Prière de l'Angélus : le texte, et les trois heures

Mis à jour le 20 min de lecture

angelus priere
Sommaire
  1. En bref
  2. Prière de l'Angélus : le texte en français, en entier
  3. Comment faire la prière de l'Angélus
  4. Angélus prière heure : 7 h, midi et 19 h
  5. La cloche de l'Angélus, et les trois jours où elle se tait
  6. Prière de l'Angélus du temps ordinaire, et le Regina caeli au temps pascal
  7. L'Angélus du pape, chaque dimanche à midi
  8. Ce que le Magistère dit de cette prière
  9. Questions fréquentes
  10. Trois fois par jour, et de quoi s'en souvenir

Vous cherchez le texte de l'Angélus en entier, avec les versicules, les trois Je vous salue Marie et l'oraison, et vous tombez sur des versions qui ne se ressemblent pas d'un site à l'autre ? Vous voulez savoir à quelle heure il se dit et pourquoi les cloches sonnent à ces moments-là ? Vous l'avez entendu au printemps et ce n'était pas la même prière ?

L'Angélus est une prière en trois versicules qui fait mémoire de l'Annonciation, chacun suivi d'un Je vous salue Marie, et fermé par une oraison qui n'a pas été écrite pour lui : c'est la collecte du quatrième dimanche de l'Avent. Vous trouverez ici son texte français en entier, recopié sur le Compendium du Catéchisme, son texte latin, les trois versions françaises que servent aujourd'hui trois sources d'Église et ce qui les distingue, l'origine biblique exacte de chaque versicule, les trois heures de la sonnerie et pourquoi aucun texte de l'Église ne les fixe, le Regina caeli qui le remplace de Pâques à la Pentecôte, et l'Angélus du dimanche à midi au Vatican.

En bref

  • Trois versicules, trois Je vous salue Marie, un versicule final, une oraison. C'est toute la structure, et elle tient en une minute. Le texte complet est donné juste en dessous.
  • Trois fois par jour : le matin, à midi et le soir. En France, l'usage le plus répandu est 7 h, midi et 19 h, mais aucun texte de l'Église ne fixe l'heure d'horloge : elle se règle paroisse par paroisse.
  • L'oraison est un emprunt. C'est la collecte du quatrième dimanche de l'Avent, et le Magistère précise que celle du 25 mars, fête de l'Annonciation, peut la remplacer.
  • De Pâques à la Pentecôte, le Regina caeli remplace l'Angélus. La substitution n'est pas un usage local : elle est écrite dans un texte du Saint-Siège.
  • Trois textes français circulent, et ils diffèrent. Le Compendium, le diocèse de Paris et Vatican News ne servent pas exactement la même prière, et l'un des trois ajoute une incise absente du latin.

Prière de l'Angélus : le texte en français, en entier

Voici le texte tel que le sert le Compendium du Catéchisme de l'Église catholique, dans son annexe des prières communes. C'est la source de rang le plus élevé qui publie la prière entière en français, et c'est donc celle que nous reproduisons. Le D. est le verset dit par celui qui conduit la prière, le C. est la réponse de l'assemblée.

D. L'ange du Seigneur apporta l'annonce à Marie.
C. Et elle a conçu du Saint-Esprit.

Je vous salue, Marie …

D. Voici la servante du Seigneur.
C. Qu'il me soit fait selon ta parole.

Je vous salue, Marie …

D. Et le Verbe s'est fait chair.
C. Et il a habité parmi nous.

Je vous salue, Marie …

D. Prie pour nous, Sainte Mère de Dieu.
C. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions
Que ta grâce, Seigneur notre Père, se répande en nos coeurs : par le message de l'ange, tu nous as fait connaître l'incarnation de ton Fils bien-aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix, jusqu'à la gloire de la Résurrection. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Gloire au Père...

