La liturgie des heures : laudes, vêpres, complies

Mis à jour le 27 min de lecture

liturgie des heures
Sommaire
  1. En bref
  2. Bréviaire, office divin, liturgie des heures : trois mots, une seule prière
  3. Les heures une par une
  4. Les 7 heures canoniales : ce que les textes disent, et ce qu'ils ne disent pas
  5. Le psautier sur quatre semaines
  6. Benedictus, Magnificat, Nunc dimittis : les trois cantiques de l'Évangile
  7. Qui est obligé, qui est invité
  8. Liturgie des heures du jour : où trouver le texte
  9. Comment commencer quand on est laïc
  10. Ce que nous ne vendons pas
  11. Questions fréquentes

Vous avez entendu parler de « l'office », des « vêpres » et du « bréviaire », et vous ne savez pas si ce sont trois choses ou une seule. Vous avez vu passer une « liturgie des heures du jour » sans comprendre qui décide de son contenu. Et surtout, vous vous demandez si cette prière vous est permise, ou si elle est réservée aux prêtres et aux moines.

Commençons par cette dernière question, parce que c'est la vraie. Oui, vous pouvez prier la liturgie des heures, et ce n'est pas une tolérance : le Concile Vatican II la recommande aux laïcs, le Catéchisme écrit qu'elle « est destinée à devenir la prière de tout le Peuple de Dieu », et le droit canonique dit que les fidèles « sont vivement invités » à y participer. Les trois textes sont cités plus bas, avec leur numéro.

Cette page vous donne les heures une par une, avec leur moment, leur durée réelle et ce qu'on y dit, puis le psautier réparti sur quatre semaines, les trois cantiques de l'Évangile, qui est tenu par une obligation et qui ne l'est pas, et par où commencer quand on part de zéro.

En bref

  • Liturgie des heures, office divin et bréviaire désignent la même prière, vue sous trois angles : la prière elle-même, sa fonction, et le livre qui la porte.
  • Ce n'est pas une dévotion privée, c'est la prière publique de l'Église (Catéchisme, n. 1174), et c'est ce qui change tout : vous ne priez pas à côté de l'Église, vous priez avec elle.
  • Cinq heures dans le bréviaire romain : office des lectures, laudes, heure médiane, vêpres, complies. Laudes et vêpres sont « les deux pôles de l'office quotidien » (Sacrosanctum Concilium, n. 89 a).
  • Le psautier tourne sur quatre semaines, pas sur une (Présentation générale, n. 126), et il repart à la semaine I quatre fois dans l'année.
  • Les psaumes ne se lisent pas, ils se prient : « Les psaumes ne sont pas des textes à lire, ni des prières en prose, mais des poèmes de louange » (Présentation générale, n. 103). C'est le conseil le plus utile à un débutant.
  • Pour commencer, une seule heure suffit, et les textes désignent laquelle : les vêpres sont nommément recommandées aux fidèles.

Bréviaire, office divin, liturgie des heures : trois mots, une seule prière

Le vocabulaire est la première chose qui bloque, et il se démêle en trois phrases.

La liturgie des heures est le nom actuel de la prière de l'Église répartie sur la journée. Le mot « heures » n'y désigne pas des durées mais des rendez-vous : chaque heure est un moment du jour qu'on consacre à Dieu. L'office divin est l'ancien nom de la même chose, encore très employé, et c'est celui qu'emploie le Concile : le chapitre IV de Sacrosanctum Concilium s'intitule « L'office divin » et dit que cette prière est faite « de telle façon que tout le déroulement du jour et de la nuit soit consacré par la louange de Dieu » (n. 84). Le bréviaire, enfin, n'est pas une autre prière : c'est le livre.

Le nom du livre dit d'ailleurs à quoi il a servi. Breviarium, en latin, veut dire « abrégé », « résumé » : il a fallu, à partir du IXe siècle, des livres transportables pour ceux qui ne pouvaient pas rejoindre la prière du chœur, les prêtres de campagne et les laïcs d'abord, puis les Dominicains et les Franciscains qui passaient leur vie sur les routes. C'est la fiche de catéchèse du diocèse de Lille qui retrace cette histoire, et elle en tire une conséquence qu'on oublie : à force d'être un livre individuel, le bréviaire a fini par être lu d'un trait, à heure variable, ce qui est exactement le contraire de son objet.

