurer environ un tiers de la longueur totale de l'oiseau, ce qui est plus que ce que l'on dessine spontanément.

Pour les plumes de la queue, les rectrices, tracez cinq à sept traits qui partent tous du même point, à la base de la queue, et non des traits parallèles. C'est ce point de convergence unique qui fait lire l'éventail. En vol et queue déployée, l'ouverture tourne autour de soixante degrés ; en vol rapide ou au repos, la queue se referme et devient un simple coin.

Les ailes, et pourquoi elles ne partent pas du dos

Les ailes occupent la moitié de la surface du dessin, et elles se construisent en trois décisions, dans cet ordre.

Le point d'attache : le haut du corps, au tiers avant

Sur la ligne d'attache que vous avez tracée à l'étape 2, placez les deux départs d'aile au sommet de l'ovale, au tiers avant du corps, à très faible distance de l'axe. Chez un oiseau, l'aile est le membre antérieur : elle sort de l'épaule, donc du haut et de l'avant du corps, jamais du milieu du dos.

C'est exactement la différence avec un ange, dont les ailes s'ajoutent à une anatomie qui a déjà deux bras et partent, elles, des omoplates. Si vous dessinez les deux figures, ne reportez pas le point d'attache de l'une sur l'autre.

L'envergure : un repère qui dispense de mesurer

Ne mesurez rien. Une aile déployée fait à peu près la longueur totale de l'oiseau, du bec au bout de la queue. Chez les pigeons et les colombes, l'envergure vaut une fois et demie à deux fois cette longueur totale, ce qui donne, pour un oiseau de dix centimètres sur votre feuille, deux ailes d'une dizaine de centimètres chacune.

Plus court, vous obtenez la colombe trapue des faire-part. Plus long, la colombe de vitrail qui barre toute la largeur du panneau. Les deux se tiennent, mais il faut trancher avant de tracer : une aile rallongée après coup se voit toujours.

La courbe, et les trois rangs de plumes

Le bord avant de l'aile, celui qui part de l'épaule, est une courbe tendue, presque une droite légèrement bombée. Le bord arrière est creux et découpé. C'est le contraste entre un bord avant lisse et un bord arrière déchiqueté qui fait lire une aile d'oiseau, et deux courbes identiques en vis-à-vis donnent une feuille.

Divisez ensuite l'aile en trois bandes parallèles au bord avant, et traitez chacune différemment.

  • À l'épaule, les plumes de couverture : courtes, arrondies, serrées, tracées comme de petites écailles. Elles ne dépassent pas le premier tiers de l'aile.
  • Au milieu, les rémiges secondaires : deux fois plus longues, arrondies au bout, posées comme des tuiles qui se chevauchent.
  • Au bout, les rémiges primaires : les plus longues, effilées, chacune tracée d'un seul trait sans reprise. Sept à dix suffisent, et écartez-les légèrement en éventail, comme des doigts. C'est cet écartement des primaires, visible chez tout oiseau en vol plané, qui donne l'impression de portance.

Dernier point, et c'est une méthode plus qu'un conseil : dessinez les deux ailes par paires de traits, jamais l'une après l'autre. Le bord avant à gauche, puis tout de suite celui de droite. Une aile terminée avant que la seconde ne soit commencée sera toujours la plus grande des deux.

Les pattes, ou comment ne pas les dessiner

Bonne nouvelle, et c'est le cadeau de cette figure : une colombe en vol replie ses pattes sous la queue, où elles sont presque invisibles. Vous n'avez donc rien à dessiner, et vous échappez à ce qui est, de loin, la partie la plus difficile d'un oiseau.

Suggérez-les par deux très courts traits sous la base de la queue, ou ne les suggérez pas du tout. Si vous tenez à une colombe posée, il faut alors les construire : deux pattes en Y inversé, trois doigts vers l'avant et un vers l'arrière, et le corps repassé à l'horizontale. C'est un autre exercice, et nous vous conseillons de faire d'abord trois colombes en vol.

Dessinons le rameau d'olivier

C'est le détail qui transforme votre oiseau en colombe de la paix, et il vaut la peine d'être exact, parce que le texte l'est. Dans le livre de la Genèse, Noé lâche la colombe trois fois, et c'est au deuxième lâcher qu'elle revient avec quelque chose : « Vers le soir, la colombe revint, et voici qu'il y avait dans son bec un rameau d'olivier tout frais ! » (Genèse 8, 11). Un olivier, donc, ni du laurier, ni un épi de blé, ni une branche indéfinie.

