Examen de conscience : la trame avant la confession

Mis à jour le 28 min de lecture

examen de conscience
Sommaire
  1. Examen de conscience : c'est quoi, et ce que ce n'est pas
  2. La trame courte : dix questions, cinq minutes
  3. Les deux voies classiques, selon le Catéchisme
  4. Les sept péchés capitaux : une grille réelle, mais pas celle de l'examen
  5. L'examen selon son état de vie
  6. Péché mortel ou véniel : les trois conditions, et le numéro exact
  7. Quand on ne trouve rien à dire
  8. Faut-il tout noter, et que faire du papier
  9. Les trames diocésaines ne sont pas le Magistère
  10. L'examen du soir n'est pas celui de la confession
  11. Un signe, et rien d'obligatoire
  12. Questions fréquentes
  13. Ce que vous emportez au confessionnal
  14. Sources

En bref

  • L'examen de conscience est une relecture de sa vie devant Dieu, pas un bilan psychologique. Le Catéchisme le demande « fait à la lumière de la Parole de Dieu » (n. 1454).
  • Le Catéchisme nomme deux voies, et deux seulement : le Décalogue et la catéchèse morale des Évangiles et des lettres apostoliques (n. 1454). Les sept péchés capitaux sont une grille réelle (n. 1866), mais le Catéchisme ne les assigne pas à l'examen.
  • Trois conditions sont requises ensemble pour un péché mortel : une matière grave, la pleine conscience et le propos délibéré (n. 1857). Si l'une manque, le péché est véniel (n. 1862).
  • Ne rien trouver n'est pas un échec : la confession des fautes quotidiennes n'est pas « strictement nécessaire », elle est « vivement recommandée » (n. 1458). L'examen n'a pas de quota.
  • La trame courte de cette page tient en dix questions et cinq minutes. Le déroulé du sacrement, la phrase d'entrée et le secret sont dans notre article comment se confesser.

Vous avez décidé d'aller vous confesser et vous avez peur d'oublier la moitié de ce que vous voulez dire ? Vous craignez l'inverse, de vous asseoir et de ne rien trouver, parce que votre vie vous paraît banale ? Vous avez ouvert un de ces documents à cocher qui circulent en PDF, soixante lignes de « j'ai manqué à », et vous l'avez refermé avant la fin ?

Voici une trame courte, dix questions, cinq minutes, et la raison de chacune. Chaque ligne de cette page est adossée soit à un numéro du Catéchisme que nous citons, soit à un document d'Église que nous nommons. Vous saurez aussi ce que le Catéchisme demande vraiment pour préparer une confession, ce qu'il ne demande pas, et où s'arrête l'autorité des longues listes que l'on trouve en ligne.

Et le plus utile d'abord : la liste n'est pas une fin. Une trame qu'on ouvre et qu'on termine vaut mieux qu'un catalogue de cent items qu'on abandonne à la douzième ligne. Le Catéchisme ne vous demande pas l'exhaustivité, il vous demande d'y regarder sérieusement.

Examen de conscience : c'est quoi, et ce que ce n'est pas

Le mot fait penser à un contrôle. Le texte qui le prescrit dit autre chose.

Le Catéchisme le définit en une phrase, au numéro 1454 : « Il convient de préparer la réception de ce sacrement par un examen de conscience fait à la lumière de la Parole de Dieu. Les textes les plus adaptés à cet effet sont à chercher dans le Décalogue et dans la catéchèse morale des Évangiles et des lettres apostoliques : Sermon sur la montagne, les enseignements apostoliques. » C'est le Catéchisme de l'Église catholique, dans sa section sur les actes du pénitent.

Trois mots de cette phrase décident de tout.

« Il convient » n'est pas « vous devez ». L'examen est la préparation normale du sacrement, ce n'est pas une condition de validité. Personne ne vous refusera l'absolution parce que vous êtes entré sans trame.

