Prier saint Jean l'apôtre : sa fête le 27 décembre

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Sommaire
  1. Le 27 décembre, fête de saint Jean : ce que dit le calendrier
  2. Ne confondez pas les Jean : cinq saints, cinq dates
  3. Pourquoi prier saint Jean
  4. « Le disciple que Jésus aimait » : ce que la tradition tient, ce que l'exégèse discute
  5. L'aigle de saint Jean : d'où vient cet attribut
  6. La messe du 27 décembre, lecture par lecture
  7. Comment il est mort, et ce que l'on ne sait pas
  8. Porter un signe pour la Saint-Jean, sans promettre ce que nous n'avons pas
  9. Le disciple qui a reçu, plutôt que celui qui a fait
  10. Questions fréquentes
  11. Sources

Pourquoi prier un apôtre dont l'évangile qui porte son nom ne le nomme, lui, jamais ? Quand tombe sa fête, puisque tout le monde répond « le 24 juin », qui est la fête d'un autre Jean ? Et que vient faire un aigle à côté de lui, sur les vitraux et les chapiteaux de nos églises ?

Voici la réponse courte : saint Jean l'apôtre se prie comme le disciple de l'intimité, celui à qui le Christ confie sa mère depuis la croix. L'Église le fête le 27 décembre, au surlendemain de Noël, au rang de fête. Nous vous donnons ici ce que le sanctoral français dit de son rang et de ses patronages, qui vont vous surprendre, ce que la tradition tient et ce que l'exégèse discute sur son identité, d'où vient exactement son aigle, et un fait de calendrier que presque aucune page ne donne : en 2026, sa fête n'est pas célébrée.

En bref

  • Fête le 27 décembre, au rang de fête, en blanc. Le rang est attesté deux fois : par la page du jour de l'AELF et par le bloc de dates de Nominis, qui écrivent tous les deux « Fête ».
  • En 2026, cette fête n'est pas célébrée du tout. Le 27 décembre 2026 est un dimanche, et c'est la Sainte Famille qui est célébrée ce jour-là. Nous l'avons vérifié sur la page de l'AELF, et elle ne nomme Jean nulle part.
  • Le quatrième évangile ne nomme jamais « le disciple que Jésus aimait ». La tradition l'identifie à Jean ; Benoît XVI écrit lui-même que cette identification « est aujourd'hui débattue par les chercheurs ».
  • Il est patron des libraires, des imprimeurs-libraires, des papetiers, des typographes et des lavandières, selon le sanctoral de l'Église catholique en France.
  • Son attribut est l'aigle, et l'attribution n'a pas toujours été la sienne : saint Irénée de Lyon donnait le lion à Jean et l'aigle à Marc.

Le 27 décembre, fête de saint Jean : ce que dit le calendrier

Commençons par la question la plus tapée, parce qu'elle a une réponse nette. Saint Jean, apôtre et évangéliste, est fêté le 27 décembre, au rang de fête. Nous avons vérifié ce rang par deux chemins indépendants, comme il se doit quand une page sur deux écrit « mémoire » au hasard. Le bloc « Dates de fête » de Nominis, le sanctoral de l'Église catholique en France, porte exactement « 27 décembre, Fête ». Et la page du jour de l'AELF pour le 27 décembre 2025 sert « Saint Jean, apôtre et évangéliste, Fête ». Les deux concordent.

Le rang n'est pas un détail de sacristie. Une fête se situe au-dessus d'une mémoire et en dessous d'une solennité : elle se célèbre partout dans l'Église latine, avec son propre formulaire de messe, mais elle ne comporte ni veille ni octave. C'est le rang commun aux apôtres et aux évangélistes.

Ce 27 décembre n'est pas isolé. Les trois jours qui suivent Noël portent trois fêtes de rang identique, et l'ancienne tradition latine les appelait les compagnons du Christ : saint Étienne le 26, saint Jean le 27, les saints Innocents le 28. Nous avons relevé les trois sur les pages de l'AELF pour l'année 2026, et les trois y portent bien la mention « Fête ». Un martyr par le sang, un témoin qui meurt vieux, des enfants tués sans le savoir : l'Église place ces trois figures juste après la crèche, et ce voisinage est plus parlant qu'un commentaire.

