Le cierge pascal : ce qui est gravé dessus et pourquoi

Mis à jour le 24 min de lecture

cierge pascal
Sommaire
  1. Le cierge pascal : la définition, et d'où vient le rite
  2. Ce qui est gravé sur le cierge pascal, signe par signe
  3. La nuit de Pâques, du feu nouveau à l'Exsultet
  4. Quand allume-t-on le cierge pascal, et quand l'éteint-on
  5. Le cierge pascal au baptême et aux funérailles
  6. Taille, prix, matière : ce que les textes disent, et ce qu'ils ne disent pas
  7. Questions fréquentes
  8. Un objet daté, et un feu qui traverse toute une vie
  9. Sources

En bref

  • Le cierge pascal est le grand cierge béni dans la nuit de Pâques, et le glossaire de la Conférence des évêques de France en donne la définition la plus courte qui soit : « Il signifie la présence vivante du Christ dans l'Église. »
  • Six signes y sont gravés au stylet, et le Missel fait prononcer une parole à chacun d'eux : une croix, l'alpha au-dessus, l'oméga au-dessous, puis les quatre chiffres de l'année, un dans chaque angle de la croix.
  • Les cinq grains d'encens figurent les cinq plaies du Christ et se disposent eux aussi en croix. Le Missel dit que le prêtre « peut » les fixer : ils sont facultatifs, contrairement à la gravure.
  • Le cierge brûle à tous les offices de la cinquantaine pascale, et on ne l'éteint que le soir de la Pentecôte. Après quoi il est gardé au baptistère, auprès des fonts baptismaux.
  • C'est à sa flamme que l'on allume le cierge d'un baptême, et c'est lui qui est allumé au pied du cercueil aux funérailles. Un même feu, du premier jour au dernier.

Vous avez vu ce grand cierge dressé près de l'autel à Pâques, vous avez remarqué qu'il portait des lettres et des chiffres, et personne ne vous a jamais dit ce qu'ils voulaient dire ? Vous vous demandez pourquoi l'église est plongée dans le noir au début de la Vigile, et ce que le prêtre prononce en grattant la cire ? Ou bien vous préparez un baptême et vous voulez comprendre d'où vient la flamme qu'on vous confie ?

Voici la réponse en une phrase : le cierge pascal représente le Christ ressuscité, et les six signes gravés dessus disent que ce Christ tient le temps, y compris l'année précise où vous vous trouvez. Tout le reste en découle, jusqu'à la place du cierge dans l'église le reste de l'année. Nous vous donnons ici le rite de préparation geste par geste avec la formule que le Missel fait dire à chacun, le sens des cinq grains d'encens, et ce que devient le cierge après la Pentecôte, aux baptêmes et aux funérailles.

Le cierge pascal : la définition, et d'où vient le rite

Un grand cierge béni dans la nuit de Pâques

Commençons par le plus net. Le glossaire de l'Église catholique en France le définit en quatre phrases : « Grand cierge allumé solennellement et béni durant la nuit de Pâques. Il signifie la présence vivante du Christ dans l'Église. Placé dans le choeur jusqu'à la Pentecôte, il servira ensuite pour les baptêmes et pour les funérailles célébrés dans l'année. »

Tout l'essentiel est là : une nuit, un lieu, une signification et deux usages. Le reste de cet article ne fait que détailler ces quatre phrases, en commençant par celle que personne n'explique jamais, la deuxième.

Le lucernaire, ou pourquoi on allume une lampe quand la nuit tombe

Le rite ne sort pas de nulle part. Le Dictionnaire de liturgie de Dom Robert Le Gall le fait remonter plus haut que le christianisme : c'est « un développement du rite juif qui consistait à allumer les lampes, au moment où tombait la nuit inaugurant le sabbat ». Devenu chrétien, ce geste a pris un nom, le lucernaire, et une place, l'heure des Vêpres.

