Calice : définition, rôle à la messe et matières
Sommaire
- Qu'est-ce qu'un calice ?
- Le calice à la messe : six moments, dans l'ordre
- Calice, patène, ciboire : qui contient quoi
- En quelle matière un calice doit-il être fait ?
- La consécration du calice : une bénédiction, donnée par le prêtre
- La purification du calice, et pourquoi elle est si minutieuse
- Prix, achat, revente : ce qu'il faut savoir avant de chercher un calice
- L'histoire du calice, d'une coupe de table à l'orfèvrerie
- Que signifie le calice ?
- Questions fréquentes
- Un vase qui n'existe que pour ce qu'il contient
- Sources
En bref
- Le calice est le vase sacré qui reçoit, à la messe, le vin destiné à devenir le Sang du Christ. Il va par paire avec la patène, l'assiette qui porte le pain.
- La différence avec le ciboire ne tient pas à la forme, elle tient au contenu : le calice reçoit le vin consacré, le ciboire conserve les hosties consacrées sous un couvercle.
- La règle de matière est écrite et précise : métal noble, doré à l'intérieur si le métal est moins noble que l'or, et une coupe qui ne soit pas poreuse.
- Un calice ne devient pas sacré en sortant de l'atelier : il le devient par une bénédiction donnée par le prêtre, autant que possible au cours d'une messe.
- Nous ne vendons pas de calice, nous faisons des bijoux. Cet article est là pour répondre, pas pour vous vendre quelque chose.
Vous avez vu le prêtre élever une coupe dorée au moment le plus silencieux de la messe, et vous vous demandez comment cet objet s'appelle, ce qu'il contient exactement, et pourquoi on le traite avec tant de précautions ? Vous cherchez la différence entre un calice et un ciboire, qu'on vous a expliquée trois fois sans qu'elle tienne ? Ou vous êtes tombé sur le mot « calice » ailleurs, dans une description de fleur ou dans la bouche d'un Québécois en colère, et vous voulez savoir lequel est le bon ?
Le calice est le vase sacré qui, lors de la messe, reçoit le vin destiné à devenir le Sang du Christ. Ce n'est pas un ornement, c'est un contenant, et presque tout ce qui l'entoure (sa matière, sa forme, qui le touche, comment on le lave) découle de ce qu'il contient. Nous reprenons ici l'objet pièce par pièce, ses six moments dans la messe, les règles de matière que fixe le Missel romain, la bénédiction qui le rend sacré, sa purification, et son histoire. Et nous le disons franchement dès maintenant : nous sommes bijoutiers, pas orfèvres liturgiques, et vous ne trouverez pas de calice chez nous.
Qu'est-ce qu'un calice ?
La définition, en une phrase
Le service national de la pastorale liturgique le définit ainsi : « Le calice est le vase sacré qui, lors du sacrifice de la messe, reçoit le vin destiné à devenir le sang du Christ. » Tout est là. Le mot « vase » dit le contenant, le mot « sacré » dit le régime à part, et « le vin destiné à devenir » dit l'essentiel : le calice accompagne un changement, il n'est pas lui-même l'objet de la foi.
Le mot vient de loin, et il veut dire simplement « coupe » : le kulix grec et le calix latin désignaient des vases à boire, rien de plus. Le calice chrétien est donc, étymologiquement, une coupe de table que l'Église a mise à part. Cela éclaire d'un coup la règle qui gouverne tout le reste, et que nous détaillons plus bas : il doit n'être affecté qu'à un usage liturgique, c'est-à-dire ne jamais redevenir le verre d'où il vient.
