Sacrement de confirmation : ce qu'il donne vraiment

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sacrement de confirmation
Sommaire
  1. Sacrement de confirmation : la définition, et le contresens du mot
  2. Pourquoi fait-on la confirmation : ce qu'elle produit
  3. Comment se passe la confirmation catholique, geste par geste
  4. Qui donne le sacrement de confirmation
  5. Confirmation catholique : l'âge, et pourquoi il change d'un diocèse à l'autre
  6. Le parrain ou la marraine de confirmation
  7. Le « nom de confirmation » : ce qu'aucun texte français ne prescrit
  8. La confirmation des adultes
  9. La lettre à l'évêque : que mettre dedans
  10. Porter un signe de l'Esprit Saint après le jour de la confirmation
  11. Questions fréquentes
  12. Recevoir, puis porter

Pourquoi appelle-t-on « confirmation » un sacrement que l'on ne se donne pas soi-même ? À quel âge se confirme-t-on vraiment, puisque chaque paroisse semble répondre autre chose ? Et faut-il un parrain, comme au baptême, ou est-ce facultatif ? Trois questions simples, et la première est celle qui fait le plus de dégâts, parce que le mot lui-même pousse à l'erreur.

Voici la réponse courte : la confirmation n'est pas la ratification de votre baptême par vous-même, c'est l'achèvement de la grâce de ce baptême par Dieu. Le Service national de la pastorale liturgique l'écrit sans détour : « On ne confirme pas soi-même son baptême : c'est l'engagement et le don de Dieu qui confirme et approfondit la grâce reçue au baptême ». Ce n'est donc ni un examen de passage, ni un diplôme de fin de catéchisme, ni une majorité religieuse. Nous vous donnons ici le rite geste par geste, la formule exacte prononcée par l'évêque et les deux traductions françaises qui circulent, l'âge tel qu'il se pratique réellement en France plutôt qu'un chiffre inventé, les conditions canoniques du parrain, et une question que personne ne traite honnêtement : ce que les textes de l'Église disent, ou plutôt ne disent pas, du fameux « nom de confirmation ».

En bref

  • Troisième des sacrements de l'initiation chrétienne, avec le baptême et l'eucharistie. Le Catéchisme précise que sa réception « est nécessaire à l'accomplissement de la grâce baptismale » (n. 1285).
  • Il ne se reçoit qu'une seule fois dans la vie, comme le baptême et l'ordre, parce qu'il imprime dans l'âme un caractère indélébile (nn. 1304 et 1317).
  • Le rite essentiel tient en trois éléments : l'onction du saint chrême sur le front, l'imposition de la main, et les paroles « Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu ».
  • L'évêque en est le ministre, mais il n'est pas le seul : un prêtre peut recevoir cette faculté par le droit ou par concession, et tout prêtre peut confirmer une personne en danger de mort.
  • Il n'existe aucun âge universel. Le canon 891 dit « aux alentours de l'âge de raison » et renvoie à la conférence des évêques ; en France, la pratique va de 12 à 18 ans selon les diocèses, et les adultes y ont toute leur place.

Sacrement de confirmation : la définition, et le contresens du mot

Commençons par ce qui bloque, parce que tout le reste en découle. Le mot « confirmation » est trompeur en français : il suggère un geste du confirmand, comme on confirme un rendez-vous ou une inscription. Beaucoup de familles arrivent à la préparation en pensant que l'adolescent va « confirmer son baptême », c'est-à-dire reprendre à son compte un choix fait pour lui quand il était bébé. L'idée est touchante, et elle est fausse.

Ce que le mot veut vraiment dire

Le mot vient du latin confirmare, que le Service national de la pastorale liturgique traduit par « encourager, consolider, affermir ». Le sujet du verbe n'est pas le confirmand, c'est Dieu. La même page est explicite : le sacrement n'est pas une case à cocher dans un parcours, il est « vital pour que Dieu achève ce qu'il a commencé au baptême ». Le Catéchisme, de son côté, reconnaît honnêtement l'ambiguïté du nom occidental : il note au numéro 1289 que « en Occident le nom de Confirmation suggère que ce sacrement à la fois confirme le baptême et affermit la grâce baptismale ». C'est donc le sacrement qui confirme le baptême, pas le baptisé.

