Saint Blaise, maux de gorge : la bénédiction du 3 février
Sommaire
- Qui est saint Blaise, et pourquoi la gorge
- La bénédiction des gorges du 3 février, geste par geste
- Ce que cette bénédiction est, et ce qu'elle n'est pas
- Prière pour le mal de gorge : le texte, et la limite
- Le 3 février en France : les petits pains, les reliques, votre paroisse
- Porter un saint sur soi, sans en faire un talisman
- Questions fréquentes
- Un rite qui dit exactement ce qu'il fait
- Sources
Saint Blaise est le saint qu'on invoque pour les maux de gorge, et l'Église fait sa mémoire le 3 février. Ce jour-là, dans de nombreuses paroisses, un prêtre tient deux cierges croisés sous le menton des fidèles et prononce une formule précise : c'est la bénédiction des gorges, un rite réel, toujours vivant en France. Une chose doit être dite avant tout le reste : cette bénédiction accompagne les soins, elle ne les remplace jamais. Un mal de gorge violent ou qui s'installe relève d'un médecin, pas d'un blog de bijoux. Ce que nous pouvons vous donner, en revanche, c'est ce que presque personne n'explique correctement : le déroulé exact du rite, la formule mot pour mot, et la raison pour laquelle il faut deux cierges et pas un.
En bref
- Le 3 février, mémoire facultative de saint Blaise, évêque et martyr, au calendrier romain. Le lendemain de la Chandeleur, et ce n'est pas un hasard.
- L'épisode fondateur : alors qu'il était en prison, on lui amène un enfant en train d'étouffer avec une arête de poisson. L'enfant est guéri.
- Le rite : deux cierges bénis, croisés, tenus contre la gorge sous le menton du fidèle agenouillé, avec une invocation et un signe de croix.
- Pourquoi deux cierges : parce qu'un seul ne fait pas de croix. Le signe de la croix est le signe ordinaire de toute bénédiction (Catéchisme, n. 1668).
- La limite, et elle est nette : un sacramental ne guérit pas à la manière d'un médicament. Priez, et faites venir le médecin. Ben Sira dit les deux dans la même page.
Qui est saint Blaise, et pourquoi la gorge
Son nom revient chaque hiver, souvent sans que personne sache d'où vient le lien avec la gorge. Il ne vient ni d'un symbole ni d'une étymologie : il vient d'un récit, et ce récit est court.
Médecin, puis évêque de Sébaste
Blaise exerçait la médecine avant d'être choisi comme évêque de Sébaste, en Arménie, par son peuple. Il meurt martyr vers 316. Le diocèse de Strasbourg résume sa passion en quelques lignes : retiré sur une montagne solitaire, découvert par des païens, frappé à coups de verges, jeté en prison, jeté dans un lac pour y être noyé, puis décapité.
Retenez qu'il était médecin avant d'être évêque : c'est le détail qui donne au personnage son relief, et qui explique qu'une partie de sa dévotion ait toujours parlé le langage du soin plutôt que celui du miracle spectaculaire.
L'enfant et l'arête de poisson
Tout tient dans une phrase du récit transmis par le diocèse de Strasbourg : « Tandis qu'il était en prison on lui avait amené un enfant sur le point d'être étouffé par une arête de poisson. Blaise le guérit. »
Suit, dans le même document, la conclusion que l'Église en tire sans forcer : « C'est sans doute pour ce fait qu'on l'invoque spécialement pour les maux de gorge. » Notez la prudence du « sans doute ». Elle est plus honnête que les certitudes qu'on lit ailleurs, et nous la gardons telle quelle.
Ce que les sources permettent de dire, et ce qu'elles ne permettent pas
Les récits de la passion de Blaise sont tardifs et les versions ne se recoupent pas toutes. Ce n'est pas nous qui le disons prudemment : c'est un évêque. Dans une homélie prononcée pour la fête, Mgr Jean-Christophe Lagleize, alors évêque de Metz, parle de « la riche légende de saint Blaise ». Il situe aussi la dévotion dans le temps : les premières traditions viennent de l'Église d'Orient, et il faut attendre en Occident le XIe siècle et le temps des croisades pour la voir naître.
Un fait liturgique et un récit légendaire ne sont pas la même chose, et nous ne les mélangeons pas dans cet article. Le rite du 3 février est documenté, son déroulé se vérifie. L'histoire de l'arête appartient à la tradition, et elle se présente comme telle.