En 2026, la fête de saint Jean n'est pas célébrée

Voici le fait que vous ne trouverez à peu près nulle part, et il est vérifiable en trente secondes. Le 27 décembre 2026 est un dimanche, et le dimanche qui tombe dans l'octave de Noël est celui de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Or, dans l'ordre de préséance des jours liturgiques, une fête de saint ne passe pas devant un dimanche du temps de Noël. La conséquence est simple et nette : la fête de saint Jean est omise cette année là.

Nous ne vous demandons pas de nous croire. La page de l'AELF pour le 27 décembre 2026, zone France, sert « La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, Année B, Fête ». Nous avons cherché le mot « Jean » dans le code de cette page, puis dans celle des laudes et dans celle des complies du même jour : il n'y apparaît pas une seule fois. Ce n'est pas une mention discrète reléguée en bas de page, c'est une absence complète.

Deux précisions pour que le tableau soit juste. D'abord, la fête n'est pas reportée au lendemain : le 28 décembre 2026 reste celui des saints Innocents, martyrs, au rang de fête, comme nous l'avons relevé sur la même source. Ensuite, le mécanisme fonctionne dans les deux sens, et cela se mesure aussi. En 2022, Noël tombait un dimanche : il n'y avait donc pas de dimanche dans l'octave, et la Sainte Famille a été célébrée le vendredi 30 décembre 2022, tandis que saint Jean gardait son 27, qui était un mardi. Les deux pages de l'AELF le montrent, année après année.

Que faire de cette information si le 27 décembre 2026 est justement le jour où vous vouliez fêter un Jean, ou prier cet apôtre ? Rien de compliqué. Une fête omise au calendrier universel n'interdit pas une dévotion privée : vous pouvez lire les textes de sa messe, prier avec lui, souhaiter sa fête à un Jean. Ce qui change, c'est que la paroisse d'à côté célébrera la Sainte Famille et non saint Jean, et qu'il vaut mieux le savoir avant d'y aller. Pour mémoire, la fête retrouve sa place dès l'année suivante : le 27 décembre 2027 est un lundi.

L'ancienne fête du 6 mai, et la Saint-Jean d'hiver

Deux traces anciennes méritent d'être signalées, parce qu'elles expliquent des formules que vous croiserez.

La première est une seconde fête, aujourd'hui disparue du calendrier général. La fiche de Nominis la mentionne en une ligne : « Ancienne fête le 6 mai, solennité du martyre de saint Jean ». Elle renvoyait à un épisode que Nominis rapporte lui aussi, avec une honnêteté qu'il faut saluer : Jean, amené d'Éphèse à Rome sous Domitien, aurait été condamné à être plongé dans l'huile bouillante devant l'actuelle Porte Latine, et en serait sorti indemne. Le sanctoral conclut lui-même : « Le fait n'est pas prouvé ». Nous le rapportons donc comme une tradition, et pas autrement.

La seconde est une expression populaire. On appelle le 27 décembre la « Saint-Jean d'hiver », par opposition à la Saint-Jean d'été du 24 juin. Le dicton que Nominis consigne à cette date est d'ailleurs transparent : « À la Saint-Jean d'hiver, les feux sont grands. » Il parle de la cheminée, pas des feux de joie.

Ne confondez pas les Jean : cinq saints, cinq dates

C'est la première cause d'erreur sur ce sujet, et elle est massive : interrogez un moteur de recherche sur « saint Jean » et il vous répondra majoritairement sur un autre homme. Nous avons donc relevé les dates et les rangs de cinq Jean sur les pages de l'AELF, un par un, pour que vous ayez le tableau sous les yeux.

Qui Date Rang Ce qui le distingue
Jean, apôtre et évangéliste 27 décembre Fête Fils de Zébédée, l'un des Douze. Son attribut est l'aigle.
Jean Baptiste, Nativité 24 juin Solennité Le précurseur, cousin de Jésus. C'est lui, la Saint-Jean des feux de la mi-été.
Jean Baptiste, Martyre 29 août Mémoire Une seconde date pour le même homme, celle de sa décollation.
Jean de la Croix 14 décembre Mémoire Carme espagnol du XVIe siècle, docteur de l'Église.
Jean de Damas 4 décembre Mémoire facultative Prêtre et docteur de l'Église. Le propre français écrit « Jean de Damas », là où les manuels écrivent souvent « Jean Damascène ».
Jean de Kenty 23 décembre Mémoire facultative Prêtre polonais, à quatre jours seulement de l'apôtre.

