Comment dessiner la Vierge Marie : 8 étapes et le voile

Mis à jour le 20 min de lecture

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Sommaire
  1. Les deux formes de base : un ovale et une ogive
  2. Le voile et sa chute, le seul passage qui compte vraiment
  3. Les proportions du visage, et pourquoi il se traite moins
  4. L'attitude : la tête inclinée, et les mains jointes
  5. Faisons les finitions de notre dessin
  6. Colorions notre dessin
  7. Les erreurs fréquentes, et le correctif de chacune
  8. Les variantes, et le détail qui décide de chacune
  9. À savoir : pourquoi on peut dessiner la Vierge Marie
  10. Questions fréquentes
  11. Un dessin à encadrer, un signe à porter
  12. Sources

En bref

  • La Vierge Marie se dessine en huit étapes : un ovale pour la tête, une grande ogive pour le corps, le voile, le visage, les mains.
  • Tout se joue sur le voile, et il rate toujours au même endroit : son point de départ. Il part du sommet du crâne, jamais du front, et il ne se pose pas sur une coiffure déjà dessinée.
  • Le voile et le manteau forment une seule masse continue, du crâne à l'ourlet. C'est cette silhouette d'un seul tenant qui fait lire la Vierge, avant le visage.
  • Les mains jointes se dessinent en une seule forme en amande, avec trois traits dedans. Dix doigts tracés un par un donnent toujours un gant.
  • Le bleu et blanc n'est qu'une convention sur trois : la plus ancienne est une tunique rouge sous un manteau bleu, et à Lourdes Bernadette décrit du blanc avec une seule ceinture bleue.

Pour dessiner la Vierge Marie, tracez un ovale pour la tête et une grande ogive qui part des épaules et s'évase jusqu'au bas de la feuille, puis posez le voile depuis le sommet du crâne en le faisant dépasser l'ovale d'une épaisseur de doigt. Placez les yeux à mi-hauteur du visage, baissés, inclinez la tête de dix à quinze degrés, et terminez par les mains jointes en une seule amande et par les plis en V du manteau. Huit étapes, aucun matériel particulier, et une seule difficulté réelle, le voile.

Vous avez peut-être déjà essayé et obtenu une femme correcte avec un foulard posé dessus. Ce n'est pas un problème de main : presque tous les tutoriels traitent le voile comme un accessoire ajouté à la fin, alors que c'est lui qui porte la ressemblance.

Les deux formes de base : un ovale et une ogive

Tracez un ovale pour la tête, un peu plus haut que large, dans le tiers supérieur de la feuille, et laissez sous lui l'espace d'une petite tête pour le cou et les épaules. Puis tracez une grande ogive, un U très allongé, qui part des deux épaules et descend jusqu'au bas de la feuille en s'évasant. Cette forme unique vous dispense de dessiner les jambes, les hanches et les pieds, qui sont les trois choses les plus difficiles d'une figure debout. C'est la construction de notre tutoriel sur comment dessiner un ange, où la robe joue le même rôle.

Posez deux traits légers que vous gommerez : une verticale qui traverse la tête et descend jusqu'à l'ourlet, et une horizontale en haut de l'ogive pour la ligne des épaules. Servez-vous ensuite de la tête comme unité de mesure : la convention la plus répandue dans l'enseignement du dessin donne à une figure adulte sept têtes de haut, et une Vierge de sept têtes, large de deux têtes aux épaules, tient bien sur la page.

Le voile et sa chute, le seul passage qui compte vraiment

Voici la section à lire deux fois. Neuf dessins de Vierge sur dix échouent sur le voile, et presque jamais sur le visage. Trois décisions, dans cet ordre.

Le point de départ : le sommet du crâne, et pas le front

Le réflexe est de dessiner une chevelure, puis de poser un tissu par-dessus. C'est l'erreur fondatrice. Le voile part du sommet du crâne, il épouse la calotte de la tête, et il dépasse l'ovale d'environ un dixième de la hauteur de tête, soit l'épaisseur d'un doigt sur votre feuille. Tracez donc, à un doigt au-dessus de l'ovale, une courbe parallèle à la calotte, puis faites-la descendre de chaque côté du visage. Elle encadre le front sans le couvrir, et elle passe devant les oreilles, qui disparaissent. Les cheveux se réduisent à une ou deux mèches sous le bord, jamais à une masse.