Pourquoi ce n'est pas un examen de passage

Le Catéchisme va plus loin et coupe net l'autre malentendu, celui de la « maturité chrétienne ». Son numéro 1308 avertit qu'il ne faudrait pas « confondre l'âge adulte de la foi avec l'âge adulte de la croissance naturelle », et il ajoute la phrase décisive : la grâce du baptême « est une grâce d'élection gratuite et imméritée qui n'a pas besoin d'une ratification pour devenir effective ». Autrement dit, un baptisé qui n'est pas encore confirmé n'est pas un chrétien en sursis, et un confirmand n'a rien à prouver. La Conférence des évêques de France enfonce le clou en une ligne qui mérite d'être lue par tous les parents inquiets : la confirmation « n'est pas réservée à une élite ou aux plus forts, aux plus engagés, aux plus saints ou aux plus intelligents ».

La définition en une phrase

Si vous devez retenir une seule formule, prenez le résumé du Catéchisme au numéro 1316 : « La Confirmation parfait la grâce baptismale ; elle est le sacrement qui donne l'Esprit Saint pour nous enraciner plus profondément dans la filiation divine, nous incorporer plus fermement au Christ, rendre plus solide notre lien avec l'Église, nous associer davantage à sa mission et nous aider à rendre témoignage de la foi chrétienne par la parole accompagnée des œuvres. » Tout y est : la croissance, l'incorporation, la mission. Rien sur un mérite personnel. Pour situer ce sacrement parmi les six autres, notre guide des 7 sacrements de l'Église catholique en donne la carte complète.

Pourquoi fait-on la confirmation : ce qu'elle produit

Un sacrement n'est pas un symbole, il agit. Le Catéchisme énumère cinq effets au numéro 1303, et ils sont précis.

Les cinq effets, un par un

La confirmation « nous enracine plus profondément dans la filiation divine qui nous fait dire Abba, Père » ; elle « nous unit plus fermement au Christ » ; elle « augmente en nous les dons de l'Esprit Saint » ; elle « rend notre lien avec l'Église plus parfait » ; et elle « nous accorde une force spéciale de l'Esprit Saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l'action en vrais témoins du Christ, pour confesser vaillamment le nom du Christ et pour ne jamais éprouver de la honte à l'égard de la croix ». Remarquez que les quatre premiers effets sont intérieurs et que le cinquième est tourné vers l'extérieur. C'est exactement la logique que le Service national résume en deux mots, « un sacrement de croissance au plus profond de soi-même, et de force pour aller au-delà de soi-même ».

Le caractère, et pourquoi on ne se confirme qu'une fois

« Comme le Baptême dont elle est l'achèvement, la Confirmation est donnée une seule fois », dit le numéro 1304. La raison est technique mais limpide : le sacrement « imprime dans l'âme une marque spirituelle indélébile », ce que la théologie appelle le caractère. Trois sacrements seulement font cela, le baptême, la confirmation et l'ordre, et c'est pourquoi aucun des trois ne se répète. Si vous ne vous souvenez pas d'avoir été confirmé, la réponse n'est donc pas de le refaire, c'est de vérifier. Le canon 895 prévoit précisément cela : les noms des confirmés sont inscrits dans un registre, à la curie diocésaine ou aux archives paroissiales, et le curé doit informer celui du lieu du baptême pour que la mention soit portée au registre des baptisés.

Le sacrement de l'Esprit Saint, et les sept dons

La confirmation est le sacrement par lequel l'Esprit Saint est donné en plénitude, et c'est à ce titre qu'on lui associe les sept dons : la sagesse, l'intelligence, le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu, selon le Catéchisme au numéro 1831. La prière que l'évêque prononce pendant la célébration les reprend un à un, avec une nuance de vocabulaire qui vaut d'être signalée : le rituel français y parle d'« affection filiale » là où le Catéchisme écrit « piété », et il s'agit bien du même don. Nous ne refaisons pas ici le dossier de ces sept dons, parce que nous l'avons déjà traité à fond ailleurs : notre article sur le rôle de l'Esprit Saint dans la vie chrétienne les détaille un par un avec leurs fruits, et celui sur la Pentecôte explique, tableau en main, pourquoi la tradition en compte sept quand le verset d'Isaïe 11, 2 n'en nomme que six dans la traduction liturgique. Si vous préparez un enfant et qu'il ouvre sa Bible, c'est cette page qu'il vous faudra.

