Chemin de croix : les 14 stations, une par une

Mis à jour le 25 min de lecture

chemin de croix
Sommaire
  1. C'est quoi le chemin de la croix ?
  2. Quelles sont les 14 étapes du chemin de croix ?
  3. D'où vient le chemin de croix : les franciscains et Jérusalem
  4. Le chemin de croix du Vendredi saint
  5. Le chemin de croix en paroisse, et celui qu'on prie seul
  6. Le chemin de croix biblique de Jean-Paul II (1991)
  7. Que signifie l'expression « un chemin de croix »
  8. Porter la croix du chemin de croix
  9. Questions fréquentes
  10. Un chemin qui ne s'arrête pas au tombeau
  11. Sources

En bref

  • Le chemin de croix suit la montée de Jésus au Calvaire en quatorze stations, marquées par quatorze croix de bois sur les murs d'une église, le plus souvent accompagnées d'une image.
  • Huit stations sur quatorze sont racontées par l'Évangile. Cinq ne le sont pas du tout : les trois chutes, la rencontre avec sa Mère, Véronique. La treizième ne l'est qu'à moitié.
  • Ce n'est pas une liturgie, c'est une dévotion. L'Église ne l'a jamais érigée en célébration officielle, et c'est pour cela qu'il existe autant de textes.
  • La dévotion vient des franciscains, qui conduisaient les pèlerins de Jérusalem du tribunal de Pilate au Calvaire, puis en ont fait des représentations pour ceux qui ne pouvaient pas y aller.
  • En 1991, Jean-Paul II a prié un chemin de croix entièrement biblique, dont chaque station cite un verset. Il n'a pas remplacé l'autre : le Colisée suit encore la liste traditionnelle.

Vous cherchez les quatorze stations dans l'ordre, pour les prier chez vous ou pour suivre une procession du Vendredi saint ? Vous vous demandez si l'histoire de Véronique et les trois chutes sont vraiment dans la Bible, parce que vous ne les y avez jamais lues ? Et quel texte dire, puisque chaque paroisse semble avoir le sien ?

Le chemin de croix est la méditation de la Passion, parcourue en quatorze étapes du jugement de Pilate au tombeau. Huit de ces étapes sont dans l'Évangile, une y est à moitié, et cinq viennent de la seule tradition chrétienne, sans aucun verset derrière elles. Nous vous donnons ici la liste complète, station par station, avec le texte liturgique pour celles qui en ont un et un aveu franc pour celles qui n'en ont pas. Puis l'origine franciscaine, la place du Vendredi saint, la manière de le prier seul, et le chemin de croix biblique de 1991 qui corrige précisément ce point.

C'est quoi le chemin de la croix ?

C'est une marche de prière. On avance le long de quatorze arrêts, appelés stations, et à chacun on s'arrête pour méditer un moment de la Passion du Christ. Le corps est associé à la méditation, écrit la Commission diocésaine d'Art Sacré de Paris : la marche, les images et les formules récitées soutiennent la pensée. On ne lit pas la Passion assis, on la refait debout.

Concrètement, dans une église, le chemin de croix consiste en quatorze croix de bois fixées sur les murs, accompagnées d'une peinture ou d'une sculpture qui représente le sujet de la station. Elles sont disposées de telle manière qu'en les parcourant on fasse le tour complet de l'église, le plus souvent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Si vous ne les avez jamais remarquées, regardez les murs de votre paroisse dimanche prochain : elles y sont presque toujours.

Point important, et il explique beaucoup de choses : ce n'est pas un acte liturgique. L'Église catholique en France le formule ainsi : la piété des fidèles a trouvé dans le chemin de croix un moyen d'exprimer sa dévotion en dehors de la liturgie proprement dite. Le diocèse de Paris le redit de son côté : l'Église n'en a jamais fait une liturgie. C'est une dévotion populaire, encadrée mais libre, et c'est pour cela qu'aucun texte unique ne s'impose.

Quelles sont les 14 étapes du chemin de croix ?

