Pourquoi prier sainte Agnès, fêtée le 21 janvier
Sommaire
- Le 21 janvier, mémoire obligatoire de sainte Agnès
- L'agneau, son attribut, et le jeu de mots qui l'a fixé
- Les agneaux du 21 janvier et le pallium des archevêques
- Pourquoi prier sainte Agnès
- Ce que les textes disent de sa vie, et ce qu'ils ne disent pas
- Ne pas confondre : les autres Agnès et le village
- Un signe à porter, et ce que nous n'avons pas
- Questions fréquentes
- Une enfant, une laine, un insigne
Vous cherchez à qui confier une filleule, une communiante, une adolescente dont la foi commence à coûter quelque chose, et le nom d'Agnès revient. Ou alors vous avez vu qu'elle est fêtée le 21 janvier et vous voulez savoir ce que l'Église dit d'elle exactement, pas ce que les pages recopient les unes sur les autres. Ou encore vous avez lu quelque part que le Pape bénissait des agneaux ce jour là, et vous vous demandez si c'est vrai.
C'est vrai, et c'est même le fait le plus concret qu'on puisse dire d'elle. Chaque 21 janvier, deux agneaux sont bénis dans la basilique romaine élevée sur son tombeau, et leur laine sert à tisser les palliums que le Pape remet aux nouveaux archevêques métropolitains le 29 juin. Un insigne porté aujourd'hui par des archevêques du monde entier commence donc, matériellement, à la fête d'une petite martyre dont on ignore presque tout. Nous donnons ici la date et son rang vérifiés par trois chemins, les paroles que la liturgie met elle même dans sa bouche, et la liste de ce que les sources d'Église ne permettent pas d'affirmer, parce que sur sainte Agnès c'est la moitié du sujet.
En bref
- Fête le 21 janvier, mémoire obligatoire, couleur rouge (le rouge des martyrs). Trois sources l'écrivent : l'ORDO de la Conférence des évêques de France, le sanctoral français et l'AELF.
- En 2027, le 21 janvier tombe un jeudi, dans la 2e semaine du Temps ordinaire, et la mémoire est donc bien célébrée. Deux de ses voisines de janvier sautent cette année là, elle non.
- Son attribut est l'agneau, par un rapprochement entre son nom et le latin agnus. Le nom vient en réalité du grec agnê, « pure », « chaste » : le sanctoral français donne les deux lectures.
- Son nom est dans la prière eucharistique I du Missel romain, le canon romain, entre Lucie et Cécile. C'est la marque d'un culte très ancien.
- Le témoin le plus ancien est saint Ambroise, dans une homélie datée du 21 janvier 376 que l'Église lit encore ce jour là. Il écrit « à douze ans » ; les notices françaises écrivent treize ; le Martyrologe romain ne donne aucun âge.
- Aucune des trois notices officielles françaises ne lui attribue de liste de patronages. Ce que la liturgie met en avant, c'est sa fermeté dans la foi, et c'est exactement ce que demande l'oraison du jour.
Le 21 janvier, mémoire obligatoire de sainte Agnès
Commençons par la date, parce que c'est la question la plus tapée et qu'elle a une réponse nette. Sainte Agnès est fêtée le 21 janvier, au rang de mémoire obligatoire, en rouge. La nuance de rang n'est pas une coquetterie : une mémoire obligatoire se célèbre partout dans l'Église latine, une mémoire facultative peut être omise, et les deux ne se valent pas quand on veut savoir si la messe du jour parlera d'elle.
Nous l'avons vérifié par trois chemins indépendants. Premier chemin, l'ORDO publié par le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle pour l'année liturgique 2026-2027. À la ligne du 21 figure « JEUDI », la mention de degré « Mémoire » en regard, puis « Rouge : Ste Agnès, vierge et martyre », sans alternative. Ce même ORDO prévient en page 1 que « les mémoires facultatives sont en italiques » : ici le degré est écrit et la ligne ne l'est pas. Deuxième chemin, le sanctoral de l'Église catholique en France, dont le bloc de dates porte en toutes lettres « 21 janvier, Mémoire obligatoire ». Troisième chemin, l'AELF, qui sert la page de la messe et des offices du jour avec l'en-tête « Ste Agnès, Vierge et martyre » suivi du seul mot « Mémoire ».