Une feuille d'olivier se dessine en trois traits : elle est étroite et lancéolée, environ quatre fois plus longue que large, à bords lisses et à pointe simple. Les feuilles sont opposées deux par deux le long du rameau, jamais en alternance. Cinq à neuf feuilles sur une tige légèrement courbe suffisent, et c'est tout.

Deux règles de placement, qui valent plus que le dessin de la feuille elle-même. Le rameau se tient au tiers de sa longueur, pas en son milieu, et il part vers l'arrière, dans le sens du vol. Un rameau tenu bien perpendiculairement au bec a toujours l'air collé : en vol, une branche se couche dans le flux de l'air. Deux petites olives rondes, si vous voulez, à l'aisselle de deux feuilles.

Faisons les finitions de notre dessin

L'oeil se place au tiers avant du cercle de la tête, légèrement au-dessus de la ligne du bec. Un point noir plein, entouré d'un fin cercle clair, et rien d'autre. Un oeil trop bas donne un air endormi, un oeil trop gros donne un personnage de dessin animé.

Gommez maintenant tous les traits de construction : l'axe du corps, la ligne d'attache des ailes, et les deux tiers du cercle de la tête qui entraient dans l'ovale. Ce gommage fait plus pour le dessin que n'importe quel détail supplémentaire, et c'est pour ça qu'on trace les repères légèrement.

Repassez enfin les contours que vous voulez affirmer d'un trait un peu plus appuyé : le bord avant des ailes, le dessus de la tête et du bec, et le bout de la queue. Laissez le reste léger. Un contour d'épaisseur uniforme sur toute la figure donne un dessin de coloriage.

Colorions notre dessin

Une colombe blanche sur une feuille blanche pose un problème que personne n'annonce : il n'y a rien à colorier. La solution n'est pas de colorier l'oiseau en gris, c'est de colorier autour de lui. Posez un fond, un bleu léger, un ocre ou un dégradé, et laissez le papier nu faire le blanc. C'est la méthode la plus fiable pour un dessin de colombe blanche, et c'est aussi celle des vitraux, où le plomb et les verres sombres font ressortir les parties claires.

Réservez ensuite un gris très légèrement bleuté pour trois zones seulement : le dessous des ailes, le creux sous la queue, et l'arrière du corps à l'ombre du cou. Trois ombres suffisent à donner tout le volume.

Pour le reste, le bec et les pattes des colombes tournent au rose sombre et l'oeil est cerclé de clair. Gardez une couleur franche pour le rameau, un vert sourd pour le dessus des feuilles et un vert très pâle pour leur revers, qui est argenté chez l'olivier. Si les couleurs franches vous manquent, elles ont toute leur place dans un autre dessin de la même série : voyez pourquoi les verres des églises sont si colorés dans notre article sur le rôle des vitraux.

Les variantes : paix, Saint-Esprit, baptême du Christ

Une fois la silhouette acquise, chaque variante tient en deux ou trois traits. Aucune ne demande de repartir de zéro, et la première décision est toujours la même, l'inclinaison de l'axe.

La variante L'axe du corps Ce qu'on ajoute
Colombe de la paix Horizontal ou tête vers le haut Le rameau d'olivier au bec, ailes relevées
Colombe du Saint-Esprit Tête vers le bas, à la verticale ou presque Les rayons derrière, ailes largement déployées
Colombe du baptême du Christ Tête vers le bas, plein axe vertical Rien sur l'oiseau, tout dans la composition
Colombe posée Horizontal Deux pattes en Y, ailes repliées, queue fermée
Deux colombes face à face Les deux tête vers le haut, en miroir Les becs qui se touchent, les corps qui ferment un coeur

Dessin colombe esprit saint : les rayons, et comment ne pas les rater

C'est la variante la plus demandée, et celle où le piège n'est pas l'oiseau mais ce qui l'entoure. Dessinez la colombe tête vers le bas, vue de face ou de trois quarts, les deux ailes largement ouvertes et symétriques, la queue en éventail vers le haut. La figure est alors presque inscrite dans un triangle pointe en bas, et c'est cette géométrie qui donne l'impression de descente.

