Patrimoine

Quelle est la différence entre le plain-chant et le chant grégorien ?

Mis à jour le 8 min de lecture

Antiphonaire ouvert sur un lutrin de bois sculpté, grands neumes carrés sur un parchemin ancien, stalles de chœur derrière

Sailko — CC BY 3.0 via Wikimedia Commons licence

Sommaire
  1. Qu'est-ce que le plain-chant ?
  2. Qu'est-ce que le chant grégorien ?
  3. Alors, quelle est la différence ?
  4. Du déclin au retour
  5. Questions fréquentes
  6. Apprenez-le là où il se chante encore
  7. Sources

En bref

  • Le chant grégorien est un plain-chant, mais tous les plains-chants ne sont pas grégoriens. C'est toute la différence, et elle tient dans cette phrase.
  • Le plain-chant est la catégorie générale : tout chant liturgique latin, à une voix, sans accompagnement, de rythme libre.
  • Le grégorien est le répertoire particulier fixé en Francie vers 750-800, devenu le chant officiel du rite romain.
  • Les autres plains-chants latins existent bel et bien : ambrosien à Milan, mozarabe à Tolède, vieux-romain, gallican, bénéventain.

Le plain-chant désigne l'ensemble des chants liturgiques latins de l'Église d'Occident, chantés à une seule voix, sans instrument, sur un rythme libre. Le chant grégorien est l'un de ces répertoires, celui qui a été fixé en pays franc entre 750 et 800 et qui s'est imposé partout. Le rapport entre les deux est donc un rapport du genre à l'espèce. Dire « plain-chant et chant grégorien » comme s'il s'agissait de deux musiques concurrentes est une erreur courante, que nous démêlons ci-dessous.

Cette confusion n'a rien d'étonnant : le grégorien a si bien absorbé les autres répertoires que, pendant des siècles, plain-chant et grégorien ont pratiquement désigné la même chose dans l'usage courant.

Qu'est-ce que le plain-chant ?

La définition, mot à mot

Le terme vient du latin cantus planus, littéralement le chant plan, c'est-à-dire uni, égal. L'adjectif s'oppose au cantus mensuratus, le chant mesuré de la polyphonie naissante : dans le plain-chant, les notes n'ont pas de durée fixée d'avance, elles suivent la parole.

Trois traits le définissent. Il est monodique, une seule ligne mélodique que tous chantent ensemble à l'unisson. Il est a cappella, sans aucun instrument. Il est de rythme libre, non mesuré, calé sur l'accentuation du texte latin. À quoi s'ajoute un quatrième trait, structurel : il est modal, bâti sur huit modes anciens et non sur nos gammes majeures et mineures.

D'où il vient

Le plain-chant se forme pendant les premiers siècles du christianisme, à partir de la psalmodie héritée de la synagogue et du système modal grec. Pendant longtemps il ne s'écrit pas : il se transmet d'oreille à oreille, et les chantres l'apprennent par cœur.

La notation apparaît au IXe siècle sous forme de neumes, de petits signes placés au-dessus du texte qui rappellent le contour de la mélodie à qui la connaît déjà, mais ne suffisent pas à la déchiffrer. Il faut attendre le XIe siècle, et la portée de Guido d'Arezzo, pour que les hauteurs soient réellement fixées sur le parchemin.

Ses répertoires, car il y en a plusieurs

C'est le point que les articles sur le sujet oublient presque toujours, et c'est pourtant lui qui rend la distinction concrète. Le plain-chant latin s'est développé en plusieurs traditions régionales, avant l'unification carolingienne.

  • Le chant ambrosien, propre à Milan, rattaché à saint Ambroise, toujours en usage dans le diocèse aujourd'hui.
  • Le chant mozarabe, ou hispanique, des chrétiens d'Espagne sous domination musulmane, encore chanté dans une chapelle de la cathédrale de Tolède.
  • Le vieux-romain, l'usage de Rome même, conservé dans quelques manuscrits tardifs, et distinct du grégorien.
  • Le chant gallican, celui des Gaules, supprimé au VIIIe siècle au profit de l'usage romain.
  • Le chant bénéventain, du sud de l'Italie, largement effacé lui aussi.