Ses autres patronages
La gorge n'est pas son seul domaine. Nominis, le service de l'Église catholique en France, le donne aussi comme patron des animaux, des cardeurs, des meuniers, des tailleurs et des tisserands. La tradition relie ce patronage des métiers de la laine aux peignes de fer d'une version de son supplice, mais attention : le récit publié par le diocèse de Strasbourg ne mentionne aucun peigne et parle de verges, d'une noyade manquée et d'une décapitation. Deux versions coexistent, et nous préférons vous le dire plutôt que de choisir à votre place. La tradition le compte par ailleurs parmi les quatorze saints dits auxiliaires, ces intercesseurs très sollicités en Europe pour des maux précis.
Si vous cherchez le saint attaché à une situation ou à une date, notre article sur la fête du saint patron explique comment on s'y repère, et le calendrier des saints donne les dates mois par mois.
La bénédiction des gorges du 3 février, geste par geste
Voilà le cœur du sujet, et c'est précisément ce que les pages consacrées à saint Blaise décrivent le moins. On vous dit que le prêtre « bénit les gorges », rarement comment. Le voici dans l'ordre, tel que le Rituel romain l'organise et tel que les paroisses le pratiquent.
| Moment | Ce qui se passe | Qui agit |
|---|---|---|
| 2 février, la veille | Pour la Présentation du Seigneur, l'Église bénit les cierges. C'est ce qui a donné son nom populaire à la Chandeleur, et ce sont ces cierges qui serviront le lendemain | Le prêtre, pendant la messe |
| 3 février, préparation | Deux cierges sont bénis en l'honneur de saint Blaise, disposés en croix, souvent liés d'un ruban rouge, puis aspergés d'eau bénite | Le prêtre, revêtu de l'étole |
| L'approche | Les fidèles qui le souhaitent s'avancent et s'agenouillent, un par un. Rien n'est obligatoire, personne n'est appelé | Le fidèle, librement |
| L'imposition | Les deux cierges croisés sont tenus de part et d'autre de la gorge, sous le menton. Ils peuvent être allumés, ce n'est pas requis | Le prêtre |
| La formule | L'invocation de saint Blaise, puis le signe de croix au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit | Le prêtre |
Ce que fait le prêtre, concrètement
Il ne touche pas la gorge avec la main. Ce sont les deux cierges, et eux seuls, qui viennent au contact ou tout près. Le fidèle est à genoux, la tête légèrement relevée ; les cierges forment un X sous le menton, une branche de chaque côté du cou. Le geste dure quelques secondes et il est individuel : chacun reçoit la formule pour lui.
Dans la forme traditionnelle, le ministre porte le surplis et l'étole, et les deux cierges sont liés par un ruban, décrit dans les rituels comme étant de couleur de sang. Le rouge est la couleur liturgique des martyrs, et Blaise en est un : le détail n'est pas décoratif.
La formule prononcée
Elle est courte et elle ne promet rien d'autre que ce qu'elle dit. En français, telle que la cathédrale de Perpignan la publie, mot pour mot identique à celle que diffuse le diocèse de Fréjus-Toulon :
« Que Dieu, par l'intercession de saint Blaise, évêque et martyr, te délivre du mal de gorge et de tout autre mal. Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. »
Et dans sa version latine, celle du Rituel romain :
« Per intercessionem sancti Blasii, episcopi et martyris, liberet te Deus a malo gutturis, et a quolibet alio malo. In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen. »
Lisez-la de près, car sa grammaire est tout le sujet. Le sujet du verbe n'est pas saint Blaise, c'est Dieu : « que Dieu te délivre », par l'intercession du saint. Et l'objet n'est pas seulement la gorge : « et de tout autre mal ». Rien, dans cette formule, ne ressemble à une promesse de guérison physique. C'est une demande, adressée à Dieu, qui passe par un ami de Dieu. La question de l'intercession des saints, si elle vous arrête, est traitée dans notre article sur ce à quoi servent les saints.
Pourquoi deux cierges, et pas un seul
C'est la question que tout le monde se pose devant le geste, et celle à laquelle presque aucune page française ne répond. La réponse est simple : un seul cierge ne fait pas de croix.
Le Catéchisme de l'Église catholique explique que les sacramentaux comportent toujours une prière, « souvent accompagnée d'un signe déterminé, comme l'imposition de la main, le signe de la croix, l'aspersion d'eau bénite » (n. 1668). Ici, le signe déterminé est la croix, et il n'est pas tracé en l'air : il est formé par les deux cierges posés l'un sur l'autre. Deux est le minimum nécessaire pour dessiner ce signe, et c'est tout ce que le nombre veut dire. Il n'y a pas de symbolique cachée du chiffre, pas de nombre sacré à décoder.
