Prière à sainte Cécile, patronne des musiciens

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prière à sainte Cécile
Sommaire
  1. Les prières à sainte Cécile, du plus officiel au plus personnel
  2. Pourquoi sainte Cécile est la patronne des musiciens
  3. Qui était sainte Cécile
  4. Le 22 novembre, et ce qu'on en fait
  5. Ce qu'on peut porter, quand il n'existe pas de médaille
  6. Questions fréquentes
  7. Un chant qui n'a pas besoin d'être entendu
  8. Sources

La prière de l'Église à sainte Cécile tient en une phrase, et c'est l'oraison de sa fête, le 22 novembre : « Sois favorable à nos prières, Seigneur, et, par l'intercession de sainte Cécile, daigne les exaucer. » Vous trouverez plus bas cette oraison, l'antienne que l'office chante ce jour-là, et une prière plus développée, signée de l'archevêque d'Albi, dont sainte Cécile est la patronne principale. Et vous trouverez une chose que personne n'écrit en français : son patronage des musiciens repose sur une phrase latine qu'on a cessé de lire correctement.

En bref

  • L'oraison officielle du 22 novembre : « Sois favorable à nos prières, Seigneur, et, par l'intercession de sainte Cécile, daigne les exaucer. »
  • Une prière plus longue, reproduite en entier plus bas, écrite par Mgr Jean Legrez, archevêque d'Albi, le 22 novembre 2012.
  • Le texte d'origine dit : Cantantibus organis, Caecilia, in corde suo, soli Domino decantabat, soit « tandis que les instruments jouaient, Cécile chantait dans son cœur ». Elle ne jouait pas, elle se détournait de la musique de ses noces.
  • Organis veut dire les instruments, au pluriel et en général. L'orgue est entré dans son image des siècles plus tard.
  • ⚠️ Le diocèse d'Albi donne une autre explication du patronage, et nous la donnons aussi : les deux circulent dans l'Église.
  • Nous ne proposons aucune médaille de sainte Cécile à ce jour, et nous préférons le dire.

Vous cherchez un texte à dire, peut-être pour une messe de Sainte-Cécile, une chorale, une harmonie ou un enfant qui commence la musique. Vous vous demandez aussi pourquoi c'est elle, et pas une autre, qu'on invoque au pupitre.

Vous trouverez ici les textes, du plus officiel au plus dévotionnel, de quoi les imprimer ou les lire à voix haute. Et vous saurez, en repartant, quelque chose que la plupart des pages sur sainte Cécile ne disent pas : le lien entre Cécile et la musique est né d'un contresens, et le sens d'origine est exactement l'inverse de celui qu'on lui prête.

Les prières à sainte Cécile, du plus officiel au plus personnel

L'oraison de sa fête, le 22 novembre

C'est le texte le plus court et le plus autorisé, celui que l'Église dit elle-même ce jour-là. L'office des laudes du 22 novembre le donne ainsi :

Sois favorable à nos prières, Seigneur, et, par l'intercession de sainte Cécile, daigne les exaucer.

Rien de plus, et c'est volontaire. Une oraison ne demande pas un résultat, elle demande que Dieu écoute, et elle passe par l'intercession de la sainte au lieu de s'adresser à elle comme à une puissance. C'est la grammaire de toute prière aux saints, et nous l'expliquons ailleurs dans le calendrier des saints.

L'antienne du matin, celle qu'on chante au Benedictus

Le même office donne une antienne qui surprend ceux qui attendaient une image musicale :

Au lever du jour, Cécile s'écria : Soldats du Christ, rejetez les œuvres des ténèbres, et revêtez les armes de lumière.

Et aux vêpres du même jour, l'antienne du Magnificat ajoute, toujours d'après l'AELF : « Cécile portait dans son cœur l'Évangile du Christ : jour et nuit elle en parlait avec Dieu. » Retenez ces trois mots, dans son cœur : ils vont tout décider dans la suite de cette page.

La prière de l'archevêque d'Albi, en entier

Sainte Cécile est la patronne principale du diocèse d'Albi et la titulaire de sa cathédrale. En 2012, son archevêque a écrit et signé une prière, que le diocèse publie. La voici telle qu'il l'a donnée, dans le document du diocèse d'Albi :

Sainte Cécile, toi qui as été fidèle au Christ jusqu'au don suprême de ta vie, tu as connu le martyre en même temps que ton mari et ton beau-frère, auxquels tu avais fait connaître le Sauveur Jésus.

Obtiens-nous du Seigneur la capacité de rendre compte sans tiédeur de notre foi au Ressuscité, autant auprès de nos proches que de tous ceux qui cherchent un sens à leur vie.