Voici la liste traditionnelle, telle que la publie l'Église catholique en France. Nous y ajoutons la colonne que personne ne met jamais : est-ce dans l'Évangile, oui ou non. Les références renvoient à la traduction liturgique officielle, celle qu'on entend à la messe.

Station Ce qu'elle médite Dans l'Évangile ?
1 Jésus est condamné à mort Oui : Lc 23, 24 et Jn 19, 16
2 Jésus est chargé de sa croix Oui : Jn 19, 17
3 Jésus tombe sous le bois de la croix Non, aucun verset
4 Jésus rencontre sa Mère Non sur le chemin. Marie est au pied de la croix, Jn 19, 25
5 Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix Oui : Lc 23, 26
6 Véronique essuie la face de Jésus Non, ni le geste ni le nom
7 Jésus tombe pour la seconde fois Non, aucun verset
8 Jésus console les filles de Jérusalem Oui : Lc 23, 27-28
9 Jésus tombe pour la troisième fois Non, aucun verset
10 Jésus est dépouillé de ses vêtements Oui : Jn 19, 23
11 Jésus est attaché à la croix Oui : Jn 19, 18 et Lc 23, 33
12 Jésus meurt sur la croix Oui : Jn 19, 30 et Lc 23, 46
13 Jésus est descendu de la croix et remis à sa mère À moitié : la descente est en Lc 23, 53, la remise à sa mère n'y est pas
14 Jésus est mis dans le sépulcre Oui : Lc 23, 53 et Jn 19, 41-42

Le compte est donc celui-ci : huit stations entièrement attestées, cinq qui ne le sont pas, une qui l'est pour sa première moitié. Ce n'est ni un scandale ni un secret, et les sections qui suivent expliquent pourquoi.

Les huit stations que l'Évangile raconte

Pour celles-là, vous pouvez poser le texte à côté de l'image, et c'est ce qui rend la méditation solide. Quelques-uns de ces versets, dans la traduction liturgique.

À la première station, Pilate cède : « Alors Pilate décida de satisfaire leur requête ». À la cinquième, le réquisitionné a un nom et même un itinéraire : « Comme ils l'emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu'il la porte derrière Jésus. » À la huitième, Jésus parle, et c'est la seule parole adressée à quelqu'un sur le chemin : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! »

Un détail vaut d'être signalé, parce qu'il fait tiquer les lecteurs attentifs : la deuxième et la cinquième station ne viennent pas du même évangéliste. Jean écrit que Jésus porte sa croix lui-même, « Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne », et il ne mentionne pas Simon de Cyrène. Luc, Marc et Matthieu racontent l'inverse. Les deux stations sont donc bien dans l'Évangile, mais pas dans le même, et le chemin de croix les met bout à bout. Ce n'est pas une contradiction cachée, c'est la manière dont une dévotion compose avec quatre récits.

Pour la dixième station, Jean est très précis sur le partage des vêtements : les soldats en font quatre parts, une par soldat, et tirent au sort la tunique sans couture. Pour la douzième, les deux dernières paroles diffèrent selon l'évangéliste, « Père, entre tes mains je remets mon esprit » chez Luc, « Tout est accompli » chez Jean. Et pour la quatorzième, le tombeau est neuf, taillé dans le roc, et personne n'y avait encore été déposé.

Les cinq stations que l'Évangile ne raconte pas

Autant le dire sans tourner autour : les trois chutes, la rencontre avec sa Mère sur le chemin et Véronique ne figurent dans aucun des quatre récits de la montée au Calvaire. Nous avons relu les quatre chapitres qui la racontent, Matthieu 27, Marc 15, Luc 23 et Jean 19, dans la traduction liturgique : pas une chute, pas un visage essuyé, pas une rencontre avec Marie en chemin. Marie est présente, mais plus tard et ailleurs, debout près de la croix, et c'est là que Jésus lui dit « Femme, voici ton fils ».

Ce constat n'est pas une audace de notre part. C'est exactement celui que le diocèse de Paris attribue à Jean-Paul II quand il rappelle qu'en 1991 le pape a supprimé « les stations sans référence biblique », et qu'il les nomme : les trois chutes de Jésus, sa rencontre avec sa mère, et celle avec Véronique. Cinq stations, précisément celles de notre tableau.