Reste la seconde moitié de la question : pourquoi des cierges plutôt qu'une main ? Parce que la fête tombe au lendemain du 2 février. Les cierges de saint Blaise sont ceux de la Chandeleur, bénis la veille. Le rite ne fabrique pas son matériel, il réutilise celui que la liturgie vient de bénir.
Une tradition ajoute un récit à cela : Blaise aurait demandé à la mère de l'enfant guéri d'offrir chaque année un cierge à sa mémoire. Nous la rapportons comme une tradition, pas comme un fait, car les versions circulantes ne concordent pas entre elles. Le rite est documenté ; son origine légendaire l'est beaucoup moins.
Et la bénédiction du pain, du vin, de l'eau et des fruits
Le Rituel romain porte une seconde bénédiction propre à cette fête, toujours contre les maux de gorge, mais qui passe par des aliments et non par les cierges : pain, vin, eau et fruits . C'est de là que viennent les petits pains bénis que vous verrez le 3 février dans certaines régions.
Un mot sur le livre : le rite décrit ici est celui du Rituel romain. Le Catéchisme renvoie par ailleurs au De Benedictionibus, le Livre des bénédictions dont l'édition typique date de 1984 (n. 1669), .
Ce que cette bénédiction est, et ce qu'elle n'est pas
Une bénédiction des gorges est un sacramental. Le mot a un sens technique, et ce sens pose exactement la limite qui nous intéresse. Le Catéchisme la formule au n. 1670 :
« Les sacramentaux ne confèrent pas la grâce de l'Esprit saint à la manière des sacrements, mais par la prière de l'Église ils préparent à recevoir la grâce et disposent à y coopérer. »
Un sacramental n'agit donc pas tout seul, et encore moins sur un corps à la manière d'un traitement. Il ne produit rien par sa seule matérialité : ni le cierge, ni le contact, ni la formule répétée. Ce qu'il fait, c'est porter une prière de l'Église et disposer celui qui la reçoit.
L'objection est si naturelle qu'un évêque l'a formulée lui-même en chaire, à Metz, pour la fête de saint Blaise. Elle vaut d'être citée en entier :
« Certains peuvent y voir de la superstition. Les saints guérisseurs sont ces grands frères à qui nous aimons nous confier, parce qu'à travers leur existence, ils ont manifesté des signes que le Seigneur guérit, que le Seigneur console, que le Seigneur prend soin. En fait, ils nous aident à mettre notre confiance et notre espérance en Dieu. »
La ligne de partage est là, et elle est fine. Demander à Dieu, par un saint, de prendre soin de vous : c'est la foi. Attendre d'un geste qu'il opère de lui-même, indépendamment de toute disposition intérieure et à la place d'un soin : c'est la superstition, et l'Église la nomme ainsi.
Prière pour le mal de gorge : le texte, et la limite
Il n'existe pas une prière unique et officielle « pour guérir le mal de gorge ». Il existe la bénédiction du 3 février, qui est prononcée par un prêtre, et des prières d'intercession à saint Blaise, que l'on peut dire soi-même. Nous n'en citons qu'une, et elle vient d'un diocèse.
La prière proposée par le diocèse de Strasbourg
« Saint Blaise, tu as guéri et conservé en vie un enfant qui étouffait la gorge percée par une arête de poisson qu'il avait avalée. C'est pourquoi nous nous tournons vers toi : éloigne de nous tous les maux de gorge qui nous menacent et guéris tous ceux qui en sont atteints. Mais veille aussi sur notre esprit ! Arrache-le à la tiédeur spirituelle. Par les mérites de ta vie, consommée dans le martyre, aide-nous, à rester fermement attachés au Christ dans la foi, l'espérance et l'amour. AMEN. »
Regardez où elle va : elle demande la gorge, puis elle demande davantage, « veille aussi sur notre esprit ». Même la prière la plus directement liée au symptôme refuse de s'y limiter. Si vous cherchez les textes du socle commun, le Notre Père, le Je vous salue Marie et les autres, ils sont réunis dans notre article sur les prières catholiques essentielles.
La prière accompagne les soins, elle ne les remplace pas
Nous ne sommes pas un site de santé et nous ne donnons aucun conseil médical : aucun remède, aucune plante, aucun dosage ne figurera jamais dans cet article. Un mal de gorge très fort, ou qui dure, se traite avec un médecin ou un pharmacien. C'est leur métier, ce n'est pas le nôtre.