Comment se passe la confirmation catholique, geste par geste

Beaucoup de familles cherchent à savoir, très concrètement, ce qui va se passer. Voici le déroulé du rite romain, dans l'ordre, tel que le Catéchisme le décrit aux numéros 1297 à 1301.

Avant tout, le saint chrême du Jeudi saint

Un moment important précède la célébration et, dit le Catéchisme, « d'une certaine façon en fait partie » : la consécration du saint chrême. C'est l'évêque qui, le Jeudi saint, au cours de la Messe chrismale, consacre cette huile parfumée pour tout son diocèse. L'huile qui marquera le front du confirmand au mois de juin a donc été bénie par l'évêque lui-même, des semaines plus tôt, dans sa cathédrale. Le canon 880 § 2 ajoute une précision qui a son importance : le chrême doit être béni par l'évêque « même si c'est un prêtre qui administre le sacrement ». C'est la même huile que celle du baptême, ce qui dit matériellement le lien entre les deux sacrements.

Le renouvellement des promesses du baptême

Quand la confirmation est célébrée séparément du baptême, comme c'est le cas en Occident, la liturgie commence par le renouvellement des promesses baptismales et par la profession de foi des confirmands. Le Catéchisme explique pourquoi au numéro 1298 : « Ainsi il apparaît clairement que la Confirmation se situe dans la suite du Baptême. » Ce n'est pas un engagement nouveau que l'on prendrait à la place de ses parrains d'autrefois, c'est la reprise à voix haute de promesses déjà faites en son nom. La nuance est fine, et elle explique à elle seule l'origine de la confusion sur le mot.

L'extension des mains, puis l'imposition de la main

Voici le point que presque personne ne distingue, et pourtant il y a deux gestes de mains, pas un. D'abord, l'évêque étend les mains sur l'ensemble des confirmands, geste qui « depuis le temps des apôtres est le signe du don de l'Esprit », et il invoque l'effusion de l'Esprit par une prière qui énumère les dons. Ensuite, et séparément, vient le rite essentiel : l'onction, faite « en imposant la main », au singulier, sur chaque confirmand. Le premier geste est collectif et préparatoire, le second est individuel et constitutif. La Conférence des évêques de France rappelle que l'imposition des mains est « un geste d'appartenance mais également un geste de transmission », et renvoie aux apôtres qui imposaient les mains pour transmettre l'Esprit en Actes 8, 17 et 19, 6.

L'onction du saint chrême sur le front, et la formule exacte

C'est le cœur du sacrement. L'évêque trace une croix sur le front du confirmand avec le saint chrême, en imposant la main, et prononce ces mots : « Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu. » Le Catéchisme donne le latin et cette traduction en même temps au numéro 1300, en citant la constitution apostolique Divinæ consortium naturæ de Paul VI : « le sacrement de Confirmation est conféré par l'onction du saint chrême sur le front, faite en imposant la main, et par ces paroles : Accipe signaculum doni Spiritus Sancti ». Le canon 880 § 1 dit la même chose en termes de droit, en renvoyant aux « paroles prescrites dans les livres liturgiques approuvés ».

Un détail qui peut vous troubler si vous comparez les textes, et qui n'est pas une erreur : le même Catéchisme rend ce latin de deux façons différentes selon l'endroit. Au numéro 1300, dans le corps de l'article, il écrit « Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu ». Au numéro 1320, dans son résumé, il écrit « Reçois la marque du don de l'Esprit Saint ». La seconde est une traduction littérale du latin, la première est la formule du rituel français, celle que vous entendrez réellement dans une église de France et que la Conférence des évêques met en exergue sur sa page consacrée aux gestes du sacrement. Si quelqu'un vous présente l'une des deux comme la seule bonne, il se trompe.

