Histoire

Qui étaient les Templiers ?

Mis à jour le 8 min de lecture

Qui étaient les Templiers ?
Sommaire
  1. Hugues de Payns et la naissance de l'ordre
  2. La règle et l'organisation des chevaliers du Temple
  3. Des protecteurs de pèlerins aux banquiers de l'Occident
  4. Les Templiers dans les croisades
  5. Philippe le Bel, Jacques de Molay, et la fin de l'ordre
  6. Que reste-t-il des Templiers aujourd'hui ?
  7. Questions fréquentes
  8. Porter la croix du Temple, en connaissance de cause

En bref

  • Fondés vers 1119 à Jérusalem par Hugues de Payns, les Templiers sont les premiers moines-soldats : à la fois religieux avec des vœux, et combattants.
  • Leur mission d'origine est modeste : protéger les pèlerins sur la route de Jaffa à Jérusalem.
  • Leur devise n'est pas guerrière : « Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom donne la gloire. »
  • Ils sont arrêtés le 13 octobre 1307 sur ordre de Philippe le Bel, et l'ordre est supprimé en 1312. Un document retrouvé au Vatican en 2001 montre que le pape les avait absous de l'hérésie dès 1308.

Les Templiers étaient des moines-soldats fondés vers 1119 à Jérusalem pour protéger les pèlerins qui gagnaient les Lieux saints. Ils prononçaient les mêmes vœux que des religieux, pauvreté, chasteté, obéissance, et combattaient comme une cavalerie d'élite. En deux siècles, l'ordre devint la plus grande puissance financière d'Occident, avant d'être détruit par le roi de France en 1307. Voici ce que l'on sait de leur naissance, de leur règle, de leur fin, et ce que valent les histoires de trésor et de malédiction.

Peu d'ordres religieux ont autant nourri l'imaginaire, et peu ont été autant recouverts de légendes. Le plus intéressant reste pourtant l'histoire réelle.

Hugues de Payns et la naissance de l'ordre

Après la prise de Jérusalem en 1099, les pèlerins affluent vers les Lieux saints. La route qui monte de Jaffa à Jérusalem est dangereuse, et les attaques sont fréquentes.

Hugues de Payns, premier maître de l'ordre du Temple
Hugues de Payns fonde l'ordre vers 1119, avec huit compagnons.
Image Henri Lehmann, Public domain, via Wikimedia Commons

Vers 1119, un chevalier champenois, Hugues de Payns, s'associe à Godefroy de Saint-Omer et à quelques compagnons pour assurer cette protection. Le roi de Jérusalem, Baudouin II, les installe dans une aile de son palais, sur l'esplanade où se dressait autrefois le Temple de Salomon. De ce lieu vient leur nom complet : les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon.

L'ordre reçoit sa reconnaissance officielle au concile de Troyes, en 1129, avec l'appui déterminant de saint Bernard de Clairvaux, qui rédige à leur intention l'Éloge de la nouvelle milice. C'est le moment décisif : pour la première fois, l'Église admet qu'un homme puisse être à la fois moine et combattant.

La règle et l'organisation des chevaliers du Temple

La règle du Temple, inspirée de la règle bénédictine, impose les trois vœux religieux, l'office quotidien, les jeûnes, le silence aux repas. Elle interdit la chasse, les jeux, et règle jusqu'à la coupe de la barbe.

L'ordre se compose de trois catégories : les chevaliers, de naissance noble, qui portent le manteau blanc ; les sergents, combattants d'origine plus modeste, en manteau brun ou noir ; et les chapelains, qui assurent le service religieux. À leur tête, un maître, élu, assisté d'un chapitre.

Le manteau blanc reçoit sa croix rouge en 1147, du pape Eugène III. Cette croix pattée est devenue le symbole le plus reconnaissable de l'ordre, et nous en détaillons la forme et le sens dans notre article sur la croix templière.

Un privilège change tout : en 1139, la bulle Omne datum optimum place l'ordre sous l'autorité directe du pape, l'exempte de la juridiction des évêques et de tout impôt. Les Templiers ne dépendent plus de personne, sinon de Rome.

Des protecteurs de pèlerins aux banquiers de l'Occident

Ce statut, joint aux dons affluant de toute l'Europe, transforme l'ordre. Les commanderies, ces exploitations agricoles et militaires, se comptent par milliers, de la Palestine à l'Irlande.

De là naît leur activité la plus moderne. Un pèlerin qui part pour Jérusalem ne peut pas voyager avec son or. Il le dépose dans une commanderie de son pays, reçoit une lettre de créance, et se fait servir la somme à l'arrivée. Les Templiers inventent ainsi, à grande échelle, le transfert de fonds sans transport d'espèces, et deviennent les banquiers des rois. Le trésor royal français fut un temps conservé au Temple de Paris.

Les Templiers dans les croisades

Militairement, ils forment le fer de lance des armées franques. Leur discipline est réputée : un frère ne rompt pas la ligne, ne fuit pas tant que la bannière tient, et ne demande pas de rançon, ce qui signifie que la capture équivaut le plus souvent à la mort.