Ce troisième chemin mérite une précision utile, et vous pouvez la vérifier en une minute. Sur l'AELF, une mémoire facultative est annoncée comme telle, en deux mots. Ouvrez la veille, le 20 janvier : la page affiche « S. Fabien, pape et martyr ; Saint Sébastien » et, en regard, « Mémoire facultative ». Le 21, elle n'affiche que « Mémoire ». L'ORDO dit la même chose autrement, en offrant au 20 l'alternative « Ou bien, rouge : S. Fabien, pape et martyr » puis « Ou bien, rouge : S. Sébastien, martyr », et en ne l'offrant pas au 21.
En 2027, elle est célébrée, et ses deux voisines sautent
Le 21 janvier 2027 tombe un jeudi, dans la 2e semaine du Temps ordinaire. La mémoire est donc célébrée normalement, avec ses lectures propres au Lectionnaire continu : la lettre aux Hébreux (He 7, 25 à 8, 6), le psaume 39 (40) et l'évangile de Marc (Mc 3, 7-12). L'ORDO et l'AELF donnent exactement les mêmes trois références, ce qui permet de les lire l'un contre l'autre.
Voici le détail que nous n'avons trouvé sur aucune page de ce sujet, et il se vérifie sur la même double page d'ORDO. Cette année là, les deux mémoires qui encadrent la sienne au calendrier de janvier ne sont pas célébrées du tout. Le 17 janvier 2027 est un dimanche, et l'ORDO écrit à cette ligne « (S. Antoine, abbé. On omet la mémoire.) ». Le 24 janvier est un dimanche aussi, et la ligne porte « (S. François de Sales, évêque et docteur de l'Église. On omet la mémoire) ». Un dimanche a préséance sur une mémoire, même obligatoire, et la mémoire disparaît. Agnès, elle, tombe un jeudi : sa mémoire tient. Le rang d'une fête ne suffit donc pas à savoir si elle sera célébrée, il faut aussi regarder le jour de la semaine. Nous expliquons ce mécanisme et les grandes dates de l'année dans notre calendrier des saints mois par mois.
Pour la petite histoire, le sanctoral français conserve aussi un dicton pour ce jour là, dans la série des dictons de janvier : « À la Sainte Agnès l'hiver sans amour ne progresse. »
L'agneau, son attribut, et le jeu de mots qui l'a fixé
Si vous cherchez sainte Agnès dans une église, vous la trouverez à l'agneau. L'iconographie la représente avec un agneau à ses pieds ou dans ses bras, et Vatican News relève que la présence d'un agneau en référence à la sainte est attestée sur sa tombe dès le IVe siècle. C'est l'un des attributs les plus faciles à reconnaître de tout le sanctoral, avec la roue de sainte Catherine d'Alexandrie.
D'où vient cet agneau ? D'un rapprochement entre son nom et le mot latin agnus, l'agneau. Et c'est là qu'il faut être honnête, parce que les sources d'Église elles mêmes donnent deux lectures du nom, et qu'elles le disent. Le sanctoral français explique que « Agnê » est un adjectif grec, auquel le latin a ajouté un s, et qu'il signifie « pur », « net », « intègre » de corps et d'âme ; il ajoute qu'au début du IVe siècle le grec se parlait encore couramment à Rome. Vatican News écrit la même chose en une ligne : « Pure », « chaste », c'est la signification en grec du nom Agnès. Mais la même notice française mentionne aussitôt l'autre lecture, celle que l'on trouve par exemple dans le sanctoral publié par l'Église catholique en France : comme on ne savait plus son nom exact, elle est devenue « l'agneau » qui donne sa vie comme « l'Agneau de Dieu ».