« À la lumière de la Parole de Dieu » déplace le point de vue. C'est la différence de nature avec un bilan psychologique, et elle n'est pas une nuance de vocabulaire. Un bilan cherche des causes : pourquoi je suis comme ça, d'où ça vient, qui en est responsable. L'examen de conscience ne cherche pas de cause, il regarde ce qui s'est passé et le met devant quelqu'un. Si vous voulez prendre le texte avant de regarder votre semaine, notre guide de la lectio divina explique comment lire un passage lentement sans en faire une étude.

« Les textes les plus adaptés » veut dire qu'il y en a plusieurs. Le Catéchisme ne publie aucune liste de péchés à cocher. Il indique où chercher, et c'est tout.

Le service national de la catéchèse et du catéchuménat, en présentant l'aide-mémoire de confession du diocèse de Nanterre, rappelle la même priorité en citant le Rituel du sacrement de la pénitence et de la réconciliation : la Parole de Dieu « éclaire le croyant pour lui faire discerner ses péchés, l'invite à la conversion et à la confiance en la miséricorde divine » (Rituel n. 29). Le sacrement dont il s'agit porte d'ailleurs un nom officiel que peu de gens emploient, pénitence et réconciliation : nous le replaçons parmi les autres dans notre article sur les 7 sacrements de l'Église catholique.

La trame courte : dix questions, cinq minutes

Voici la trame que nous utiliserions nous-mêmes avant d'entrer. Elle suit l'ordre du Décalogue, qui est la première des deux voies du numéro 1454, et elle se termine par deux questions que les grilles classiques placent à la fin.

La consigne d'usage est simple : une question, une respiration, on passe. Si rien ne vient sur une ligne, c'est une réponse, pas un trou à combler.

Le point La question à se poser D'où elle vient
1. La place de Dieu Est-ce que Dieu a eu une place réelle dans mes journées, ou seulement une place déclarée ? 1er commandement
2. La prière et la messe Ai-je prié ? Ai-je manqué la messe du dimanche sans raison sérieuse ? 3e commandement
3. Ma façon de parler de Dieu Ai-je parlé de Dieu, de la foi ou de l'Église avec mépris, par facilité ou pour faire rire ? 2e commandement
4. Les miens Comment me suis-je comporté avec mes parents, mon conjoint, mes enfants ? Qu'ai-je laissé s'installer ? 4e commandement
5. La colère et le pardon Ai-je gardé de la rancune, du mépris, un désir de revanche ? À qui ai-je refusé de pardonner, ou de demander pardon ? 5e commandement
6. La pureté Dans mes actes, mes regards, mes écrans : qu'est-ce que je sais ne pas tenir ? 6e et 9e commandements
7. L'argent et l'honnêteté Ai-je pris, gardé, ou fait payer à d'autres quelque chose qui ne m'appartenait pas ? Ai-je réparé ? 7e et 10e commandements
8. Ma parole sur les autres Qu'ai-je dit d'absent en son absence ? Qu'ai-je laissé croire de faux ? 8e commandement
9. Ma place Qu'est-ce que mon état de vie, mon travail, mes responsabilités demandaient, et que je n'ai pas fait ? Les devoirs d'état des trames publiées
10. Ce qui n'a pas été fait Qui avait besoin de moi et ne m'a pas trouvé ? Les péchés par omission, n. 1852

Si vous ne retenez que deux lignes de ce tableau, retenez la 9 et la 10. Ce sont les deux que les listes à cocher servent mal, parce qu'elles sont les seules qu'une liste générique ne peut pas écrire pour vous : personne ne connaît votre place à part vous.

Le Catéchisme classe en effet les péchés, au numéro 1852, « en pensée, en parole, par action ou par omission ». L'omission n'est pas une catégorie de confort ajoutée par les manuels, elle est dans le texte, et c'est souvent la seule case où quelque chose se présente quand on a l'impression de n'avoir rien à dire.

Les deux voies classiques, selon le Catéchisme

Les grilles publiées en ligne annoncent trois ou quatre voies pour faire son examen. Le numéro 1454 n'en nomme que deux. Les voici, dans l'ordre où il les donne.