Ils encaissent aussi les grandes défaites, à Hattin en 1187, puis à la chute d'Acre en 1291, qui met fin à la présence latine en Terre sainte. Saint Louis les côtoya lors de ses deux croisades, et l'on trouve dans le récit de Joinville plusieurs scènes où le roi discute âprement avec le maître du Temple. Nous racontons ces expéditions dans notre article sur la canonisation de Louis IX.

Philippe le Bel, Jacques de Molay, et la fin de l'ordre

La perte de la Terre sainte prive l'ordre de sa raison d'être, au moment où sa richesse le rend vulnérable. Philippe IV le Bel, roi de France, est lourdement endetté auprès de lui.

Jacques de Molay, dernier grand maître des Templiers
Jacques de Molay est brûlé à Paris en 1314 ; l'ordre est dissous deux ans plus tôt.
Image Workshop of Virgil Master, Public domain, via Wikimedia Commons

Le vendredi 13 octobre 1307, tous les Templiers du royaume sont arrêtés le même jour, sur ordre royal, dans une opération d'une efficacité remarquable. Les aveux d'hérésie, de reniement du Christ et de pratiques obscènes sont obtenus sous la torture, et se rétractent dès qu'elle cesse.

Le pape Clément V, sous pression, finit par supprimer l'ordre au concile de Vienne, en 1312, par la bulle Vox in excelso. Le mot compte : l'ordre est supprimé, non condamné, et ses biens sont transférés aux Hospitaliers. Le 18 mars 1314, le dernier maître, Jacques de Molay, est brûlé à Paris après avoir publiquement rétracté ses aveux.

Un document a rouvert le dossier. En 2001, une chercheuse a retrouvé dans les archives du Vatican le parchemin de Chinon, un procès-verbal de 1308, publié en 2007 : le pape y absout les dirigeants de l'ordre de l'accusation d'hérésie. Autrement dit, Rome savait, sept siècles avant les historiens, que l'accusation ne tenait pas.

Que reste-t-il des Templiers aujourd'hui ?

Sur le plan institutionnel, rien. L'ordre a été supprimé en 1312 et n'a jamais été rétabli. Toutes les organisations qui se disent aujourd'hui templières sont des fondations postérieures, la plupart nées au XVIIIe siècle dans les milieux maçonniques, sans aucune continuité juridique ni spirituelle avec l'ordre médiéval.

Ce qui subsiste est ailleurs. D'abord un patrimoine considérable : commanderies, chapelles et granges, dont beaucoup sont classées et visitables en France. Ensuite l'héritage recueilli par les Hospitaliers, qui existent toujours sous le nom d'Ordre de Malte et dont nous racontons l'histoire dans notre article sur les chevaliers hospitaliers.

Questions fréquentes

Qui sont les Templiers et quelle est leur mission ?

Des religieux combattants, fondés vers 1119 à Jérusalem. Leur mission d'origine était strictement défensive : escorter et protéger les pèlerins sur les routes menant aux Lieux saints. Elle s'est élargie ensuite à la défense militaire des États latins d'Orient, puis, par la force des choses, à la gestion d'un immense patrimoine foncier et financier en Occident destiné à financer cette défense.

Quelle est la devise des Templiers ?

« Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam », c'est-à-dire « Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom donne la gloire ». Elle est tirée du psaume 113B, et c'est un choix révélateur : ce n'est pas une devise de conquête mais un refus de s'attribuer la victoire.

Quel est le secret des Templiers ?

Il n'y en a pas, du moins aucun qui soit établi. L'idée d'un secret vient du procès lui-même : pour justifier des arrestations massives, il fallait bien inventer des rites cachés, ce que la torture a produit à volonté. Les trésors supposés, du Graal à l'Arche d'alliance, sont des ajouts du XIXe et du XXe siècle. Ce que les archives montrent est plus banal et plus intéressant : une comptabilité, une règle, et un réseau bancaire.

Qui a trahi les Templiers ?

La question suppose une trahison interne, alors que l'attaque est venue du pouvoir royal. Philippe le Bel a instruit le dossier, ordonné les arrestations et conduit la procédure ; le pape Clément V a cédé après avoir résisté. Un ancien templier exclu, Esquieu de Floyran, est souvent cité comme le dénonciateur initial, mais il a servi de prétexte plus que de cause. Le mobile principal était financier.

Le vendredi 13 vient-il des Templiers ?

Non, même si les arrestations ont bien eu lieu un vendredi 13. La superstition entourant cette date est attestée bien plus tard, et le rapprochement avec 1307 est une explication forgée au XXe siècle. C'est une belle histoire, sans fondement historique.

Porter la croix du Temple, en connaissance de cause

Vous savez maintenant ce que furent réellement les Templiers : des religieux avec une règle, une devise d'humilité, un rôle militaire, et une fin décidée par un roi endetté plutôt que par un tribunal d'Église. Le reste est de la littérature.

Si vous voulez porter leur croix, sachez ce qu'elle dit : une croix pattée rouge, donnée en 1147, portée par des hommes qui avaient fait vœu de pauvreté. Cette croix pattée rouge n'est pas à notre catalogue. Nos bijoux croix en reprennent d'autres formes, en chevalière comme en pendentif, en acier inoxydable ou en argent 925, livrés dans leur écrin.

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Acier inoxydable ou argent 925, livré dans son écrin.

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