Pour les rayons, trois règles. Faites-les partir d'un point situé derrière la colombe, et non de son contour, sinon l'oiseau a l'air de rayonner par lui-même. Donnez-leur des longueurs inégales et un nombre impair, sept ou neuf, groupés par deux ou trois : des rayons régulièrement espacés et de même longueur donnent une roue de bicyclette. Enfin, interrompez-les là où ils passeraient sur une aile, plutôt que de les tracer par-dessus.

Le Catéchisme de l'Église catholique est très sobre sur cette imagerie, et c'est utile de le savoir avant de dessiner : il constate que « le symbole de la colombe pour suggérer l'Esprit Saint est traditionnel dans l'iconographie chrétienne » (numéro 701). Traditionnel, donc, et non prescrit : aucun texte ne fixe le nombre de rayons ni la position des ailes, ce qui vous laisse libre. Le même numéro mentionne d'ailleurs un objet que peu de gens connaissent, le réceptacle en forme de colombe dans lequel certaines églises conservaient la réserve eucharistique, suspendu au-dessus de l'autel. C'est un très bon sujet de dessin si vous cherchez une idée, et un bon moyen de comprendre ce que l'Esprit fait dans la vie chrétienne, que nous détaillons dans notre article sur le rôle de l'Esprit Saint.

Dessiner la colombe du baptême du Christ

Ici, l'oiseau est la partie facile et la composition est tout le sujet. La disposition classique est un axe vertical unique : le Christ dans l'eau en bas, la colombe au-dessus de sa tête, bec vers le bas, et souvent un trait de lumière ou une main qui descend du haut de l'image. Les trois éléments sont alignés, et cet alignement est le sens même de la scène.

Dessinez la colombe petite, un sixième ou un huitième de la hauteur du personnage, et non à sa taille. C'est contre-intuitif, et c'est la convention de toute la peinture : une colombe trop grande déséquilibre la scène et vole le regard au baptisé.

Un détail du texte vous autorise à la dessiner en vrai oiseau, avec ses plumes et son volume, plutôt qu'en symbole plat. Des quatre, c'est saint Luc qui est le plus précis : « L'Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus » (Luc 3, 22). L'expression « sous une apparence corporelle » n'est que chez lui, et elle est une invitation à soigner l'oiseau.

Dessin colombe de la paix : le rameau décide, pas l'oiseau

Pour la colombe de la paix, reprenez la silhouette de base à l'horizontale ou légèrement relevée, et mettez tout le soin dans le rameau décrit plus haut. C'est la branche qui porte le sens, pas l'oiseau : dans la Genèse, c'est le rameau vert qui prouve que les eaux baissent, la colombe n'étant que le porteur du message.

Sachez simplement que l'usage de la colombe seule comme signe de paix est tardif et largement laïque, là où le sens chrétien du symbole reste l'Esprit Saint. Nous retraçons ce glissement, sans le juger, dans notre article sur la colombe comme symbole chrétien.

Dessin de colombe facile pour enfant : deux méthodes à main posée

Pour un enfant, ne simplifiez pas le tutoriel, changez de méthode. Deux marchent très bien.

La première est la colombe à main posée, qui est l'activité de catéchisme la plus répandue pour la Pentecôte. L'enfant pose sa main à plat sur la feuille, doigts serrés, et en trace le contour. La paume devient le corps, les quatre doigts deviennent les plumes de la queue, le pouce écarté devient la tête et le bec. Il ne reste qu'une aile à ajouter sur le dessus de la paume, et le résultat est juste du premier coup, parce que les proportions sont imposées par la main.

La seconde est la colombe en deux chiffres : un 2 pour la tête et le dos, puis un 3 couché pour les deux ailes, posé sur le dos du 2. C'est une méthode de tracé, pas un dessin d'observation, mais elle donne un oiseau reconnaissable à un enfant qui ne tient pas encore bien le crayon.

Dessin colombe original : trois pistes qui ne sont pas des clichés

Si vous cherchez à sortir de la colombe de faire-part, trois directions fonctionnent.

La colombe en un seul trait, sans jamais lever le crayon, est la plus connue et c'est la plus difficile : elle vient d'une tradition graphique du milieu du vingtième siècle, dont la lithographie de Picasso est l'exemple le plus diffusé. Entraînez-vous à vide dix fois, puis tracez d'un geste, sans reprise.

La colombe en négatif consiste à ne pas dessiner l'oiseau du tout : vous remplissez la feuille d'un fond uni ou d'un motif et vous laissez la silhouette en réserve, blanche. Le regard reconstruit la colombe, et c'est un effet très fort pour un symbole dont la couleur est précisément le blanc.

