Prière à sainte Claire, patronne de la télévision
Sommaire
- La prière à sainte Claire, telle qu'un diocèse la publie
- Pourquoi prier sainte Claire : son patronage, à la lettre
- L'ostensoir, son attribut, et l'épisode qui le fonde
- Ce que les sources attestent, et ce qui reste de la tradition
- Qui était Claire d'Assise, en quelques repères
- Comment prier sainte Claire, concrètement
- Une médaille de sainte Claire : ce que nous avons, et ce que nous n'avons pas
- Ce qu'on demande vraiment à sainte Claire
- Questions fréquentes
- Sources
En bref
- Sainte Claire est bel et bien patronne de la télévision, et ce n'est pas une légende internet : la lettre apostolique de Pie XII est servie par le Saint-Siège.
- ⚠️ Le motif n'est pas l'épisode des Sarrasins, contrairement à ce qu'on lit souvent. Pie XII invoque une nuit de Noël où Claire, retenue au lit par la maladie, aurait vu et entendu la célébration depuis sa cellule.
- L'ostensoir qu'elle tient dans les églises vient d'un autre épisode : le diocèse d'Albi le date de 1241, et Benoît XVI rappelle que le fait s'est produit deux fois.
- Elle est la première femme de l'histoire de l'Église à avoir rédigé une règle religieuse soumise à l'approbation du pape. La bulle arrive le 9 août 1253, elle meurt le 11.
- Sa fête est le 11 août. Nous ne proposons pas de médaille de sainte Claire : nos médailles de saints couvrent d'autres dévotions, en acier inoxydable et en argent 925.
Vous cherchez une prière à sainte Claire et vous tombez d'abord sur une bizarrerie : elle serait patronne de la télévision. Vous vous demandez si c'est sérieux. Vous vous demandez aussi pourquoi, dans les églises, elle tient un ostensoir plutôt qu'un livre ou un lis.
Les deux réponses sont ici, vérifiées sur les textes eux-mêmes. Vous trouverez le texte d'une prière publiée par un diocèse français, de quoi la garder ou l'imprimer. Et vous trouverez ce que presque personne ne dit correctement : le patronage de la télévision est authentique, il repose sur un document que vous pouvez lire, et son motif n'a rien à voir avec les Sarrasins.
La prière à sainte Claire, telle qu'un diocèse la publie
Le texte le plus solide que nous ayons trouvé en français vient du diocèse du Puy-en-Velay, qui le publie sous le titre « Prière à Sainte Claire d'Assise » avec le sous-titre « Patronne de la Télévision ». Il est édité par l'Association Sainte-Colette, au Puy-en-Velay. Nous le donnons intégralement, sans le retoucher.
Prière à sainte Claire d'Assise
Sainte Claire d'Assise, Toi qui as appris, en contemplant sans te lasser la Beauté du visage du Christ, parfaite Icône de la gloire de Dieu et miroir de l'homme transfiguré à « voir » la dimension intérieure des êtres et des choses, aide-nous à purifier et à convertir notre regard.
Sainte Claire, toi notre sœur sur les chemins de la foi, accorde-nous ce regard du « cœur », illuminé par la lumière de l'Esprit, capable de discerner, à travers l'épaisseur des événements quotidiens, la lumineuse et discrète Présence du Christ qui éclaire la face cachée des hommes et de notre histoire.
Sainte Claire d'Assise, toi dont le cœur brûlant d'amour a pu « voir » et « entendre », à distance, la joyeuse célébration de Noël en l'église Saint-François, accorde-nous la grâce de « voir » le Royaume de l'Amour qui émerge lentement, à travers tant d'hommes et de femmes, qui inventent, jour après jour, de nouvelles manières de vivre, de partager, d'espérer et « d'entendre » ceux qui crient la vérité.
Sainte Claire d'Assise, Toi la Pauvre Dame, qui vécus toute ta vie dans le silence du cloître, puisque, par un étrange humour dont Dieu a le secret, tu es devenue la patronne de la télévision, accorde aux hommes du XXIe siècle la grâce de découvrir que l'adoration est la première école du regard, et que pour bien communiquer, il faut surtout être « câblé » sur le cœur où habite l'Esprit.
