La Chandeleur : les crêpes, et ce que l'Église fête

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chandeleur
Sommaire
  1. Que signifie la Chandeleur
  2. La fête du 2 février : la Présentation du Seigneur au Temple
  3. Luc 2, 22-40 : le récit, verset par verset
  4. Pourquoi quarante jours après Noël
  5. Les cierges, la procession, et le cierge qu'on rapporte chez soi
  6. Chandeleur origine : l'histoire de la fête, et ce qui est réellement attesté
  7. Pourquoi fait-on des crêpes à la Chandeleur
  8. La Chandeleur en France aujourd'hui
  9. Une fête de la lumière, et un signe qui se porte
  10. Questions fréquentes

Vous cherchez pourquoi on mange des crêpes le 2 février. Vous avez entendu dire qu'un pape les aurait distribuées aux pèlerins, ou que leur forme ronde représenterait le soleil. Et quelque part vous savez que la Chandeleur est une fête religieuse, sans trop savoir laquelle.

Voici la réponse courte : la Chandeleur est la fête de la Présentation de Jésus au Temple, et son nom vient des chandelles, pas des crêpes. Le 2 février, l'Église fait mémoire du jour où Marie et Joseph ont porté leur enfant au Temple de Jérusalem, où un vieillard nommé Syméon l'a reconnu comme « lumière qui se révèle aux nations ». C'est de ce mot que viennent les cierges, la procession, et le nom même de la fête. Quant aux crêpes, nous avons ouvert les sources d'Église une par une, et nous vous dirons franchement ce qu'elles attestent et ce qu'elles ne disent pas. Vous repartirez d'ici avec le récit exact, le compte des quarante jours, et la capacité de distinguer un fait documenté d'une explication qui se recopie.

En bref

  • Le 2 février, l'Église célèbre la Présentation du Seigneur au Temple. La « Chandeleur » est le nom populaire de cette fête, pas son titre officiel.
  • Le nom vient des chandelles. Le Dictionnaire de l'Académie française le fait remonter au XIIe siècle, du latin populaire festa candelorum, « fête des chandelles ». Ce jour-là, le prêtre bénit les cierges et toute l'assemblée marche en procession.
  • Le quarantième jour vient du Lévitique, pas de Luc. Sept jours plus trente-trois pour un garçon, soit quarante. En comptant le 25 décembre comme premier jour, le quarantième est le 2 février.
  • Aucune source d'Église que nous ayons lue ne parle de crêpes. Ni le Catéchisme, ni le Directoire sur la piété populaire, ni l'ORDO des évêques de France, ni les lexiques liturgiques. Le Dictionnaire de l'Académie française, lui, atteste l'expression « les crêpes de la Chandeleur » sans en donner l'origine.
  • Trois sources d'Église donnent trois chronologies différentes sur l'origine de la fête, et deux sur trois excluent qu'un pape du Ve siècle l'ait créée. Nous donnons les trois, nommées.
  • Le 2 février est aussi la Journée mondiale de la vie consacrée, instituée par Jean-Paul II en 1997.

Que signifie la Chandeleur

Quelle est la définition de la Chandeleur

Le Dictionnaire de l'Académie française, dans sa neuvième édition, la définit comme la « fête catholique célébrée le 2 février, qui commémore la présentation de Jésus au Temple et la purification de la Vierge ». Il ajoute deux exemples d'usage : « Le jour de la Chandeleur, le prêtre bénit les cierges » et « Les crêpes de la Chandeleur ».

Retenez la hiérarchie, parce que tout l'article en découle. La Chandeleur n'est pas le nom de la fête, c'est son surnom. Le titre officiel au calendrier romain est « Présentation du Seigneur au Temple ». Le lexique liturgique du Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, qui reprend le Dictionnaire de liturgie de Dom Robert Le Gall, l'écrit sans détour : Chandeleur est le « nom populaire de la fête du 2 février ».

Chandeleur vient de candela, la chandelle

L'Académie française donne l'étymologie : le mot apparaît au XIIe siècle, du latin populaire candelorum, par ellipse de festa dans l'expression festa candelorum, « fête des chandelles ». Dans une note publiée en février 2024 sous le titre « Étonnante chandeleur », l'Académie souligne que ce candelorum est un génitif pluriel, et que « chandeleur semble bien être le seul nom français issu d'un génitif latin », les mots français venant presque tous du cas régime.

Une précision, parce que vous lirez les deux formes et qu'elles ne sont pas équivalentes. La forme festa candelarum circule beaucoup, y compris dans un article de catéchèse publié sur le site liturgique des évêques de France. C'est la forme régulière du latin classique. Mais l'Académie française, qui est l'autorité sur l'étymologie du français, rattache le mot au génitif populaire candelorum, et c'est bien cette forme en -orum qui explique phonétiquement le passage à « chandeleur ».

Le témoignage le plus ancien de l'Académie sur ce point est aussi le plus parlant. Dès 1694, sa première édition écrivait : « La feste de la Purification de la Vierge, ainsi nommée à cause que ce jour-là il se fait une procession où tout le monde porte des cierges. » Trois siècles avant les crêpes de supermarché, le nom était déjà expliqué par les cierges, et par rien d'autre.