La colombe vue de dessous, enfin, ailes écartées à l'horizontale et queue en éventail, est presque absente des tutoriels alors que c'est la vue réelle d'un oiseau qui passe au-dessus de vous. Elle demande de renoncer au profil et donne un dessin que l'on ne voit nulle part ailleurs.

Dessin colombe amour : ce sont deux oiseaux, pas un

La recherche renvoie presque toujours à la même composition, deux colombes face à face, becs qui se touchent, dont les deux corps et les ailes relevées ferment la forme d'un coeur. Pour la réussir, dessinez d'abord le coeur très légèrement, puis inscrivez les deux oiseaux dedans, jamais l'inverse.

Le couple de colombes n'est pas qu'une image de carte de voeux, et c'est une bonne chose à savoir si le dessin est destiné à un mariage : lors de la présentation de Jésus au Temple, l'offrande prescrite par la Loi et apportée par ses parents est « un couple de tourterelles ou deux petites colombes » (Luc 2, 24). C'est l'offrande des pauvres, et la paire a donc une histoire bien avant les faire-part.

Les erreurs fréquentes, et le correctif de chacune

Voici les huit défauts qui reviennent le plus souvent, dans l'ordre de leur coût sur le résultat.

L'erreur Ce qu'elle produit Le correctif
Un bec long et pointu Un moineau Un bec d'un quart du diamètre de la tête, à peine conique
Une queue en pointe ou fourchue Une hirondelle Un éventail large d'un tiers de la longueur totale, bout droit
Le corps tracé à l'horizontale Un oiseau arrêté, jamais une colombe qui descend Incliner l'axe de trente degrés, tête vers le bas pour le Saint-Esprit
Un cou dessiné en deux traits Un canard ou une oie Faire chevaucher le cercle de la tête sur l'ovale du corps
Les ailes attachées au milieu du dos Un ange, pas un oiseau Les faire partir du haut du corps, au tiers avant
Trente plumes identiques sur l'aile Un peigne Trois rangs distincts, et sept à dix primaires écartées en éventail
Le rameau perpendiculaire au bec Une branche collée Le tenir au tiers et le coucher vers l'arrière, dans le sens du vol
L'oiseau colorié en gris pour le faire ressortir Un pigeon Colorier le fond et laisser le papier nu faire le blanc

À savoir : ce que la colombe veut dire, en quatre lignes

Vous venez de passer du temps sur cet oiseau, autant savoir ce qu'il porte. Dans la tradition chrétienne, la colombe est d'abord le signe de l'Esprit Saint, et seulement ensuite celui de la paix.

Le Catéchisme rassemble les deux en un seul paragraphe : la colombe de Noé qui revient avec le rameau est lue comme une figure du Baptême, et c'est au baptême du Christ que l'Esprit Saint descend sous la forme d'une colombe et demeure sur lui (numéro 701). Comme la colombe est le signe de l'Esprit, elle est aussi, par voie de conséquence, le signe de la confirmation, le sacrement par lequel on reçoit l'Esprit Saint en plénitude.

Nous ne refaisons pas ici le détail, parce qu'il a son propre article : les passages bibliques un par un, les sept symboles de l'Esprit selon le Catéchisme, l'origine de l'association avec la paix et ce que la colombe ne dit pas, tout cela est dans la colombe, symbole chrétien. Si c'est pour un baptême que vous dessinez, notre guide de la médaille de baptême vous dira quels motifs tiennent dans le temps.

Questions fréquentes

Pouvez-vous me fournir un dessin de colombe ?

Nous ne proposons pas de modèle à télécharger, et un gabarit tout fait vous priverait de l'essentiel, qui est de comprendre pourquoi la figure marche. Deux solutions concrètes à la place. La première, la plus simple : les deux formes de l'étape 1, un ovale incliné et un petit cercle devant, se tracent en dix secondes et constituent déjà votre gabarit, à repasser autant de fois que nécessaire. La seconde, pour un enfant : la méthode de la main posée décrite plus haut donne un contour prêt à colorier, aux bonnes proportions, sans savoir dessiner. Et si vous voulez décalquer, l'image en tête de cet article s'y prête, feuille posée dessus contre une vitre.

Comment faire ses propres dessins ?