Faut-il pour autant les jeter ? Non, et il vaut la peine de comprendre pourquoi elles sont là. Une dévotion n'est pas un commentaire exégétique : elle met en scène ce que le texte laisse en creux. Un condamné épuisé qui porte son gibet sur plusieurs centaines de mètres tombe, c'est une évidence de bon sens plus qu'une invention. Une mère dont le fils passe sous ses yeux cherche son regard. Et Véronique, dont le nom même est une construction tardive, porte une idée simple et juste : au milieu d'une foule hostile, quelqu'un fait un geste de tendresse. Ce sont des stations vraies au sens où elles disent vrai sur la Passion, pas au sens où elles rapportent un fait daté. La seule faute serait de les présenter comme bibliques, et c'est pour ça que nous le signalons.

La treizième station, à moitié dans le texte

Elle mérite sa ligne à part, parce qu'elle est la plus représentée en peinture et la moins exacte dans son intitulé complet. La descente de croix, elle, est bien dans l'Évangile : Luc écrit que Joseph d'Arimathie « le descendit de la croix, l'enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc ». Marc le dit de la même façon. En revanche, le corps n'est jamais remis à sa mère dans aucun des quatre récits. C'est la Pietà qui a imposé cette image, et elle l'a imposée avec une telle force que l'intitulé traditionnel de la station l'a intégrée. L'Église catholique en France publie bien « Jésus est descendu de la croix et remis à sa mère ». La première moitié est biblique, la seconde est iconographique.

Et la quinzième station

Vous la verrez parfois, surtout dans les chemins de croix récents. Quatorze est le nombre traditionnel, mais on ajoute aujourd'hui parfois une quinzième station, celle du tombeau vide, précise l'Église catholique en France, qui relie ainsi toutes les stations à la Résurrection. L'intention est claire : un chemin de croix qui s'arrête à la pierre roulée devant l'entrée raconte une moitié de l'histoire. Certaines paroisses la célèbrent, d'autres gardent les quatorze. Les deux usages existent.

D'où vient le chemin de croix : les franciscains et Jérusalem

La dévotion est née d'un déplacement réel, pas d'un texte. Aux XIVe et XVe siècles, les franciscains prirent l'initiative d'inviter les pèlerins venus à Jérusalem à participer à la Passion en allant du tribunal de Pilate au Calvaire, rapporte la Commission diocésaine d'Art Sacré de Paris. On marchait sur le terrain, dans la ville, là où les événements avaient eu lieu, et c'est de cette marche que le mot station nous vient : les étapes du chemin parcouru par Jésus lors de sa montée au Calvaire.

Puis vient l'idée qui fait tout basculer. À partir du XVe siècle, pour ceux qui ne pouvaient pas aller à Jérusalem, les franciscains firent des représentations des épisodes de la Passion, afin que l'on puisse méditer les souffrances de Jésus sans quitter sa ville. C'est l'invention du chemin de croix tel que nous le connaissons : un pèlerinage transposé, tenant dans une église de village. La diffusion de la dévotion leur revient.

Le nombre, lui, a mis longtemps à se fixer. Il a varié jusqu'à la fin du XVIIe siècle, où il fut arrêté à quatorze par les papes Clément XII et Benoît XIV, qui précisèrent aussi la forme du chemin de croix, sans jamais en faire une liturgie. Avant eux, on comptait parfois sept stations, parfois davantage, selon les lieux et les ordres. La liste que vous avez lue plus haut est donc le résultat d'une mise en ordre tardive, et non une donnée reçue des Écritures. Cela aussi explique les cinq stations sans verset.

Le chemin de croix du Vendredi saint

C'est son jour le plus évident, et c'est sans doute pour un Vendredi saint que vous cherchez un texte. Le Vendredi saint, l'Église fait suivre le Christ pas à pas dans le combat qu'il a accepté de vivre, écrit l'Église catholique en France. En paroisse, le chemin de croix est souvent proposé à 15 heures ou dans l'après-midi, parfois en procession dans la rue, parfois à l'intérieur de l'église.