La fête du 2 février : la Présentation du Seigneur au Temple

Qu'est-ce que la présentation de Jésus au Temple

C'est un épisode rapporté par le seul évangile de Luc, au chapitre 2. Marie et Joseph montent de Bethléem à Jérusalem pour accomplir deux obligations de la Loi de Moïse : la purification après l'accouchement et la présentation du premier-né au Seigneur. Au Temple, deux personnes âgées les attendent sans les connaître, Syméon et Anne, et reconnaissent l'enfant.

Le Catéchisme de l'Église catholique traite cet épisode à son numéro 529, et sa formule est la plus dense qu'on puisse en donner : la Présentation « le montre comme le Premier-Né appartenant au Seigneur », et « avec Siméon et Anne c'est toute l'attente d'Israël qui vient à la rencontre de son Sauveur ». La fête ne célèbre pas d'abord un rite accompli, elle célèbre une reconnaissance.

La Chandeleur, une date qui ne bouge jamais

Contrairement à Pâques, à l'Avent ou au Carême, la Chandeleur tombe toujours le 2 février. Il n'y a pas de règle à calculer, pas de tableau d'années à consulter : la date est fixe, parce qu'elle est comptée depuis le 25 décembre, qui est fixe lui aussi.

Une seule subtilité, et elle est vérifiable. Au calendrier romain, la Présentation du Seigneur a le rang de « fête ». Quand le 2 février tombe un dimanche, elle ne s'efface pas devant le dimanche : elle le prend. Le calendrier de l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones l'affiche d'ailleurs différemment selon les années, « Fête » un jour de semaine, « Fête du Seigneur » quand le 2 février est un dimanche, ce qui fut le cas en 2025 et le sera de nouveau en 2031.

Les lectures, la couleur et le déroulé de la messe

L'ORDO publié par le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle donne le détail que presque aucune page ne reprend. La couleur est le blanc. La première lecture est au choix Malachie 3, 1-4, qui annonce que « soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez », ou la lettre aux Hébreux 2, 14-18. Le psaume est le 23 (24), celui du roi de gloire qui entre. L'évangile est Luc 2, 22-40, avec une forme brève possible aux versets 22 à 32.

Et surtout, le 2 février, la messe ne commence pas comme les autres jours :

Moment Ce qui se passe
Avant la messe Le prêtre bénit les cierges que les fidèles ont apportés
Puis Procession de toute l'assemblée, cierges allumés, vers l'autel ou l'église
À l'entrée La messe continue directement par le Gloria
Ce qui est omis La préparation pénitentielle et le Kyrie, parce que la procession en a tenu la place
Variante prévue À défaut de procession, une entrée plus solennelle

C'est le seul jour de l'année où la procession des fidèles remplace le début de la messe. Si vous voulez voir ce que la Chandeleur est vraiment, c'est là qu'il faut regarder, pas dans la poêle.

Luc 2, 22-40 : le récit, verset par verset

La purification, et ce que le texte dit exactement

Le verset 22 de la traduction liturgique est précis, et il est plus prudent que ce qu'on en fait : « Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l'amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur. » Le texte dit « la purification », il ne dit pas « la purification de Marie ». Il ne nomme personne, il parle des « parents de Jésus », au pluriel.

La purification en question est celle que le Lévitique prescrit à la mère après un accouchement, et nous y venons au chapitre suivant. Mais le glissement qui a donné à la fête son ancien nom de « Purification de la bienheureuse Vierge Marie » est une interprétation, légitime et très ancienne, qui n'est pas dans la lettre du verset. C'est d'ailleurs ce nom que l'Église a changé, et nous disons plus bas quand et pourquoi.

Le premier-né consacré au Seigneur

Le verset 23 cite la Loi : « Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. » La prescription vient de l'Exode, au chapitre 13, où Dieu dit à Moïse : « Consacre-moi tous les premiers-nés parmi les fils d'Israël. » Mais le même chapitre ajoute aussitôt une clause : « chez les hommes, tout fils premier-né, tu le rachèteras. » Le livre des Nombres en donne le tarif, un rachat à l'âge d'un mois, « cinq sicles d'argent, en sicle du sanctuaire ».

Vatican News explique le mécanisme en une phrase : le premier-né mâle était propriété du Seigneur et destiné au service du Temple, puis cette exigence est devenue caduque quand les Lévites ont pris en charge ce service, et le fils premier-né devait dès lors être racheté par une offrande monétaire pour la subsistance du prêtre.

Deux tourterelles ou deux petites colombes : l'offrande des pauvres

Le verset 24 rapporte une seule offrande : « un couple de tourterelles ou deux petites colombes ». Ouvrez le Lévitique au chapitre 12 et vous verrez de quoi il s'agit. L'offrande normale de la purification, au verset 6, est « un agneau de l'année pour un holocauste, un jeune pigeon ou une tourterelle, en sacrifice pour la faute ». Les deux oiseaux seuls, au verset 8, sont le repli prévu pour celle qui « ne trouve pas une somme suffisante pour une tête de petit bétail ».

