Prière de sainte Faustine : les textes et leur sens

Mis à jour le 17 min de lecture

prière sainte Faustine
Sommaire
  1. En bref
  2. Qui était sainte Faustine Kowalska, et pourquoi on la prie
  3. « Jésus, j'ai confiance en Toi » : la prière de sainte Faustine en cinq mots
  4. La prière de sainte Faustine pour devenir miséricordieuse
  5. L'Heure de la Miséricorde : prier à 15 h
  6. La neuvaine : neuf jours, neuf intentions
  7. Pourquoi nous n'écrirons pas qu'une prière « réussit toujours »
  8. Questions fréquentes
  9. Prier avec les textes exacts, et porter ce qu'ils disent
  10. Sources

Vous cherchez le texte exact d'une prière de sainte Faustine, et pas une version approximative recopiée de site en site ? Vous êtes tombé sur des pages qui promettent une « prière miraculeuse » et vous aimeriez savoir ce qui vient vraiment d'elle ? Vous voulez comprendre ce que demande cette dévotion avant de la prier ?

Les prières de sainte Faustine Kowalska sont consignées dans son journal spirituel, le Petit Journal, dont l'édition numérote chaque paragraphe : c'est ce qui permet de vérifier une citation au lieu de la croire. La plus courte tient en cinq mots, « Jésus, j'ai confiance en Toi ». Nous vous donnons ici les textes qui sont authentiquement d'elle, avec leur référence, l'heure à laquelle la tradition les prie, et une mise au point honnête sur les « prières qui ne ratent jamais » que l'on trouve partout ailleurs.

En bref

  • La prière la plus connue de sainte Faustine est l'inscription de son tableau : « Jésus, j'ai confiance en Toi », reçue à Płock le 22 février 1931 (Petit Journal 47).
  • Elle a aussi laissé une longue prière pour devenir miséricordieuse (Petit Journal 163), qui demande des yeux, des oreilles, une langue, des mains, des pieds et surtout un cœur miséricordieux.
  • La tradition prie à 15 h, l'Heure de la Miséricorde (Petit Journal 1320 et 1572), heure que l'on associe à la mort du Christ.
  • La seule prière de plusieurs jours demandée dans le Petit Journal est une neuvaine, donc neuf jours (Petit Journal 1209 à 1229), avec une intention différente chaque jour. Il n'y existe pas de prière de trois jours.
  • Pour le chapelet de la Miséricorde Divine, le texte complet, le déroulé grain par grain et la fête du deuxième dimanche de Pâques sont dans notre article dédié : chapelet de la Miséricorde Divine, origine et prières. Cette page ne les refait pas.

Qui était sainte Faustine Kowalska, et pourquoi on la prie

Hélène Kowalska, troisième de dix enfants

Elle s'appelle Hélène Kowalska. Elle naît le 25 août 1905 à Głogowiec, en Pologne centrale, troisième des dix enfants de Stanisław et Marianna Kowalski, des agriculteurs. Rien ne la distingue : une famille paysanne nombreuse, moins de trois ans d'école, du travail de maison dès l'adolescence. Elle entre au couvent le 1er août 1925 à Varsovie, chez les Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, et reçoit le nom de sœur Marie Faustine. Elle y passera treize ans en occupant des emplois modestes : la cuisine, le jardin, la porte. C'est de cette vie sans relief que sortira l'une des dévotions les plus répandues du XXe siècle.

Płock, Vilnius, Cracovie : trois couvents et une mission

Sa vie religieuse tient en quelques déménagements. Varsovie d'abord, puis Płock, où tout commence. Puis Vilnius, où elle rencontre le prêtre qui va la prendre au sérieux. Enfin Cracovie, où elle meurt de la tuberculose le 5 octobre 1938, à 33 ans. Jean-Paul II la béatifie le 18 avril 1993, et sa notice officielle au Saint-Siège reprend toutes ces dates. Il la canonise le 30 avril 2000. Sa fête est fixée au 5 octobre, jour de sa mort, comme le veut l'usage de l'Église.

Le Petit Journal, la source de toutes ces prières

Toutes les prières que l'on attribue à sainte Faustine viennent du même endroit : le journal spirituel qu'elle tient dans les dernières années de sa vie, et que l'on publie sous le titre Le Petit Journal. L'édition est découpée en paragraphes numérotés, et c'est ce détail qui change tout : une prière de sainte Faustine se vérifie. Si une page vous en propose une sans référence, vous n'avez aucun moyen de savoir si elle est d'elle. La Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, qui garde ses écrits, en publie le texte intégral sur son site, ce qui répond à ceux qui cherchent un PDF.