Fais qu'à ton école, nous apprenions à demeurer dans la louange et dans la joie de ceux qui croient en l'Amour divin et vivent heureux de partager leur amitié avec le Christ. Amen !

Albi, le 22 novembre 2012. Mgr Jean Legrez, o.p., archevêque d'Albi

Notez ce qu'elle ne demande pas : ni talent, ni réussite, ni concours gagné. Elle demande la capacité de rendre compte de sa foi sans tiédeur, et de demeurer dans la louange. Pour un musicien d'église, c'est plus juste qu'une demande d'inspiration.

Pourquoi sainte Cécile est la patronne des musiciens

Ce que disent les actes de son martyre

Tout part d'une phrase. Elle vient du récit de sa passion, sa Passio, que la Congrégation pour le clergé situe au IVe siècle. La voici dans le latin que ce texte romain reproduit :

Cantantibus organis, Caecilia, in corde suo, soli Domino decantabat, dicens : Fiat cor et corpus meum immaculatum ut non confundar.

Le même document le traduit en italien par « Mentre gli strumenti suonavano, Cecilia cantava in cuor suo all'unico Signore », soit : tandis que les instruments jouaient, Cécile chantait dans son cœur pour le seul Seigneur, en disant : que mon cœur et mon corps restent immaculés, afin que je ne sois pas confondue.

La scène est celle de ses noces. Les instruments sont ceux de la fête païenne. Cécile n'en joue pas : elle s'en détourne, et son chant est intérieur, silencieux, adressé à Dieu seul. Le calendrier de la Conférence des évêques de France dit la même chose de la Cécile historique, qu'il décrit comme une dame romaine qui « chantait dans son cœur la gloire de Dieu ».

Le glissement : des « instruments » à « l'orgue »

Le mot qui a tout fait basculer est organis. En latin, organum désigne un instrument, n'importe lequel, et le pluriel organis désigne donc les instruments en général. C'est précisément ainsi que le texte romain cité plus haut le rend : gli strumenti.

Mais le français, l'italien et l'anglais ont tous réservé le descendant de ce mot à un seul instrument, l'orgue. Le jour où l'on a lu organis comme « l'orgue », la phrase a changé de sens : Cécile ne se détournait plus de la musique, elle en jouait. Et comme l'antienne liturgique abrège le passage, le lecteur pressé n'avait plus sous les yeux les trois mots qui tranchent, in corde suo.

La conséquence est visible dans toutes les églises de France. La Plateforme Ouverte du Patrimoine recense par exemple, dans l'église Saint-Salvy d'Albi, un tableau intitulé « Sainte Cécile jouant de l'orgue », daté du premier quart du XVIIe siècle : la sainte y tient un orgue portatif, un ange lui tenant les partitions. L'image qui a fixé son patronage est donc la mise en peinture d'une lecture fautive.

L'autre explication, celle que donne le diocèse d'Albi

Il faut être honnête : ce n'est pas la seule explication qui circule dans l'Église, et la seconde n'a rien à voir avec l'orgue. Le document du diocèse d'Albi raconte qu'au moment de sa décollation, le bourreau s'y reprit trois fois sans réussir, et que « selon la tradition, sous les coups de hache, Cécile entend une mélodie venue du ciel, qu'elle se met à chanter. Voilà pourquoi elle deviendra la patronne des musiciens. »

Les deux récits se tiennent, et aucun des deux n'est une donnée historique. Le diocèse d'Albi le dit lui-même en toutes lettres : la biographie de Cécile est « rapportée par des traditions dépourvues de garantie historique », même si son existence ne fait pas de doute. Nominis est plus net encore : hors des quelques faits attestés, « ce ne sont qu'embellissements d'une poétique admiration ».

Les trois lectures, côte à côte

Lecture Ce qu'elle dit Statut
Le sens d'origine Les instruments de ses noces jouaient, Cécile chantait dans son cœur pour Dieu seul C'est le texte latin lui-même, et la traduction qu'en donne Rome
La lecture tardive Organis compris comme « l'orgue » : Cécile joue de l'orgue Contresens, mais c'est lui qui a produit toute l'iconographie
La tradition du martyre Sous la hache, elle entend une mélodie du ciel et la chante Tradition rapportée par le diocèse d'Albi, sans garantie historique

Ce tableau n'enlève rien à sainte Cécile. Il déplace seulement ce qu'elle patronne : non pas la virtuosité, mais le chant intérieur, celui qui continue quand tout le reste fait du bruit. Pour une chorale, c'est un meilleur programme. Et cela rejoint ce que l'Église a toujours cherché dans le chant liturgique, de l'invention du chant grégorien à la distinction entre plain-chant et grégorien : non pas un spectacle, mais une prière qui se chante.

