Ciboire : définition, ce qu'il contient, le tabernacle
Sommaire
- Qu'est-ce qu'un ciboire ?
- Ce que contient un ciboire : les hosties consacrées
- Ciboire et calice : la différence tient au contenu
- La place du ciboire au tabernacle
- Le pavillon, le voile qui recouvre le ciboire
- Les règles de matière, et le cas du ciboire en bois
- La purification du ciboire après la communion
- Ciboire, custode, ostensoir : trois objets, trois fonctions
- Ciboire prix, ciboire à vendre : la réponse honnête
- Questions fréquentes
- Un vase qui existe pour ceux qui ne sont pas là
- Sources
En bref
- Le ciboire est le vase sacré qui reçoit et qui conserve les hosties consacrées, pour la communion des fidèles pendant la messe et en dehors de la messe.
- La différence avec le calice ne tient pas à la forme, elle tient au contenu et au couvercle : le calice reçoit le vin consacré et se vide avant la fin de la célébration, le ciboire garde le pain consacré et rejoint le tabernacle.
- Le mot ne vient pas du latin calix mais du grec kibôrion, le nom d'un fruit de nénuphar d'Égypte dont la coupe avait la forme.
- Le droit de l'Église le nomme expressément : les hosties consacrées se conservent « dans un ciboire ou dans un vase », au tabernacle, sous une lampe allumée en permanence et derrière une clef gardée avec le plus grand soin.
- Nous ne vendons pas de ciboire, nous faisons des bijoux. Cet article est là pour répondre, pas pour vous vendre quelque chose.
Vous avez vu le prêtre sortir du tabernacle une coupe couverte d'un couvercle, et vous cherchez le nom de cet objet ? On vous a dit trois fois la différence entre le calice et le ciboire sans qu'elle tienne dans votre tête ? Vous êtes servant d'autel, parent d'un enfant qui fait sa première communion, ou simplement curieux de savoir ce qui se passe entre deux messes dans cette petite armoire fermée du fond de l'église ?
Le ciboire est le vase sacré qui reçoit et qui conserve les hosties consacrées, en vue de leur distribution aux fidèles. Tout le reste découle de cette phrase : il a un couvercle parce qu'il conserve, il est en métal noble parce que ce qu'il contient est tenu pour le Corps du Christ, il dort dans le tabernacle parce qu'on ne garde pas l'Eucharistie n'importe où, et il se purifie après la communion parce qu'il reste des fragments. Nous reprenons ici l'objet point par point : le mot, la forme, le contenu, la place au tabernacle, le voile qui le couvre, les règles de matière, la purification, et les trois objets avec lesquels on le confond, la custode, l'ostensoir et la patène. Et nous le disons franchement tout de suite : nous sommes bijoutiers, pas orfèvres liturgiques, et vous ne trouverez pas de ciboire chez nous.
Qu'est-ce qu'un ciboire ?
La définition, en une phrase
Le lexique du service national de la pastorale liturgique le définit ainsi, d'après le Dictionnaire de Liturgie de Dom Robert Le Gall : « Dans l'usage actuel, le ciboire est le vase sacré destiné à recevoir et à conserver les hosties consacrées, en vue de leur distribution aux fidèles, soit pendant la messe, soit en dehors de la messe. »
Deux verbes, et ils sont tous les deux importants. « Recevoir » dit la messe : le ciboire est sur l'autel, ou apporté de la crédence, quand le pain est consacré et distribué. « Conserver » dit tout le reste du temps, c'est-à-dire les heures et les jours entre deux célébrations, et c'est cette seconde fonction qui fait du ciboire un objet à part. Le glossaire de l'Église catholique en France le résume d'une ligne encore plus serrée, en nommant d'emblée le détail de forme qui saute aux yeux : un vase sacré, en général fermé d'un couvercle, où l'on conserve les hosties consacrées pour la communion des fidèles.
Ciboire, étymologie : un fruit de nénuphar égyptien
Voilà le genre de détail qu'on n'invente pas et qu'on n'oublie plus. Le mot ne descend pas du latin, il descend du grec : le kibôrion désignait le « fruit du nénuphar d'Égypte », et, par extension, une coupe ayant la forme de ce fruit. L'objet liturgique tire donc son nom d'une plante, par l'intermédiaire d'une vaisselle antique qui en imitait le galbe.