Le calice, pièce par pièce
Le diocèse de Paris décrit l'objet comme « un vase en forme de coupe, habituellement porté par un pied, avec une tige comportant un nœud ». Trois parties, donc, et chacune a sa raison d'être :
| Partie | Ce que c'est | À quoi elle sert |
|---|---|---|
| La coupe | La vasque du haut, celle qui reçoit le vin | C'est la seule partie dont la matière est réglementée séparément : elle doit être non poreuse |
| Le nœud | Le renflement au milieu de la tige | C'est là que la main se place. Il permet de saisir et d'élever le calice sans toucher la coupe |
| La tige | Le fût qui relie la coupe au pied | Elle donne la hauteur, pour que le calice soit vu de l'assemblée quand il est élevé |
| Le pied | La base, souvent large et lestée | La stabilité. Le Missel permet pour lui d'autres matières que pour la coupe |
Autour du calice vit tout un petit peuple de linges et d'objets, et leurs noms reviennent sans cesse dans les réponses ci-dessous : le corporal (le linge carré étendu sur l'autel, sur lequel le calice est posé), le purificatoire (le linge qui essuie), la pale (le carton rigide qui couvre la coupe), le voile (dont la Présentation générale du Missel romain dit qu'il est « très souhaitable », de la couleur du jour ou blanc), et les burettes, ces deux petites cruches qui apportent le vin et l'eau. Si le vocabulaire de la messe vous échappe souvent, notre guide sur comment utiliser un missel vous en donne la carte.
Le calice, la fleur et le juron : lever la confusion tout de suite
Le mot « calice » a plusieurs vies, et les recherches sur Google les mélangent. En botanique, le calice est l'enveloppe extérieure de la fleur, celle que forment les sépales ; en anatomie, on parle des calices du rein ; au Québec, le mot sert aussi de juron, comme d'autres mots pris au vocabulaire de l'église. Aucun de ces emplois ne concerne l'objet dont nous parlons ici, et nous ne traitons dans cet article que le vase liturgique. Si vous cherchiez la fleur ou le juron, vous êtes au mauvais endroit, et nous préférons vous le dire en haut de page plutôt qu'en bas.
Le calice à la messe : six moments, dans l'ordre
C'est la question la plus utile et la moins souvent traitée : non pas ce qu'est un calice, mais ce qu'on en fait, et quand. La Présentation générale du Missel romain, le texte qui règle le déroulement de la messe, décrit chacun de ces gestes. Voici la séquence complète.
| Moment | Ce qui se passe | Référence |
|---|---|---|
| 1. Avant la messe | Le calice est préparé sur la crédence, la petite table de côté, avec le corporal, le purificatoire et la pale. Il est très souhaitable qu'il soit recouvert d'un voile | n. 118 |
| 2. La préparation de l'autel | On place sur l'autel le corporal, le purificatoire, le missel et le calice, sauf si celui-ci reste à la crédence | n. 73 |
| 3. L'offertoire | Le prêtre, sur le côté de l'autel, verse dans le calice le vin et un peu d'eau que le ministre lui présente dans les burettes, puis il élève un peu le calice des deux mains | nn. 141 et 142 |
| 4. La consécration | Le prêtre montre l'hostie puis le calice à l'assemblée. La clochette peut sonner à chaque élévation, et un ministre encense si l'on emploie l'encens | n. 150 |
| 5. La doxologie | À la fin de la prière eucharistique, le prêtre prend la patène avec l'hostie et le calice, et les élève ensemble en disant seul « Par lui ». L'assemblée répond Amen | n. 151 |
| 6. Après la communion | Le vin consacré qui resterait est consommé aussitôt à l'autel, puis le calice est purifié et essuyé avec le purificatoire | nn. 163 et 279 |
Pourquoi le prêtre ajoute un peu d'eau au vin
C'est le geste que personne ne remarque et que tout le monde se fait expliquer une fois. À l'offertoire, le prêtre verse dans le calice le vin, puis un peu d'eau, en disant à voix basse une prière qui commence par « Comme cette eau ». Les deux burettes sont là pour cela : l'une porte le vin, l'autre l'eau. Le Missel ne commente pas le sens de ce mélange, il en prescrit le geste et la formule, et c'est la formule qui le porte.
Sur le vin lui-même, la règle est courte et nette : il doit provenir du fruit de la vigne, être naturel et pur, c'est-à-dire sans mélange de substances étrangères. On veille aussi à ce qu'il n'aigrisse pas. Le calice n'est donc pas seulement un contenant réglementé, son contenu l'est tout autant.
