Veni Creator : les paroles en latin et en français
Sommaire
- En bref
- Veni Creator : les paroles en français
- Veni Creator Spiritus : le texte latin
- Que veut dire « Veni Creator Spiritus »
- Quand chante-t-on le Veni Creator
- L'indulgence du Veni Creator, et la condition que presque personne ne cite
- Qui a écrit le Veni Creator
- Questions fréquentes
- Le texte en main, et de quoi le porter
- Sources
Vous cherchez les paroles du Veni Creator, et vous tombez sur deux traductions françaises qui ne se ressemblent même pas à la première ligne ? Vous voulez le latin pour pouvoir le chanter, sans savoir si l'hymne compte six strophes ou sept ? Vous avez lu quelque part qu'une indulgence y est attachée le 1er janvier et à la Pentecôte, sans jamais trouver à quelles conditions ?
Le Veni Creator est l'hymne de Vêpres de la Pentecôte, et c'est une prière adressée directement à l'Esprit Saint, ce qui est plus rare qu'on ne le croit. Vous trouverez ici son texte en entier : le latin tel que le servent les livrets liturgiques du Saint-Siège, et les deux traductions françaises que publient Vatican News et l'Église catholique en France. Nous les avons comparées ligne par ligne plutôt que de recopier l'une des deux au hasard, et le résultat surprend. Vous aurez aussi le détail exact de l'indulgence, lu dans le texte latin du Manuel des indulgences, parce que la condition qui la commande est presque toujours omise.
En bref
- « Veni Creator Spiritus » veut dire « Viens, Esprit Créateur ». C'est l'hymne de Vêpres de la solennité de la Pentecôte, et elle s'adresse à la troisième personne de la Trinité, non au Père ni au Fils.
- Deux traductions françaises circulent, et les deux sont publiées par l'Église. Nous les avons comparées ligne par ligne : sur 28 lignes chez Vatican News et 24 chez l'Église catholique en France, elles n'ont qu'une seule ligne en commun, « Source vive, feu, charité ».
- Le latin se chante en six strophes, sept quand on ajoute la doxologie finale. Deux lectures du latin sont servies par le Saint-Siège, et elles diffèrent sur quatre endroits précis, listés plus bas.
- Il se chante à la Pentecôte et le 1er janvier, aux ordinations, à l'ouverture d'un synode et à l'entrée des cardinaux en conclave. Pour le synode et pour le conclave, ce n'est pas un usage : c'est écrit dans le règlement, article 29 § 1 pour l'un, numéro 50 de « Universi Dominici Gregis » pour l'autre.
- L'indulgence plénière existe, mais pas pour une récitation privée. La concession 26 § 1 demande d'avoir participé dévotement, dans une église ou un oratoire, au chant ou à la récitation solennelle de l'hymne, le 1er janvier ou à la Pentecôte. Dite chez vous, elle vous vaut une indulgence partielle, et c'est déjà quelque chose.
Veni Creator : les paroles en français
Commençons par ce que vous êtes venu chercher. Voici les deux traductions, en entier, chacune recopiée sur la page qui la publie. Aucune des deux n'est fausse et aucune des deux ne se présente comme la version officielle : nous avons lu les deux pages, ni l'une ni l'autre ne porte cette mention. Prenez celle que vous reconnaissez, ou celle qu'utilise votre paroisse.
La traduction de Vatican News, celle qui porte la doxologie
C'est la plus longue des deux, et la seule qui finisse par une louange à la Trinité. Vatican News la sert d'un seul bloc de 28 lignes, sans séparation entre les strophes : le découpage en sept strophes de quatre lignes que vous lisez ci-dessous est celui de l'hymne, pas celui de la page.