Autrement dit, l'offrande que Luc rapporte est celle des pauvres. Ce n'est pas une déduction de notre part : c'est ce que le texte de la Loi prévoit explicitement pour qui n'a pas les moyens de l'agneau. Le Directoire sur la piété populaire relève du reste « la pauvreté de ces saints époux » parmi les traits de ce récit.

Une précision pour éviter une confusion fréquente, puisque nous avons un article entier sur la question : les colombes du verset 24 ne sont pas la colombe de l'Esprit Saint. Ici, ce sont des oiseaux de sacrifice. Le symbole de l'Esprit Saint, lui, apparaît au baptême de Jésus, trente ans plus tard.

Syméon, et le cantique du Nunc dimittis

Luc le présente ainsi : « il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C'était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui. » Il avait reçu l'annonce « qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur ». Et c'est « sous l'action de l'Esprit » qu'il vient au Temple ce jour-là.

Il prend l'enfant dans ses bras et bénit Dieu. Voici ses paroles, dans la traduction liturgique :

« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

Ce cantique s'appelle le Nunc dimittis, d'après ses premiers mots en latin. C'est lui, et lui seul, qui explique les cierges. Le lexique liturgique le dit explicitement : on bénit des chandelles « pour évoquer les paroles prononcées par le vieillard Siméon en son Nunc dimittis ». La fête est une fête de la lumière parce qu'un vieil homme a appelé un nourrisson « lumière ». L'Église le fait chanter chaque soir à l'office de complies, à l'heure où l'on remet sa journée à Dieu avant de dormir, comme nous l'évoquons dans notre page sur la prière du soir.

Une note d'orthographe, parce que vous verrez les deux graphies et qu'elles désignent le même homme. La traduction liturgique officielle écrit « Syméon » avec un y, tandis que le Catéchisme, Vatican News et les lexiques liturgiques écrivent « Siméon ». Il n'y a là aucun désaccord de fond, seulement deux façons de transcrire le même nom hébreu.

Le glaive annoncé à Marie

Syméon ne s'arrête pas au cantique. Il bénit les parents, puis se tourne vers Marie et lui dit que cet enfant « provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël », qu'il « sera un signe de contradiction », et que son âme à elle « sera traversée d'un glaive ».

Le Catéchisme, au même numéro 529, lit cette phrase comme une annonce : « le glaive de douleur prédit à Marie annonce cette autre oblation, parfaite et unique, de la Croix ». La Chandeleur est donc une fête de la lumière qui porte déjà, en son milieu, l'ombre du Vendredi saint. C'est ce qui lui donne sa gravité, et ce qui explique qu'elle ne soit pas une simple fête d'enfance.

Cet épisode est l'un des sept que la tradition retient comme douleurs de Marie, et il revient dans la prière mariale la plus courante : si vous voulez le texte du Je vous salue Marie et le détail de ce qu'il dit, nous l'avons traité à part.

Anne, et le mot exact que Luc emploie

Le récit ne s'achève pas sur Syméon. « Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. » Luc donne son âge, quatre-vingt-quatre ans, et son histoire : sept ans de mariage, puis le veuvage. « Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. » Survenant à cette heure même, « elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem ».

Notez le mot : la traduction liturgique écrit « une femme prophète », pas « la prophétesse ». Le détail n'est pas cosmétique. Anne n'est pas un titre, c'est une veuve très âgée qui vit au Temple depuis des décennies et qui, la première, va parler de cet enfant à ceux qui l'attendent. Elle est la seconde moitié de la rencontre, et elle est souvent oubliée. Vous la retrouverez au 26 juillet dans le calendrier des saints, où il ne faut pas la confondre avec sainte Anne, mère de la Vierge Marie, qui est une autre personne.

Pourquoi quarante jours après Noël

Le compte vient du Lévitique, et il n'est pas symétrique

Voici ce qu'aucune page sur les crêpes ne vous dira. Le chiffre quarante n'est pas dans l'évangile de Luc : ouvrez le chapitre 2, le mot n'y est pas une seule fois. Luc écrit seulement « quand fut accompli le temps prescrit ». Le compte, lui, est au Lévitique, chapitre 12, et il s'additionne en deux temps.

Selon le Lévitique 12 Pour un garçon Pour une fille
Première période 7 jours (v. 2) 14 jours (v. 5)
Seconde période 33 jours (v. 4) 66 jours (v. 5)
Total 40 jours 80 jours

Le texte est explicite sur la seconde période : « pendant trente-trois jours encore, elle restera à purifier son sang. Elle ne touchera rien de consacré et n'entrera pas dans le sanctuaire jusqu'à ce que soit achevé le temps de sa purification. » Le quarantième jour est donc le premier jour où la mère pouvait de nouveau entrer au sanctuaire. La Présentation n'a pas lieu au quarantième jour par goût du symbole : elle a lieu au premier jour possible.