La confusion la plus coûteuse est celle avec Jean Baptiste, parce que c'est elle qui fait acheter le mauvais cadeau. Les deux hommes ne sont ni parents, ni contemporains dans le récit au même titre, ni fêtés le même jour. Le Baptiste est celui qui désigne Jésus en disant « Voici l'Agneau de Dieu » : nous avons consacré un article entier à cette formule et à ce qu'elle veut dire, l'Agneau de Dieu, origine et sens de l'Agnus Dei. L'apôtre, lui, est le pêcheur du lac de Tibériade que Jésus appelle avec son frère Jacques.

Un mot encore sur le prénom lui-même, parce qu'il est au cœur du sujet pour un cadeau. Jean vient de l'hébreu Yohanan, et Benoît XVI en donne le sens dans sa catéchèse du 5 juillet 2006 : « Son nom, typiquement juif, signifie "le Seigneur a fait grâce". » La forme araméenne et le passage au grec puis au français sont détaillés dans notre article sur les prénoms des apôtres, pourquoi les apôtres ont des prénoms français, qui donne aussi le surnom que Marc rapporte pour Jacques et Jean, « Boanerguès », c'est-à-dire fils du tonnerre.

Pourquoi prier saint Jean

La question est posée telle quelle par les internautes, et elle mérite mieux qu'une liste de qualités. Trois raisons tiennent, et chacune s'appuie sur un texte.

Parce que c'est à lui que le Christ confie sa mère

C'est la scène fondatrice de cette dévotion, et elle tient en trois versets. Au pied de la croix, selon l'évangile selon saint Jean au chapitre 19 et dans la traduction officielle liturgique : « Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : "Femme, voici ton fils." Puis il dit au disciple : "Voici ta mère." Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. »

Prier saint Jean, c'est donc demander d'apprendre à recevoir. Il ne reçoit pas une mission à accomplir, il reçoit une personne à garder. La tradition catholique a lu dans ce geste la remise de toute l'Église à la Mère de Dieu, et c'est ce que le sanctoral français écrit explicitement dans sa notice. Si vous cherchez par où entrer dans cette dévotion, c'est par là : un homme qui prend chez lui la mère d'un condamné.

Parce qu'il écrit la seule définition de Dieu du Nouveau Testament

Benoît XVI le relève dans sa catéchèse du 9 août 2006, et la remarque est forte : « Jean est l'unique auteur du Nouveau Testament à nous donner une sorte de définition de Dieu. » Cette définition, la voici, dans la première lettre de saint Jean au chapitre 4, traduction officielle liturgique : « Dieu est amour : qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. » Le même chapitre porte la formule plus brève du verset 8 : « Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour. »

Le pape souligne la précision de la phrase, et elle vaut d'être reprise : il n'est pas écrit que Dieu aime, ni que l'amour est Dieu. C'est l'inverse d'un sentiment divinisé, et c'est pour cela que Benoît XVI a ouvert sa première encyclique sur ces mots, Deus caritas est.

Parce qu'il est patron de métiers très concrets

Voici la réponse à « saint Jean est le patron de quoi », et elle n'est pas celle qu'on attend. Selon la fiche de Nominis, saint Jean l'évangéliste est patron des imprimeurs-libraires, des libraires, des papetiers, des typographes et des lavandières.

Les quatre premiers se comprennent sans effort : on confie les métiers du livre à l'auteur du livre le plus commenté de l'histoire. Le cinquième surprend, et nous préférons dire honnêtement que les sources d'Église que nous avons consultées donnent le patronage sans en donner le motif. Nous ne lui inventerons donc pas d'explication. Si vous offrez une médaille pour une fête de Jean, c'est ce patronage qui est attesté, et pas les listes plus longues qui circulent ailleurs. Pour le reste de la mécanique du saint patron, qui se trouve par le prénom mais aussi par le baptême, la confirmation ou un métier, tout est dans notre guide sur la fête du saint patron.