C'est une étymologie différente de celle du calice, et la distinction est utile : calix en latin et kulix en grec sont des coupes à boire, des récipients de table. Le kibôrion, lui, est une forme. Cela explique au passage pourquoi un ciboire est souvent décrit comme hémisphérique : la coupe large et ronde, plus que le gobelet.
Pour la version anglaise du mot, que beaucoup cherchent, nous nous en tenons à ce que nous avons pu vérifier sur un texte servi. Dans la version anglaise officielle de l'instruction Redemptionis Sacramentum publiée par le Saint-Siège, au numéro 119, le mot employé à l'endroit où le texte français dit « ciboire » est ciborium. Nous ne faisons pas de cette observation une règle générale de traduction, c'est un relevé sur un paragraphe précis d'un document précis.
À quoi ressemble un ciboire ?
La description tient en trois éléments, et le même lexique liturgique les donne : le ciboire « est habituellement de forme hémisphérique ; à la différence du calice, il est recouvert par un couvercle, souvent surmonté d'une croix ».
- Une coupe large et peu profonde, montée sur un pied, parce qu'elle doit accueillir des dizaines d'hosties plates et non un liquide.
- Un couvercle, qui est le signe distinctif de l'objet. Il n'est pas décoratif : il protège ce qui reste à l'intérieur quand le vase retourne au tabernacle.
- Une croix au sommet du couvercle, fréquente sans être obligatoire : le Missel romain laisse la forme des vases sacrés au choix de l'artiste.
Si vous cherchez une photo de ciboire, la bonne piste n'est pas le catalogue d'orfèvrerie mais l'inventaire du patrimoine : beaucoup de ciboires anciens sont classés et photographiés dans les bases publiques du ministère de la Culture, et dans les collections des musées d'art sacré. Nous ne les reproduisons pas ici, et nous préférons le dire plutôt que d'illustrer l'article avec une pièce dont nous ne saurions pas nommer l'origine.
Ce que contient un ciboire : les hosties consacrées
Le pain de la Cène, et rien d'autre
Un ciboire ne contient ni vin, ni huile, ni eau bénite. Il contient le pain consacré, c'est-à-dire les hosties sur lesquelles la prière eucharistique a été dite, et que la foi catholique tient pour le Corps du Christ. La traduction liturgique officielle rapporte le geste fondateur au chapitre 26 de l'Évangile selon saint Matthieu : pendant le repas, Jésus prend du pain, prononce la bénédiction, le rompt et le donne à ses disciples en disant « Prenez, mangez : ceci est mon corps ». Le ciboire est le contenant de ce pain-là, une fois la messe passée.
C'est aussi ce qui explique son usage à la messe. La Présentation générale du Missel romain prévoit qu'on prépare à la crédence la patène et, « si c'est nécessaire, des ciboires », selon le nombre de communiants attendus, et que le prêtre, au moment de la communion, « prend alors la patène ou le ciboire » et s'approche des fidèles. Dans une paroisse qui rassemble quelques centaines de personnes, il y a donc plusieurs ciboires sur l'autel. Pour le détail du livre qui porte tous ces textes et de la façon de s'y repérer, nous avons écrit par ailleurs un article sur comment utiliser un missel.
Pourquoi l'Église conserve les hosties après la messe
La réponse est écrite, et elle n'est pas d'abord celle qu'on imagine. Si les hosties consacrées sont conservées après la messe, c'est principalement pour que les fidèles qui ne peuvent pas y assister, et d'abord les malades et les personnes âgées, puissent communier. L'instruction Redemptionis Sacramentum de la Congrégation pour le Culte divin, en 2004, le pose en ces termes à son numéro 129, et n'ajoute qu'ensuite la seconde raison, qui est l'adoration du Saint-Sacrement.
Autrement dit : le ciboire existe pour les absents. C'est une des choses les plus simples et les moins connues sur cet objet. Le droit de l'Église en tire une conséquence pratique au canon 939 : les hosties consacrées seront conservées en quantité suffisante pour les besoins des fidèles, et « seront fréquemment renouvelées, les hosties anciennes étant dûment consommées ». Un ciboire n'est pas une réserve qu'on laisse dormir.
Ciboire et calice : la différence tient au contenu
Le calice, en une phrase
Le calice est le vase sacré qui, lors de la messe, reçoit le vin destiné à devenir le Sang du Christ. Il va par paire avec la patène, l'assiette plate qui porte le pain du prêtre. Le calice sert et se vide ; le ciboire sert et conserve. C'est toute la différence, et le couvercle n'en est que la conséquence visible.
