Assomption de Marie : le 15 août, et ce qu'on confond

Mis à jour le 24 min de lecture

assomption de marie
Sommaire
  1. En bref
  2. Assomption, Ascension, Immaculée Conception : le tableau
  3. Assomption signification : ce que le mot veut dire exactement
  4. Le dogme de l'Assomption : Pie XII, 1er novembre 1950
  5. Dormition et Assomption : ce que disent les Orientaux
  6. Assomption dans la Bible : aucun verset ne la raconte
  7. Assomption date : pourquoi le 15 août et pas un autre jour
  8. Le 15 août en France : le vœu de Louis XIII
  9. Questions fréquentes
  10. Vous ne confondrez plus les trois, et vous savez d'où vient le 15 août
  11. Sources

Vous cherchez ce qu'on fête le 15 août, et vous tombez sur trois mots qui se ressemblent tellement qu'ils finissent par se mélanger : Assomption, Ascension, Immaculée Conception. Vous vous demandez aussi si l'histoire est racontée dans la Bible, parce que vous ne vous rappelez pas l'avoir lue. Et vous avez entendu dire que le 15 août est férié pour une raison qui n'a rien à voir avec les vacances.

Voici les trois réponses tout de suite. L'Assomption, c'est Marie élevée au ciel à la fin de sa vie terrestre : l'Ascension, c'est le Christ, quarante jours après Pâques, et l'Immaculée Conception, c'est autre chose encore, qui se fête le 8 décembre. Aucun verset de la Bible ne raconte la fin de la vie de Marie, et c'est assumé : l'Église lit ce jour-là deux textes qui parlent d'elle autrement. Quant au jour férié, il descend d'un vœu du roi Louis XIII enregistré le 10 février 1638.

Cette page vous donne le tableau des trois fêtes côte à côte, la formule exacte du dogme proclamé par Pie XII le 1er novembre 1950, ce que ce dogme ne dit pas, les lectures du jour et le détail du vœu de 1638. Parce que la confusion entre Assomption et Ascension n'est pas une faute d'inattention : les deux mots viennent de deux verbes latins différents, et c'est cette différence qui porte tout le sens de la fête.

En bref

  • Assomption : Marie élevée corps et âme dans la gloire du ciel à la fin de sa vie terrestre. Fête fixe, le 15 août, rang de solennité.
  • Ascension : le Christ qui monte au ciel quarante jours après Pâques. Fête mobile, toujours un jeudi, et c'est lui qui monte, pas elle.
  • Immaculée Conception : Marie préservée du péché originel dès sa conception. Dogme de 1854, fête fixe le 8 décembre. Rien à voir avec le 15 août.
  • Le dogme a été proclamé par Pie XII le 1er novembre 1950, dans la constitution apostolique Munificentissimus Deus. Il parle du « cours de sa vie terrestre achevé », et il ne tranche pas la question de sa mort.
  • En France, le 15 août a été fête nationale de 1638 à la fin de l'Empire, suite au vœu de Louis XIII qui consacre le royaume à la Vierge.

Assomption, Ascension, Immaculée Conception : le tableau

Commençons par là, parce que c'est ce que vous êtes venu chercher. Les trois mots désignent trois réalités distinctes, deux personnes différentes et trois dates qui ne tombent jamais ensemble.

Ascension Assomption Immaculée Conception
De qui on parle Jésus Christ La Vierge Marie La Vierge Marie
Ce qui est fêté Il monte au ciel après sa résurrection Elle est élevée au ciel, corps et âme, à la fin de sa vie terrestre Elle est préservée du péché originel dès le premier instant de sa conception
Date Mobile, 40 jours après Pâques, toujours un jeudi (14 mai en 2026, 6 mai en 2027) Fixe, le 15 août (un samedi en 2026) Fixe, le 8 décembre
Rang liturgique Solennité Solennité Solennité
Dans la Bible Oui : Lc 24, 50-51, Mc 16, 19, Ac 1, 9-11 Non, aucun récit Non comme récit, mais Lc 1, 28 « comblée de grâce » en est le point d'appui
Devenu dogme Article du Credo, dès les premiers siècles En 1950, par Pie XII En 1854, par Pie IX
Le verbe latin ascendere : monter, s'élever assumere : prendre à soi concipere : concevoir

Ascension et Assomption : la différence en une phrase

Le Christ monte, Marie est élevée. C'est toute la différence, et elle n'est pas une nuance de style. L'Ascension est un acte du Christ lui-même, qui remonte vers son Père par sa propre puissance de ressuscité. L'Assomption est quelque chose qui est fait à Marie : elle reçoit, elle ne se hisse pas. L'Église catholique en France le formule ainsi : « Marie ne s'élève pas toute seule vers le ciel, c'est Dieu qui fait le choix de l'“assumer” ». Si vous ne retenez qu'une chose de cette page, retenez celle-là : les deux fêtes ne racontent pas le même geste.