Le baiser de paix

Le rite se termine par le baiser de paix, et le Catéchisme en donne le sens au numéro 1301 : il « signifie et manifeste la communion ecclésiale avec l'évêque et avec tous les fidèles ». Dans la pratique française contemporaine, c'est souvent une poignée de main ou une accolade de l'évêque au nouveau confirmé. La célébration a normalement lieu au cours de la messe, le Catéchisme notant au numéro 1321 que cela « contribue à souligner l'unité des sacrements de l'initiation chrétienne ». Le canon 881 le dit en termes de droit : il convient de célébrer la confirmation dans une église et au cours de la messe, mais pour une cause juste elle peut avoir lieu ailleurs et en dehors de la messe.

Qui donne le sacrement de confirmation

C'est l'évêque, et la réponse courte s'arrête rarement là dans la vraie vie, parce que les cas particuliers sont nombreux et qu'ils sont tous prévus. Le Catéchisme emploie deux expressions au numéro 1312 et au numéro 1313 : l'évêque est le ministre « originaire » du sacrement, et dans le rite latin il en est le ministre « ordinaire ». Le canon 882 retient le second mot et précise aussitôt que le prêtre muni de la faculté « confère lui aussi validement ce sacrement ». Un prêtre qui confirme avec la faculté requise confirme validement, sans réserve.

Voici les cas, avec le texte qui les fonde.

Qui confirme Dans quel cas Le texte
L'évêque diocésain Le cas ordinaire. Il administre lui-même ou veille à ce qu'un autre évêque le fasse. can. 882 et can. 884 § 1
Un délégué de l'évêque Le plus souvent un vicaire général ou un vicaire épiscopal, quand l'évêque ne peut pas être présent. can. 884 § 1, et la page du Service national de la pastorale liturgique
Un prêtre doté de la faculté Par le droit universel, ou par concession particulière de l'autorité compétente. can. 882 et can. 883
Le prêtre qui baptise un adulte De plein droit, quand il baptise quelqu'un « sorti de l'enfance » ou admet à la pleine communion un baptisé d'une autre communauté chrétienne. can. 883, n. 2
Des prêtres adjoints le jour même Pour une cause grave, s'il y a un très grand nombre de personnes à confirmer, l'évêque peut s'adjoindre des prêtres qui administrent aussi le sacrement. can. 884 § 2
Le curé, et même tout prêtre Pour une personne en danger de mort, sans aucune autre condition. can. 883, n. 3

Le dernier cas mérite un mot, parce qu'il dit beaucoup de la doctrine. Le Catéchisme le commente au numéro 1314 : « l'Église veut qu'aucun de ses enfants, même tout petit, ne sorte de ce monde sans avoir été parfait par l'Esprit Saint avec le don de la plénitude du Christ ». Quand il y a urgence, toutes les règles de convenance s'effacent, y compris la règle de l'âge. En Orient, la discipline est différente et plus simple : le prêtre qui baptise confirme immédiatement, dans la même célébration, avec le myron consacré par le patriarche ou l'évêque.

Confirmation catholique : l'âge, et pourquoi il change d'un diocèse à l'autre

C'est la question la plus posée, et c'est aussi celle sur laquelle on lit le plus de chiffres faux. Aucun âge universel n'existe, et ce n'est pas une imprécision de l'Église, c'est une disposition expresse de son droit.

Ce que dit le droit

Le texte de référence est le canon 891, et il faut le lire en entier : « Le sacrement de confirmation sera conféré aux fidèles aux alentours de l'âge de raison, à moins que la conférence des Évêques n'ait fixé un autre âge, ou qu'il n'y ait danger de mort ou bien que, au jugement du ministre, une cause grave ne conseille autre chose. » Quatre portes de sortie dans une seule phrase. Le Catéchisme dit la même chose avec le vocabulaire ancien au numéro 1307 : « La coutume latine, depuis des siècles, indique l'âge de la discrétion comme point de référence. » Le canon 889 § 2 ajoute les conditions réelles, qui ne sont pas des conditions d'âge : être convenablement instruit, dûment disposé, et en état de renouveler les promesses baptismales.