La chute : trois points de départ, et un ourlet en S

Un voile n'a pas de plis réguliers. Il en a peu, et ils partent tous du même endroit. Les plis naissent au sommet du crâne et aux deux points où le tissu casse sur les épaules, nulle part ailleurs. Depuis chacun, tracez deux à trois plis en V qui s'ouvrent vers le bas, et laissez de larges zones lisses entre les groupes. Le bord du voile, lui, n'est jamais une droite ni un arc régulier : c'est une courbe en S molle, dont chaque creux tombe au pied d'un pli.

Le manteau : une seule masse, du crâne à l'ourlet

Troisième décision, et c'est elle qui sépare une Vierge d'une femme au foulard. Le voile et le manteau ne sont pas deux vêtements : ce sont deux parties d'une même pièce de tissu, et leur contour extérieur est une ligne continue qui ne s'interrompt jamais, du sommet du crâne jusqu'à l'ourlet.

Suivez cette ligne du doigt sur votre dessin. Si vous rencontrez un angle ou un trait qui s'arrête, vous avez un accessoire posé sur un personnage. Si elle coule d'un seul mouvement, vous avez une Vierge. La doublure du manteau dans une autre couleur est le piège le plus courant : si vous la voulez, ne la montrez que sur le bord qui se retourne.

Les proportions du visage, et pourquoi il se traite moins

Quatre repères suffisent. Partagez l'ovale par une horizontale légère à mi-hauteur : les yeux se posent sur cette ligne, séparés par la largeur d'un oeil. Le bas du nez tombe à mi-chemin entre cette ligne et le menton, la bouche au premier tiers entre le nez et le menton, et la largeur du visage vaut les deux tiers de sa hauteur.

Tracez les yeux en deux arcs tournés vers le bas, comme des paupières baissées, une courbe simple pour la bouche, un trait très léger ou rien pour le nez. Un visage très détaillé produit un portrait de femme avec un voile, et la figure cesse d'être la Vierge. Un détail le confirme : l'Évangile ne décrit pas Marie. Le chapitre où l'ange la salue, « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi » (Luc 1, 28), ne dit rien de son visage ni de son vêtement, vérifié sur le texte servi par l'AELF. Vous ne copiez aucun portrait : vous dessinez un signe.

L'attitude : la tête inclinée, et les mains jointes

L'attitude porte plus de ressemblance que le visage, et elle tient en deux gestes. D'abord, inclinez la tête de dix à quinze degrés, jamais plus, et du côté où il se passe quelque chose : vers l'Enfant si vous en dessinez un, vers le spectateur sinon. Une tête droite donne une statue, une tête trop penchée donne de la mièvrerie. Faites pivoter l'horizontale des yeux avec la tête, sinon le visage se tord.

Ensuite les mains. Dessinez les deux mains jointes comme une seule forme en amande, pointe vers le haut, puis mettez trois traits dedans, pas dix. La main fait à peu près la hauteur du visage du menton à la racine des cheveux, ce qui est plus grand qu'on ne le dessine spontanément. Placez l'amande devant la poitrine, inclinée vers l'avant d'une vingtaine de degrés, pouces croisés à sa base. Retenez surtout qu'il existe trois attitudes de mains, et qu'elles donnent trois figures différentes : jointes devant la poitrine, ouvertes paumes vers le bas et vers l'avant (la Médaille miraculeuse), ou un bras replié qui porte l'Enfant. Choisissez avant de tracer.

Faisons les finitions de notre dessin

Gommez tous les traits de construction : l'axe du corps, la ligne des épaules, l'horizontale des yeux et la partie de l'ovale que le voile recouvre. Ce gommage fait plus pour le dessin que n'importe quel détail supplémentaire. Repassez ensuite d'un trait plus appuyé les seuls contours à affirmer : la ligne continue du voile et du manteau, le bord des manches, l'ourlet. Laissez le visage le plus léger de tout.

Pour l'auréole, une seule chose à savoir, parce qu'elle se rate toujours de la même façon : vue de face, l'auréole n'est pas un anneau posé à plat au-dessus du voile, c'est un disque placé derrière la tête, donc un simple cercle dont la tête masque le centre. De trois quarts, elle devient une ellipse très aplatie, inclinée dans le sens du visage.

Colorions notre dessin

La question des couleurs n'a pas la réponse que l'on croit. Il n'existe pas une couleur de la Vierge Marie, il en existe trois conventions, et aucune n'est prescrite par un texte. La plus ancienne, celle de la peinture médiévale et byzantine, est une tunique rouge sous un manteau bleu. La deuxième, aujourd'hui dominante, est le bleu et blanc, venue de l'imagerie de l'Immaculée Conception. La troisième est celle que Bernadette décrit de ses propres mots, presque entièrement blanche : « elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied », rapporte le sanctuaire de Lourdes.