Viens, Esprit Créateur,
Visite l'âme de tes fidèles,
Emplis de la grâce d'En-Haut
Les coeurs que tu as créés.Toi qu'on nomme le Conseiller,
Don du Dieu Très-Haut,
Source vive, feu, charité,
Invisible consécration.Tu es l'Esprit aux sept dons,
Le doigt de la main du Père,
L'Esprit de vérité promis par le Père,
C'est toi qui inspires nos paroles.Allume en nous ta lumière,
Emplis d'amour nos coeurs,
Affermis toujours de ta force
La faiblesse de notre corps.Repousse l'ennemi loin de nous,
Donne-nous ta paix sans retard,
Pour que, sous ta conduite et ton conseil,
Nous évitions tout mal et toute erreur.Fais-nous connaître le Père,
Révèle-nous le Fils,
Et toi, leur commun Esprit,
Fais-nous toujours croire en toi.Gloire soit à Dieu le Père,
au Fils ressuscité des morts,
à l'Esprit Saint Consolateur,
maintenant et dans tous les siècles. Amen.
La traduction de l'Église catholique en France, sans la doxologie
Celle-ci s'arrête à la sixième strophe et compte 24 lignes. La page de la Conférence des évêques de France les présente groupées en six strophes de quatre, et c'est elle qui ouvre par « Viens en nous », là où Vatican News ouvre par « Viens ». Un seul mot d'écart au premier vers, et toute la suite diverge.
Viens en nous, Esprit Créateur
Visite les âmes des tiens ;
Emplis de la grâce d'en haut
Les coeurs qui sont tes créatures.Toi qu'on appelle Conseiller
Don du Seigneur de Majesté,
Source vive, feu, Charité
Toi qui es onction spirituelle,Toi le Donateur aux sept Dons,
Puissance de la main de Dieu,
Toi que le Père avait promis,
Qui fais jaillir notre louange,Mets ta lumière en nos esprits,
Répands ton amour en nos coeurs,
Et que ta force sans déclin
Tire nos corps de leur faiblesse.Repousse l'adversaire au loin ;
Sans tarder donne-nous la paix ;
Ouvre devant nous le chemin :
Que nous évitions toute faute !Fais-nous connaître Dieu le Père,
Fais-nous apprendre aussi le Fils
Et croire en tout temps que tu es
L'unique Esprit de l'un et l'autre.
Pourquoi les deux ne se ressemblent pas, et laquelle prendre
Nous avons passé les deux textes au comparateur, après avoir retiré accents, majuscules et ponctuation pour ne comparer que les mots. Sur 28 lignes d'un côté et 24 de l'autre, une seule ligne est commune aux deux traductions : « Source vive, feu, charité ». Toutes les autres sont réécrites. Ce n'est pas une variante de ponctuation comme celles que l'on rencontre sur le texte du Credo, c'est bien deux traductions indépendantes du même latin.
Que faire, alors. Si vous cherchez le texte pour prier seul, prenez celui des deux que vous connaissez déjà : aucune des deux pages ne revendique un statut supérieur à l'autre. Si vous cherchez le texte pour chanter avec une assemblée, le vrai critère n'est ni l'une ni l'autre : c'est le livret de chant de votre paroisse, parce qu'une hymne se chante sur une mélodie et que la mélodie décide des syllabes. Et si vous voulez la version que l'on entend à Rome, c'est le latin, qui est donné juste après.
Veni Creator Spiritus : le texte latin
Le latin est la version d'origine, et c'est aussi celle qui se chante encore aujourd'hui dans les célébrations du Saint-Siège. Le texte ci-dessous est recopié sur le livret liturgique de l'entrée en conclave du 7 mai 2025, pages 11 et 12, accents toniques et ligatures conservés comme le livret les sert. Ces accents ne sont pas décoratifs : ils indiquent où tombe la syllabe accentuée, ce qui est exactement ce dont vous avez besoin pour le chanter.