« Jésus, j'ai confiance en Toi » : la prière de sainte Faustine en cinq mots

La vision du 22 février 1931, à Płock

Le dimanche 22 février 1931, au couvent de Płock, sœur Faustine note avoir vu le Christ en tunique blanche, une main levée pour bénir, l'autre écartant son vêtement sur sa poitrine, d'où jaillissaient deux grands rayons. Les paroles qu'elle rapporte sont précises : « Peins un tableau selon le modèle que tu vois, avec l'inscription : Jésus, j'ai confiance en toi » (Petit Journal 47, cité par la Congrégation). Le paragraphe suivant ajoute une promesse pour l'âme qui vénérera ce tableau (Petit Journal 48). Plus loin, elle précise que ces trois mots devaient être mis en évidence sur l'image (Petit Journal 327).

Ce que signifient les deux rayons

Les deux rayons ne sont pas un effet décoratif, et sainte Faustine en donne l'explication : « Ces deux rayons indiquent le sang et l'eau. Le rayon translucide signifie l'eau, qui justifie les âmes ; le rayon rouge signifie le sang, qui est la vie des âmes » (Petit Journal 299). C'est une référence directe au côté transpercé du Christ en croix, d'où jaillissent le sang et l'eau, et la Congrégation précise qu'ils sortent de la tunique au niveau du cœur, lequel reste invisible sur le tableau. Jean-Paul II a repris cette lecture dans son homélie de canonisation du 30 avril 2000. La prière la plus brève du Petit Journal part exactement de là : « Ô Sang et Eau, qui avez jailli du Cœur de Jésus comme source de miséricorde pour nous, j'ai confiance en Vous. »

Le tableau de Vilnius, et le père Sopoćko

Sœur Faustine ne savait pas peindre. C'est à Vilnius que son directeur spirituel, le père Michał Sopoćko, discerne l'authenticité de ce qu'elle rapporte et fait exécuter le tableau. Le premier tableau est peint à Vilnius en 1934, dans l'atelier d'Eugène Kazimirowski, sous les indications de la religieuse elle-même, qui s'y rend chaque semaine avec sa supérieure. Une autre version, peinte plus tard par Adolf Hyła, est celle que l'on vénère aujourd'hui au sanctuaire de Cracovie. C'est pourquoi les deux tableaux ne se ressemblent pas tout à fait.

La prière de sainte Faustine pour devenir miséricordieuse

C'est la plus longue, la plus reprise en paroisse, et celle que l'on cherche le plus souvent sans connaître sa référence : Petit Journal 163. Elle commence par cette phrase : « Je désire me transformer tout entière en ta miséricorde et être ton vivant reflet, ô Seigneur ! Que le suprême attribut de Dieu, son insondable miséricorde, passe par mon cœur et mon âme pour aller vers mon prochain. » Puis elle décline, demande par demande, ce que cela veut dire concrètement.

La structure de la prière du Petit Journal 163

Sainte Faustine demande successivement des yeux miséricordieux, pour voir la beauté d'une âme plutôt que juger une apparence ; des oreilles miséricordieuses, pour écouter les besoins d'autrui ; une langue miséricordieuse, qui ne dit pas de mal et qui console ; des mains miséricordieuses, pour les tâches difficiles ; des pieds miséricordieux, pour se hâter malgré la fatigue ; et surtout un cœur miséricordieux, qui ressent la souffrance du prochain. La Congrégation résume la prière exactement dans cet ordre.

Le Petit Journal décline d'ailleurs la miséricorde en trois degrés : l'acte d'abord, la parole quand l'acte est impossible, la prière quand ni l'un ni l'autre ne sont possibles (Petit Journal 742).

Le texte intégral varie légèrement selon les traductions françaises. Le diocèse de Paris en publie une version abrégée sur son site.

Relisez-la une fois en entier et vous verrez ce qu'elle n'est pas : ce n'est pas une demande de faveur, c'est une demande de conversion. Rien, dans ces lignes, ne sert à obtenir quelque chose. Tout sert à devenir quelqu'un. Si vous cherchez une prière d'intercession plus directe, dans le registre du combat et de la protection, voyez plutôt la prière de saint Michel archange, dont nous donnons aussi le texte exact.

L'Heure de la Miséricorde : prier à 15 h

Ce que demande le Petit Journal

Deux paragraphes fondent cette pratique. Dans le premier, le Christ demande : « À trois heures, implore ma miséricorde, particulièrement pour les pécheurs, et plonge-toi, même un court instant, dans ma Passion, en particulier dans mon abandon au moment de mon agonie » (Petit Journal 1320). Dans le second, plus tardif : « Chaque fois que tu entendras l'horloge sonner trois heures, plonge-toi tout entière dans ma miséricorde en l'adorant et en la glorifiant » (Petit Journal 1572). Quinze heures est l'heure que la tradition associe à la mort du Christ sur la croix, et c'est tout ce qui fonde ce choix horaire. La Congrégation ajoute un détail utile : il ne s'agit pas de prier pendant soixante minutes, mais d'honorer ce moment précis, même très brièvement.