Les trois « Je vous salue, Marie … » sont abrégés sur la page du Saint-Siège, parce qu'on suppose la prière connue par coeur. Elle se dit en entier, les trois fois. Voici son texte, tel que le publie l'Église catholique en France :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen

Vous aurez remarqué que le Compendium écrit « Je vous salue, Marie » avec une virgule, et la Conférence des évêques de France sans. C'est une variante d'impression, pas une version différente de la prière. D'où vient chaque moitié de cet Ave, et pourquoi la seconde ne figure dans aucun évangile, c'est le sujet de notre article sur le Je vous salue Marie, et nous ne le refaisons pas ici.

Trois textes français circulent, et ils ne disent pas tout à fait la même chose

En cherchant la prière, vous allez tomber sur plusieurs textes. Ce ne sont pas des erreurs de recopie : trois sources d'Église servent aujourd'hui trois versions françaises différentes, et le tableau ci-dessous dit exactement où elles s'écartent.

Passage Compendium du Catéchisme Diocèse de Paris Vatican News
Premier versicule « apporta l'annonce » « porta l'annonce » « apporta l'annonce »
Deuxième réponse « selon ta parole » « selon votre parole » « selon ta parole »
Versicule final « Prie pour nous » et « soyons rendus dignes » « Priez pour nous » et « devenions dignes » « Prie pour nous » et « soyons rendus dignes »
Oraison sans incise sans incise ajoute « avec le secours de la Vierge Marie »
Fin « Gloire au Père... » s'arrête à « Amen » sans « Amen »

Le point le plus net est l'incise de Vatican News, « avec le secours de la Vierge Marie », qui ne figure ni dans le latin du Compendium ni dans celui de l'Enchiridion. Nous ne la qualifions pas de fausse : c'est le site d'information du Saint-Siège qui la sert, et une traduction liturgique est toujours un arbitrage. Nous la signalons parce que c'est la seule différence des trois qui porte sur le sens et non sur la forme.

Le diocèse de Paris, lui, a conservé le vouvoiement partout, ce qui donne un texte d'une autre génération que celui du Compendium. Les deux sont servis aujourd'hui, par deux sources d'Église. Si vous cherchez un texte unique à apprendre, prenez celui du Compendium : c'est le rang le plus haut.

Prière de l'Angélus en latin

Le latin est stable, et il est servi à l'identique par deux textes du Saint-Siège, l'annexe du Compendium et l'Enchiridion Indulgentiarum :

V. Angelus Domini nuntiavit Mariae,
R. Et concepit de Spiritu Sancto.
Ave, Maria.

V. Ecce ancilla Domini,
R. Fiat mihi secundum verbum tuum.
Ave, Maria.

V. Et Verbum caro factum est,
R. Et habitavit in nobis.
Ave, Maria.

V. Ora pro nobis, sancta Dei Genitrix,
R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

Oremus. Gratiam tuam, quaesumus Domine, mentibus nostris infunde, ut qui, Angelo nuntiante, Christi Filii tui incarnationem cognovimus, per passionem eius et crucem ad resurrectionis gloriam perducamur. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

C'est le premier mot de ce texte qui donne son nom à la prière : Angelus, l'ange. On ne l'appelle pas par son sujet, on l'appelle par son incipit, comme le Magnificat, le Credo ou le Salve Regina.

Et c'est à cet endroit précis de l'Enchiridion qu'une indulgence partielle est attachée à l'Angélus, pour qui le récite au lever du jour, à l'heure de midi ou vers le soir, avec les versicules et l'oraison prévus. La même phrase prévoit, au temps pascal, l'antienne Regina caeli avec son oraison habituelle. Nous y revenons plus bas.

Comment faire la prière de l'Angélus

La définition la plus courte est celle du glossaire de la Conférence des évêques de France : une prière en trois versets, en référence au récit évangélique de l'Annonciation, un Je vous salue Marie après chaque verset, et une oraison qui conclut. Il n'y a ni posture imposée, ni geste, ni objet nécessaire. Elle se dit debout ou assis, seul ou à deux voix, et elle prend moins d'une minute.

