Ostensoir : définition, à quoi il sert, ses formes
Sommaire
- Qu'est-ce qu'un ostensoir ? La définition
- La lunule, la pièce qui tient l'hostie
- L'ostensoir et l'adoration eucharistique
- Les formes de l'ostensoir : la tour, puis le soleil
- La Fête-Dieu et la procession du Saint-Sacrement
- Ostensoir, monstrance, ostensoir en anglais
- Ostensoir prix, ostensoir à vendre : la réponse honnête
- Un objet fait pour être vu, une foi qui se porte
- Questions fréquentes
- Sources
Vous l'avez vu porté à bout de bras dans une procession, ou posé sur un autel au milieu des cierges, et vous vous êtes demandé comment s'appelle cet objet en forme de soleil. Peut-être avez-vous entendu le mot « ostensoir » sans savoir ce qu'il contient au juste, ni ce qui tient l'hostie debout au centre. Et si l'idée d'en acheter un vous a traversé l'esprit, la réponse n'est pas celle que vous attendez.
Un ostensoir est une pièce d'orfèvrerie faite pour exposer l'hostie consacrée à l'adoration des fidèles. Son nom le dit : il remonte au verbe latin ostendere, « montrer ». Sa forme, son décor, la petite monture de verre qui tient l'hostie, le voile que porte le prêtre pour le prendre en main, tout découle de cette unique fonction. C'est un objet dont le rôle tient entièrement dans un regard.
Vous trouverez ici la définition et l'origine exactes du mot, le nom et le rôle de chaque pièce (lunule, custode, voile huméral), les deux grandes formes qu'a prises l'objet et ce que leur décor veut dire, ce que le rituel romain prescrit pour l'adoration et pour la procession de la Fête-Dieu, et une réponse franche à la question du prix.
En bref
- Un ostensoir sert à montrer l'hostie consacrée pour qu'elle soit adorée hors de la messe, et à la porter en procession.
- Le mot remonte au latin ostendere, « montrer ». Trois sources d'Église et de langue donnent trois bases latines différentes, et le même verbe au bout.
- L'hostie n'est pas posée sur le métal : elle est sertie dans la lunule, une monture circulaire ouvrante à deux verres.
- L'objet a d'abord eu la forme d'une tour vitrée, la monstrance, avant de devenir un soleil rayonnant à partir du XVIIe siècle.
- Un ostensoir n'est pas un objet de particulier. Le droit canonique interdit son aliénation hors des personnes publiques de l'Église.
Qu'est-ce qu'un ostensoir ? La définition
Le Dictionnaire de liturgie de Dom Robert Le Gall, publié sur le site du Service national de la pastorale liturgique, en donne la définition la plus serrée : une « pièce d'orfèvrerie destinée à recevoir l'hostie consacrée, contenue dans la lunule, pour l'exposer à l'adoration des fidèles ». Le glossaire de l'Église catholique en France dit la même chose en d'autres mots : un « support servant à exposer l'hostie consacrée à l'adoration des fidèles ».
Retenez les deux éléments de cette définition, parce que tout l'objet est là. Il y a une hostie consacrée, et il y a un regard. L'ostensoir n'ajoute rien au sacrement : il le rend visible. C'est pourquoi le centre d'un ostensoir est un vide.
Le mot : trois sources, un seul verbe
C'est le genre de détail que les pages de dictionnaire tranchent sans le dire, et il mérite d'être posé à plat. Les trois références que nous avons consultées ne donnent pas la même base latine, et elles remontent toutes au même verbe.
| Source | Base latine donnée | Sens |
|---|---|---|
| Dictionnaire de liturgie (Dom Robert Le Gall) | ostensor | « celui qui montre » |
| Glossaire de l'Église catholique en France | ostensio | « action de montrer » |
| Dictionnaire de l'Académie française, 9e édition (2024) | ostensum, supin de ostendere | « tendre en avant, montrer » |
Les trois aboutissent à ostendere, « montrer ». L'Académie précise deux choses de plus : le mot français est daté du XVIIIe siècle et il s'est d'abord écrit ostensoire, au féminin. Le glossaire de l'Église catholique en France, lui, fait apparaître le mot après la fête du Saint Sacrement de 1264. Les deux datations ne se recoupent pas, et nous ne les arbitrons pas : ce qui est stable dans les sources, c'est la date de la fête.