Ce qui se pratique en France

La Conférence des évêques de France donne la fourchette réelle, et c'est la seule phrase à retenir si l'on vous demande un chiffre : « En France, la confirmation est habituellement donnée à partir de l'âge de l'adolescence, c'est-à-dire entre 12 et 18 ans (ou plus tôt si l'évêque en décide autrement). Pour les jeunes, l'âge de la confirmation est fixé par l'évêque ou les responsables pastoraux. » Ce n'est donc pas la famille qui choisit l'âge, et ce n'est pas non plus un usage national : c'est une décision diocésaine. Un cousin confirmé en cinquième et une nièce confirmée en terminale sont tous les deux dans la règle. La seule façon d'obtenir votre réponse est de demander à votre paroisse ou à l'aumônerie, et c'est aussi ce que recommande la page citée.

La condition qui compte vraiment, et qui n'est pas l'âge

Les textes insistent beaucoup plus sur la liberté de la demande que sur la date de naissance. La Conférence des évêques est catégorique : « On ne peut forcer personne doué de raison à recevoir le sacrement de la confirmation. » Et elle précise que des parents ou des amis, « si bien intentionnés soient-ils », ne peuvent pas forcer. Si la demande n'est pas mûre, on peut toujours différer. Le Catéchisme ajoute au numéro 1310 une condition de disposition intérieure : il faut être en état de grâce, et « il convient de recourir au sacrement de Pénitence pour être purifié en vue du don du Saint-Esprit ». Si cette démarche vous intimide, notre guide pratique sur comment se confesser en détaille le déroulement.

Le parrain ou la marraine de confirmation

Oui, il y en a un, et non, les règles ne sont pas les mêmes qu'au baptême. C'est la source de la moitié des malentendus sur le sujet.

Un seul, et non un couple comme au baptême

Le canon 892 est rédigé au singulier : « Dans la mesure du possible un parrain assistera le confirmand ; il lui revient de veiller à ce que la personne confirmée se conduise en vrai témoin du Christ et accomplisse fidèlement les obligations inhérentes au sacrement. » Pour le baptême, le canon 873 prévoit explicitement le choix : « Un seul parrain ou une seule marraine, ou bien aussi un parrain et une marraine seront admis. » Or le canon 893 § 1, qui règle le parrainage de confirmation, ne renvoie qu'aux conditions du canon 874, pas au canon 873 qui autorise le couple. La Conférence des évêques de France, dans sa page sur le choix du parrain de confirmation, parle elle aussi d'« un parrain ou une marraine », au singulier. En pratique : une seule personne, et c'est elle qui présentera le confirmand à l'évêque.

Les conditions, une par une

Elles sont celles du canon 874 § 1, le même texte que pour le baptême. Le parrain doit avoir été choisi par l'intéressé ou par ses parents, et avoir les aptitudes et l'intention de remplir la fonction. Il doit avoir seize ans accomplis, sauf autre âge fixé par l'évêque diocésain ou exception admise pour une juste cause. Il doit être catholique, confirmé lui-même, avoir déjà communié, et mener une vie cohérente avec la foi. Il ne doit être sous le coup d'aucune peine canonique. Et il ne peut être ni le père ni la mère du confirmand. Notez le troisième point : on ne peut pas être parrain si l'on n'est pas soi-même confirmé, et le canon ne prévoit aucune dispense sur ce point précis alors qu'il en prévoit une pour l'âge. Notre article faut-il être baptisé pour être parrain ou marraine traite ce cas en détail, y compris la solution habituelle quand la question se pose trop tard.

Qui choisir, et ce que l'Église conseille sans l'imposer

Le canon 893 § 2 donne une préférence, pas une obligation : « Il convient de choisir pour parrain celui qui a assumé cette fonction lors du baptême. » Le Catéchisme explique pourquoi au numéro 1311 : « pour bien marquer l'unité des deux sacrements ». Mais ce n'est qu'une convenance, et la Conférence des évêques de France reconnaît ouvertement que dans le cas de jeunes adultes, « un autre choix peut s'avérer plus pertinent ». Elle ajoute un conseil pastoral que l'on ne trouve dans aucun canon et qu'il faut donc présenter comme tel : il est normal de ne pas demander à quelqu'un avec qui l'on est engagé affectivement, « car la relation d'un parrain à son filleul est d'un tout autre ordre ». Le rôle attendu tient en trois choses : accompagner la préparation, présenter le confirmand à l'évêque le jour même, et aider ensuite le confirmé à vivre du don reçu. Il vaut donc mieux le choisir tôt, au début du parcours, et non la semaine d'avant.