Le cierge pascal est donc la forme solennelle d'un geste très ordinaire : on allume une lumière parce que le jour s'en va. Le même dictionnaire ajoute une datation utile : le grand cierge et sa louange, l'Exsultet, « datent au moins du IVe siècle ». Ce n'est pas une invention moderne, et ce n'est pas non plus un usage immémorial venu des apôtres.

Ce qui est gravé sur le cierge pascal, signe par signe

Une croix, incisée au stylet

Voici le cœur de la question, et il se lit dans les rubriques du Missel, pas dans les interprétations. Le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, qui publie les rubriques de la nouvelle traduction, les cite ainsi : après la bénédiction du feu nouveau, un ministre présente le cierge au prêtre, « et celui-ci, avec un stylet, pratique sur le cierge une incision en forme de croix ».

Notez le mot : une incision, pas un dessin. Le prêtre creuse la cire. La croix rouge imprimée que vous voyez sur la plupart des cierges du commerce est un décor ; celle du rite est tracée dans la matière, le soir même, à la main.

L'alpha au-dessus, l'oméga au-dessous

Les deux lettres grecques viennent ensuite, et leur position est prescrite. La rubrique continue : « Ensuite, il trace au-dessus de cette croix la lettre grecque Alpha, au-dessous la lettre Omega. » L'alpha en haut, l'oméga en bas, de part et d'autre de la croix : la première et la dernière lettre de l'alphabet grec encadrent le signe du Christ.

Ce que ces deux lettres disent du Christ, nous l'avons traité à part, avec les textes de l'Apocalypse où la formule apparaît : voyez notre article sur l'alpha et l'oméga. Elles se retrouvent aussi, suspendues aux branches du monogramme, autour du chrisme.

Les quatre chiffres de l'année, un par angle

C'est le détail que presque personne ne remarque, et c'est le plus parlant. La rubrique le dit sans ambiguïté : le prêtre trace « entre les bras de la croix, les quatre chiffres du millésime de l'année en cours ». Les quatre chiffres ne sont pas écrits côte à côte comme une date : ils sont répartis un par un dans les quatre angles que forment les branches de la croix.

Concrètement, pour l'année 2026 : le 2 dans l'angle supérieur gauche, le 0 dans l'angle supérieur droit, le 2 dans l'angle inférieur gauche, le 6 dans l'angle inférieur droit. Un cierge pascal est donc daté, et il ne sert qu'un an. C'est pour cela qu'on en bénit un nouveau chaque Pâques, et c'est aussi pour cela que la question « cierge pascal 2026 » a un sens, alors qu'elle n'en aurait aucun pour un crucifix ou un calice.

La formule et le geste, ligne par ligne

Voici ce qu'on ne trouve presque nulle part, et c'est la raison d'être de cet article. Le prêtre ne grave pas en silence : le Missel lui fait prononcer une parole à chaque trait, et les huit membres de la formule correspondent exactement aux huit gestes. Le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle cite les mots gravés d'une seule coulée : « Le Christ, hier et aujourd'hui. Commencement et fin de toutes choses. Alpha et Oméga ; à lui, le temps et l'éternité, à lui, la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen. »

Le Missel romain, au numéro 11 de la Vigile pascale, répartit cette phrase sur les gestes. Voici la correspondance, telle qu'elle est imprimée :

Ce que le prêtre dit Ce qu'il grave au même instant
« Le Christ, hier et aujourd'hui, » le bras vertical de la croix
« commencement et fin de toutes choses, » le bras horizontal
« Alpha » la lettre A, au-dessus du bras vertical
« et Oméga ; » la lettre Ω, au-dessous du bras vertical
« à lui, le temps » le premier chiffre de l'année, angle supérieur gauche
« et l'éternité, » le second chiffre, angle supérieur droit
« à lui, la gloire et la puissance » le troisième chiffre, angle inférieur gauche
« pour les siècles sans fin. Amen. » le quatrième chiffre, angle inférieur droit

Lue ainsi, la gravure n'est plus une décoration : c'est une phrase écrite sur un objet, mot par mot, en même temps qu'elle est prononcée. Les quatre chiffres de l'année tombent précisément sur « le temps », « l'éternité », « la gloire et la puissance » et « les siècles sans fin ». L'année en cours est inscrite dans la cire au moment où l'on dit que le Christ tient les siècles.