Un mot d'honnêteté sur ce chapitre, qui emploie un vocabulaire d'impureté rituelle que notre époque entend mal. L'Église elle-même a révisé le rite qui en découlait : le Directoire sur la piété populaire note que l'ancien « rite des relevailles » comportait « quelques éléments » reflétant « une vision négative de certains aspects de l'accouchement », et que le Rituel romain rénové prévoit désormais simplement la bénédiction d'une mère, avant ou après l'enfantement. Il ne s'agit pas de laver une faute, il s'agit de rendre grâce.

Du 25 décembre au 2 février : le compte, jour par jour

Reste à savoir pourquoi quarante jours après le 25 décembre tombent le 2 février et non le 3. La réponse tient à la manière ancienne de compter, qui inclut le jour de départ.

Rang Date Ce qu'on y fait mémoire
1er jour 25 décembre La Nativité
8e jour 1er janvier La circoncision et le nom de Jésus (Lc 2, 21)
40e jour 2 février La Présentation au Temple

En comptant le 25 décembre comme premier jour, le 2 février est bien le quarantième. Si vous comptez quarante jours pleins après le 25, vous tombez sur le 3 février, et c'est pour cela que le calcul paraît faux à qui le refait vite. Le huitième jour fonctionne de la même façon et vérifie la règle : Luc place la circoncision au huitième jour, et du 25 décembre au 1er janvier il y a huit jours comptés ainsi.

La Chandeleur clôt-elle le temps de Noël ?

Voici la réponse la plus souvent fausse, et elle l'est pour une raison précise : elle était vraie, et elle a cessé de l'être en 1969.

Le Directoire sur la piété populaire l'écrit noir sur blanc : « Jusqu'en 1969, la fête du 2 février, qui est ancienne et d'origine orientale, portait en Occident le nom de purification de la bienheureuse Vierge Marie, et elle concluait, en ce quarantième jour après la Nativité du Seigneur, le temps liturgique de Noël. » Le même document, quelques numéros plus haut, parle de la Présentation comme d'une fête « située hors du temps liturgique de Noël ».

Depuis la réforme du calendrier, le temps de Noël se termine à la fête du Baptême du Seigneur, le dimanche qui suit le 6 janvier. Le site liturgique des évêques de France est net : c'est « la fête qui clôt le cycle de Noël ». C'est aussi ce que nous écrivons dans notre article sur ce que font les chrétiens le jour de Noël.

Ce qui reste exact, et que le diocèse de Paris formule bien, c'est que le 2 février « clôture les solennités de l'Incarnation ». La Chandeleur ferme le cycle de l'enfance du Christ, elle ne ferme plus le temps liturgique de Noël. Les deux affirmations ne sont pas la même, et c'est leur confusion qui fait circuler une idée périmée depuis plus de cinquante ans. Après elle, la prochaine grande bascule de l'année est l'entrée en Carême.

Les cierges, la procession, et le cierge qu'on rapporte chez soi

Pourquoi on bénit des cierges

Le lien est direct, et il tient en un verset. Syméon appelle l'enfant « lumière qui se révèle aux nations ». L'ORDO des évêques de France résume la fête d'une ligne : « la chandeleur est la fête du Christ lumière pour éclairer les nations ». On bénit des cierges parce que la fête célèbre quelqu'un qui a été appelé lumière, et pour aucune autre raison.

Le Directoire précise comment ce rite est venu s'ajouter : en Occident, la procession qui évoquait l'entrée de Jésus au Temple « fut marquée par l'introduction du rite liturgique de la bénédiction des cierges, allumés en l'honneur du Christ lumière pour éclairer les nations ». Vatican News dit la même chose dans l'autre sens : la bénédiction des cierges a été ajoutée « avec le temps ». Autrement dit, les cierges ne sont pas à l'origine de la fête, ils sont ce qui lui a donné son nom populaire.

Ce que devient le cierge béni à la maison

C'est l'usage le plus concret de la journée, et il survit encore dans beaucoup de familles. Le lexique liturgique le décrit : « Les fidèles ont l'habitude d'emporter chez eux les cierges bénits. La coutume veut qu'on les fasse brûler auprès des morts, en signe d'espérance de la lumière éternelle. »

Trois autres sources d'Église décrivent les mêmes gestes, ce qui donne au témoignage une consistance rare sur ce genre de coutume. Le Directoire sur la piété populaire demande que « le cierge béni, conservé dans les maisons », soit « pour les fidèles le signe du Christ lumière du monde ». Un article de catéchèse du site liturgique rappelle qu'on gardait ces chandelles allumées autant pour signifier le Christ que pour « éloigner le malin, les orages, la mort ». Et Jean-Paul II, dans une homélie du 2 février, évoquait la tradition polonaise où ces cierges rapportés à la maison sont allumés « en temps de danger, pendant les orages et les catastrophes », ainsi que l'usage de mettre le cierge béni ce jour-là dans les mains d'un chrétien à l'agonie.

Un cierge de la Chandeleur n'est donc pas un objet de décoration : c'est un signe qu'on garde pour les jours difficiles.

Le cierge de la Chandeleur n'est pas le cierge pascal

La confusion est fréquente, et elle vaut d'être levée nettement, parce que ce sont deux objets différents dans deux rites différents.