Étymologie : assumere, et pas ascendere

Les deux mots français sortent de deux verbes latins qui n'ont rien à voir. Ascendere veut dire monter, s'élever, et il a donné « Ascension ». Assumere veut dire prendre à soi, prendre avec soi, et il a donné « Assomption ». La Conférence des évêques de France le glose en « assumer, enlever » et en tire la conséquence : l'étymologie souligne l'initiative divine.

On en a une preuve dans la constitution de 1950 elle-même. Pie XII y cite une phrase de saint Antoine de Padoue qui emploie les deux verbes dans la même respiration : Jésus Christ « est monté à la droite de son Père » (ad dexteram sui Patris ascendit), et le même jour la Vierge Mère « a été élevée » vers la chambre céleste (ad aethereum thalamum est assumpta). Un verbe actif pour le Fils, un participe passif pour la Mère. La langue fait la théologie avant qu'on l'explique.

Immaculée Conception : l'autre confusion, le 8 décembre

C'est la confusion la moins avouée des trois, et la plus répandue. Beaucoup entendent « Immaculée Conception » et pensent à la conception de Jésus par Marie. Ce n'est pas cela. L'Immaculée Conception désigne la conception de Marie elle-même par ses propres parents, et le fait qu'elle en ait été préservée du péché originel. Le Catéchisme la traite au numéro 491 et donne la formule de 1854 : Marie « a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel ». Le dogme est de Pie IX, la fête est le 8 décembre, et elle est aussi de rang solennel.

Les deux dogmes mariaux de l'époque moderne sont d'ailleurs liés dans le texte même de 1950 : Pie XII écrit que ces deux privilèges « se tiennent très étroitement l'un à l'autre », et il renvoie explicitement à la bulle Ineffabilis Deus de son prédécesseur. Si l'Assomption vous intéresse pour cette raison, notre article sur la prière aux saints et à Marie reprend le couple des deux dogmes et la place que l'Église lui donne.

Assomption signification : ce que le mot veut dire exactement

Le mot désigne à la fois un événement et une fête. L'événement : à la fin de sa vie terrestre, Marie a été élevée auprès de Dieu avec son corps, et pas seulement avec son âme. La fête : le 15 août, l'Église célèbre cet événement avec le rang le plus élevé de son calendrier, la solennité. Vous retrouverez ce rang dans notre calendrier des saints, qui explique au passage pourquoi une liste des seules mémoires obligatoires ne mentionne jamais le 15 août.

Sur le sens, le Catéchisme donne la phrase la plus utile à retenir : « L'Assomption de la Sainte Vierge est une participation singulière à la Résurrection de son Fils et une anticipation de la résurrection des autres chrétiens. » Autrement dit, ce qui est arrivé à Marie n'est pas un privilège qui l'isole, c'est un avant-goût de ce que la foi chrétienne promet à tous, mais à la fin des temps. Elle y est déjà, les autres y seront. C'est pour cela que la préface de la messe du jour demande à Marie de « guider et soutenir l'espérance de ton peuple qui est encore en chemin ».

Le dogme de l'Assomption : Pie XII, 1er novembre 1950

Le dogme n'a pas été proclamé un 15 août, contrairement à ce qu'on lit souvent. La constitution apostolique Munificentissimus Deus est datée du 1er novembre 1950, fête de la Toussaint, pendant l'Année sainte, et Pie XII s'en réjouit explicitement dans le texte : cela lui permet, écrit-il, d'orner le front de la Vierge de ce joyau pendant le grand Jubilé.