Par les dix commandements

C'est la voie la plus utilisée, et c'est celle que le Catéchisme nomme en premier. Il publie lui-même les dix commandements dans un tableau à trois colonnes, Exode 20, Deutéronome 5, et une formule catéchétique reprise du Catechismus Catholicus du cardinal Gasparri (Vatican, 1933). C'est cette troisième colonne, rimée pour être retenue, qui sert dans la plupart des paroisses.

  1. Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement.
  2. Son saint nom tu respecteras, fuyant blasphème et faux serment.
  3. Le jour du Seigneur garderas, en servant Dieu dévotement.
  4. Tes père et mère honoreras, tes supérieurs pareillement.
  5. Meurtre et scandale éviteras, haine et colère pareillement.
  6. La pureté observeras en tes actes soigneusement.
  7. Le bien d'autrui tu ne prendras, ni retiendras injustement.
  8. La médisance banniras et le mensonge également.
  9. En pensées, désirs veilleras à rester pur entièrement.
  10. Bien d'autrui ne convoiteras pour l'avoir malhonnêtement.

La coupure utile est au quatrième. Le Catéchisme l'écrit au numéro 2067 : « Les trois premiers se rapportent davantage à l'amour de Dieu, et les sept autres à l'amour du prochain. » Concrètement, si vous êtes pressé, faites les trois premiers d'un bloc et prenez votre temps sur les sept suivants, où se passe l'essentiel de la vie ordinaire. Pour le Décalogue comme socle de la vie chrétienne, et non comme grille d'examen, voyez notre article sur comment devenir un bon chrétien.

Par le Sermon sur la montagne et les lettres apostoliques

C'est la seconde voie du numéro 1454, et elle est presque toujours oubliée par les grilles. Le Catéchisme renvoie à « la catéchèse morale des Évangiles et des lettres apostoliques », et il donne les références : le Sermon sur la montagne, puis les épîtres aux Romains (chapitres 12 à 15), la première aux Corinthiens (chapitres 12 et 13), aux Galates (chapitre 5) et aux Éphésiens (chapitres 4 à 6).

Cette voie ne produit pas une liste, elle produit une lecture. On prend un de ces passages, on le lit lentement, et on laisse venir ce qui ne correspond pas. C'est plus lent que de cocher, et c'est ce que le Catéchisme nomme le premier quand il dit « à la lumière de la Parole de Dieu ».

Elle convient particulièrement à deux situations : quand les dix commandements ne donnent rien parce qu'on n'a rien tué, rien volé et rien juré, et quand on est revenu trop souvent sur les mêmes trois lignes d'une grille et qu'elles ne disent plus rien.

Les sept péchés capitaux : une grille réelle, mais pas celle de l'examen

C'est la troisième voie que tout le monde utilise, et il faut dire exactement ce qu'elle vaut.

Les sept sont bien dans le Catéchisme, nommés, au numéro 1866. Le texte de la section sur la prolifération du péché les énumère ainsi : « l'orgueil, l'avarice, l'envie, la colère, l'impureté, la gourmandise, la paresse ou acédie ». Il précise qu'ils sont dits capitaux « parce qu'ils sont générateurs d'autres péchés, d'autres vices », et qu'ils ont été distingués « à la suite de S. Jean Cassien et de S. Grégoire le Grand ».

Mais ce numéro ne parle pas de l'examen de conscience. Il classe les vices, et il propose même de les ranger « d'après les vertus qu'ils contrarient », ce qui est l'autre entrée possible. Le numéro qui prescrit l'examen, lui, c'est le 1454, et il ne nomme pas les sept : il nomme le Décalogue et la catéchèse morale du Nouveau Testament. Pour la liste des vertus auxquelles ces vices s'opposent, quatre cardinales et trois théologales, voyez là encore comment devenir un bon chrétien.

Deux conséquences pratiques, et aucune n'est un interdit.

D'abord, la grille des sept reste parfaitement utilisable. Les paroisses la publient, elle est courte, elle attrape ce que le Décalogue manque (la jalousie, la vanité, l'attachement à l'argent, la paresse devant son devoir), et elle fonctionne bien sur une vie sans faute spectaculaire.