À savoir : le cas prévu de l'eau versée par erreur
Le Missel romain est allé jusqu'à prévoir la méprise de sacristie. Si le prêtre s'aperçoit, après la consécration, qu'il avait versé de l'eau et non du vin dans le calice, il vide cette eau dans un récipient, verse du vin avec de l'eau, et consacre en redisant la seule partie du récit de l'institution qui se rapporte au calice. Il n'a pas à consacrer le pain une seconde fois. Un détail minuscule qui dit beaucoup : rien de ce qui touche à ce vase n'est laissé à l'improvisation.
Boire au calice, et combien de calices
Quand la communion se fait sous les deux espèces, le communiant prend lui-même le calice des mains du ministre, boit un peu, puis le rend, et le ministre essuie le bord de la coupe avec le purificatoire avant le suivant. Le Missel prévoit pour cela soit un calice suffisamment grand, soit plusieurs calices, avec une consigne de prudence très concrète : on veille à ce qu'il ne reste pas trop de Sang du Christ à consommer à la fin de la célébration. C'est pourquoi, dans une paroisse, vous verrez parfois trois ou quatre calices sur l'autel et pas un seul. Cette précaution tient à ce que l'Église croit de l'Eucharistie, le premier des sept sacrements de l'Église catholique par ce qu'il contient.
Calice, patène, ciboire : qui contient quoi
Voilà la question que le bloc « Autres questions » de Google place en tête, et elle se règle en une ligne : ces vases ne se distinguent pas par leur forme, mais par ce qu'ils reçoivent. Le tableau suivant les met côte à côte.
| Vase | Ce qu'il contient | Forme | Où il se trouve |
|---|---|---|---|
| Le calice | Le vin, qui devient le Sang du Christ | Coupe sur pied, à tige et nœud, sans couvercle | Sur l'autel pendant la messe, en sacristie ensuite |
| La patène | Le pain, qui devient le Corps du Christ | Assiette plate, assortie au calice | Sur le corporal, posée avec le calice |
| Le ciboire | Les hosties consacrées, conservées | Coupe fermée d'un couvercle | Au tabernacle, entre les messes |
| Les burettes | Le vin et l'eau, avant la consécration | Deux petites cruches sur un plateau | À la crédence, apportées à l'offertoire |
La différence entre un calice et un ciboire tient donc à deux choses : le contenu et le couvercle. L'Église catholique en France définit le ciboire comme un « vase sacré, en général fermé d'un couvercle, où l'on conserve les hosties consacrées pour la communion des fidèles ». Le mot « conserve » fait toute la différence : le calice sert pendant la messe et se vide avant la fin, le ciboire garde ce qu'il contient et rejoint le tabernacle. C'est aussi pour cela que le ciboire a un couvercle et que le calice n'en a pas : on ne conserve rien dans un calice.
Un article consacré au ciboire seul viendra compléter celui-ci. En attendant, retenez la règle du couvercle : s'il y a un couvercle, c'est un ciboire.
En quelle matière un calice doit-il être fait ?
C'est ici que le Missel romain devient le plus précis, et les quatre règles qui suivent sont celles que tout fabricant d'orfèvrerie liturgique doit respecter.
Règle 1 : du métal noble, doré à l'intérieur si besoin
Les vases sacrés seront en métal noble. Et le Missel prévoit le cas du métal ordinaire : s'ils sont faits d'un métal susceptible de rouiller, ou simplement moins noble que l'or, ils seront normalement dorés à l'intérieur. C'est la raison de ce fond doré que l'on aperçoit quand le prêtre incline la coupe, et le diocèse de Paris en donne le motif en clair : honorer le Corps et le Sang du Christ présents après la consécration.
Règle 2 : la coupe ne doit pas être poreuse
C'est la règle la plus importante et la moins connue. « Les calices et les autres vases destinés à recevoir le Sang du Seigneur auront leur coupe en une matière non poreuse. » Un matériau poreux absorberait, et ce qui est absorbé ne peut être ni consommé ni purifié. Voilà pourquoi une coupe en terre non émaillée ou en bois brut est exclue, quelle que soit sa beauté. Pour le pied, en revanche, le Missel admet d'autres matières, pourvu qu'elles soient solides et dignes. La règle est donc plus stricte en haut qu'en bas, et c'est logique : le haut touche le contenu.