Deux nuances que la plupart des réponses rapides passent sous silence, et qui sont dans les textes. Premièrement, la règle de la coupe non poreuse ne concerne pas le ciboire : le Missel romain l'impose aux « calices et autres vases destinés à recevoir le Sang du Seigneur », parce qu'un liquide s'infiltre. Un ciboire ne reçoit que des hosties sèches. Deuxièmement, le voile dont on recouvre le calice à la crédence n'est pas le voile du ciboire : ce sont deux étoffes différentes, et nous y revenons plus bas.
Les cinq objets qu'on confond, dans un tableau
| Objet | Ce qu'il contient | Couvercle | Où il vit |
|---|---|---|---|
| Le ciboire | Les hosties consacrées, en quantité | Oui, souvent surmonté d'une croix | Le tabernacle entre les messes, l'autel pendant |
| Le calice | Le vin consacré | Non | La sacristie, puis l'autel. Il se vide avant la fin |
| La patène | Le pain, posé à plat | Non, c'est une assiette | Sur le calice, puis sur le corporal |
| La custode | Une ou quelques hosties, à transporter | Oui, c'est une petite boîte | La poche du ministre qui va chez un malade |
| L'ostensoir | Une seule hostie, visible | Non, il est fait pour montrer | L'autel, pendant l'adoration |
Une règle de lecture pour ne plus se tromper : regardez la fonction, pas la silhouette. Conserver appelle un couvercle, servir le vin appelle une coupe ouverte, transporter appelle une boîte qui ferme, montrer appelle une vitre. Les quatre premiers sont rangés par les textes dans la même catégorie, celle des vases sacrés, et relèvent donc des mêmes règles de matière. Le ciboire et le calice sont ceux qui se ressemblent le plus, et ce sont pourtant les deux dont la fonction s'oppose le plus nettement.
La place du ciboire au tabernacle
Où se trouve le tabernacle, et pourquoi là
Le mot vient du latin tabernaculum, « tente », et il renvoie à la Tente de la Rencontre du livre de l'Exode. Concrètement, c'est la petite armoire verrouillée où le ciboire est déposé après la communion. Le Missel romain demande qu'elle soit placée dans un lieu « très noble, insigne, bien visible, bien décoré et permettant la prière », et qu'elle soit « normalement unique, fixe, fait d'un matériau solide et à l'abri des effractions, non transparent et si bien fermé que soit évité au maximum tout danger de profanation ».
Un point surprend souvent, et il est écrit noir sur blanc au numéro 315 : « Il est plus conforme à la vérité du signe que le tabernacle, où la très sainte Eucharistie est conservée, ne soit pas sur l'autel où la messe est célébrée. » Le tabernacle est donc placé, au jugement de l'évêque, soit dans le sanctuaire mais en dehors de l'autel de la célébration, soit dans un oratoire adapté à l'adoration et à la prière personnelle. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'emplacement change d'une église à l'autre, et l'une des clés pour lire un édifice. Si ce sujet vous intéresse, nous avons détaillé ailleurs les différents styles d'église et ce que leur plan raconte.
La lampe, la clef, et la porte ouverte
Trois détails que le droit canonique fixe autour du tabernacle, et donc autour du ciboire qui s'y trouve.
- La lampe. Le canon 940 est sans ambiguïté : devant le tabernacle où l'Eucharistie est conservée, « une lampe spéciale sera constamment allumée pour indiquer et honorer la présence du Christ ». Le Missel précise qu'elle est alimentée à l'huile ou à la cire. Quand cette lampe brûle, il y a un ciboire derrière la porte.
- La clef. Le canon 938 charge la personne responsable de l'église de veiller à ce que « la clef du tabernacle où la très sainte Eucharistie est conservée soit gardée avec le plus grand soin ». Ce n'est pas une précaution d'assurance, c'est une précaution contre la profanation.
- La porte de l'église. Le canon 937 demande que, sauf raison grave, l'église où l'Eucharistie est conservée reste ouverte aux fidèles au moins quelques heures par jour, afin qu'ils puissent prier devant le Saint-Sacrement.
Le même droit ferme une question que beaucoup se posent. Le canon 935 interdit à quiconque de conserver l'Eucharistie chez soi ou de l'emporter en voyage, sauf besoin pastoral et dans le respect des dispositions de l'évêque. Un particulier ne garde donc pas d'hosties consacrées à la maison, et un ciboire n'a rien à faire dans un intérieur. Un coin de prière ou un petit autel domestique se compose d'autres choses : une croix, une image, une bougie, une Bible.