Ensuite, les listes ne se recopient pas l'une l'autre. Là où le Catéchisme dit « impureté », les grilles diocésaines écrivent presque toutes « luxure », et là où il dit « paresse ou acédie », elles disent « paresse » seule. Ce ne sont pas des erreurs, c'est un vocabulaire d'usage plus ancien, et cela suffit à montrer qu'aucune des listes en circulation n'est le texte officiel.

L'examen selon son état de vie

C'est l'axe le plus fécond de tous, et c'est celui que les listes génériques ne peuvent pas écrire à votre place.

Disons tout de suite ce qu'il est et ce qu'il n'est pas. L'expression « devoirs d'état » ne figure pas dans le Catéchisme de l'Église catholique. Elle vient des guides publiés, et notamment de l'examen de conscience pour adultes diffusé par l'association Notre-Dame de Chrétienté, qui lui consacre une rubrique entière en quatre points : devoirs de chrétien, devoirs dans la famille, devoirs dans la profession, devoirs dans la cité. Ce n'est donc pas une catégorie du Magistère, c'est une catégorie d'usage, et une bonne.

Le Catéchisme en approche pourtant l'idée par un autre bout. Au numéro 1460, il demande que la pénitence donnée par le confesseur « tienne compte de la situation personnelle du pénitent » et cherche « son bien spirituel ». La singularité de chacun est donc prise au sérieux par le texte, mais à la fin du sacrement, du côté du prêtre, et non au début, du côté de votre préparation.

En pratique, posez-vous la seule question que personne ne peut poser pour vous : qu'est-ce que ma place demandait cette semaine ? Un parent de jeunes enfants, un soignant de nuit, un chef d'équipe, un étudiant seul en studio et une veuve de quatre-vingts ans ne pèchent pas sur les mêmes lignes, et une grille unique les traite comme s'ils vivaient la même vie. C'est là que l'examen cesse d'être un formulaire.

Péché mortel ou véniel : les trois conditions, et le numéro exact

C'est la distinction qui inquiète le plus, souvent parce qu'on en a entendu une version durcie. Le texte, lui, est précis et il est court.

Le Catéchisme pose les trois conditions au numéro 1857, et il insiste sur le fait qu'elles vont ensemble : « Pour qu'un péché soit mortel trois conditions sont ensemble requises : "Est péché mortel tout péché qui a pour objet une matière grave, et qui est commis en pleine conscience et de propos délibéré". » La formule entre guillemets est reprise de l'exhortation Reconciliatio et paenitentia de Jean-Paul II, au numéro 17. Le même passage du Catéchisme détaille ensuite chacune des trois.

La matière grave est « précisée par les Dix commandements » au numéro 1858, qui ajoute aussitôt que « la gravité des péchés est plus ou moins grande : un meurtre est plus grave qu'un vol », et que la qualité de la personne lésée compte aussi.

La pleine conscience et le consentement sont repris au numéro 1859, dans d'autres mots : « Le péché mortel requiert pleine connaissance et entier consentement. » Le texte précise qu'il faut connaître « le caractère peccamineux de l'acte » et avoir donné « un consentement suffisamment délibéré pour être un choix personnel ».

Le numéro 1862 referme la définition par l'autre bout : on commet un péché véniel « quand on n'observe pas dans une matière légère la mesure prescrite par la loi morale, ou bien quand on désobéit à la loi morale en matière grave, mais sans pleine connaissance ou sans entier consentement ».

Et voici le point que presque personne ne sert, et qui change la lecture de toute la trame. Dans son « En bref » des dix commandements, au numéro 2081, le Catéchisme écrit : « Les dix commandements énoncent, en leur contenu fondamental, des obligations graves. Cependant, l'obéissance à ces préceptes implique aussi des obligations dont la matière est, en elle-même, légère. » Autrement dit, parcourir les dix commandements ne produit pas dix péchés mortels. Le même En bref du Décalogue se termine sur une phrase de sept mots qu'il vaut la peine d'emporter au confessionnal, au numéro 2082 : « Ce que Dieu commande, Il le rend possible par sa grâce. »

Deux garde-fous, dans les deux sens, pour ne pas sortir de là avec une idée fausse.