L'objet : un pied, un décor, et un vide au centre
Le Dictionnaire de liturgie décrit la structure en une phrase : l'ostensoir « comporte un pied et, plus haut, un motif ornemental doré ou argenté entourant l'espace laissé libre pour l'hostie ». Le pied permet de le poser sur l'autel. Le décor encadre. L'espace libre est l'essentiel, et c'est lui qui reçoit la lunule.
Le verbe employé par la source compte : le motif entoure. L'ostensoir ne porte pas l'hostie comme un plateau porte un objet, il l'enchâsse à hauteur de regard, au centre d'un rayonnement. Pour la même raison, un ostensoir se lit comme on lit un vitrail : le sens est dans la composition, pas dans la matière. Si cette grammaire du regard vous intéresse, nous l'avons détaillée à propos des vitraux des églises.
La lunule, la pièce qui tient l'hostie
C'est le point que presque personne n'explique, et c'est la réponse à la question « ostensoir hostie » telle qu'elle est tapée. L'hostie n'est jamais en contact avec le décor de l'ostensoir. Elle est tenue par une pièce distincte, la lunule.
Le Dictionnaire de liturgie, à l'entrée « Lunule », la définit comme « la monture circulaire ouvrante, en métal doré ou argenté, sertissant deux disques de verre entre lesquels on place une hostie consacrée, en vue de l'exposition sur un ostensoir ». Le mot est un diminutif de « lune », et l'on dit aussi « lunette ». Quand la lunule contient le Saint-Sacrement, elle n'est pas laissée dans l'ostensoir : elle est conservée au tabernacle, dans une boîte appelée custode.
Une nuance de vocabulaire, pour que vous ne soyez pas pris au dépourvu : le Dictionnaire de l'Académie française écrit « une custode de verre, ou lunule », là où le Dictionnaire de liturgie sépare nettement les deux objets, la lunule qui tient l'hostie et la custode qui garde la lunule. Le même dictionnaire liturgique signale d'ailleurs que « custode » désigne aussi la petite boîte des hosties portées en viatique ou en communion aux malades. Le mot sert donc à deux ou trois choses, selon qui l'emploie.
Les six objets qu'on confond
Voici le tableau que nous aurions voulu trouver quelque part, chaque ligne établie sur une source d'Église.
| Objet | Ce que c'est | Où il se trouve |
|---|---|---|
| Ostensoir | Pièce d'orfèvrerie à pied, décor ajouré, espace libre au centre | Sur l'autel, ou porté en procession |
| Lunule (ou lunette) | Monture circulaire ouvrante sertissant deux disques de verre, qui tient l'hostie | Au centre de l'ostensoir |
| Custode | Boîte métallique où l'on conserve la lunule. Désigne aussi la boîte des hosties portées aux malades | Au tabernacle |
| Ciboire | Vase sacré. Le Saint-Sacrement peut être exposé dedans, à la place de l'ostensoir | Au tabernacle |
| Voile huméral | Longue bande de tissu blanc posée sur les épaules | Sur celui qui prend l'ostensoir en main |
| Voile d'exposition | Petite bannière fixée sur un support, de la couleur du temps liturgique | Devant le Saint-Sacrement, hors adoration |
L'ostensoir et l'adoration eucharistique
La requête « ostensoir adoration » est l'une des plus tapées sur le sujet, et c'est logique : c'est la fonction principale de l'objet. Reste à savoir ce que l'Église en dit, et dans quel ordre les choses se passent.
Pourquoi l'Église expose l'hostie hors de la messe
Le Catéchisme de l'Église catholique répond en une phrase, au numéro 1378 : « L'Église catholique a rendu et continue de rendre ce culte d'adoration qui est dû au sacrement de l'Eucharistie non seulement durant la messe, mais aussi en dehors de sa célébration : en conservant avec le plus grand soin les hosties consacrées, en les présentant aux fidèles pour qu'ils les vénèrent avec solennité, en les portant en procession. »
Les deux usages de l'ostensoir sont dans cette phrase : présenter, et porter. L'exposition et la procession. L'un et l'autre sont des prolongements de la messe, jamais des rites qui vivraient à côté d'elle. L'eucharistie, rappelons-le, est l'un des sept sacrements de l'Église catholique, et c'est le sacrement qui demeure après la célébration : c'est très exactement ce qui rend l'ostensoir possible.