Le pavillon, le voile qui recouvre le ciboire
C'est l'étoffe qu'on remarque sans savoir la nommer, posée sur le ciboire dans le tabernacle. Le lexique liturgique de la Conférence des évêques lui consacre une entrée, sous le nom de pavillon, et la décrit comme l'étoffe circulaire qui recouvre le ciboire : posée sur lui, elle prend véritablement la forme d'une tente romaine, ce qui est l'image même du mot « tabernacle ».
Deux voiles, donc, et il vaut la peine de ne pas les confondre, d'autant que le même mot sert pour les deux.
- Le pavillon du ciboire : l'étoffe circulaire posée directement sur le vase, à l'intérieur du tabernacle.
- Le conopée, appelé aussi grand pavillon : le voile qui recouvre le tabernacle lui-même et lui donne l'allure d'une tente. Le mot vient du grec kônôpéion, « moustiquaire ». Il peut prendre les couleurs des ornements liturgiques, et le lexique le présente, avec la lampe, comme un signe de la présence sacramentelle du Christ dans le tabernacle.
Rien, dans les textes que nous avons lus, n'impose le pavillon comme une obligation universelle, et nous n'allons pas l'affirmer. Ce que nous pouvons dire est plus simple : c'est un usage documenté par le vocabulaire liturgique officiel, dont la raison est d'habiller et de protéger le vase qui conserve.
Les règles de matière, et le cas du ciboire en bois
Ce que le Missel romain prescrit
Le Missel traite le ciboire dans la série des vases sacrés, aux numéros 327 à 334, et trois règles le concernent directement.
- « Les vases sacrés seront en métal noble. » Et s'ils sont faits d'un métal susceptible de rouiller, ou moins noble que l'or, ils seront normalement dorés à l'intérieur. C'est la raison de ce fond doré qu'on aperçoit quand le couvercle se soulève.
- La forme est libre, la confusion ne l'est pas. L'artiste peut choisir la forme qui correspond aux habitudes de sa région, à condition que le vase soit adapté à son usage liturgique et qu'on le distingue clairement des vases à usage quotidien.
- Le ciboire est nommé. Le numéro 329 précise que les tolérances de matière valent « pour tous les vases sacrés destinés à recevoir les hosties, comme la patène, le ciboire, la custode, l'ostensoir, et autres du même genre ».
Un ciboire en bois est-il possible ?
Oui, mais pas au choix de l'acheteur, et c'est une réponse plus intéressante qu'un simple non. Le numéro 329 du Missel ouvre une porte étroite : au jugement de la Conférence des évêques, après confirmation de ses actes par le Siège apostolique, les vases sacrés peuvent être faits en d'autres matières solides que tout le monde, dans cette région, juge nobles, comme l'ébène ou d'autres bois durs, pourvu qu'elles conviennent à l'usage sacré. Le texte ajoute qu'on donnera toujours la préférence aux matières qui ne se brisent ni ne s'altèrent facilement.
Trois choses à retenir de ce paragraphe. La décision n'est pas individuelle mais collégiale et confirmée par Rome, elle est géographique, et elle est conditionnée à la solidité. Un ciboire en bois dur n'est donc pas un objet hors règle en soi, c'est un objet qui dépend d'une décision qui ne nous appartient pas.
Ce qui est expressément réprouvé
L'instruction Redemptionis Sacramentum, à son numéro 117, nomme les cas à écarter, et la liste est concrète : célébrer la messe avec n'importe quel vase d'usage quotidien ou plus commun est expressément réprouvé, en particulier s'il s'agit d'objets dépourvus de toute qualité artistique, de simples corbeilles, ou de récipients en verre, en argile, en terre cuite ou en d'autres matières qui se brisent facilement. Le motif est donné dans la phrase même : écarter aux yeux des fidèles tout risque d'affaiblissement de la doctrine de la présence réelle.
La bénédiction, qui change le statut de l'objet
Un ciboire ne devient pas sacré en sortant de l'atelier. Le Missel romain renvoie, pour la bénédiction des vases sacrés, aux rites prescrits par les livres liturgiques, et la même instruction de 2004 est plus explicite encore à son numéro 118 : avant leur utilisation, les vases sacrés doivent être bénis par le prêtre, et il est louable que cette bénédiction soit donnée par l'évêque diocésain, qui peut ainsi vérifier leur conformité.