Contre l'angoisse, le numéro 1861 : « si nous pouvons juger qu'un acte est en soi une faute grave, nous devons confier le jugement sur les personnes à la justice et à la miséricorde de Dieu ». Vous êtes autorisé à qualifier un acte. Vous n'êtes pas chargé de rendre un verdict sur vous-même, et c'est précisément pour cela qu'on va voir un prêtre.

Contre la banalisation, le numéro 1863 et la phrase de saint Augustin que le Catéchisme y cite : « ces péchés que nous disons légers, ne les tiens pas pour anodins : si tu les tiens pour anodins quand tu les pèses, tremble quand tu les comptes. Nombre d'objets légers font une grande masse ; nombre de gouttes emplissent un fleuve. » Le véniel ne rompt pas l'alliance, dit le même numéro, mais « délibéré et resté sans repentance », il dispose peu à peu au péché mortel.

Si vous cherchez la formulation la plus simple de cette distinction, le glossaire de l'Église catholique en France la donne en trois lignes à l'entrée « Péché » : pour le mortel, « outre la gravité de la matière, il faut la pleine connaissance de cause et une réelle volonté de le commettre » ; pour le véniel, le mot signifie « pardonnables », et « un acte de charité, un véritable regret, obtiennent le pardon de ces péchés ».

Quand on ne trouve rien à dire

C'est la crainte la plus répandue chez ceux qui se confessent régulièrement, et la réponse de l'Église est nette : ce n'est pas un problème.

Le Catéchisme traite le cas de front au numéro 1458 : « Sans être strictement nécessaire, la confession des fautes quotidiennes (péchés véniels) est néanmoins vivement recommandée par l'Église. » Les deux moitiés de la phrase comptent autant l'une que l'autre. Vous n'êtes pas tenu de venir avec quelque chose de grave, et venir sans rien de grave est encouragé.

Le même numéro dit à quoi ça sert, et ce n'est pas au soulagement : « la confession régulière de nos péchés véniels nous aide à former notre conscience, à lutter contre nos penchants mauvais, à nous laisser guérir par le Christ, à progresser dans la vie de l'Esprit ». Former sa conscience est un travail d'années, pas un acte ponctuel, et c'est l'argument le plus solide pour y retourner quand on a l'impression de n'avoir rien de neuf.

Trois gestes concrets, quand l'examen ne donne rien.

Passez de l'action à l'omission. La question 10 de la trame plus haut est faite pour ça. On trouve rarement un vol, on trouve souvent quelqu'un qu'on a laissé tomber.

Changez de voie. Si les dix commandements ne rendent rien, prenez un passage de la seconde voie du numéro 1454. Un chapitre de la lettre aux Éphésiens dit sur la parole, la colère et le travail des choses qu'une liste de péchés ne formule pas.

Et dites-le au prêtre. « Je ne trouve pas grand-chose » est une entrée en matière parfaitement recevable, et c'est même une information utile pour lui. Le Catéchisme cite au numéro 1456 une phrase de saint Jérôme qui résume la logique du sacrement : « si le malade rougit de découvrir sa plaie au médecin, la médecine ne soigne pas ce qu'elle ignore ». Un médecin à qui on ne cache rien, y compris le fait de se sentir en bonne santé, travaille mieux.

Si vous voulez un cadre pour cette relecture en dehors de la confession, reparcourir ses heures devant le Saint-Sacrement est une des choses les plus naturelles à y faire, et nous en donnons le déroulé dans notre article sur l'adoration eucharistique.

Faut-il tout noter, et que faire du papier

La question revient à chaque fois, et elle a deux réponses distinctes qu'on mélange souvent : ce que l'Église demande, et ce que vous avez le droit de faire.