Tous sont du plain-chant. Un seul d'entre eux est grégorien.

Qu'est-ce que le chant grégorien ?

Un répertoire précis, à une date précise

Le grégorien naît de la rencontre entre le chant romain, apporté en Gaule au milieu du VIIIe siècle, et le chant gallican qui s'y pratiquait. Les chantres francs fondent les deux, coulent le résultat dans le système des huit modes, et complètent le répertoire pour couvrir toute l'année liturgique.

Ce chant franco-romain devient le chant officiel du rite romain et se diffuse dans tout l'Occident, en éliminant au passage la plupart des traditions locales. Son nom vient d'une attribution au pape Grégoire le Grand qui ne tient pas historiquement, et dont nous racontons l'origine dans notre article sur qui a inventé le chant grégorien.

Ce qui le caractérise

Ses textes sont scripturaires, tirés pour l'essentiel des Psaumes. Ses mélodies se répartissent en trois styles selon le nombre de notes par syllabe : syllabique, une note par syllabe, pour les pièces récitées ; neumatique, quelques notes ; et mélismatique, où une seule syllabe peut porter des dizaines de notes, comme dans les grands Alleluia.

Ce répertoire compte plusieurs milliers de pièces, réparties entre les chants de la messe et ceux de l'office monastique, et il couvre l'année entière.

Alors, quelle est la différence ?

Plain-chant Chant grégorien
Nature Une catégorie musicale Un répertoire précis à l'intérieur de cette catégorie
Étendue Ambrosien, mozarabe, vieux-romain, gallican, bénéventain, grégorien Le seul répertoire franco-romain
Datation Des premiers siècles au Moyen Âge Fixé entre 750 et 800 environ
Statut Terme descriptif Chant officiel du rite romain
Caractéristiques Monodique, a cappella, rythme libre, modal Les mêmes, plus un répertoire et des modes fixés

Résumé en une phrase : demander la différence entre le plain-chant et le chant grégorien revient à demander la différence entre le vin et le bordeaux. L'un contient l'autre.

Une réserve d'usage, tout de même. Dans la langue courante, notamment en France à partir du XVIIe siècle, « plain-chant » a fini par désigner le grégorien tel qu'il se pratiquait alors, souvent alourdi et raccourci par les éditions imprimées. C'est de là que vient l'impression que ce sont deux musiques différentes : elles l'étaient devenues, non par nature, mais par dégradation.

Du déclin au retour

À la fin du IXe siècle, le plain-chant commence à se dédoubler en organum, ancêtre de la polyphonie. Quand celle-ci atteint son sommet au XVIe siècle, le chant à une voix passe au second plan.

Sa restauration part de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes à partir de 1833, où les moines comparent les manuscrits médiévaux pour retrouver les mélodies authentiques, travail publié dans la Paléographie musicale et couronné par l'édition Vaticane du début du XXe siècle.

Le concile Vatican II, en 1963, lui reconnaît expressément la première place dans la liturgie romaine. Sa pratique paroissiale a pourtant beaucoup reculé, et il se conserve surtout dans les monastères et les communautés attachées à la liturgie latine. À la fin des années 1980, il a connu un retour inattendu par le disque, comme musique de détente, ce qui est un contresens amusant pour une musique conçue pour prier.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le plain-chant et le chant grégorien ?

Le plain-chant est la catégorie, le chant grégorien en est un exemplaire. Tout chant grégorien est du plain-chant ; l'inverse est faux, puisque le chant ambrosien de Milan ou le chant mozarabe de Tolède sont aussi des plains-chants sans être grégoriens. Les deux termes sont devenus synonymes dans l'usage courant parce que le grégorien a supplanté presque tous les autres répertoires.

Qu'est-ce que le chant grégorien ou « plein champ » ?

L'orthographe correcte est plain-chant, avec un a, du latin cantus planus, le chant uni. « Plein champ » est une faute très répandue, sans doute parce que l'expression existe par ailleurs en agriculture et en photographie. Le mot n'a rien à voir avec un champ : il dit que le chant est plan, égal, sans les valeurs longues et brèves de la musique mesurée.