C'est un point que nous connaissons bien à notre échelle, pour une raison différente. Un bijou n'est pas un vase sacré et ne relève d'aucune de ces normes, mais la logique de la bénédiction, qui met un objet à part de son usage ordinaire, est la même. Nous l'avons expliquée dans notre article sur comment faire bénir un bijou.
La purification du ciboire après la communion
C'est le moment de la messe que tout le monde regarde sans le comprendre, quand le prêtre essuie la vaisselle à l'autel. Le Missel le décrit à son numéro 163 : lorsque la distribution de la communion est achevée, le prêtre consomme le vin consacré qui pourrait rester, et quant aux hosties consacrées qui restent, « ou il les consomme à l'autel, ou il les porte au lieu destiné à conserver l'Eucharistie ». C'est à cet instant précis que le ciboire part au tabernacle.
Puis vient la purification, et elle suit un ordre fixe.
- Le prêtre recueille d'abord les fragments, s'il y en a. Rien n'est négligeable, parce que les hosties se brisent.
- Il purifie la patène ou le ciboire au-dessus du calice, debout à l'autel ou à la crédence, puis purifie le calice et l'essuie avec le purificatoire.
- Trois personnes seulement peuvent le faire, et le Missel les nomme au numéro 279 : le prêtre, le diacre, ou l'acolyte institué, après la communion ou après la messe, autant que possible à la crédence.
- S'il y a beaucoup de vases, on peut attendre. Il est permis de les laisser, recouverts comme il faut, sur le corporal, et de les purifier aussitôt après la messe, une fois l'assemblée partie.
Deux prescriptions complètent l'ensemble et disent bien l'esprit de la chose. Si une hostie ou une parcelle tombe, on la ramasse avec respect ; et l'eau qui a servi aux ablutions ne part pas à l'évier, elle est versée dans une piscine installée à cet effet dans la sacristie, dont le Missel demande au numéro 334 qu'on maintienne la coutume.
Ciboire, custode, ostensoir : trois objets, trois fonctions
La custode, celle qu'on porte aux malades
Le lexique liturgique est précis sur la custode, et il lui donne deux emplois. Le nom vient du latin custodia, « action de garder, de conserver ».
- Premier emploi : la boîte métallique où l'on conserve la lunule, cette petite pince de verre et de métal destinée à être placée sur l'ostensoir. Quand la lunule contient l'hostie consacrée, elle est déposée au tabernacle dans la custode, appelée aussi pyxide, du grec puxis, « boîte ».
- Second emploi, celui que la plupart des gens ont en tête : la petite boîte destinée aux hosties à porter en viatique ou en communion aux malades. C'est l'objet que le prêtre, le diacre ou un ministre de la communion glisse dans sa poche pour aller chez quelqu'un qui ne peut pas venir.
La différence avec le ciboire est donc une différence d'échelle et de mobilité : le ciboire reste à l'église et contient une réserve, la custode voyage et contient le nécessaire. L'instruction de 2004 encadre d'ailleurs ce trajet à son numéro 133 : celui qui transporte l'Eucharistie pour donner la communion à un malade doit se rendre directement, si possible, du lieu où le Sacrement est conservé jusqu'au domicile du malade, « en s'abstenant de toute autre occupation durant le trajet ». Pas de courses en chemin.
L'ostensoir, celui qui montre
L'ostensoir n'est pas fait pour conserver ni pour distribuer, mais pour exposer : il porte une seule hostie, visible, pendant l'adoration eucharistique. Son nom le dit, il vient du verbe latin qui signifie montrer.
Et voici le détail que presque personne ne connaît, parce qu'il est enfoui dans le droit. Le canon 941 prévoit que l'exposition du Saint-Sacrement « peut être faite aussi bien avec le ciboire qu'avec l'ostensoir ». Le ciboire n'est donc pas confiné au tabernacle : fermé, posé sur l'autel, il peut servir à une exposition plus sobre. Le même canon ajoute qu'il n'y aura pas d'exposition pendant la célébration de la messe au même endroit de l'église.
Nous consacrons des articles séparés au calice et à l'ostensoir, qui méritent chacun un traitement complet. Ils ne sont pas encore en ligne au moment où nous écrivons, et nous préférons ne pas poser de lien vers une page qui n'existe pas.
Ciboire prix, ciboire à vendre : la réponse honnête
C'est l'une des recherches les plus fréquentes autour du mot, et nous allons y répondre franchement, en deux temps.