Quel est le synonyme de « bréviaire »

Le glossaire de l'Église catholique en France répond en une ligne : le bréviaire est un « livre de prières appelé aussi Liturgie des Heures ». Les deux mots sont donc interchangeables dans l'usage courant, à une nuance près : on prie la liturgie des heures, on ouvre un bréviaire.

Quel livre acheter : quatre volumes, ou un seul

C'est là que la question devient pratique, parce que deux objets très différents portent le même contenu.

« La Liturgie des Heures » est l'édition complète, et elle fait quatre volumes. L'édition latine de référence est parue en 1971, l'édition française en 1980, et l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones, qui en est l'éditeur, en détaille la répartition sur sa page de publications : tome I pour l'Avent, Noël et les semaines 1 à 6 du Temps ordinaire, tome II pour le Carême et le Temps pascal, tome III pour les semaines 7 à 21 du Temps ordinaire, tome IV pour les semaines 22 à 34. Autrement dit, vous n'en portez qu'un à la fois, et vous savez lequel en regardant la semaine où vous êtes.

« Prière du temps présent » est la version en un seul volume. La différence entre les deux, dit la même fiche diocésaine, est le nombre de volumes, pas la prière ; dans la pratique, le volume unique laisse de côté les lectures longues de l'office des lectures, qui sont ce qui prend le plus de place. Il existe aussi des éditions pensées pour les laïcs, que le glossaire national cite par leurs titres : le « Bréviaire des fidèles », le « Nouveau bréviaire des laïcs », « Les heures du jour ».

Les heures une par une

Voici le tableau que personne ne vous donne, parce qu'il mélange deux choses qu'on trouve toujours séparées : ce que l'office contient, et combien de temps il prend vraiment.

La colonne « ce qu'on y dit » vient de la page « Les différents offices liturgiques » du Service national de la pastorale liturgique, qui donne la structure pièce par pièce. La colonne « durée réelle » est une mesure que nous avons faite nous-mêmes : nous avons compté les mots de chaque office tel que l'AELF le sert, sur trois journées datées de la même semaine, le 3, le 4 et le 7 octobre 2026, et converti en minutes à raison de 130 à 150 mots par minute, ce qui est le débit d'une lecture posée à voix haute. Ce n'est pas un chiffre d'Église, c'est un ordre de grandeur, et il est honnête.

Heure Moment Durée réelle Ce qu'on y dit
Office des lectures La nuit ou très tôt, mais permis à toute heure 10 à 15 min Trois psaumes, une lecture biblique longue, une lecture d'un Père de l'Église ou d'un saint, le Te Deum le dimanche et les jours de fête
Laudes Au matin, avant toute activité 10 à 12 min « Seigneur, ouvre mes lèvres », le psaume invitatoire, deux psaumes et un cantique de l'Ancien Testament, une lecture brève, le Benedictus, les intercessions et le Notre Père
Heure médiane (tierce, sexte ou none) 9 h, midi ou 15 h, une seule hors du chœur 4 à 5 min « Dieu, viens à mon aide », une hymne, trois psaumes ou sections de psaumes, une lecture brève, une oraison
Vêpres En fin d'après-midi, quand le jour baisse 6 à 7 min Une hymne, deux psaumes et un cantique du Nouveau Testament, une lecture brève, le Magnificat, les intercessions et le Notre Père
Complies Juste avant de dormir 4 à 5 min Un ou deux psaumes, une lecture brève, le répons « En tes mains, Seigneur », le cantique de Syméon, une antienne à la Vierge

Le total du cycle complet tombe entre 35 et 45 minutes par jour, et laudes plus vêpres, à elles deux, tiennent en moins de vingt minutes. C'est beaucoup moins que ce que la plupart des gens imaginent, et c'est la raison pour laquelle l'objection « je n'ai pas le temps » ne résiste pas longtemps à un chronomètre.

L'office des lectures

C'est l'héritier des matines, l'office de nuit. Le Concile a tranché son cas en une phrase : il garde « dans la célébration chorale, son caractère de louange nocturne », mais il est « adapté de telle sorte qu'il puisse être récité à n'importe quelle heure du jour », avec moins de psaumes et des lectures plus étendues (Sacrosanctum Concilium, n. 89 c). C'est donc le seul office qui n'a pas d'heure, et la Présentation générale le confirme au n. 57.