Les deux lectures ne s'excluent pas, et c'est ce qui rend l'attribut si solide. Le nom grec dit la pureté, le mot latin dit l'agneau, et l'agneau dit le Christ immolé. Sur un sujet où presque toutes les pages tranchent sans le dire, nous préférons donner les deux versions avec leur source. Si vous voulez savoir ce que ce symbole porte exactement dans la Bible et dans la liturgie, nous l'avons détaillé dans notre article sur l'Agneau de Dieu et l'Agnus Dei.
Les agneaux du 21 janvier et le pallium des archevêques
Voici le fait que nous promettions en introduction, et il est beaucoup plus concret qu'une symbolique. Chaque 21 janvier, deux agneaux sont bénis dans la basilique Sainte-Agnès de la via Nomentana, à Rome, celle qui est élevée au dessus des catacombes où la martyre a été ensevelie, puis ils sont présentés au Pape. Le 21 janvier 2026, Vatican News décrit la scène dans le détail : les agneaux déposés dans un panier, ornés d'un tissu blanc et de couronnes de roses rouges et blanches, bénis dans la basilique par l'abbé général des chanoines réguliers du Latran, puis présentés à Léon XIV dans la chapelle Urbain VIII du Palais apostolique.
Leur laine ne sert pas à décorer, elle sert à tisser les palliums. Le Bureau des célébrations liturgiques du Souverain Pontife intitule lui même la célébration, dans ses archives, « Mémoire de Sainte Agnès, Bénédiction des agneaux dont la laine sera utilisée pour la confection des Pallii ». Le pallium, précise Vatican News, est « une étroite bande de tissu, tissée en laine blanche, décorée de six croix en soie noire ». C'est un insigne liturgique d'honneur et de juridiction, porté par le Pape et par les archevêques métropolitains dans leur propre province ecclésiastique. Et il est béni puis remis par le Pape le 29 juin, en la solennité des saints apôtres Pierre et Paul.
Autrement dit, deux dates du calendrier sont reliées par un fil de laine.
| Le 21 janvier | Le 29 juin | |
|---|---|---|
| Ce qui se passe | Deux agneaux sont bénis, puis présentés au Pape | Les palliums sont bénis, puis remis |
| La fête du jour | Mémoire de sainte Agnès | Solennité des saints Pierre et Paul |
| Où | Basilique de la via Nomentana, puis chapelle Urbain VIII | Rome, autour du tombeau de saint Pierre |
| Pour qui | Personne encore : la laine est à filer | Les nouveaux archevêques métropolitains |
Un mot sur le pallium lui même, parce qu'il explique pourquoi la remise a lieu à Rome et pas dans le diocèse. Le Code de droit canonique demande à l'archevêque métropolitain de demander le pallium au Pape dans les trois mois et ne l'autorise à le porter que dans sa propre province. Le pallium est donc, dans sa matière comme dans son droit, le signe d'un lien avec le siège de Pierre. Nous expliquons ce qu'est un archevêque métropolitain, et où il se situe par rapport à l'évêque et au cardinal, dans notre article sur la hiérarchie de l'Église catholique.
Ce que les sources ne disent pas de la même façon
Nous aurions pu écrire d'une traite qui élève ces agneaux et qui tisse ces palliums. Nous ne le ferons pas, parce que les deux sources d'Église que nous avons sous les yeux ne disent pas la même chose. Le sanctoral français écrit que « les agneaux, symbole de sainte Agnès, sont élevés par les trappistes de l'abbaye des Trois Fontaines, et les palliums tissés par les religieuses de Ste Cécile au Transtévère ». La notice du saint du jour de Vatican News écrit, elle, qu'on bénit « une paire d'agneaux élevés par les sœurs de la Sainte Famille de Nazareth » et que « avec leur laine les Sœurs confectionnent les sacrés palliums ». Ces usages ont pu changer au fil des pontificats, et nous n'avons pas trouvé de texte officiel qui tranche. Le fait stable, celui que les trois sources portent toutes, est la chaîne elle même : des agneaux bénis le 21 janvier, une laine, des palliums remis le 29 juin.