En partant toujours des masses et non des contours. Un dessin qui commence par le trait définitif d'un bec ou d'un oeil est condamné, parce que rien ne vient recadrer les proportions ensuite. La marche à suivre est la même pour n'importe quel sujet : les formes simples d'abord, cercles et ovales, puis les axes et les proportions mesurées dans une unité prise sur le sujet lui-même, puis les contours, et enfin les détails. Deux habitudes font la différence plus vite que n'importe quel conseil de technique : tracer les repères assez légèrement pour pouvoir les gommer, et dessiner le même sujet trois fois de suite plutôt que trois sujets différents.

Quels sont les 4 types de dessins ?

Il n'existe pas de liste officielle, et les classifications varient selon les écoles. Celle qu'on rencontre le plus souvent distingue le dessin d'observation, fait d'après un modèle réel, le dessin de mémoire, le dessin d'imagination et le dessin technique, qui obéit à des conventions de mesure. Un tutoriel comme celui-ci est un cas mixte, et c'est utile de le savoir : les formes et les proportions relèvent de l'observation, mais la colombe du Saint-Esprit descendant dans ses rayons relève de l'imagination guidée par une iconographie, puisque personne n'en a de modèle sous les yeux.

Quel est le symbole de la colombe ?

Dans la Bible et dans la tradition de l'Église, la colombe est avant tout le symbole de l'Esprit Saint. Le Catéchisme la range parmi les symboles de l'Esprit et rappelle les deux passages qui la fondent : la colombe de Noé qui revient avec un rameau d'olivier frais, signe que la terre est de nouveau habitable et figure du Baptême, et la descente de l'Esprit sur le Christ au moment de son baptême, où il descend sur lui et y demeure (numéro 701). Le sens de paix, lui, est dérivé : il vient du rameau d'olivier plus que de l'oiseau, et son usage moderne est largement laïque. Le détail de ces passages et des sept symboles de l'Esprit est dans notre article sur la colombe comme symbole chrétien.

Un dessin à encadrer, un signe à porter

Vous savez maintenant construire une colombe complète, et surtout vous savez où se gagne le dessin : l'inclinaison de l'axe du corps, le bec très court, et la queue en éventail large d'un tiers de la longueur totale. Refaites l'exercice deux ou trois fois : comme pour l'église, la troisième colombe est beaucoup plus juste que la première, parce que la main a retenu les proportions.

Vous savez aussi la chose que les tutoriels ne disent pas : la colombe chrétienne est un oiseau qui descend, pas un oiseau qui s'envole, parce que les quatre évangiles emploient le verbe descendre pour raconter le baptême du Christ. Un seul trait incliné dans l'autre sens, et vous changez de sujet. Dans la même série de tutoriels, voyez comment dessiner un prêtre.

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Sources

  • AELF, Livre de la Genèse, chapitre 8 : les trois lâchers de la colombe par Noé aux versets 8 à 12, et le détail du rameau au verset 11, « Vers le soir, la colombe revint, et voici qu'il y avait dans son bec un rameau d'olivier tout frais ! ».
  • AELF, Évangile selon saint Matthieu, chapitre 3 : le mouvement de descente au verset 16, « il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui ».
  • AELF, Évangile selon saint Luc, chapitre 3 : la seule mention d'une apparence physique, au verset 22, « L'Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus ». C'est aussi en Luc 2, 24 que l'offrande au Temple est « un couple de tourterelles ou deux petites colombes ».
  • AELF, Évangile selon saint Jean, chapitre 1 : le témoignage de Jean le Baptiste au verset 32, « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui », qui ajoute la provenance et la station.
  • Catéchisme de l'Église catholique, numéro 701 : le rameau d'olivier de la Genèse rattaché au Baptême, la descente de l'Esprit au baptême du Christ, le réceptacle en forme de colombe au-dessus de l'autel, et la phrase « Le symbole de la colombe pour suggérer l'Esprit Saint est traditionnel dans l'iconographie chrétienne ».

Les conventions de proportion et de construction de ce tutoriel (l'ovale incliné, la queue à un tiers de la longueur totale, les trois rangs de plumes, l'envergure d'une fois et demie à deux fois la longueur de l'oiseau) relèvent de l'enseignement du dessin et de l'observation des pigeons et colombes : elles sont données comme des méthodes et des ordres de grandeur, pas comme des faits. Les figures de la colombe en un seul trait et du couple de colombes sur un faire-part sont citées comme des conventions graphiques modernes, sans lien sortant, le standard du blog plafonnant à cinq liens d'autorité par article.

Nos sources

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