Prière à sainte Monique pour un enfant éloigné

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prière sainte monique
Sommaire
  1. La prière à sainte Monique : les textes qui existent
  2. Pourquoi prier sainte Monique
  3. Liturgie ou dévotion privée : où se situe chaque texte
  4. Comment et quand prier sainte Monique
  5. Questions fréquentes
  6. Elle a attendu plus longtemps que vous

Votre fils ne va plus à la messe et vous n'osez plus en parler. Votre fille a fait baptiser son aîné, puis plus rien. Vous priez depuis des années, vous vous demandez si cela change quelque chose, et vous cherchez simplement un texte juste à dire ce soir.

L'Église a une prière pour sainte Monique, et c'est celle qu'elle dit le 27 août : « Dieu très bon, réconfort de ceux qui pleurent, tu accueillais avec amour les larmes de sainte Monique pour la conversion de son fils Augustin ; accorde-nous, à la prière de la mère et du fils, de savoir pleurer nos péchés pour obtenir de toi le pardon. » Elle est courte, elle est officielle, et vous pouvez la dire telle quelle.

Vous trouverez ici les trois textes qui existent vraiment, avec leur auteur et leur statut, ce que sainte Monique a réellement vécu, et une vérité que les pages de prières évitent : personne ne peut vous promettre de délai. L'histoire de Monique dit exactement le contraire, et c'est pour cela qu'elle tient.

En bref

  • La prière officielle est l'oraison de sa mémoire, le 27 août, reprise ci-dessous en entier.
  • La grande prière que l'on trouve partout sans nom d'auteur (« Ô mère, illustre entre toutes les mères ») est de dom Prosper Guéranger, abbé de Solesmes, dans L'Année liturgique au 4 mai.
  • Sainte Monique est patronne des mères. Sa mémoire est obligatoire au calendrier romain, la veille de la fête de son fils Augustin.
  • Aucune litanie, aucune neuvaine, aucun chapelet de sainte Monique ne figure dans les livres liturgiques. Ce qui circule sous ces noms est de la dévotion privée, et la dévotion privée est libre.
  • La phrase qui l'a tenue debout vient d'un évêque : « Il est impossible que l'enfant de telles larmes périsse » (Confessions, III, 12, 21). Ce n'est pas une garantie de calendrier, c'est une espérance.

La prière à sainte Monique : les textes qui existent

L'oraison du 27 août, la prière de l'Église

C'est le texte le plus court et le plus solide, celui que prêtres, moines et moniales disent le jour de sa mémoire, à la messe comme à l'office. Il est servi par l'office du 27 août, mémoire de sainte Monique :

« Dieu très bon, réconfort de ceux qui pleurent, tu accueillais avec amour les larmes de sainte Monique pour la conversion de son fils Augustin ; accorde-nous, à la prière de la mère et du fils, de savoir pleurer nos péchés pour obtenir de toi le pardon. »

Remarquez ce qu'elle ne demande pas. Elle ne réclame pas la conversion de quelqu'un d'autre : elle demande pour celui qui prie. Ce n'est pas une leçon adressée aux mères, c'est la façon dont la liturgie prie toujours, sans mettre la main sur la liberté d'un autre. Elle confie, elle n'exige pas. Si un seul texte doit rester sur votre table de nuit, c'est celui-là.

Le même jour, l'office des lectures fait lire non pas une notice biographique, mais les Confessions elles-mêmes, la page d'Ostie où Monique et Augustin, appuyés à une fenêtre d'où l'on voyait le jardin, cherchent ensemble ce que serait la vie éternelle des saints. L'Église a choisi de la faire connaître par les mots de son fils.

La grande prière de dom Guéranger, celle qui circule sans nom

Si vous avez déjà cherché « prière à sainte Monique », vous êtes tombée sur un long texte qui commence par « Ô mère, illustre entre toutes les mères ». Il est recopié de site en site, presque toujours sans source. Il a pourtant un auteur et une place précise : dom Prosper Guéranger, restaurateur de l'abbaye de Solesmes, dans L'Année liturgique, au 4 mai, jour où sainte Monique était alors fêtée. Nous l'avons relu sur l'édition en ligne de la Bibliothèque monastique, au volume du temps pascal.