Premier temps : nous ne pouvons pas vous donner de fourchette de prix, et nous n'en inventerons pas. Nous ne fabriquons pas de vases sacrés, nous ne les achetons pas, nous n'en vendons pas. Un chiffre lancé ici serait une invention, et un article qui invente un prix pour capter une recherche ne vaut pas la peine d'être écrit. Les ateliers d'orfèvrerie liturgique et les maisons spécialisées font ce métier, pas nous.
Second temps, et il est plus intéressant : l'Église elle-même met en garde contre le commerce de ces objets. Une note du service juridique de la Conférence des évêques de France, rédigée en juin 2010 après des ventes aux enchères d'objets religieux, rappelle plusieurs règles.
- Un principe : un objet sacré ne doit pas être aliéné, même si son transfert de propriété reste possible, et seulement entre personnes juridiques canoniques publiques, comme une paroisse, un diocèse, un institut de vie consacrée ou une association publique de fidèles.
- Une précision : l'aliénation d'objets précieux en raison de leur valeur historique ou artistique requiert l'autorisation du Saint-Siège, au titre du canon 1292 § 2.
- Une mise en garde nominative : il y a lieu d'éviter toute commercialisation indue de tout objet sacré en général, « tout spécialement les calices, ciboires, patènes ou ostensoirs intrinsèquement liés à la célébration de l'eucharistie ».
La note ajoute un volet civil qu'on ignore souvent : en France, les objets mobiliers qui garnissaient les édifices du culte avant la loi de 1905 sont devenus la propriété des collectivités publiques, et l'affectation légale au culte les rend inaliénables tant qu'ils n'ont pas été désaffectés. Un ciboire ancien trouvé en brocante n'est donc pas nécessairement un objet qui pouvait être vendu. Si vous en détenez un, le bon interlocuteur est la paroisse ou le diocèse, pas un acheteur.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un calice et un ciboire ?
Le contenu, et le couvercle qui en découle. Le calice reçoit le vin qui devient le Sang du Christ pendant la messe, et il se vide avant la fin de la célébration. Le ciboire reçoit et conserve les hosties consacrées, pour la communion des fidèles pendant la messe et en dehors d'elle, et il rejoint le tabernacle. C'est parce qu'il conserve que le ciboire porte un couvercle, souvent surmonté d'une croix, et parce qu'il ne conserve rien que le calice n'en a pas. Deux conséquences moins connues : la règle de la coupe non poreuse ne vise que les vases destinés au Sang du Seigneur, donc pas le ciboire, et les deux objets relèvent en revanche des mêmes règles de métal noble, puisque les textes les rangent ensemble parmi les vases sacrés.
Qu'est-ce qu'un ciboire ?
C'est le vase sacré destiné à recevoir et à conserver les hosties consacrées, en vue de leur distribution aux fidèles, soit pendant la messe, soit en dehors de la messe. Le lexique liturgique de la Conférence des évêques en donne cette définition, et ajoute la description : une forme habituellement hémisphérique, et un couvercle, souvent surmonté d'une croix, qui le distingue du calice. Entre les messes, le ciboire est déposé dans le tabernacle, derrière une porte fermée à clef, sous une lampe allumée en permanence. Le droit de l'Église le nomme expressément au canon 939, qui demande que les hosties y soient conservées en quantité suffisante pour les besoins des fidèles et fréquemment renouvelées.
C'est quoi le siboire ?
C'est le même objet, écrit comme on l'entend. L'orthographe correcte est « ciboire », avec un c, parce que le mot vient du grec kibôrion, le nom d'un fruit de nénuphar d'Égypte et, par extension, d'une coupe qui en avait la forme. La graphie « siboire » n'existe pas dans le vocabulaire liturgique, mais la confusion est logique : le c se prononce comme un s devant un i. Si vous cherchiez ce mot, la réponse est dans cet article : le ciboire est le vase à couvercle qui conserve les hosties consacrées au tabernacle.
Quel est le synonyme de "ciboire" ?
Il n'y en a pas d'exact, et c'est la réponse honnête. Le seul équivalent que les textes officiels emploient est le terme générique « vase sacré », et le droit canonique écrit d'ailleurs, au canon 939, que les hosties consacrées sont conservées « dans un ciboire ou dans un vase ». Attention à un faux ami très répandu : on lit souvent que « pyxide » serait un synonyme de ciboire, alors que le lexique liturgique de la Conférence des évêques réserve ce mot à la custode, la petite boîte qui conserve la lunule ou qui sert à porter la communion aux malades. Ciboire et pyxide désignent donc, dans ce vocabulaire, deux objets différents.