« Le disciple que Jésus aimait » : ce que la tradition tient, ce que l'exégèse discute

Nous abordons ici le point le plus délicat du sujet, et nous refusons de le traiter en deux lignes. Le quatrième évangile parle à cinq reprises d'un disciple que Jésus aimait, et il ne le nomme jamais. Nous avons relu les vingt et un chapitres dans la traduction officielle liturgique pour les compter : la formule revient en Jn 13, 23, Jn 19, 26, Jn 20, 2, Jn 21, 7 et Jn 21, 20, cinq fois et pas une de plus. Voyez par vous-même : « Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l'un de ses disciples, celui que Jésus aimait » (chapitre 13, verset 23). Aucun nom. Même chose au chapitre 19, au pied de la croix, et au chapitre 21 lors de la pêche sur le lac.

La tradition l'identifie à Jean, fils de Zébédée, et cette lecture est ancienne et massive. Elle n'est pas pour autant une affirmation du texte, et le Magistère lui-même le dit sans détour. Dans sa catéchèse du 5 juillet 2006, après avoir rappelé que « selon la tradition, Jean est le disciple bien-aimé », Benoît XVI écrit : « Nous savons que cette identification est aujourd'hui débattue par les chercheurs, certains d'entre eux voyant simplement en lui le prototype du disciple de Jésus. En laissant les exégètes résoudre la question... » Un pape qui renvoie une question aux exégètes plutôt que de la trancher, cela se cite tel quel.

Le texte lui-même, et ce qu'il revendique

Il faut lire la fin du quatrième évangile pour voir la difficulté dans toute sa précision. Au chapitre 21, après un épisode où Pierre interroge Jésus sur le sort de ce disciple, le texte conclut : « C'est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai. » Autrement dit, l'évangile attribue son propre témoignage à ce disciple anonyme, mais il ne lui donne pas de nom. Le verset précédent est encore plus instructif, car il corrige une rumeur : « Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n'avait pas dit à Pierre qu'il ne mourrait pas. » Le livre s'emploie lui-même à démentir une légende sur son auteur présumé.

L'évangile, les trois lettres et l'Apocalypse : une seule main ?

La question de l'auteur unique est, elle aussi, discutée, et là encore nous laissons parler le Magistère plutôt que de choisir un camp. Dans sa catéchèse du 23 août 2006, Benoît XVI pose la donnée de départ avec exactitude : « alors que ni le Quatrième Evangile, ni les Lettres attribuées à l'Apôtre ne portent jamais son nom, l'Apocalypse fait référence au nom de Jean, à quatre reprises » (Ap 1, 1 ; 1, 4 ; 1, 9 ; 22, 8). C'est en effet ce que l'on lit : « Moi, Jean, votre frère... je me trouvai dans l'île de Patmos à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus » (Apocalypse, chapitre 1, verset 9, traduction officielle liturgique).

Et le pape ajoute aussitôt la précision historique qui désamorce toute querelle moderne : « Nous savons par ailleurs que, déjà au III siècle, les chercheurs discutaient sur la véritable identité anagraphique du Jean de l'Apocalypse. » Le débat n'a donc rien de récent, et il n'est pas né d'une critique hostile : il a dix-huit siècles.

Le plus élégant, dans cette affaire, est la façon dont la liturgie elle-même tranche la difficulté, c'est-à-dire en ne la tranchant pas. La notice du Martyrologe romain pour le 27 décembre, que l'on peut lire sur la fiche de Nominis, choisit ses mots : « Dans l'Évangile et les lettres qui portent son nom, il se présente comme le théologien qui a pu contempler la gloire du Verbe incarné et qui annonce ce qu'il a vu. » Six mots, « qui portent son nom », et la question de la paternité littéraire reste ouverte sans que la fête en souffre.