À deux ou en groupe, une personne dit le V. et les autres répondent le R. Seul, vous dites les deux. Dans les deux cas l'ordre est le même : versicule, réponse, Je vous salue Marie, et ainsi trois fois, puis le versicule final et l'oraison. Si vous voulez placer cela dans une journée de prière plus large, notre article sur la prière du soir en donne le déroulé complet, et les prières catholiques essentielles situent l'Angélus parmi les autres.

D'où viennent les trois versicules

C'est la question qu'aucune des pages de tête ne traite, et c'est pourtant elle qui fait comprendre la prière. Les trois versicules ne sont pas trois citations de l'Évangile : un seul l'est mot pour mot. Le tableau compare chacun au texte de la traduction liturgique officielle.

Versicule de l'Angélus Passage Ce que dit la traduction liturgique Écart
L'ange du Seigneur apporta l'annonce à Marie. Et elle a conçu du Saint-Esprit. Luc 1, 26 à 35 Gabriel est envoyé à Nazareth, puis « L'Esprit Saint viendra sur toi » Ce n'est pas un verset cité, c'est un résumé de la scène en deux lignes
Voici la servante du Seigneur. Qu'il me soit fait selon ta parole. Luc 1, 38 « Voici la servante du Seigneur ; que tout m'advienne selon ta parole. » La première moitié est identique, la seconde non : l'Angélus garde le décalque du latin Fiat mihi secundum verbum tuum
Et le Verbe s'est fait chair. Et il a habité parmi nous. Jean 1, 14 « Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous » Aucun. C'est le verset, mot pour mot, simplement coupé en deux pour faire un versicule et sa réponse

Le versicule final, « Prie pour nous, Sainte Mère de Dieu », n'est pas biblique du tout : c'est un versicule liturgique, de la même famille que ceux qui ouvrent les offices. Nous ne lui cherchons pas de verset, parce qu'il n'en a pas.

Ce que cette comparaison montre, c'est le mouvement de la prière : elle va de l'annonce au consentement de Marie, puis à l'Incarnation elle-même. Les deux premiers versicules sont chez Luc, le troisième chez Jean. On commence par un message et on finit par un Dieu qui habite parmi les hommes, et c'est exactement ce que l'oraison résume ensuite.

L'oraison n'a pas été écrite pour l'Angélus

Voilà un fait vérifiable qu'aucune des pages de tête ne donne. Dans l'Enchiridion, le texte latin de l'Angélus est suivi d'une mention entre parenthèses : MR, Dom. IV, Adv., collecta. Traduit, cela donne Missel romain, quatrième dimanche de l'Avent, collecte. L'oraison qui ferme l'Angélus est la prière d'ouverture de la messe du dernier dimanche avant Noël.

Paul VI le confirme par un autre chemin dans Marialis Cultus, où la note qui accompagne son paragraphe sur l'Angélus renvoie à la même collecte, et ajoute une précision pratique : la collecte du 25 mars, jour de l'Annonciation, peut remplacer celle de l'Avent dans la récitation de l'Angélus. Deux textes du Saint-Siège, la même attribution.

Ce détail n'est pas anecdotique. Il explique pourquoi l'oraison parle de la passion et de la croix dans une prière consacrée à l'Annonciation : elle a été écrite pour une messe qui prépare Noël en regardant déjà Pâques. Paul VI le relève d'ailleurs comme une qualité, cette « ouverture au mystère pascal » qui fait, selon lui, que la prière n'a pas eu besoin d'être réformée.

Angélus prière heure : 7 h, midi et 19 h

C'est la question la plus posée après le texte, et la réponse honnête tient en deux temps. Les trois moments sont fixés, l'heure ne l'est pas.

Les trois moments, d'abord. Marialis Cultus parle du « rythme quasi liturgique qui sanctifie divers moments de la journée » et nomme les trois : matin, midi et soir. Le glossaire des évêques de France écrit la même chose. L'Enchiridion est le plus précis et le plus large à la fois, puisqu'il accorde l'indulgence à qui prie primo diluculo, au lever du jour, vel meridiano tempore, à l'heure de midi, vel sub vesperam, vers le soir. Aucun de ces trois textes ne donne une heure d'horloge.