Ce que l'Église demande, c'est le sérieux de l'examen, pas sa trace écrite. Le Catéchisme, au numéro 1456, reprend le Concile de Trente : « Les pénitents doivent, dans la confession, énumérer tous les péchés mortels dont ils ont conscience après s'être examinés sérieusement. » Le mot qui porte l'exigence est « sérieusement », et il porte sur l'examen, pas sur un support. Ni le numéro 1454 ni le numéro 1456 ne disent quoi que ce soit d'une note écrite, dans un sens ni dans l'autre.

Donc oui, vous pouvez entrer avec un papier. Des prêtres le recommandent même aux personnes qui reviennent après longtemps, parce que la gêne fait oublier. Et non, ce n'est pas requis : notre article sur comment se confesser le dit en une ligne, il n'y a rien à préparer par écrit et aucune formule à mémoriser.

Sur le papier lui-même, une remarque utile, et elle vient d'un document d'Église. Le petit guide pour l'examen de conscience publié sur le site de l'Église catholique de Corse ouvre sur ce rappel : le prêtre qui confesse est tenu au secret absolu, et « il est conseillé au fidèle qui se confesse de se tenir au même secret ». Votre feuille relève donc du même soin que le reste : elle ne traîne pas sur une table, et une fois la confession faite, elle a fini son travail.

Quant au PDF que beaucoup cherchent, il existe, et il est rarement celui qu'on croit. Ce sont des documents de paroisses et de diocèses, pas un formulaire national : nous en citons deux plus bas, avec le nom de qui les publie. La formule que l'on dit en entrant et la prière de regret, elles, ne sont pas dans ces trames : elles sont dans comment se confesser et dans notre page sur l'acte de contrition, où nous donnons les textes avec leur source.

Les trames diocésaines ne sont pas le Magistère

Les deux documents les mieux classés sur cette recherche sont des PDF de paroisse. Ils sont bons, et il faut savoir ce qu'ils sont.

Le premier est hébergé par l'Église catholique de Corse et signé par une paroisse. Il s'intitule « Confession des péchés et sacrement du pardon, petit guide personnel et privé pour un examen de conscience », et il porte en bas de page la mention « Paroisse Saint-Roch, Ajaccio, Carême 2018 ». Nous l'avons compté ligne par ligne : 67 lignes à cocher, réparties en six rubriques (les commandements de Dieu, les commandements de l'Église, les vertus théologales, les vertus cardinales, les péchés capitaux, et les confessions et communions précédentes). Il est précis et il est long.

Le second est publié par l'association Notre-Dame de Chrétienté, qui organise le pèlerinage de Chartres. Son « examen de conscience pour adultes » fait 1 378 mots, en prose, et il s'organise en quatre rubriques : les commandements de Dieu, les commandements de l'Église, les devoirs d'état, et la maîtrise de son tempérament, qui est la rubrique des sept péchés capitaux.

Deux choses à en tirer, sans rien enlever à leur qualité.

Ce sont des outils pastoraux, pas des textes qui obligent. Une paroisse, un diocèse, une association de fidèles, un mouvement : chacun publie sa trame, et c'est pourquoi on cherche en ligne des variantes par communauté. Aucune de ces trames n'engage l'Église comme le fait le Catéchisme, et aucune ne prétend le faire.

Et leur longueur est leur limite. Soixante-sept lignes à cocher, c'est un très bon document pour un examen annuel, fait assis, un dimanche de Carême. C'est un très mauvais document pour les dix minutes que vous avez réellement avant une permanence du samedi après-midi, et c'est à ce moment-là que la plupart des gens le téléchargent. Le Carême et l'Avent sont d'ailleurs les deux périodes où les paroisses ouvrent le plus de créneaux, comme nous le détaillons dans notre article sur le Carême.

L'examen du soir n'est pas celui de la confession

Les deux portent le même nom et ils ne font pas la même chose. Il vaut mieux ne pas les confondre, parce que le premier est quotidien et le second est occasionnel.