Le « nom de confirmation » : ce qu'aucun texte français ne prescrit

Beaucoup de gens cherchent comment choisir un « nom de confirmation », parfois dans l'angoisse de mal faire. Voici la réponse honnête, et elle est inhabituelle.

Ni les numéros 1285 à 1321 du Catéchisme, ni les canons 879 à 896 du Code de droit canonique ne mentionnent le choix d'un nom lors de la confirmation. Nous les avons lus en entier pour l'écrire. Et une recherche restreinte aux sites de l'Église catholique en France sur l'expression « nom de confirmation » ne rend aucune page. Ce que l'on trouve en revanche en abondance, ce sont des discussions en anglais : la coutume de prendre un nom de saint au moment de la confirmation est vivante dans le monde anglophone, elle y est même attendue, et c'est de là que la question arrive jusqu'à nous par les moteurs de recherche. En France, l'usage courant est de garder son nom de baptême, et la démarche équivalente consiste plutôt à choisir un saint comme compagnon de route pour la préparation, sans changement de nom.

Si c'est cela que vous cherchez, c'est beaucoup plus simple qu'un nom à déposer : vous choisissez une figure dont la vie vous parle, vous apprenez à la connaître, et vous la fêtez à sa date. Notre article sur la fête du saint patron explique comment trouver le vôtre, y compris par le baptême ou la confirmation, et le site Nominis de l'Église catholique en France donne gratuitement le saint associé à un prénom. Nos médailles de saints couvrent les figures les plus demandées, et c'est souvent sous cette forme que le choix se matérialise ce jour-là.

La confirmation des adultes

C'est un pan entier du sujet, et il est mal connu parce que l'imagerie collective associe la confirmation à un groupe d'adolescents en aube. Les chiffres de terrain racontent autre chose, et les textes la prévoient explicitement.

Baptisé enfant, jamais confirmé

Le canon 889 § 1 est très large : « Seul tout baptisé non encore confirmé est capable de recevoir la confirmation. » Aucune limite haute. La Conférence des évêques de France est encore plus directe : « Les adultes, baptisés enfants et qui n'ont pas été confirmés, sont aussi invités à recevoir le sacrement de la confirmation quel que soit leur âge. » Elle énumère même les occasions qui déclenchent le plus souvent la démarche : une étape de conversion, une redécouverte de la foi, la préparation au mariage, ou la préparation du baptême de son propre enfant. Le canon 890 rappelle de son côté que les fidèles « sont tenus par l'obligation de recevoir ce sacrement en temps opportun », ce qui ne se périme pas à dix-huit ans.

L'adulte qui demande le baptême reçoit les trois d'un coup

Pour un adulte non baptisé, la logique change complètement. Le Catéchisme le note au numéro 1298 : « Lorsqu'un adulte est baptisé, il reçoit immédiatement la Confirmation et participe à l'Eucharistie. » C'est la discipline des premiers siècles, restée intacte en Orient. La Conférence des évêques précise le cadre français : cela se vit « généralement à la faveur de la Vigile pascale », de sorte que « les adultes reçoivent les trois sacrements de l'initiation chrétienne de manière cohérente ». Et c'est le prêtre qui baptise qui confirme, de plein droit, en vertu du canon 883, n. 2. Si c'est votre situation, la démarche s'appelle le catéchuménat et notre article sur comment devenir chrétien à l'âge adulte en décrit les étapes, du premier contact à la célébration.