Quelle est la définition du plain-chant ?

Le chant liturgique de l'Église latine, à une seule voix, sans accompagnement instrumental, sur un rythme libre qui suit l'accentuation du texte, et construit sur les huit modes anciens. Il s'oppose au chant mesuré et à la polyphonie, apparus plus tard.

C'est quoi un chant grégorien ?

Une pièce du répertoire liturgique romain fixé vers 750-800, chantée en latin, à l'unisson et sans instrument, sur un texte presque toujours biblique. Les plus connues sont le Salve Regina, le Veni Creator, le Te Deum et le Dies irae. Il en existe plusieurs milliers, couvrant toute l'année liturgique.

Où écouter du vrai chant grégorien aujourd'hui ?

Dans les abbayes bénédictines qui chantent l'office quotidien, Solesmes, Fontgombault, Ligugé, Randol, ainsi que dans les paroisses qui célèbrent selon la liturgie latine. Un office chanté sur place n'a rien à voir avec un enregistrement de relaxation : la mélodie y est portée par l'acoustique du lieu, ce pour quoi elle a été composée.

Apprenez-le là où il se chante encore

Vous ne confondrez plus les deux : le plain-chant est la famille, le grégorien en est le membre qui a fait carrière. Et si l'on vous parle de « plein champ », vous saurez d'où vient l'erreur.

Si l'envie vous prend de l'apprendre, le plus simple est de vous rapprocher de la chorale de votre paroisse ou d'une schola locale : ce chant s'apprend à l'oreille, dans un groupe, comme il l'a toujours été. Nous parlons de cet engagement dans notre article sur les façons de servir dans son église locale.

Pour porter un signe de cette tradition monastique, nos médailles de saints comptent celle de saint Benoît, dont la règle organise l'office chanté depuis quinze siècles, et nos bijoux croix sont en acier inoxydable ou en argent 925, livrés dans leur écrin.

Sources

  • Abbaye Saint-Pierre de Solesmes (abbayedesolesmes.fr) : définition du plain-chant, restauration des mélodies et édition Vaticane.
  • Concile Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium (1963), §116 (vatican.va) : la place reconnue au chant grégorien dans la liturgie romaine.
  • Gallica, Bibliothèque nationale de France (gallica.bnf.fr) : manuscrits neumés, graduels et antiphonaires médiévaux consultables en ligne.
  • Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle (liturgie.catholique.fr) : le chant dans la liturgie latine contemporaine.

Guide de choix

Quelle médaille pour quelle occasion ?

Nous vous donnons ici le conseil que nous donnerions en boutique, y compris quand il mène vers une pièce moins chère. Choisissez la situation la plus proche de la vôtre.

Vous cherchez une médaille de saint. Pour quelle occasion ?

La médaille de saint est le cadeau traditionnel de ces deux étapes. Choisissez le saint patron de l'enfant, ou une figure qui compte pour la famille.

Voir les pièces de baptême

On offre alors moins un bijou qu'un signe : quelque chose à garder sur soi, qui rappelle qu'on pense à la personne et qu'on prie pour elle. Une médaille simple, portée tous les jours, remplit mieux ce rôle qu'une pièce trop précieuse pour être portée.

Voir les médailles de saints

Une médaille d'homme se porte sur une chaîne plus longue et plus large, souvent sous la chemise. Saint Michel et saint Benoît sont les deux figures les plus demandées.

Voir les bijoux chrétiens homme

Un pendentif fin sur une chaîne courte se porte sous une chemise sans se voir. En acier inoxydable, il supporte l'eau et le quotidien sans entretien particulier.

Voir les pendentifs

Notre sélection

Nos médailles de saints

Les saints que nous avons en catalogue aujourd'hui.

Partager cet article

  • Préparation sous 24 h

    Acheminement en 6 à 15 jours ouvrés

  • Retours 14 jours

    Gratuits en cas de défaut

  • Écrin systématique

    Chaque pièce arrive prête à offrir