Sainte Catherine Labouré : la voyante de la rue du Bac

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Sainte Catherine Labouré : la voyante de la rue du Bac
Sommaire
  1. Une fille de ferme bourguignonne
  2. Les apparitions de 1830
  3. Quarante-six ans de silence
  4. Sa canonisation
  5. La chapelle de la rue du Bac aujourd'hui
  6. Ce que sa vie dit
  7. Porter sa médaille

En bref

  • Catherine Labouré (1806-1876) est la religieuse à qui la Vierge est apparue rue du Bac, à Paris, en 1830.
  • C'est de ces apparitions qu'est née la Médaille Miraculeuse, frappée à partir de 1832.
  • Elle a gardé le secret de son identité pendant 46 ans : seul son confesseur savait. Sa communauté ne l'a appris qu'à sa mort.
  • Elle a passé sa vie à soigner des vieillards à l'hospice d'Enghien, sans aucune fonction en vue.
  • Canonisée en 1947, elle est fêtée le 28 novembre.

Des millions de personnes portent la Médaille Miraculeuse. Très peu savent que la religieuse qui l'a reçue a passé quarante-six ans à ne rien en dire, dans un hospice de banlieue parisienne.

Catherine Labouré est le contraire d'une figure spectaculaire, et c'est ce qui rend son histoire intéressante.

Une fille de ferme bourguignonne

Zoé Labouré naît le 2 mai 1806 à Fain-lès-Moutiers, en Côte-d'Or, huitième d'une famille de dix enfants qui atteindront l'âge adulte.

Sa mère meurt quand elle a neuf ans. La tradition familiale rapporte qu'elle serait allée embrasser une statue de la Vierge en disant qu'elle serait désormais sa mère. À douze ans, elle tient la maison et la ferme avec sa sœur.

Elle ne sait pratiquement pas lire. Son père s'oppose longtemps à sa vocation et l'envoie travailler à Paris, chez son frère, pour l'en détourner. Elle entre finalement chez les Filles de la Charité en 1830, à vingt-quatre ans.

Les apparitions de 1830

Elles ont lieu au noviciat, 140 rue du Bac, à Paris, quelques mois après son entrée.

Dans la nuit du 18 au 19 juillet 1830, elle est réveillée et conduite à la chapelle, où elle dit s'être entretenue longuement avec la Vierge, agenouillée près d'elle.

Le 27 novembre 1830, la seconde apparition donne l'image que l'on connaît : la Vierge debout sur un globe, les mains ouvertes d'où jaillissent des rayons, entourée d'une inscription en ovale, « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Le tableau se retourne et montre un M surmonté d'une croix, avec deux cœurs en dessous.

La demande est explicite : faire frapper une médaille sur ce modèle.

L'histoire de la médaille elle-même, ses symboles et sa diffusion, est détaillée dans notre article sur la Médaille Miraculeuse.

Quarante-six ans de silence

C'est le trait le plus frappant de sa vie, et le moins raconté.

Catherine transmet le message à son confesseur, le père Aladel, et s'en tient là. Elle refuse de rencontrer l'archevêque, refuse de se faire connaître, refuse toute publicité. Pendant que la médaille se répand par millions dans toute l'Europe, personne dans sa communauté ne sait que la voyante vit parmi elles.

Elle est affectée à l'hospice d'Enghien, à Reuilly, où elle s'occupe de vieillards pendant quarante ans : la basse-cour, la lingerie, le service des repas, les soins. Aucune charge, aucune responsabilité notable.

Elle ne parle qu'en 1876, quelques mois avant sa mort, à sa supérieure, parce qu'il devenait nécessaire de faire réaliser la statue demandée par la Vierge. Elle meurt le 31 décembre 1876.

Sa canonisation

Son corps est exhumé en 1933, lors du procès de béatification. Il est retrouvé dans un état de conservation remarquable, constaté par les médecins présents.

Elle est béatifiée la même année, puis canonisée par Pie XII le 27 juillet 1947. Son corps repose aujourd'hui dans la chapelle de la rue du Bac, sous l'autel latéral, visible des visiteurs.

Sa fête est fixée au 28 novembre, au lendemain de l'anniversaire de l'apparition principale.

La chapelle de la rue du Bac aujourd'hui

Elle est ouverte tous les jours et reste, selon l'Église en France, l'un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés de Paris, dans une rue passante du septième arrondissement où rien ne signale l'affluence depuis le trottoir.

On y trouve la chaise sur laquelle la Vierge se serait assise en juillet 1830, le corps de Catherine Labouré, et celui de sainte Louise de Marillac, cofondatrice des Filles de la Charité.

D'autres lieux du même ordre en France sont recensés dans notre article sur les lieux de pèlerinage chrétien.

Ce que sa vie dit

Elle tient en une phrase : elle a reçu un message d'une portée mondiale, et elle a continué à faire la soupe.

C'est précisément ce que l'Église a retenu en la canonisant. Pas le caractère extraordinaire des apparitions, mais l'obéissance ordinaire d'une religieuse qui n'a jamais tiré le moindre avantage de ce qu'elle avait vu.

Porter sa médaille

La Médaille Miraculeuse se porte depuis près de deux siècles, souvent reçue au baptême ou à une communion, et souvent transmise.

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Questions fréquentes

Qui était sainte Catherine Labouré ?
Une Fille de la Charité née en 1806 en Côte-d'Or, à qui la Vierge est apparue rue du Bac à Paris en 1830. C'est de ces apparitions qu'est née la Médaille Miraculeuse.
Pourquoi a-t-elle gardé le secret ?
Par refus de toute publicité. Seul son confesseur savait. Elle a passé quarante ans à l'hospice d'Enghien à soigner des vieillards, et n'a parlé qu'en 1876, quelques mois avant sa mort.
Quand est-elle fêtée ?
Le 28 novembre, au lendemain de l'anniversaire de l'apparition du 27 novembre 1830.
Où est son corps ?
Dans la chapelle du 140 rue du Bac, à Paris, sous un autel latéral, visible des visiteurs.

La Médaille Miraculeuse, pour qui

Elle est née d'une apparition de 1830 et se porte depuis près de deux siècles, souvent reçue, souvent transmise.

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La Médaille Miraculeuse

Frappée à partir de 1832 sur le modèle de l'apparition du 27 novembre 1830 : la Vierge debout sur un globe, les mains ouvertes d'où jaillissent des rayons, l'inscription en ovale, et au revers le M surmonté d'une croix avec deux cœurs. C'est la plus répandue des médailles mariales, et elle se porte partout sans marquer un lieu précis.

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Le cadeau de baptême le plus reçu

La Médaille Miraculeuse est souvent donnée au baptême ou à une communion, puis transmise à la génération suivante. C'est un objet qui circule dans une famille plutôt qu'il ne s'use, et c'est ce qui en fait un cadeau dont on se souvient.

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Une pièce qui rappelle le lieu

La chapelle du 140 rue du Bac est ouverte tous les jours, dans une rue passante du septième arrondissement où rien ne signale l'affluence depuis le trottoir. Le corps de Catherine Labouré y repose sous l'autel latéral. Ce qu'on en rapporte tient mieux dans un objet porté que dans un souvenir de boutique.

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