Attention à une confusion fréquente : le chemin de croix n'est pas l'office du Vendredi saint. L'office solennel, appelé célébration de la Passion du Seigneur, a sa propre structure, décrite par le service national de liturgie de la Conférence des évêques de France : trois lectures dont la dernière est la Passion selon saint Jean, une prière universelle développée, l'adoration de la Croix, puis la communion, sans consécration ce jour-là. Le chemin de croix se place à côté, comme une dévotion. Les deux se vivent souvent le même jour, à des heures différentes.

À Rome, le pape préside chaque année un chemin de croix au Colisée le soir du Vendredi saint. Le livret publié par l'Office des célébrations liturgiques du Souverain Pontife pour le Vendredi saint 3 avril 2026 suit les quatorze stations traditionnelles, les trois chutes et Véronique comprises. Autrement dit, la version biblique de 1991 n'a pas remplacé l'ancienne : elles coexistent, et c'est utile à savoir quand on choisit un texte. Si vous préparez votre Carême plus largement, nous avons détaillé les dates, les trois piliers et la manière de bien vivre le Carême dans un article à part.

Le chemin de croix en paroisse, et celui qu'on prie seul

En paroisse, communautaire et processionnel

La pratique du chemin de croix peut se faire de manière solennelle, communautaire et processionnelle, ou de manière privée, au sein d'une église ou même en pleine ville. Dans la forme communautaire, un célébrant ou un animateur annonce la station, on chante un verset entre deux arrêts, souvent une strophe du Stabat Mater, et un lecteur donne la méditation. Le déplacement se fait réellement, d'une croix à l'autre, et c'est là tout l'intérêt : on ne suit pas la Passion du regard, on la suit avec les pieds.

Le vendredi de Carême est le second créneau habituel, en plus du Vendredi saint. Beaucoup de paroisses en proposent un chaque vendredi des quarante jours, parfois le matin, parfois le soir. Renseignez-vous à l'accueil : ce sont rarement des horaires fixes d'une année sur l'autre.

Le prier seul, chez soi ou dans une église vide

C'est la forme la plus accessible, et personne ne vous demandera d'autorisation. Entrez dans une église en semaine, trouvez la première croix, et faites le tour. Trois éléments suffisent : la marche, la méditation et l'intercession, selon l'Église catholique en France, qui ajoute une remarque précieuse sur le mouvement : le déplacement physique invite à un déplacement intérieur, il s'agit de suivre le Christ pas à pas et non de le précéder.

Si vous le priez à la maison, un support visuel aide beaucoup. Une image du chemin de croix pendant le Carême est l'un des objets que nous recommandons dans notre guide pour faire un coin de prière chez soi, au même titre que la couronne de l'Avent en décembre. Un crucifix posé devant vous remplit le même office : vous trouverez nos repères sur où placer un crucifix dans la maison.

Prière des 14 stations, méditation, et les PDF qu'on cherche

Beaucoup de gens arrivent ici en cherchant un chemin de croix en PDF, à télécharger gratuitement, pour l'imprimer et l'avoir en main. C'est un réflexe sain, et voici où regarder sans se tromper. Les diocèses français publient chaque année leurs propres livrets, en libre accès, et c'est la source la plus fiable, parce qu'elle est relue. Le Saint-Siège met en ligne le livret complet du chemin de croix du Colisée, méditations comprises, dans huit langues dont le français. Tapez le nom de votre diocèse suivi de « chemin de croix » et vous tomberez dessus.

Un mot sur la structure, parce qu'elle est toujours la même et que vous pouvez la tenir de tête. À chaque station : l'annonce du titre, le verset ou la lecture, une méditation courte, une oraison, puis le Notre Père ou un verset chanté avant de passer à la suivante. Le refrain classique entre les stations est Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi, « Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car par ta sainte croix tu as racheté le monde ». Si vous ne retenez qu'une chose, retenez ce verset : il suffit à faire un chemin de croix. Pour les prières de base qui l'accompagnent, notre article sur l'acte de contrition donne les textes exacts et leurs variantes.