Les six strophes du latin liturgique
Veni, creátor Spíritus,
mentes tuórum visita,
imple supérna grátia,
quæ tu creásti, péctora.Qui dicéris Paráclitus,
donum Dei altíssimi,
fons vivus, ignis, cáritas,
et spiritális únctio.Tu septifórmis múnere,
dextræ Dei tu dígitus,
tu rite promíssum Patris,
sermóne ditans gúttura.Accénde lumen sénsibus,
infúnde amórem córdibus,
infírma nostri córporis
virtúte firmans pérpeti.Hostem repéllas lóngius
pacémque dones prótinus;
ductore sic te prǽvio
vitémus omne nóxium.Per te sciámus da Patrem
noscámus atque Fílium,
te utriúsque Spíritum
credámus omni témpore.
Amen.
La doxologie, quand on chante sept strophes
Les livrets du Saint-Siège s'arrêtent à la sixième strophe, suivie du seul mot « Amen ». La doxologie, cette strophe finale de louange à la Trinité que porte la traduction de Vatican News, existe bien en latin : la lettre de Jean-Paul II aux prêtres pour le Jeudi saint 1998, qui est construite strophe par strophe sur cette hymne, la donne en entier. La voici, pour que votre latin et votre français soient de la même longueur.
Deo Patri sit gloria
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula.
Amen.
Deux lectures du latin, et les quatre endroits qui changent
Nous avons comparé mot par mot le latin des livrets liturgiques et celui de la lettre de 1998. Les deux textes sont servis par le Saint-Siège et ils ne disent pas tout à fait la même chose : quatre endroits diffèrent, en plus de la doxologie présente chez l'un et absente chez l'autre. Voici le relevé complet, pour que vous ne soyez pas pris au dépourvu si vous tombez sur une version qui ne correspond pas à votre livret.
| Strophe | Livrets liturgiques du Saint-Siège (2013 et 2025) | Lettre de Jean-Paul II aux prêtres (1998) |
|---|---|---|
| 2 | donum Dei altíssimi | Altissimi donum Dei |
| 3 | dextræ Dei tu dígitus | Digitus paternae dexterae |
| 4 | virtúte firmans pérpeti | Virtute firmas perpeti |
| 6 | te utriúsque Spíritum | Teque utriusque Spiritum |
| 7 | absente | Deo Patri sit gloria... |
Sur la strophe 4, le partage n'est pas de un contre un : deux livrets liturgiques écrivent « firmans », et seule la lettre écrit « firmas ». Nous avons vérifié la même lecture sur deux livrets du Saint-Siège séparés de douze ans, celui de la vigile de Pentecôte du 18 mai 2013 et celui de l'entrée en conclave du 7 mai 2025 : ils donnent les quatre mêmes mots. C'est pourquoi c'est leur version qui est servie plus haut.
Que veut dire « Veni Creator Spiritus »
Mot à mot : « Viens, Esprit Créateur ». « Veni » est un impératif, « creator Spiritus » un vocatif : ce n'est pas une phrase sur l'Esprit Saint, c'est une phrase qui lui parle. Les sept strophes sont toutes bâties ainsi, sur des impératifs adressés à la deuxième personne du singulier : visite, emplis, allume, repousse, donne, fais-nous connaître. C'est une prière de demande, et le demandeur y est à la première personne du pluriel du début à la fin. Si vous voulez d'abord savoir qui est l'Esprit Saint avant de le prier, notre article sur le rôle de l'Esprit Saint dans la vie chrétienne prend le sujet par là.
L'Esprit « aux sept dons », et le mot latin qui le dit
La troisième strophe commence par « Tu septifórmis múnere », ce que Vatican News rend par « Tu es l'Esprit aux sept dons ». L'hymne nomme donc les sept dons de l'Esprit Saint sans en dresser la liste, et c'est l'un des plus anciens textes de prière à les évoquer sous cette forme. La deuxième strophe le nomme « donum Dei altíssimi », le don du Dieu très-haut : le lexique liturgique de la Conférence des évêques de France relève précisément cette expression à l'article « Don », en rappelant au passage que le Veni Creator est l'hymne de Vêpres à la Pentecôte. La liste des sept dons, elle, est donnée dans notre article sur les cadeaux de confirmation, qui la met face à une confusion courante : les sept dons ne sont pas sept objets à offrir.