Le salut du Saint-Sacrement, dans l'ordre
Le Dictionnaire de liturgie, à l'entrée « Salut », décrit le déroulement. Le Saint-Sacrement est exposé « soit sur un ostensoir soit dans un ciboire ». Suit un temps d'adoration plus ou moins long, occupé par des chants, des lectures et « un moment convenable de silence ». On peut y célébrer une heure de la liturgie des Heures.
À la fin, trois gestes se succèdent. Le prêtre, ou à son défaut le diacre, encense l'hostie si elle est exposée sur un ostensoir, pendant un chant eucharistique. Il prononce une oraison. Puis, revêtu du voile huméral, il donne la bénédiction du Saint-Sacrement, c'est-à-dire qu'il fait le signe de la croix sur les fidèles avec l'ostensoir lui-même. Le Saint-Sacrement est ensuite reposé dans le tabernacle.
Le voile huméral, et pourquoi il existe
Le mot vient du latin humerus, « épaule ». Le même Dictionnaire de liturgie, à l'entrée « Voile », en donne la définition : « une longue bande de tissu blanc placée sur les épaules de celui qui prend en mains le Saint-Sacrement », le prêtre ou éventuellement le diacre, pour tenir l'ostensoir lors de la bénédiction ou de la procession, ou pour transporter un ciboire d'un lieu à un autre.
La source donne aussi sa raison : l'usage du voile huméral « est une façon de manifester le respect dû au Saint-Sacrement ». Ce n'est donc pas un ornement, c'est un geste. Celui qui porte l'ostensoir ne le tient pas à mains nues, et la distance qu'il met entre ses mains et l'objet se voit de loin. Prenez garde à ne pas le confondre avec le voile d'exposition, qui est autre chose : une petite bannière que l'on place devant le Saint-Sacrement lors d'une fonction liturgique autre que l'adoration, par exemple pendant la prédication, et dont la couleur suit le temps liturgique.
Trois règles du rituel qu'on ne voit pas
L'instruction Redemptionis Sacramentum, publiée en 2004 par la Congrégation pour le Culte divin, fixe trois points précis que l'on ne devine pas en regardant une chapelle d'adoration.
- Le Saint-Sacrement exposé n'est jamais laissé sans surveillance, « même pour une durée très brève » (n. 138). Les fidèles doivent toujours être présents, au moins à tour de rôle. C'est la raison d'être des tours d'adoration, et ce n'est pas une coutume locale.
- L'exposition est interrompue pendant la messe (n. 140). Dans une église d'adoration perpétuelle, l'ostensoir est voilé ou retiré le temps de la célébration : au Sacré-Coeur de Montmartre, où le Saint-Sacrement « reste exposé en permanence, jour et nuit », il est « simplement occulté par un rideau » pendant l'eucharistie et les offices particuliers.
- L'hostie exposée vient de la messe qui précède (n. 140). Le texte dit : « Il convient que l'hostie, qui doit être exposée pendant l'adoration, soit consacrée au cours de la Messe, qui précède immédiatement le temps de l'adoration, et qu'elle soit placée dans l'ostensoir, sur l'autel, après la communion. »
Ces trois règles disent la même chose sous trois formes : l'adoration n'est pas un rite autonome, c'est la messe qui continue. Si vous cherchez comment prolonger cela chez vous, nous avons écrit un guide pour faire un autel catholique à la maison, et un autre sur l'icône chrétienne, qui est, en Orient, l'autre grande forme de la prière devant une image.