Règle 3 : le bois et les autres matières, mais pas sur simple décision locale
Le Missel ouvre une porte, et il la garde. D'autres matières solides sont possibles, « comme l'ébène ou d'autres bois durs », à deux conditions qui ne sont pas des détails : que la Conférence des évêques les juge nobles dans sa région, et que le Siège apostolique ait confirmé ses actes. Autrement dit, ce n'est ni le fabricant ni la paroisse qui tranche. Et même dans ce cas, le texte demande de donner toujours la préférence aux matières qui ne se brisent ni ne s'altèrent facilement.
Règle 4 : la forme est libre, à une condition
Sur l'allure de l'objet, le Missel est ouvert : l'artiste peut choisir la forme qui correspond aux habitudes de chaque région, pourvu que le vase soit adapté à son usage liturgique. Mais il ajoute une clause qui explique beaucoup de choses : il faut « qu'on le distingue clairement des vases à usage quotidien ». Un calice ne doit pas pouvoir être pris pour un verre à pied. C'est une exigence de forme, et c'est aussi ce qui a dessiné la silhouette que nous reconnaissons tous.
La consécration du calice : une bénédiction, donnée par le prêtre
Un calice neuf, sorti de l'atelier, n'est encore qu'un objet. « Calice et patène deviennent des vases sacrés par la bénédiction qui leur est donnée par le prêtre, autant que possible au cours d'une messe », écrit le lexique liturgique de la Conférence des évêques, qui ajoute cette formule très belle : ils sont consacrés par le Corps et le Sang du Christ. Le Missel romain, de son côté, renvoie simplement aux rites prescrits par les livres liturgiques pour cette bénédiction.
Deux conséquences pratiques, et elles répondent à beaucoup de questions reçues. La première : il n'est pas nécessaire d'être évêque pour bénir un calice, un prêtre le fait. La seconde, et c'est la plus lourde : à partir de là, le calice « doit n'être affecté qu'à un usage liturgique ». Il ne redevient pas une coupe, ni un objet de décoration, ni un verre de table. C'est exactement la logique qui vaut, à une toute autre échelle, pour un objet de dévotion personnel que l'on fait bénir avant de le porter : la bénédiction ne change pas la matière, elle change l'usage auquel on s'engage.
La purification du calice, et pourquoi elle est si minutieuse
Après la communion, le calice ne part pas à la plonge. Le vin consacré qui pourrait rester est consommé aussitôt à l'autel par le prêtre lui-même, et cette consigne est répétée deux fois dans le Missel. Puis vient la purification, dont le détail vaut d'être lu, parce qu'il montre le soin exigé :
- Qui : le prêtre, le diacre ou l'acolyte institué. Personne d'autre.
- Où : autant que possible à la crédence, plutôt qu'à l'autel.
- Avec quoi : de l'eau, ou bien de l'eau et du vin. Et l'ablution est consommée par celui qui purifie, elle n'est pas jetée.
- Quand : après la communion, ou aussitôt après la messe une fois le peuple renvoyé, les vases étant alors laissés couverts sur le corporal.
- Avec quel linge : le purificatoire, qui essuie la coupe, et qui essuie aussi le bord du calice entre deux communiants.
Le Missel va plus loin encore et prévoit l'accident. Si du vin consacré se répandait, on laverait l'endroit avec de l'eau, et cette eau serait ensuite jetée dans la piscine de la sacristie. Cette piscine, aussi appelée sacrarium, est un petit évier qui ne rejoint pas les eaux usées mais s'écoule en pleine terre, et le Missel demande d'en maintenir la coutume. C'est par elle que passe aussi l'eau d'ablution des linges sacrés. Voilà le genre de dispositif que l'on ne voit jamais en entrant dans une église, comme tant de choses que l'on traverse sans les lire, à commencer par ce que racontent les vitraux.
Prix, achat, revente : ce qu'il faut savoir avant de chercher un calice
Beaucoup de gens arrivent sur ce mot avec une intention d'achat, et nous n'allons pas faire semblant de l'ignorer. Nous ne vendons pas de calice et nous n'en vendrons pas : nous fabriquons des bijoux, c'est un autre métier et un autre savoir-faire. Nous ne pouvons donc pas vous donner de prix mesuré, et nous n'allons pas inventer une fourchette pour faire joli. Trois repères honnêtes, en revanche :
- Un calice est vendu par des orfèvres et des maisons spécialisées en mobilier liturgique, pas par des bijoutiers. L'écart de prix vient de la matière (métal argenté, argent massif, vermeil, dorure intérieure) et du travail, exactement comme en bijouterie.