Les trois conditions, et ce qu'elles écartent

La Congrégation qui garde les écrits de sainte Faustine donne trois conditions à cette prière, et elles sont instructives. On prie à trois heures de l'après-midi. On s'adresse directement à Jésus agonisant, et non au Père, ni à la Vierge, ni à sainte Faustine. On recourt aux seuls mérites de la Passion du Christ, et non à l'intercession de Marie ou des saints. Autrement dit, ce n'est pas l'heure qui agit, ni la formule : c'est à qui l'on parle. Le Petit Journal le dit lui-même d'une autre manière : « Il y a un seul moyen de puiser des grâces de ma miséricorde : c'est la confiance. Plus l'âme a confiance, plus elle reçoit » (Petit Journal 1578).

⚠️ L'Heure de 15 h et le chapelet sont deux choses différentes

C'est le point que presque toutes les pages mélangent, et la Congrégation le corrige elle-même. Jésus n'a pas demandé à sœur Faustine de réciter le chapelet de la Miséricorde à 15 h. Le chapelet s'adresse à Dieu le Père (« Père éternel, je t'offre... »), la prière de l'Heure de la Miséricorde s'adresse directement au Christ agonisant. Vous pouvez tout à fait prier le chapelet à 15 h, mais vous priez alors le chapelet, pas l'Heure de la Miséricorde : l'un ne remplace pas l'autre. Pour le chapelet lui-même, son origine, son texte complet et son déroulé, tout est dans notre article dédié : chapelet de la Miséricorde Divine, origine et prières.

La neuvaine : neuf jours, neuf intentions

C'est la seule prière de plusieurs jours que le Petit Journal rapporte, et elle est détaillée aux paragraphes 1209 à 1229. Chaque jour, une catégorie d'âmes différente est présentée. C'est cette structure qui explique les recherches de prières « pour les prêtres » ou « pour les âmes du purgatoire » : elles ne sont pas des prières séparées, ce sont des journées de cette neuvaine.

Jour Intention présentée
1 L'humanité tout entière, et particulièrement tous les pécheurs
2 Les âmes des prêtres, des religieux et des religieuses
3 Toutes les âmes pieuses et fidèles
4 Les païens et ceux qui ne connaissent pas encore le Christ
5 Les âmes des hérétiques et des apostats
6 Les âmes douces, humbles, et celles des petits enfants
7 Les âmes qui vénèrent et glorifient tout particulièrement la miséricorde
8 Les âmes qui sont dans la prison du purgatoire
9 Les âmes froides

Elle se prie traditionnellement dans les neuf jours qui précèdent la fête de la Miséricorde. Point important, et c'est la Congrégation qui le souligne : d'après l'analyse théologique des écrits de sainte Faustine menée par l'abbé Ignacy Różycki, cette neuvaine et la promesse qui s'y rattache (Petit Journal 1209) ont été données à sœur Faustine elle-même, et ne constituent pas l'une des cinq formes reconnues de la dévotion. Ces cinq formes sont le tableau, la fête de la Miséricorde, le chapelet, l'Heure de la Miséricorde et la diffusion du culte. Priée en esprit de confiance, la neuvaine reste un acte authentique de la dévotion, et c'est de la confiance, pas du décompte des jours, que viennent les grâces. Si la forme de la neuvaine vous parle, vous en trouverez une autre, plus ancienne et très pratiquée en France, dans notre article sur la neuvaine à sainte Rita.

Et une prière de sainte Faustine pour les malades ?

Il n'existe pas, dans le Petit Journal, de prière intitulée « pour les malades ». Ce que la pratique de l'Église retient, c'est le chapelet de la Miséricorde Divine récité au chevet d'un mourant, et c'est d'ailleurs une œuvre que la Congrégation organise encore aujourd'hui. Si vous cherchez une prière à dire auprès d'un proche malade, c'est donc vers ce chapelet que l'on vous orientera, et non vers un texte spécifique qui n'existe pas. Et si vous voulez d'abord poser les bases, notre liste des prières catholiques essentielles donne les textes que tout le monde est censé connaître.

Pourquoi nous n'écrirons pas qu'une prière « réussit toujours »

À savoir avant de chercher ailleurs

Si vous avez tapé « prière miraculeuse » ou « prière de 3 jours » dans un moteur de recherche, vous avez vu passer des formules présentées comme sans échec. Nous n'écrirons jamais cela, pour une raison simple : ce n'est ni dans le Petit Journal, ni dans ce que l'Église reconnaît de sainte Faustine. Le Petit Journal ne contient aucune prière de trois jours. La seule prière de plusieurs jours qu'il rapporte en compte neuf.