Disons tout de suite ce qu'est ce texte, pour que vous sachiez ce que vous priez. Ce n'est pas une oraison liturgique, c'est une prière de dévotion publiée par un diocèse. Elle est récente, elle est datée, elle est signée. Nous n'avons pas cherché s'il existe une oraison propre à sainte Claire au Missel romain ou au propre franciscain, et nous ne prétendons donc pas qu'il n'en existe pas.
Ce que ce texte demande, et c'est inhabituel
Relisez la première phrase. Elle ne demande ni guérison, ni protection, ni intervention. Elle demande une correction du regard : « aide-nous à purifier et à convertir notre regard ».
C'est cohérent avec toute la spiritualité de Claire, qui tourne autour d'un seul mot, le miroir. Dans sa quatrième lettre à sainte Agnès de Prague, citée par Benoît XVI dans sa lettre pour l'Année clairienne, elle écrit : « Regarde chaque jour ce miroir, ô reine épouse de Jésus Christ, et dans celui-ci scrute sans cesse ton visage. » Une femme qui a passé plus de quarante ans enfermée a fait du regard son sujet. C'est aussi, accessoirement, ce qui rend son patronage de la télévision moins absurde qu'il n'y paraît.
Pourquoi prier sainte Claire : son patronage, à la lettre
Autant commencer par la liste, telle que la donne le calendrier de l'Église catholique en France. Nominis la donne patronne de trois choses, dans cet ordre : les lavandières, les machines à laver, la télévision.
Les deux premières font sourire et s'expliquent d'elles-mêmes : une communauté de moniales pauvres, qui lavait son linge à la main, et dont la supérieure voulait servir personnellement ses sœurs malades en s'imposant les tâches les plus humbles, comme le rapporte Benoît XVI. La troisième demande une explication, et elle en a une.
Patronne de la télévision : la lettre de Pie XII, vérifiée au texte
Le document existe. C'est une lettre apostolique en forme brève, et le Saint-Siège la sert en français sur son site. Elle s'appelle, en toutes lettres, « Lettre apostolique proclamant Ste Claire patronne céleste de la télévision ».
Pie XII y part d'une définition de la télévision qu'il reprend de sa propre encyclique Miranda prorsus du 8 septembre 1957 : elle « permet en effet de voir et d'entendre à distance des événements à l'instant même où ils se produisent, et cela de façon si suggestive que l'on croit y assister ». Puis il pose le problème, sans détour pour un texte de 1958 : ce « merveilleux instrument » peut être « la source des très grands biens, mais aussi de profonds malheurs », à cause de l'attraction singulière qu'il exerce sur les esprits jusque dans la maison familiale. D'où la décision : « donner à cette invention une sauvegarde céleste qui interdise ses méfaits et en favorise un usage honnête ».
Vient alors le motif, et c'est lui qu'on écorche partout. Pie XII écrit qu'on rapporte qu'à Assise, une nuit de Noël, Claire, retenue au lit par la maladie dans son couvent, entendit les chants qui accompagnaient les cérémonies et « vit la crèche du Divin Enfant, comme si elle était présente en personne dans l'église franciscaine ». Voir et entendre à distance ce qui se déroule au même instant ailleurs : c'est exactement la définition de la télévision qu'il vient de citer. Le rapprochement n'est pas une boutade de journaliste, il est construit dans le document.
La demande, précise-t-il, est venue de Mgr Giuseppe Placido Nicolini, évêque d'Assise, et des supérieurs des quatre familles franciscaines. Le lieu de la vision varie un peu d'une source à l'autre : Pie XII écrit « l'église franciscaine », Vatican News écrit « la Portioncule », le diocèse du Puy « l'église Saint-François ».
Un mot sur la date, parce qu'elle est fausse presque partout, y compris dans la page du Vatican. Le corps du texte est daté du 14 février 1957. La note de bas de page de la même page indique que la lettre a été publiée dans les Acta Apostolicae Sedis du 21 août 1958, volume L, pages 512-513, et l'index des lettres apostoliques de Pie XII la classe à cette date du 21 août 1958. On trouve ailleurs le 14 février 1958. Nous ne tranchons pas : la seule date que la source documente elle-même est celle de sa publication, le 21 août 1958, et nous nous en tenons là.