L'examen du soir est un exercice de prière, sans rapport obligé avec le sacrement. La liturgie le place à l'ouverture des Complies et ne l'impose pas : elle dit qu'« il est louable » de le faire. Il n'y a pas d'aveu, pas d'absolution, et pas de liste. Nous en donnons la place exacte et le déroulé dans notre article sur la prière du soir.

La version la plus structurée de cet examen quotidien est ignatienne, en cinq points, et elle commence par rendre grâce avant de regarder les manques. Nous en donnons les cinq points avec leur référence dans notre article sur saint Ignace de Loyola et le discernement.

Si vous tenez l'examen du soir, l'examen avant la confession devient très court : vous avez déjà regardé vos journées une par une, il ne reste qu'à rassembler. C'est l'argument le plus concret pour s'y mettre.

Un signe, et rien d'obligatoire

Autant le dire franchement : un examen de conscience ne demande aucun objet. Il demande cinq minutes, et au plus un bout de papier. Nous n'avons rien à vous vendre pour cette page, et ce serait malhonnête de prétendre le contraire.

Il reste un usage réel, et il arrive après. Beaucoup de ceux qui franchissent la porte après des années gardent ensuite un signe de la date : une croix, une médaille, un objet qui n'ajoute rien au pardon reçu mais qui rappelle le jour. Si c'est votre cas, ou si vous accompagnez quelqu'un qui en est là, nos bijoux croix et nos colliers croix sont en acier inoxydable, une matière qui ne noircit pas et qui supporte l'eau et le quotidien, livrés dans un écrin.

Et quand la confession prépare un sacrement, c'est l'occasion-cadeau la plus classique : une médaille de saint ou un bijou de confirmation marque la date pour celui qui la reçoit.

Questions fréquentes

Comment faire son examen de conscience avant la confession ?

Prenez cinq à dix minutes dans un endroit calme, si possible avec un passage d'Évangile sous les yeux, et parcourez une trame courte plutôt qu'une longue liste. Le Catéchisme indique deux voies au numéro 1454 : les dix commandements, ou la catéchèse morale des Évangiles et des lettres apostoliques (Sermon sur la montagne, Romains 12 à 15, 1 Corinthiens 12 et 13, Galates 5, Éphésiens 4 à 6). La trame en dix questions de cette page suit la première. Terminez toujours par les deux questions que les listes génériques ne peuvent pas poser à votre place : ce que votre état de vie demandait et que vous n'avez pas fait, et qui avait besoin de vous sans vous trouver.

C'est quoi l'examen de conscience ?

C'est la relecture de sa vie devant Dieu qui prépare la confession. Le Catéchisme le définit au numéro 1454 comme un examen « fait à la lumière de la Parole de Dieu », et il précise où chercher les textes pour le soutenir. Ce n'est ni un bilan psychologique, qui cherche des causes, ni un contrôle à réussir : le numéro 1861 rappelle qu'on peut juger qu'un acte est une faute grave, mais que le jugement sur les personnes est confié « à la justice et à la miséricorde de Dieu ». Il existe aussi un examen de conscience du soir, quotidien, qui est un exercice de prière et non une préparation au sacrement.

Quels sont les 7 péchés chrétiens ?

Il s'agit des sept péchés capitaux, et le Catéchisme les nomme au numéro 1866 : l'orgueil, l'avarice, l'envie, la colère, l'impureté, la gourmandise, la paresse ou acédie. Ils sont dits capitaux « parce qu'ils sont générateurs d'autres péchés, d'autres vices », et la tradition les a distingués à la suite de saint Jean Cassien et de saint Grégoire le Grand. Beaucoup de grilles écrivent « luxure » là où le Catéchisme écrit « impureté » : c'est le même vice sous un vocabulaire plus ancien. Attention toutefois, le numéro qui prescrit l'examen de conscience est le 1454, et il ne renvoie pas aux sept capitaux mais au Décalogue et au Nouveau Testament.

Quels sont les péchés véniels ?