Le chemin de croix biblique de Jean-Paul II (1991)

Voilà la réponse de l'Église elle-même au problème des cinq stations. En 1991, pour le Vendredi saint, Jean-Paul II a prié un chemin de croix dont les quatorze stations citent toutes un verset de l'Évangile. Le texte intégral est en ligne sur le site du Saint-Siège, publié par l'Office des célébrations liturgiques du Souverain Pontife, sous le titre Via Crucis, Venerdì Santo 1991. Nous le signalons honnêtement : cette page n'existe qu'en italien, le Saint-Siège n'en ayant pas mis de version française en ligne, contrairement aux chemins de croix plus récents.

La différence se voit dès la première station. Là où la liste traditionnelle commence au prétoire, celle de 1991 commence au jardin des Oliviers, et remonte donc plus haut dans le récit. Elle intègre des épisodes que la liste traditionnelle ignore, l'arrestation par Judas, le reniement de Pierre, la promesse au bon larron, et elle laisse de côté les cinq stations sans verset. Voici les quatorze, avec la référence que le texte romain donne pour chacune.

Station Chemin de croix biblique, 1991 Référence citée
1 Jésus au jardin des Oliviers Mc 14, 32-36
2 Jésus, trahi par Judas, est arrêté Mc 14, 13. 45-46
3 Jésus est condamné par le Sanhédrin Mc 14, 55. 60-61. 62. 64
4 Jésus est renié par Pierre Mc 14, 72
5 Jésus est jugé par Pilate Mc 15, 14-15
6 Jésus est flagellé et couronné d'épines Mc 15, 17-19
7 Jésus est chargé de la croix Mc 15, 20
8 Simon de Cyrène aide Jésus à porter la croix Mc 15, 21
9 Jésus rencontre les femmes de Jérusalem Lc 23, 27-28
10 Jésus est crucifié Mc 15, 24
11 Jésus promet son Royaume au bon larron Lc 23, 39-40. 42
12 Jésus sur la croix, sa mère et son disciple Jn 19, 26-27
13 Jésus meurt sur la croix Mc 15, 34. 36-37
14 Jésus est déposé au sépulcre Mc 15, 46

Les références sont reproduites telles que la page romaine les imprime, versets sautés compris. Une précision de lecteur attentif, parce que nous l'avons vue en relisant le texte servi : à la deuxième station, la page imprime « Mc 14, 13 », alors que le passage cité est bien le verset 43, l'arrivée de Judas avec la foule armée. C'est une coquille du document, pas une autre référence.

Le texte romain de 1991 ouvre sur une prière qui donne la clé de ce choix : dans le récit évangélique de la Passion, des hommes et des femmes du temps de Jésus prennent part soit à la condamnation de l'Innocent, soit, par une compassion aimante, à la douleur du Juste. Leur comportement, dit le pape, inspire notre méditation. C'est une liste construite autour des personnes qui traversent le récit, Judas, Pierre, Pilate, Simon, les femmes, le bon larron, Marie, Jean, et c'est ce qui lui donne sa cohérence propre. Ce n'est pas la liste traditionnelle expurgée, c'est une autre liste.

Laquelle choisir ? Les deux sont pleinement catholiques et vous n'avez aucun arbitrage doctrinal à faire. La liste traditionnelle est celle de votre église, celle des quatorze croix sur les murs, et celle que le Colisée suit encore en 2026. La liste biblique convient mieux si vous voulez prier texte en main, ou si l'absence de verset sur cinq stations vous gêne. À Paris, des églises ont des chemins de croix réalisés selon les modifications de Jean-Paul II, et d'autres restent sur les quatorze classiques.

Que signifie l'expression « un chemin de croix »

C'est l'autre raison pour laquelle on tape ces mots, et elle n'a rien de liturgique. Dans la langue courante, « un chemin de croix » désigne une épreuve longue, pénible et subie, une suite de difficultés qu'on traverse sans pouvoir s'arrêter. On dit d'un malade, d'un dossier administratif ou d'une procédure qu'ils ont été un chemin de croix.