Ce que ce patronage ne dit pas
Il ne dit pas que sainte Claire répare les téléviseurs, et il ne dit pas non plus qu'elle bénit ce qui passe dessus. Lisez l'intention de Pie XII : il demande une sauvegarde qui « interdise ses méfaits » et favorise un usage honnête. C'est un patronage de vigilance, pas de promotion. Si vous cherchez une prière pour un métier de l'image ou pour l'usage que votre famille fait des écrans, celle du Puy-en-Velay citée plus haut est étonnamment bien ajustée : elle demande un regard purifié, pas un meilleur programme.
L'ostensoir, son attribut, et l'épisode qui le fonde
Voilà l'autre question que tout le monde se pose devant une statue de sainte Claire. Pourquoi tient-elle un ostensoir.
La réponse est dans un épisode militaire. Le diocèse d'Albi, qui décrit sa représentation sur les voûtes de la cathédrale Sainte-Cécile, l'écrit en une phrase : « En 1241, des Sarrasins tentent de piller le couvent. Sainte Claire se porte à leur rencontre avec le Saint-Sacrement dans un ostensoir et les met en fuite. » Et il ajoute la conséquence qui nous intéresse : « On la représente habituellement dans cette attitude. »
Maintenant, distinguons ce qui est attesté de ce qui est de la tradition, parce que ce n'est pas la même chose.
Ce que le Magistère reprend comme un fait : dans son audience générale du 15 septembre 2010, Benoît XVI écrit que sa foi dans la présence réelle était telle que « par deux fois, un fait prodigieux se réalisa. Par la seule ostension du Très Saint Sacrement, elle éloigna les soldats mercenaires sarrasins, qui étaient sur le point d'agresser le couvent de Saint-Damien et de dévaster la ville d'Assise. » Deux fois, donc, et non une. Et il précise d'où il le tient : non seulement des anciennes biographies comme celles de Thomas de Celano, mais des Actes du procès de canonisation, ouvert quelques mois seulement après la mort de Claire, qui contiennent les témoignages de celles qui ont vécu des années à ses côtés. Pour un fait du XIIIe siècle, c'est une base documentaire inhabituellement proche de l'événement.
Ce que nous ne dirons pas, parce qu'aucune de nos sources ne le dit : à quoi ressemblait matériellement l'objet qu'elle a élevé. Albi écrit « un ostensoir », Benoît XVI écrit « l'ostension du Très Saint Sacrement ». La date varie aussi : Albi écrit 1241, Benoît XVI ne date pas. Nous donnons donc 1241 comme la date du diocèse d'Albi, pas comme un fait établi.
Ce que les sources attestent, et ce qui reste de la tradition
Voici le tableau que nous aurions aimé trouver avant d'écrire cet article. Il sépare, point par point, ce qu'une source d'Église affirme de ce qu'elle rapporte.
| Le fait | Ce que dit la source | Degré de certitude |
|---|---|---|
| Naissance en 1193, famille noble d'Assise | Benoît XVI, audience du 15 septembre 2010 | Affirmé |
| Elle quitte la maison paternelle à 18 ans, le soir des Rameaux | Benoît XVI écrit 1211 en 2010, et en 2012 que la date « oscille entre 1211 et 1212 » | Fait établi, année incertaine |
| Première femme à rédiger une règle soumise à l'approbation du pape | Benoît XVI, 2010, en toutes lettres | Affirmé |
| Bulle d'approbation de la Règle le 9 août 1253, mort le 11 août | Nominis, qui ajoute qu'elle mourut la bulle dans les mains | Affirmé |
| Les Sarrasins mis en fuite devant le Saint-Sacrement | Benoît XVI : « par deux fois », sans date. Diocèse d'Albi : en 1241 | Affirmé, daté par un diocèse |
| La vision de la nuit de Noël | Pie XII écrit « On rapporte en effet que… » | Rapporté, et le pape le signale lui-même |
| Canonisation par Alexandre IV en 1255 | Benoît XVI et le diocèse d'Albi | Affirmé |
Notez la ligne du milieu. C'est le pape lui-même qui emploie la formule « on rapporte » pour l'épisode sur lequel il fonde le patronage. Il ne décrète pas un miracle, il reconnaît une tradition et il en tire une intention de prière. Cette prudence vaut mieux qu'une certitude inventée, et elle est à peu près toujours effacée quand l'histoire est racontée en ligne.