Pourquoi prier sainte Agnès
Beaucoup de pages répondent à cette question par une liste de patronages. Nous ne pouvons pas, et nous préférons le dire : ni la notice du sanctoral français, ni celle de l'Église catholique en France, ni celle de Vatican News ne contiennent le mot « patron » ou « patronne » à son sujet. Elles ne lui attribuent aucune liste. Ce qui existe, en revanche, c'est ce que la liturgie de l'Église demande en son nom, et c'est beaucoup plus précis qu'un patronage.
L'oraison du 21 janvier, celle que le prêtre dit à la messe et à l'office, est votre prière à sainte Agnès. Elle est courte et elle ne demande qu'une chose :
« Dieu éternel et tout-puissant, tu choisis les créatures les plus faibles pour confondre les puissances du monde ; tandis que nous célébrons l'anniversaire du martyre de sainte Agnès, accorde-nous d'imiter sa fermeté dans la foi. »
On ne demande donc pas à sainte Agnès de régler un problème, on demande d'imiter sa fermeté. C'est le registre de toute sa fête. Les antiennes de l'office du jour tournent d'ailleurs toutes autour de la même image, celle des fiançailles : aux vêpres, « Agnès s'était donnée au Christ, rien n'ébranlait sa foi, ni les menaces, ni les promesses » ; aux laudes, « En signe d'alliance, mon Seigneur Jésus Christ m'a donné un anneau ; comme une épouse il m'a couronnée » ; et au cantique de Zacharie, « Ce que j'ai désiré, je le vois ; ce que j'espérais, je le tiens ; je suis unie dans le ciel à celui que j'aimais sur la terre ».
C'est pour cela qu'on l'invoque traditionnellement pour les jeunes filles, pour les fiançailles et pour la pureté, et c'est aussi pourquoi on la propose souvent en modèle à l'âge de la confirmation : elle a tenu à l'âge où l'on tient le moins. Mais présentons cela pour ce que c'est, un usage de dévotion, et non un patronage officiel.
Un nom dans le canon romain
Il y a une autre façon de mesurer l'ancienneté de son culte, et elle ne dépend d'aucune légende. Le nom d'Agnès est inscrit dans la prière eucharistique I du Missel romain, le canon romain, dans la seconde liste de martyrs, celle qui commence par « Et nous, pécheurs, tes serviteurs » : « avec Jean Baptiste, Étienne, Matthias et Barnabé, [Ignace, Alexandre, Marcellin et Pierre, Félicité et Perpétue, Agathe, Lucie, Agnès, Cécile, Anastasie,] et tous les saints. » Les crochets signalent la partie que le prêtre peut abréger. Sept femmes y figurent, et quatre sont des vierges martyres des persécutions romaines. Nous avons détaillé cette liste et son usage dans notre article sur la prière à sainte Lucie, qui est nommée juste avant elle.
Ce que les textes disent de sa vie, et ce qu'ils ne disent pas
Sa biographie n'est pas le sujet de cette page, et pour une bonne raison : elle est très courte, et presque tout ce qu'on en raconte est postérieur. Le texte qui fait foi est la notice du Martyrologe romain, et la voici en entier :
« Mémoire de sainte Agnès, vierge et martyre. Au début du IVe siècle, encore jeune fille, elle offrit à Rome le témoignage suprême de la foi et consacra par le martyre la marque de sa chasteté ; car elle triompha tout ensemble et de son jeune âge et du tyran, elle acquit l'admiration générale des peuples et emporta une gloire encore plus grande auprès de Dieu. Elle fut mise au tombeau en ce jour sur la voie Nomentane. »
Trois choses à relever, et chacune contredit une page que vous croiserez ailleurs. Le Martyrologe ne donne pas son âge, il dit « encore jeune fille ». Il ne donne pas d'année, il dit « au début du IVe siècle ». Et il ne raconte aucun miracle. Ce qu'il retient, c'est le lieu de la sépulture, sur la voie Nomentane, qui est la seule donnée matérielle vérifiable du dossier.