Son intérêt propre est la seconde lecture, prise chez les Pères de l'Église ou les auteurs spirituels. C'est la seule heure où l'Église vous fait lire autre chose que la Bible et ses prières, et c'est aussi la plus longue : notre relevé la donne entre 1 506 et 1 927 mots selon le jour, soit l'office dont la durée varie le plus.

Les laudes, prière du matin

Les laudes se disent au lever, et la raison n'est pas l'organisation de la journée mais la lumière. La Présentation générale explique que cette heure, dite « au moment où revient la nouvelle lumière du jour », évoque la résurrection du Christ, « le soleil levant qui vient d'en haut ». Elle cite saint Basile le Grand : il s'agit « de consacrer à Dieu les premiers mouvements de notre âme et de notre esprit, pour que nous n'entreprenions rien avant de nous être réjouis à la pensée de Dieu ». Le site du Service national le résume : les laudes sont « chantées avant toute activité ».

Aucun texte liturgique ne fixe d'horloge : ni le chapitre IV du Concile, ni la Présentation générale, ni les canons ne donnent d'heure en chiffres. Ce qu'ils demandent, c'est la cohérence avec le moment réel du jour. Le repère traditionnel que donnent les fiches diocésaines place les laudes vers six heures, parce que tierce veut dire « trois heures après le lever du soleil » et que le lever est conventionnellement fixé à six heures. Dans la pratique d'un laïc, les laudes se disent quand vous vous levez.

Tierce, sexte et none, ou l'heure médiane

Les trois petites heures correspondent à 9 h, midi et 15 h. Le Concile les a gardées au chœur et a tranché pour tous les autres : « Hors du chœur, il est permis de choisir une seule de ces trois Heures, la plus appropriée au moment de la journée » (n. 89 e). La Présentation générale va plus loin au n. 77 : « ceux qui n'acquittent pas les trois Heures doivent en célébrer au moins une, de façon à maintenir la tradition de prier dans la journée, au milieu du travail ».

C'est de là que vient le nom d'« heure médiane » : une heure unique, au milieu du jour, qui tient la place des trois. Le Service national le dit sans détour pour nous : « Les communautés apostoliques et les laïcs choisissent un seul de ces trois moments. » Quatre à cinq minutes, d'après notre relevé : c'est l'office le plus facile à glisser dans une journée de travail.

Les vêpres, prière du soir

Les vêpres sont la prière du soir de l'Église, et elles sont l'heure que les textes recommandent le plus explicitement aux fidèles. La Présentation générale les situe « dans la soirée, quand le jour baisse déjà, afin de rendre grâce pour ce qui, en ce jour, nous a été donné, ou pour ce que nous avons fait de bien ». Le Service national ajoute le repère concret : « en fin d'après-midi quand le jour baisse et que le travail du jour cesse ».

Leur sommet est le Magnificat, le cantique de Marie, que nous avons traité à part parce qu'il mérite sa page : le texte, les deux versions françaises qui circulent et ce que ses versets renversent. Ici, retenez seulement sa place : le Magnificat est au soir ce que le Benedictus est au matin.

Les complies, et pourquoi cette page s'arrête là

Les complies sont la dernière heure, celle qui suit les vêpres et clôt la journée. Elles comportent un ou deux psaumes, une lecture brève, le répons « En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit », le cantique de Syméon, puis une antienne à la Vierge Marie.

Nous ne les détaillons pas ici, parce qu'elles ont déjà leur page entière. Le psaume assigné à chacun des sept soirs, la structure complète de l'office, le texte du cantique de Syméon, les oraisons et l'examen de conscience du soir sont dans notre article sur la prière du soir et les Complies. Et l'antienne mariale par laquelle l'office se termine, avec la rotation des quatre antiennes selon le temps liturgique, est traitée dans notre page sur le Salve Regina.

Les 7 heures canoniales : ce que les textes disent, et ce qu'ils ne disent pas

C'est la question la plus posée sur ce sujet, sous trois formulations qui reviennent toutes au même : « Quelles sont les 7 heures canoniales ? », « Quelles sont les 7 heures de prière ? », « Quels sont les 7 offices religieux ? ». Elle mérite une réponse précise, parce que le chiffre sept est à la fois juste et trompeur.

Sept est le compte de l'office monastique. Le Service national en donne l'ordre : « Vigiles (ou Matines), Laudes, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies ». Cela fait sept noms, et c'est ce rythme que vivent les moines et les moniales.