Qui était Claire d'Assise, en quelques repères
La vie n'est pas le sujet de cet article, mais elle en éclaire chaque ligne. Claire naît à Assise en 1193, dans une famille aristocratique qui lui prépare un mariage. À 18 ans, elle part. Son biographe médiéval, cité par Benoît XVI, raconte la scène : François lui ordonne de se rendre à la messe des Rameaux parée de ses bijoux, et de quitter la ville la nuit suivante. Dans l'église, au moment où les autres se pressent pour recevoir leur rameau, « Claire, par pudeur, resta immobile. Alors l'évêque, descendant les marches, vint jusqu'à elle et lui remit le rameau entre les mains. »
Elle rejoint les frères mineurs à la Portioncule, où François lui coupe les cheveux, puis s'installe à l'église Saint-Damien, celle dont le crucifix avait parlé à François. Elle y restera plus de quarante ans, jusqu'à sa mort en 1253, dont les trente dernières années marquées par la maladie. Pour comprendre le mouvement dans lequel elle s'inscrit, notre article sur saint François d'Assise raconte la conversion qui l'a précédée de quelques années, et celui sur la mort de saint François la fin qu'elle a vue de près, à quelques centaines de mètres.
La première femme à avoir écrit une règle religieuse
C'est le titre qui compte le plus, et il est posé sans prudence par Benoît XVI : « Claire a été la première femme dans l'histoire de l'Eglise à avoir rédigé une Règle écrite, soumise à l'approbation du Pape. »
Le combat qu'elle mène n'est pas symbolique. Elle obtient un Privilegium Paupertatis, qui interdit à sa communauté de posséder quoi que ce soit, et Benoît XVI souligne que c'était « une exception véritablement extraordinaire par rapport au droit canonique en vigueur ». Après la mort de François, les papes tentent d'assouplir cette pauvreté pour sécuriser la vie matérielle des sœurs. Elle refuse, pendant des décennies. En 1252, Innocent IV accepte sa Règle de vie ; la bulle d'approbation arrive le 9 août 1253. Elle meurt le 11 août, la bulle dans les mains. Vatican News rapporte ses dernières paroles : « Toi, Seigneur, qui m'as créée, béni sois-tu. »
Si vous voulez situer les clarisses parmi les autres familles religieuses, notre article sur les ordres religieux catholiques donne la carte d'ensemble.
Comment prier sainte Claire, concrètement
Il n'y a pas de rituel à respecter, et c'est tant mieux. Trois façons de faire, de la plus simple à la plus engageante.
Le jour de sa fête, le 11 août. C'est une mémoire obligatoire au calendrier romain. Si Claire est votre sainte patronne, ou celle d'une personne à qui vous pensez, c'est le jour naturel. Notre calendrier des saints donne les autres dates du mois, et le dicton que Nominis associe à ce jour vaut d'être connu : « A la Sainte Claire, s'il éclaire et tonne, c'est l'annonce d'un bel automne. »
En reprenant la prière du Puy-en-Velay, citée plus haut, telle quelle. C'est la plus accessible et la mieux ajustée à ce qu'elle a réellement vécu.
En gardant une de ses phrases comme règle de conduite. Celle que Nominis et le diocèse d'Albi reprennent tous les deux, écrite à sainte Agnès de Prague, se tient debout toute seule : « Ce que tu tiens, tiens-le. Ce que tu fais, fais-le et ne le lâche pas. Mais d'une course rapide, d'un pas léger, sans entraves aux pieds, pour que tes pas ne ramassent pas la poussière, sûre, joyeuse et alerte, marche prudemment sur le chemin de la béatitude. »
Une dernière chose, parce que la question revient toujours. On ne prie pas sainte Claire à la place de Dieu, on lui demande d'intercéder. Si le sujet vous paraît flou, nous l'avons traité sans détour : à quoi servent les saints et peut-on prier Marie.