Voici le passage qui en est le cœur, et qui parle de vous plus que d'elle :

« Durant de longs jours, durant de longues nuits, vous attendez avec patience les moments du Seigneur ; votre prière redouble d'ardeur ; et espérant contre toute espérance, vous arrivez à ressentir, au fond de votre cœur, l'humble et solide confiance que le fils de tant de larmes ne périra pas. »

Et sa fin, adressée à toutes celles qui prient aujourd'hui pour un enfant :

« Du sein de la félicité que vous goûtez avec ce fils qui vous doit la vie du temps et celle de l'éternité, jetez un regard, ô Monique, sur tant de mères chrétiennes qui accomplissent en ce moment sur la terre la dure et noble mission que vous avez remplie vous-même. »

Ce texte n'est pas liturgique, il n'a pas à l'être : c'est une prière d'auteur, écrite par un bénédictin pour nourrir la dévotion. Vous pouvez l'imprimer depuis cette page et la dire par morceaux, un paragraphe par jour.

Et le soir où vous n'avez plus de mots

Il n'y a pas de formule obligatoire. Le Moyen Âge chantait pour elle une séquence que l'on a parfois attribuée à Adam de Saint-Victor, et dont une ligne suffit souvent : « Heureuses larmes qui, dans leur abondance, ont été cause qu'une si éclatante lumière a brillé dans l'Église. » Vous pouvez aussi reprendre la demande que Monique elle-même a formulée en mourant, que l'Église fait lire à son office : « Enterrez mon corps n'importe où ; que cela ne vous donne aucun souci. Je vous demande seulement de vous souvenir de moi à l'autel du Seigneur, partout où vous serez. » C'est une femme qui n'a rien demandé pour elle, sauf cela, et c'est aussi tout le sens de la prière pour nos défunts, dont nous détaillons les raisons dans notre article sur pourquoi prier pour les morts.

Pourquoi prier sainte Monique

Elle est patronne des mères, et elle sait ce que c'est

Le calendrier des saints de l'Église en France la donne comme patronne des mères, sans autre précision, et c'est justement ce qui la rend si proche de votre situation : son fils ne s'est pas contenté de prendre ses distances, il a adhéré pendant des années à la secte manichéenne, si opposée à la foi de son enfance. Monique n'est pas la patronne des familles réussies : c'est la sainte des mères qui attendent. Prier un saint n'est jamais s'adresser à un intermédiaire obligatoire, et nous expliquons pourquoi dans notre article sur la prière aux saints et à Marie.

Ce qu'elle a vécu, en quelques lignes

Née en Afrique du Nord dans une famille chrétienne, à Thagaste (aujourd'hui Souk Ahras, en Algérie), Monique est mariée très jeune à un notable païen de la ville, Patricius, un mari infidèle et violent que sa douceur finira par convertir. Veuve en 371, elle consacre le reste de sa vie à un fils qui s'éloigne. Elle le rejoint à Milan et se met elle-même à l'école de l'évêque Ambroise ; c'est des mains d'Ambroise qu'Augustin reçoit le baptême, le 24 avril 387, au cours de la veillée pascale, et elle est là. Ils repartent ensemble pour l'Afrique ; la fièvre l'arrête à Ostie, le port de Rome, où elle meurt la même année. Selon la notice que reprend dom Guéranger, elle rend l'âme le neuvième jour de sa maladie ; son corps, d'abord enseveli à Ostie, a été transféré à Rome sous le pontificat de Martin V et repose dans l'église Saint-Augustin. Sa figure a sa place parmi les grandes mères de l'histoire sainte, aux côtés de celles que nous présentons dans notre article sur les femmes de la Bible.

Dix-sept ans : ce que disent vraiment les Confessions

On lit partout que Monique a prié dix-sept ans. Ce chiffre est un compte de tradition : il ne figure dans aucun des passages où Augustin compte lui-même les années. Lui en donne deux, et ils sont plus rudes que n'importe quel arrondi. Nous les avons relus sur l'édition des Confessions servie par Biblia Clerus, la bibliothèque de la Congrégation pour le clergé.

Le premier suit le songe où un jeune homme rayonnant lui montre son fils debout à côté d'elle, sur la même règle de bois. Elle y puise assez d'espérance pour le reprendre à sa table. Et Augustin écrit : « Car neuf années s'écoulèrent encore, où, me débattant dans les fanges de l'abîme et les ténèbres du mensonge, après de fréquents efforts pour me relever, et de cruelles rechutes, je gravitais toujours plus au fond. » Neuf ans après la consolation. Neuf ans après le signe.

Le second est son propre bilan, au livre IV, chapitre premier : « Pendant ces neuf années de mon âge, de dix-neuf à vingt-huit, je demeurai dans cet esclavage, séduit et séducteur. » Ajoutez-y les seize années qui séparent son veuvage de 371 du baptême de son fils en 387, et vous avez l'ordre de grandeur : non pas une neuvaine, mais la moitié d'une vie. Si vous priez depuis six ans, huit ans, douze ans, vous n'êtes pas en retard sur elle.