Ce que nous écrivons, et ce que nous n'écrivons pas

Nous écrivons que la tradition identifie le disciple bien-aimé à Jean, fils de Zébédée, parce que c'est vrai et attesté partout. Nous écrivons que le quatrième évangile ne le nomme pas, parce que c'est vrai aussi et vérifiable en une minute. Nous n'écrivons pas que l'apôtre, l'évangéliste, l'auteur des trois lettres et le voyant de Patmos sont certainement un seul homme, parce que le Magistère lui-même qualifie la question de débattue. Et nous n'écrivons pas l'inverse non plus : l'identification traditionnelle n'est pas réfutée, elle est discutée. Nous ne trancherons pas à la place de l'Église ni des exégètes.

L'aigle de saint Jean : d'où vient cet attribut

Vous l'avez devant les yeux à chaque entrée dans une église ancienne, et c'est l'une des questions les plus tapées sur ce saint : pourquoi saint Jean est-il représenté par un aigle ?

L'origine est un verset, et un seul. Dans l'Apocalypse au chapitre 4, la vision du trône décrit quatre Vivants, et la traduction officielle liturgique donne : « Le premier Vivant ressemble à un lion, le deuxième Vivant ressemble à un jeune taureau, le troisième Vivant a comme un visage d'homme, le quatrième Vivant ressemble à un aigle en plein vol » (verset 7). Ces quatre figures, rapprochées des quatre Évangiles par la tradition chrétienne, forment ce que l'on appelle le tétramorphe.

Et voici le détail que presque personne n'écrit : cette attribution n'a pas toujours été celle là. Au IIe siècle, saint Irénée de Lyon rapproche lui aussi les quatre figures des quatre Évangiles, mais il donne le lion à Jean et l'aigle à Marc. Deux attributions sur quatre ont donc changé en route. Il faut dire franchement ce que cela signifie : le tétramorphe est une lecture de la tradition, pas une affirmation du texte, puisque ni Ézéchiel ni l'Apocalypse ne nomment un évangéliste. Nous avons traité tout ce dossier, visions comparées et attributions divergentes, dans notre article sur les anges d'Ézéchiel, les quatre Vivants et les roues : c'est là qu'il faut aller si le tétramorphe vous intéresse pour lui-même.

Reconnaître saint Jean dans une église

Au delà de l'aigle, deux repères simples aident à l'identifier, et tous deux sont servis par des sources d'Église.

  • Le très jeune homme imberbe, aux côtés du Christ à la Cène ou au pied de la croix, souvent le seul apôtre présent dans les Crucifixions avec la Vierge. C'est la lecture directe de l'évangile au chapitre 19.
  • Le vieillard contemplatif, dans l'art oriental. Benoît XVI le note dans sa catéchèse du 5 juillet 2006 : « Dans l'iconographie byzantine, il est souvent représenté très âgé, et dans l'acte d'une intense contemplation, presque dans l'attitude de quelqu'un qui invite au silence. » Le même pape rappelle que l'Église orientale l'appelle simplement « le Théologien ».

Un troisième repère est un lieu plutôt qu'une image : Éphèse. Une tradition ancienne y place sa longue fin de vie, et Benoît XVI précise que l'empereur Justinien y fit bâtir au VIe siècle une grande basilique en son honneur, dont subsistent des ruines. Nominis mentionne la basilique Saint-Jean d'Éphèse parmi les lieux de pèlerinage associés à l'apôtre.

La messe du 27 décembre, lecture par lecture

Si vous cherchez une prière à saint Jean, voici la réponse la plus sûre, et elle n'est pas sur un site de prières : c'est la messe de sa fête. Nous avons relevé les trois textes sur la page de l'AELF du 27 décembre 2025, année où la fête a bien été célébrée, et le choix de l'Église est remarquablement cohérent.

Texte Référence Ce qu'il dit
Première lecture 1 Jn 1, 1-4 « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons » : la revendication d'un témoignage oculaire, « ce que nos mains ont touché du Verbe de vie ».
Psaume Ps 96 (97) « Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ! », avec le verset « Une lumière est semée pour le juste, et pour le cœur simple, une joie ».
Évangile Jn 20, 2-8 « L'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau » : la course du matin de Pâques.

Regardez bien l'évangile de sa propre fête. Le texte que l'Église lit le jour de saint Jean est précisément celui où il n'est pas nommé : « Marie Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait. » Le jour où la liturgie lui donne son nom au calendrier, elle lui lit la page où le texte le lui refuse. C'est exactement la tension dont nous parlions plus haut, et la liturgie l'assume.