Une médaille de sainte Claire : ce que nous avons, et ce que nous n'avons pas
Disons-le franchement : nous ne proposons pas de médaille de sainte Claire. Nous ne vous enverrons donc pas vers un produit qui n'existe pas chez nous. Et si vous en cherchez une ailleurs, un conseil qui ne nous rapporte rien : regardez le métal avant le motif, parce qu'une médaille laitonnée dorée noircit en quelques mois de port quotidien.
Trois pistes, chez nous, servent la même intention. Une médaille de saint, celle de la figure sous laquelle la personne est déjà placée : nos médailles de saints couvrent la Vierge, la Médaille Miraculeuse, saint Benoît, saint Michel et l'Esprit Saint, en acier inoxydable et en argent 925. Une croix, parce que c'est le signe que Claire a élevé et non son portrait : nos bijoux croix vont du pendentif discret à la bague, dans un acier qui ne noircit pas. Et pour un baptême, l'occasion la plus fréquente d'offrir une médaille, notre sélection baptême rassemble les pièces livrées en écrin.
Dans tous les cas, l'objet n'agit pas de lui-même : il rappelle une demande, il ne l'exauce pas. Si vous souhaitez le faire bénir, c'est possible et c'est simple, nous expliquons comment dans notre article sur la bénédiction d'un bijou. Et pour qu'il dure assez longtemps pour servir de rappel, les gestes utiles sont dans notre guide d'entretien.
Ce qu'on demande vraiment à sainte Claire
Vous avez maintenant le texte d'une prière attribuée et datée, de quoi la garder. Et vous avez la vérification que vous cherchiez : oui, le patronage de la télévision est authentique, il tient à un document de 1958 que vous pouvez lire, et son motif est une nuit de Noël, pas une bataille.
Reste ce que Claire a réellement fait, et qui est la seule raison de la prier. Elle a tenu quarante ans dans une pauvreté que les papes eux-mêmes trouvaient excessive, elle a écrit la première règle religieuse qu'une femme ait soumise à Rome, elle l'a obtenue deux jours avant de mourir. Elle n'a pas obtenu cela en demandant un pouvoir, mais en ne lâchant pas. C'est d'ailleurs ce qu'elle écrivait : ce que tu tiens, tiens-le. Si vous souhaitez garder un signe de cette demande sur vous, ou l'offrir, découvrez nos médailles de saints.
Questions fréquentes
Quelle est la prière de Sainte Claire d'Assise ?
Il faut distinguer deux choses. Les prières écrites par Claire sont ses lettres et son Testament, dont la plus connue est la quatrième lettre à sainte Agnès de Prague, citée par Benoît XVI : « Regarde chaque jour ce miroir, ô reine épouse de Jésus Christ, et dans celui-ci scrute sans cesse ton visage. » La prière adressée à Claire la plus solide que nous ayons trouvée en français est celle du diocèse du Puy-en-Velay, reproduite intégralement au début de cet article, qui demande d'« aide-nous à purifier et à convertir notre regard ». Vatican News rapporte aussi ses dernières paroles sur le sol de Saint-Damien : « Toi, Seigneur, qui m'as créée, béni sois-tu. »
Sainte Claire est la patronne de quoi ?
De trois choses, selon le calendrier de l'Église catholique en France : les lavandières, les machines à laver et la télévision. Le patronage de la télévision est le seul qui repose sur un document pontifical, une lettre apostolique de Pie XII publiée aux Acta Apostolicae Sedis du 21 août 1958. Elle est aussi, évidemment, la fondatrice et la patronne des clarisses, l'ordre contemplatif féminin né à Saint-Damien.
Quel est le symbole de Sainte Claire ?
L'ostensoir, c'est-à-dire le Saint-Sacrement présenté. Le diocèse d'Albi explique que cet attribut renvoie à l'épisode où elle met en fuite des Sarrasins venus piller le couvent, et précise : « On la représente habituellement dans cette attitude. » Benoît XVI rappelle que le fait s'est produit deux fois. On la voit aussi, plus rarement, avec un lis, symbole de pureté, ou avec un livre : c'est le cas dans la niche de la cathédrale d'Albi, où elle porte le livre d'une main et une branche de lis de l'autre.
Quelle est la règle de Sainte Claire ?