- Un calice se vend le plus souvent en ensemble avec sa patène, parce que les deux sont assortis et conçus ensemble. C'est pour cela que vous voyez partout la recherche « calice et patène ».
- Un calice ancien n'est pas un objet de brocante comme un autre. Dès lors qu'il a reçu la bénédiction, la règle est qu'il ne soit affecté qu'à un usage liturgique. Le marché de l'ancien existe, mais acheter un calice pour en faire un vase ou un objet de vitrine n'est pas un usage que l'Église reconnaît.
Si vous cherchez un cadeau pour une ordination, une profession de foi ou une première communion, le calice n'est de toute façon pas le bon objet : c'est un vase de célébration, pas un présent personnel.
L'histoire du calice, d'une coupe de table à l'orfèvrerie
Au commencement, une coupe, et le mot « coupe »
Le point de départ est un repas. Dans l'Évangile selon saint Matthieu, Jésus « ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : “Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés.” » Et c'est bien le mot « coupe », pas le mot « calice ».
Nous avons vérifié ce point sur les quatre récits de l'institution dans la traduction liturgique officielle, sur aelf.org : Matthieu chapitre 26, Marc chapitre 14, Luc chapitre 22 et la première lettre aux Corinthiens chapitre 11. Aucun des quatre n'emploie le mot « calice », tous les quatre disent « la coupe ». Le mot « calice » nous vient du latin du Missel romain, où la formule de la consécration dit Hic est enim calix sanguinis mei, que le diocèse de Paris traduit par « Ceci est le calice de mon sang qui est offert pour nous en rémission des péchés », sur l'inscription d'un calice du XIXe siècle de son patrimoine. Le français liturgique a gardé « coupe » pour le texte et « calice » pour l'objet.
Des formes qui changent, et un calice de 1793
L'objet, lui, a bougé. Le diocèse de Paris, qui a exposé son orfèvrerie, décrit ce mouvement en deux temps : les calices les plus anciens de son exposition sont de forme dite « tulipe », le plus ancien du XVIIIe siècle et de dessin très simple, accompagné de sa patène. Puis vient un changement de formes, avec des calices plus évasés, en forme de coupes, dont un en argent martelé et un signé Puiforcat. Le XIXe siècle donne des pièces chargées d'inscriptions latines et d'émaux. Et pour l'église Saint-François-de-Molitor, c'est l'architecte lui-même qui a dessiné le calice et la patène dans le style de l'édifice.
Parmi ces pièces, une seule est historique au sens strict, et elle vaut la mention : un calice du XVIIIe siècle a servi pour la dernière messe à laquelle a assisté Louis XVI, et il est conservé à l'église Notre-Dame des Victoires, à Paris. Un objet de culte ordinaire, devenu témoin.
Que signifie le calice ?
La question revient souvent, et elle mérite mieux qu'une réponse vague. Dans l'Écriture, la coupe porte deux sens, et le calice de la messe les tient tous les deux ensemble.
Le premier est l'Alliance. À la Cène, la coupe est donnée avec ces mots : « ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés ». Le calice est donc, d'abord, le signe d'une alliance scellée dans le sang, et c'est ce que la messe refait présent.
Le second est la Passion. Quelques heures plus tard, au jardin de Gethsémani, c'est encore une coupe que Jésus nomme, et pour demander d'en être dispensé : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! » La même image dit le don et dit l'épreuve. C'est pourquoi « boire le calice » veut dire, en français, accepter une souffrance jusqu'au bout : l'expression vient de là.
Un mot, enfin, sur le Graal, puisque la recherche y mène toujours. La coupe de la Cène devenue objet de quête est une création de la littérature médiévale, pas une donnée liturgique, et aucun texte d'Église ne la traite comme un fait. Le calice de la messe n'est pas une relique à retrouver, c'est un vase à utiliser, et il y en a un dans chaque sacristie de France. Si la lecture des signes chrétiens vous intéresse pour elle-même, nous avons rassemblé ailleurs les principaux symboles chrétiens et leur signification.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un calice et un ciboire ?