Qui était sainte Cécile

Le martyre de sainte Cécile

Les faits que les sources d'Église retiennent sont peu nombreux. Cécile appartenait à une grande famille romaine, les Cecilii. Elle était chrétienne et aidait les premiers papes de ses deniers. Son fiancé Valérien se convertit, puis son beau-frère Tiburce : tous deux furent martyrisés. Elle-même mourut pour sa foi vers l'an 230, sous la persécution d'Alexandre Sévère.

Le récit détaillé vient des Actes de Cécile, que le diocèse d'Albi date des environs de l'an 500, repris plus tard par Jacques de Voragine dans la Légende dorée. On y lit la condamnation à être ébouillantée, l'échec de l'étouffement, puis la décollation manquée trois fois, et une agonie de trois jours.

Où est enterrée sainte Cécile

Elle fut d'abord déposée dans les catacombes de Saint-Calixte, sur la voie Appienne, au milieu des papes. Ses restes reposent depuis 821 dans la crypte de l'église Sainte-Cécile du Transtévère, à Rome, par un transfert ordonné par le pape Pascal Ier. C'est aujourd'hui le lieu de sa vénération.

Et son « corps intact » ?

La question revient souvent, et elle mérite une réponse franche. Ce que les sources d'Église que nous citons attestent, c'est que les trois blessures au cou rapportées par le récit du martyre se retrouvent sur le gisant de la sainte, au Transtévère. L'incorruption du corps, elle, appartient au récit d'une ouverture du tombeau à la Renaissance : aucune des sources d'Église consultées ici ne la présente comme un fait établi. Nous ne l'affirmons donc pas.

Ce qu'on lui demande, au-delà de la musique

Nominis lui reconnaît trois patronages qu'on cite rarement ensemble : les musiciens, les luthiers et les poètes, en plus du diocèse d'Albi. Le même calendrier la mentionne aussi comme invoquée pour les maladies des yeux, ce qui explique les recherches sur une « sainte Cécile aveugle » : c'est un patronage, pas un épisode de sa vie. Son nom figure par ailleurs au premier canon de la messe, signe de l'ancienneté de son culte, attesté à Rome dès 496.

Sainte Thérèse de Lisieux lui a écrit une poésie, que Nominis cite : « Je crois entendre encore ta douce mélodie. Oui, ton céleste chant arrive jusqu'à moi. » Si cette voix vous parle, sa petite voie est à lire à côté.

Le 22 novembre, et ce qu'on en fait

La date, et la fête des musiciens

Sa mémoire est fixée au 22 novembre, et c'est une mémoire obligatoire au calendrier romain. En France, ce jour est aussi celui des Sainte-Cécile : les chorales paroissiales, les harmonies et les fanfares donnent leur concert et font célébrer leur messe autour de cette date. À Albi, la châsse-reliquaire est portée en procession à la messe solennelle, le dimanche le plus proche du 22 novembre.

⚠️ Une précision utile : quand le 22 novembre tombe le dernier dimanche de l'année liturgique, c'est la solennité du Christ Roi qui l'emporte, et la mémoire de sainte Cécile cède la place. Jean-Paul II avait d'ailleurs daté du 22 novembre 2003, « mémoire de sainte Cécile », son chirographe sur la musique sacrée, où il la nomme « patronne de la musique sacrée ».

La neuvaine à sainte Cécile

Une neuvaine est une prière tenue neuf jours de suite. Appliquée à sainte Cécile, elle s'achève le jour de sa fête et commence donc le 14 novembre. Vous pouvez la bâtir sur l'oraison officielle donnée plus haut, répétée chaque jour, en y ajoutant votre intention. Rien n'oblige à un texte différent par jour : la régularité fait la neuvaine, pas la longueur.

Prière universelle pour les choristes et les musiciens

La prière universelle n'est pas un texte figé : chaque assemblée rédige ses intentions, et c'est voulu. Pour une messe de Sainte-Cécile, l'usage est de prier pour ceux qui portent le chant : organistes, chefs de chœur, choristes, et pour ceux qui apprennent. Si vous en rédigez une, gardez la forme de l'oraison : une intention, puis la demande que le Seigneur l'écoute. C'est ce que fait l'Église, et cela évite les formules d'efficacité qui n'ont pas leur place dans une prière.

Ce qu'on peut porter, quand il n'existe pas de médaille

Autant le dire tout de suite : nous ne proposons pas de médaille de sainte Cécile. Le catalogue n'en a pas, et nous n'allons pas vous vendre autre chose en laissant croire le contraire.