Veni Creator et Veni Sancte Spiritus, deux textes différents
C'est la confusion la plus fréquente, et elle est logique : les deux commencent par « Viens » et les deux s'adressent à l'Esprit. Le Veni Creator est une hymne, celle de Vêpres ; le Veni Sancte Spiritus est une séquence, celle qui se chante à la messe de la Pentecôte avant l'Évangile. Ce sont deux pièces liturgiques de genre différent, à deux moments différents, avec deux textes qui n'ont pas un vers en commun. Le Manuel des indulgences les cite d'ailleurs côte à côte, mais pas pour la même chose : l'hymne seule reçoit la concession du 1er janvier et de la Pentecôte. Le texte français de la séquence est donné en entier sur notre boutique soeur, dans le guide du chapelet du Saint-Esprit.
Quand chante-t-on le Veni Creator
Ici, il faut distinguer deux choses que l'on mélange souvent : ce qu'un texte de l'Église prescrit, et ce que l'usage a installé. Les deux sont légitimes, mais ce ne sont pas les mêmes garanties. Voici le relevé, avec pour chaque ligne le texte qui la porte.
| Occasion | Ce qui la porte | Règle ou usage |
|---|---|---|
| Vêpres de la Pentecôte | C'est l'hymne de Vêpres de la solennité | Règle |
| Vigile de Pentecôte | Possibilité d'ouvrir la célébration par l'hymne | Règle, option |
| 1er janvier | Directoire sur la piété populaire et la liturgie, n. 116 | Coutume, reconnue |
| Ordinations | Le temps de l'ordination s'ouvre par ce chant | Règle |
| Ouverture d'un synode des évêques | Ordo Synodi Episcoporum, article 29 § 1 | Règle |
| Entrée des cardinaux en conclave | « Universi Dominici Gregis », n. 50 | Règle |
| Confirmation | Documents de catéchèse et de préparation diocésains | Usage |
| Mariage | Demande croissante avant l'échange des consentements | Usage |
| Début d'un travail ou d'une entreprise | Enchiridion Indulgentiarum, concession 26 § 2 | Usage, indulgencié |
À la Pentecôte, et le 1er janvier
Les deux dates que l'Église distingue explicitement sont la solennité de la Pentecôte et le premier jour de l'année. Pour la Pentecôte, c'est sa place liturgique propre : le lexique liturgique de la Conférence des évêques de France l'appelle « l'hymne de Vêpres à la Pentecôte ». Pour le 1er janvier, le Directoire sur la piété populaire et la liturgie décrit au numéro 116 « la coutume très répandue de chanter le Veni, creator Spiritus, en ce jour du 1 janvier, pour demander à l'Esprit Saint d'inspirer, tout au long de l'année, les pensées et les actions de chaque fidèle et des communautés chrétiennes ». Ce sont exactement les deux dates que retient le Manuel des indulgences, et ce n'est pas un hasard.
Aux ordinations, aux synodes et à l'entrée en conclave
Dès qu'il s'agit de choisir des hommes ou de décider ensemble, l'Église chante cette hymne avant d'agir. Pour une ordination, le service national de pastorale liturgique écrit que « le temps de l'ordination commence par le chant Veni, creator spiritus pour invoquer l'Esprit Saint, don de Dieu à ceux qu'Il appelle ». Pour un synode, le règlement est explicite et numéroté : l'article 29 § 1 de l'Ordo Synodi Episcoporum prévoit que « l'Assemblée du Synode est inaugurée par une célébration de l'Eucharistie et par le chant du Veni, Creator Spiritus », le paragraphe suivant la faisant se clore par le Te Deum. Pour un conclave, la constitution apostolique « Universi Dominici Gregis » prévoit au numéro 50 que les cardinaux électeurs se rendent de la chapelle Pauline à la chapelle Sixtine « en procession solennelle, en invoquant à travers le chant du Veni Creator l'assistance de l'Esprit Saint ». Le livret de l'entrée en conclave du 7 mai 2025 porte la même rubrique, en latin, et le texte de l'hymne juste après.