Son âge et sa date, selon la source
Le témoin le plus ancien dont nous disposons est saint Ambroise, évêque de Milan, dans une homélie que l'AELF date du 21 janvier 376 et que l'Église lit encore à l'office de ce jour. Le sanctoral français précise qu'Ambroise écrit environ soixante-dix ans après les faits, et renvoie à son De Virginibus, livre I, chapitre 2. Comparez maintenant ce que donne chaque source.
| Source | Son âge | La date du martyre |
|---|---|---|
| Martyrologe romain | « encore jeune fille », aucun chiffre | « au début du IVe siècle » |
| Saint Ambroise, homélie du 21 janvier 376 | « Selon la tradition, elle a subi le martyre à douze ans » | non datée |
| Sanctoral français et Église catholique en France | « une fillette de treize ans » | vers 304 |
| Vatican News, notice du saint du jour | non chiffré de façon exploitable | 304, sous Dioclétien, « même si quelque auteur place l'événement durant la persécution de Valérien » |
| Vatican News, article du 21 janvier 2026 | non précisé | « entre la fin du IIe et le début du IIIe siècle » |
Il n'y a donc pas un âge et une date de sainte Agnès, il y a un faisceau. Douze ans chez le témoin le plus ancien, treize dans les notices françaises, aucun chiffre dans le texte qui fait foi. Et pour l'année, un écart de plus d'un siècle entre deux pages du même site du Saint-Siège. Si une page vous annonce « sainte Agnès, morte le 21 janvier 304 à l'âge de 13 ans » sans la moindre réserve, elle vous donne une précision que ses propres sources n'ont pas.
Le bûcher, le lupanar, et ce que l'on appelle son miracle
Le récit que l'on trouve partout tient en quelques lignes : fille d'une famille romaine, elle refuse le fils du préfet de Rome parce qu'elle s'est donnée au Christ, elle est conduite dans un lieu de prostitution où personne ne peut la toucher, puis condamnée au bûcher, et comme les flammes ne l'atteignent pas, elle meurt d'un coup d'épée. C'est bien ce que racontent les sources d'Église, mais toutes le présentent comme une tradition, pas comme un procès-verbal. Vatican News écrit « les récits hagiographiques racontent », et sa notice ajoute qu'on ne sait rien d'Agnès sinon sa passion, « dont les informations toujours divergentes sont éparpillées dans divers documents postérieurs au martyre ».
Le sanctoral français est encore plus net, et il relève un partage géographique intéressant : « En Occident, on transmit la tradition qu'elle eut la tête coupée ; en Orient, on dit qu'elle aurait été enfermée dans un lupanar où personne n'osa la toucher avant d'être brûlée vive. » Les deux versions n'en font pas une seule, elles viennent de deux traditions distinctes.
Dans l'homélie de 376, Ambroise ne parle ni de lupanar ni de miracle spectaculaire. Il parle des mains de la martyre tendues vers le Christ à travers les flammes, de son cou passé dans des liens de fer trop larges pour elle, et du bourreau qui tremble quand elle ne tremble pas. Et il lui prête des paroles, qui sont la seule citation d'elle que la liturgie transmette :
« C'est faire injure à mon époux d'attendre celui qui doit me plaire. Celui qui le premier m'a choisie, c'est lui qui me recevra. Pourquoi traînes-tu, exécuteur ? Qu'il périsse, le corps qui peut être aimé pour avoir charmé les yeux, ce que je refuse. »
La phrase qui suit, chez Ambroise, est celle que tout le monde reprend ensuite : « Vous avez donc, avec une seule victime, un double martyre : celui de la pureté et celui de la foi. Elle a gardé sa virginité et elle a obtenu le martyre. »
Ne pas confondre : les autres Agnès et le village
Deux précisions rapides, parce que le prénom est très porté. Le sanctoral français recense une douzaine d'autres saintes et bienheureuses Agnès, dont Agnès d'Assise, sœur de sainte Claire, Agnès de Bohême, Agnès de Montepulciano et Agnès de Poitiers. Celle du 21 janvier est la martyre romaine, et on la désigne pour cela comme Agnès de Rome.