Côté méthode, deux teintes suffisent : un gris très légèrement bleuté pour les ombres des plis, le dessous du voile et le creux du cou, et un ocre ou un or pâle pour l'auréole et le galon de l'ourlet. Si votre Vierge est blanche, ne la coloriez pas en gris pour la faire ressortir : coloriez le fond et laissez le papier nu faire le blanc.

Les erreurs fréquentes, et le correctif de chacune

Les huit défauts qui reviennent le plus souvent, dans l'ordre de leur coût. Les trois premiers sont des défauts de voile.

L'erreur Ce qu'elle produit Le correctif
Dessiner les cheveux, puis poser le voile dessus Une femme au foulard Partir du sommet du crâne, à un doigt au-dessus de l'ovale, et supprimer la coiffure
Un contour qui s'interrompt entre le voile et le manteau Un accessoire posé sur un personnage Une seule ligne continue, du crâne à l'ourlet
Des plis réguliers sur tout le voile Un rideau de théâtre Deux à trois plis en V depuis trois points seulement, groupés
Dix doigts dessinés un par un Un gant Une seule amande, trois traits dedans, pouces croisés à la base
Un visage très détaillé Un portrait de femme avec un voile Yeux baissés en deux arcs, bouche d'un trait, nez suggéré
La tête parfaitement droite, ou penchée à l'excès Une statue, ou de la mièvrerie Dix à quinze degrés, du côté où il se passe quelque chose
L'auréole en anneau posé à plat Un cerceau au-dessus du voile De face, un cercle derrière la tête ; de trois quarts, une ellipse aplatie
L'ourlet tracé à la règle Un manteau cartonné Une courbe molle dont les creux tombent au pied des plis

Les variantes, et le détail qui décide de chacune

Chaque variante ne demande que deux ou trois traits de plus. La bonne nouvelle, pour un dessinateur, est qu'elles sont décrites par un texte, ce qui vous dispense de deviner.

La variante L'attitude des mains Le détail qui la signe
Vierge à l'Enfant Un bras replié qui porte, l'autre main qui soutient L'Enfant assis sur l'avant-bras, à hauteur de poitrine
Médaille miraculeuse Ouvertes, paumes vers le bas et vers l'avant Des rayons qui s'élargissent vers le bas, un demi-globe, un serpent
Notre-Dame de Lourdes Jointes devant la poitrine Une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied
Immaculée, la Femme de l'Apocalypse Jointes ou croisées sur la poitrine Une couronne de douze étoiles, la lune sous les pieds

Pour la Vierge à l'Enfant, une règle suffit : dessinez d'abord l'Enfant, le bras ensuite, jamais l'inverse. Un bras tracé avant la masse qu'il soutient finit toujours trop court, et l'Enfant a l'air de flotter.

Dessiner la Médaille miraculeuse : les rayons s'élargissent vers le bas

C'est la variante la plus demandée, et le piège n'est pas la figure mais ce qui l'entoure. Elle est décrite avec précision par la chapelle de la rue du Bac, où les apparitions ont eu lieu en 1830 : vous avez un modèle écrit. Dessinez la Vierge debout, de face, parfaitement symétrique, bras légèrement écartés et mains ouvertes, paumes tournées vers le bas et vers l'avant.

Le texte est précis sur l'essentiel : « Ses mains sont ouvertes et ses doigts sont ornés d'anneaux revêtus de pierreries d'où sortent des rayons qui tombent sur la terre en s'élargissant vers le bas. » Deux informations à retenir, et ce sont les deux qui se ratent : les rayons partent des doigts, et le faisceau s'élargit en descendant. Donnez-leur des longueurs inégales et un nombre impair, sept ou neuf par main, groupés par deux ou trois : des rayons réguliers et de même longueur donnent une roue de bicyclette, exactement comme dans notre tutoriel sur comment dessiner une colombe. Ajoutez le socle, « ses pieds sont posés sur une moitié de boule et ils écrasent la tête d'un serpent », puis l'ovale du cadre et l'invocation en demi-cercle dans sa partie haute.