Sept n'est plus le compte du bréviaire romain, et deux décisions du Concile expliquent pourquoi. La première est écrite au n. 89 d) de Sacrosanctum Concilium, et elle tient en six mots : « l'Heure de prime sera supprimée ». La seconde est au n. 89 e) : hors du chœur, une seule des trois petites heures. Le compte d'un laïc tombe donc à cinq : office des lectures, laudes, heure médiane, vêpres, complies.

Et voici ce que nos sources ne disent pas, parce que l'honnêteté vaut mieux qu'une liste qui fait joli. Aucun des textes qui font droit ne donne de liste de « sept heures canoniales ». Nous avons compté : le chapitre IV du Concile ne contient pas une seule fois le mot « sept », et la Présentation générale de la Liturgie des Heures ne l'emploie qu'une fois dans ses 288 numéros, à propos de sept cantiques du Nouveau Testament, un par jour de la semaine, pas de sept heures. Le chiffre a pourtant une racine dans l'Écriture, et c'est un verset du psautier lui-même : « Sept fois chaque jour, je te loue pour tes justes décisions » (psaume 118, 164, dans la traduction officielle liturgique).

Le psautier sur quatre semaines

Si vous ouvrez un bréviaire et que vous cherchez « le psaume du jour », vous ne le trouverez pas comme vous cherchez une date. Le psautier tourne sur quatre semaines, et c'est la mécanique qu'il faut comprendre avant tout le reste.

Le Concile a posé le principe : les psaumes « ne seront plus répartis sur une seule semaine, mais sur un laps de temps plus long » (n. 91). C'est la Présentation générale de la Liturgie des Heures qui donne le chiffre, au n. 126 : « Les psaumes sont répartis sur un cycle de quatre semaines. » Les quatre semaines s'appellent semaine I, II, III et IV, et c'est leur numéro, pas la date, qui vous dit où ouvrir.

Trois détails de ce cycle méritent d'être connus, parce qu'ils répondent à des questions que tout débutant se pose.

  • Le cycle repart à la semaine I quatre fois dans l'année : au premier dimanche de l'Avent, à la première semaine du Temps ordinaire, au premier dimanche de Carême et au dimanche de Pâques (n. 133). Les autres semaines sont au besoin sautées.
  • Trois psaumes sont absents du cycle, et ce n'est pas un oubli : les psaumes 57, 82 et 108, « où dominent les imprécations, sont omis dans le cycle du psautier » (n. 131). Le texte précise que ces omissions visent « à éviter une difficulté psychologique ».
  • Le psaume 118, le plus long du psautier, est étalé sur vingt-deux jours à l'heure médiane (n. 132), selon la division qui lui est propre.

Les psaumes se prient, ils ne se lisent pas

Voici la phrase qui change le plus de choses pour un débutant, et elle est dans la Présentation générale, au n. 103 : « Les psaumes ne sont pas des textes à lire, ni des prières en prose, mais des poèmes de louange. »

Le texte continue, et sa suite est aussi utile. Les psaumes « possèdent un caractère musical qui détermine la manière dont il convient de les chanter », et ce caractère commande la récitation « même si le psaume est dit sans être chanté, et même dans la solitude et en silence ». Au n. 104, il précise que celui qui psalmodie « parcourt les versets en les méditant l'un après l'autre ».

En pratique, cela veut dire une chose simple : ralentissez. Un psaume avalé en lecture rapide ne donne rien, et ce n'est pas un défaut de piété, c'est un contresens de genre littéraire. Le n. 105 prévoit d'ailleurs la difficulté la plus courante, celle du psaume qui ne s'adresse pas à Dieu mais au peuple, ou qui fait parler les ennemis de Dieu : les psaumes « ne s'adressent pas nécessairement à Dieu, mais ils sont chantés devant Dieu ». Si vous cherchez une autre manière de prier avec l'Écriture, plus lente encore et centrée sur un seul passage, la lectio divina est son voisin naturel, et c'est le Catéchisme lui-même qui fait le lien au n. 1177 : elle « est ainsi enracinée dans la célébration liturgique ».

Benedictus, Magnificat, Nunc dimittis : les trois cantiques de l'Évangile

Chacune des trois grandes heures porte en son centre un cantique pris dans l'Évangile de saint Luc, et c'est sans doute l'élément le plus élégant de l'édifice : la journée chrétienne est encadrée par trois cantiques, et chacun est dit par un personnage de l'enfance du Christ.