Les cinq grains d'encens, et les cinq plaies

Un second geste peut suivre, et c'est là que les deux textes se complètent. La rubrique est claire sur son statut : « Après l'incision en forme de croix et les autres signes, le prêtre peut fixer dans le cierge cinq grains d'encens, qu'il dispose en forme de croix. » Le verbe est « peut » : les cinq grains sont facultatifs, alors que la gravure, elle, est prescrite. Si vous ne les avez jamais vus, ce n'est pas une négligence de votre paroisse.

Leur sens est donné par le Dictionnaire de liturgie : ces cinq grains, « rehaussant la croix déjà tracée », valent « en symbole des cinq plaies glorieuses du Christ en sa Passion ». Les deux mains, les deux pieds, le côté. Un au centre et quatre aux extrémités, c'est-à-dire aux quatre points où le corps était fixé.

Et là encore, une parole accompagne le geste. Le Missel la donne en cinq temps, un par grain : « Par ses saintes plaies, ses plaies glorieuses, que le Christ Seigneur nous garde et nous protège. Amen. » Le cierge pascal porte donc, en tout, deux phrases : l'une sur le temps, l'autre sur les plaies. Le même encens sert ensuite, dans l'encensoir, à encenser le cierge avant l'Exsultet.

La nuit de Pâques, du feu nouveau à l'Exsultet

La bénédiction du feu nouveau

Le rite commence dehors, et dans le noir. Le Missel le règle en une phrase à la rubrique 7 : « On prépare des cierges pour tous ceux qui vont participer à la Vigile. Toutes les lumières de l'église sont éteintes. » Un feu est allumé à l'extérieur, et le prêtre le bénit les mains étendues, en demandant que Dieu « sanctifie ce feu nouveau » et accorde à l'assemblée « d'être enflammés d'un si grand désir du ciel » qu'elle parvienne « aux fêtes de l'éternelle lumière ».

Ce n'est qu'après cette bénédiction que le cierge est gravé, puis allumé à ce feu. L'ordre compte : le feu d'abord, l'inscription ensuite, la flamme en dernier. Le prêtre dit alors, en l'allumant : « Que la lumière du Christ, ressuscitant dans la gloire, dissipe les ténèbres de notre cœur et de notre esprit. » Tout cela vient au terme des quarante jours du Carême, dont c'est l'aboutissement.

La procession dans l'église obscure, et les trois arrêts

La suite est l'un des rares moments de l'année où la liturgie se déroule dans le noir. Le Dictionnaire de liturgie la résume ainsi : « le diacre le porte en tête de la procession et pénètre dans l'église obscure où il marque trois arrêts pour proclamer : Lumière du Christ ! »

À chacun des trois arrêts, l'assemblée répond « Nous rendons grâce à Dieu », et la flamme se propage : au premier, le prêtre allume son cierge ; au deuxième, tous allument le leur. Les rubriques situent ces arrêts avec précision : à la porte de l'église, au milieu de la nef, devant l'autel. Les lumières de l'église ne sont rallumées qu'après le troisième, et les cierges de l'autel restent éteints.

Le signe est donc construit pour être vu : une seule flamme entre dans un bâtiment plongé dans le noir et en éclaire plusieurs centaines sans diminuer. C'est exactement ce que l'Exsultet va chanter deux minutes plus tard.

L'Exsultet, la louange du cierge

Le diacre demande alors la bénédiction du célébrant, « comme pour l'évangile », encense le livre et le cierge, monte à l'ambon et chante l'annonce de Pâques. Le Dictionnaire de liturgie l'appelle « antique condensé lyrique de la joie pascale ». La forme longue s'ouvre sur : « Exultez dans le ciel, multitude des anges ! »

Deux passages concernent directement le cierge. Le premier le relie à l'Exode : « Voici la nuit où le feu d'une colonne lumineuse a dissipé les ténèbres du péché. » L'image n'est pas une métaphore libre, elle renvoie à un texte précis : dans la traduction officielle liturgique, « le Seigneur lui-même marchait à leur tête : le jour dans une colonne de nuée pour leur ouvrir la route, la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer » (Ex 13, 21).