Cierge de la Chandeleur Cierge pascal
Quand Le 2 février, avant la messe Dans la nuit de Pâques
Combien Un par fidèle, apportés par l'assemblée Un seul, pour toute l'église
Taille Une chandelle qu'on tient à la main Un grand cierge de large section
Qui le porte Toute l'assemblée, en procession Le diacre, en tête de la procession
Où il finit Chez les fidèles, dans leurs maisons Dans le chœur, puis auprès des fonts baptismaux

Ils ont un point de contact réel, et il serait malhonnête de le passer : l'un et l'autre peuvent se retrouver auprès d'un défunt. Le cierge pascal se dresse au pied du cercueil lors des funérailles, et le cierge de la Chandeleur se brûle auprès des morts « en signe d'espérance de la lumière éternelle ». Même espérance, deux objets distincts. Le cierge que l'on reçoit au baptême, lui, se prend à la flamme du cierge pascal, jamais à celle de la Chandeleur.

Chandeleur origine : l'histoire de la fête, et ce qui est réellement attesté

Chandeleur origine religieuse : une fête venue d'Orient

Sur un point, toutes les sources d'Église s'accordent, et c'est le point le plus important : la fête est née en Orient, pas à Rome. Le Directoire sur la piété populaire la qualifie d'« ancienne et d'origine orientale ». L'ORDO des évêques de France la dit « attestée à Jérusalem en 386 ». Vatican News écrit que « en Orient, la célébration de cette fête remonte au IVe siècle ».

Son nom oriental est d'ailleurs encore en usage. En grec, elle s'appelle Hypapante, du verbe hupapantan qui signifie « aller au-devant », « rencontrer ». L'ORDO note qu'il s'agit d'une « fête commune avec les Églises orientales, qui l'appellent fête de la Rencontre ou Entrée de Notre Seigneur au Temple », et le glossaire de l'Église catholique en France précise que les orthodoxes la nomment « Sainte Rencontre ». Le Catéchisme lui-même relève que « la tradition byzantine appelle ainsi cet événement ». En Orient, l'accent n'est pas sur les chandelles mais sur la rencontre, celle de Syméon et de l'enfant qui vont l'un au-devant de l'autre.

Chandeleur origine païenne : ce que le Magistère dit, et ce qu'il ne dit pas

Vous lirez partout que la Chandeleur a remplacé une fête païenne. Voici exactement ce qu'une source du Magistère affirme, et ce qu'elle n'affirme pas.

Le Directoire sur la piété populaire écrit que la procession occidentale du 2 février avait un « caractère pénitentiel » qui « s'était substitué à l'immoralité des défilés païens ». Donc oui : un document du Saint-Siège dit bien que la procession a pris la place de défilés païens. Mais lisez la phrase de près. Elle ne nomme aucune fête, elle ne donne aucune date, et elle parle de la procession occidentale, pas de la création de la fête, qui existait déjà en Orient.

Les noms précis, eux, viennent d'ailleurs. Un article de catéchèse publié sur le site liturgique des évêques de France cite deux rites : les Lupercales romaines, en l'honneur de Lupercus dieu de la fécondité, vers le 15 février, et la fête celtique d'Imbolc, le 1er février, en l'honneur de la déesse Brigid, où « les paysans portaient des flambeaux et parcouraient les champs en procession, priant la déesse de purifier la terre avant les semailles ». Ce rapprochement est donc porté par une source d'Église, mais par un article de catéchèse, pas par un texte normatif. Et aucune des deux fêtes païennes ne tombe le 2 février.

Le pape Gélase Ier : trois sources d'Église, trois chronologies

C'est le point où l'honnêteté impose de ne pas trancher à votre place. Le récit que vous trouverez sur presque toutes les pages du web est le suivant : au Ve siècle, le pape Gélase Ier aurait créé la fête de la Chandeleur pour remplacer les Lupercales. Nous avons trouvé ce récit, mais nous avons aussi trouvé deux sources d'Église qui l'excluent.

Source Nature du document Ce qu'elle dit
ORDO 2025-2026, Service national de la pastorale liturgique Calendrier liturgique officiel des évêques de France Fête « attestée à Jérusalem en 386, adoptée à Rome au 7e siècle »
Vatican News Média du Saint-Siège En Orient dès le IVe siècle, appelée fête de la Rencontre depuis 450, célébrée à Rome « vers le milieu du cinquième siècle »
Article de catéchèse, site liturgique des évêques de France Article signé, section catéchèse « Au Ve siècle, le pape Gélase Ier remplace le rite païen des lupercales par une fête religieuse, la fête de la Chandeleur »

Les deux premières lignes sont cohérentes entre elles sur l'essentiel : la fête existe en Orient au IVe siècle, c'est-à-dire avant tout pape du Ve siècle. Elles diffèrent seulement sur l'arrivée à Rome, milieu du Ve siècle pour l'une, VIIe siècle pour l'autre. La troisième ligne est la seule à attribuer la création de la fête à Gélase Ier, et elle est chronologiquement incompatible avec les deux autres : on ne crée pas en 492 une fête attestée en 386.