Cantique Heure Qui le dit Référence
Benedictus Laudes, le matin Zacharie, à la naissance de Jean Baptiste Luc 1, 68 à 79
Magnificat Vêpres, le soir Marie, à la Visitation Luc 1, 46 à 55
Nunc dimittis Complies, avant la nuit Syméon, au Temple Luc 2, 29 à 32

La Présentation générale les nomme ensemble au n. 138 et leur donne un rang qui surprend : les trois cantiques évangéliques « jouissent de la même solennité et dignité que les lectures tirées de l'Évangile ». Au n. 50, elle précise leur répartition, le Benedictus au matin, le Magnificat au soir, « maintenus par l'usage séculaire et populaire de l'Église romaine ».

Retenez le mouvement, il vous aidera à vous situer dans la journée. Le matin, Zacharie bénit Dieu pour une promesse qui commence. Le soir, Marie chante un renversement déjà commencé. Avant la nuit, Syméon demande à partir en paix parce qu'il a vu. Les trois versets ont été relus sur la traduction officielle liturgique avant d'être cités ici.

Qui est obligé, qui est invité

C'est ici que la plupart des pages se contentent d'une approximation, et c'est dommage, parce que le canon est court et clair.

L'obligation. Le canon 1174 § 1 dit que « sont astreints à l'obligation de la liturgie des heures les clercs selon le can. 276, § 2, n. 3 ; mais les membres des instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique y sont astreints selon leurs constitutions ». Le canon 276 § 2 n. 3, qu'il faut donc aller lire ensuite, distingue trois situations : les prêtres et les diacres qui aspirent au presbytérat sont tenus de s'acquitter « tous les jours » de la liturgie des heures ; les diacres permanents, seulement « de la partie fixée par la conférence des Évêques » ; et les religieux, selon leurs propres constitutions, pas selon le Code.

La nuance a son importance, et elle corrige une formule qui circule partout : « obligatoire pour les prêtres et les religieux » est trop large pour les diacres permanents et trop vague pour les religieux. La Présentation générale dit la même chose au n. 29 pour les prêtres, qui « s'acquitteront chaque jour de son cycle complet » et « veilleront à ne pas omettre sans raison grave » les laudes et les vêpres, puis au n. 30 pour les diacres permanents.

L'invitation. Pour tous les autres, le même canon enchaîne au § 2 : « Les autres fidèles aussi sont vivement invités, selon les circonstances, à participer à la liturgie des heures en tant qu'elle est une action de l'Église. » Et trois textes vont plus loin que l'invitation :

  • Sacrosanctum Concilium, n. 100 : « On recommande aux laïcs eux-mêmes la récitation de l'office divin, soit avec les prêtres, soit lorsqu'ils sont réunis entre eux, voire individuellement. »
  • Le Catéchisme de l'Église catholique, aux nn. 1174 et 1175 : la liturgie des heures est la prière publique de l'Église « dans laquelle les fidèles (clercs, religieux et laïcs) exercent le sacerdoce royal des baptisés », et elle « est destinée à devenir la prière de tout le Peuple de Dieu ».
  • La Présentation générale, n. 27 : les groupes de laïcs « sont également invités à accomplir l'office de l'Église », et la famille, « sanctuaire domestique de l'Église », est nommée explicitement. Le n. 32 ajoute : « On adresse la même exhortation aux laïcs. »

Autrement dit, la question « ai-je le droit » n'est pas la bonne. La réponse des textes, c'est qu'on vous attend.

Liturgie des heures du jour : où trouver le texte

Vous n'avez besoin d'acheter aucun livre pour commencer ce soir, et c'est utile de le savoir avant de dépenser cinquante euros.

L'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones, l'AELF, publie gratuitement l'office de chaque jour sur son site, heure par heure : office des lectures, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies, pour la date du jour et pour les dates suivantes. C'est la même traduction officielle que celle des livres imprimés, et c'est la source sur laquelle les durées de notre tableau ont été relevées. Des applications de bréviaire existent par ailleurs et reprennent ces textes ; elles ne changent rien au contenu, seulement au confort.

Le livre reste utile pour une raison précise, et une seule : un écran allumé dans une chambre à 22 h n'aide pas à prier, et un volume qui s'ouvre tout seul à la bonne page installe une habitude mieux qu'une application. Si vous achetez, regardez d'abord la semaine du psautier et le temps liturgique en cours, et prenez le tome correspondant plutôt que les quatre d'un coup.