Le second parle du cierge lui-même, qu'il nomme « cette colonne de cire », et tire la leçon du geste qu'on vient de faire : « Mais déjà nous savons ce que proclame cette colonne qui brûle avec éclat en l'honneur de Dieu : quand on en transmet la flamme, sa clarté ne diminue pas. » Le cierge pascal est donc un objet qui prêche par sa physique : il donne sans se vider.

Et le reste de la Vigile

Pour situer le cierge dans l'ensemble, la Vigile pascale compte quatre parties : l'office de la lumière, que nous venons de décrire, puis la liturgie de la Parole, la liturgie baptismale et la liturgie eucharistique. Le Missel l'appelle « la mère de toutes les vigiles » et y prévoit neuf lectures, sept de l'Ancien Testament et deux du Nouveau, l'épître et l'évangile.

Ces neuf lectures « doivent être lues partout où c'est possible », précise la rubrique, « pour que soit conservée la nature de la Vigile qui exige une longue durée ». Pour de graves raisons pastorales, on peut en réduire le nombre, mais jamais en deçà de trois lectures de l'Ancien Testament, et le récit du passage de la mer Rouge, au chapitre 14 de l'Exode, ne doit jamais être omis. C'est la raison pour laquelle la durée de la veillée varie beaucoup d'une paroisse à l'autre.

Quand allume-t-on le cierge pascal, et quand l'éteint-on

Toute la cinquantaine pascale, jusqu'au soir de la Pentecôte

La réponse est nette et elle tient en une ligne. Le cierge brûle à tous les offices du temps pascal, et on ne l'éteint qu'à la fin de ce temps, le soir de la Pentecôte, cinquante jours après Pâques. Le Dictionnaire de liturgie l'écrit ainsi : « Tout au long des offices du temps pascal, le grand cierge continue de brûler. »

Il donne au passage une lecture de la flamme elle-même que l'on rencontre rarement : elle « symbolise l'âme du Christ, réunie à son corps dans la Gloire du Père ». Ce n'est donc pas la cire qui représente le Christ, c'est l'ensemble, corps et flamme. Pendant ces sept semaines, sa place est le chœur, près de l'autel ou de l'ambon.

Après la Pentecôte : auprès des fonts baptismaux

Le dimanche de la Pentecôte, les rubriques prévoient l'extinction et le déplacement : « Le Temps pascal terminé, on éteint le cierge pascal qu'il convient de garder avec honneur au baptistère. » L'ORDO, le calendrier liturgique romain publié pour la France, le note à la date même, en une phrase : après la Pentecôte, le cierge pascal est placé auprès des fonts baptismaux.

Ce déplacement est le plus bel argument du rite : on range le cierge de Pâques à l'endroit exact où l'on baptise. Il y reste jusqu'au Carême suivant, éteint, visible, et on le rallume à chaque baptême et à chaque enterrement. Si vous voulez voir comment les objets du seuil et de l'eau s'articulent dans une église, nous avons décrit ailleurs la place et le rôle du bénitier. L'article qui traite des fonts baptismaux eux-mêmes est en préparation sur ce blog.

Le cierge pascal au baptême et aux funérailles

Au baptême, la flamme se prend à lui

C'est ici que l'objet sort de Pâques et entre dans les vies. Le cierge que l'on remet au baptisé, ou à ses parents, n'est pas allumé avec un briquet : sa flamme est prise au cierge pascal. Le Service national de la catéchèse et du catéchuménat le formule exactement ainsi : « Le cierge remis est ainsi allumé au cierge pascal qui symbolise le Christ qui est lumière. »

Le même texte explique ce que le geste engage : « Le baptisé est appelé à rayonner de la lumière du Christ, au travers du témoignage de sa vie », et pour un tout-petit, « la lumière est confiée à ses parents, parrain et marraine, pour signifier leur responsabilité d'entretenir la lumière de la foi ». Le cierge de baptême que vous gardez dans un tiroir est donc un fragment daté du cierge pascal de cette année-là. Le baptême est le premier des sept sacrements, et la question du cadeau qui l'accompagne se pose souvent en même temps : nous l'avons traitée pour la médaille de baptême.