À la confirmation et au mariage, l'usage plutôt que la règle
Ces deux cas sont réels, mais ils ne reposent pas sur la même autorité que les précédents, et il est honnête de le dire. Pour la confirmation, le service national de la catéchèse et du catéchuménat intègre l'hymne dans un parcours de catéchèse mystagogique, un diocèse la cite dans son dossier de préparation des adolescents, et des comptes rendus diocésains de célébrations rapportent qu'elle a été entonnée au moment de la profession de foi. Nous n'avons pas trouvé, dans les sources d'Église consultées, de texte qui la prescrive au rituel de la confirmation : elle est installée dans l'usage, pas inscrite dans la rubrique. Pour le mariage, la revue d'études liturgiques « La Maison-Dieu » consacre une étude à la demande, qu'elle qualifie d'« aujourd'hui très en vogue », de chanter le Veni Creator avant l'échange des consentements. Une pratique qu'une revue liturgique examine est une pratique vivante, pas une obligation.
Au début d'un travail ou d'une entreprise
C'est l'usage le plus discret et peut-être le plus utile, et le Manuel des indulgences le mentionne noir sur blanc. Sa concession 26 § 2 accorde une indulgence partielle au fidèle qui, au début et à la fin du jour, au début et à la fin de son propre travail, avant et après les repas, dit une prière de supplication et d'action de grâce légitimement approuvée. Le Veni Creator figure dans la liste des exemples donnés, aux côtés de l'« Adsumus » et des « Actiones nostras ». Autrement dit, l'Église prévoit elle-même que vous disiez cette hymne avant de commencer quelque chose, et pas seulement deux jours par an.
L'indulgence du Veni Creator, et la condition que presque personne ne cite
C'est le point sur lequel le web se trompe le plus souvent, en disant simplement « indulgence plénière si vous le récitez le 1er janvier ou à la Pentecôte ». Ce n'est pas ce que dit le texte, et la différence est importante si vous comptez en vivre. Nous avons lu la concession dans le texte latin de l'Enchiridion Indulgentiarum, la quatrième édition du Manuel des indulgences publiée par la Pénitencerie apostolique, qui est le recueil qui fait foi en la matière.
Ce que dit exactement le Manuel des indulgences
Concession 26 § 1, 1° : une indulgence plénière est accordée au fidèle qui, dans une église ou un oratoire, a participé dévotement au chant ou à la récitation solennelle de l'hymne Veni Creator, soit le premier jour de l'année pour implorer le secours divin sur tout le cours de l'année, soit à la solennité de la Pentecôte. Trois éléments commandent donc la plénière, et aucun n'est optionnel : le lieu, une église ou un oratoire ; la forme, un chant ou une récitation solennelle, donc publique ; et le jour, l'un des deux. Comme pour toute indulgence plénière, la norme 20 § 1 ajoute l'exclusion de tout attachement au péché, même véniel, puis les trois conditions habituelles : la confession sacramentelle, la communion eucharistique et la prière aux intentions du Souverain Pontife.
Et si l'une de ces conditions manque, l'indulgence n'est pas perdue : la norme 20 § 4 prévoit qu'elle devient partielle. C'est aussi le régime de la concession 26 § 2 pour l'hymne dite au début du jour ou d'un travail. Dit autrement, et c'est la lecture utile : réciter le Veni Creator chez vous le 1er janvier n'est pas vain, cela vous vaut une indulgence partielle, mais ce n'est pas la plénière, qui suppose d'être à l'église et que l'hymne y soit chantée solennellement.