La formule exacte, et les deux textes qui circulent

Il y a ici un détail qui vaut la peine d'être posé proprement, parce qu'il circule sous deux formes que l'on confond. La formule de définition elle-même est en latin, et elle est courte. La voici telle que le Saint-Siège la sert :

« Nous prononçons, déclarons et définissons comme un dogme divinement révélé que l'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, le cours de sa vie terrestre achevé, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste. »

Dans le latin servi par vatican.va : Immaculatam Deiparam semper Virginem Mariam, expleto terrestris vitae cursu, fuisse corpore et anima ad caelestem gloriam assumptam.

La formule que vous rencontrerez le plus souvent en français est une autre, plus longue, et elle est tout aussi officielle : c'est celle du concile Vatican II, que le Catéchisme reprend au numéro 966 et que l'Église en France rattache à la définition de 1950.

« Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort. »

Les deux disent la même chose et ne sont pas le même texte, et c'est pour cela que les citations trouvées en ligne ne se recoupent jamais tout à fait. Si vous voulez citer la définition dogmatique au sens strict, c'est la première. Si vous voulez la formule que l'on entend en catéchèse et dans les homélies, c'est la seconde.

Comment on en est arrivé là : la consultation de 1946

Un dogme ne tombe pas du ciel un matin. Le texte de 1950 raconte lui-même sa propre fabrication, et le détail est instructif. Les demandes de définition s'accumulaient depuis le XIXe siècle, au point que le Saint-Siège les avait fait publier en deux volumes de pétitions, imprimés au Vatican en 1942. Des fidèles, des évêques, des provinces ecclésiastiques entières, et même, écrit Pie XII, plusieurs Pères du concile Vatican I.

En mai 1946, le pape envoie à tous les évêques du monde une lettre, Deiparae Virginis Mariae, avec une question posée en toutes lettres : jugez-vous que l'Assomption corporelle de la très sainte Vierge peut être proposée et définie comme dogme de foi, et le désirez-vous avec votre clergé et votre peuple ? La réponse de l'épiscopat est, selon le texte, d'une quasi-unanimité. Quatre ans plus tard, la définition est proclamée. Le dogme a donc été précédé d'un sondage de l'épiscopat mondial, ce qui est rarement raconté.

Ce que le dogme ne dit pas : la mort de Marie

C'est le point le plus souvent manqué, et c'est le plus intéressant. Relisez la formule : « le cours de sa vie terrestre achevé ». Pas « après sa mort ». La définition de 1950 est rédigée de manière à ne pas trancher la question de savoir si Marie est morte.

Ce n'est pas une lecture d'interprète, c'est dans le texte. Pie XII cite le Sacramentaire grégorien, celui qu'Hadrien Ier envoya à Charlemagne, qui parle du jour « où la sainte Mère de Dieu subit la mort temporelle, sans pourtant pouvoir être retenue par les liens de la mort ». Et il commente aussitôt la formulation : il y a là, écrit-il, verborum illa temperantia, cette retenue des mots dont la liturgie romaine a l'habitude. Il note que les liturgies anciennes d'Orient et d'Occident sont, elles, beaucoup plus explicites.

Autrement dit : la tradition de l'Église parle très largement de la mort de Marie, les Pères qu'il cite aussi, mais le dogme choisit de ne pas la définir. Il définit l'élévation, pas le trépas. C'est une précision qui change la réponse à la question « comment s'est passée l'Assomption » : sur le déroulement, l'Église n'a rien défini.

Dormition et Assomption : ce que disent les Orientaux

Les orthodoxes fêtent le 15 août, eux aussi, mais ils appellent la fête la Dormition. Le mot vient des récits apocryphes des premiers siècles, où un ange annonce à Marie une mort paisible, comme un endormissement, et où les apôtres sont ramenés miraculeusement pour y assister. L'empereur byzantin Maurice, qui règne de 582 à 602, impose la célébration de la Dormition au 15 août dans tout son empire.

À l'origine, c'est une seule et même fête, et la différence s'est établie après coup. L'Église catholique en France la résume d'une phrase que l'on peut relire deux fois : l'Église orthodoxe insiste sur la douceur de la mort de Marie, « l'Église catholique ne parle pas de sa mort mais d'Assomption ». Ce qui rejoint exactement la retenue du texte de 1950.

Chose remarquable, le Catéchisme catholique ne se prive pas du mot oriental : au numéro 966, pour expliquer l'Assomption, il cite en entier le tropaire byzantin de la fête de la Dormition : « Dans ton enfantement tu as gardé la virginité, dans ta dormition tu n'as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu : tu as rejoint la source de la Vie, toi qui conçus le Dieu vivant et qui, par tes prières, délivreras nos âmes de la mort. » Les deux traditions se citent l'une l'autre plus qu'on ne le croit.