L'expression est exacte dans ce qu'elle emprunte, et incomplète dans ce qu'elle laisse. Le chemin de croix chrétien n'est pas une suite d'épreuves sans issue, et c'est justement ce que l'Église catholique en France souligne : il débouche sur la lumière de la Résurrection, celui qui le parcourt avec foi sème l'espoir. La quinzième station, le tombeau vide, a été ajoutée par certains pour que ce point ne puisse plus échapper à personne. Autrement dit, l'usage courant garde la montée et oublie le sommet.

Porter la croix du chemin de croix

Une fois le Vendredi saint passé, il reste un objet, et c'est souvent celui qui ramène à la prière le reste de l'année. Le chemin de croix ne mène pas à une médaille ni à un symbole particulier : il mène à la croix elle-même. C'est la seule forme dont la dévotion parle, de la première station à la quatorzième.

Le choix qui se pose alors est celui de la croix nue ou du crucifix, c'est-à-dire la croix portant le corps du Christ. Les deux disent la même foi avec un accent différent, la Passion d'un côté, la Résurrection de l'autre, et nous avons détaillé ce choix dans notre article sur la croix de Jésus et le crucifix. Si le symbole lui-même vous intéresse plus que l'objet, les différentes croix chrétiennes et leur signification en font le tour. Et pour la couronne d'épines, qui revient à la sixième station du chemin de croix biblique, nous avons écrit un article séparé sur la couronne d'épines, sa signification et la relique de Notre-Dame.

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Questions fréquentes

C'est quoi le chemin de la croix ?

C'est la méditation de la Passion du Christ parcourue en quatorze étapes, appelées stations, du jugement de Pilate à la mise au tombeau. Dans une église, quatorze croix de bois fixées aux murs en jalonnent le parcours, le plus souvent accompagnées d'une image. On avance de l'une à l'autre en s'arrêtant à chacune pour prier. Ce n'est pas une liturgie officielle mais une dévotion, née chez les franciscains à Jérusalem.

Quelles sont les 14 étapes du chemin de croix ?

Dans l'ordre traditionnel : Jésus est condamné à mort, chargé de sa croix, il tombe une première fois, rencontre sa Mère, Simon de Cyrène l'aide à porter sa croix, Véronique essuie sa face, il tombe une seconde fois, console les filles de Jérusalem, tombe une troisième fois, est dépouillé de ses vêtements, attaché à la croix, meurt sur la croix, est descendu de la croix et remis à sa mère, puis mis dans le sépulcre. Huit de ces étapes sont racontées par l'Évangile, cinq ne le sont pas, et la treizième l'est à moitié.

Que signifie l'expression « un chemin de croix » ?

Dans le langage courant, elle désigne une épreuve longue et pénible qu'on subit sans pouvoir l'interrompre. L'image vient directement de la montée de Jésus au Calvaire. Elle en retient la difficulté, mais pas l'issue : le chemin de croix chrétien débouche sur la Résurrection, et certaines paroisses ajoutent une quinzième station, celle du tombeau vide, pour que cette fin soit explicite.

Quel est le texte du chemin de croix ?

Il n'y en a pas un seul, et c'est voulu : l'Église n'a jamais fait du chemin de croix une liturgie, elle n'en a donc pas fixé le texte. La structure, en revanche, est constante : titre de la station, verset ou lecture, méditation, oraison, puis un verset chanté avant la station suivante, le plus souvent Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi. Pour un texte sûr, prenez le livret de votre diocèse ou celui du chemin de croix du Colisée publié par le Saint-Siège.

Véronique et les trois chutes sont-elles dans la Bible ?

Non. Nous avons relu les quatre chapitres qui racontent la montée au Calvaire, Matthieu 27, Marc 15, Luc 23 et Jean 19, dans la traduction liturgique : aucune chute, aucun visage essuyé, aucun nom de Véronique. Le diocèse de Paris le dit de la même manière en rappelant qu'en 1991 Jean-Paul II a supprimé les stations sans référence biblique, et qu'il s'agit précisément des trois chutes, de la rencontre avec sa mère et de Véronique. Ces stations restent légitimes comme méditation, elles ne sont simplement pas des faits rapportés.