Comment commencer quand on est laïc

Le piège, à ce stade, est de vouloir tout faire. Les textes eux-mêmes vous en dispensent, et ils indiquent même par quoi commencer.

Une seule heure. C'est le principe du n. 77 de la Présentation générale appliqué à votre vie : mieux vaut une heure dite chaque jour que cinq tentées une fois. Rien ne vous oblige au cycle complet, qui est le devoir des clercs, pas le vôtre.

Et si vous devez choisir, les textes désignent les vêpres. Les laudes et les vêpres sont « les deux pôles de l'office quotidien » et doivent être tenues pour « les heures principales » (Sacrosanctum Concilium, n. 89 a). Et quand le Concile parle de ce que les fidèles doivent trouver dans leur église, il nomme une heure et une seule : « surtout les vêpres » (n. 100). La Présentation générale ajoute au n. 127 que les psaumes du matin et du soir ont justement été choisis comme les plus appropriés à une célébration avec le peuple. Les vêpres durent six à sept minutes.

Respectez le moment, pas l'horloge. C'est ce que le canon 1175 appelle le temps vrai de chaque heure : « Dans l'accomplissement de la liturgie des heures, le temps vrai de chaque heure sera autant que possible observé. » Dire les complies à dix heures du matin n'a pas de sens ; dire les laudes à huit heures parce que vous vous levez à huit heures en a parfaitement.

Si une seule heure est encore trop, commencez par les complies et dites-les de mémoire. C'est l'office le plus court, quatre à cinq minutes d'après notre relevé, et son cycle de psaumes tient sur une seule semaine au lieu de quatre, donc vous le connaissez vite. Le détail est dans notre page sur la prière du soir. Et si vous cherchez d'abord à poser les prières de base avant d'ouvrir un office, notre liste des prières catholiques essentielles vous donne les textes que l'office suppose connus, à commencer par le Notre Père, qui se dit aux laudes comme aux vêpres.

Ce que nous ne vendons pas

Autant être franc, parce que cette page n'est pas là pour vous vendre quelque chose. Nous ne vendons ni bréviaire, ni psautier, ni livre d'office. Les textes dont parle cette page sont gratuits en ligne et le resteront, et nous ne vous ferons pas croire qu'un bijou aide à prier mieux. Il n'aide pas.

Ce qu'un objet fait, et c'est tout ce qu'il fait, c'est se rappeler à vous. Trois choses de notre catalogue se rattachent honnêtement à l'office, et pas davantage. La croix, parce que chaque heure s'ouvre par un signe de croix : nos bijoux croix en acier inoxydable ou en argent 925 ne font rien de plus que rendre ce geste présent dans la journée. Une médaille mariale, à mettre en regard du Magnificat du soir et de l'antienne qui ferme les complies : voyez la collection Vierge Marie. Une médaille de saint, enfin, parce que l'office suit le calendrier et que les jours de mémoire ont leurs textes propres : nos médailles de saints couvrent les patronages les plus demandés.

Questions fréquentes

Quelles sont les 7 heures canoniales ?

Le compte de sept est celui de l'office monastique, dont le Service national de la pastorale liturgique donne l'ordre : Vigiles (ou Matines), Laudes, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies. Dans le bréviaire romain d'aujourd'hui, elles sont cinq, parce que le Concile a supprimé l'heure de prime (Sacrosanctum Concilium, n. 89 d) et permis, hors du chœur, de ne retenir qu'une seule des trois petites heures (n. 89 e) : office des lectures, laudes, heure médiane, vêpres, complies. Aucun des textes qui font droit ne donne de liste intitulée « sept heures canoniales » ; le chiffre vient du psaume 118, au verset 164 : « Sept fois chaque jour, je te loue pour tes justes décisions. »

Quelle heure sont les laudes ?

Au lever, avant toute activité. Aucun texte liturgique ne donne d'horaire en chiffres : ni le chapitre IV du Concile, ni la Présentation générale, ni les canons. Ce qu'ils demandent, c'est le lien avec le moment réel du jour, et la Présentation générale explique que les laudes se disent « au moment où revient la nouvelle lumière du jour » parce qu'elles évoquent la résurrection du Christ. Le repère traditionnel que donnent les fiches diocésaines est six heures, par cohérence avec tierce, « trois heures après le lever du soleil ». Pour un laïc, la bonne heure est l'heure de votre réveil.