Assomption dans la Bible : aucun verset ne la raconte

Autant le dire franchement, puisque c'est une des questions les plus posées. Le Nouveau Testament ne raconte pas la fin de la vie terrestre de Marie. La dernière fois qu'elle est nommée dans un livre du Nouveau Testament, c'est aux Actes des Apôtres, au chapitre 1, verset 14 : elle est avec les apôtres, en prière, avant la Pentecôte. Après, plus rien. Ce sont des écrits apocryphes, plus tardifs, qui ont proposé des récits, et l'Église ne les tient pas pour parole de Dieu.

Ce n'est pas un trou embarrassant que l'on cacherait. C'est précisément pour cela que le dogme s'appuie sur la foi de l'Église et sur sa liturgie, et non sur un verset qu'il suffirait d'ouvrir. Si vous cherchez « Assomption de la Vierge Marie verset biblique », la réponse honnête est : il n'y en a pas de récit, et il y a des textes que l'Église lit ce jour-là pour en dire le sens.

Les lectures du 15 août

Voici ce que l'on entend à la messe du jour, dans le lectionnaire servi par l'AELF.

  • Première lecture, Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab : le sanctuaire du ciel s'ouvre, l'arche de l'Alliance apparaît, puis « un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles ».
  • Psaume 44 (45), le psaume royal de la fiancée.
  • Deuxième lecture, 1 Co 15, 20-27a : « En premier, le Christ ; ensuite, ceux qui lui appartiennent. » C'est la clé de lecture de toute la fête, et c'est aussi l'argument de saint Paul que Pie XII reprend dans sa constitution.
  • Évangile, Lc 1, 39-56 : la Visitation, et le cantique de Marie.

La messe de la veille au soir a ses propres lectures, et la première est inattendue : 1 Ch 15, 3-4.15-16 ; 16, 1-2, le récit de David qui fait monter l'arche de Dieu à Jérusalem, suivi du Psaume 131, 7-8.

Pourquoi les lectures du 15 août parlent d'une arche

Si vous avez remarqué que l'arche d'alliance revient deux fois dans les lectures de cette fête, ce n'est pas un hasard de calendrier, et la constitution de 1950 explique pourquoi. Les Pères de l'Église ont lu l'arche d'alliance comme une image du corps de Marie. Le raisonnement est simple : l'arche était faite d'un bois incorruptible et placée dans le temple de Dieu ; le corps de la Vierge, qui a porté Dieu lui-même, a été de la même manière préservé de la corruption du tombeau.

Pie XII cite à cet endroit le verset du psaume que l'on chante à la messe de la veille : « Lève-toi, Seigneur, vers le lieu de ton repos, toi et l'arche de ta sainteté. » L'AELF le traduit « Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos, toi, et l'arche de ta force ! » et le place en psaume de la vigile, juste après la lecture où David fait entrer l'arche. Et la première lecture du jour commence, elle, exactement sur « l'arche de son Alliance apparut dans le Sanctuaire », avant d'enchaîner sur la Femme vêtue de soleil. Les trois textes sont choisis ensemble, et ils disent la même chose par images. C'est le genre de détail qui transforme une messe d'été en quelque chose que l'on écoute autrement.

Le Magnificat, l'évangile du jour

L'évangile du 15 août, Lc 1, 39-56, se termine par le cantique de Marie. Nous ne le reprenons pas ici : son texte en français et en latin, verset par verset, est dans notre article consacré au Magnificat, avec les deux mots de traduction qui changent à l'Avent 2026. De la même façon, si c'est le titre « Mère de Dieu » qui vous arrête, il vient du concile d'Éphèse en 431 et nous l'expliquons dans notre page sur le Je vous salue Marie.

Dernier lien naturel : l'Assomption est l'un des mystères du Rosaire, Pie XII le rappelle lui-même dans sa constitution, et elle figure parmi les mystères glorieux. Notre histoire du Rosaire détaille les quatre séries de mystères et ce que la tradition attribue vraiment à saint Dominique.