Et ce qu'aucun bijou ne peut vous donner
Autant être franc, puisque nous vendons des bijoux. Aucune indulgence n'est attachée à un objet que nous vendons, et il ne peut pas en être autrement. La norme 16 § 2 du même recueil prévoit que l'indulgence attachée à l'usage d'un objet de piété cesse lorsque l'objet cesse d'exister ou lorsqu'il est vendu. C'est pourquoi nous n'expédions jamais d'objet béni. Une bénédiction se demande à un prêtre ou à un diacre, dans votre paroisse, et elle est gratuite. Ce que fait une médaille ou une croix est autre chose, et c'est déjà beaucoup : elle vous rappelle au long de la journée ce que vous avez demandé le matin.
Qui a écrit le Veni Creator
La réponse honnête commence par une précaution, et c'est le pape lui-même qui la pose. Dans son audience générale du 3 juin 2009 consacrée à Raban Maure, Benoît XVI écrit : « C'est à lui que l'on doit, selon toute probabilité, l'un des hymnes les plus beaux et connus de l'Eglise latine, le Veni Creator Spiritus, synthèse extraordinaire de pneumatologie chrétienne. » « Selon toute probabilité », et pas « c'est lui qui l'a composée ». Nous nous en tenons à cette formulation, parce que c'est celle de la source la plus haute dont nous disposons.
Raban Maure, Hrabanus Maurus en latin, fut d'abord abbé du monastère de Fulda, puis archevêque de sa ville natale, Mayence, et il mourut en 856. Benoît XVI le présente comme exégète, philosophe, poète, pasteur et homme de Dieu, et précise que les diocèses de Fulda, Mayence, Limbourg et Wroclaw le vénèrent comme saint et bienheureux. Ses oeuvres remplissent six volumes de la Patrologie latine. La datation de l'hymne au IXe siècle est reprise par le service national de la catéchèse et du catéchuménat, ce qui est cohérent avec la vie de Raban Maure, sans la prouver.
Ce qui est certain, en revanche, c'est que l'hymne appartient au répertoire grégorien et qu'elle y figure parmi les plus connues. Si cette dimension vous intéresse, nous expliquons ailleurs la différence entre plain-chant et chant grégorien, un article où le Veni Creator est cité aux côtés du Salve Regina, du Te Deum et du Dies irae.
Questions fréquentes
C'est quoi le veni creator ?
C'est une hymne chrétienne en latin adressée à l'Esprit Saint, dont le titre signifie « Viens, Esprit Créateur ». Elle tient la place d'hymne aux Vêpres de la solennité de la Pentecôte, et elle se chante aussi le 1er janvier, aux ordinations, à l'ouverture d'un synode des évêques et à l'entrée des cardinaux en conclave. Elle compte six strophes de quatre vers, parfois sept avec une doxologie finale. Benoît XVI l'attribue, selon toute probabilité, à Raban Maure, moine puis archevêque mort en 856.
Quelle est la prière du Veni Creator en français ?
Il y en a deux, et les deux sont publiées par l'Église. Celle de Vatican News commence par « Viens, Esprit Créateur, visite l'âme de tes fidèles, emplis de la grâce d'En-Haut les coeurs que tu as créés » et compte 28 lignes. Celle de l'Église catholique en France commence par « Viens en nous, Esprit Créateur, visite les âmes des tiens » et compte 24 lignes, sans la doxologie finale. Les deux sont données en entier plus haut dans cette page. Elles n'ont qu'une seule ligne en commun, nous les avons comparées.
Quelles sont les paroles traditionnelles du Veni Creator ?
Les paroles d'origine sont latines, et c'est elles que l'on appelle traditionnelles. Elles commencent par « Veni, creátor Spíritus, mentes tuórum visita, imple supérna grátia, quæ tu creásti, péctora ». Le texte latin complet, avec ses accents toniques, est donné plus haut d'après le livret liturgique du Saint-Siège pour l'entrée en conclave du 7 mai 2025. Attention à un détail concret : deux lectures du latin circulent, et quatre endroits diffèrent de l'une à l'autre. Le relevé des quatre est dans cette page.
Quelle est la traduction de « Veni Creator Spiritus » en français ?