Les formes de l'ostensoir : la tour, puis le soleil
La requête « ostensoir photo » dit un besoin réel : on veut voir, et comprendre pourquoi les ostensoirs ne se ressemblent pas. Ils ont une histoire, et la Commission diocésaine d'art sacré de Paris, qui inventorie et restaure ces objets, l'a écrite.
| Époque | Forme | Ce que la source en dit |
|---|---|---|
| Jusqu'au XVIe siècle | Tour, tourelle vitrée, église | « À l'origine l'ostensoir se présentait sous la forme d'une tourelle cylindrique vitrée appelée monstrance » (Église catholique en France). L'Académie française note qu'« au Moyen Âge, les ostensoirs avaient la forme de tours ou d'églises ». |
| À partir du XVIIe siècle | Soleil rayonnant jaillissant d'un nuage | « Nettement plus spectaculaire ». Le grand disque doré « évoque la "gloire" qui signifiait la présence de Dieu dans le désert au temps de Moïse » (Commission diocésaine d'art sacré de Paris). |
| Fin XVIIIe et XIXe siècle | Deux anges portant l'hostie | « Figurant les séraphins de l'arche d'Alliance ». Le plus célèbre est celui du Sacré-Coeur de Montmartre (même source). |
| XXe siècle | Lignes simplifiées, art déco | « Le style art déco simplifie les lignes. Le rayonnement en forme de croix est représenté par des épis de blé » (même source). |
La monstrance, la forme d'avant
Le mot « monstrance » n'est pas un synonyme décoratif, c'est le nom d'une forme. Le diocèse de Paris la décrit précisément : au XVIe siècle, « l'hostie était présentée dans un reliquaire vitré ou en cristal, la monstrance, sorte de boîte cylindrique vitrée montée sur un pied ».
Le mot « reliquaire » n'est pas un hasard sous la plume de la source. L'ostensoir descend de l'objet dans lequel on exposait les restes des saints, et il a d'abord été fait pour que l'hostie soit contemplée de la même manière. C'est aussi pourquoi les formes anciennes ressemblent à des architectures miniatures : la tour, la châsse, l'église.
Le soleil, et ce qu'il représente
Ici, une précaution. La forme solaire est si parlante qu'on lui prête volontiers des significations inventées. Nous nous en tenons à ce que dit la commission d'art sacré du diocèse de Paris : le disque rayonnant « jaillissant d'un nuage » évoque la gloire de Dieu et la nuée du désert, « nuée sombre le jour, nuée lumineuse la nuit ».
Le décor suit la même logique. La même source relève, autour de l'hostie, les quatre animaux symboliques des visions d'Ézéchiel (le lion et le taureau, l'aigle et l'ange), des anges brandissant des banderoles portant VENITE ADOREMUS, « Venez, adorons », et sur certains pieds la scène des disciples d'Emmaüs qui reconnaissent le Christ à la fraction du pain. Les mêmes figures reviennent dans toute l'iconographie eucharistique, aux côtés de l'Agneau de Dieu.
La Fête-Dieu et la procession du Saint-Sacrement
C'est l'autre moment où l'ostensoir sort du sanctuaire. Le glossaire de l'Église catholique en France rattache l'apparition du mot à la fête du Saint Sacrement de 1264, celle que l'on appelle la Fête-Dieu, et qui porte aujourd'hui le nom de solennité du Corps et du Sang du Christ. L'Académie française donne même, comme exemple d'emploi du mot, cette phrase : « Porter l'ostensoir pendant la procession de la Fête-Dieu. »
Redemptionis Sacramentum en fixe le cadre au numéro 143 : « Là où l'Évêque diocésain le juge possible, en témoignage public de vénération envers la très sainte Eucharistie, une procession sera organisée dans les rues, surtout au jour de la solennité du Corps et du Sang du Christ. » Le texte ajoute, au numéro 144, que là où la procession dans les rues n'est pas possible, il faut chercher d'autres manières de maintenir la tradition : dans les sanctuaires, dans les lieux appartenant à l'Église, ou dans les jardins publics avec l'autorisation de l'autorité civile.
Retenez l'articulation : la procession est un « témoignage public », et c'est l'évêque du lieu qui en juge. L'ostensoir y est porté par le prêtre revêtu du voile huméral, et le sens du cortège est précisément celui de l'objet : l'hostie est portée pour être vue, hors des murs.
Ostensoir, monstrance, ostensoir en anglais
Trois questions qui reviennent sans cesse, et une seule réponse qui les relie.
Le synonyme d'ostensoir est monstrance. Les deux mots ont la même logique, « montrer », et l'Académie française renvoie d'ailleurs de l'un à l'autre. En français, « monstrance » désigne plus précisément la forme ancienne, la tourelle vitrée décrite plus haut.