Deux précisions, parce que les deux questions reviennent. Le cierge pascal reste dans l'église, c'est le cierge de baptême qui est remis à la famille, et c'est elle qui le garde. Et à la Vigile pascale, quand il y a des baptêmes, c'est le cierge pascal qui ouvre la marche vers la cuve : « Le ministre avec le cierge pascal précède », dit la rubrique, devant ceux qui vont être baptisés.

Aux funérailles, au pied du cercueil

Le même cierge revient à l'autre bout. Le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, dans ses repères sur les rites d'ouverture des funérailles, commence par écarter une confusion : « Ce n'est pas un cierge quelconque qui est allumé. » C'est bien le cierge pascal, qui « symbolise la présence du Christ mort et ressuscité ».

Il décrit ensuite la mise en place, et la phrase vaut d'être citée telle quelle : « Le cierge pascal est allumé au pied du cercueil. Il l'était bien avant que le corps n'arrive, attendant le défunt comme on attend un ami. » Puis quelqu'un s'avance, allume un cierge à sa flamme et la communique aux veilleuses placées autour du corps.

Le même service donne la raison, et elle boucle l'article : cette lumière est communiquée au défunt « tout comme elle lui a été transmise le jour de son baptême ». Un seul feu, pris à Pâques, remis au baptême, rallumé à l'enterrement. C'est la cohérence la plus serrée de toute la liturgie catholique, et elle tient à un objet de cire.

Taille, prix, matière : ce que les textes disent, et ce qu'ils ne disent pas

Autant être francs, parce que ces trois questions sont très recherchées et que la réponse honnête est courte. Les rubriques du Missel ne fixent ni la hauteur, ni le diamètre, ni le prix d'un cierge pascal. La seule indication de forme que nous ayons trouvée dans une source d'Église est celle du Dictionnaire de liturgie : « un long cierge de large section ». C'est tout.

Dans la pratique, les dimensions varient avec le volume de l'église et le cierge se commande chez un fournisseur d'articles liturgiques ou une ciergerie, ce qui n'est pas notre métier. Nous ne vendons pas de cierges pascaux et nous n'avons aucun conseil d'achat à vous donner là-dessus. Cet article existe parce que la question des inscriptions est une bonne question laissée sans réponse, pas pour vous vendre quelque chose au bout.

Une précision qui a une vraie conséquence, en revanche. Les rubriques ajoutent que « les Conférences épiscopales peuvent aussi établir d'autres formes, plus adaptées au génie des peuples ». Si le rite auquel vous assistez ne ressemble pas exactement à ce que nous décrivons ici, ce n'est donc pas nécessairement une erreur : la marge d'adaptation est prévue dans le texte lui-même.

Questions fréquentes

Quelle est la signification du cierge pascal ?

Il signifie la présence vivante du Christ ressuscité dans l'Église, selon les termes du glossaire de l'Église catholique en France. Cette signification est inscrite littéralement sur l'objet : le prêtre y grave une croix, l'alpha et l'oméga, et les quatre chiffres de l'année, en disant « Le Christ, hier et aujourd'hui, commencement et fin de toutes choses, Alpha et Oméga ; à lui, le temps et l'éternité ». Le Christ tient donc à la fois l'éternité et l'année en cours, et c'est le millésime gravé qui le dit.

Quelle est la symbolique du cierge ?