Mot à mot, « Viens, Esprit Créateur ». « Veni » est l'impératif de « venir », « Spiritus » est au vocatif, c'est-à-dire que l'on s'adresse à lui, et « creator » le qualifie comme créateur. Les traductions françaises publiées rendent le titre par « Viens, Esprit Créateur » chez Vatican News et par « Viens en nous, Esprit Créateur » chez l'Église catholique en France. Un service de catéchèse de la Conférence des évêques de France le traduit, lui, par « Viens Saint Esprit Créateur ».
Quelle est la prière du Veni Sancte Spiritus ?
C'est une autre prière, qu'il ne faut pas confondre avec le Veni Creator. Le Veni Sancte Spiritus est la séquence de la messe de la Pentecôte, chantée avant l'Évangile, et non une hymne de l'office. Son texte français est celui qui demande à l'Esprit de laver ce qui est souillé, de baigner ce qui est aride et de guérir ce qui est blessé, avant de demander ses sept dons. Le Manuel des indulgences cite les deux prières, mais la concession du 1er janvier et de la Pentecôte ne porte que sur le Veni Creator.
Quelles sont les paroles de l'hymne à l'Esprit Saint ?
Si vous cherchez l'hymne à l'Esprit Saint de la liturgie, ce sont celles du Veni Creator, données en entier dans cette page, en latin et dans les deux traductions françaises. Attention à l'homonymie : plusieurs chants français récents portent aussi le titre « hymne à l'Esprit Saint », notamment « Gloire à toi, je veux chanter pour toi, Esprit de feu », et ils n'ont aucun rapport textuel avec l'hymne latine. Si vous cherchez une liste plus large, notre page sur les prières catholiques essentielles fait le tour de celles que l'on apprend d'abord.
Le texte en main, et de quoi le porter
Vous avez maintenant les deux traductions françaises en entier, le latin avec ses accents toniques, et la liste des occasions où l'Église chante cette hymne, chacune avec le texte qui la porte. Vous savez aussi ce que vaut exactement son indulgence, et pourquoi la formule que vous avez lue ailleurs était incomplète : la plénière demande une église et un chant solennel, et la récitation privée ouvre à une indulgence partielle.
Le reste ne tient pas à un texte. L'hymne demande à l'Esprit de visiter les coeurs et d'allumer en nous sa lumière : c'est une demande que l'on renouvelle, pas une case que l'on cocherait une fois l'an. Beaucoup de gens gardent sur eux un signe de ce qu'ils ont demandé, et c'est à peu près le seul usage honnête d'un bijou de foi : il ne protège pas par lui-même, il rappelle. Découvrez nos bijoux de la collection Saint-Esprit, à la colombe, ainsi que nos médailles de saints si vous préférez une figure. Et si vous cherchez un cadeau pour un confirmand, notre sélection confirmation est pensée pour ce sacrement, qui est précisément celui de l'Esprit. Si le symbole de la colombe vous parle, nous lui avons consacré un article entier.
Sources
- Vatican News, prière « Veni Creator » : la traduction française en 28 lignes, seule des deux à porter la doxologie finale « Gloire soit à Dieu le Père, au Fils ressuscité des morts, à l'Esprit Saint Consolateur, maintenant et dans tous les siècles. Amen. »
- Église catholique en France, « Veni Creator » : la seconde traduction française, 24 lignes groupées en six strophes de quatre, qui ouvre par « Viens en nous, Esprit Créateur » et s'arrête à « L'unique Esprit de l'un et l'autre ».
- Saint-Siège, livret « De ingressu in conclave et de iureiurando », 7 mai 2025 : le latin de l'hymne en six strophes avec ses accents toniques, pages 11 et 12, et la rubrique latine qui prescrit son chant à l'entrée des cardinaux en conclave.
- Pénitencerie apostolique, « Enchiridion Indulgentiarum », 4e édition, texte latin : concession 26 § 1, 1° pour l'indulgence plénière et ses trois conditions de lieu, de forme et de jour ; concession 26 § 2 pour l'indulgence partielle du début du jour et du travail ; norme 20 § 1 pour les trois conditions habituelles ; norme 20 § 4 pour le passage au partiel ; norme 16 § 2 pour l'objet vendu.