L'heure, ensuite. En France, l'usage le plus répandu est 7 h, midi et 19 h, et cet usage se lit noir sur blanc dans les ordonnances de sonnerie : le modèle diffusé par le service diocésain de liturgie d'Alsace, cité ici en clair, prescrit « Angélus à 7h, 12h et 19h : cloche 2 pendant 3 minutes ». Mais c'est une ordonnance locale, pas une règle universelle. Concrètement : l'heure de l'Angélus est celle que votre clocher sonne, et elle se décide à l'échelle de la paroisse ou du diocèse. Des villages la décalent pour le confort des riverains, d'autres n'en sonnent que deux sur trois.

Ce qui compte, et c'est ce que dit Paul VI, ce sont ces « moments caractéristiques de la journée qui délimitent les périodes d'activité » : le début, la coupure, la fin. Si votre journée commence à 6 h ou à 9 h, l'Angélus du matin est à 6 h ou à 9 h.

La cloche de l'Angélus, et les trois jours où elle se tait

Si les cloches sonnent à ces heures-là, ce n'est pas pour donner l'heure : c'est un appel à prier, et il est plus ancien que les horloges. Le lexique liturgique de la Conférence des évêques de France, qui reprend le Dictionnaire de Liturgie de Dom Robert Le Gall, fait apparaître les cloches « au moins au début du VIe siècle », nées du besoin d'un signal plus sonore que les clochettes et les crécelles quand les communautés et les monastères se sont développés.

Le nom même le dit : leur appellation la plus courante était signum, le signal, et clocca vient probablement du clog irlandais, la lourde clochette que le missionnaire emportait avec lui. Dès le VIIIe siècle, l'Église les bénit par un rite solennel, qu'on a appelé le baptême des cloches : ablution, quatre onctions de saint chrême, encensement, et au terme on leur donne la voix en les faisant résonner.

Et il y a, une fois par an, une fenêtre de deux jours pleins où le clocher ne sonne pas l'Angélus du tout. La même source l'écrit : « Les cloches se taisent traditionnellement depuis la messe du Jeudi saint jusqu'à la messe de la Résurrection : c'est un signe du deuil de l'Église. » L'ordonnance alsacienne le traduit en langage de sacristie, en demandant de couper toutes les sonneries automatiques, Angélus compris, avant la messe du Jeudi saint, et de les rétablir après la vigile pascale.

Un mot, enfin, sur l'image que presque tout le monde a en tête en entendant ce mot. L'Angélus est aussi le titre d'un tableau de Jean-François Millet, peint entre 1857 et 1859, une huile sur toile de 55,5 sur 66 centimètres conservée au musée d'Orsay sous le numéro RF 1877. La notice de la Plateforme Ouverte du Patrimoine en décrit le sujet en quelques mots : un homme, une femme, des paysans, la prière, un champ, une brouette, un panier, un outil d'arrachage. Nous nous arrêtons là, et nous ne prêtons au peintre aucune intention que nous ne pourrions pas citer.

Prière de l'Angélus du temps ordinaire, et le Regina caeli au temps pascal

Beaucoup de gens cherchent « l'Angélus du temps ordinaire » parce qu'ils ont entendu dire qu'il changeait selon la saison. Mettons-le au clair. L'Angélus que vous avez lu plus haut est celui de toute l'année. Il n'en existe pas de version propre au temps ordinaire. Ce qui existe, c'est une période où il n'est pas dit du tout.

De Pâques à la Pentecôte, le Regina caeli le remplace. Et ce n'est pas un usage local : la substitution est écrite dans deux textes du Saint-Siège. L'Enchiridion accorde la même indulgence à qui récite, « au temps pascal », l'antienne Regina caeli avec son oraison habituelle. Le Compendium du Catéchisme place le Regina caeli juste après l'Angélus et lui accole la mention explicite « (au temps pascal) », qu'il ne met sur aucune autre prière de la série. Le diocèse de Paris le dit en une phrase : durant le temps pascal, de Pâques à la Pentecôte, le Regina caeli remplace l'Angélus.