Notre lecture, et nous la donnons pour ce qu'elle vaut. Le document qui fait foi en matière de calendrier liturgique, c'est l'ORDO : il est republié chaque année, il sert à célébrer, et nous avons vérifié sa phrase sur deux fichiers distincts, le volume annuel et le fascicule du mois de février. La fête ne vient donc pas d'un décret romain destiné à effacer les Lupercales : elle vient de Jérusalem, et c'est en Occident, plus tard, que sa procession a croisé d'anciens usages païens. Signalons enfin que la date de 472, que l'on voit très souvent associée à Gélase Ier, n'apparaît dans aucune des sources d'Église que nous avons lues.

Pourquoi fait-on des crêpes à la Chandeleur

Ce que nous avons cherché, et ce que nous n'avons pas trouvé

Nous abordons la question qui vous a probablement amené ici, et nous allons y répondre comme nous aimerions qu'on nous réponde. Nous avons ouvert, une par une, les sources d'Église qui traitent de cette fête : le Catéchisme de l'Église catholique à son numéro 529, le Directoire sur la piété populaire du Saint-Siège aux numéros 107 et 120 à 123, l'ORDO des évêques de France au 2 février, les trois entrées du lexique liturgique (Chandeleur, Présentation, Hypapante), le glossaire de l'Église catholique en France, la page du diocèse de Paris, la page de Vatican News, et l'article de catéchèse consacré à l'histoire de la fête.

Aucune de ces sources ne mentionne les crêpes. Pas une fois. L'article de catéchèse, qui est pourtant celui qui s'intéresse aux origines populaires et païennes, parle de flambeaux, de chandelles, de semailles d'hiver et de moissons d'été, et ne parle pas de crêpes.

Attention à ce que cela veut dire, et à ce que cela ne veut pas dire. Cela ne signifie pas que la tradition est inventée. Le Dictionnaire de l'Académie française, lui, atteste bel et bien l'expression « les crêpes de la Chandeleur », qu'il donne comme exemple d'usage à son entrée. La coutume est donc réelle, ancienne en français, et parfaitement installée. Ce qui n'est pas documenté, c'est son origine.

Les trois explications qui circulent, et leur statut exact

L'explication Son statut dans les sources que nous avons lues
Le pape Gélase Ier aurait fait distribuer des crêpes ou des galettes aux pèlerins arrivant à Rome Aucune source d'Église lue ne le dit. Même l'article de catéchèse qui nomme Gélase Ier ne parle pas de crêpes. Et deux sources officielles contredisent déjà son rôle dans la fête elle-même
La forme ronde et dorée de la crêpe évoquerait le soleil et le retour de la lumière Aucune source d'Église lue ne le dit. La fête est bien une fête de la lumière, mais toutes les sources rattachent cette lumière au cierge et au verset de Syméon, jamais à la forme d'un aliment
Les crêpes viendraient des Lupercales romaines Les Lupercales sont nommées par un article de catéchèse, comme rite remplacé, mais sans aucune mention de crêpes ni d'offrande alimentaire

Notre conclusion est donc tranchée, et elle est modeste. La coutume des crêpes existe, elle est attestée en français, et son origine n'est documentée par aucune des sources d'Église consultées. Les explications que vous lirez partout sont des hypothèses populaires qui se recopient de page en page, et aucune n'est appuyée sur un texte. Ce qui est documenté, en revanche, c'est la dimension agraire de ce jour : l'article de catéchèse rappelle que les chandelles bénies servaient aussi à « invoquer les bons augures sur les semailles d'hiver en vue de produire les bonnes moissons de l'été suivant ». Une fête de fin d'hiver, dans une société paysanne, parle forcément de ce qui va pousser. Que la farine y ait trouvé sa place n'a rien d'invraisemblable. Mais entre « c'est plausible » et « c'est attesté », il y a toute la différence, et c'est elle que personne ne fait.

La pièce dans la main, et ce qu'il faut en penser

Vous connaissez l'usage : faire sauter la première crêpe de la main droite en tenant une pièce dans la main gauche, pour la prospérité de l'année. C'est une croyance populaire, et elle n'engage en rien la foi chrétienne. Aucune des sources que nous avons citées ne la mentionne, et le Directoire sur la piété populaire demande précisément que la célébration du 2 février, tout en gardant « son caractère populaire », ne laisse pas la piété populaire « obscurcir le sens christologique de cette fête ».

Il n'y a rien à condamner dans une crêpe ni dans une pièce de monnaie. Il y a seulement une distinction à tenir : la Chandeleur n'est pas un rituel de chance, c'est la fête d'une rencontre. Faites sauter la crêpe si cela vous amuse. Mais si vous voulez vivre le 2 février, c'est le cierge qu'il faut aller chercher à l'église.