Où est rangé le ciboire entre deux messes ?
Dans le tabernacle, et le mot désigne une armoire verrouillée, pas un meuble décoratif. Le Missel romain demande qu'il soit normalement unique, fixe, fait d'un matériau solide et à l'abri des effractions, non transparent, et si bien fermé que soit évité au maximum tout danger de profanation. Il précise aussi, et cela surprend souvent, qu'il est plus conforme à la vérité du signe que le tabernacle ne soit pas placé sur l'autel où la messe est célébrée : il se trouve donc dans le sanctuaire en dehors de cet autel, ou dans une chapelle adaptée à l'adoration. Une lampe allumée en permanence signale la présence, et la clef doit être gardée avec le plus grand soin.
Qui peut toucher un ciboire ?
Pour la purification, le Missel romain nomme trois personnes et trois seulement : le prêtre, le diacre, l'acolyte institué. Pour la distribution de la communion, le prêtre prend la patène ou le ciboire, et il peut se faire aider par d'autres prêtres, par un acolyte institué ou, si le nombre de communiants est vraiment élevé, par des ministres extraordinaires de la communion, qui reçoivent toujours les saintes espèces de sa main. En dehors de la célébration, le ciboire est rangé au tabernacle ou en sacristie. Et une règle plus large s'applique à tous : le canon 935 interdit à quiconque de conserver l'Eucharistie chez soi ou de l'emporter en voyage, sauf besoin pastoral et dans le respect des dispositions de l'évêque.
Un vase qui existe pour ceux qui ne sont pas là
Deux idées à emporter, et ce sont celles par lesquelles nous avons commencé. La première : le ciboire se définit par ce qu'il conserve, et tout le reste en découle, du couvercle à la dorure intérieure, de la clef du tabernacle à la lampe qui brûle devant. La seconde : sa différence avec le calice ne se joue pas sur la forme mais sur la fonction, parce que l'un sert et se vide, et que l'autre garde.
Il reste cette phrase du numéro 129 de l'instruction de 2004, qui donne à l'objet son vrai sens et qu'on ne lit presque jamais : si les saintes espèces sont conservées après la messe, c'est principalement pour les fidèles qui ne peuvent pas y assister, et d'abord les malades et les personnes âgées. Le plus discret des vases sacrés est celui qui travaille pour les absents. Si le chemin des sacrements vous intéresse pour lui-même, nous l'avons parcouru dans notre article sur les 7 sacrements de l'Église catholique, et nous avons rassemblé des idées pour accompagner une première communion.
Nous ne vendons pas de ciboire et nous ne vous en proposerons pas : notre métier est le bijou, et l'Église elle-même met en garde contre le commerce des vases sacrés. Si vous êtes venu pour l'objet liturgique, nous espérons avoir répondu, et c'était le seul but. Et si vous cherchez par ailleurs un signe chrétien à porter ou à offrir, découvrez nos médailles de saints, nos colliers croix et l'ensemble de nos bijoux croix, en acier inoxydable ou en argent 925, livrés dans leur écrin.
Sources
- Liturgie et Sacrements, lexique, entrée « Ciboire », d'après le Dictionnaire de Liturgie de Dom Robert Le Gall : l'étymologie (« Du grec kibôrion : fruit du nénuphar d'Egypte et, par extension, coupe ayant la forme de ce fruit »), la définition du vase sacré destiné à recevoir et à conserver les hosties consacrées pendant la messe et en dehors d'elle, la forme habituellement hémisphérique, et le couvercle « souvent surmonté d'une croix » qui le distingue du calice.
- Liturgie et Sacrements, lexique, entrée « Custode » : l'étymologie (du latin custodia, « action de garder, de conserver »), la boîte métallique qui conserve la lunule destinée à l'ostensoir, le dépôt au tabernacle dans la custode ou pyxide, et la petite boîte « destinée aux hosties à porter en viatique ou en communion aux malades ».
- Code de Droit Canonique, cann. 934 à 944, « La réserve et la vénération de la très sainte Eucharistie » : le can. 935 (interdiction de conserver l'Eucharistie chez soi ou de l'emporter en voyage), le can. 937 (église ouverte quelques heures par jour), le can. 938 (tabernacle inamovible, non transparent, et clef « gardée avec le plus grand soin »), le can. 939 (les hosties consacrées conservées « dans un ciboire ou dans un vase », en quantité suffisante et fréquemment renouvelées), le can. 940 (lampe constamment allumée) et le can. 941 (exposition « aussi bien avec le ciboire qu'avec l'ostensoir »).
- Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, « Présentation générale du Missel romain » : le ciboire préparé à la crédence au n. 118 et admis sur la table de l'autel au n. 306 ; la communion au n. 160 ; la purification de la patène ou du ciboire au-dessus du calice au n. 163, les trois ministres de la purification au n. 279 et la parcelle tombée au n. 280 ; le tabernacle aux nn. 314 à 317, dont le n. 315 (« il est plus conforme à la vérité du signe que le tabernacle [...] ne soit pas sur l'autel où la messe est célébrée ») et la lampe du n. 316 ; les vases sacrés aux nn. 327 à 334, dont le métal noble et la dorure intérieure au n. 328, les bois durs admis au jugement de la Conférence des évêques au n. 329, la coupe non poreuse réservée aux vases du Sang du Seigneur au n. 330, la forme laissée à l'artiste au n. 332, la bénédiction au n. 333 et la piscine de sacristie au n. 334.
- Conférence des évêques de France, service juridique, « Vente d'objets de culte ou de reliques » (juin 2010) : le principe de non-aliénation de l'objet sacré et la limitation des transferts aux personnes juridiques canoniques publiques, l'autorisation du Saint-Siège pour les objets précieux (canon 1292 § 2), la mise en garde contre toute commercialisation indue « tout spécialement [des] calices, ciboires, patènes ou ostensoirs intrinsèquement liés à la célébration de l'eucharistie », et le régime civil d'affectation au culte issu de la loi du 9 décembre 1905.
Sont également citées en clair, sans lien : les entrées « Pavillon », « Conopée », « Pyxide » et « Tabernacle » du même lexique de Liturgie et Sacrements ; le glossaire de l'Église catholique en France, entrée « Ciboire » ; l'instruction Redemptionis Sacramentum de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements (2004), nn. 117, 118, 129 et 133 ; et la traduction liturgique officielle de la Bible (AELF), Évangile selon saint Matthieu, chapitre 26, verset 26.
Nos sources
- Liturgie et Sacrements (SNPLS, Conférence des évêques de France), lexique, entrée « Ciboire » d'après le Dictionnaire de Liturgie de Dom Robert Le Gall : l'étymologie grecque (kibôrion, « fruit du nénuphar d'Egypte »), la définition du vase sacré destiné à recevoir et à conserver les hosties consacrées, la forme hémisphérique, et le couvercle qui le distingue du calice (nouvelle fenêtre) Église officielle, service national de liturgie
- Liturgie et Sacrements, lexique, entrée « Custode » : l'étymologie latine (custodia, « action de garder »), la boîte métallique qui conserve la lunule, et la petite boîte destinée aux hosties à porter en viatique ou en communion aux malades (nouvelle fenêtre) Église officielle, service national de liturgie
- Code de Droit Canonique, livre IV, titre III, chapitre II, « La réserve et la vénération de la très sainte Eucharistie », cann. 934 à 944 : le ciboire nommé au can. 939, le tabernacle et sa clef au can. 938, la lampe au can. 940, l'exposition au ciboire ou à l'ostensoir au can. 941, et l'interdiction de conserver l'Eucharistie chez soi au can. 935 (nouvelle fenêtre) Magistère, droit universel de l'Église
- Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, « Présentation générale du Missel romain » : les vases sacrés aux nn. 327 à 334 (métal noble, dorure intérieure, bois durs admis, forme distincte des vases d'usage quotidien, bénédiction, piscine de sacristie), le ciboire à la crédence au n. 118 et sur l'autel au n. 306, la communion au n. 160, la purification aux nn. 163, 279 et 280, le tabernacle aux nn. 314 à 317 (nouvelle fenêtre) Magistère, Congrégation romaine
- Conférence des évêques de France, service juridique, « Vente d'objets de culte ou de reliques » (juin 2010) : le principe de non-aliénation de l'objet sacré, les transferts limités aux personnes juridiques canoniques publiques, l'autorisation du Saint-Siège pour les objets précieux (canon 1292 § 2), et la mise en garde contre toute commercialisation indue des calices, ciboires, patènes et ostensoirs (nouvelle fenêtre) Église officielle, service juridique de la CEF
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