Une préparation plus courte que vous ne le craignez

Beaucoup d'adultes renoncent en imaginant deux ans de réunions. Les textes ne fixent aucune durée : le Catéchisme dit seulement, au numéro 1309, que la préparation « doit viser à conduire le chrétien vers une union plus intime au Christ, vers une familiarité plus vive avec l'Esprit Saint ». La durée réelle se décide avec la paroisse, en fonction de votre parcours. La Conférence des évêques suggère d'ailleurs la voie la plus simple pour commencer, et nous la citons telle quelle parce qu'elle désarme bien des hésitations : « Pourquoi ne pas poser la question au prêtre à la sortie de la messe un dimanche ? »

La lettre à l'évêque : que mettre dedans

Voilà l'étape dont personne ne parle et qui angoisse le plus les confirmands, au point qu'une des recherches les plus fréquentes sur le sujet est la phrase inachevée « je demande le sacrement de confirmation parce que ». L'évêque demande à chaque confirmand de lui écrire pour se présenter et demander à être confirmé. Cette lettre est confidentielle, précise la Conférence des évêques de France, « on peut l'écrire en vérité ».

Il n'existe aucun modèle type, et c'est volontaire. Mais la page officielle propose quatre points, et ils font un plan utilisable tel quel.

  • Se présenter : qui vous êtes, ce qui est important pour vous, vos goûts, vos activités, comment vous voyez votre avenir. Vous pouvez évoquer un point difficile de votre vie si vous le souhaitez.
  • Dire ce qui vous a décidé à préparer le sacrement, et si la démarche a été une décision libre et personnelle.
  • Raconter le parcours : ce que vous avez vécu pendant la préparation, les découvertes faites, les changements.
  • Dire pourquoi vous demandez le sacrement, librement, et ce que vous en attendez pour votre vie de chrétien. C'est ici que la fameuse phrase se termine, et elle se termine par votre réponse, pas par une formule toute faite.

Deux conseils de forme, tirés de la même page. Écrivez simplement, en étant vous-même, même si vous pensez mal écrire : « Il vaut mieux être personnel et vrai que de donner l'impression d'être parfait. » Et n'oubliez pas d'écrire lisiblement, de signer, et de mentionner votre prénom et votre nom quelque part. Un dernier détail qui donne tout son rôle au parrain : il est suggéré de relire cette lettre avec lui avant la célébration.

Porter un signe de l'Esprit Saint après le jour de la confirmation

La célébration dure une matinée, le caractère reste pour la vie. C'est pour cette raison que la tradition française associe un objet durable à ce jour, exactement comme pour le baptême et la communion, et c'est aussi ce que la plupart des gens cherchent quand ils sont invités à une confirmation.

Trois motifs ont un sens précis ici, et nous les signalons dans cet ordre. La croix, parce que le Catéchisme place au cœur des effets du sacrement le fait de « ne jamais éprouver de la honte à l'égard de la croix ». Un signe de l'Esprit Saint, colombe ou flamme, parce que c'est le sacrement de l'Esprit : notre petite sélection Saint-Esprit rassemble les pièces qui portent ce motif. Et la médaille d'un saint, quand le confirmand a justement choisi une figure pour l'accompagner. Notre collection confirmation réunit les pièces qui conviennent à cette occasion, colliers, pendentifs, bagues et bracelets, en acier inoxydable qui ne noircit pas ou en argent 925, livrés dans un écrin.

Si c'est un cadeau et que vous hésitez sur le budget, le profil ou ce qu'il ne faut pas offrir, nous avons un guide dédié à cette seule question : quoi offrir pour une confirmation. Et si vous voulez faire graver une date ou un prénom, notre page sur la médaille gravée explique ce qui se grave bien et ce qui se grave mal. Ne confondez pas les fêtes, en revanche : la communion et la confirmation ne s'offrent pas tout à fait de la même manière, et c'est le sujet de notre guide du cadeau de première communion.

Questions fréquentes

Quel est le sens du sacrement de la confirmation ?

Il achève la grâce reçue au baptême en donnant l'Esprit Saint en plénitude. Le Catéchisme le résume au numéro 1316 : la confirmation « parfait la grâce baptismale » pour nous enraciner dans la filiation divine, nous unir au Christ, affermir notre lien avec l'Église et nous rendre capables de témoigner. Le sens n'est donc pas de confirmer son propre baptême, mais de recevoir ce que Dieu avait commencé à y donner. Le Service national de la pastorale liturgique parle d'un sacrement « de croissance et de force », et rappelle qu'il n'est pas facultatif dans la vie chrétienne.