Et ce partage n'est pas une précaution d'avocat ajoutée en fin de page : il est écrit dans l'Écriture, et dans le même souffle. Ben Sira commence par « Honore à sa juste valeur le médecin pour ses services : le Seigneur l'a créé, lui aussi » (Si 38, 1), rappelle que « le Seigneur a créé les plantes médicinales » (v. 4), puis donne l'ordre dans l'ordre : « quand tu es malade, ne te décourage pas, mais prie le Seigneur, et lui te guérira » (v. 9), et quelques versets plus loin, « puis fais venir le médecin : le Seigneur l'a créé, lui aussi ; qu'il ne s'écarte pas de toi, car tu as besoin de lui » (v. 12).
Prier et se soigner ne sont pas deux options entre lesquelles choisir, ce sont deux gestes que le même texte commande. Celui qui reçoit la bénédiction des gorges le 3 février et qui passe chez le médecin le 4 fait exactement ce que l'Église lui demande.
Neuvaine à saint Blaise : ce que c'est, et ce que ce n'est pas
Une neuvaine est une prière tenue neuf jours de suite, le plus souvent dans les neuf jours qui précèdent une fête. Des neuvaines à saint Blaise circulent et plusieurs textes différents cohabitent : nous n'en reproduisons aucun, parce qu'aucun ne nous est parvenu par une source d'Église que nous puissions vous citer. Rien ne vous empêche en revanche de construire la vôtre sur la prière du diocèse de Strasbourg ci-dessus, répétée neuf jours. Pour voir à quoi ressemble une neuvaine structurée, jour après jour, notre article sur la neuvaine à saint Joseph en donne le déroulé complet.
Le 3 février en France : les petits pains, les reliques, votre paroisse
Ce rite n'est pas un souvenir de manuel. Le diocèse de Metz l'écrit sans détour : « Dans de nombreuses paroisses, on bénit ainsi les gorges des fidèles avec deux cierges croisés », en même temps que des petits pains que les fidèles gardent ensuite toute l'année.
Les reliques de saint Blaise sont vénérées à l'église Saint-Eucaire de Metz, qui l'a pour patron. Le 3 février y est une journée entière : messes avec la relique exposée devant l'autel, bénédiction des pains, conférence, vêpres présidées par l'évêque. Et les chiffres ne sont pas symboliques : à Grostenquin, en Moselle, 2 800 pains ont été vendus et bénis pour la seule fête de 2024, dans une église comble, où les prêtres ont béni les pains, les cierges et les bougies apportés par les pèlerins.
En pratique, pour savoir si la bénédiction est donnée près de chez vous : regardez la feuille paroissiale ou appelez l'accueil de votre paroisse quelques jours avant le 3 février. Rien ne garantit qu'elle ait lieu partout, cela dépend des usages locaux, et c'est la seule réponse honnête que nous puissions vous donner.
Porter un saint sur soi, sans en faire un talisman
Autant être clair, puisque c'est la question qui vient ensuite : nous n'avons pas de médaille de saint Blaise à notre catalogue. Nous n'allons pas vous en inventer une. Ce que nous avons, ce sont une quarantaine de saints dans nos médailles de saints, en acier inoxydable et en argent 925, livrées en écrin.
La logique du porté reste la même d'un saint à l'autre : on choisit celui dont l'histoire parle à la situation qu'on traverse. Saint Expédit pour ce qui ne peut plus attendre, saint Blaise pour ce qui touche la gorge et la parole. Dans les deux cas, l'objet ne fait rien par lui-même : c'est le même principe que le n. 1670 du Catéchisme, appliqué au bijou au lieu du cierge.
Et si vous voulez faire bénir la pièce, c'est un prêtre ou un diacre qui le fait, gratuitement, après l'achat. Nous n'expédions jamais d'objet déjà béni, et notre article sur la bénédiction d'un bijou explique la règle qui nous l'interdit.
Nous ne proposons pas de médaille de saint Blaise. Si vous cherchez un signe à porter, nos médailles de saints et nos croix couvrent les dévotions que notre atelier travaille. La bénédiction du 3 février se reçoit en paroisse, souvent le même jour qu'on fait bénir un bijou : nos colliers croix sont les plus portés pour cet usage.
Questions fréquentes
Quelle est la prière pour guérir le mal de gorge ?
Aucune prière officielle de l'Église ne se présente comme un remède pour guérir un mal de gorge. Ce qui existe, c'est la bénédiction des gorges du 3 février, prononcée par un prêtre, et des prières d'intercession à saint Blaise, comme celle que publie le diocèse de Strasbourg et que nous citons plus haut. Elles demandent à Dieu, elles ne garantissent rien, et elles ne dispensent pas de consulter.
Comment calmer un très fort mal de gorge ?