Ce qui existe, et qui se porte très bien pour marquer une Sainte-Cécile, un premier concert ou une entrée en chorale :

  • Nos médailles de saints, en acier inoxydable et en argent 925, si vous cherchez une médaille de dévotion à offrir à un musicien.
  • Un collier croix, la pièce la plus simple et la plus portable, chaîne comprise.
  • La sélection confirmation, qui réunit ce qui s'offre à un adolescent : c'est souvent l'âge où l'on entre à la chorale ou à l'harmonie.

Tout part en écrin, et l'acier inoxydable ne noircit pas, ce qui compte pour une pièce portée tous les jours. Si c'est un cadeau de fête patronale plutôt qu'un bijou du quotidien, notre page sur la fête du saint patron dit quoi choisir et quoi dire.

Questions fréquentes

Quelle est la prière de Sainte Cécile ?

La prière de l'Église est l'oraison de sa fête, le 22 novembre : « Sois favorable à nos prières, Seigneur, et, par l'intercession de sainte Cécile, daigne les exaucer. » Une prière plus développée, signée de Mgr Jean Legrez, archevêque d'Albi, est reproduite en entier plus haut : elle demande la capacité de rendre compte de sa foi sans tiédeur et de demeurer dans la louange.

Pourquoi prier sainte Cécile ?

Parce que la Conférence des évêques de France lui reconnaît le patronage des musiciens, des luthiers et des poètes, et qu'elle est invoquée pour les maladies des yeux. Son nom figure au premier canon de la messe, et son culte est attesté à Rome dès 496. On la prie donc comme on prie un saint : en lui demandant d'intercéder, pas en attendant d'elle un résultat.

Quelle est la prière de Sainte Cécile, patronne des musiciens ?

C'est la même oraison, celle du 22 novembre : l'Église n'a pas de prière distincte pour son patronage musical. Les textes que l'office chante ce jour-là parlent d'ailleurs de combat spirituel et de chant intérieur, pas de musique : « Cécile portait dans son cœur l'Évangile du Christ : jour et nuit elle en parlait avec Dieu. »

Quelle est la prière miraculeuse la plus puissante ?

Aucune. Il faut le dire clairement, parce que la question est posée très souvent. Le Catéchisme de l'Église catholique, aux numéros 2110 et 2111, range sous le mot superstition le fait d'attacher « à la seule matérialité des prières ou des signes sacramentels leur efficacité, en dehors des dispositions intérieures qu'ils exigent ». Une prière n'est pas un procédé, et aucune formule n'est garantie.

Quel est le symbole de Sainte-Cécile ?

C'est l'orgue, ou un instrument de musique, et c'est précisément l'objet de cet article : ce symbole vient d'une lecture fautive du mot latin organis, qui désigne les instruments en général. La Plateforme Ouverte du Patrimoine recense des dizaines d'œuvres de ce type en France, dont un tableau du XVIIe siècle à Albi intitulé « Sainte Cécile jouant de l'orgue ». Le texte d'origine disait l'inverse : elle chantait dans son cœur, à l'écart des instruments.

Quel est le dicton de la Sainte-Cécile ?

Le calendrier de la Conférence des évêques de France donne celui-ci : « Pour la Sainte-Cécile, chaque fève en fait mille. » C'est un dicton agricole de novembre, lié au semis, et sans rapport avec la musique.

Un chant qui n'a pas besoin d'être entendu

Vous avez les textes, du plus officiel au plus personnel, de quoi les imprimer ou les lire devant une assemblée. Vous avez aussi la chose que les autres pages ne disent pas : le patronage musical de sainte Cécile vient d'un contresens, et le sens d'origine est plus beau que la légende. Elle ne jouait pas pour qu'on l'entende, elle chantait là où personne ne l'entendait.

C'est une bonne raison de porter quelque chose de discret plutôt que de démonstratif. Nous n'avons pas de médaille de sainte Cécile, mais nos médailles de saints se prêtent au même geste : un signe qu'on garde sur soi, pour une fête patronale, un premier concert ou une entrée en chorale. Prenez le temps de choisir.

Sources

Deux sources citées en clair sans lien, le standard du blog plafonnant à cinq liens d'autorité par article : le chirographe de Jean-Paul II du 3 décembre 2003 sur la musique sacrée, n. 15 (« sainte Cécile, patronne de la musique sacrée »), et le Catéchisme de l'Église catholique, n. 2110-2111, sur la superstition. Les deux sont publiés sur vatican.va.

Nos médailles de saints

Les saints que nous avons en catalogue aujourd'hui.

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