Dans le cas du cierge pascal, le Dictionnaire de liturgie distingue deux choses. La colonne de cire représente le corps du Christ, et la flamme « symbolise l'âme du Christ, réunie à son corps dans la Gloire du Père ». L'Exsultet y ajoute une troisième lecture, tirée de la physique du feu : « quand on en transmet la flamme, sa clarté ne diminue pas ». Un cierge qui en allume cent n'est pas diminué, et c'est ce que le rite veut montrer en faisant passer la lumière de main en main.

Comment s'appelle le gros cierge d'église ?

Le cierge pascal. Le Dictionnaire de liturgie le décrit comme « un long cierge de large section », et c'est le seul cierge de l'église qui soit béni chaque année, gravé de la date et placé dans le chœur pendant tout le temps de Pâques. Il se distingue des cierges de l'autel, plus petits et sans inscription, et des cierges de dévotion que les fidèles allument devant une statue. Après la Pentecôte, il est gardé au baptistère, auprès des fonts baptismaux.

Quelle est la signification d'un cierge au baptême ?

Elle tient à l'origine de sa flamme. Le cierge remis au baptême est allumé au cierge pascal, qui symbolise le Christ lumière : le baptisé reçoit donc une part de cette lumière, et il est appelé, selon le Service national de la catéchèse, « à rayonner de la lumière du Christ, au travers du témoignage de sa vie ». Pour un enfant, la lumière est confiée aux parents, au parrain et à la marraine, pour signifier leur responsabilité d'entretenir la lumière de la foi reçue.

Qui garde le cierge après le baptême ?

La famille. Il faut distinguer deux cierges : le cierge pascal reste dans l'église, où il est gardé au baptistère et rallumé aux baptêmes suivants, tandis que le cierge de baptême, allumé à sa flamme, est remis au baptisé ou à ses parents et parrain et marraine, qui l'emportent. Beaucoup de familles le rallument ensuite à la date anniversaire du baptême, à la première communion ou à la confirmation. Aucune règle liturgique ne l'impose.

Comment se déroule une veillée pascale ?

En quatre parties, dans cet ordre. L'office de la lumière d'abord, toutes lumières éteintes : bénédiction du feu nouveau à l'extérieur, préparation et allumage du cierge pascal, procession avec trois arrêts et le chant de l'Exsultet. Puis la liturgie de la Parole, jusqu'à neuf lectures, le Missel appelant cette nuit « la mère de toutes les vigiles ». Puis la liturgie baptismale, avec la bénédiction de l'eau et les baptêmes s'il y en a. Enfin la liturgie eucharistique. La durée varie selon le nombre de lectures retenues.

Un objet daté, et un feu qui traverse toute une vie

Vous avez maintenant les deux choses promises au début. La première : les signes gravés sur le cierge pascal forment une phrase, et le Missel la fait prononcer mot par mot en même temps qu'elle s'inscrit dans la cire. La croix, l'alpha, l'oméga, puis les quatre chiffres de l'année qui tombent sur « le temps », « l'éternité », « la gloire et la puissance » et « les siècles sans fin ». Les cinq grains d'encens, s'ils sont posés, ajoutent la seconde phrase, celle des cinq plaies.

La seconde : ce cierge ne reste pas à Pâques. Il brûle sept semaines, s'éteint le soir de la Pentecôte, rejoint les fonts baptismaux, et de là allume le cierge de chaque baptême et veille au pied de chaque cercueil. Si vous assistez à une Vigile pascale cette année, regardez l'angle supérieur gauche de la croix gravée : vous y verrez le premier chiffre de l'année, et vous saurez ce que le prêtre disait en le traçant.

Ce que nous faisons, nous, c'est le signe que l'on porte sur soi, pas l'objet de l'église : nos colliers croix montés sur chaîne, l'ensemble de nos bijoux croix en acier inoxydable et en argent 925, et nos pièces pour un baptême. Sur la matière, nous sommes directs : l'acier inoxydable ne rouille pas et ne noircit pas, il supporte l'eau et le quotidien ; l'argent 925 est plus habillé mais se ternit avec le temps et s'entretient au chiffon. Nous ne faisons jamais passer un plaqué pour de l'or massif. Chaque pièce est livrée dans un écrin, ce qui en fait aussi un cadeau de Pâques possible.