Peut-on faire le chemin de croix seul, en dehors du Vendredi saint ?

Oui, sans aucune formalité. La pratique peut être solennelle et processionnelle comme privée, dans une église ou même en pleine ville. Entrez dans une église ouverte en semaine, commencez à la première croix et faites le tour. Les vendredis de Carême sont le créneau le plus courant après le Vendredi saint, mais rien n'interdit un autre jour de l'année.

Un chemin qui ne s'arrête pas au tombeau

Vous avez maintenant les deux choses par lesquelles nous avons commencé. La liste des quatorze stations, dans l'ordre, avec pour chacune la mention honnête de sa présence ou de son absence dans l'Évangile : huit attestées, cinq venues de la tradition, une à moitié. Et le texte de 1991, si vous préférez un chemin de croix dont chaque station cite un verset.

Reste ce que la liste ne dit pas et qui est l'essentiel. Un chemin de croix n'est pas un exercice de mémoire : c'est une marche. On se lève, on avance d'une croix à l'autre, et quatorze arrêts plus loin on a suivi quelqu'un au lieu de l'avoir lu. Découvrez nos colliers croix, nos pendentifs croix et nos bagues croix, pour vous ou à offrir, en acier inoxydable ou en argent 925.

Sources

  • AELF, Évangile selon saint Luc, chapitre 23 : « Alors Pilate décida de satisfaire leur requête » (v. 24), Simon de Cyrène chargé de la croix « pour qu'il la porte derrière Jésus » (v. 26), les filles de Jérusalem (v. 27-28), la crucifixion au lieu dit Le Crâne (v. 33), « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (v. 46), la descente de croix et le tombeau taillé dans le roc (v. 53).
  • AELF, Évangile selon saint Jean, chapitre 19 : Jésus livré pour être crucifié (v. 16), « portant sa croix » vers le Golgotha (v. 17), crucifié entre deux autres (v. 18), les habits partagés en quatre parts et la tunique sans couture (v. 23), sa mère près de la croix et « Femme, voici ton fils » (v. 25-27), « Tout est accompli » (v. 30), le tombeau neuf dans le jardin (v. 41-42).
  • Église catholique en France, « Quel est le sens du Chemin de croix ? » : la liste officielle des quatorze stations traditionnelles, la quinzième station du tombeau vide ajoutée aujourd'hui par certains, la dévotion exercée « en dehors de la liturgie proprement dite », et les trois dimensions de la marche, de la méditation et de l'intercession.
  • Commission diocésaine d'Art Sacré de Paris, « Les chemins de croix » : l'initiative franciscaine des XIVe et XVe siècles conduisant les pèlerins de Jérusalem du tribunal de Pilate au Calvaire, les représentations créées au XVe siècle pour ceux qui ne pouvaient pas s'y rendre, le nombre fixé à quatorze par Clément XII et Benoît XIV, les quatorze croix de bois sur les murs de l'église, et le fait qu'en 1991 Jean-Paul II a supprimé les stations sans référence biblique, nommément les trois chutes, la rencontre avec sa mère et celle avec Véronique.
  • Office des célébrations liturgiques du Souverain Pontife, « Via Crucis, Venerdì Santo 1991 » : le texte intégral du chemin de croix biblique de 1991, ses quatorze stations et la référence évangélique citée à chacune, ainsi que la prière initiale sur les hommes et les femmes du temps de Jésus. Page disponible en italien seulement.
  • Office des célébrations liturgiques du Souverain Pontife, livret et méditations du Chemin de Croix au Colisée, Vendredi Saint, 3 avril 2026 : les quatorze stations retenues cette année sont les traditionnelles, chutes et Véronique comprises. Relevé sur le document français publié par le Saint-Siège.
  • Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle (Conférence des évêques de France), entrée « Vendredi saint » du Dictionnaire de Liturgie de Dom Robert Le Gall : la structure de la célébration de la Passion du Seigneur, trois lectures dont la Passion selon saint Jean, prière universelle développée, adoration de la Croix, communion sans consécration ce jour-là.

Nos sources

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