Le Catéchisme ne donne pas de liste, il donne un critère, au numéro 1862 : il y a péché véniel quand on n'observe pas « dans une matière légère » la mesure prescrite par la loi morale, ou bien quand on désobéit en matière grave « mais sans pleine connaissance ou sans entier consentement ». Le même texte, au numéro 1863, précise que le véniel « ne rompt pas l'Alliance avec Dieu » et qu'il est « humainement réparable avec la grâce de Dieu ». Un point rarement cité éclaire la pratique : au numéro 2081, le Catéchisme écrit que l'obéissance aux dix commandements implique aussi « des obligations dont la matière est, en elle-même, légère ». Parcourir le Décalogue ne produit donc pas dix péchés graves.

Quels sont les péchés qui empêchent de communier ?

Les péchés mortels, et eux seuls. Le Catéchisme l'écrit au numéro 1457 : « Celui qui a conscience d'avoir commis un péché mortel ne doit pas recevoir la Sainte Communion, même s'il éprouve une grande contrition, sans avoir préalablement reçu l'absolution sacramentelle », sauf motif grave et impossibilité d'accéder à un confesseur. Trois conditions doivent être réunies ensemble pour qu'un péché soit mortel, selon le numéro 1857 : une matière grave, la pleine conscience et le propos délibéré. Les péchés véniels, eux, n'empêchent pas la communion : leur confession est « vivement recommandée » sans être « strictement nécessaire » (n. 1458).

Où puis-je trouver un PDF de la formule de confession catholique ?

Ces documents existent, mais ce sont des publications de paroisses et de diocèses, pas un formulaire officiel unique. Le mieux classé sur cette recherche est le petit guide pour l'examen de conscience hébergé par l'Église catholique de Corse, signé par la paroisse Saint-Roch d'Ajaccio pour le Carême 2018, dont nous donnons le lien dans nos sources : 67 lignes à cocher en six rubriques. L'association Notre-Dame de Chrétienté en publie un autre, de 1 378 mots, avec une rubrique sur les devoirs d'état. Pour la formule que l'on prononce en entrant et pour la prière de regret, voyez plutôt nos articles sur comment se confesser et sur l'acte de contrition, où chaque texte est donné avec la source qui le sert.

Ce que vous emportez au confessionnal

Vous arriviez avec deux craintes : oublier, et ne rien trouver. Vous avez pour la première une trame de dix questions tenable en cinq minutes, et pour la seconde la phrase du numéro 1458, qui dit que venir sans rien de grave est vivement recommandé. Vous savez aussi que les trois conditions du péché mortel vont ensemble, et qu'un parcours du Décalogue ne produit pas dix fautes graves.

Il ne reste qu'à y aller. Prenez les dix questions, arrêtez-vous là où quelque chose se présente, et laissez le reste au prêtre : c'est son métier. Et si vous voulez garder une trace du jour où vous êtes revenu, ou l'offrir à quelqu'un qui vient de franchir la porte, découvrez nos bijoux croix en acier inoxydable, livrés dans un écrin.

Sources

Cités en clair, sans lien, le plafond du standard étant de cinq liens d'autorité dans le corps : le Catéchisme de l'Église catholique pour le tableau des dix commandements à trois colonnes (Exode 20, Deutéronome 5 et la formule catéchétique du Catechismus Catholicus du cardinal Gasparri, Vatican 1933), pour la répartition trois et sept du n. 2067 et pour la division des péchés « en pensée, en parole, par action ou par omission » du n. 1852 ; le service national de la catéchèse et du catéchuménat de la Conférence des évêques de France, pour l'aide-mémoire de confession du diocèse de Nanterre et la citation du Rituel n. 29 ; le glossaire de l'Église catholique en France, à l'entrée « Péché », pour la formulation simple du mortel et du véniel ; et l'association Notre-Dame de Chrétienté, pour son « Examen de conscience pour adultes », hors du registre d'autorité du site et donc jamais lié.

Nos sources

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Nos bijoux croix

Rien n'est requis pour faire un examen de conscience. Mais beaucoup gardent un signe du jour où ils sont retournés se confesser après des années, et une croix en acier inoxydable tient cette place sans rien promettre d'autre.

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