C'est la règle des Pauvres Dames, devenues les clarisses, et son point dur est la pauvreté absolue. Claire obtient un Privilegium Paupertatis qui interdit à sa communauté de posséder des biens, ce que Benoît XVI qualifie d'« exception véritablement extraordinaire par rapport au droit canonique en vigueur ». Elle a passé des décennies à refuser les aménagements que les papes lui proposaient après la mort de François. Innocent IV accepte sa Règle de vie en 1252 et la bulle d'approbation arrive le 9 août 1253. C'est, dit Benoît XVI, la première règle écrite par une femme et soumise à l'approbation du pape.
Quelle est la citation la plus célèbre de Sainte Claire d'Assise ?
Celle que reprennent à la fois Nominis et le diocèse d'Albi, tirée de ses lettres à sainte Agnès de Prague : « Ce que tu tiens, tiens-le. Ce que tu fais, fais-le et ne le lâche pas. Mais d'une course rapide, d'un pas léger, sans entraves aux pieds, pour que tes pas ne ramassent pas la poussière, sûre, joyeuse et alerte, marche prudemment sur le chemin de la béatitude. » La bulle de canonisation d'Alexandre IV, citée par Benoît XVI, joue elle sur son nom : « Claire en effet, se cachait : mais sa vie était révélée à tous. Claire se taisait mais sa renommée criait. »
Où se trouve le corps de Sainte Claire ?
À Assise. Elle meurt le 11 août 1253 sur le sol de l'église Saint-Damien, et c'est la basilique Sainte-Claire d'Assise, bâtie après sa canonisation de 1255, qui lui est dédiée. C'est là que les papes rencontrent les moniales du protomonastère quand ils viennent à Assise, Benoît XVI en juin 2007, François en octobre 2013. Benoît XVI précise également que « le Crucifix original se trouve actuellement dans la basilique Sainte-Claire » : le crucifix de Saint-Damien, celui qui avait parlé à François, est donc aujourd'hui dans l'église qui porte son nom à elle.
Sources
- Pie XII, lettre apostolique en forme brève proclamant sainte Claire patronne céleste de la télévision : le patronage et son motif exact, la définition de la télévision reprise de l'encyclique Miranda prorsus, et la note de publication aux Acta Apostolicae Sedis du 21 août 1958.
- Benoît XVI, audience générale du 15 septembre 2010, « Claire d'Assise » : la première règle écrite par une femme, l'épisode des Sarrasins survenu deux fois, le Privilegium Paupertatis, et les Actes du procès de canonisation comme source.
- Benoît XVI, lettre pour l'Année clairienne, 1er avril 2012 : la date de sa conversion qui « oscille entre 1211 et 1212 », le récit des Rameaux d'après la Legenda, et le crucifix original conservé à la basilique Sainte-Claire.
- Sainte Claire d'Assise, Nominis (Église catholique en France) : la fête du 11 août, les trois patronages, la bulle du 9 août 1253 et la mort du 11, le Martyrologe romain et la citation à sainte Agnès de Prague.
- Sainte Claire, diocèse d'Albi : l'épisode de 1241, l'ostensoir comme attribut habituel, et la représentation de la cathédrale Sainte-Cécile.
Prière citée en clair, sans lien : « Prière à Sainte Claire d'Assise », diocèse du Puy-en-Velay, publiée le 3 août 2021, éditée par l'Association Sainte-Colette, 2 rue Sainte-Claire, 43000 Le Puy-en-Velay.
Nos sources
- Pie XII, Lettre apostolique en forme brève proclamant sainte Claire patronne céleste de la télévision (nouvelle fenêtre) magistère (source primaire du patronage)
- Benoît XVI, audience générale du 15 septembre 2010, « Claire d'Assise » (nouvelle fenêtre) magistère
- Benoît XVI, lettre à l'évêque d'Assise pour l'Année clairienne, 1er avril 2012 (nouvelle fenêtre) magistère
- Sainte Claire d'Assise, Nominis (Église catholique en France) (nouvelle fenêtre) source d'Église
- Sainte Claire, diocèse d'Albi (voûtes de la cathédrale Sainte-Cécile) (nouvelle fenêtre) source d'Église (diocèse)
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