Quelle heure sont les vêpres ?

En fin d'après-midi, quand le jour baisse et que le travail du jour cesse. La Présentation générale les situe « dans la soirée, quand le jour baisse déjà », et le repère monastique usuel est dix-huit heures. Le principe qui tranche est celui du canon 1175, « le temps vrai de chaque heure sera autant que possible observé » : des vêpres dites à 17 h 30 ou à 19 h sont à leur place, des vêpres dites à 22 h ne le sont plus, car à cette heure l'office du jour est celui des complies.

Comment se passent les vêpres ?

L'office s'ouvre par le verset « Dieu, viens à mon aide. Seigneur, à notre secours », suivi du Gloire au Père. Vient ensuite une hymne, qui donne la couleur de l'heure ou de la fête. Puis la psalmodie : deux psaumes et un cantique tiré du Nouveau Testament, chacun encadré de son antienne. Après la psalmodie, une lecture brève de l'Écriture et son répons. Le sommet de l'office est le Magnificat, le cantique de Marie, dit avec son antienne propre au jour. Suivent les intercessions, le Notre Père, l'oraison de conclusion et la bénédiction. Comptez six à sept minutes à voix haute.

Quelle est la différence entre le bréviaire et le missel ?

Ce sont deux livres pour deux choses différentes. Le missel sert la messe : il contient les prières du prêtre et le déroulé de la célébration eucharistique. Le bréviaire sert l'office : il contient les psaumes, les hymnes, les lectures brèves et les oraisons des heures de la journée, hors messe. Les deux se complètent, et le Catéchisme dit au n. 1178 que la liturgie des heures est « comme un prolongement de la célébration eucharistique ». Nous avons détaillé le premier dans notre article sur ce qu'est un missel.

Comment utiliser le bréviaire catholique ?

Trois repères suffisent pour ne pas se perdre. Un, repérez le temps liturgique en cours, qui vous donne le volume à prendre si vous avez l'édition en quatre tomes. Deux, repérez la semaine du psautier, de I à IV : c'est elle, et non la date, qui commande les psaumes du jour, et elle repart à la semaine I au premier dimanche de l'Avent, à la première semaine du Temps ordinaire, au premier dimanche de Carême et au dimanche de Pâques. Trois, vérifiez s'il y a un propre du jour, pour un dimanche, une solennité, une fête ou la mémoire d'un saint, qui remplace certains éléments du psautier. Pour débuter, le plus simple est d'ouvrir l'office du jour servi par l'AELF, qui fait ces trois opérations à votre place, et de passer au livre quand la mécanique est devenue familière.

Citées en clair, sans lien, par respect du plafond de cinq sources liées. L'AELF, pour l'office de chaque jour servi gratuitement sur son site, pour la composition des quatre tomes de La Liturgie des Heures et du volume unique Prière du temps présent donnée sur sa page de publications, et pour les textes bibliques de cette page, relus un par un sur la traduction officielle liturgique : le psaume 118 au verset 164, le Benedictus en Luc 1, 68 à 79, le Magnificat en Luc 1, 46 à 55 et le cantique de Syméon en Luc 2, 29 à 32. Le Code de droit canonique au canon 276 § 2 n. 3, sur la page voisine de celle liée ci-dessus. Le glossaire de l'Église catholique en France, à l'entrée « Bréviaire », pour la définition du livre, le titre « Prière du temps présent » et les éditions destinées aux laïcs. La fiche de catéchèse du diocèse de Lille, « Bréviaire, Liturgie des heures », pour l'étymologie de breviarium, l'histoire du livre portatif à partir du IXe siècle, les horaires traditionnels des heures monastiques et la différence de volumes entre le bréviaire et la Prière du temps présent. Et la notice « L'Office divin selon Sacrosanctum Concilium » du même Service national, pour l'édition latine de 1971 et l'édition française de 1980 en quatre volumes.

Nous ne vendons pas de bréviaire

Les textes de l'office sont gratuits, et ils le resteront : l'AELF les publie chaque jour. Nous ne vendons ni livre d'office ni psautier. Ce que nous faisons, ce sont des croix et des médailles en acier inoxydable qui ne noircit pas ou en argent 925, livrées en écrin.

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