Sources

  • Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, « Le Triduum pascal selon les rubriques de la nouvelle traduction du Missel romain » : l'incision en forme de croix au stylet, l'alpha au-dessus et l'oméga au-dessous, les quatre chiffres du millésime entre les bras de la croix, le caractère facultatif des cinq grains d'encens (« le prêtre peut fixer »), la formule de l'allumage, la réponse « Nous rendons grâce à Dieu », la procession où « le ministre avec le cierge pascal précède » vers les fonts baptismaux, l'extinction à la Pentecôte et la garde au baptistère, et la clause d'adaptation par les Conférences épiscopales.
  • Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, Journée nationale de pastorale liturgique et sacramentelle : les mots gravés sur le cierge, cités dans la contribution du diocèse de Créteil, « Le Christ, hier et aujourd'hui. Commencement et fin de toutes choses. Alpha et Oméga ; à lui, le temps et l'éternité, à lui, la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen ».
  • Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, entrée « Cierge pascal » : l'origine du rite dans le lucernaire et le rite juif de l'allumage des lampes au seuil du sabbat, la datation au IVe siècle au moins, « un long cierge de large section », les cinq grains d'encens « en symbole des cinq plaies glorieuses du Christ en sa Passion », l'entrée dans « l'église obscure » avec trois arrêts pour proclamer « Lumière du Christ ! », la flamme qui « symbolise l'âme du Christ, réunie à son corps dans la Gloire du Père », et l'extinction « le soir de la Pentecôte ».
  • Église catholique en France, glossaire, « Cierge pascal » : la définition en quatre phrases, « Grand cierge allumé solennellement et béni durant la nuit de Pâques. Il signifie la présence vivante du Christ dans l'Église. Placé dans le choeur jusqu'à la Pentecôte, il servira ensuite pour les baptêmes et pour les funérailles célébrés dans l'année ».
  • AELF, Livre de l'Exode, chapitre 13 : la colonne de feu que l'Exsultet reprend, « la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer » (Ex 13, 21).
  • Missel romain, Vigile pascale, numéros 7 à 21 (traduction française entrée en vigueur en 2021) : les lumières de l'église éteintes (n° 7), la prière de bénédiction du feu nouveau (n° 10), la formule de gravure répartie sur les huit gestes et la position de chaque chiffre de l'année dans les quatre angles de la croix (n° 11), la formule des cinq grains d'encens « Par ses saintes plaies, ses plaies glorieuses, que le Christ Seigneur nous garde et nous protège » (n° 12), la formule de l'allumage (n° 14), les trois « Lumière du Christ » à la porte, au milieu de l'église et devant l'autel (n° 15 à 17), le texte de l'Exsultet (n° 19), et les neuf lectures de « la mère de toutes les vigiles » dont le chapitre 14 de l'Exode qui n'est jamais omis (n° 20 et 21). Texte collationné sur deux documents indépendants portant le même ordo.
  • Service national de la catéchèse et du catéchuménat, « Pourquoi remet-on un cierge au baptême d'un enfant ou d'un adulte ? » : « Le cierge remis est ainsi allumé au cierge pascal qui symbolise le Christ qui est lumière », l'appel du baptisé « à rayonner de la lumière du Christ, au travers du témoignage de sa vie », et la lumière confiée aux parents, parrain et marraine.
  • Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, « Célébration des funérailles : du bon usage des rites d'ouverture » : « Ce n'est pas un cierge quelconque qui est allumé », « Le cierge pascal est allumé au pied du cercueil. Il l'était bien avant que le corps n'arrive, attendant le défunt comme on attend un ami », et la lumière communiquée au défunt « tout comme elle lui a été transmise le jour de son baptême ».
  • ORDO, calendrier liturgique romain pour la France publié par le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, notation du lundi suivant la Pentecôte : « Après Pentecôte, le cierge pascal est placé auprès des fonts baptismaux. »

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