Le contenu, et le couvercle. Le calice reçoit le vin qui devient le Sang du Christ pendant la messe, et il se vide avant la fin de la célébration. Le ciboire est un vase sacré, en général fermé d'un couvercle, où l'on conserve les hosties consacrées pour la communion des fidèles, et il rejoint le tabernacle entre les messes. C'est parce qu'il conserve que le ciboire a un couvercle, et parce qu'il ne conserve rien que le calice n'en a pas. Les deux sont des vases sacrés et relèvent des mêmes règles de matière.
Quel est l'autre nom du calice ?
C'est la coupe, et ce n'est pas un synonyme approximatif : c'est le mot même de la Bible. Les quatre récits de la Cène dans la traduction liturgique officielle disent tous « la coupe », jamais « le calice ». Le mot « calice » vient du latin calix, qui désignait une coupe à boire, comme le grec kulix. Dans le vocabulaire liturgique, le calice est par ailleurs rangé dans la catégorie des vases sacrés, avec la patène, le ciboire, la custode et l'ostensoir.
Quelle est la signification du calice ?
Elle est double. Le calice signifie d'abord l'Alliance, parce que la coupe de la Cène est donnée avec ces mots : « ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés ». Il signifie ensuite la Passion, parce qu'à Gethsémani c'est encore une coupe que Jésus demande à voir passer loin de lui. De là vient l'expression française « boire le calice », qui veut dire accepter une épreuve jusqu'au bout. L'objet lui-même n'est pas vénéré : ce qu'il contient l'est.
C'est quoi le calice chez la femme ?
Cette question ne porte pas sur l'objet liturgique, et nous préférons le dire que broder. Le mot « calice » a plusieurs emplois en français qui n'ont aucun rapport avec la messe : en botanique, il désigne l'enveloppe extérieure de la fleur, formée par les sépales ; en anatomie, on parle des calices du rein. Nous ne savons pas précisément ce que cherche cette formulation, et nous ne l'inventerons pas. Du côté liturgique, la réponse est simple : le calice n'a aucune signification liée au sexe de la personne, c'est un vase. Ce que le Missel romain encadre, ce n'est pas qui regarde le calice, mais qui le purifie : le prêtre, le diacre ou l'acolyte institué.
En quelle matière un calice doit-il être fait ?
En métal noble, et doré à l'intérieur si le métal est susceptible de rouiller ou moins noble que l'or. La coupe doit impérativement être en une matière non poreuse, tandis que le pied admet d'autres matières solides et dignes. D'autres matériaux, comme l'ébène ou d'autres bois durs, sont possibles, mais seulement si la Conférence des évêques de la région les juge nobles et si le Siège apostolique a confirmé ses actes. La forme, elle, est laissée à l'artiste, à condition que le vase se distingue clairement des vases à usage quotidien.
Qui peut toucher le calice ?
Pendant la messe, le calice est manipulé par le prêtre et le diacre, et il est présenté aux communiants par le ministre de la communion lorsqu'elle se fait sous les deux espèces : le communiant prend alors lui-même le calice de ses mains. Pour la purification, le Missel romain nomme trois personnes et trois seulement : le prêtre, le diacre, l'acolyte institué. En dehors de la célébration, le calice est rangé en sacristie, où il reste un objet réservé au culte.
Un vase qui n'existe que pour ce qu'il contient
Deux idées à emporter, et ce sont celles par lesquelles nous avons commencé. La première : le calice est un contenant, et tout ce qui l'entoure découle de son contenu, de la coupe non poreuse à l'eau d'ablution qui s'écoule en pleine terre. La seconde : sa différence avec le ciboire ne se joue pas sur la forme mais sur un couvercle, parce que l'un sert et se vide, et que l'autre conserve.
Il reste, pour finir, cette phrase du lexique liturgique de la Conférence des évêques, qui dit en huit mots ce qu'un long article explique : calice et patène « sont consacrés par le corps et le sang du Christ ». L'objet le plus précieux de l'église tient sa valeur de ce qu'on y verse.