Un mot sur la numérotation, parce qu'elle piège tout le monde : le psaume de cette messe est noté Ps 96 (97). Les deux numéros désignent le même psaume, selon que l'on compte à la grecque ou à l'hébraïque. Nous donnons ici celui de la traduction liturgique francophone, c'est à dire 96, avec son équivalent entre parenthèses.

Comment il est mort, et ce que l'on ne sait pas

La question revient sans cesse, et elle demande de la prudence. Une tradition ancienne, que Benoît XVI rapporte comme telle, le fait mourir à Éphèse « à un âge extraordinairement avancé, sous l'empereur Trajan ». Trajan règne de 98 à 117 ; la fiche de Nominis, elle, porte la mention « + 101 ». Les deux sont compatibles, et aucune des deux ne se présente comme une date certaine.

Ce qu'il faut noter, en revanche, c'est ce que les textes ne disent pas. La notice du Martyrologe romain pour le 27 décembre ne parle d'aucun martyre, contrairement à celles du 26 pour saint Étienne et du 28 pour les saints Innocents. Nous avons vérifié le texte servi : il mentionne le témoignage de la transfiguration et de la passion, et la remise de Marie, pas une mise à mort. L'ancienne fête du 6 mai parlait bien, elle, d'un « martyre de saint Jean », mais elle visait l'épisode de l'huile bouillante dont il sort vivant, et dont le sanctoral écrit lui-même que « le fait n'est pas prouvé ». Nous nous arrêtons donc là, et nous n'écrirons pas qu'il est « le seul apôtre mort de vieillesse » : aucune des sources d'Église que nous avons consultées ne l'affirme sous cette forme.

Pour comprendre ce qui se joue dans une canonisation ou dans l'établissement d'une notice de ce genre, notre article sur comment devient-on saint détaille les étapes et le travail de vérification des faits. Et si vous voulez situer le 27 décembre dans l'année liturgique, notre calendrier des saints, mois par mois donne les grandes dates et leur rang, trimestre par trimestre.

Porter un signe pour la Saint-Jean, sans promettre ce que nous n'avons pas

Autant être direct, parce que vous le verrez de toute façon en cliquant. Nous n'avons aucune médaille de saint Jean à notre catalogue. Nous avons recompté nos 134 produits actifs un par un : aucun ne porte ce saint. Nous préférons l'écrire ici plutôt que de vous laisser chercher. Si c'est une médaille gravée à son effigie que vous voulez, ce n'est pas chez nous que vous la trouverez aujourd'hui.

Ce qui existe, et qui a du sens pour cette fête, le voici.

  • Une médaille de saint pour un Jean, choisie au prénom. Le sanctoral français liste, pour le 27 décembre, une cinquantaine de prénoms fêtés ce jour-là avec Jean : Évan, Gianni, Giovanni, Hans, Ian, Ivan, Jack, Jan, Jehan, Joan, João, Johan, Johannes, John, Juan, Nans, Sean, Shane, Soan, Yann, Yannick, Yannis, Yoan, Yoann, Yohann, Yvan, et d'autres encore. Si vous cherchez une idée pour l'un d'eux, nos médailles de saints rassemblent 38 modèles, en acier inoxydable ou en argent 925.
  • Un bijou marial, et le motif est dans le texte. C'est à Jean que le Christ confie sa mère, et une médaille de la Vierge est, pour cette fête, le pont le plus juste du catalogue. Nos bijoux Vierge Marie comptent 10 modèles.
  • Une croix, parce qu'il est le disciple du pied de la croix. Nos colliers croix réunissent 33 modèles, de la croix latine sobre au crucifix.
  • Un cadeau de baptême pour un petit Jean. Le prénom signifie « le Seigneur a fait grâce », ce qui tombe plutôt bien pour un baptême. Notre sélection baptême compte 22 pièces, et notre article sur le cadeau de baptême aide à choisir entre médaille, croix et gourmette.