En anglais, c'est ce mot-là qui a été retenu pour l'objet tout entier : là où le texte français de Redemptionis Sacramentum écrit « ostensoir », la version anglaise officielle du même document écrit monstrance. Vous pouvez le vérifier en changeant la langue sur la page du Vatican.
Quant à « ostensoir catholique », la formulation mérite une remarque. L'objet est propre au culte eucharistique de l'Église catholique et des Églises qui pratiquent l'exposition du Saint-Sacrement. Robert Cabié, professeur honoraire à l'Institut catholique de Toulouse, l'écrit sur le site du Service national de la pastorale liturgique : dans « un bon nombre d'Églises d'Orient », on entoure le pain consacré de gestes d'adoration « quand on le prend ou le transporte pour communier, mais on ne cherche pas à le placer de telle manière qu'il soit proposé à l'adoration des fidèles ».
Ostensoir prix, ostensoir à vendre : la réponse honnête
Beaucoup de gens arrivent sur ce sujet en cherchant un prix ou une annonce. Autant le dire franchement : un ostensoir n'est pas un objet de particulier, et il ne se vend pas comme un objet de décoration.
Le service juridique de la Conférence des évêques de France l'a écrit noir sur blanc dans une note de 2010 sur la vente d'objets de culte ou de reliques. Trois points en ressortent.
- Le principe : un objet sacré ne doit pas être aliéné. Son transfert de propriété reste possible, mais « seulement entre personnes juridiques canoniques publiques telles que paroisse, diocèse, institut de vie consacrée, association publique de fidèles ».
- Une précision : l'aliénation d'objets précieux par leur valeur historique ou artistique requiert l'autorisation du Saint-Siège (canon 1292 § 2).
- Une mention nominale : la note demande d'éviter « toute commercialisation indue de tout objet sacré en général, tout spécialement les calices, ciboires, patènes ou ostensoirs intrinsèquement liés à la célébration de l'eucharistie ».
Le texte ajoute un point de droit civil que peu de monde connaît : les objets mobiliers qui garnissaient les édifices du culte avant la loi du 9 décembre 1905 sont devenus propriété des collectivités publiques, et leur affectation légale au culte les rend inaliénables. Autrement dit, l'ostensoir de votre église ne lui appartient peut-être même pas.
Concrètement, un ostensoir s'acquiert, se répare ou se restaure par une paroisse, le plus souvent avec l'accompagnement de la commission diocésaine d'art sacré, et auprès d'orfèvres liturgiques. Nous ne donnons aucun ordre de prix ici, parce que nous n'en vendons pas et que nous n'avons pas de chiffre vérifié à vous proposer.
Un objet fait pour être vu, une foi qui se porte
Vous savez maintenant ce que le mot veut dire, de ostendere jusqu'à la monstrance et au soleil, et vous savez nommer chaque pièce : la lunule qui tient l'hostie, la custode qui garde la lunule, le voile huméral sur les épaules de celui qui porte. Vous savez aussi pourquoi cet objet existe, et dans quel cadre l'Église l'emploie : pour présenter, et pour porter en procession.
Un mot sur nous, pour être clair. Nous sommes bijoutiers, pas orfèvres liturgiques. Nous ne vendons pas d'ostensoirs, nous n'en vendrons pas, et il n'y a rien dans notre catalogue qui ressemble à celui de votre paroisse. Si vous êtes venu pour un ostensoir, cet article est tout ce que nous avons à vous donner, et nous espérons qu'il était complet.
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Questions fréquentes
À quoi sert un ostensoir ?
Il sert à exposer l'hostie consacrée à l'adoration des fidèles, et à la porter en procession. Le Catéchisme de l'Église catholique (n. 1378) nomme ces deux usages : « en les présentant aux fidèles pour qu'ils les vénèrent avec solennité, en les portant en procession ». Hors de ces deux moments, l'hostie est conservée au tabernacle, et l'ostensoir reste vide.
Quel est le synonyme d'ostensoir ?
C'est « monstrance ». En français, le mot désigne plus précisément la forme ancienne de l'objet, une boîte cylindrique vitrée montée sur un pied, en usage avant que l'ostensoir prenne la forme d'un soleil. L'Académie française renvoie d'ailleurs de l'entrée « ostensoir » à l'entrée « monstrance ».
Quel est le symbole de l'ostensoir ?