Par ailleurs, si vous avez tapé « Sainte-Agnès » avec un trait d'union et que Google vous propose Menton, le village ou la randonnée, ce n'est pas une erreur de sa part : Sainte-Agnès est aussi le nom d'un village perché de l'arrière-pays niçois, dans les Alpes-Maritimes, au dessus de Menton. Ce sont deux sujets différents, et cette page ne traite que de la sainte.
Un signe à porter, et ce que nous n'avons pas
Nous vendons des bijoux chrétiens, et nous préférons être nets. Nous n'avons pas de médaille de sainte Agnès à notre catalogue. Le sourcing ne nous le permet pas aujourd'hui, et il nous paraît plus simple de l'écrire que de vous laisser chercher une pièce qui n'existe pas chez nous.
Et sur ce sujet précis, il y a un piège dont nous sommes responsables : nos modèles portent des prénoms, et l'un de nos modèles de boucles d'oreilles s'appelle « Agnès ». C'est une croix, pas une médaille de sainte Agnès, et le prénom n'est qu'un nom de collection. Il en va de même pour tous nos prénoms de fiches produit.
Ce qui reste juste, en revanche, c'est le geste. Pour une filleule, une communiante ou une confirmande à qui l'on veut donner un signe discret et solide, une croix chrétienne renvoie exactement là où la fête du 21 janvier renvoie, au Christ et à rien d'autre. Et si vous cherchez un saint à invoquer parmi ceux que nous gravons réellement, nos médailles de saints sont là, en acier inoxydable qui ne noircit pas ou en argent 925, livrées dans un écrin.
Nos pièces sont fabriquées en Chine, nous le disons toujours : ce qui fait leur valeur est le sens qu'elles portent et la tenue réelle du métal, pas un prestige d'origine.
Questions fréquentes
Quel jour est la sainte Agnès ?
Le 21 janvier, au rang de mémoire obligatoire, en rouge. Les trois sources que nous avons consultées concordent : l'ORDO 2026-2027 de la Conférence des évêques de France écrit « 21 JEUDI, Mémoire, Rouge : Ste Agnès, vierge et martyre », le sanctoral français écrit « 21 janvier, Mémoire obligatoire », et l'AELF affiche « Ste Agnès, Vierge et martyre » suivi de « Mémoire ». Attention à la nuance : une mémoire obligatoire ne se célèbre pas quand elle tombe un dimanche, le dimanche ayant préséance. En 2027 le 21 janvier est un jeudi, elle est donc bien célébrée.
Quelle est l'histoire de Sainte Agnès ?
Celle d'une toute jeune Romaine martyrisée pour sa foi, et d'un dossier documentaire très mince. Le Martyrologe romain se limite à ceci : « Au début du IVe siècle, encore jeune fille, elle offrit à Rome le témoignage suprême de la foi et consacra par le martyre la marque de sa chasteté », et il ajoute qu'elle fut ensevelie sur la voie Nomentane. Le reste, le refus du fils du préfet, le lieu de prostitution, le bûcher, vient de récits postérieurs que les sources d'Église qualifient elles mêmes d'hagiographiques. Le témoin le plus ancien est saint Ambroise, dans une homélie de 376, soit environ soixante-dix ans après les faits.
Quel est le symbole de Sainte Agnès ?
L'agneau, qu'on la représente portant dans ses bras ou couché à ses pieds. Il vient d'un rapprochement entre son nom et le latin agnus, et par là avec l'Agneau de Dieu. Le nom lui même vient en réalité du grec agnê, « pure », « chaste », comme l'écrivent le sanctoral français et Vatican News, qui donnent tous deux les deux lectures. Vatican News relève qu'un agneau en référence à la sainte est attesté sur sa tombe dès le IVe siècle. Et le symbole n'est pas resté décoratif : c'est de la laine des agneaux bénis le jour de sa fête que l'on tisse les palliums des archevêques.