Pour le revers, il n'y a presque rien à dessiner et tout à placer : la lettre M surmontée d'une croix et enlacée avec elle, deux coeurs en bas, l'un couronné d'épines et l'autre transpercé d'un glaive, et douze étoiles au pourtour. Le sens de chacun a son propre article, la Médaille miraculeuse, histoire et signification.

Dessiner Notre-Dame de Lourdes : quatre détails donnés par Bernadette

Ici, vous n'avez rien à inventer : la description vient de la voyante. « J'aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied. » Les deux détails qui se ratent : la ceinture est bleue et c'est le seul bleu du dessin, et les roses sont jaunes et posées sur les pieds, pas aux pieds. Le chapelet passé au bras est une convention de statuaire plus tardive, parfaitement légitime à dessiner, mais elle ne figure pas dans ce récit.

Un dernier détail, et c'est un cadeau pour qui dessine. Le 25 mars 1858, le jour où la Dame dit son nom, Bernadette décrit un mouvement : « Elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre. » Les mains passent donc des paumes ouvertes vers le bas aux mains jointes : les deux attitudes distinguées plus haut sont, à Lourdes, deux instants de la même scène. Le récit des apparitions est dans notre article sur la prière à sainte Bernadette.

Dessin Vierge Marie couronnée d'étoiles : le modèle est un verset

Le livre de l'Apocalypse ouvre son chapitre 12 ainsi : « Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles » (Apocalypse 12, 1). Vous avez là trois consignes de dessin, et toute l'imagerie de l'Immaculée en vient. Les douze étoiles se posent en arc au-dessus du voile, à égale distance, et non en cercle complet : un cercle fermé devient une auréole et le compte se perd. Le soleil se traite comme un fond rayonnant derrière toute la figure, jamais comme un disque local. La lune se dessine en croissant sous l'ourlet, pointes tournées vers le haut, la Vierge posant les pieds dans son creux.

Restent trois demandes voisines. Pour une Vierge stylisée, réduisez la figure à ses signes, la ligne continue du voile, l'amande des mains, le croissant de lune : c'est ainsi que travaillent les motifs de bijouterie. Pour un enfant, changez les proportions plutôt que la méthode, la tête occupant un quart de la hauteur totale au lieu d'un septième. Pour un noir et blanc, le sujet devient l'ombre : blanc pur au voile et au visage, gris moyen sur la robe, noir réservé au seul dessous du voile.

À savoir : pourquoi on peut dessiner la Vierge Marie

Autant savoir sur quoi repose le droit de la représenter. Dieu lui-même ne peut pas être représenté, dit le Catéchisme : « c'est l'Incarnation du Fils de Dieu qui a inauguré une nouvelle économie des images » (numéro 1159). On peut donc dessiner parce que Dieu s'est fait voir. Et les images de Marie et des saints ne sont pas des portraits autonomes : elles « signifient en effet le Christ qui est glorifié en eux » (numéro 1161), ce qui explique pourquoi la Vierge à l'Enfant est, de loin, la composition la plus représentée.

Reste une phrase que tout dessinateur devrait connaître, le numéro 1160 : « L'iconographie chrétienne transcrit par l'image le message évangélique que l'Écriture Sainte transmet par la parole. Image et Parole s'éclairent mutuellement. » C'est exactement ce que vous venez de faire : chercher le détail du dessin dans un texte, et comprendre le texte un peu mieux en le dessinant.

Questions fréquentes

Comment faire le dessin ?

Toujours du général au particulier, et pour cette figure dans cet ordre : les deux formes de base, les axes, le voile, le visage, les mains, le drapé, les finitions, la couleur. Le vêtement se dessine après le corps qu'il habille, mais le voile, lui, se dessine avant le visage, parce qu'il en détermine le cadre. C'est la seule inversion de la règle générale, et c'est la particularité de ce sujet. Tracez les repères assez légèrement pour pouvoir les gommer, et refaites la même figure trois fois plutôt que de dessiner trois sujets différents.

Quelles sont les couleurs de la Vierge Marie ?

Il n'y en a pas une seule, et aucun texte n'en impose. Trois conventions coexistent : la tunique rouge sous un manteau bleu de la peinture médiévale et byzantine, le bleu et blanc aujourd'hui dominant, venu de l'imagerie de l'Immaculée Conception, et celle de Lourdes, presque entièrement blanche, telle que Bernadette la rapporte. S'y ajoutent l'or des auréoles et des galons. Choisissez une convention et tenez-la sur tout le dessin : c'est le mélange des trois qui produit un résultat confus.