La Chandeleur en France aujourd'hui

La Journée mondiale de la vie consacrée

C'est la couche la plus récente de cette fête, et beaucoup de gens l'ignorent. Le 2 février est aussi, depuis 1997, la Journée mondiale de la vie consacrée. Jean-Paul II l'a instituée dans un message où il écrit en toutes lettres avoir décidé « d'instituer une Journée de la vie consacrée, célébrée le 2 février, fête de la Présentation de Jésus au temple ». Il lui assigne un triple but : rendre grâce pour le don de la vie consacrée, la faire mieux connaître à tout le peuple de Dieu, et permettre aux personnes consacrées de célébrer ensemble ce qu'elles ont reçu.

Le lien avec l'évangile du jour n'est pas décoratif. Le Directoire l'explique : ce sens particulier vient de la mise en valeur de certains traits du récit de Luc, « l'obéissance de Joseph et de Marie à la Loi du Seigneur, la pauvreté de ces saints époux et la virginité de la Mère de Jésus ». Trois traits qui sont exactement les trois vœux religieux. Le même document note aussi que, la piété populaire ayant vu dans la purification de Marie un témoignage d'humilité, « le 2 février fut souvent considéré comme la fête de ceux qui accomplissent d'humbles services dans l'Église ».

Chandeleur catholique : vivre le 2 février chez soi

Rien de compliqué, et rien qui demande d'être expert. Voici ce que les sources décrivent, et qui se tient en quelques gestes.

  • Apporter un cierge à la messe et le faire bénir. C'est le seul geste proprement liturgique du jour pour un laïc, et c'est le plus simple.
  • Le rapporter à la maison et le ranger. Pas sur une étagère de décoration : à portée, pour les jours de peine, de maladie ou de veille auprès d'un mourant. C'est l'usage que décrivent le lexique liturgique, le Directoire et l'homélie de Jean-Paul II.
  • Lire Luc 2, 22-40 en famille, ou seulement le cantique de Syméon aux versets 29 à 32. Quatre lignes, et tout le sens de la journée y est.
  • Faire les crêpes, sans y mettre de superstition. La table réunit, et c'est déjà beaucoup.

Et le lendemain, saint Blaise

Un détail qui éclaire bien la logique de la liturgie, et qui montre que les cierges de la Chandeleur ne restent pas sans emploi. Le 3 février, l'Église fait mémoire de saint Blaise, et dans beaucoup de paroisses on bénit les gorges avec deux cierges croisés tenus sous le menton. Ces cierges sont ceux de la veille, bénis à la Chandeleur. Le rite ne fabrique pas son matériel, il réutilise celui que la liturgie vient de bénir. Nous avons détaillé ce déroulé dans notre article sur saint Blaise et le mal de gorge.

Une fête de la lumière, et un signe qui se porte

Vous aviez trois questions en arrivant. Les crêpes d'abord : la coutume est réelle et attestée en français, mais aucune des sources d'Église que nous avons ouvertes n'en donne l'origine, et les trois explications qui circulent, Gélase Ier, la forme solaire et les Lupercales, ne sont portées par aucun texte. Le nom ensuite : il vient des chandelles, l'Académie française le fait remonter au XIIe siècle et à l'expression festa candelorum. Et la fête elle-même : c'est la Présentation du Seigneur au Temple, née en Orient au IVe siècle, où un vieillard a appelé un nourrisson « lumière qui se révèle aux nations ».

Reste la promesse du début, et c'est la seule chose à retenir si vous ne retenez rien d'autre. La Chandeleur ne tire pas son nom des crêpes, mais d'une lumière, et cette lumière n'est pas le soleil : c'est un enfant qu'un vieil homme a reconnu dans ses bras. Le cierge que l'on rapporte chez soi ce jour-là ne sert pas à décorer, il sert aux jours difficiles. C'est toute la différence entre une recette et une fête.

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Questions fréquentes

Pourquoi fête-t-on la Chandeleur ?

Parce que le 2 février, l'Église fait mémoire de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem, racontée par Luc au chapitre 2 de son évangile. Marie et Joseph y accomplissent deux prescriptions de la Loi de Moïse, la purification après l'accouchement et la présentation du premier-né au Seigneur. Au Temple, le vieillard Syméon reconnaît l'enfant et l'appelle « lumière qui se révèle aux nations ». C'est de ce mot que viennent la bénédiction des cierges, la procession de toute l'assemblée et le nom populaire de la fête. Le Catéchisme, à son numéro 529, résume l'événement ainsi : « avec Siméon et Anne c'est toute l'attente d'Israël qui vient à la rencontre de son Sauveur ».

Quelle est l'origine de la fête de la Chandeleur ?

Elle est orientale, et les sources d'Église s'accordent sur ce point. Le Directoire sur la piété populaire la qualifie d'« ancienne et d'origine orientale », l'ORDO des évêques de France la dit « attestée à Jérusalem en 386 » puis « adoptée à Rome au 7e siècle », et Vatican News la fait remonter au IVe siècle en Orient, avec une célébration à Rome vers le milieu du Ve siècle. Les deux dernières sources diffèrent donc sur l'arrivée à Rome. Le récit très répandu qui attribue la création de la fête au pape Gélase Ier au Ve siècle est porté par un article de catéchèse du site liturgique français, mais il est chronologiquement incompatible avec une fête déjà attestée en 386. La date de 472, souvent citée, n'apparaît dans aucune des sources d'Église que nous avons lues.