Quel est le miracle de sainte Agnès ?
La tradition en rapporte deux, et il faut dire d'où ils viennent. Le premier est sa préservation dans le lieu de prostitution où elle est conduite, « en vertu d'une protection supérieure » selon la formule de Vatican News. Le second est le bûcher : les flammes ne l'atteignent pas, et c'est un coup d'épée qui met fin à sa vie. Saint Ambroise, dans son homélie de 376, évoque bien les flammes et les mains tendues vers le Christ, mais il ne construit pas un récit de miracle : ce qui le stupéfie, c'est la fermeté d'une enfant. Et le Martyrologe romain, qui est le texte de référence, ne mentionne aucun miracle.
Quelle est la citation célèbre de Sainte Agnès ?
C'est celle que saint Ambroise lui prête dans son homélie du 21 janvier 376, lue encore aujourd'hui à l'office de sa fête : « C'est faire injure à mon époux d'attendre celui qui doit me plaire. Celui qui le premier m'a choisie, c'est lui qui me recevra. Pourquoi traînes-tu, exécuteur ? Qu'il périsse, le corps qui peut être aimé pour avoir charmé les yeux, ce que je refuse. » La phrase d'Ambroise qui la commente est tout aussi reprise : « Vous avez donc, avec une seule victime, un double martyre : celui de la pureté et celui de la foi. » Une mise en garde utile : la page du saint du jour de l'Église catholique en France fait suivre sa notice d'une citation sur le fait de ne condamner personne, mais celle là est signée saint Maxime le Confesseur, fêté le même jour en Orient, et non sainte Agnès.
Quelle est la prière à sainte Agnès ?
La prière officielle de l'Église pour ce jour est l'oraison du 21 janvier, et vous pouvez la dire telle quelle : « Dieu éternel et tout-puissant, tu choisis les créatures les plus faibles pour confondre les puissances du monde ; tandis que nous célébrons l'anniversaire du martyre de sainte Agnès, accorde-nous d'imiter sa fermeté dans la foi. » Remarquez ce qu'elle demande : non pas une faveur, mais d'imiter sa fermeté. Les antiennes de l'office du jour prolongent la même veine, dont celle des vêpres : « Agnès s'était donnée au Christ, rien n'ébranlait sa foi, ni les menaces, ni les promesses. »
Une enfant, une laine, un insigne
Nous avions promis deux choses. La première était la date et son rang, et ils sont nets : mémoire obligatoire le 21 janvier, en rouge, un jeudi en 2027, dans la 2e semaine du Temps ordinaire, avec cette particularité que ses deux voisines de janvier sautent cette année là et qu'elle non. La seconde était de séparer ce qui est attesté de ce qui est transmis, et le partage est clair : la sépulture sur la voie Nomentane, le nom dans le canon romain et l'homélie de 376 d'un côté, le bûcher et le lupanar de l'autre, dans deux traditions qui ne racontent pas la même mort.
Reste le fait qui résume tout le reste. D'une petite fille dont on ignore l'âge exact et l'année de la mort, l'Église a tiré le signe que portent aujourd'hui des archevêques sur tous les continents, et elle en a tiré la laine, pas seulement l'image. C'est assez exactement ce que demande l'oraison du jour : les créatures les plus faibles pour confondre les puissances du monde.
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Également consultés et cités en clair dans l'article, sans lien, le plafond de cinq liens d'autorité étant atteint : la page « Sainte Agnès » du saint du jour de l'Église catholique en France, pour la fillette de treize ans, les deux traditions d'Occident et d'Orient, le double témoignage et la citation de saint Maxime le Confesseur qu'elle fait suivre de sa notice ; la notice « Sainte Agnès, vierge et martyre » du saint du jour de Vatican News, pour la signification grecque du nom, la date de 304 sous Dioclétien avec sa variante, le récit hagiographique, l'agneau de l'iconographie, les sœurs de la Sainte Famille de Nazareth et l'urne d'argent commandée par Paul V ; et la nouvelle traduction du Missel romain publiée par le diocèse de Corse, pour le texte servi de la prière eucharistique I où sainte Agnès est nommée entre Lucie et Cécile.