Le cœur du sujet tient dans une scène que l'on cite souvent de travers. Monique supplie un évêque d'aller discuter avec son fils pour le détromper. Il refuse, puis, pressé par ses larmes, lâche cette phrase devenue la consolation de toutes les mères chrétiennes : « Allez, lui dit-il avec une certaine impatience, laissez-moi, et vivez toujours ainsi. Il est impossible que l'enfant de telles larmes périsse. » C'est au livre III, chapitre XII, paragraphe 21 des Confessions, et Augustin précise que sa mère rappelait souvent qu'elle avait reçu cette réponse comme une voix sortie du ciel.

Lisez bien ce que la phrase promet, et ce qu'elle ne promet pas. Elle ne dit pas « demain », elle ne dit pas « dans l'année » : elle dit que la perte n'est pas écrite. C'est une parole d'espérance sur une issue, pas un engagement sur une date. Monique l'a reçue, puis elle a attendu encore des années. Son fils, devenu évêque et docteur de l'Église, a laissé derrière lui les textes que nous reprenons dans notre article sur la prière de saint Augustin.

Liturgie ou dévotion privée : où se situe chaque texte

C'est la question que personne ne traite, et c'est elle qui vous évitera de chercher pendant des heures une « litanie officielle » qui n'existe pas. Rien de ce qui est en bas de ce tableau n'est interdit : la dévotion privée est libre, elle n'a simplement pas le statut qu'on lui prête parfois.

Texte Statut réel Ce que cela change pour vous
L'oraison du 27 août Liturgique : c'est la prière propre de sa mémoire C'est la prière de toute l'Église ce jour-là, vous la dites avec elle
Les Litanies des Saints Liturgiques, attestées depuis le début du VIIe siècle Le Directoire permet d'y invoquer les saints inscrits aux calendriers liturgiques, donc sainte Monique
La prière de dom Guéranger Prière d'auteur, XIXe siècle, abbé de Solesmes Un beau texte signé, à dire chez vous, pas à la messe
Les « litanies de sainte Monique » Aucune approbation trouvée. Des litanies de saint Joseph ont été approuvées par saint Pie X, pas les siennes Dévotion privée : vous pouvez les dire, personne ne vous les impose
La « neuvaine à sainte Monique » Aucun texte officiel. Une neuvaine est une durée, neuf jours, pas une formule Vous choisissez le texte, c'est la persévérance qui fait la neuvaine
Le « chapelet de sainte Monique » Nous n'en connaissons aucun dans les livres liturgiques ni au Magistère Dévotion privée, à ne pas confondre avec le chapelet marial

Pour mémoire, le Directoire sur la piété populaire et la liturgie rappelle qu'il n'y a que deux formulaires de litanies mariales dans les livres du rite romain, celui de Lorette et celui du couronnement d'une image de la Vierge, et qu'une prolifération de formulaires de litanies n'est pas utile du point de vue pastoral. Le même numéro 203 ajoute qu'il ne faut pas pour autant ignorer la richesse des Églises locales et des familles religieuses, dont certains formulaires anciens ou nouveaux sont à retenir. Autrement dit : l'absence d'une litanie officielle de sainte Monique n'est pas un oubli à corriger, et votre dévotion personnelle n'est pas pour autant mise en cause.

Comment et quand prier sainte Monique

Les deux dates, 27 août et 4 mai

Sa mémoire est fixée au 27 août, et c'est une mémoire obligatoire : la veille du 28 août, seule fête de son fils au calendrier. La mère, puis le fils, deux jours de suite. Si vous trouvez encore des pages qui la fêtent le 4 mai, elles ne se trompent pas tout à fait : sa mémoire a été inscrite au calendrier romain en 1586, à cette date, parce qu'elle précédait alors la fête de la conversion d'Augustin. Le texte de dom Guéranger est écrit pour ce 4 mai.

Neuf jours, ou aussi longtemps qu'il faudra

Une neuvaine à sainte Monique n'a pas de texte imposé : prenez l'oraison du 27 août, ajoutez une dizaine de chapelet pour votre enfant, et tenez neuf jours. La mécanique est la même que pour les neuvaines que nous détaillons pas à pas, par exemple la neuvaine à saint Joseph. Et si vous cherchez un socle plus large pour votre prière quotidienne, nos prières catholiques essentielles donnent la liste des textes que l'Église demande de savoir.

Un dernier mot sur la durée, parce qu'il compte : neuf jours ne sont pas un compte à rebours. Monique est morte le neuvième jour de sa maladie, après seize ans de veuvage passés à prier. La neuvaine est un rythme pour tenir, pas un délai de réponse.