Selon la Commission diocésaine d'art sacré de Paris, le grand disque doré en forme de soleil rayonnant « jaillissant d'un nuage » évoque « la gloire qui signifiait la présence de Dieu dans le désert au temps de Moïse », nuée sombre le jour et nuée lumineuse la nuit. Le décor y ajoute souvent les quatre animaux des visions d'Ézéchiel et des anges portant la devise VENITE ADOREMUS. Les lectures symboliques qui ne viennent pas d'une source d'Église sont à prendre avec prudence : la forme est belle, et elle attire les interprétations gratuites.
Qu'est-ce qu'une monstrance ?
C'est la forme première de l'ostensoir : selon le glossaire de l'Église catholique en France, « une tourelle cylindrique vitrée », que le diocèse de Paris décrit au XVIe siècle comme un « reliquaire vitré ou en cristal, sorte de boîte cylindrique vitrée montée sur un pied ». Le mot sert aussi, en anglais, à désigner l'ostensoir tout entier.
Sources
- Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, entrée « Ostensoir » (Service national de la pastorale liturgique) : l'étymologie par ostensor et le verbe ostendere, la définition comme pièce d'orfèvrerie destinée à recevoir l'hostie contenue dans la lunule, et la description matérielle (pied, motif ornemental entourant l'espace laissé libre). Les entrées « Lunule », « Custode », « Voile » et « Salut » du même dictionnaire fournissent la lunule à deux verres, la custode, le voile huméral et le déroulement du salut du Saint-Sacrement.
- Église catholique en France, glossaire, entrée « Ostensoir » : le rattachement au latin ostensio, la définition comme support servant à exposer l'hostie consacrée, l'apparition du mot après la fête du Saint Sacrement de 1264, et la forme première de tourelle cylindrique vitrée appelée monstrance.
- Commission diocésaine d'art sacré de Paris, lexique des objets religieux, « Ostensoir » : la monstrance du XVIe siècle, le soleil rayonnant jaillissant d'un nuage et son sens (la gloire, la nuée du désert), les quatre animaux d'Ézéchiel, VENITE ADOREMUS, les deux anges du XIXe siècle, l'exposition permanente au Sacré-Coeur de Montmartre et son voile d'exposition, et la simplification art déco.
- Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Redemptionis Sacramentum (2004), nn. 138, 140, 143 et 144 : la surveillance permanente du Saint-Sacrement exposé, l'interruption de l'exposition pendant la messe, l'hostie consacrée à la messe qui précède et placée dans l'ostensoir après la communion, et le cadre de la procession du jour de la solennité du Corps et du Sang du Christ.
- Service juridique de la Conférence des évêques de France, « Vente d'objets de culte ou de reliques », juin 2010 : le principe canonique de non-aliénation des objets sacrés, l'autorisation du Saint-Siège pour les objets précieux (canon 1292 § 2), la mention nominale des ostensoirs, et l'affectation légale au culte des objets antérieurs à la loi du 9 décembre 1905.
Le Dictionnaire de l'Académie française, 9e édition (2024), est cité en clair dans l'article pour l'étymologie par ostensum, supin d'ostendere, la datation du mot français au XVIIIe siècle, la graphie première ostensoire au féminin, les formes médiévales en tour ou en église, et l'exemple d'emploi « Porter l'ostensoir pendant la procession de la Fête-Dieu ». Le Catéchisme de l'Église catholique est cité au numéro 1378.
Nos sources
- Dictionnaire de liturgie (Dom Robert Le Gall), entrée « Ostensoir », sur le site du Service national de la pastorale liturgique (nouvelle fenêtre) Église officielle, dictionnaire de liturgie
- Église catholique en France, glossaire, entrée « Ostensoir » (nouvelle fenêtre) Église officielle, Conférence des évêques de France
- Commission diocésaine d'art sacré de Paris, lexique des objets religieux, « Ostensoir » (nouvelle fenêtre) Église officielle, diocèse de Paris
- Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, instruction Redemptionis Sacramentum (2004), nn. 138, 140 et 143 (nouvelle fenêtre) magistère
- Service juridique de la Conférence des évêques de France, « Vente d'objets de culte ou de reliques » (juin 2010) (nouvelle fenêtre) Église officielle, note juridique
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