Nos sources
- AELF, office des lectures du 21 janvier 2027 : l'en-tête « Ste Agnès, Vierge et martyre » suivi du rang « Mémoire », la lecture patristique intitulée « Homélie de S. Ambroise pour la fête de Ste Agnès, 21 janvier 376 » servie en entier (le martyre « à douze ans » selon la tradition, les paroles que l'évêque de Milan lui prête, et la conclusion « vous avez donc, avec une seule victime, un double martyre : celui de la pureté et celui de la foi »), et l'oraison du jour (« Dieu éternel et tout-puissant, tu choisis les créatures les plus faibles pour confondre les puissances du monde ») (nouvelle fenêtre) Écriture et liturgie, traduction officielle liturgique
- Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, ORDO 2026-2027 année B : la ligne « 21 JEUDI », la mention de degré « Mémoire » en regard, « Rouge : Ste Agnès, vierge et martyre » sans alternative, les lectures du jour (He 7, 25 à 8, 6 ; Ps 39 (40), 7-8a, 8b-9, 10, 17 ; Mc 3, 7-12), la règle liminaire « Les mémoires facultatives sont en italiques », et les lignes voisines du 20 (« Ou bien, rouge : S. Fabien », « Ou bien, rouge : S. Sébastien »), du 17 et du 24 (« On omet la mémoire ») (nouvelle fenêtre) Église officielle, Conférence des évêques de France
- Sainte Agnès de Rome, sanctoral de l'Église catholique en France (Nominis) : le bloc « Dates de fête », qui écrit « 21 janvier, Mémoire obligatoire », la notice du Martyrologe romain reproduite en entier (« Au début du IVe siècle, encore jeune fille, elle offrit à Rome le témoignage suprême de la foi », « Elle fut mise au tombeau en ce jour sur la voie Nomentane »), l'explication du nom par l'adjectif grec « agnê » et la référence « De Virginibus, Livre I, Chapitre 2 », la seconde lecture du nom par l'agneau, les trappistes de l'abbaye des Trois-Fontaines et les religieuses de Sainte-Cécile au Transtévère, la catacombe de la voie Nomentane et le dicton du 21 janvier (nouvelle fenêtre) Église officielle, Conférence des évêques de France
- Vatican News, « Les agneaux présentés au Pape Léon XIV en la fête de sainte Agnès », 21 janvier 2026 : le déroulé du rite (les deux agneaux bénis dans la basilique de la via Nomentana par l'abbé général des chanoines réguliers du Latran, puis présentés au Pape dans la chapelle Urbain VIII), la description du pallium (« une étroite bande de tissu, tissée en laine blanche, décorée de six croix en soie noire ») et sa nature d'insigne de juridiction, la bénédiction et la remise aux archevêques métropolitains par le Pape « le 29 juin, en la solennité des saints apôtres Pierre et Paul », l'agneau attesté sur sa tombe dès le IVe siècle et la bénédiction des agneaux attestée au VIe (nouvelle fenêtre) Saint-Siège, organe d'information du Dicastère pour la communication
- Bureau des célébrations liturgiques du Souverain Pontife, galerie d'images de la célébration du 21 janvier 2004, intitulée « Mémoire de Sainte Agnès, Bénédiction des agneaux dont la laine sera utilisée pour la confection des Pallii » : l'acte lui même, nommé et daté par l'office liturgique du Saint-Siège (nouvelle fenêtre) Saint-Siège, Bureau des célébrations liturgiques
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Reine
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Nos médailles de saints
Les saints que nous avons en catalogue aujourd'hui.
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