Le fond du problème est ailleurs, et sainte Faustine le dit mieux que nous : la miséricorde se demande et s'accueille, elle ne se déclenche pas. Ce qui est demandé au priant, dans tout le journal, c'est la confiance (Petit Journal 1578) et la miséricorde envers le prochain (Petit Journal 742), pas l'exécution correcte d'un protocole. Une prière n'est pas une procédure, et un texte récité sans y être ne devient pas plus juste parce qu'on l'a dit trois jours de suite.

C'est aussi pour cela que nous ne vendons pas d'objet « porte-bonheur ». Une médaille rappelle une dévotion, elle ne la remplace pas.

Questions fréquentes

Quelle est la prière de sainte Faustine ?

Il y en a plusieurs, toutes consignées dans son Petit Journal. La plus courte et la plus connue est l'inscription de son tableau : « Jésus, j'ai confiance en Toi » (Petit Journal 47). La plus longue est la prière pour devenir miséricordieuse (Petit Journal 163). S'y ajoutent l'Heure de la Miséricorde à 15 h (Petit Journal 1320 et 1572), la neuvaine en neuf jours (Petit Journal 1209 à 1229) et le chapelet de la Miséricorde Divine.

Quelle est la prière miraculeuse de 3 jours qui ne rate jamais ?

Elle n'existe pas dans les écrits de sainte Faustine. Le Petit Journal ne rapporte aucune prière de trois jours, et aucune promesse de résultat automatique : la seule prière de plusieurs jours qu'il contient est une neuvaine, donc neuf jours (Petit Journal 1209 à 1229). La Congrégation qui garde ses écrits précise d'ailleurs que la promesse attachée à cette neuvaine a été donnée à sœur Faustine elle-même. Les formules de ce type que l'on trouve en ligne ne viennent pas d'elle.

Quelle est la citation la plus célèbre de sainte Faustine ?

« Jésus, j'ai confiance en Toi », les cinq mots qu'elle rapporte avoir reçu l'ordre d'inscrire sous le tableau du Christ miséricordieux (Petit Journal 47), et dont elle précise qu'ils devaient être mis en évidence (Petit Journal 327). Dans son homélie de canonisation du 30 avril 2000, Jean-Paul II cite une autre phrase du journal : « Ma Fille, dis que je suis l'Amour et la Miséricorde en personne » (Petit Journal 374).

Pourquoi prier sainte Faustine ?

Parce qu'elle est la messagère d'un message simple et difficile à croire : que la miséricorde de Dieu est plus grande que ce que l'on a fait. On la prie donc surtout quand on doute d'être pardonnable. À noter, et c'est une distinction qui compte : on prie sainte Faustine pour qu'elle intercède, mais les prières qu'elle a laissées s'adressent au Christ, pas à elle. Sur ce que l'Église entend exactement par là, voyez est-il biblique de prier les saints ou Marie.

Quand Jésus est-il apparu à sainte Faustine ?

La première apparition du Christ miséricordieux, celle qui ouvre toute la dévotion, a eu lieu le dimanche 22 février 1931 au couvent de Płock, en Pologne (Petit Journal 47). D'autres suivront, notamment à Vilnius, où lui est enseigné le chapelet de la Miséricorde Divine en septembre 1935.

Quel jour est la sainte Faustine ?

Le 5 octobre, jour anniversaire de sa mort à Cracovie en 1938. C'est à cette date que l'Église la fête.

Prier avec les textes exacts, et porter ce qu'ils disent

Vous avez maintenant les textes qui sont authentiquement de sainte Faustine, chacun avec son numéro de paragraphe, l'heure que la tradition associe à cette dévotion, et de quoi reconnaître une « prière miraculeuse » inventée quand vous en croiserez une. C'est tout ce que nous avions promis en ouverture : des sources vérifiables, et aucune promesse que nous ne pourrions pas tenir.

Un mot pour finir, en toute franchise : nous ne proposons pas de médaille de sainte Faustine. Elle n'a pas d'iconographie de médaille établie, et nous n'allons pas en inventer une pour occuper une case. En revanche, les deux rayons de son tableau jaillissent du Cœur du Christ, et ce Cœur, lui, se porte depuis des siècles : voyez nos médailles et pendentifs du Sacré-Cœur. Le côté transpercé d'où jaillissent le sang et l'eau, c'est celui du crucifié : nos colliers croix en acier inoxydable le disent plus sobrement. Et pour l'ensemble des patronages, découvrez nos médailles de saints, en acier inoxydable qui ne noircit pas et en argent 925, livrés en écrin.

Sources

Nos médailles de saints

Les saints que nous avons en catalogue aujourd'hui.

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