Quel est le symbole de la Vierge Marie ?

Plusieurs, et les plus utiles au dessin viennent d'un seul verset : « une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles » (Apocalypse 12, 1). De là viennent les douze étoiles, le croissant de lune et le fond rayonnant. S'y ajoutent le lys, signe de pureté, la rose, et sur la Médaille miraculeuse la lettre M surmontée d'une croix, les deux coeurs et le serpent écrasé. Le symbole le plus discret est aussi le plus constant, et c'est le voile lui-même, qui dit à la fois la pudeur et la consécration.

Où puis-je trouver une image de la Vierge Marie ?

Pour dessiner, la meilleure source n'est pas une banque d'images, c'est une oeuvre que vous pouvez observer longtemps : un vitrail de votre église, une statue de chapelle, une icône. Vous y voyez le volume et la chute du tissu, ce qu'une image aplatie ne donne pas, et les choix d'un artiste qui a résolu les mêmes problèmes que vous, en particulier le raccord entre le voile et l'épaule. Si vous travaillez d'après écran, prenez deux images de deux époques différentes : c'est l'écart entre elles qui vous apprend ce qui est une convention et ce qui est nécessaire.

Quel est le vrai prénom de la Vierge Marie ?

La traduction liturgique de l'Évangile dit simplement que « le nom de la jeune fille était Marie » (Luc 1, 27). Derrière ce Marie se trouve un nom hébreu, que la même traduction rend ailleurs par Miryam : c'est celui de la soeur d'Aaron, « la prophétesse Miryam » du livre de l'Exode (Exode 15, 20). La Vierge porte donc le nom de la prophétesse qui chante la traversée de la mer. Les sens proposés pour ce nom sont nombreux et discutés, et nous n'en retiendrons aucun ici plutôt qu'un autre.

Un dessin à encadrer, un signe à porter

Vous savez maintenant construire une Vierge complète, et surtout où se gagne le dessin : le voile qui part du sommet du crâne, le contour continu du voile et du manteau, et les mains jointes tracées en une seule amande. Refaites l'exercice deux ou trois fois : comme pour l'église et pour l'ange, la troisième figure est beaucoup plus juste que la première. Vous savez aussi la chose que les tutoriels ne disent jamais : presque chaque détail de cette figure vient d'un texte, les douze étoiles et le croissant de lune de l'Apocalypse, les rayons qui s'élargissent vers le bas de la rue du Bac, la ceinture bleue et les roses jaunes de Bernadette. Cela vous donne, pour chaque variante, un modèle écrit à la place d'une vague impression.

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Sources

  • AELF, Livre de l'Apocalypse, chapitre 12 : la Femme au verset 1, « ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles ».
  • AELF, Évangile selon saint Luc, chapitre 1 : le nom au verset 27, la salutation au verset 28, « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi », et la réponse au verset 38. Le chapitre ne décrit ni son visage ni son vêtement, vérifié sur le texte servi.
  • Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, rue du Bac : la médaille élément par élément, les mains ouvertes dont « sortent des rayons qui tombent sur la terre en s'élargissant vers le bas », les pieds « posés sur une moitié de boule » qui « écrasent la tête d'un serpent », la lettre M surmontée d'une croix, les deux coeurs et les « douze étoiles gravées au pourtour ».
  • Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Les apparitions : les mots de Bernadette, « une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied », et le geste du 25 mars 1858, « joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre ».
  • Catéchisme de l'Église catholique, numéros 1159 à 1161 : l'Incarnation qui « a inauguré une nouvelle économie des images » (1159), « Image et Parole s'éclairent mutuellement » (1160), et les images de la Mère de Dieu qui « signifient en effet le Christ qui est glorifié en eux » (1161).

Le verset de l'Exode cité dans la FAQ (« la prophétesse Miryam, soeur d'Aaron », Exode 15, 20) a été lu sur le texte servi par l'AELF et est cité en clair, sans lien, le standard du blog plafonnant à cinq liens d'autorité par article. Les conventions de proportion de ce tutoriel (la figure mesurée en têtes, les yeux à mi-hauteur du visage, la main à la hauteur du visage du menton à la racine des cheveux, les plis en V) relèvent de l'enseignement du dessin : elles sont données comme des méthodes, pas comme des faits. Les trois conventions de couleur et le chapelet passé au bras des statues de Lourdes sont présentés comme des usages de l'histoire de l'art, explicitement distingués de ce que les textes attestent.

Nos sources

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