Quelles sont les étapes de la confirmation ?

La célébration suit cet ordre dans le rite romain : le renouvellement des promesses du baptême et la profession de foi des confirmands, l'extension des mains de l'évêque sur l'ensemble du groupe avec la prière d'invocation de l'Esprit, puis, pour chacun, le rite essentiel, l'onction du saint chrême sur le front faite en imposant la main avec les paroles « Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu », et enfin le baiser de paix. En amont, il y a la préparation en paroisse ou en aumônerie, le choix du parrain et la lettre à l'évêque, et le Catéchisme recommande de recourir au sacrement de pénitence avant.

Pourquoi fait-on la confirmation ?

Parce que l'initiation chrétienne reste inachevée sans elle. Le Catéchisme est net au numéro 1306 : sans la confirmation et l'eucharistie, « le sacrement du Baptême est, certes, valide et efficace, mais l'initiation chrétienne reste inachevée ». Le canon 890 en fait une obligation à honorer « en temps opportun ». Elle donne aussi une force précise, celle de témoigner publiquement, ce que saint Thomas d'Aquin exprime d'une formule citée au numéro 1305 : le confirmé reçoit la puissance de confesser publiquement la foi du Christ, comme en vertu d'une charge.

À quel âge est-il généralement conseillé de faire sa confirmation ?

Il n'y a pas d'âge universel, et c'est voulu. Le canon 891 dit « aux alentours de l'âge de raison » et autorise la conférence des évêques à fixer un autre âge. En France, la Conférence des évêques indique une pratique « à partir de l'âge de l'adolescence, c'est-à-dire entre 12 et 18 ans », l'âge précis étant fixé par l'évêque ou les responsables pastoraux du diocèse. La seule réponse fiable pour vous est donc celle de votre paroisse. Et aucun âge ne ferme la porte : les adultes non confirmés sont explicitement invités à la demander, quel que soit leur âge.

Est-ce qu'un parrain doit être confirmé ?

Oui. Le canon 893 § 1 renvoie aux conditions du canon 874, dont le troisième point exige que le parrain soit « catholique, confirmé, qu'il ait déjà reçu le très saint sacrement de l'Eucharistie et qu'il mène une vie cohérente avec la foi ». Le canon prévoit une exception pour l'âge de seize ans, mais aucune pour la confirmation. Si vous êtes dans ce cas, parlez-en au curé dès que la demande vous est faite : beaucoup de personnes ont justement été confirmées à l'occasion du baptême ou de la confirmation d'un proche, et c'est la voie habituelle.

Qu'est-ce qu'on offre à une confirmation ?

Aucune règle de l'Église n'impose un cadeau, et un sacrement ne s'achète pas. La coutume française, elle, veut un objet qui dure et qui porte le sens du jour : une croix, un signe de l'Esprit Saint, ou la médaille d'un saint que le confirmand a choisi. Le budget courant se situe entre 30 et 70 euros pour un bijou en acier inoxydable ou en argent 925, et le livre, l'icône ou la participation à un voyage de pèlerinage sont d'autres pistes honnêtes. Nous avons consacré un guide entier à cette question, par profil et par budget, avec ce qu'il vaut mieux éviter.

Recevoir, puis porter

Nous avons commencé par un contresens et nous le quittons retourné : la confirmation n'est pas ce que vous confirmez, c'est ce que Dieu achève. Vous savez maintenant ce que le rite comporte exactement, quelle formule l'évêque prononce et pourquoi deux traductions circulent, quel âge votre diocèse peut avoir fixé et pourquoi il diffère de celui du diocèse voisin, ce que le droit demande vraiment à un parrain, et ce qu'il ne demande pas du tout au sujet d'un nom.

Il reste une chose que les textes ne prescrivent pas et que les familles font depuis toujours : donner au confirmé un signe qu'il puisse porter ensuite. Le caractère reçu ce jour-là est invisible et définitif ; un objet choisi avec soin en est le rappel discret. Découvrez nos bijoux de confirmation, et prenez le temps de choisir le motif qui dit quelque chose de la personne, c'est tout ce qui compte ici.

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