Sur la matière, nous disons les choses simplement. L'acier inoxydable est notre cœur de gamme parce qu'il ne noircit pas et supporte l'eau et le quotidien, ce qui en fait le bon choix pour un bijou porté tous les jours. L'argent 925 est le métal classique du bijou, plus noble, mais il se ternit avec le temps et s'entretient au chiffon. Nos pièces sont fabriquées en Chine, nous ne le cachons pas, et chaque commande part dans un écrin.

Le disciple qui a reçu, plutôt que celui qui a fait

Nous vous avions promis deux choses en commençant : vous dire pourquoi prier cet apôtre, et vous donner la vérité sur sa fête. Pour la prière, tout tient dans un geste reçu : Jean ne se distingue pas par un exploit, il se distingue par une intimité et par une charge qu'on lui confie depuis la croix. C'est une sainteté accessible, et c'est peut être pour cela que le Synode de 2018 sur les jeunes l'avait choisi comme figure d'inspiration.

Pour la fête, vous savez maintenant ce que presque personne n'écrit : le 27 décembre est bien sa date, au rang de fête, mais en 2026 l'Église célèbrera la Sainte Famille ce jour-là et sa fête sera omise. C'est le genre de détail qui évite d'arriver à la messe en croyant y entendre parler de l'aigle et de Patmos.

Si vous cherchez un signe à offrir à un Jean, ou simplement à porter, découvrez nos médailles de saints. Et si vous voulez prolonger la lecture, notre article sur la Transfiguration de Jésus raconte l'autre grande scène où Jean est présent, aux côtés de Pierre et de Jacques, et où les trois évangiles ne mettent même pas les trois apôtres dans le même ordre.

Questions fréquentes

Qui était Saint Jean, apôtre et évangéliste ?

Jean, fils de Zébédée et frère de Jacques, pêcheur sur le lac de Tibériade, est l'un des Douze. Il fait partie du petit groupe de trois que Jésus prend à part, avec Pierre et Jacques, à la Transfiguration et à Gethsémani, et Paul le compte parmi les « colonnes » de l'Église de Jérusalem. La tradition le reconnaît dans « le disciple que Jésus aimait » du quatrième évangile, celui à qui le Christ confie sa mère au pied de la croix. Une tradition ancienne place sa fin de vie à Éphèse, à un âge très avancé, sous l'empereur Trajan.

Quand fête-t-on saint Jean l'évangéliste ?

Le 27 décembre, au rang de fête, dans toute l'Église latine. Le bloc de dates de Nominis porte « 27 décembre, Fête » et la page de l'AELF du 27 décembre 2025 sert « Saint Jean, apôtre et évangéliste, Fête ». Attention à l'année 2026 : le 27 décembre y est un dimanche, c'est la Sainte Famille qui est célébrée, et la fête de saint Jean est omise. Elle retrouve sa place le lundi 27 décembre 2027.

Quel est le symbole de l'évangéliste Jean ?

L'aigle. Il vient du dernier des quatre Vivants de la vision du trône : dans l'Apocalypse au chapitre 4, verset 7, « le quatrième Vivant ressemble à un aigle en plein vol ». Le rapprochement des quatre Vivants avec les quatre évangélistes s'appelle le tétramorphe, et c'est une lecture de la tradition et non une affirmation du texte : ni Ézéchiel ni l'Apocalypse ne nomment d'évangéliste. À noter que saint Irénée de Lyon, au IIe siècle, attribuait le lion à Jean et l'aigle à Marc.

Comment saint Jean l'évangéliste est-il mort ?

Aucune source d'Église ne donne de récit certain. Une tradition ancienne, rapportée par Benoît XVI, le fait mourir à Éphèse « à un âge extraordinairement avancé, sous l'empereur Trajan », donc entre 98 et 117 ; la fiche de Nominis porte « + 101 ». La notice du Martyrologe romain du 27 décembre ne mentionne aucun martyre. L'épisode de l'huile bouillante devant la Porte Latine, à Rome, qui fondait l'ancienne fête du 6 mai, est rapporté par le sanctoral avec cette réserve explicite : « Le fait n'est pas prouvé. »

Pourquoi prier saint Jean ?