Un signe à porter, en toute honnêteté

Nous n'avons pas de médaille de sainte Monique à vous proposer, et nous ne l'écrirons pas autrement. Si vous cherchez un signe à porter pour vous soutenir, nos médailles de saints réunissent les figures les plus demandées, en acier inoxydable qui ne noircit pas, livrées en écrin. Pour une mère qui traverse cela, dom Guéranger lui-même renvoie d'abord à la Mère de miséricorde avant de renvoyer à Monique : nos bijoux de la Vierge Marie tiennent cette place, et notre rayon cadeau femme rassemble ce qui s'offre. Et disons les choses comme elles sont : une médaille ne fait rien à votre place. C'est un rappel que l'on touche dans la journée, pas un levier sur la liberté de votre enfant.

Questions fréquentes

Quelle est la prière de sainte Monique ?

Il y en a deux à connaître. La prière officielle est l'oraison de sa mémoire du 27 août : « Dieu très bon, réconfort de ceux qui pleurent, tu accueillais avec amour les larmes de sainte Monique pour la conversion de son fils Augustin ; accorde-nous, à la prière de la mère et du fils, de savoir pleurer nos péchés pour obtenir de toi le pardon. » La seconde, beaucoup plus longue, est celle de dom Prosper Guéranger dans L'Année liturgique, qui commence par « Ô mère, illustre entre toutes les mères » : c'est elle que l'on trouve recopiée partout, le plus souvent sans son auteur.

Quel est le dicton de la sainte Monique ?

Le calendrier des saints de l'Église en France associe au jour de sainte Monique un dicton agricole des Deux-Sèvres : « Pluie d'août fait truffes et marrons. » Les sites de dictons en font circuler un second, bâti sur la rime du prénom : « À la sainte Monique, ne te plains pas si le soleil pique. » Ces deux formules disent la fin du mois d'août, pas la sainte : un dicton de calendrier parle de la météo des moissons, il n'a rien à voir avec sa vie ni avec sa dévotion. Ne cherchez pas de sens spirituel dans un proverbe de saison.

Quelle est la prière pour obtenir une demande urgente ?

Aucune prière n'oblige Dieu, et aucune ne garantit un délai. Méfiez-vous des pages qui promettent une réponse « en trois jours » ou qui qualifient un texte d'infaillible : l'Église n'a jamais approuvé une telle promesse, et la vie de sainte Monique la démentirait à elle seule, puisqu'elle a attendu des années après avoir reçu un signe du ciel. Ce que le Christ garantit, c'est l'utilité de l'insistance : l'Évangile selon saint Luc donne « une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager », et le personnage qu'il met en scène est une veuve qui revient, et revient encore (Lc 18, 1-8). Pour une cause pressante ou jugée désespérée, la tradition se tourne volontiers vers d'autres intercesseurs, comme saint Expédit : là encore, l'intercession n'est pas un raccourci, c'est un appui.

Quelle est la litanie à sainte Monique ?

Il n'existe pas de litanie de sainte Monique approuvée par l'Église. Des litanies dédiées à un saint ont bien reçu une approbation, celles de saint Joseph par saint Pie X, mais nous n'avons trouvé aucun acte équivalent pour elle : les textes diffusés sous le titre « litanies de sainte Monique » relèvent de la dévotion privée, ce qui est permis et sans aucune gravité, mais ne leur donne pas de valeur liturgique. Si vous voulez l'invoquer dans une litanie, la voie normale existe déjà : le Directoire sur la piété populaire rappelle qu'il est permis d'invoquer dans les Litanies des Saints les noms inscrits aux calendriers liturgiques, et sainte Monique y est inscrite au 27 août.

Elle a attendu plus longtemps que vous

Vous cherchiez un texte juste : vous avez l'oraison que l'Église dit le 27 août, et la prière signée de dom Guéranger pour les jours où vous voulez prier plus longtemps. Vous cherchiez à savoir si cela sert à quelque chose : la seule réponse honnête est celle de l'évêque des Confessions, qui ne promet pas de date mais affirme que la perte n'est pas écrite.

Monique n'a rien obtenu vite. Elle a prié, pleuré, suivi son fils d'Afrique en Italie, et c'est après des années qu'elle l'a vu baptisé, quelques mois avant de mourir. Votre persévérance n'est pas une preuve d'échec, c'est exactement la forme que prend cette prière-là. Si un signe à porter vous aide à tenir le rythme, nos médailles de saints sont là pour cela, et pour accompagner une mère qui, en ce moment, n'ose pas en parler.

Nos médailles de saints

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