Voici son texte français, servi par le Compendium :

Reine du ciel, réjouis-toi, alleluia.
Car celui qu'il te fut donné de porter, alleluia,
Est ressuscité comme il l'avait dit. alleluia.
Prie Dieu pour nous, alleluia.

D. Sois heureuse et réjouis-toi, Vierge Marie, alleluia,
C. Car le Seigneur est vraiment ressuscité, alleluia.

Prions.
Dieu qui, par la résurrection de ton Fils notre Seigneur Jésus Christ, as bien voulu réjouir le monde, fais, nous t'en prions, que par la Vierge Marie, sa mère, nous arrivions aux joies de la vie éternelle. Par le Christ notre Seigneur. Amen.

Attention à une confusion fréquente : le Regina caeli n'est pas le Salve Regina. Ce sont deux antiennes mariales distinctes, et l'Enchiridion situe le Regina caeli dans la liturgie des Heures, au temps pascal, après les complies. Le Salve Regina, lui, achève les complies le reste de l'année, et son texte comme son histoire sont dans notre article sur le Salve Regina. Pour la troisième grande prière mariale que l'Église chante chaque soir, voyez le Magnificat.

L'Angélus du pape, chaque dimanche à midi

C'est l'autre raison pour laquelle on cherche ce mot, et souvent on cherche la vidéo. Chaque dimanche à midi, heure de Rome, le pape récite l'Angélus depuis une fenêtre du palais apostolique qui donne sur la place Saint-Pierre. La Conférence des évêques de France et Vatican News, cités ici en clair, décrivent le même déroulé : une brève méditation de l'Évangile du jour, puis la prière de l'Angélus, puis une bénédiction. Le rendez-vous a lieu aussi certaines fêtes, il est ouvert à tous, sans billet et sans inscription, contrairement à l'audience générale du mercredi.

Et la règle du temps pascal s'applique au pape comme à tout le monde : de Pâques à la Pentecôte, ce rendez-vous du dimanche midi devient le Regina caeli. C'est pour cela que les archives du Saint-Siège portent deux intitulés selon la saison, Angelus ou Regina Caeli, pour un seul et même rendez-vous.

Ce que le Magistère dit de cette prière

Une dernière chose, parce qu'elle est rarement dite et qu'elle est facile à vérifier. En 1974, Paul VI consacre la troisième partie de Marialis Cultus à deux exercices de piété seulement : l'Angélus et le Rosaire. Son propos sur l'Angélus se veut, écrit-il, « une simple mais vive exhortation à conserver l'habitude de le réciter, lorsque et là où c'est possible ». Puis cette phrase : « Cette prière n'a pas besoin d'être rénovée. »

Il en donne quatre raisons : sa structure simple, son caractère biblique, son origine historique qui la relie à la demande de sauvegarde dans la paix, et son rythme qui sanctifie les moments de la journée. C'est aussi la seule indication d'origine que nous ayons trouvée dans une source d'Église, et elle tient en une ligne : une demande de paix. Nous n'irons pas plus loin, parce qu'aucun des textes que nous avons consultés ne date la formation de la prière, et nous préférons une ligne sourcée à un siècle inventé.

Le même paragraphe est honnête sur ce qui a été perdu : certains usages liés à l'Angélus ont disparu, dit Paul VI, ou survivent difficilement dans la vie moderne. Il les tient pour des éléments marginaux, parce que l'essentiel, selon lui, ne bouge pas : la contemplation de l'Incarnation, la salutation à Marie, et trois moments qui coupent la journée pour la plupart des hommes. Pour situer cette prière parmi les autres registres, de la louange à l'intercession, voyez notre article sur les différentes formes de prière chrétienne.

Questions fréquentes

Comment réciter la prière de l'Angélus ?