Assomption date : pourquoi le 15 août et pas un autre jour

La date ne vient pas d'un anniversaire. Les premiers chrétiens honoraient leurs saints au jour de leur mort, qu'ils appelaient leur dies natalis, leur vraie naissance au ciel. Problème : pour Marie, aucune date ne se dégage, puisque le Nouveau Testament ne dit rien et que les récits apocryphes ne concordent pas. On en est allé jusqu'à vénérer trois tombeaux de Marie.

L'explication la plus probable, celle que retient l'Église catholique en France, est celle d'une dédicace d'église. Au concile de Chalcédoine, en 451, Juvénal, évêque de Jérusalem, raconte que le tombeau de Marie, dans la vallée de Josaphat, a été trouvé vide trois jours après l'ensevelissement, et qu'une église y a été bâtie. Le 15 août correspondrait à la date de la dédicace de cette église agrandie. Un siècle plus tard, l'empereur Maurice impose la date dans tout l'empire, et la fête gagne l'Occident.

À Rome, la fête n'était pas célébrée sous Grégoire le Grand, mort en 604, mais elle l'était en 690 : on l'attribue donc au pape Serge Ier, lui-même d'origine syriaque. Elle fut longtemps accompagnée d'une procession nocturne, que Pie V a supprimée en 1566 à cause des abus qui l'entouraient.

Le 15 août en France : le vœu de Louis XIII

Voici la partie que les Français connaissent le moins, et c'est celle qui explique leur jour de congé.

1637 et 1638 : la consécration de la France à Marie

En 1637, Louis XIII est sans héritier après vingt ans de mariage. Il demande à ses sujets de faire, dans chaque paroisse, une procession le 15 août, pour obtenir un fils. Quand il a la certitude d'attendre un enfant, il décide de consacrer la France à la Vierge Marie. Le 10 février 1638, il déclare prendre la Vierge comme protectrice et patronne du Royaume, et demande que chaque année, le jour de l'Assomption, on fasse dans chaque église mémoire de cette consécration à la grand-messe, suivie d'une procession solennelle après les vêpres. L'édit est enregistré par le Parlement.

Le 15 août devient ainsi fête nationale, et le reste jusqu'à la fin de l'Empire. Napoléon Ier, né un 15 août, en fit la Saint Napoléon ; la Restauration lui rendit son nom d'Assomption. Il faudra attendre 1880 pour que le 14 juillet devienne la fête nationale française. En 1922, le pape Pie XI confirme en quelque sorte ce geste royal en proclamant Marie patronne principale de la France, le 2 mars. C'est à ce titre, et sous ce vocable précis, qu'elle l'est encore : nous le signalons d'ailleurs dans notre article sur saint Michel archange, qui n'est, lui, que patron secondaire.

Assomption férié : la vraie raison juridique

Beaucoup croient que le 15 août est férié parce que c'est l'été. La raison est ailleurs, et elle est écrite. L'Ascension, l'Assomption, la Toussaint et Noël sont fériés en application de l'arrêté du 29 germinal an X, soit le 19 avril 1802, issu du Concordat, et de l'article 42 de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l'État. La loi du 8 mars 1886 a ajouté les lundis de Pâques et de Pentecôte. Le 15 août fait partie des onze jours fériés français actuels, et il est également chômé en Italie, au Portugal, en Pologne, en Autriche et dans d'autres pays de tradition catholique.

Ce qui en reste aujourd'hui

Le vœu de 1638 n'est pas une curiosité d'archive. L'Église en France continue, chaque 15 août, de porter une intention de prière pour le pays, en rappelant que la solennité marque l'anniversaire de la consécration. Et la procession demandée par l'édit a laissé une descendance très visible : pèlerinages, processions dans les sanctuaires diocésains, bénédictions de la mer, grands pardons, et le pèlerinage national à Lourdes, qui tombe à cette période. C'est, avec Noël, le jour de l'année où l'on voit encore des processions dans les rues en France.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre l'Assomption et l'Ascension ?

L'Ascension est celle de Jésus, l'Assomption celle de Marie. L'Ascension se fête quarante jours après Pâques, toujours un jeudi, et elle est racontée dans les Évangiles et les Actes des Apôtres. L'Assomption se fête le 15 août et n'est racontée nulle part dans la Bible. Surtout, les deux mots viennent de deux verbes latins différents : ascendere, monter, pour le Christ qui s'élève par sa propre puissance, et assumere, prendre à soi, pour Marie qui est élevée par Dieu.