Pourquoi le 2 février est-il le jour des crêpes ?

Nous ne le savons pas, et c'est la réponse honnête. Nous avons ouvert le Catéchisme, le Directoire sur la piété populaire, l'ORDO des évêques de France, trois entrées du lexique liturgique, le glossaire de l'Église catholique en France, la page du diocèse de Paris, celle de Vatican News et l'article de catéchèse consacré à l'histoire de la fête : aucun ne mentionne les crêpes. La coutume est pourtant bien réelle, le Dictionnaire de l'Académie française atteste l'expression « les crêpes de la Chandeleur ». Ce qui manque, c'est une source pour son origine. Les trois explications qui circulent, les galettes du pape Gélase Ier, la forme ronde évoquant le soleil et un héritage des Lupercales, sont des hypothèses populaires qu'aucun texte ne porte.

Qu'est-ce que la présentation de Jésus au Temple ?

C'est l'épisode de Luc 2, 22-40. Quarante jours après la naissance, Marie et Joseph montent à Jérusalem pour présenter leur enfant au Seigneur et offrir le sacrifice prescrit, « un couple de tourterelles ou deux petites colombes », qui est l'offrande prévue par le Lévitique pour ceux qui ne peuvent pas offrir un agneau. Deux personnes âgées les y attendent sans les connaître. Syméon, « homme juste et religieux » sur qui était l'Esprit Saint, prend l'enfant dans ses bras, bénit Dieu, puis annonce à Marie que son âme « sera traversée d'un glaive ». Anne, « femme prophète » de quatre-vingt-quatre ans qui ne quittait pas le Temple, parle de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Le Catéchisme, au numéro 529, y voit Jésus manifesté comme « le Premier-Né appartenant au Seigneur ».

Quelle est la prière pour la présentation de Jésus au Temple ?

C'est le cantique de Syméon, appelé Nunc dimittis d'après ses premiers mots latins, en Luc 2, 29-32. Dans la traduction liturgique : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » L'Église le fait chanter chaque soir à l'office de complies, la dernière prière de la journée. C'est aussi ce cantique que le lexique liturgique donne comme raison de la bénédiction des cierges : on bénit des chandelles pour évoquer les paroles que Syméon a prononcées ce jour-là.

Comment dit-on "chandeleur" en anglais ?

Candlemas, mot à mot « la messe des chandelles », formé sur le même principe que le français : la chandelle y donne son nom à la fête. Vatican News, dans sa présentation anglaise de la fête, écrit que la Présentation du Seigneur « is also sometimes referred to as Candlemas », précisément parce que la bénédiction des cierges a été ajoutée pour rappeler que Jésus est la lumière des nations. Le nom officiel, en anglais comme en français, reste celui de la fête elle-même : Presentation of the Lord.

Autres sources consultées et citées en clair dans l'article : le Catéchisme de l'Église catholique au numéro 529, sur vatican.va, pour le Premier-Né appartenant au Seigneur, la rencontre de l'attente d'Israël, la tradition byzantine et le glaive annoncé à Marie. Le Dictionnaire de l'Académie française, neuvième édition, entrée « Chandeleur », pour l'étymologie festa candelorum, la datation au XIIe siècle et l'usage attesté « les crêpes de la Chandeleur », ainsi que sa première édition de 1694 et sa note « Étonnante chandeleur » de février 2024 sur le génitif latin. Le Dictionnaire de liturgie de Dom Robert Le Gall, entrées « Chandeleur », « Présentation » et « Hypapante », publiées au lexique de Liturgie et Sacrements, pour le nom populaire, le lien au Nunc dimittis, les cierges emportés à la maison et brûlés auprès des morts, et le sens du verbe grec hupapantan. Le glossaire de l'Église catholique en France, entrée « Chandeleur », pour la « Sainte Rencontre » des orthodoxes. La page « Présentation du Seigneur, Chandeleur » du diocèse de Paris, pour la clôture des solennités de l'Incarnation et la première Journée de la vie consacrée en 1997. Le message de Jean-Paul II pour la première Journée de la Vie Consacrée, 1997, sur vatican.va, pour la décision d'instituer cette journée au 2 février et son triple but, et son homélie du 2 février 1998 pour les cierges rapportés à la maison et allumés dans le danger. L'article « La Chandeleur dans l'histoire de la liturgie » de Dominique Cadet, sur le site liturgique des évêques de France, pour les Lupercales, Imbolc, l'attribution à Gélase Ier et les bons augures sur les semailles d'hiver. La page « Le temps de Noël » du même site, pour le Baptême du Seigneur qui clôt le cycle de Noël. Les livres de l'Exode au chapitre 13 et des Nombres au chapitre 18, sur aelf.org, pour la consécration et le rachat du premier-né à cinq sicles d'argent. Le calendrier de l'AELF au 2 février, pour le rang de « Fête » et celui de « Fête du Seigneur » les années où le 2 février tombe un dimanche.

Nos sources

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