Nous ne vendons pas de calice et nous ne vous en proposerons pas : notre métier est le bijou. Si vous êtes venu pour l'objet liturgique, nous espérons avoir répondu, et c'était le seul but. Et si vous cherchez par ailleurs un signe chrétien à porter ou à offrir, découvrez nos colliers croix, nos médailles de saints et l'ensemble de nos bijoux croix, en acier inoxydable ou en argent 925, livrés dans leur écrin.
Sources
- Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, « Présentation générale du Missel romain » : les vases sacrés aux nn. 327 à 334 (métal noble et dorure intérieure, coupe non poreuse, matières admises par la Conférence des évêques, forme distincte des vases d'usage quotidien, bénédiction, piscine de sacristie) ; les gestes du calice aux nn. 73, 118, 141 et 142, 150 et 151, 285 et 286 ; la purification aux nn. 163, 279 et 280 ; le vin aux nn. 322 et 323 ; le cas de l'eau versée par erreur au n. 324.
- Liturgie et Sacrements, lexique, entrée « Calice », d'après le Dictionnaire de Liturgie de Dom Robert Le Gall : l'étymologie (« Le kulix grec et le calix latin sont des vases à boire, des coupes »), la définition du vase sacré, la matière précieuse ou noble, l'affectation au seul usage liturgique, et la bénédiction donnée par le prêtre, « autant que possible au cours d'une messe ».
- Église catholique en France, glossaire, « Ciboire » : « Vase sacré, en général fermé d'un couvercle, où l'on conserve les hosties consacrées pour la communion des fidèles. »
- Diocèse de Paris, « Les objets liturgiques de la messe » : la description de l'objet (« un vase en forme de coupe, habituellement porté par un pied, avec une tige comportant un nœud »), le motif de la dorure intérieure, la patène, le ciboire et les burettes, les formes « tulipe » du XVIIIe siècle puis les coupes évasées, le calice signé Puiforcat, l'inscription latine traduite d'un calice du XIXe siècle, et le calice de la dernière messe à laquelle a assisté Louis XVI, conservé à Notre-Dame des Victoires.
- AELF, Évangile selon saint Matthieu, chapitre 26 : la coupe de la Cène, « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés » (versets 27 et 28), et la coupe de Gethsémani, « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! » (verset 39).
Nos sources
- Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, « Présentation générale du Missel romain » : les vases sacrés aux nn. 327 à 334 (métal noble, coupe non poreuse, bénédiction, piscine de sacristie), les gestes du calice à la messe aux nn. 73, 118, 141 à 142, 150 à 151 et 285 à 286, la purification aux nn. 163, 279 et 280, le cas du vin remplacé par de l'eau au n. 324 (nouvelle fenêtre) Magistère, Congrégation romaine
- Liturgie et Sacrements (SNPLS, Conférence des évêques de France), lexique, entrée « Calice » d'après le Dictionnaire de Liturgie de Dom Robert Le Gall : l'étymologie (le kulix grec et le calix latin sont des coupes), la définition du vase sacré qui reçoit le vin, la matière précieuse ou noble, l'affectation au seul usage liturgique, et la bénédiction donnée par le prêtre (nouvelle fenêtre) Église officielle, service national de liturgie
- Église catholique en France, glossaire, entrée « Ciboire » : « Vase sacré, en général fermé d'un couvercle, où l'on conserve les hosties consacrées pour la communion des fidèles » (nouvelle fenêtre) source d'Église
- Diocèse de Paris, « Les objets liturgiques de la messe » : la description de l'objet (coupe portée par un pied, tige à nœud), la patène et le ciboire, les burettes, les formes dites tulipe du XVIIIe siècle puis les coupes évasées du XXe, et le calice de la dernière messe à laquelle a assisté Louis XVI, conservé à Notre-Dame des Victoires (nouvelle fenêtre) Église officielle, diocèse
- AELF, Évangile selon saint Matthieu, chapitre 26 : la coupe donnée aux Douze à la Cène, « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance » (versets 27 et 28), et la coupe de Gethsémani, « que cette coupe passe loin de moi » (verset 39) (nouvelle fenêtre) Écriture sainte, traduction liturgique
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