Trois motifs, chacun appuyé sur un texte. Parce que c'est à lui que le Christ confie sa mère depuis la croix, ce qui en fait le saint de l'accueil et de la garde plutôt que de l'exploit. Parce qu'il porte la seule définition de Dieu du Nouveau Testament, « Dieu est amour », dont Benoît XVI a fait l'ouverture de sa première encyclique. Et parce que son patronage est très concret : les libraires, les imprimeurs-libraires, les papetiers, les typographes et les lavandières.

Pourquoi Jean était le disciple que Jésus aimait ?

Il faut d'abord dire que le texte ne le nomme pas : le quatrième évangile parle d'un disciple que Jésus aimait sans jamais lui donner de nom, et c'est la tradition qui l'identifie à Jean. Benoît XVI écrit lui-même que « cette identification est aujourd'hui débattue par les chercheurs, certains d'entre eux voyant simplement en lui le prototype du disciple de Jésus ». Ce que les textes montrent, en revanche, c'est une intimité particulière : il est à table appuyé contre Jésus, il est au pied de la croix, il court le premier au tombeau. Le pape en tire une conclusion que nous reprenons volontiers : le Seigneur veut faire de chacun un disciple qui vit une amitié personnelle avec lui.

Sources

  • AELF, calendrier liturgique du 27 décembre 2026, zone France : la page sert « La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, Année B, Fête », et le nom de Jean n'y figure pas une seule fois, pas davantage que dans les pages des laudes et des complies du même jour.
  • AELF, messe du 27 décembre 2025, zone France : « Saint Jean, apôtre et évangéliste, Fête », et les trois textes de la fête, 1 Jn 1, 1-4, le psaume 96 (97) et Jn 20, 2-8 « L'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau ».
  • Benoît XVI, audience générale du 5 juillet 2006, « Jean, fils de Zébédée » : le sens du nom (« le Seigneur a fait grâce »), la place dans le groupe des trois, les « colonnes » de Ga 2, 9, Éphèse et la basilique de Justinien, le titre de « Théologien », l'iconographie byzantine du vieillard contemplatif, et la phrase sur l'identification du disciple bien-aimé « aujourd'hui débattue par les chercheurs ».
  • Benoît XVI, audience générale du 23 août 2006, « Jean, le Voyant de Patmos » : ni l'évangile ni les lettres ne portent son nom, l'Apocalypse nomme Jean quatre fois, et le débat sur l'identité du Jean de l'Apocalypse remonte au IIIe siècle.
  • Nominis, sanctoral de l'Église catholique en France, fiche « Saint Jean l'évangéliste » : la notice du Martyrologe romain, le rang « 27 décembre, Fête », l'ancienne fête du 6 mai, les patronages, la réserve « Le fait n'est pas prouvé » sur la Porte Latine, la basilique d'Éphèse, le dicton de la Saint-Jean d'hiver et la liste des prénoms fêtés.

Également consultés et cités en clair dans l'article, sans lien, le plafond de cinq liens d'autorité étant atteint : la traduction officielle liturgique de l'AELF pour les versets Jn 13, 23, Jn 19, 25-27, Jn 21, 20-24, Ap 1, 9, Ap 4, 7, 1 Jn 4, 8 et 16 et Mc 3, 17 ; les pages de l'AELF du 26 et du 28 décembre 2026 (saint Étienne et les saints Innocents, tous deux au rang de fête), du 30 décembre 2022 et du 27 décembre 2022 (le cas inverse, où la Sainte Famille se déplace et où saint Jean garde son 27), ainsi que celles du 4, du 14 et du 23 décembre 2026 et du 24 juin et du 29 août 2026 pour les dates et les rangs des autres Jean du calendrier ; la catéchèse de Benoît XVI du 9 août 2006 « Jean, le théologien », sur vatican.va, pour la seule définition de Dieu du Nouveau Testament ; et le dossier « Saint Jean, sur les traces du disciple bien-aimé » de l'Église catholique en France, qui cite le document préparatoire du Synode de 2018 et sa formule prudente, « selon la lecture traditionnelle du Quatrième Évangile ».

Nos sources

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La dévotion à un saint se porte souvent sur une médaille gravée à son nom. Saint Jean n'est pas à notre catalogue et nous préférons l'écrire : voici les saints que nous gravons vraiment, en acier inoxydable ou en argent 925, livrés dans un écrin.

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