C'est quoi l'Assomption le 15 août ?

C'est la solennité au cours de laquelle l'Église catholique célèbre l'élévation de la Vierge Marie au ciel, avec son corps et son âme, à la fin de sa vie terrestre. C'est le rang liturgique le plus élevé du calendrier, au même titre que Noël ou la Toussaint. En France, la date est aussi un jour férié, pour des raisons qui remontent au Concordat et, avant lui, au vœu de Louis XIII de 1638.

Comment la Vierge Marie est-elle montée au ciel ?

L'Église ne l'a pas défini, et c'est une réponse à part entière. Le dogme de 1950 affirme que Marie « a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste », le cours de sa vie terrestre achevé. Il ne décrit aucun déroulement, ne nomme aucun lieu et ne tranche même pas la question de sa mort. Les récits détaillés que l'on rencontre, avec les apôtres rassemblés et les anges, viennent d'écrits apocryphes des premiers siècles que l'Église ne tient pas pour parole de Dieu.

Quel est le dogme de l'Assomption ?

C'est celui que Pie XII a proclamé le 1er novembre 1950 dans la constitution apostolique Munificentissimus Deus. Sa formule, en latin, définit comme dogme divinement révélé que l'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, le cours de sa vie terrestre achevé, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste. Le Catéchisme le traite au numéro 966, en reprenant la formule plus développée du concile Vatican II.

Quels sont les 4 dogmes mariaux ?

On en compte traditionnellement quatre. Marie Mère de Dieu, titre défini au concile d'Éphèse en 431. Sa virginité, que l'Église professe dans son Credo. L'Immaculée Conception, proclamée par Pie IX en 1854 et traitée par le Catéchisme au numéro 491. Et l'Assomption, proclamée par Pie XII en 1950 et traitée au numéro 966. Les deux derniers sont les plus récents, et ils sont liés : la constitution de 1950 renvoie elle-même à la bulle de 1854.

Comment s'est passée l'Assomption de la Vierge Marie ?

Aucun texte reçu par l'Église ne le raconte. Le Nouveau Testament cite Marie une dernière fois aux Actes des Apôtres, au chapitre 1, en prière avec les apôtres avant la Pentecôte, et s'arrête là. Les apocryphes décrivent un endormissement paisible annoncé par un ange, c'est de là que vient le mot « Dormition » employé par les orthodoxes. Mais ce sont des récits de piété, non des textes d'Écriture, et le dogme catholique s'est gardé d'en reprendre le détail.

Vous ne confondrez plus les trois, et vous savez d'où vient le 15 août

Vous aviez deux questions en arrivant, et vous avez les deux réponses. Le tableau du haut de page règle la confusion une fois pour toutes : trois mots, deux personnes, trois dates, et deux verbes latins qui expliquent pourquoi l'un monte et l'autre est élevée. Et vous savez maintenant que votre jour de congé du 15 août descend d'un roi sans héritier qui a consacré son royaume à la Vierge en 1638, puis d'un arrêté de l'an X que la loi de 1905 a laissé en place.

Si cette fête compte pour vous et que vous souhaitez en porter le signe, nos bijoux dédiés à la Vierge Marie et nos médailles de saints sont en acier inoxydable qui ne noircit pas et en argent 925, livrés en écrin, et nos colliers croix en donnent la version chaîne. Nos pièces sont fabriquées en Chine, nous l'écrivons sans détour : ce qui fait leur valeur est le sens qu'elles portent et une matière qui tient dans le temps. Une médaille ne rend pas une prière plus efficace, et nous ne vous dirons pas le contraire. Elle rappelle simplement, dans la journée, celle que l'on fête le 15 août. Pour la plus demandée d'entre elles, voyez notre article sur la Médaille Miraculeuse, dont l'histoire commence rue du Bac en 1830.

Sources

Également consultés, cités sans lien : les pages « Dormition et Assomption, quelle différence ? », « D'où vient la fête de l'Assomption ? », « Pourquoi fête-t-on l'Assomption le 15 août ? », « Où fêter l'Assomption ? » et « Intention de prière pour la France » de l'Église catholique en France, le numéro 491 du Catéchisme pour l'Immaculée Conception, et les chapitres Ac 1, Lc 24 et Ap 11 de l'AELF pour les versets de l'Ascension et de l'arche.

Porter celle que l'on fête le 15 août

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