- Benoît XVI, audience générale du 3 juin 2009, « Raban Maure » : l'attribution de l'hymne, formulée « selon toute probabilité », l'abbatiat de Fulda, l'archevêché de Mayence et les quatre diocèses qui le vénèrent.
Sont également citées en clair, sans lien, par respect du plafond de cinq sources liées : la lettre de Jean-Paul II aux prêtres pour le Jeudi saint 1998, sur vatican.va, qui est bâtie strophe par strophe sur l'hymne et qui donne la doxologie latine ; le livret du Saint-Siège pour la vigile de Pentecôte du 18 mai 2013, qui sert la même lecture latine que celui de 2025 ; la constitution apostolique « Universi Dominici Gregis » de Jean-Paul II, n. 50, pour l'entrée en conclave ; le « Directoire sur la piété populaire et la liturgie » de la Congrégation pour le culte divin, n. 116, pour le 1er janvier ; l'« Ordo Synodi Episcoporum », article 29 § 1, cité dans le dossier d'information du Synode des évêques sur vatican.va ; et, pour la Conférence des évêques de France, le lexique liturgique à l'article « Don », la page sur les grands moments d'une ordination diaconale, le parcours de catéchèse mystagogique sur la confirmation et le sommaire de « La Maison-Dieu » n° 321.
Nos sources
- Vatican News, page de prière « Veni Creator » : la traduction française en vingt-huit lignes, la seule des deux à porter la doxologie finale « Gloire soit à Dieu le Père, au Fils ressuscité des morts, à l'Esprit Saint Consolateur » (nouvelle fenêtre) Saint-Siège
- Église catholique en France, « Approfondir sa foi, Prier, Quelques prières, Veni Creator » : la seconde traduction française, vingt-quatre lignes groupées en six strophes de quatre, sans doxologie, qui commence par « Viens en nous, Esprit Créateur » (nouvelle fenêtre) Église officielle, Conférence des évêques de France
- Saint-Siège, livret « De ingressu in conclave et de iureiurando », entrée en conclave du 7 mai 2025 : le latin de l'hymne en six strophes avec ses accents toniques, pages 11 et 12, et la rubrique « Veni, creator Spiritus, quo sollemnis fit invocatio Spiritus Sancti », qui documente son chant à l'entrée des cardinaux en conclave (nouvelle fenêtre) Saint-Siège, livret liturgique
- Pénitencerie apostolique, « Enchiridion Indulgentiarum », quatrième édition, texte latin : concession 26 § 1, 1° pour l'indulgence plénière attachée au chant ou à la récitation solennelle du Veni Creator dans une église ou un oratoire, le premier jour de l'année ou à la solennité de la Pentecôte ; concession 26 § 2 pour l'indulgence partielle ; norme 20 § 1 pour les trois conditions ; norme 20 § 4 pour le cas où elles ne sont pas remplies ; norme 16 § 2 pour l'objet vendu (nouvelle fenêtre) Magistère, Pénitencerie apostolique
- Benoît XVI, audience générale du 3 juin 2009 sur Raban Maure : « C'est à lui que l'on doit, selon toute probabilité, l'un des hymnes les plus beaux et connus de l'Eglise latine, le Veni Creator Spiritus, synthèse extraordinaire de pneumatologie chrétienne ». La page donne aussi l'abbatiat de Fulda, l'archevêché de Mayence et les quatre diocèses qui le vénèrent (nouvelle fenêtre) Magistère
Si vous relevez une erreur dans cette page, écrivez-nous : nous la corrigerons. Nous écrire
Porter le signe de l'Esprit
L'hymne demande à l'Esprit de visiter les coeurs. Nous ne vendons aucune indulgence et nous n'expédions aucun objet béni, mais nous faisons des colliers et des bracelets à la colombe, en acier inoxydable ou en argent 925, livrés en écrin.
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