Ce n'est pas notre domaine, et nous ne donnerons aucun conseil de santé : ni remède, ni plante, ni dosage. Un mal de gorge très fort, ou qui s'installe, se traite avec un médecin ou un pharmacien, qui sont les seuls à pouvoir vous dire ce qu'il est. La prière accompagne ces soins et ne s'y substitue jamais. Ben Sira le dit sans détour : « Puis fais venir le médecin : le Seigneur l'a créé, lui aussi » (Si 38, 12).
Quelle est la prière à Saint Blaise ?
Il n'y en a pas une seule. Plusieurs textes circulent ; nous n'en citons qu'un, celui du diocèse de Strasbourg, parce qu'il vient d'une source d'Église vérifiable. Il commence par « Saint Blaise, tu as guéri et conservé en vie un enfant qui étouffait la gorge percée par une arête de poisson » et demande, au-delà de la gorge, que le saint veille aussi sur l'esprit. À côté de cela, il y a la formule de la bénédiction du 3 février, mais celle-là est prononcée par le prêtre, pas par vous.
Quel saint prier pour la toux ?
L'Église n'attribue pas de patronage officiel symptôme par symptôme, et il n'existe donc pas de « saint de la toux ». En pratique, c'est vers saint Blaise que l'on se tourne, parce que la toux relève de la même zone que les maux de gorge pour lesquels il est invoqué. Et pour une toux qui dure, la règle est celle de toute cette page : un médecin d'abord, la prière avec, jamais à la place.
Un rite qui dit exactement ce qu'il fait
Vous aviez deux questions en arrivant ici : ce qui se passe réellement le 3 février, et quelle prière dire. Vous avez le déroulé dans l'ordre, la formule dans ses deux langues, la raison du nombre deux, et un texte de prière qui vient d'un diocèse et pas de nulle part. Et vous avez aussi la limite, qui fait partie de la réponse et non de ses réserves : la bénédiction des gorges ne soigne pas, elle demande. Le médecin soigne, et l'Écriture vous envoie chez lui dans la même page où elle vous dit de prier.
Si cette dévotion vous tient et que vous voulez la porter sur vous, regardez du côté de nos médailles de saints : vous n'y trouverez pas saint Blaise, mais vous y trouverez celui dont l'histoire rejoint la vôtre, et c'est ainsi qu'on choisit une médaille.
Sources
- Livre de Ben Sira le Sage, chapitre 38, traduction liturgique officielle (AELF) : le médecin créé par le Seigneur et les plantes médicinales créées par Dieu (v. 1 et 4), puis l'ordre explicite de prier le Seigneur et de faire venir le médecin (v. 9 et 12).
- Catéchisme de l'Église catholique, n. 1667 à 1671, les sacramentaux : la définition du sacramental, le signe de la croix comme signe ordinaire de la bénédiction (n. 1668), et le fait qu'un sacramental ne confère pas la grâce à la manière d'un sacrement (n. 1670).
- Saint Blaise de Sébaste, Nominis (Église catholique en France) : médecin devenu évêque de Sébaste en Arménie, mort vers 316, mémoire au 3 février, invoqué contre les affections de la gorge, patron des cardeurs et des métiers de la laine, reliques vénérées à Metz.
- St Blaise : qui est-il ? et prière en son honneur, diocèse de Strasbourg (PDF) : le récit de la passion, l'épisode de l'enfant étouffé par une arête de poisson, et le texte intégral de la prière citée dans cet article.
- Bénédiction des gorges, cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan : la formule française mot pour mot, et le fait que les cierges utilisés sont ceux bénis la veille, jour de la Chandeleur, croisés et appliqués sous le menton du fidèle agenouillé.
Le calendrier liturgique du 3 février (mémoire facultative de saint Blaise, évêque et martyr) a été vérifié sur aelf.org. Les pratiques françaises citées (gorges bénies avec deux cierges croisés, petits pains, relique de Saint-Eucaire, homélie de Mgr Lagleize, 2 800 pains bénis à Grostenquin) proviennent du site du diocèse de Metz.
Nos sources
- Livre de Ben Sira le Sage, chapitre 38 (traduction liturgique officielle), AELF (nouvelle fenêtre) Bible, rang ①
- Catéchisme de l'Église catholique, n. 1667 à 1671 (les sacramentaux) (nouvelle fenêtre) Magistère, rang ②
- Saint Blaise de Sébaste, Nominis (Église catholique en France) (nouvelle fenêtre) Église officielle, rang ④
- St Blaise : qui est-il ? et prière en son honneur, diocèse de Strasbourg (PDF) (nouvelle fenêtre) Église officielle, rang ④
- Bénédiction des gorges, cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan (nouvelle fenêtre) Église officielle, rang ④
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