Dans l'ordre suivant, et cela prend moins d'une minute. Vous dites le premier versicule et sa réponse, puis un Je vous salue Marie en entier ; le deuxième versicule et sa réponse, puis un Je vous salue Marie ; le troisième versicule et sa réponse, puis un Je vous salue Marie ; enfin le versicule final « Prie pour nous, Sainte Mère de Dieu » et l'oraison « Que ta grâce, Seigneur notre Père ». À plusieurs, une personne dit les versicules et les autres répondent ; seul, vous dites les deux. Le texte complet est donné en haut de cette page. Aucune posture, aucun geste et aucun objet ne sont requis.

Quelles sont les paroles de l'Angélus ?

Les voici, dans le texte servi par le Compendium du Catéchisme de l'Église catholique : « L'ange du Seigneur apporta l'annonce à Marie. Et elle a conçu du Saint-Esprit. Je vous salue, Marie … Voici la servante du Seigneur. Qu'il me soit fait selon ta parole. Je vous salue, Marie … Et le Verbe s'est fait chair. Et il a habité parmi nous. Je vous salue, Marie … Prie pour nous, Sainte Mère de Dieu. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ. » Suit l'oraison : « Que ta grâce, Seigneur notre Père, se répande en nos coeurs : par le message de l'ange, tu nous as fait connaître l'incarnation de ton Fils bien-aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix, jusqu'à la gloire de la Résurrection. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen. » Le Compendium ajoute ensuite un « Gloire au Père... ».

Quelle est l'heure de l'Angélus ?

Il n'y a pas d'heure fixée par l'Église, et c'est la vraie réponse. Les trois textes du Saint-Siège qui parlent de l'Angélus donnent des moments, pas des heures : le matin, à midi et le soir, ou plus précisément au lever du jour, à l'heure de midi et vers le soir. En France, l'usage le plus répandu est 7 h, midi et 19 h, et c'est ce triplet que l'on retrouve dans les ordonnances de sonnerie diocésaines, mais chaque paroisse le règle chez elle. Si votre clocher sonne à 8 h ou à 18 h, c'est l'Angélus aussi. Et pendant le Triduum pascal, du Jeudi saint à la vigile de Pâques, il ne sonne pas du tout, parce que les cloches se taisent.

Quelle est la prière de l'Angélus du temps ordinaire ?

C'est l'Angélus lui-même, dans sa forme unique à trois versicules. Il n'existe pas de version spéciale pour le temps ordinaire : le texte donné en haut de cette page est celui de toute l'année. La seule exception est le temps pascal, de Pâques à la Pentecôte, où l'antienne Regina caeli le remplace, avec son oraison propre. Le Compendium du Catéchisme marque explicitement cette antienne « (au temps pascal) », et l'Enchiridion Indulgentiarum prévoit la substitution dans la même phrase que l'Angélus. En dehors de ces sept semaines, c'est l'Angélus, matin, midi et soir.

Trois fois par jour, et de quoi s'en souvenir

Vous avez maintenant le texte français en entier et le latin, les trois versions d'Église et ce qui les sépare, l'origine biblique exacte des trois versicules, le nom de l'oraison et d'où elle vient, les trois heures et leur vrai statut, la cloche et les jours où elle se tait, le Regina caeli du temps pascal, et l'Angélus du dimanche à midi. C'étaient les deux promesses de l'ouverture, le texte et l'heure, et chaque point se vérifie sur les sources citées plus bas.

Un mot de franchise pour finir : une prière de trois versicules s'apprend par coeur en une semaine, elle n'a besoin d'aucun objet. Ce que nous proposons n'est pas un accessoire de prière, c'est un signe que l'on porte : les bijoux marials, qui représentent celle à qui l'ange s'adresse dans le premier versicule. Découvrez nos bijoux Vierge Marie, dont la médaille Vierge Marie en acier inoxydable, qui ne noircit pas et ne craint ni l'eau ni le quotidien. Pour un patronage précis, voyez nos médailles de saints, et pour le signe le plus simple, nos colliers croix. Tous livrés en écrin.

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